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Jean-Joseph de Laborde

 

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Jean-Joseph Laborde, par la suite marquis de Laborde, né près de Jaca en Aragon en 1724 et mort guillotiné en mai 1794, est un négociant et banquier du XVIIIe siècle.

Biographie

Issu d'une modeste famille béarnaise[1], il rejoint à l'âge de l'adolescence son cousin qui est à la tête d'une compagnie maritime d'import-export à Saint-Jean-de-Luz. À la mort du cousin, il reprend les rênes de la compagnie familiale et bâtit son immense richesse sur cette base. Il s'enrichit ainsi grâce au commerce transatlantique approvisionnant les colonies en matières premières et en rapportant les produits les plus intéressants financièrement : fruits tropicaux, arbre d'essence rares et participe à la traite des noirs. Il possède d'ailleurs des terres à Saint-Domingue (Haïti) qu'il fait exploiter pour le sucre.

Cette ascension fulgurante, comparable à celle de nombreux bourgeois au siècle des Lumières, lui permit de s'élever et de fréquenter des nobles. De même, sa richesse lui permit d'acquérir de nombreux domaines. Il devient fermier général (1759-1767) sur la proposition de son ami le duc de Choiseul.

Il s'est installé en 1764 dans le château de La Ferté-Vidame qu'il aménagea à son goût en s'entourant de nombreux artistes, mais il en fut chassé en 1784 par le duc de Penthièvre suite à un jeu de chaises musicales, lui-même étant chassé de son domaine de Rambouillet par le roi Louis XVI qui convoitait ses terres giboyeuses. Il aurait alors été nommé, par compensation, marquis.

Le château de Méréville

Ses péripéties lui donneront l'occasion d'acquérir le château de Méréville et son parc à la française en 1784. Il décida ainsi de créer en ces lieux marécageux, un grand parc paysager à sa convenance. Pour cela il s'entoure de grands artistes : François-Joseph Bélanger, célèbre en cette décennie pour avoir construit en deux mois Bagatelle pour le comte d'Artois, Hubert Robert sorti de la prestigieuse école de Rome et déjà connu comme le peintre des ruines, et d'autres grands noms comme le célèbre ébéniste Leleu, le sculpteur Augustin Pajou ou le peintre Claude Joseph Vernet.

La construction de ce parc va demander un travail de titan. Près de 700 ouvriers, dont une très grande partie d'artisans spécialisés, vont œuvrer pendant dix ans sous la tutelle des architectes. Ils vont ainsi réaliser le parc de Méréville, un joyau romantique que Chateaubriand qualifiera d'oasis.

En 1786, après l'affaissement du pont des roches (pont à deux étages qui n'en compte désormais plus qu'un après qu'il se fut enfoncé dans la Juine), François-Joseph Bélanger est congédié de son rôle d'architecte en chef. D'autres raisons, notamment financières, ont également été évoquées pour ce renvoi. En effet, Bélanger aurait pris l'habitude de dépenser sans compter, ce que le marquis, en gestionnaire avisé, ne pouvait pas accepter. Il est remplacé par Hubert Robert. François-Joseph Bélanger resta sur le chantier pour la construction du temple rond de la piété filiale.

L'année suivante, alors que le détournement de la Juine avait depuis longtemps été entrepris, en même temps que des travaux hydrographiques exceptionnel pour l'époque, une fabrique imprévue fut construite : la colonne rostrale. Celle-ci fut construite en hommage à ses deux fils, Edouard (1762-1786) et Ange Auguste (1766-1786), dont la nouvelle de la disparition arriva en 1787. Les deux jeunes hommes périrent ensemble au large de Vancouver, dans la baie des Français au cours de l'expédition La Pérouse. Cette colonne fut bâtie sur une petite île au cœur du grand lac.

Le temple de la piété filiale fut dédié à sa fille Natalie, et l'intérieur décoré par un buste en marbre à son image sculpté par Augustin Pajou.

On notera l'engouement du marquis pour ce qui a fait son temps, ce parc est à son image, l'admiration de la navigation et de la découverte est partout (la colonne rostrale et le cénotaphe de Cook en sont l'hommage le plus flagrant), l'amour de la nature et des belles plantes rejoint le thème précédent dans ce siècle de la botanique et de sa classification. Le parc est ainsi truffé d'espèces rares importées puis acclimatées dans les riches terres de la vallée de Méréville.

La jeunesse du marquis au pays basque se ressent aussi : les grottes dans lesquelles on peut descendre par des escaliers escarpés, des dénivelés, la cascade et ses roches donnaient au marquis la sensation de retrouver ses Pyrénées.

Enfin, sa richesse est présente partout. Les ponts aux noms évocateurs « aux boules d'or », des grottes solitaires dont l'intérieur est paré de milliers de feuilles d'or ou de pierres précieuses ou tout au moins brillantes et surtout ce chemin pavé de galet qui donne un cachet si grandiose au parc de Méréville.

L'appellation romantique que l'on croise partout pour définir le style de ce domaine se retrouve dans ce style parfois anglo-chinois (le belvédère), mais surtout par ce retour à la nature et à l'illusion de la nature (le pont ruiné, ou le fait que tous les arbres ont été plantés avec le souci de surprendre le visiteur, ou encore le fait que toutes les grottes ont été taillées par la main de l'homme) due au génie de ses créateurs et à ceux qui y ont participé.

Mais si cette œuvre est ce que le marquis nous a laissé de plus brillant, il est bon de savoir qu'à l'orée de la Révolution, celui-ci avait déjà pris position dans les évènements de son temps. Ainsi il n'a rien oublié de son passé de travailleur acharné, et ses convictions qu'il a su transmettre à son fils feront de celui-ci l'un des seuls députés (du bailliage d'Étampes) nobles à avoir, lors de la Révolution, rejoint le Tiers état comme a du le faire Mirabeau). Mais ceci ne le sauvera pas lorsque, au nom de la loi des suspects, Saint-Just le fera guillotiner dans l'une des dernières charrettes de la Terreur en mai 1794.

Sa descendance

De son mariage avec Rosalie de Nettine (1737-1820) naquirent :

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

Liens externes