Mocker Ernest
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| Nom de naissance | Toussaint Eugène Ernest Mocker |
|---|---|
| Naissance | Lyon |
| Décès | (à 84 ans) Brunoy |
| Activité principale | Artiste lyrique Ténor |
| Style | Opéra |
| Lieux d'activité | France |
| Années d'activité | 1830-1860 |
| Maîtres | Antoine Ponchard |
Ernest Mocker, né Toussaint Eugène Ernest Mocker, est un ténor et metteur en scène français, né le à Lyon et mort le à Brunoy.
Apprécié pour sa voix « fraîche et agréable » et pour son jeu d’acteur « rempli de naturel et de vérité[ », il a créé de nombreux rôles à l’Opéra-Comique entre et .
Biographie
Destiné par sa famille à une carrière ecclésiastique, il est envoyé à Paris en 1825 pour étudier le chant sacré dans la célèbre école fondée par Choron]. Il entre comme timbalier dans l’orchestre du théâtre de l’Odéon en 1827, puis dans l’Orchestre de la Société des concerts du Conservatoire en 1828, et enfin dans l’orchestre de l’Opéra en 1829 où il participe à la création de Guillaume Tell de Rossini[]. Sur les conseils de François-Antoine Habeneck, il prend des leçons de chant avec Antoine Ponchard et débute, le , en tant que baryton] et sous le nom d’Ernest Mocker (parfois orthographié Moker), à l’Opéra-Comique dans La Fête du village voisin de Boieldieu]. Il participe également à quelques créations, dans des rôles peu importants.
L’Opéra-Comique ayant fait faillite, il quitte Paris en 1832 et chante au Havre en , puis à La Haye en et enfin à Toulouse pendant les cinq années suivantes[]. C’est là qu’il évolue vers les rôles de ténor, remportant de « brillants succès » [] dans Le Domino noir, Gustave III et Le Dieu et la Bayadère d’Auber ou Le Chalet d’Adam.
Sur la recommandation de Levasseur et de Félicité Pradher venus chanter à Toulouse[, il réintègre l’Opéra-Comique en 1839 pour ne plus le quitter (à l’exception de quelques mois en 1852-1853). Sa rentrée dans ce théâtre a lieu le 14 juin 1839 où il crée Polichinelle de Montfort. Il y interprète plus de soixante rôles, dont Montauciel du Déserteur de Monsigny, le comte Hector des Treize d’Halévy, Beausoleil du Panier fleuri de Thomas, Cantarelli du Pré aux clercs d’Hérold, Daniel du Chalet d’Adam, Horace du Domino noir et Bénédict de L’Ambassadrice d’Auber, Bagnolet de La Perruche de Clapisson ou Dickson de La Dame blanche de Boieldieu], ainsi qu’une quarantaine de créations.
Si on lui reconnaît une voix agréable, c’est surtout pour ses talents d’acteur qu’il est apprécié :
« M. Mocker n’est point posé, au théâtre de l’Opéra-Comique, en qualité de chanteur de premier ordre, mais il occupe positivement la première place sous le rapport de l’aisance des manières, de la grâce dans le jeu et dans le débit, et au point de vue du comédien, il est passé maître dans cet art difficile : il ne craint aucune rivalité[. »
Entre 1849 et 1852, il signe les mises en scène de la plupart des œuvres représentées à l’Opéra-Comique. Il est à nouveau nommé « régisseur général » d’août 1856 à novembre 1860, fonction qu’il retrouve une dernière fois en août 1861 et jusqu’à la guerre de 1870]. Il est, entre autres, le metteur en scène du Songe d’une nuit d’été (20 avril 1850) de Thomas, de Giralda (20 juillet 1850) d’Adam, de Psyché (26 janvier 1857) de Thomas, de Quentin Durward (25 mars 1858) de Gevaert, des Trois Nicolas (16 décembre 1858) de Clapisson, du Pardon de Ploërmel (4 avril 1859) de Meyerbeer, du Roman d’Elvire (4 février 1860) de Thomas, de Robinson Crusoé (23 novembre 1867) d’Offenbach.
En mars 1855, sa fille Marie meurt à l’âge de vingt ans des suites d’une fièvre typhoïde[].
Il organise sa représentation de retraite en 1860 centrée autour de la création d’un opéra-comique en un acte d’Ambroise Thomas, Gilottin père et fils. Les répétitions de l’ouvrage commencent mais doivent être arrêtées en raison d’une grave indisposition du chanteur[]. La mort de son épouse en mai 1861] l’incite à renoncer définitivement à la scène.
Il est nommé professeur au conservatoire de Paris le où il enseigne jusqu’en 1887]. Ses principaux élèves sont Balbi, Marie Cico, Reboux, Séveste, Gabrielle Moisset, Vergin, Derasse, Thibault, Gélabert, Thuillier, Merguillier, Castagné, Capoul, Troy aîné, Bosquin, Bouhy, Arsandaux, Melchissédec, Lepers, Furst, Valdéjo, Talazac, Piccaluga, Chalmin].