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Louis Juchault de Lamoricière
louis

Portrait de Lamoricière en uniforme de zouave

Surnom Bou Chechia
Naissance 5 février 1806
Nantes, France
Décès 11 septembre 1865
château de Prouzel, France
Origine Drapeau de la France France
Allégeance France Armée française
Arme Zouave, Génie militaire
Grade Général
Années de service 1829 – 1847
Conflits Conquête de l'Algérie
Commandement Zouaves
Faits d'armes Siège de Constantine (1837),
Bataille du col de Mouzaïa (1840),
Reddition d'Abd el-Kader (1847)
Autres fonctions Député

Christophe Louis Léon Juchault de Lamoricière (ou La Moricière) est un général et homme politique français né à Nantes[1] (Loire-Atlantique) le 5 février 1806, décédé au château de Prouzel, près d'Amiens le 11 septembre 1865.
La famille Juchault de Lamoricière est issue de la branche cadette de la famille Juchault des Jamonieres [2], originaire de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (Loire-Atlantique).

Famille et enfance

Descendant d'une ancienne famille bretonne fidèle aux vieux souvenirs et aux vieilles vertus[réf. souhaitée], il fit ses études dans sa ville natale, il fut admis à l'École polytechnique (promotion X 1824), passa par l'école d'application de Metz, et en sortit lieutenant en second au 3e Régiment du Génie le 31 janvier 1829.

Conquête de l'Algérie

Simple officier en 1830, Lamoricière, que les opinions légitimistes de sa famille poussaient alors à ne rechercher du service que loin des influences de la maison d'Orléans, demanda et obtint d'aller combattre en Algérie. Il fut nommé capitaine des Zouaves en 1830.

Il fit partie de l'expédition d'Alger, coopéra activement aux travaux d'attaque du fort l'Empereur et la prise de cette ville lui valut le grade de capitaine le 1er novembre 1830.

À la formation du corps des zouaves, il entra avec ce grade dans le 2e bataillon. Le général Avizard imagine, pour faciliter les rapports entre les indigènes et l'armée, l'institution de bureaux arabes. Lamoricière, connaissant l'arabe, dirige le premier bureau.

Mais la conquête n'est par terminée et Lamoricière combat en octobre 1835, le lieutenant d'Abd el-Kader, Hadj-el-Sghir, le bey de Milianah et prit Constantine en 1837 sous les ordres du général Valée.

Nommé colonel des Zouaves en 1837, le fait suivant le donna à connaître aux ennemis qu'il avait à combattre.

Après deux années passées à Koléa, il est de la bataille du col de Mouzaïa, le 12 mai 1840. Le 21 juin 1840, créé maréchal de camp, on lui donne le commandement de la division militaire d'Oran. Il est un des acteurs dans l'affaire de Tagdempt, et, comprenant le premier la nécessité de porter le centre des opérations militaires au-delà de la première chaîne de l'Atlas, il marche contre la puissante tribu des Hachem, qui dominait toute la plaine d'Eghriss, défait Abd el-Kader.

En 1843, après de nombreuses razzias chez les Flittas et dans tout le cercle de Mostaganem, il amène la reddition de ces puissantes et turbulentes tribus ; il est promu, le 9 avril, au grade de Lieutenant général.

À l'instigation d'Abd el-Kader, le sultan du Maroc entre sur le territoire algérien ; en 1844, Lamoricière défend à la frontière le camp de Lalla-Maghrnia contre les envahisseurs, et le 14 août, c'est la victoire de l'Isly.

Bugeaud remet entre ses mains, en 1845, le gouvernement intérimaire de la colonie. Une dissension importante apparaît entre lui et Bugeaud. La Moricière participe à la prise de la smala; et, peu de temps après, à Djemmâ-Ghazaouat, l'émir lui-même, vaincu, fatigué de la lutte, vient seul, par une nuit d'orage, au camp du général français, et se constitue prisonnier du duc d'Aumale.

On lui connaît entre autres le surnom de Bou Chechia. Sa connaissance du terrain et sa détermination (souvent sanglante[3]) en font un chef de guerre efficace et respecté, dont la carrière est couronnée en 1847 par la reddition d'Abd El-Kader.

Carrière politique

Député de la Sarthe (Mamers) dès 1846, ministre de la Guerre en 1848, vice-président de l'Assemblée législative, son ascension politique est rapide dans un contexte assez agité.

Le 24 février 1848, le gouvernement fit un appel à tous les noms qu'il croyait pouvoir, dans la crise, exercer quelque influence sur le peuple et sur l'armée. Le général Lamoricière parut sur les boulevards, en uniforme de colonel de la garde nationale, proclamant la régence et la fin des hostilités ; mais, dans la rue de Rohan, son cheval est tué d'un coup de feu et il reçoit lui-même, au bras, un coup de baïonnette. On parle de le mettre à mort ; des ouvriers le défendent, l'emportent dans une maison devant laquelle ils montent la garde ; et dans la soirée il regagne son domicile.

En mars 1848, il fut nommé membre de la commission de Défense nationale. Élu à l'Assemblée nationale dont il a été plusieurs fois vice-président, il a refusé tous les commandements qui lui ont été offerts par le gouvernement provisoire, déclarant qu'en cas de guerre seulement, il accepterait une division marchant à l'ennemi ; mais dans les sanglantes journées de juin, son collègue d'Afrique, le général Cavaignac, ayant été mis à la tête du pouvoir exécutif, le général Lamoricière s'est montré contre l'insurrection et a accepté le portefeuille de la guerre, du 28 juin jusqu'au 22 décembre 1848. Il participe activement à l'écrasement des journées insurrectionnelles de juin 1848, en particulier pendant la journée du 25 juin 1848 où ses troupes attaquent la barricade de la rue Saint Maur[4].

Élu à l'Assemblée législative, il a provoqué le décret de cette Assemblée du 19 septembre 1848, qui a ouvert un crédit de 50 millions pour l'établissement des colonies agricoles en Algérie, des études préparatoires pour la colonisation de la province d'Oran avaient été antérieurement faites et publiées sous sa direction.

En juillet 1849, il remplit une mission en qualité d'ambassadeur extraordinaire auprès de l'empereur de Russie.

Exilé politique

Il est arrêté lors du coup d'État du 2 décembre 1851 car il est un fervent opposant de Louis-Napoléon Bonaparte. Il est exilé pendant 5 ans, exil qu'il passe essentiellement en Belgique.

Zouave pontifical

En 1860, il se dévoue à la cause pontificale, le Saint-Siège se trouvant menacé par les troupes de Garibaldi ainsi que par le Piémont-Sardaigne qui lutte pour unifier l'Italie sous la couronne de son roi Victor-Emmanuel. Mais son enthousiasme et son expérience ne peuvent rien contre des puissances nettement supérieures : la défaite de Castelfidardo sonne la fin de l'aventure (cf. Zouaves pontificaux).

Fin de vie

La Moricière rentre en France pour y finir ses jours dans son château de Prouzel (propriété de sa femme). Il possédait le château du Chillon, Le Louroux-Béconnais. Il avait épousé le 21 avril 1847, Marie-Amélie Gaillard de Ferré d'Auberville, dont il eut quatre enfants : Jeanne-Marie, décédée à 2 ans 1850 - Henri décédé lui aussi à 2 ans en 1857 - Henriette, née en 1850, décédée à Rome en décembre 1869, six mois après son mariage avec le comte François de Maistre, capitaine d'état major de l'armée pontificale, chevalier de la Légion d'honneur Isabelle épouse en première noces en 1873 Aymar, comte de Dampierre dont elle eut un fils Jacques. Veuve en 1876, elle se remarie avec le comte Henry-Marie de La Croix de Castries, officier d'infanterie, chevalier de la Légion d'honneur, conseiller général de Maine-et-Loire, dont elle n'aura pas d'enfant.

En remerciement de ses services, le pape Pie IX lui fait élever un cénotaphe dans la Cathédrale de Nantes[5], inauguré en 1879, tandis que la ville de Constantine lui érige un monument[6] inauguré en 1909, mais qui sera rapatrié à l'issue de la guerre d'Algérie et finalement installé à Saint-Philbert-de-Grandlieu, la ville d'origine de sa famille.

Postérité

La France a honoré la mémoire du général Lamoricière:

Œuvres et discours du général de Lamoricière (ordre chronologique)

Bibliographie

Filmographie

Notes et références