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Louis-Alexandre Jard-Panvillier

 

Louis-Alexandre Jard-Panvillier
Fonction
Député
 
Biographie
Naissance
7 novembre 1757
Aigonnay
Décès
12 avril 1822 (à 64 ans)
Paris
Sépulture
Cimetière du Père-Lachaise
Activités
Homme politique, écrivain, journaliste
Autres informations
Membre de
Conseil des Cinq-Cents
Distinction
Commandeur de la Légion d'honneur‎

Louis-Alexandre Jard-Panvillier, né le 7 novembre 1757 à Aigonnay et décédé le 12 avril 1822 à Paris, était un homme politique français.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Médecin à Niort et début de carrière politique
    • 1.2 Première députation à la Législative
    • 1.3 La Convention : de la modération au royalisme
    • 1.4 Le Directoire : le député clichyen
    • 1.5 Un grand notable du régime napoléonien
    • 1.6 La Restauration : le monarchiste constitutionnel
  • 2 Hommage
  • 3 Sources
  • 4 Notes et références

Biographie

Médecin à Niort et début de carrière politique

Jard-Panvillier est le fils d'un médecin de Niort. Il s'engage dans la même voie que son père et est reçu docteur en médecine, avant de s'installer à Niort. Il devient un notable important de cette cité.

Grâce à sa position sociale, il débute avec la Révolution une carrière politique et est élu en janvier 1790 premier maire constitutionnel de Niort. En juillet de la même année, le voici procureur-syndic du nouveau département des Deux-Sèvres.

Première députation à la Législative

Le 3 septembre 1791, Jard-Panvillier est élu député des Deux-Sèvres à la nouvelle Assemblée législative, le premier sur sept, avec 75 voix sur 328 votants. Il siège au centre sans beaucoup se faire remarquer et intervient très peu à la tribune, se contentant de défendre un de ses collègues attaqué.

La Convention : de la modération au royalisme

Le 5 septembre 1792, il est réélu à la Convention par son département, avec 221 voix sur 373 votants, le deuxième sur sept, devancé cette fois par le girondin Lecointe-Puyraveau. Comme sous la Législative, Jard-Panvillier se réfugie sur les bancs de la Plaine. Lors du procès de Louis XVI, il vote pour l'appel au peuple, pour la détention et le bannissement à la paix et enfin pour le sursis. Au cours de ce vote il pousse son collègue des Deux-Sèvres Gaspard-Séverin Duchastel, alors malade, à voter en faveur du roi, et pour cela le porte jusqu'à la tribune. Auparavant il avait défendu ce même Duchastel, accusé d'avoir été un garde du corps du roi.

Le 10 mai 1793, il est envoyé en mission dans l'Ouest insurgé et auprès de l'Armée des côtes de La Rochelle, en compagnie notamment de Lecointe-Puyraveau. Une délégation très suspecte aux yeux des Montagnards. Dès le 13 juin Marat obtient son rappel, l'accusant de modérantisme. Il se fait ensuite très discret jusqu'à la chute de Robespierre. Son collègue et ami Duchastel est condamné à mort et guillotiné pendant cette période. Il travaille surtout au comité des Secours publics au nom duquel il présente plusieurs rapports, sur les militaires blessés ou sur la construction de manufactures.

Après le 9 thermidor, Jard-Panvillier se rallie évidemment à la réaction thermidorienne et fait partie de ces députés convertis au royalisme. Il se lance dans la poursuite des terroristes de l'an II et le premier dénonce Carrier. Le 19 février 1795 il dénonce la vente des jardins des presbytères, puis réclame des secours pour la veuve du dantoniste Philippeaux. Il obtient même des aides pour des religieuses anglaises dont les biens ont été confisqués. Le 7 avril, il est chargé de l'organisation de l'instruction publique dans les nouveaux départements de la Belgique annexée.

Le 6 août, Jard-Panvillier reçoit une nouvelle mission auprès des armées des côtes de Cherbourg et de la Rochelle.

Le Directoire : le député clichyen

En octobre 1795 il est réélu pour un troisième mandat au Conseil des Cinq-Cents par cinq départements. Il choisit de représenter à nouveau les Deux-Sèvres. Sous le Directoire il siège franchement avec les députés de droite, royalistes membres du Club de Clichy. Il s'attaque à la fameuse loi du 3 brumaire an IV excluant les parents d'émigrés des emplois publics. Le 4 novembre 1796 il propose l'aliénation de tous les presbytères, un projet qu'il n'aura de cesse de défendre. En effet ces bâtiments sont alors réquisitionnés par l'État pour servir d'écoles ou de mairies. En bon catholique, Jard-Panvillier espère qu'en vendant les presbytères les curés pourraient racheter ceux-ci à bas prix du fait de la dépréciation de l'assignat. Sa proposition est ainsi soutenue par le parti royaliste mais n'aboutit pas1.

Réélu aux élections de 1797, il intervient à plusieurs reprises à la tribune au sujet des presbytères, puis fait liquider les pensions des gagistes de la liste civile. Il propose également de réviser la loi sur la liquidation des dettes des émigrés puis intervient sur les questions religieuses. Le 18 août 1797 il est élu secrétaire du Conseil qui a basculé dans le camp royaliste. Malgré son royalisme, Jard-Panvillier échappe aux proscriptions du Coup d'État du 18 fructidor et conserve son siège.

Il se fait ensuite remarquer le 25 juillet 1799 en combattant la loi sur les otages, ainsi qu'en refusant que l'on déclare la patrie en danger. Le 26 septembre, il combat comme anticonstitutionnelle et liberticide la proposition du général Jourdan déclarant traîtres à la patrie ceux qui voudraient réviser la constitution ou attenter à l'intégrité du territoire de la République2.

Un grand notable du régime napoléonien

Après le Coup d'État du 18 brumaire Jard-Panvillier se rallie au régime consulaire. Cela lui permet d'être envoyé comme commissaire dans plusieurs départements, dont la Vendée. Puis il entre au Tribunat et occupe les principales fonctions de cette assemblée, dont il est secrétaire, questeur et finalement président. En 1804 il est rapporteur de la proposition concernant l'établissement du Premier Empire, et en fait la lecture devant le Sénat conservateur. Son discours est marqué de violentes attaques envers la Maison de Bourbon. La même année il est fait chevalier de l'Ordre de la Légion d'honneur.

En 1805-1806, Jard-Panvillier tente de se faire nommer au Sénat mais n'y parvient pas. À la suppression du Tribunat, Napoléon Ier le nomme président de chambre à la Cour des comptes. Le 2 juillet 1808 il est fait chevalier d'Empire, puis baron le 28 avril 1813. En décembre 1812 il fait partie de la délégation chargée d'accueillir l'empereur après la retraite de Russie. Il en profite pour effectuer à l'égard de Napoléon des protestations de fidélité après l'échec de la conspiration de Malet.

En 1814 il soutient la déchéance de l'empereur mais se rallie à ce dernier lors de son retour de l'Ile d'Elbe, le 20 mars 1815. Après la défaite de Waterloo, Jard-Panvillier retourne une nouvelle fois sa veste et soutient le retour de Louis XVIII.

La Restauration : le monarchiste constitutionnel

La Restauration permet à ce royaliste modéré de poursuivre sa carrière politique. Le 22 août 1815 les Deux-Sèvres l'élisent de nouveau député avec 91 voix sur 173 votants. Réélu successivement en 1816 et 1817, il siège au centre, au sein du groupe des monarchistes constitutionnels fidèles à l'esprit de la Charte de 1815. Il suit en cela la trajectoire d'autres anciens conventionnels conservateurs tels que Lanjuinais.

Le 5 mai 1816, il est chargé en tant que doyen des présidents de la Cour des comptes de haranguer le roi Louis XVIII à l'occasion du deuxième anniversaire de son entrée dans Paris. Oubliant quelque peu son ancien bonapartisme, il flétrit dans son discours les Cent-Jours auxquels il avait adhéré.

Jard-Panvillier meurt en cours de mandat en 1822 à l'âge de 64 ans. Il repose au cimetière du Père-Lachaise3,4. Son fils Charles-Marcellin Jard-Panvillier (1789-1852) suit les traces de son père et devient conseiller-maître à la Cour des comptes5.

Hommage

  • Légion d'honneur6 :
    • Ruban de chevalier Chevalier le 26 septembre 1803
    • Ruban de Commandeur Commandeur 14 juin 1804

Une rue de la ville de Niort porte son nom.

Sources

  • « Louis-Alexandre Jard-Panvillier », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]
  • Joseph Fr. Michaud, Louis Gabriel Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne, 1858, Volume 20, p. 566-567.
  • Georges Lefebvre, La France sous le Directoire (1795-1799), Paris, Éditions sociales, 1977
  • Jacques-Alphonse Mahul, Annuaire nécrologique, ou Supplément annuel et continuation de toutes les biographies ou dictionnaires historiques, 3e année, 1822, Paris : Ponthieu, 1823, p. 121-122 [1] [archive]

Notes et références

  1. Georges Lefebvre, op. cit., p. 285-287
  2. Georges Lefebvre, op. cit., p. 697
  3. Fiche sur le site de l'APPL [archive]
  4. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 432-433
  5. Umberto Todisco, Le personnel de la Cour des comptes (1807-1830), Librairie Droz, Genève-Paris, 1967.
  6. « Notice no LH/1354/56 » [archive], base Léonore, ministère français de la Culture