Bataille de La Gravelle (1793)
Informations générales
Date 24 octobre 1793
Lieu La Gravelle
Issue Victoire des Chouans
Belligérants
France Républicains Royal Standard of King Louis XIV.svg Chouans
Commandants
• Augustin de Lespinasse  • Aimé Picquet du Boisguy
• Jean Chouan
Forces en présence
1 800 hommes 800 hommes
Pertes
1 200 prisonniers aucune
Guerre de Vendée
 

La prise de La Gravelle se déroula lors de la guerre de Vendée.

 

Sommaire

  • 1 Prélude
  • 2 La bataille
  • 3 Conséquences
  • 4 Sources

 

Prélude

Le 20 janvier 1793, la nouvelle de l'arrivée de l'armée catholique et royale au nord de la Loire se répandit en Ille-et-Vilaine et Mayenne, où se trouvaient plusieurs petits groupes de proscrits, recherchés par les autorités républicaines pour avoir été reconnus comme ayant pris part aux révoltes de mars 1793. Le 22 octobre, 800 Bretons et Mainiots assez bien armés se réunirent dans la forêt du Pertre. Cependant le commandement était divisé entre plusieurs chefs. Jean Cottereau, dit "Jean Chouan" avait pris les armes dès 1792, secondé par son frère François Cottereau, il dominait chez les Mainiots de Saint-Ouën-des-Toits mais les trois frères Pinçon, de Bourgon avaient également une influence importante. Du côté des Bretons les différents chefs étaient les frères Louis et Aimé Picquet du Boisguy pour les combattants du pays de Fougères, Louis Hubert et le chevalier de la Hardonnière pour ceux de Vitré.

Article détaillé : Liste des compagnons de Jean Chouan.

Une fois la jonction effectuée, la petite troupe se mit en marche en vue de rejoindre les Vendéens. Le 23 octobre, sur la proposition des chefs Bretons, une attaque sur La Gravelle fut décidée dans le but de se procurer des armes. Ordinairement le bourg n'était défendu que par 200 soldats. Deux femmes de charbonniers, envoyées en reconnaissance rapportèrent que tout était normal, elles apprirent également aux insurgés que les Vendéens avaient pris Laval.

La bataille

Jean Chouan

Mais lors de la soirée, une troupe de 1 600 républicains commandée par le général Augustin de Lespinasse, fuyant Laval, s'était réfugiée dans le bourg.

Le 24 octobre, à deux heures du matin, ignorant l'arrivée de cette troupe, les royalistes passèrent à l'attaque de La Gravelle qu'ils attaquèrent sur trois points à la fois. Les républicains, se voyant attaqués de tout côté, ignorant le faible nombre de leurs ennemis, crurent que toute l'armée vendéenne leur tombait dessus et mirent aussitôt bas les armes, n'opposant aucune résistance. Le général Lespinasse, cerné dans la maison qu'il occupait, fut capturé par Aimé Picquet du Boisguy, en échange de sa reddition Boisguy lui promit la vie sauve et la liberté pour tous les soldats républicains.

Le lendemain matin les prisonniers républicains furent rassemblés sur la place du bourg, ils étaient au nombre de 1 200, seuls ceux qui avaient logé dans les villages et les fermes à l'extérieur du bourg avaient pu prendre la fuite. Les chefs des insurgés firent prêter le serment à leurs prisonniers de ne plus combattre les royalistes, ce après quoi ils furent libérés et renvoyés à Vitré.

Conséquences

Aimé Picquet du Boisguy

Aimé Picquet du Boisguy, qui s'était distingué lors de l'affrontement fut reconnu comme chef par les Bretons alors qu'il n'était âgé que de 17 ans, en revanche les Mainiots gardèrent Jean Chouan à leur tête. L'entente entre Bretons et Mainiots n'était pas des meilleures.

Le lendemain les Bretons et les Mainiots rejoignirent les Vendéens à Laval avec un butin de 1 200 fusils et 32 chevaux. Ils furent placés sous les ordres du prince de Talmont que leurs chefs connaissaient, ayant fait partie comme eux, de l'Association bretonne.

Cette prise de La Gravelle marqua le commencement du soulèvement des habitants du nord de la Loire espéré par les Vendéens. Ces renforts reçurent le nom de "Petite Vendée", mais ils finirent par adopter eux-mêmes le nom de Chouans, en référence au surnom de Jean Cottereau. En partie à cause de la présence du prince de Talmont, d'autres insurgés de Bretagne et du Maine rejoignirent les Vendéens, cependant le nombre total de ces renforts ne devait être que de 6 000 à 10 000 hommes ce qui était inférieur aux espérances des généraux vendéens.

Sources

  • Christian Le Boutellier, La Révolution dans le Pays de Fougères, Société archéologique et historique de l'arrondissement de Fougères,‎ 1989
  • Toussaint Du Breil de PontbriandMémoire du colonel de Pontbriand, édition Plon, Paris,‎ 1897 (réimpr. Y. Salmon, 1988)