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Nicolas Tripier

 

Nicolas Jean-Baptiste Tripier

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Nicolas Tripier, avocat réputé, député, pair de France, gravure de Tardieu.
Fonctions
Député
8 mai 1815 – 13 juillet 1815
Groupe politique Majorité
11 mai 1822 – 24 décembre 1823
Groupe politique Opposition libérale
Pair de France
11 octobre 1832 – 25 avril 1840
Groupe politique Parti conservateur
Biographie
Date de naissance 30 juillet 1765, Autun
Date de décès 25 avril 1840, Paris

Nicolas Jean Baptiste Tripier, né à Autun, maintenant en Saône-et-Loire, le 30 juillet 1765, mort à Paris le 25 avril 18401, est un avocat et homme politique français.

Avocat réputé pour sa dialectique et la force de son argumentation, bâtonnier de l'ordre des avocats, il est aussi député libéral, pair de France et conseiller privé de Louis-Philippe Ier.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Débuts juridiques
    • 1.2 Avocat
    • 1.3 Député
    • 1.4 Conseiller juridique, bâtonnier, président de chambre
    • 1.5 Pair de France
    • 1.6 Vie familiale
    • 1.7 Hommages
    • 1.8 Fonctions parlementaires
  • 2 Bibliographie
  • 3 Notes et références
  • 4 Articles connexes

Biographie

Né en 1765 à Autun, Nicolas Tripier est le fils de « maître Michel Tripier, maître en chirurgie, et de demoiselle Jeanne de Lisle »1.

Jusqu'à l'âge de dix ans, il est d'abord éduqué par un oncle, curé de Chiddes2. Il fait ensuite ses études à Paris, au collège de Montaigu, où il obtient au concours général le prix de sixième. Ce succès lui permet de terminer gratuitement sa scolarité1.

Débuts juridiques

Il étudie le droit et la jurisprudence sous la direction de son frère aîné, procureur au parlement de Paris, et achète une charge d'avoué ; il est en plus avocat officieux, surtout pour les pauvres, ce qui lui vaut l'estime des juges2. Dénoncé comme suspect, arrêté pendant la Terreur, il est sauvé par la protection de Jules François Paré, ministre de l'Intérieur1,3.

Chargé ensuite d'une mission en Flandre, il y reste jusqu'après le 9 thermidor ; il devient ensuite substitut de l'accusateur public près le tribunal criminel de la Seine et assesseur de justice de paix, mais donne sa démission en 1795. Il rentre alors au barreau, contre l'avis de ce qui le connaissent2.

Avocat

Dès le début du Consulat, il se taille comme avocat une place de premier ordre. Malgré sa petite taille et sa voix ordinaire, son travail des dossiers et son raisonnement lui permettent de développer une argumentation sobre et solide2.

Sous l'Empire, l'affaire Reynier le fait connaître : il gagne la cause de la partie civile et fait décider comme principe que la conscience des juges civils n'est pas limitée par la sentence rendue par les juges criminels, et donc que les juges civils sont libres d'allouer ou non des dommages et intérêts4.

Nicolas J. B. Tripier, d'après un portrait par François Joseph Heim.

Il se fait remarquer par « sa dialectique vigoureuse, son savoir » et devient « l'un des premiers avocats de Paris »3.

« Tripier ne pouvait passer pour un orateur entraînant, mais il a laissé un durable souvenir. Son talent simple et solide, sa parole d'une logique inébranlable, la fermeté de sa pensée contrastaient vivement avec la forme toujours recherchée et souvent prétentieuse qui était fort à la mode à cette époque (...), la force de son raisonnement et la clarté de ses déductions faisaient impression sur l'esprit du juge, convaincu sans avoir été charmé5. »

Sous la première Restauration, Nicolas Tripier plaide pour Louis Bonaparte, ex-roi de Hollande, réclamant l'aîné de ses fils, Louis-Napoléon, que sa femme Hortense de Beauharnais prétend garder auprès d'elle. Là encore, il gagne la cause6.

Pour préparer ses clients à leur procès, Tripier a notamment pour habitude de se mettre à la place de la partie adverse et de les harceler de questions jusqu'à ce que leur défense soit au point4. À la seconde Restauration, il plaide notamment pour Lavalette mais ne peut éviter sa condamnation, et plaide pour Gévaudan dans l'affaire de la souscription nationale ; l'éclat de ces deux plaidoiries augmente sa réputation3.

Il plaide aussi pour Julien auquel le duc d'Orléans réclame la propriété du Théâtre-Français1. Dans cette dernière affaire, Tripier négocie une habile transaction qui satisfait les deux parties, il montre ainsi son talent à la partie adverse, le futur roi Louis Philippe, qui l'invite ensuite à faire partie de son conseil privé7.

Député

Tripier est élu, le 8 mai 1815, représentant à la Chambre des Cent-Jours, dans le 1er arrondissement de Paris8, il siège dans la majorité.

De nouveau élu, le 17 mai 1822, député du grand collège de la Seine9, il prend place dans l'opposition libérale. Il siège fort irrégulièrement, ne donne aux travaux parlementaires que le temps que lui laisse son activité d'avocat, et il n'est pas réélu en 18241.

Conseiller juridique, bâtonnier, président de chambre

Il cesse de plaider en 1823 à la suite d'un malaise, mais continue de donner des consultations juridiques7. Bâtonnier de l'ordre des avocats en 1828, il est le signataire d'une réclamation visant à obtenir pour les avocats la possibilité d'élire leurs représentants, de plaider hors du ressort de leur Cour d'appel, ainsi que l’abrogation du droit d’appel du ministère public pour raison disciplinaire, mais il assortit sa signature de réserves personnelles10. Il est nommé, le 28 décembre de la même année, conseiller à la cour royale de Paris sous le ministère de M. de Martignac1.

Pendant ses loisirs, il aime jardiner dans sa maison de campagne de Noisy-le-Sec7, village dont il est élu maire de 1819 à 1829. Il est Conseiller général de la Seine en 18291.

Tripier adhère à la révolution de juillet, est nommé président de chambre à la cour de Paris en août 1830, conseiller à la cour de cassation le 3 décembre 18311.

Pair de France

Pair de France le 11 octobre 1832, il vote avec le parti conservateur. Rapporteur de plusieurs commissions, son rapport sur le projet de loi sur les faillites est cité comme modèle de rapport3. Il soutient la politique du gouvernement de juillet jusqu'à sa mort1.

Il est par ailleurs administrateur de l'Institut national des jeunes aveugles11.

Il meurt à Paris en avril 1840, deux jours après un malaise survenu à la Cour de cassation11.

Vie familiale

Nicolas Tripier achète le château de Brandon en 182612. Il possède par ailleurs une maison de campagne à Noisy-le-Sec dont il est maire, et un hôtel particulier à Paris, rue de Lille, avec une propriété proche13.

  • Il épouse Henriette-Louise Landrin en 179414. Ils ont comme enfants :
    • Françoise Michelle Emilie Tripier15, qui épouse en 1813 l'avocat Antoine-François Mala ; ils ont une fille :
      • Pauline Caroline Mala, qui épouse Ferdinand de Jouvencel (1804-1873), député, président du Conseil d'État provisoire en 1870-1871.
    • Félix Marie Tripier (1804-1882), maître des requêtes au Conseil d'État16,17.

Hommages

  • Près de vingt ans après la mort de Tripier, le bâtonnier souhaite aux nouveaux avocats d'avoir, entre autres qualités, « la force et la dialectique de Tripier »18.
  • Une rue porte son nom à Noisy-le-Sec.

Fonctions parlementaires

Assemblée
  • 8 mai 1815 - 13 juillet 1815 : Député de la Seine - Majorité (Chambre des représentants).
  • 17 mai 1822 - 24 décembre 1823 : Député de la Seine - Minorité libérale (Chambre des députés).
Chambre haute
  • 11 octobre 1832 à sa mort : Pair de France (Chambre des pairs).

Bibliographie

  • « Tripier (Nicolas-Jean-Baptiste) » dans Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, 1866-1877, tome 14, p. 513 [lire en ligne [archive]].
  • « Nicolas-Jean-Baptiste Tripier », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore [archive]], tome V, pp. 417-418.
  • « Tripier (Nicolas-Jean-Baptiste) » dans Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne..., Paris, Thoisnier Desplaces, 1843-1865, tome 42, pp. 163-165 [lire en ligne [archive]].
  • Notices sur N. J. B. Tripier, Paris, Fournier, 1844, env. 100 pages (en ligne sous Gallica [archive]).
  • Jean Baptiste Josseau, Éloge de M. Tripier, prononcé à l'ouverture de la conférence des avocats, le 4 décembre 1841, Paris, Guyot, 1841, 24 p. [lire en ligne [archive]]
  • Eugène Fyot, Le château et les seigneurs de Brandon, 1900.
  • J. de Masin, Un grand avocat autunois : Nicolas-Jean-Baptiste Tripier, revue « Images de Saône-et-Loire » n° 5 (juin 1970), p. 29.
  • Bibliothèque nationale de France, Catalogue général, recensant 59 ouvrages imprimés de Nicolas Tripier, pour la plupart des factums juridiques et des rapports parlementaires.

Notes et références

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j « Nicolas-Jean-Baptiste Tripier », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore [archive]].
  2. a, b, c et d « Tripier (Nicolas-Jean-Baptiste) » dans Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne..., Paris, Thoisnier Desplaces, 1843-1865, tome 42, p. 163 [lire en ligne [archive]].
  3. a, b, c et d « Tripier (Nicolas-Jean-Baptiste) » dans Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, 1866-1877, tome 14, p. 513 [lire en ligne [archive]].
  4. a et b « Tripier (Nicolas-Jean-Baptiste) » dans Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne..., Paris, Thoisnier Desplaces, 1843-1865, tome 42, p. 164 [lire en ligne [archive]].
  5. Jules Fabre, Le Barreau de Paris, 1810-1870, Paris, 1895 (pages 135-137).
  6. Jules Fabre, Le Barreau de Paris, 1810-1870, Paris, 1895 (pages 72-73).
  7. a, b et c « Tripier (Nicolas-Jean-Baptiste) » dans Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne..., Paris, Thoisnier Desplaces, 1843-1865, tome 42, p. 165 [lire en ligne [archive]].
  8. Par 60 voix (102 votants, 201 inscrits) (« Nicolas-Jean-Baptiste Tripier », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore [archive]]).
  9. Par 1 267 voix (sur 2 320 votants) (« Nicolas-Jean-Baptiste Tripier », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore [archive]]).
  10. Yves Ozanam, « Les avocats parisiens dans le premier tiers du XIXe siècle » [archive], in Élites et sociabilité au XIXe siècle, IRHiS, 2001, p. 153-179, paragraphe 40 et note 71.
  11. a et b Notices sur N. J. B. Tripier, Paris, Fournier, 1844.
  12. Eugène Fyot, Le château et les seigneurs de Brandon, 1900.
  13. Voir la page du site de Paris pittoresque sur la rue de Lille [archive] : Tripier possède au numéro 38, le grand hôtel qui avait été celui de la famille de Lussan ; sa propriété est évoquée au sujet du n° 25 de la même rue.
  14. Les sénateurs du Consulat et de l'Empire, Slatkine, 1974, p. 216 [lire en ligne [archive]].
  15. Mémoires de la Société Éduenne, volume 28, 1900, page 102.
  16. Marc Bouvet, Le Conseil d'état sous la Monarchie de juillet, Librairie générale de droit et de jurisprudence, 2001, p. 628.
  17. « Cote LH/2631/2 » [archive], base Léonore, ministère français de la Culture.
  18. Propos du bâtonnier Plocque en 1858, cité dans Jules Fabre, Le Barreau de Paris, 1810-1870, Paris, 1895, p. 403.

Articles connexes