Vauthier Euphémie
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| Naissance |
Montignac-Lascaux |
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| Décès |
(à 71 ans)
Antony |
| Autres noms |
Euphémie Garcin
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| Nationalité |
française
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| Activités |
Écrivaine, journaliste, enseignante
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| Père |
Pierre Vauthier (d)
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| Fratrie |
Louis Léger Vauthier
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| Conjoint |
Eugène Garcin (d) ()
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| Parentèle |
Pierre Louis Léger Vauthier (neveu)
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| Membre de |
Société des gens de lettres
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Euphémie Vauthier ou sous son nom d'épouse Euphémie Garcin, est une écrivaine, journaliste et institutrice française. Elle est née à Montignac le et morte à Antony le .
Euphémie Vauthier est la première femme à être poursuivie pour un délit politique commis par la voie de la presse.
Biographie
Euphémie Marie Félicia Vauthier est née à Montignac dans le département de la Dordogne, le . Son grand-père, Pierre Vauthier (1742-1814) originaire de Montmorency-Beaufort, est bonapartiste. Il est successivement négociant, agent communal puis maire de Boulogne-sur-Seine pendant la Révolution et l'Empire[]. Pierre Vauthier se serait suicidé à l'entrée des Cosaques dans sa ville de Boulogne le 1er avril 1814].
Elle est la fille cadette de Pierre Vauthier (Boulogne, 15 octobre 1784 - Roanne, 29 novembre 1847), polytechnicien en 1801 et ingénieur des ponts et chaussées après être admis dans cette institution le 6 brumaire an 12 (29 octobre 1803). Il se marie à Bergerac le 10 juin 1811 avec Magdeleine Adèle Lauraine (1786-1855), native de Bordeaux mais de parents propriétaires dans le Périgord. Le 20 septembre 1815, il achète une maison au 3 rue des Fontaines à Bergerac. Sa carrière est ralentie en 1816 sous la Restauration, du fait de son militantisme républicain et il fait l'objet d'une mutation d'ordre politique dans le département du Finistère[. Il revient dans celui de la Dordogne en 1825, conçoit et réalise le canal de dérivation de Lalinde en 1838]. Pierre Vauthier effectue de nombreuses missions dont celles au pont d'Austerlitz et au quai Bonaparte à Paris, au port de Brest et au port de Cherbourg, au canal latéral à la Loire puis à l'emmagasinement des eaux dans la partie supérieure du bassin de la Loire à Roanne[]. Il est l'auteur de la formule du Mouvement des eaux courantes, publiée en 1836 dans les Annales des ponts et chaussées et reçoit à cet effet, la première médaille d'or décernée par cette revue[. À partir de ces recherches, une autre brochure mais cosignée avec son fils Louis Léger Vauthier, est éditée en 1847 à Roanne, sous le titre Indications sommaire des résultats d'expériences faites à Roanne pour l'étude de quelques conséquences de la formule du mouvement permanent des eaux. Une seconde publication est réimprimée dans un ouvrage en 1848 à Paris, intitulée Hydraulique des cours d'eau[]. Pierre Vauthier est membre de l'Académie des sciences de Turin depuis le 29 janvier 1837].
La fratrie issue de Pierre Vauthier et Magdeleine Adèle Lauraine, compte dix enfants — quatre garçons et six filles — dont l'ingénieur et homme politique Louis Vauthier (1815-1901), condamné à la déportation le 15 novembre 1849 par la Haute Cour de justice de Versailles à la suite de sa participation à la journée du 13 juin 1849 à Paris. Un autre frère d'Euphémie, Eugène Vauthier (1820-1867), employé aux chemins de fer d'Orléans, est impliqué dans le complot dit de « l'Opéra-Comique » sous le Second Empire mais seulement cité comme témoin dans le procès du 7 novembre 1853 qui se déroule devant la cour d'assises de la Seine à Paris]. Enfin, Octave Vauthier (1824-1870), qui prend le chemin de l'exil] avec sa compagne Claire Kobierscky, vers la Belgique puis l'Espagne après la condamnation de son frère Louis. Il est le coauteur avec Ernest Cœurderoy d'une monographie politique défendant la Révolution, La barrière du combat ou dernier grand assaut, en 1852.
Benjamine de cette famille nombreuse, Euphémie grandit comme une jeune sauvageonne et ne fréquente même pas l'école[]. Ballottée de ville en ville au gré des affectations de son père, elle s'instruit toute seule à sa guise. À treize ans, son imagination l'amène à écrire des historiettes, qu'un journal local publie en feuilleton]. L'adolescente signe par trois étoiles — *** — ce qui lui vaut en retour, le courrier d'un universitaire : « derrière ces étoiles se cache un astre »[]. Ce compliment l'amuse beaucoup mais n'entame en rien sa modestie et sa nature rêveuse.
Le 29 novembre 1847, son père Pierre Vauthier meurt à son domicile de Roanne au no 34 rue des Minimes à l'âge de 63 ans. Les deux dernières filles du couple, Joséphine et Euphémie, ont respectivement 21 et 18 ans. Les quatre autres aînées, Élisabeth, Émilie, Henriette, Sophie, ne sont pas mariées et restent à charge. Trois des quatre fils, Pierre-Félix, Eugène et Octave, occupent des emplois modiques et incertains].
Louis Vauthier, qui revient du Brésil en 1846 avec son épouse Élisa Joubert], devient le chef de l'ample famille et se préoccupe des moyens de l'entretenir]. Trois de ses sœurs tentent la rude carrière de l'enseignement. Euphémie dans la nécessité de gagner sa vie, obtient son brevet d'institutrice[]. Elle se consacre à son tour, à cette noble mission d'enseigner. Ensemble, les quatre filles Vauthier ouvrent à Paris une institution de jeunes filles[].
Sa faiblesse physique ne lui permet pas d'assister aux funérailles de son amie, l'écrivaine Julie Rodde, l'épouse du poète François Fertiault, le 1er novembre 1900. La dernière correspondance d'Euphémie Vauthier, en date du 2 novembre suivant, est pour cet auteur proche.
Elle meurt un mois plus tard à Antony, le 4 décembre 1900[]. François Fertiault, dans une lettre adressée à l'attention d'Eugène Garcin, écrit : « Ainsi, nos cœurs ont maintenant double deuil ; ainsi à un mois de distance l'amie a suivie l'amie, comme si l'âme de l'une avait attiré l'autre… »[].