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16 février 2021

Cordier Charles

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Charles Cordier

260px-Charles_Cordier_sculpteur_BNF_Gallica

Charles Cordier vers 1860, photographie anonyme,
coll. Étienne Moreau-Nélaton, Paris, BnF.
Biographie
Naissance
19 octobre 1827


Cambrai

Décès
30 mai 1905

(à 77 ans)
Alger

Nationalité
Français
Formation
École nationale supérieure des beaux-arts (1846-1847)
Activité
Sculpteur
Enfant
Henri Louis Cordier
Parentèle
Firmin Gillot (beau-frère)
Autres informations
Domaine
Sculpture
Maître
François Rude
Genre artistique
Orientalisme
Distinction
Chevalier de la Légion d'honneur‎ (1860)

Henri Joseph Charles Cordier né le 1er novembre 1827 à Cambrai et mort le 29 avril 1905 à Alger1 est un sculpteur français.

Reprenant une technique remontant à l'Antiquité romaine, il utilise des marbres polychromes tel que l'onyx pour habiller ses bronzes2, représentatifs du style orientaliste et de l'éclectisme propre au Second Empire3.

Il est le père du sculpteur Henri Louis Cordier (1853-1926)4.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Notes et références
  • 3 Annexes
    • 3.1 Bibliographie
    • 3.2 Liens externes

Biographie

Décor orientalisant de l'atelier de Charles Cordier au 115, boulevard Saint-Michel à Paris, document non sourcé.
Décor orientalisant de l'atelier de Charles Cordier au 115, boulevard Saint-Michel à Paris, document non sourcé.

Fils de pharmacien, Charles Cordier entre en 1846 à l’École des beaux-arts de Paris, présenté par le sculpteur Jacques-Auguste Fauginet, mais il n'y reste pas longtemps, car il entre la même année dans l'atelier de son maître François Rude. Cette année-là, il y fait la rencontre décisive d'un ancien esclave soudanais affranchi devenu modèle professionnel, Seïd Enkess dont il réalisa le buste en quinze jours. Ce fut le départ de son œuvre ethnographique. Son genre avait l'actualité d'un sujet nouveau, la révolte contre l'esclavage, l'anthropologie à sa naissance.

Dès lors, il produit une grande quantité de statues orientalistes et notamment des bustes5. Dès l'année de l'abolition de l'esclavage en 1848, il réalise plusieurs séries de portraits de Saïd Abdallah, de la tribu de Mayac, Royaume de Darfour ou Nègre de Tombouctou ou Nègre Nubien. La reine Victoria acquiert ce bronze lors de l'Exposition universelle de 1851. Dès 1851, il sculpte une série de bustes d'une Vénus africaine. Ses envois au Salon de 1853 font sensation6. Avec ses bustes en bronze d'un homme et d'une femme Mongols ou Chinois (1853), il cherche à obtenir des effets de polychromie plus riches, tendance à laquelle il resta fidèle dès lors, d'où de nouveaux bustes africains colorés tel le célèbre Nègre du Soudan (entre 1856 et 1857), acquis par Napoléon III en 1857 pour 3 000 francs7, conservé à Paris au musée d'Orsay8.

En 1855, son envoi de deux Chinois en bronze doré, argenté et émaillé à l'Exposition universelle de Paris est très remarqué. Il emploie des marbres de Paros, des onyx taillés pour les draperies, des émaux sur cuivre, l'argent, l'or. Il teint par différents procédés les marbres de Carrare et emploie des pierres semi-précieuses, tout en modelant dans un style classique. Grâce à des bourses octroyées par le gouvernement, l'artiste peut étudier in situ pour « fixer les différents types humains qui sont au moment de se fondre dans un seul et même peuple ». Il voyage en Italie, en Algérie (1856), en Grèce (1858) dans l'archipel des Cyclades9 et en Égypte (1866 et 1868).

Au Salon de 1857, il expose 18 bustes dont douze sont des études d'Algériens, la plupart en bronze. Il perfectionne la polychromie de ses œuvres en envoyant au Salon de 1863 le buste d'une Femme juive algérienne en bronze émaillé, onyx et porphyre ; en 1864 une Jeune mulâtresse en bronze, émail et onyx ; en 1866 une statue grandeur nature d'une Femme arabe en bronze, émail et onyx, acquise par l'impératrice Eugénie pour son musée chinois à Fontainebleau10 ; et en 1867 le buste d'un Fellah en bronze, or, argent, turquoise et porphyre. En 1860, refusé par un jury de sculpture, indigné, il en appela au surintendant Émilien de Nieuwerkerke, à la princesse Mathilde et à Napoléon III lui-même. L'empereur, « bon enfant2. », le décora.

Cependant, son œuvre abondant ne se limite pas à des représentations ethnologiques. Il réalise plus classiquement des bustes de personnalités comme ceux de l'amiral Courbet (1885 et 1886), du général Fleury (1863), ou de ses proches, ainsi que des sculptures religieuses comme une Vierge du XIIe siècle (1889), ou des Vénus et autre Prêtresse. Pour les grands chantiers parisiens du Second Empire, Cordier participe à ceux du palais du Louvre, de l'opéra Garnier et de l'hôtel de ville.

Charles Cordier a également réalisé entre autres le Monument au maréchal Gérard (1856, Verdun), le Triomphe d'Amphitrite (1861), la statue de Jean-Baptiste pour la tour Saint-Jacques à Paris (vers 1854), ou les cariatides de L'Harmonie et La Poésie de la cheminée ouest du grand foyer du palais Garnier à Paris (1872)11.

La ville du Caire conserve son Monument à Ibrahim Pacha, une statue équestre qu'il réalise en 1872.

Pour le Mexique, il réalise vers 1872 un Monument à Christophe Colomb, flanqué aux angles de quatre statues de dominicains et franciscains qui l'avait aidé dans sa mission divine, les bas-reliefs ornant le piédestal représentant des forêts vierges et la construction d'une cathédrale.

Charles Cordier est l'auteur de 617 œuvres recensées, dont 365 bustes ethnographiques et 103 portraits bourgeois12. Il avait obtenu une médaille de troisième classe au Salon de 1851, une de deuxième classe en 1853, avec rappel en 185711. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur le 6 août 186013.

Il est le beau-frère du graveur Firmin Gillot, marié en 1847 avec sa sœur Mélanie Cordier.

Notes et références

  • « Le sculpteur Cordier », La Croix de l’Algérie et de la Tunisie, Alger, vol. 12, no 1120,‎ 4 mai 1905, p. 2 (lire en ligne [archive], consulté le 5 septembre 2019).

Annexes

Bibliographie
  • Collectif, Charles Cordier. L'autre et l'ailleurs 1827-1905, Paris, Éditions de La Martinière, 2004 (ISBN 978-2-73243-078-2). — Ouvrage publié à l'occasion de l'exposition « Charles Cordier (1827-1905), Sculpteur, l'Autre et l'Ailleurs », organisée et présentée par le musée d'Orsay à Paris du 2 février 2004 au 2 mai 2004 , par le musée national des Beaux-Arts du Québec du 10 juin 2004 au 6 septembre 2004, puis par le musée d'Art Dahesh de New York du 12 octobre 2004 au 9 janvier 2005.
  • Pierre Dalibard, C'était le temps où Charles Cordier unissait l'onyx et le bronze, Éditions Tensing, 2012 (ISBN 978-2-919750-11-5).
Liens externes
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