Thomas Philippe
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| Naissance |
Duerne |
|---|---|
| Décès |
(à 66 ans)
Moulins |
| Nationalité |
française
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| Formation |
École nationale vétérinaire d'Alfort
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| Activités |
Géologue, soldat, vétérinaire, paléontologue
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Philippe Thomas, de son nom complet Philippe Étienne Thomas, né le à Duerne dans le Rhône et mort le à Moulins dans l'Allier, est un géologue amateur français.
Vétérinaire militaire, il effectue des missions en Algérie. Il y mène quelques recherches vétérinaires puis archéologiques avant de s'intéresser à la paléontologie. Il y rencontre des scientifiques qui font appel à lui pour l'exploration géologique de la Tunisie. Il s'y illustre particulièrement par la découverte des gisements de phosphates, l'une des richesses de ce pays.
L'exploitation de cette ressource ne commence qu'une dizaine d'années après la découverte de Philippe Thomas. Elle lui vaut, peu avant sa mort et par la suite, l'hommage des autorités du protectorat français et de la métropole, ainsi que la reconnaissance des scientifiques.
Biographie
Philippe Thomas naît le à Duerne dans le département français du Rhône. Il est le fils du brigadier de gendarmerie Claude Thomas et de Louise Dubois]. À sa retraite, son père devient concierge de l'usine Martin, sise faubourg de Lyon à Tarare, commune où Philippe passe sa jeunesse jusqu'en 1859, avec l'attention bienveillante de l'industriel, Jean-Baptiste Martin], et de sa famille[.
Il meurt le à Moulins dans l'Allier[, d'une maladie contractée lors de ses voyages[].
Il est le père d'une fille prénommée Marie-Louise[].
Carrière militaire
Le , il entre comme élève à l'École impériale vétérinaire d'Alfort, où il reste quatre ans. Ses études terminées, il devient aide vétérinaire pendant près de huit ans, d'abord à l'École impériale de cavalerie de Saumur, puis au 1er régiment de cuirassiers à Haguenau], et enfin au 2e régiment de hussards, au 1er régiment de spahis algériens et au régiment des éclaireurs algériens à partir du 16 novembre 1870. Il y fait la campagne contre l'Allemagne du 22 novembre 1870 au 7 mars 1871. Il réintègre le 1er régiment de spahis algériens le ].
C'est dans ce dernier régiment qu'il est promu vétérinaire en second le 22 juin 1872. Il est affecté dans plusieurs garnisons et réalise plusieurs expéditions dans le Sahara[. Il participe notamment à la répression de la révolte de Mokrani[]. Il y reste jusqu'au 26 mai 1875, puis devient directeur de la ferme-pénitencier d'Aïn El Bey. Il devient vétérinaire en premier] au 10e régiment de hussards le 4 février 1879 et le reste pendant presque treize ans].
Le , il devient directeur du 8e ressort vétérinaire à Montpellier avec le grade de vétérinaire principal de 2e classe]. Le 14 novembre 1894, il rejoint le ministère de la Guerre comme membre de la section technique du comité de la cavalerie[]. Le 5 octobre 1895, il est promu vétérinaire principal de 1re classe et devient directeur du 1er ressort vétérinaire]. Il prend se retraite le 16 mai 1901].
Pendant cette carrière, Philippe Thomas a effectué douze campagnes], dont deux en Algérie, du 12 janvier 1869 au 12 novembre 1870 et du 22 mars 1871 au 30 octobre 1880[.
Travaux scientifiques
Il profite de ses missions ou de ses loisirs pour mener quelques recherches[. De 1874 à 1880, pendant son séjour en Algérie, il publie treize articles consacrés à la médecine vétérinaire ou la zootechnie, dont onze dans le Journal de médecine et de pharmacie de l'Algérie. Il mène ensuite des études archéologiques sur un atelier de silex taillés à Ouargla], un tumulus paléolithique à Aïn M'lila, la nécropole de Sigus et sur les sépultures anciennes des environs d'Aïn El Bey[].
Mais très rapidement, il se tourne vers la géologie, probablement influencé par la rencontre de trois personnes capitales[] : Georges Le Mesle, Albert Gaudry et Jules Tissot. Il étudie ainsi les bovidés fossiles, la stratigraphie et la paléontologie des formations d'eau douce. Toute particulière est sa découverte en 1873 du Suessonien (ou Éocène inférieur) près de Boghari. Il est intrigué par des moules de nucules et de petits gastéropodes. Leur analyse révèle la présence de phosphate de chaux. Mais, à l'époque, ces composés n'avaient fait l'objet d'aucune application[].
À la suite du traité du Bardo le 12 mai 1881 et des conventions de La Marsa le 8 juin 1883, Jules Ferry, ministre de l'Instruction publique, souhaite développer une politique scientifique en Tunisie pour en prospecter les ressources naturelles. Ernest Cosson est chargé de la piloter. Alors qu'il avait rejoint la métropole en 1880, Philippe Thomas, grâce à sa notoriété et à sa connaissance du terrain, et à la proposition d'Albert Gaudry[] est nommé le par Jules Ferry, aux côtés de Georges Rolland et de Georges Le Mesle].
Il y réalise deux missions paléontologiques en 1885 et en 1886 mais ne participe pas aux explorations suivantes en raison de l'opposition de sa hiérarchie]. Outre les découvertes suivantes, il collecte une centaine de plantes pour Cosson[].