Halimi Gisèle
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| Gisèle Halimi | ||
Gisèle Halimi en 2008. |
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| Fonctions | ||
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| Ambassadrice de la France à l'UNESCO | ||
| – (1 an, 4 mois et 19 jours) |
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| Directeur général | Amadou-Mahtar M'Bow | |
| Prédécesseur | Jacqueline Baudrier | |
| Successeur | Marie-Claude Cabana | |
| Députée française | ||
| – (3 ans, 2 mois et 7 jours) |
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| Élection | 21 juin 1981 | |
| Circonscription | 4e de l'Isère | |
| Législature | VIIe (Cinquième République) | |
| Groupe politique | App. SOC | |
| Prédécesseur | Jacques-Antoine Gau | |
| Successeur | Maurice Rival (suppléant) | |
| Biographie | ||
| Nom de naissance | Zeiza Gisèle Élise Taïeb | |
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | La Goulette (Tunisie) | |
| Date de décès | (à 93 ans) | |
| Lieu de décès | Paris 7e (France) | |
| Nationalité | Tunisienne Française |
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| Parti politique | MDC | |
| Enfants | Jean-Yves Halimi, Serge Halimi, Emmanuel Faux |
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| Diplômée de | Faculté de droit de Paris IEP de Paris |
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| Profession | Avocate | |
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Gisèle Halimi (arabe : جيزيل حليمي, jayzil halimi), née Zeiza Gisèle Élise Taïeb (زايزا جيزيل إليز الطيب, zāyzā jayzīl ʼilayz alṭayib) le à La Goulette en Tunisie et morte le à Paris, est une avocate, militante féministe et femme politique franco-tunisienne.
Avocate, elle défend à partir des années 1950 des militants de l'indépendance de l'Algérie, alors française, dont notamment des membres du Front de libération nationale (FLN). À partir de l'année 1960, elle assure la défense de l'activiste et militante Djamila Boupacha, accusée de tentative d'assassinat puis torturée et violée, en détention, par des soldats français. Aux côtés de Simone de Beauvoir, elle médiatise ce procès afin de mettre en lumière les méthodes de l'armée française au moment de la guerre d'Algérie.
Figure du féminisme en France, elle est la seule avocate signataire du manifeste des 343 de 1971 réunissant des femmes qui déclarent avoir déjà avorté et réclament le libre accès à l'avortement, alors réprimé en France. Dans la foulée, elle fonde le mouvement Choisir la cause des femmes, aux côtés notamment de Simone de Beauvoir et Jean Rostand. En 1972, lors du procès de Bobigny, son action en tant qu'avocate de femmes accusées d'avortement illégal permet l'acquittement de trois des accusées ainsi qu'un sursis pour la quatrième, et contribue à l'évolution vers la loi Veil sur l'interruption volontaire de grossesse, en 1975.
De même, sa stratégie de défense médiatisée de deux jeunes femmes victimes en 1974 d'un viol collectif jugé en 1978, Anne Tonglet et Araceli Castellano, contribue à l'adoption d'une nouvelle loi en 1980, définissant clairement l'attentat à la pudeur et le viol, permettant de reconnaître ce dernier comme un crime, alors qu'il était traité jusque-là le plus souvent comme un délit en droit français.
Proche de François Mitterrand, elle est élue députée lors des élections législatives de 1981, un mandat qu'elle occupe jusqu'en 1984. Militant pour la parité en politique, elle obtient en 1982 le vote d'un article de loi autorisant des quotas par sexe aux élections, mais le texte est annulé par le Conseil constitutionnel. Aux côtés de Robert Badinter, elle est à l'origine de la loi abrogeant la distinction de la majorité sexuelle pour les rapports homosexuels.
À partir de 1985, elle occupe plusieurs fonctions successives à l'UNESCO (ambassadrice de la France, présidente du comité des conventions et des recommandations) puis à l'Organisation des Nations unies (conseillère spéciale de la délégation française à l'Assemblée générale, rapporteuse pour la parité entre hommes et femmes dans la vie politique). Elle est en outre l'une des fondatrices de l'association altermondialiste ATTAC en 1998.
En 2008, elle publie avec l'association Choisir l'essai La clause de l'Européenne la plus favorisée qui propose de généraliser à l'ensemble des citoyennes de chaque pays membre de l'Union européenne la disposition la plus favorable dans chaque domaine des droits des femmes.
Zeiza Taïeb naît le à La Goulette, dans une famille juive pratiquante près de Tunis. Elle est issue d'une famille modeste, d'une mère d'origine espagnole (séfarade), Fortunée Mettoudi, dite Fritna, et d'un père d'origine berbère, Édouard Taïeb, un expert. Son père a commencé comme garçon de course dans un cabinet d'avocat avant d'être clerc de notaire. Zeiza Taïeb est passionnément aimée par ce père pourtant si désolé d'avoir une fille qu'il met plusieurs semaines à l'avouer à ses amis. Elle dit de sa mère, à qui elle a consacré un livre publié en 1999, que celle-ci « ne [l]'aimait pas » et qu'elle est « l'explication de toute [sa] démarche », ayant « voulu que les femmes ne lui ressemblent pas ». Selon Le Maitron, « le féminisme de Gisèle Halimi s'enracine dans la déception (et le récit qui lui en a été fait) suscitée par sa naissance auprès de parents qui espéraient un garçon. Particulièrement fervente, sa mère marqua toujours sa préférence pour ses fils, tandis que son père, désarçonné par la détermination dont Gisèle Halimi fit preuve dès son plus jeune âge (notamment dans le refus d'être assignée à une condition inférieure), ne cessa de lui porter une grande affection ».
Elle se révolte au sein de sa famille contre l'obligation faite aux filles de servir les hommes à table, y compris ses frères, et contre l'obligation de se consacrer à des tâches ménagères dont ses frères sont dispensés. À l'âge de treize ans, elle entame une grève de la faim afin de ne plus avoir à faire le lit de son frère. Au bout de trois jours, ses parents cèdent et elle écrit dans son journal intime de l'époque : « Aujourd'hui j'ai gagné mon premier petit bout de liberté ». Elle a auparavant également entamé une grève de la faim à dix ans pour appuyer son droit à la lecture et obtient de bons résultats scolaires là où ses frères échouent : l'indifférence à ce sujet au sein de sa famille ajoute à son indignation.
Selon une hypothèse formulée par Le Maitron, le racisme des Français et de ses parents ainsi que l'antisémitisme à l'école pourraient expliquer l'importance de son engagement en faveur de la décolonisation, tandis que l'engagement d'un oncle du côté paternel au sein du Parti communiste tunisien pourrait éclairer sa socialisation politique.
Des années plus tard, elle estimera qu'elle avait en elle « une rage, une force sauvage, [une volonté de se] sauver ».