Claude Jade
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Claude Jade en février 1994.
 
Nom de naissance Claude Marcelle Jorré
Naissance
Dijon (Côte-d'Or)
Nationalité Drapeau de la France Française
Décès  (à 58 ans)
Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)
Profession Actrice
Films notables Baisers volés
L'Étau
Mon oncle Benjamin
Domicile conjugal
Le Bateau sur l'herbe
La Fête à Jules
L'Amour en fuite
Séries notables Les Oiseaux rares
L'Île aux trente cercueils
Cap des Pins

Claude Jade est une actrice française née le  à Dijon (Côte-d'Or) et morte le  à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Elle devient célèbre en incarnant Christine Darbon dans le cycle de films de François Truffaut : Baisers volés (1968), Domicile conjugal (1970) et L'Amour en fuite (1978). Truffaut fait d'elle la « petite fiancée du cinéma français ».

D’autres rôles contribuent à sa popularité : Manette dans Mon oncle Benjamin et Véronique d'Hergemont dans le feuilleton L'Île aux trente cercueils. Claude Jade joue également dans des films américains (L'Étau d'Alfred Hitchcock), belges, japonais, allemands, italiens et soviétiques.

En 2006, elle interprète son dernier rôle au théâtre dans Célimène et le Cardinal.

Biographie

Enfance et débuts

Issue d'une famille d'universitaires protestants, Claude Marcelle Jorré naît le  à Dijon (Côte-d'Or). Ses parents, Marcel Jorré et Marcelle Schneider, fille du peintre Émile Schneider, sont professeurs.

Elle obtient l'autorisation de se présenter au concours d'entrée au conservatoire de Dijon en septembre 1963 alors qu'elle n'a pas 15 ans et est reçue première, grâce à son interprétation de la fable de La Fontaine Le Coq et le Renard et du poème de Paul Verlaine Après trois ans. À partir de cette date, elle conjugue études classiques et théâtre.

À l'été 1965 (elle a 16 ans et est encore élève au lycée et au conservatoire de Dijon), alors qu'elle est en vacances avec ses parents, elle est contactée par son cousin Guy Jorré, réalisateur à la télévision, pour jouer un petit rôle dans un téléfilm : « C'est ainsi que, à distance, j'ai été engagée pour tourner une journée, le rôle de Mlle Lily dans Le Crime de la rue de Chantilly. »

À l'automne 1966, le bac et un 1er prix de comédie en poche, elle s'installe à Paris et devient l'élève de Jean-Laurent Cochet dont elle suit les cours pendant plus d'un an au théâtre Édouard-VII. À cette époque, Jean-Laurent Cochet est secondé par d'autres professeurs : Béatrix Dussane donne, une matinée par semaine, des cours de poésie, Odette Laure des cours d'expression corporelle et de yoga, et Mary Marquet enseigne la poésie.

Dans les années 1960, la télévision devient un moyen pour beaucoup de jeunes comédiens de débuter ou d'accéder au cinéma, voire au théâtre. C'est le cas de Claude Jade qui, alors qu'elle n'est élève chez Jean-Laurent Cochet que depuis deux mois et avant même de jouer au théâtre, tourne dans les séries La Prunelle (1966-1967) puis Allô Police (1967) où, comme elle le dit, fait surtout « partie du décor », même si elle a un peu de texte. Elle-même est surprise par ce départ si rapide : « Je me suis donné trois ans pour faire quelque chose, pas trois mois. ». Claude Jorré devient alors Claude Jade, tout simplement en consultant un dictionnaire à la lettre J : « C'est doux Jade, la sonorité me plaît […] en prononçant ce nom, on est sûr qu’il s'agit d'une femme… »

Truffaut

En juin 1967, elle est engagée au théâtre Moderne par l'acteur et metteur en scène Sacha Pitoëff pour jouer le rôle de Frida dans Henri IV de Luigi Pirandello. François Truffaut la découvre (« Danielle Darrieux à ses débuts » dira-t-il) et lui propose le rôle de Christine Darbon dans son film Baisers volés, qu'il tourne de janvier à avril 1968.

Premier des trois films qu'elle tourne avec Truffaut, Baisers volés reçoit à sa sortie une avalanche de récompenses : Grand prix du cinéma français, prix Louis-Delluc, prix Méliès, prix Fémina belge, prix du British Film Institute et prix de la Hollywood Foreign Press Association. Il est sélectionné pour représenter la France à l'Oscar du meilleur film étranger 1969 et marque le début de l'idylle entre l'actrice et le cinéaste.

Truffaut, à qui elle doit le surnom de « petite fiancée du cinéma français », songe à l'épouser, et demande très cérémonieusement sa main à ses parents, mais revient sur sa décision au dernier moment.

Elle lui pardonne et ils deviennent d'indéfectibles amis. Claude Jade, qui représente aux yeux de la critique la pureté, la grâce, le naturel et la simplicité, devient célèbre du jour au lendemain. Louis Chauvet écrit : « La titulaire du premier rôle féminin, Claude Jade, ajoute un charme à l’intrigue. Démarche souple et gracieuse dont se fût enchanté Valery Larbaud. Parler naturel, verbe fluide. On ne peut prévoir encore comment évoluera la comédienne, mais on apprécie la joliesse d’une présence. Enfin, Claude Jade traduit bien la curiosité secrète, un peu taquine, qu’une jeune fille en fleur peut éprouver à l’égard d’un si déconcertant soupirant. Courtisé par Antoine Doinel (Jean-Pierre Léaud) dans Baisers volés, son personnage sage et naïf change et évolue au fur et à mesure que les épisodes passent vers plus de gravité et d'amertume : épouse douce et amàre dans Domicile conjugal (1970) et ex-femme indépendante et déterminée dans L'Amour en fuite (1978).

En 1971, Truffaut propose à son co-scénariste Jean-Loup Dabadie, pour Une belle fille comme moi, de confier à Claude Jade le rôle de Camille Bliss. Mais le scénariste la trouve trop jeune et c'est finalement Bernadette Lafont, de dix ans son aînée, qui est choisie. Hormis le « cycle Doinel », elle ne tourne pas d'autre film avec Truffaut et dira : « Je crois qu'au fond, il n'avait pas envie de me sortir du tiroir Doinel… ».

Hitchcock

En 1968, Alfred Hitchcock s'apprête à tourner une superproduction américaine, dont une partie de la distribution doit être française. Claude Jade raconte que François Truffaut, qui trouve que « Claude Jade pourrait être la fille clandestine de Grace Kelly » tant la ressemblance est grande, l'a mise en rapport avec lui : « Mes parents étant anglicistes, je n'avais aucun problème pour m'exprimer en anglais. » Hitchcock demande à la rencontrer à Paris : « Il trouva que j'avais l'accent britannique […] Il était fidèle à un certain type de femme, et ça a aussi joué en ma faveur ».

Deux jours plus tard, elle est engagée officiellement et le , Claude Jade commence le tournage de L'Étau (Topaz), dans lequel elle incarne Michèle Picard, fille d'un agent secret (Frederick Stafford). Les autres acteurs français engagés dans ce film sont Dany Robin, Michel Subor, Michel Piccoli et Philippe Noiret.

Après L'Étau, Claude Jade revoit Alfred Hitchcock le  à Paris lorsque celui-ci est décoré de l'ordre des Arts et des Lettres et reste en relation épistolaire avec lui. Les réponses d'Hitchcock à ses lettres sont toujours étonnantes, parfois déroutantes mais toujours pleines d'humour, telle cette réponse à une carte d'Australie : « Chère Claude… Avez-vous sauté dans la poche d'un kangourou pour faire le tour de ville ? Si c'est le cas, vous avez dû avoir une promenade très cahotante. Affectueusement, Hitch » ; ou en réponse à son faire-part de mariage en 1972 : « Chère Claude, mes plus chaleureuses félicitations à l'occasion de votre mariage dont le faire-part vient de me parvenir. Efforcez-vous d'être le plus fidèle possible à votre mari. Cordialement, Hitch. »

« Je crois qu'au fond il m'aimait bien » dit-elle. Elle le rencontre pour la dernière fois au Festival de Cannes en 1975. Malgré la « chance extraordinaire » d'avoir pu tourner avec Hitchcock, Claude Jade reconnaît plus tard n'avoir pas su profiter de cette rencontre professionnelle, comme elle l'aurait fait si elle avait eu davantage de métier et d'expérience.

Les années 1970

Outre Hitchcock et Truffaut, Claude Jade attire l'attention de nombreux réalisateurs comme André Hunebelle qui l'engage dans Sous le signe de Monte-Cristo (1968), une version contemporaine très librement adaptée de l'œuvre d'Alexandre Dumas avec Pierre Brasseur, Raymond Pellegrin, Michel Auclair et la jeune Anny Duperey entre autres. De l'aveu même de Claude Jade, ce film est « complètement raté ».

Début 1969, elle tourne sous la direction d'Édouard Molinaro le rôle de Manette, la fiancée de Jacques Brel dans Mon oncle Benjamin, avec, entre autres, Rosy Varte, Bernard Blier et Alfred Adam. Le scénario du film est adapté du roman de Claude Tillier, pamphlétaire bourguignon du xixe siècle. Le film est tourné en Bourgogne (la région natale de Claude Jade), à Vézelay et aux environs de Corbigny.

En 1972, elle est Laura, fille de notaire (Jean Rochefort) et étudiante en médecine confrontée à une mère suffragette extravagante (Annie Girardot) dans Les Feux de la Chandeleur de Serge Korber. Pour Denys de La Patellière, elle joue la pure Françoise aux côtés de Robert Hossein dans Prêtres interdits (1973). Dans Le Pion de Christian Gion, elle donne la réplique à Henri Guybet : elle est Dominique Benech, la voisine du pion et mère esseulée d'un de ses élèves, qui nourrit à son égard de tendres sentiments.

Si la plupart du temps elle joue les « jeunes femmes sages », elle interprète aussi quelques « garces » : dans Le Bateau sur l'herbe (1970), elle est Éléonore, une jeune fille « odieuse » entre deux amis (Jean-Pierre Cassel et John McEnery) ; dans Le Malin plaisir (1974), Julie, une jolie femme sans scrupules, qui séduit dans son « nid de serpent » un écrivain (Jacques Weber). Avec Chantal Goya et Nicole Jamet, elle forme un trio de filles qui draguent les garçons dans Trop c'est trop de Didier Kaminka.

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