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3 novembre 2021

Durant Charles Auguste Émile

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

 

Carolus-Duran

260px-Charles_Auguste_Émile_Duran_c1880

Carolus-Duran, vers 1880.
Biographie
Naissance
4 juillet 1837


Lille

Décès
17 février 1917

(à 79 ans)
Paris

Sépulture
Fréjus
Nom dans la langue maternelle
Durant
Nom de naissance
Charles Auguste Émile Durant
Nationalité
Français
Formation
École des beaux-arts de Lille
Académie Suisse
Activité
Peintre
Conjoint
Pauline Croizette
Autres informations
Membre de
Ligue de la patrie française
Maître
François Souchon
Élève
John Singer Sargent, Maximilien Luce, Paul Helleu, Robert Alan Mowbray Stevenson, Ernest Ange Duez, Georges Ferdinand Bigot, Theodore Robinson, Ramon Casas, Francine Charderon
Genre artistique
Portrait
Influencé par
Gustave Courbet, Vélasquez
Distinctions
Atelier Wicar (1862)
Grand officier de la Légion d'honneur‎ (1900)
Œuvres principales
André Germain, enfant, Édouard Manet, Portrait de Mme*** (Madame Durant) 

Charles Auguste Émile Durant1 dit Carolus-Duran, né le 4 juillet 1837 à Lille2 et mort le 18 février 1917 à Paris 14e3, est un peintre français académique.

Parfois qualifié de « peintre mondain », c'est l'un des portraitistes les plus appréciés de la haute société de la Troisième République.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 L'atelier
  • 3 Accueil critique
  • 4 Galerie
  • 5 Collections publiques
    • 5.1 Peintures
      • 5.1.1 Paris, musée d'Orsay
      • 5.1.2 Palais des beaux-arts de Lille
      • 5.1.3 Musée des beaux-arts de Bordeaux
      • 5.1.4 Clermont-Ferrand, Musée d'art Roger-Quilliot
      • 5.1.5 Fréjus, chapelle de l'église de Notre-Dame de l'Assomption de Saint-Aygulf
      • 5.1.6 Autres lieux
  • 6 Expositions
  • 7 Élèves
  • 8 Notes et références
  • 9 Annexes
    • 9.1 Bibliographie
    • 9.2 Liens externes

Biographie

Fils d'aubergiste, Charles Duran apprend le dessin auprès du sculpteur Augustin-Phidias Cadet de Beaupré4 à l'Académie de Lille, puis étudie pendant deux ans la peinture auprès de François Souchon, lui-même élève de David. Il arrive à Paris en 1853 et prend alors le pseudonyme de « Carolus-Duran ». Il suit les cours de l'Académie Suisse de 1859 à 1861. Il est influencé au début de sa carrière par le réalisme de Gustave Courbet, qu'il rencontre à cette époque, et se lie d'amitié avec Édouard Manet, Henri Fantin-Latour, Félix Bracquemond et Zacharie Astruc. C'est aussi en 1859 qu'il expose pour la première fois au Salon.

De 1862 à 1866, il voyage à Rome et en Espagne grâce à une bourse d'étude de sa ville natale. Son style en est transformé : il délaisse l'influence de Courbet pour celle de Vélasquez, dont il sera avec Manet un des plus fervents admirateurs. De retour en France, il reçoit pour la première fois une médaille d'or au Salon de 18665.

En 1867, il fait également partie des neuf membres de la « Société japonaise du Jinglar » avec Henri Fantin-Latour, Carolus Duran et les céramistes Félix Bracquemond et Marc-Louis Solon, qui se réunissaient mensuellement à Sèvres pour un dîner à la japonaise.

En janvier 1868, il épouse Pauline Croizette6, pastelliste et miniaturiste, qui pose pour La Dame au gant en 1869 (Paris, musée d'Orsay). Ils auront trois enfants, deux filles et un garçon. Leur aînée Marie-Anne épousera plus tard Georges Feydeau.

À partir de 1870, à la suite de la renommée de La Dame au gant, il se consacre principalement aux portraits. Son succès lui permet d'ouvrir un atelier à Paris au 81, boulevard du Montparnasse (proche de son domicile du 58, rue Notre-Dame-des-Champs), où il enseigne la peinture en prenant Vélasquez comme référence. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1872 et il est promu officier en 1878, commandeur en 1889 et grand officier en 1900.

De 1889 à 1900, il est membre du jury de chaque Exposition universelle. Il est cofondateur de la Société nationale des beaux-arts en 1890. Il est élu membre de l'Académie des beaux-arts en 1904. Bien que n'ayant jamais obtenu le prix de Rome et du fait de l'absence de candidat, il est nommé directeur de l'Académie de France à Rome en 1905, poste qu'il occupe jusqu'en 1913. Il est nommé Rosati d'honneur en 18927.

Carolus-Duran fréquente la station balnéaire de Saint-Aygulf, où il possède une villa familiale. La station balnéaire possède deux toiles données par Carolus-Duran et conservées dans la chapelle8, le Christ en croix et La Mise au Tombeau du Christ 1882. La station balnéaire a dédié une place et une plage au nom de l'artiste.

Carolus-Duran décède le 17 février 1917 à Paris. Ses obsèques se déroulent à l'église Notre-Dame-des-Champs à Paris et il est inhumé dans le caveau familial à Fréjus9.

L'atelier

Portrait de Carolus-Duran par John Singer Sargent, 1879, Williamstown, Clark Art Institute.

L'atelier de Carolus-Duran compte en moyenne vingt-cinq étudiants, dont les deux tiers sont anglais ou américains, parmi lesquels : John Singer Sargent, Maximilien Luce, Ramon Casas, James Carroll Beckwith, Hamilton Minchin, Will Hicok Low, Paul Helleu, Robert Alan Mowbray Stevenson, Theodore Robinson et Ernest Ange Duez.

Carolus-Duran visite ses élèves de manière régulière le mardi et le vendredi. L'enseignement est gratuit, hors une participation au chauffage de l'atelier et à la location des modèles.

Carolus-Duran adhère à la maxime : « Exprimer le maximum avec le minimum de moyens ». Selon lui, un portrait doit être réalisé à partir d'une ébauche, directement sur la toile, sans dessin préparatoire. Les cinq ou six surfaces principales du visage doivent être posées d'abord, sans être fusionnées, et les détails construits à même la toile. L'attention doit porter sur les effets de lumière à la surface plutôt qu'à une construction de masses et de volumes. Bouguereau, l'un des principaux maîtres de l'académisme français, considérera cette attitude comme erronée.

Alors que la peinture française était en pleine évolution avec les impressionnistes et leurs disciples, il a souvent été reproché à Carolus-Duran, notamment par Camille Pissarro10, de ne pas utiliser sa technique et son talent évidents de façon plus aventureuse et de ne se consacrer qu'à des portraits, certes rémunérateurs, mais conventionnels.

Émile Zola écrit : « Seulement Carolus-Duran est un adroit ; il rend Manet compréhensible au bourgeois, il s'en inspire seulement jusqu'à des limites connues, en l'assaisonnant au goût du public. Ajoutez que c'est un technicien fort habile, sachant plaire à la majorité11. »

Carolus-Duran a su naviguer entre l'académisme d'un Cabanel et de ses disciples, et l'expérimentation de ses contemporains plus hardis. Il a su insuffler à ses portraits un naturel et une vie qui les font sortir du lot12.

Galerie

Collections publiques

Peintures
Paris, musée d'Orsay
  • Le Convalescent (vers 1860)
  • Portrait de Zacharie Astruc (vers 1860)
  • Portrait de Fantin-Latour et Oulevay (1861)
  • La Dame au gant (1869)
  • Emmanuel Lansyer (1889)
Palais des beaux-arts de Lille
  • La Dame en noir (1859)
  • Homme endormi (1861)
  • L'Assassiné (1865)
  • Le Baiser (1868)
  • La Dame au chien (1870)
  • Hébé (1874)
  • Portrait d'Emile de Girardin (1875)
  • Portrait de Madame Georges Petit (1879)
  • Portrait de Léonard Danel (1899)
  • Ma famille (1902)
  • Portrait de Jules Denneulin s.d.
Musée des beaux-arts de Bordeaux
  • Portrait de Philippe Durand-Dassier (1876)
  • Danaé (vers 1900)
  • Portrait de Charles Gruet (1914)
Clermont-Ferrand, Musée d'art Roger-Quilliot
  • Portrait d'Agénor Bardoux, dépôt de l'ordre des avocats au barreau de Clermont-Ferrand
Fréjus, chapelle de l'église de Notre-Dame de l'Assomption de Saint-Aygulf
  • Christ en croix (inachevée)
  • L'Embaumement du Christ (1882)
Autres lieux
  • Portrait d'une petite fille en costume espagnol, huile sur toile (1870), Glyptothèque Ny Carlsberg, Copenhague
  • L'Espagnole, huile sur toile (1870), musée des beaux-arts de Valenciennes
  • Au bord de la mer ou Le portrait équestre de Mademoiselle Sophie Croizette en amazone (1873), MUba Eugène Leroy, Tourcoing
  • Portrait en pied de la marquise d'Anforti (1873), musée de Cambrai
  • La Fille de l'artiste (1874), Fine Arts Museums of San Francisco, États-Unis
  • Portrait de femme en robe décolletée (vers 1875), Dijon, musée Magnin
  • Mademoiselle de Lancey ou La dame au coussin rouge (1877), Petit Palais, Paris
  • Le Triomphe de Marie de Médicis (1878), plafond pour le musée du Louvre, Paris
  • Portrait de Madame Edgar Stern (1890), Petit Palais, Paris
  • Mère et enfant, (1897), musée national de l'art occidental, Tokyo
  • Charles Gounod (1898), musée du château de Versailles
  • Portrait d'Eugène Piron, huile sur toile, 40 x 33 cm, musée des beaux-arts de Dijon, Dijon
  • Femme nue debout, huile sur toile, musée d'art de Toulon, Toulon
  • Portrait de Sophie Croizette, Musée des Beaux-Arts de Tours, Tours

Expositions

En 2003, le Palais des beaux-arts de Lille et le musée des Augustins de Toulouse lui ont consacré une exposition qui a donné lieu à l'édition d'un catalogue par la Réunion des Musées Nationaux .

Élèves

  • Louise Abbéma (1858-1927)
  • Jules-Charles Aviat
  • Joseph Bail
  • James Carroll Beckwith
  • Georges Ferdinand Bigot
  • Ernest Ange Duez (1843-1896)
  • Fanny Fleury
  • Paul Helleu
  • Will H. Low
  • Maximilien Luce
  • Hamilton Minchin
  • Amédée Rosier (1831-1898)
  • John Singer Sargent(1856-1925)
  • Louis Serendat de Belzim (1854-1933)
  • Robert Alan Mowbray Stevenson
  • Georges Feydeau
  • Ramon Casas (1866-1932)
  • Alexandre Jean-Baptiste Brun (1853-1941)

Notes et références

  1. et non « Durand », comme cela est rappelé dans son acte de mariage. Tables décennales entre 1833 et 1842 – naissances à Lille (vue 417/1014). [archive] Archives départementales du Nord en ligne, tables décennales entre 1833 et 1842, Lille, naissances.
  2. Acte de naissance n° 1373 (vue 672/960). [archive] Archives départementales du Nord en ligne, état-civil de la Ville de Lille, registre des naissances de 1837.
  3. Acte de décès n° 901 (vue 24/31). [archive] Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil du 14ème arrondissement, registre des décès de 1917.
  4. RKD, Augustin-Phidias Cadet de Beaupré [archive]
  5. Un artiste à réévaluer : Carolus-Duran  [archive] sur le site Art Nouveau et Jugendstil. Courants artistiques et littéraires de 1880 à 1920, avril 2012
  6. Acte de mariage n° 26 (vue 14/31). [archive] Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil du 16ème arrondissement, registre des mariages de 1868. Zacharie Astruc figure parmi les témoins
  7. Liste des Rosati d'honneur depuis 1892 [archive], Archives de Fontenay-aux-Roses
  8. Intégrée à l'église de Notre-Dame-de-l'Assomption.
  9. « Les obsèques de Carolus-Duran », Le Petit Parisien,‎ 20 février 1917, p. 2 (lire en ligne [archive], consulté le 4 juillet 2017).
  10. Pissarro: Camille Pissarro, 1830-1903, Camille Pissarro, Hayward Gallery, Galeries nationales du Grand Palais (France), 1980, p. 9 : « 'Mais rappelle-toi donc Bastien Lepage! et Carolus Duran!!! Eh bien non, ce n'est pas de l'art.' Camille Pissarro à son fils Lucien, 1884. »
  11. Citation de Zola sur le site de Les Cahiers naturalistes [archive]
  12. Philippe Landru, Carolus-Duran (Charles Durand : 1837-1917), 2011 [archive]

Annexes

Bibliographie
  • Collectif, Carolus-Duran, 1837-1917, Réunion des Musées Nationaux, 2003 (ISBN 2711845532).
  • Dictionnaire Bénézit.
Liens externes

Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Encyclopædia Universalis [archive] • Gran Enciclopèdia Catalana [archive] • Swedish Nationalencyklopedin [archive] • Store norske leksikon [archive]

 

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