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Jacques Ignace Hittorff

 

Jacques Ignace Hittorff

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Ingres, Portrait de l'architecte Jacques-Ignace Hittorff (1829), Paris, musée du Louvre.
Présentation
Nom de naissance Jakob Ignaz Hittorff
Naissance 20 août 1792
Cologne (Allemagne)
Décès 25 mars 1867 (à 74 ans)
Paris
Nationalité allemande et française
Formation École des beaux-arts de Paris, atelier Percier
Œuvre
Réalisations Cirque d’Hiver (Paris) (1852)
Gare de Paris-Nord (1865)
Distinctions Académie des beaux-arts (1846)
Entourage familial
Famille Jean-Baptiste Lepère (arrière oncle de naissance)

Jacques Ignace Hittorff est un architecte français d'origine allemande, né Jakob Ignaz Hittorff le 20 août 1792 à Cologne (Allemagne) et mort le 25 mars 1867 à Paris 9e.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Réalisations
  • 3 Publications
  • 4 Hommages
  • 5 Notes et références
  • 6 Voir aussi
    • 6.1 Bibliographie
    • 6.2 Articles connexes
    • 6.3 Liens externes

Biographie

Hittorff naît le 20 août 1792 à Cologne, comme citoyen allemand, dans une famille d'artisans modestes. L'occupation de la ville par les armées révolutionnaires françaises à partir de 1794 et son intégration au sein de la République en 1801 font de ses habitants des citoyens français. Son père le destine à l'architecture et, en plus des mathématiques et du dessin, il fait étudier au jeune homme la maçonnerie et la taille de pierre.

Madame Hittorff par Ingres, (1829), musée du Louvre.

Hittorff se rend à Paris en 1810 pour étudier à l'École des beaux-arts de Paris dans l'atelier de Charles Percier. Il voyage en Europe et se rend notamment en Sicile où, confronté à l'architecture de la Grèce antique, il remet en évidence l'existence de la polychromie qui décorait chaque monument et qui avait été jusque-là niée par une partie des archéologues. Le congrès de Vienne en 1815 ayant ramené la France à ses frontières de 1791, Hittorff redevient allemand. Il épouse la fille de l'architecte Jean-Baptiste Lepère.

Sous le règne de Charles X, il se voit confier l'organisation de fêtes, à commencer par celles du sacre du roi, ou de cérémonies funèbres dont les obsèques de Louis XVIII à Saint-Denis. Il devient architecte en 1818.

Pendant la Monarchie de Juillet, à partir de 1830, il travaille à l'église Saint-Vincent-de-Paul conjointement avec son beau-père. En 1830, il est l'un des cofondateurs de la Société libre des beaux-arts de Paris, dont il sera élu président en 1831 et une seconde fois en 1842-18431.

En 1834, il s'attache à l'aménagement de la place de la Concorde et de l'avenue des Champs-Élysées : son projet d'aménagement de la place de la Concorde, incluant l'érection de l'obélisque arrivé de Louqsor le 9 août 1834, est adopté le 24 avril 1835 par le conseil municipal de Paris2.

En 1842, il obtient de nouveau la nationalité française par un arrêt du roi des Français Louis-Philippe, condition de sa candidature pour l'Institut de France. Cela ne lui fait pas perdre pour autant le surnom « le Prussien » que lui donnent ses ennemis. Hittorff achève la mairie du 5e arrondissement, place du Panthéon commencée en 1844 par Jean-Baptiste Guenepin.

Après plusieurs tentatives3, Hittorff est élu membre de l'Académie des beaux-arts au fauteuil laissé vacant par la mort de Jean-Jacques-Marie Huvé, qui avait lui-même succédé à Charles Percier.

Sous le Second Empire, il collabore aux grands travaux du baron Haussmann. Il est à l'origine de plusieurs réalisations à Paris le réaménagement du bois de Boulogne, l'actuel théâtre du Rond-Point des Champs-Élysées, le Cirque d'Hiver, des immeubles rue de Rivoli, la mairie du 1er arrondissement de Paris. En outre, il est l'architecte de la gare du Nord, ainsi que de la Fondation Eugène-Napoléon (1856) dans le 12e arrondissement de Paris.

Jacques Ignace Hittorff meurt le 25 mars 1867 au 40 rue Lamartine. Il est enterré à Paris au cimetière de Montmartre dans la quatrième division, où sa tombe est toujours visible.

Tombe de Jacques Ignace Hittorff (cimetière de Montmartre, division 4).

Réalisations

  • 1827-1828 : théâtre de l'Ambigu-Comique, aujourd'hui détruit.
  • 1831-1844 : l'église Saint-Vincent-de-Paul, à la suite de son beau-père Jean-Baptiste Lepère.
  • 1836 : début de l'aménagement de la place de la Concorde, y compris les lampadaires colonnes rostrales et le dessin des fontaines actuelles, suivant une idée du roi Louis-Philippe. Il fait ériger sur la place l'obélisque de Louxor.
  • 1838 : aménagement de l'avenue des Champs-Élysées, création de quatre fontaines monumentales4 dans les jardins, le dessin des réverbères toujours en place, et les immeubles situés autour de la place de l'Étoile. Les jardins sont aménagés ensuite par Jean-Charles Alphand.
  • 1839 : la Rotonde des panoramas du grand carré des jeux des jardins des Champs-Élysées, détruite en 1856.
  • 1844-1850 : achèvement à partir de 1847 de la mairie du 5e arrondissement de Paris, place du Panthéon5 commencée par Jean-Baptiste Guenepin.
  • Le cirque de l'Impératrice puis « Cirque d'Été », ou encore « cirque des Champs-Élysées », détruit en 1900 lors de l'Exposition universelle. La rue qui y menait, qui existe encore sous le nom de rue du Cirque, en est un témoignage.
  • La rotonde des panoramas inaugurée en 1855, symétrique au cirque de l'impératrice, remplacée par le Panorama national construit par Gabriel Davioud (actuel théâtre du Rond-point des Champs-Élysées).
  • 1850 : réalisation de l'un de ses projets d'architecture privée, à Cambrai, Nord-Pas-de-Calais : "le Château Clément" qui deviendra en 1974 le Château de la Motte Fénelon
  • 1852 : le Cirque d’Hiver (à Paris).
  • 1852 : Le 17 juillet 1852, l'Empereur nomme Hittorff architecte du Bois et de la future avenue de l'Impératrice en association avec le paysagiste Louis-Sulpice Varé6. L'Empereur désire que le bois soit traversé par une rivière telle la Serpentine dans Hyde Park à Londres. Un défaut de dénivellation fait que la rivière artificielle, longue de 1 500 mètres, ne puisse jamais couler sans inonder sa partie basse. Cette erreur provoque le remerciement de Varé par le préfet Haussmann7. La rivière abandonnée est remplacée par deux lacs à des niveaux différents dont le trop-plein de l'un se déverse dans l'autre par une cascade.
  • 1854 : la Société de l'hôtel et des immeubles de la rue de Rivoli est fondée. Elle charge les architectes Alfred Armand, Jules Pellechet et Rohault de Fleury de bâtir rue de Rivoli Le grand hôtel du Louvre. Cet établissement, inspiré des grands hôtels américains est le premier de ce style édifié à Paris. C'est là que se trouve aujourd'hui le Louvre des antiquaires.
  • Le décret du 13 août 1854 définit l'aménagement de la place de l'Étoile en reprenant en grande partie les plans de Hittorff.
  • 1856 : l'orphelinat Eugène-Napoléon au 254 rue du faubourg Saint-Antoine. L'impératrice Eugénie veut consacrer à cette œuvre la valeur de la rivière de diamants que lui avait offert en cadeau de mariage la ville de Paris. Cet orphelinat serait une maison d'éducation pour orphelines et jeunes filles pauvres. Actuellement le bâtiment est une école, l'école Eugène-Napoléon.
  • 1857 : la mairie du 1er arrondissement de Paris8 ainsi que la restauration de l'église attenant de Saint-Germain-l'Auxerrois.
  • 1861-1865 : la gare du Nord.

Publications

  • Restitution du temple d'Empédocle à Sélinonte ou L'architecture polychrome chez les Grecs (1851), [lire en ligne [archive]]
  • Architecture antique de la Sicile (3 volumes, 1826-1830 ; 1866-1867).
  • Architecture moderne de la Sicile (1826-1835), [lire en ligne [archive]]

Hommages

Dans le dixième arrondissement de Paris, une rue et une cité portent son nom9.

Notes et références

  1. Hommage rendu à Mr Hittorff par le comité central de la Société libre des beaux-arts de Paris [archive]
  2. Robert Solé, Le grand voyage de l'obélisque, p. 277
  3. Dominique Massouni, Procès-verbaux de l'Académie des beaux-arts 1845-1849, éd. Librairie Droz, 2008.
  4. Paris Fontaine, Les fontaines des Champs-Élysées, Paris 8e [archive]
  5. Mairie du 5e arrondissement [archive]
  6. Conservatoire des jardins et paysages [archive]
  7. Mémoires du baron Haussmann, volume III, p. 125, Victor-Havard éditeur, Paris, 1893
  8. mairie du 1er [archive]
  9. Rue Hittorff dans la nomenclature des rues de Paris [archive]

Voir aussi

Bibliographie

  • Encyclopédie des gens du monde, éd. Treuttel et Würtz, 1840
  • Hittorff, un architecte du XIXe, catalogue de l'exposition au musée Carnavalet du 20 octobre 1986 au 4 janvier 1987, 1986
  • Jacques Ignace Hittorff, précurseur du Paris d'Haussmann, Michael Kiene, traduit de l'allemand par Claude Checconi, éd. du Patrimoine, 2011

Articles connexes

  • Georges Eugène Haussmann

Liens externes