Dieulafoy Georges
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| Président Académie nationale de médecine |
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| Naissance |
Toulouse |
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| Décès |
(à 71 ans)
Paris |
| Sépulture |
Cimetière de Montmartre
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| Nationalité |
française
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| Activités |
Médecin, chirurgien, professeur d'université, pathologiste
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| Fratrie |
Marcel Dieulafoy
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| A travaillé pour |
Université de Paris
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| Maître |
Armand Trousseau
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| Distinction |
Commandeur de la Légion d'honneur
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Paul Georges Dieulafoy, né le à Toulouse et décédé le à Paris, est un médecin français, titulaire de la chaire de pathologie interne à la faculté de médecine de Paris, président de l'Académie nationale de médecine. Il est connu pour ses travaux en pathologie digestive et en particulier sur la sémiologie de l’appendicite.
Biographie
Paul Georges Dieulafoy est né à Toulouse, fils de Joseph Marie Armand Jules Dieulafoy qui était négociant et de Thérèse Eugénie Dammien. Il a un frère cadet, Marcel Dieulafoy qui est un archéologue réputé.
Il commence ses études à l'école de médecine de Toulouse où il est l’interne de son oncle, Paul Dieulafoy, professeur de clinique chirurgicale. C’est son exemple qui pousse le jeune Georges à s’engager dans la carrière médicale. De ce début en chirurgie, il garde un souvenir mitigé : « J’aurai été chirurgien, disait-il plus tard, si l’antisepsie avait alors existé ». Il supporte mal l’effroyable mortalité post-opératoire et se tourne vers la médecine interne.
Arrivé à Paris en 1863, avec une lettre de recommandations pour Armand Trousseau dont il connaît les Cliniques] de l'Hôtel-Dieu (Hôtel-Dieu de Paris). Il suit chaque jour les visites du maître, dont il devint l’externe au concours de 1864. C’est dans ce service qu’il se lie d’amitié avec Maurice Krishaber (1836-1883)] qui devint son ami intime et son collaborateur. L’année suivante, le , Dieulafoy est nommé interne, avec la place de major devant Raphaël Lépine (1840-1919)[]. Il suit son internat chez Alfred Velpeau, puis chez Sigismond Jaccoud à l’hôpital Saint-Antoine et enfin chez Pierre Charles Édouard Potain[ à l’hôpital de la Charité. Médaille d’Or, il a la possibilité de faire deux années d’internat supplémentaires.
Le , il soutient sa thèse dont le sujet — la mort subite dans la fièvre typhoïde — attire d'emblée l'attention, par la sagacité de son observation et le caractère saisissant de son exposé. Cette maladie est particulièrement fréquente, avant le captage des eaux de la Vanne et la construction du réservoir de Montsouris.
À cette époque de sa vie, Georges Dieulafoy fréquente les salons parisiens. Il est élégant, svelte, entretient sa forme physique dans les gymnases et les salles d’armes et sa compagnie était appréciée. Il a l’occasion d’être invité aux réceptions de l'Impératrice Eugénie qu’il accompagne à l’inauguration du Canal de Suez. Il en profite pour visiter l'Égypte. Pendant la Guerre franco-prussienne de 1870, il suit, comme médecin, un bataillon de marche aux combats de Buzenval puis du Bourget avant d’être affecté à une ambulance installée dans l’église de la Sainte-Trinité. Après la période de la Commune de Paris, le calme revenu, Dieulafoy peut utiliser son droit à deux années supplémentaires d’internat.
En 1872, il épouse sa cousine, Mlle Claire Bessaignet, chez les parents de laquelle il est hébergé depuis son arrivée à Paris. Le jeune couple s’installe rue Caumartin et les années qui suivent sont consacrées au travail et en particulier la préparation du concours d’agrégation. Après un premier échec en 1872, il est reçu en 1875 professeur agrégé puis l’année suivante médecin des hôpitaux.
Nommé tout d’abord chef de service à l’hôpital Tenon en 1879, il passe en 1879 à Saint-Antoine et en 1886 à l’hôpital Necker. En 1887, il succède à Alfred Hardy, atteint par la limite d’âge, comme professeur de pathologie interne. En 1896, Dieulafoy est choisi pour succéder à Germain Sée (1818-1896), qui, âgé de 78 ans, quittait la chaire de clinique médicale de l’Hôtel-Dieu. Malgré son souhait de voir transférer la chaire à Necker, il accepte ce poste prestigieux qu’avait occupé Armand Trousseau.
Il obtient tout d’abord que d’importants travaux de rénovation soient entrepris afin d’augmenter le nombre de places de l’amphithéâtre où s’entassait, chaque semaine, un nombre de plus en plus grand d’étudiants ou de médecins confirmés. Puis il demande que cette salle obtint le nom de Trousseau et il fait placer un buste de son maître, face au public. Ces leçons magistrales avaient lieu le samedi de dix heures trente à onze heures trente et parfois midi. Le mercredi est consacré à une présentation de malades par l’un des chefs de clinique et Dieulafoy en fait la critique et donnait ses propres conclusions. Les lundi, mardi, jeudi et vendredi a lieu une visite approfondie du service d’hospitalisation qui compte cinquante lits d'hommes et trente de femmes. Ces visites sont suivies par une assistance considérable et l’enseignement a lieu au lit du malade. Chaque matin, vers neuf heures trente, le coupé attelé de deux chevaux entrait dans la cour de l'Hôtel-Dieu et l’arrivée du « patron » était annoncée par une cloche et tous les membres de l’équipe médicale rejoignaient son bureau, où étaient rapidement exposés les événements de la nuit.
Cette époque est l’apogée de son activité et de sa renommée. Il avait quitté la rue de Caumartin pour un bel hôtel particulier qu’il avait fait construire au 38 de l'avenue Montaigne, dans le quartier des Champs-Élysées. La décoration en est particulièrement riche avec de nombreux marbres et bronzes dans le hall d'entrée, alors que les salons sont notamment ornés d’œuvres de Jean-François Millet, Eugène Delacroix ou Jean-Baptiste Corot.
Il mène une vie réglée. Tous les matins, à huit heures, un coupé blanc qui le conduit d’abord, rue de Ponthieu, où réside sa mère qui s’était installée à Paris après le décès de son mari (pour se rapprocher de ses deux fils, Georges et Marcel). Après ce moment de visite filiale, il se rend chez un ou deux fidèles clients avant d’arriver à l’hôpital vers neuf heures trente. L’après-midi est réservé aux consultations qui sont données au premier étage de l’hôtel de la rue Montaigne (actuelle rue Jean-Mermoz). Sa clientèle est essentiellement recrutée dans la noblesse, le haut commerce et la haute bourgeoisie.
Très rarement l'hôtel particulier s'ouvre pour des réceptions ou des dîners à l’occasion de congrès ou de passages à Paris de personnalités médicales de province ou de l’étranger. Tous les ans, il prend plaisir à réunir à sa table tous ses anciens internes et leurs épouses. Sans enfant, Dieulafoy est profondément attaché à ses élèves. Il a une grande satisfaction de suivre leur ascension tels, parmi les chirurgiens, Georges Marion] ou parmi les médecins des hôpitaux, Charles Gandy, Eugène Apert] ou Maurice Loeper[].
Il est contraint de quitter l'Hôtel-Dieu a l’âge de soixante dix ans, en 1909[] Mais il poursuivit son activité médicale et son enseignement au dispensaire Léon-Bourgeois qui vient d’ouvrir à l’hôpital Laennec et dont il prit la direction médicale. Élu à l'Académie nationale de médecine en 1890, Dieulafoy en devient le président en 1910].
C’est à partir de cette année-là que sa santé décline peu à peu et un incident plus grave l’immobilise fin . Il succombe le en son domicile dans le 8e arrondissement. Ses obsèques sont célébrées le samedi , en l'église Saint-Pierre-de-Chaillot, au milieu d'une foule considérable. Armand Fallières, président de la République, et Théodore Steeg, ministre de l'Instruction publique, se font représenter à la cérémonie. Il est inhumé au cimetière de Montmartre. Un hommage lui est rendu à l’Académie de médecine, en octobre.
Georges Dieulafoy acquiert une célébrité nationale et internationale par les nombreuses traductions (en anglais, en allemand et en espagnol) de ses traités médicaux. L'écrivain français Marcel Proust en parle en termes élogieux dans son œuvre À la recherche du temps perdu (notamment dans la partie intitulée Le Côté de Guermantes)]. À l'occasion de la maladie et du déclin de la grand-mère du narrateur, on peut lire : « Avez-vous fait venir Dieulafoy ? Ah ! c'est une grave erreur… Grand médecin, professeur merveilleux … Il était le tact, l'intelligence et la bonté mêmes. Cet homme éminent n'est plus. »
Paul Georges Delafoy est inhumé le au cimetière de Montmartre (division 25)]