Vendée Militaire et Grand Ouest

25 novembre 2017

Danloux Henri-Pierre

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Henri-Pierre Danloux

 

Henri-Pierre Danloux

Besenval,_baron_de

Portrait du baron de Besenval par Danloux, 1797. National Gallery (Londres).

Naissance
24 février 1753
Paris
Décès
3 janvier 1809 (à 55 ans)
Paris
Activité
Peintre

Henri-Pierre Danloux, né le 24 février 1753 à Paris où il est mort le 3 janvier 1809, est un peintre, dessinateur et graveur français.

Danloux fut l’élève de Nicolas-Bernard Lépicié puis de Joseph-Marie Vien qu’il suivit à Rome. Il fit la connaissance de Jacques-Louis David.

Marié à Antoinette de Saint-Redan, fille adoptive de l'intendant Antoine Mégret d'Étigny, il commença une carrière de peintre de genre et de portraitiste notamment pour sa belle-famille et ses proches les Thomas de Pange : portrait du baron d'Étigny, de son frère et de sa belle-sœur, le comte et la comtesse de Sérilly avec leurs enfants, de François de Pange. Une grande partie de sa belle famille est guillotinée le 10 mai 1794 avec la sœur du roi qui s'entremet pour permettre à la comtesse de Sérilly de garder la vie sauve.

D'un milieu libéral, il condamne rapidement les débordements jacobins et émigre en Angleterre en 1792 où il réside jusqu'en 1802. Durant ce séjour il connaît un succès indéniable qui dépasse largement les cercles français.

Parmi ses meilleures œuvres, il faut noter le portrait de Melle Duthé, celui de Monseigneur de la Marche à son bureau (musée du Louvre) ou celui du duc de Choiseul dans sa prison.

Influencé par John Singleton Copley et par Henry Raeburn, il peint le portrait de nombreux Anglais et Écossais. Il expose régulièrement à la Royal Academy et devient le peintre attitré du comte d'Artois en émigration à Holyrood. Plusieurs de ses œuvres ont été gravées, notamment par les artistes anglais. Son journal a été partiellement publié par le baron Roger Portalis.

De retour en France, il expose de nouveau au Salon, mais ne rencontre pas le succès qu'il espérait.

« Distinguée, sincère, de couleur harmonieuse, encore parée des dernières élégances d’un siècle enchanteur, telle s’affirme, dans son incontestable originalité, la peinture de Danloux… Sous son pinceau, les coiffures prennent une ampleur qui ajoutent à la beauté… Son goût des attitudes imprévues propres à donner l’illusion de la vie, sa recherche du geste, la préoccupation d’animer la physionomie de ses modèles, sont autant de signes qui le font reconnaître à première vue. »

— Roger Portalis.

Œuvres

  • Portrait de famille en plein air, vers 1786, huile sur toile, 96 × 72 cm. Musée d'Évreux.

Il s'agit d'un thème à la mode au XVIIIe siècle. Une famille surprise dans son intimité : scène de tendresse familiale au cours d'une promenade à la campagne qui montre une décontraction dans les toilettes et les attitudes. On retrouve là le thème de la nature mis au goût du jour par les Philosophes. Cette composition fait toutefois référence aux représentations de la Sainte Famille : portée symbolique avec le geste de bénédiction du père et la présence d'un agneau avec lequel un enfant joue. Ce portrait de famille est à rapprocher d'une œuvre publiée dans le catalogue d'exposition Portraits français de Largillière à Manet (Copenhague, 1960).

  • Épisode du déluge, 202 × 174 cm, Saint-Germain-en-Laye, musée municipal.

Références

  • Roger Portalis, Henri-Pierre Danloux peintre de portraits et son journal durant l’émigration (1735-1809), Paris, E. Rahir, 1910.
  • Edith de Pange : François de Pange ou la tragédie des trois frères, Éditions Serpenoise, Metz, 2011.
  • Olivier Meslay,« Henry-Pierre Danloux (1753-1809), sa carrière avant l’exil en Angleterre », Bulletin de la Société d’Histoire de l’Art Français, Paris, 2007 (année 2006), p.209-244.
  • Olivier Meslay, « L’enrichissement d’un fonds ancien de la collection Jacques Doucet : les archives Portalis et Danloux », Les Nouvelles de l’INHA, Décembre 2009, p.18-21.
  • Olivier Meslay, "La famille d’Etigny et le peintre Henri-Pierre Danloux", Bulletin de la Société archéologique du Gers, 2004/4, p.459-465.
  • Portraits français de Largillière à Manet, catalogue exposition, Copenhague, octobre-novembre 1960, no 10.

Liens externes

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24 novembre 2017

Les Annales patriotiques et littéraires

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Les Annales patriotiques et littéraires

 

Mercier

Les Annales patriotiques et littéraires de la France, et affaires politiques de l'Europe : journal libre par une Société des Écrivains Patriotes est un journal de la Révolution française publié entre le 5 octobre 1789 et 1796.

Il fut fondé par Louis-Sébastien Mercier et le révolutionnaire Jean-Louis Carra. Le journaliste Jean-Baptiste Salleville, le philologue Jean Baptiste Lefebvre de Villebrune et l'essayiste Charles Antoine Guyot-Desherbiers (1745-1828) y apportèrent leur contribution. Diffusé à Paris et en province dans des clubs politiques, le journal garda un ton modéré.

Sommaire

  • 1 Histoire
  • 2 Contenu
  • 3 Format
  • 4 Réception
  • 5 Bibliographie
  • 6 Références

Histoire

Lorsque le journal est fondé en 1789, le principal éditorialiste est Carra. Mercier, célèbre pour son Tableau de Paris (1781), confère au journal le prestige de son nom.

Contenu

Si le journal ne cachait pas son engagement révolutionnaire, il consacrait néanmoins une place importante à l'actualité. Il dressait une synthèse des événements à l'Assemblée nationale et à la Commune de Paris, tout en s’intéressant aux nouvelles notables des assemblées provinciales ou municipales.

Il s'intéressait également à la politique étrangère, notamment aux guerres européennes1.

Dans un registre plus anecdotique et parfois plus léger, le journal consacrait un sottisier aux erreurs relevées dans les pages de ses rivaux et se faisait l'écho d’événements mineurs de la révolution susceptibles d’intéresser la sensibilité des lecteurs. Le 14 juin 1795, par exemple, il publie un bulletin de santé alarmant sur l'état de Marie-Thérèse-Charlotte de France, dernière survivante de la famille royale toujours en prison2. Il comportait également une rubrique de critique littéraire qui passait en revue des ouvrages français aussi bien qu'étrangers3.

Format

Le journal se présente sous le format d’une gazette ou « papier nouvelles », in-quarto, imprimé sur deux colonnes4.

Réception

Le journal connut une grande popularité, notamment en province. Il était lu et commenté dans les clubs et les cercles politiques5. Cette popularité est attribuée selon les uns à son style délibérément simple, voire « vulgaire »5, et selon les autres au fait qu'il ne se contentait pas de publier des essais sur la révolution, mais qu’il faisait l’effort de tenir ses lecteurs au fait des événements4. Madame Roland attribuait le succès du journal à « un certain ton prophétique, toujours imposant pour le vulgaire6. »

Bibliographie

  • Eugène Hatin, Histoire politique et littéraire de la presse en France: avec une introduction historique sur les origines du journal et la bibliographie générale de journaux depuis leur origine, Poulet-Malassis et De Broise, 1860, pp. 365 sq.

Références

  1. Hatin p. 367
  2. Hélène Becquet, « La fille de Louis XVI et l’opinion en 1795 : sensibilité et politique », Annales historiques de la Révolution française, no 341,‎ 15 septembre 2008 (lire en ligne [archive])
  3. Hatin, p. 368
  4. a et b Hatin, p. 366
  5. a et b Histoire de la révolution française par deux amis de la liberté, Paris, Garnery, 1792-1803, tome 8 p. 140
  6. Mme Roland, Mémoires, citées par Hatin, p. 368

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23 novembre 2017

Warren John Borlase

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John Borlase Warren

John Borlase Warren

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Naissance 2 septembre 1753
à Stapleford
Décès 27 février 1822 (à 68 ans)
à Londres
Origine Britannique, Anglais
Allégeance Drapeau du Royaume de Grande-Bretagne Royaume de Grande-Bretagne
Arme Naval Ensign of the United Kingdom.svg Royal Navy
Grade Admiral
Années de service 1771 –
Conflits Guerres de la Révolution française
Commandement Commander-in-Chief, North American Station
Faits d'armes Bataille de Quiberon
Bataille du Cap-Vert

John Borlase Warren, né le 2 septembre 1753 à Stapleford dans le Nottinghamshire et décédé le 27 février 1822 à Londres, 1er baronnet, est un officier de marine britannique. Il termine sa carrière dans la Royal Navy avec la grade d'admiral.

 

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22 novembre 2017

de Jésus Marie-Eugénie

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Marie-Eugénie de Jésus

 

 

 Marie-Eugénie de Jésus

Sainte Marie-Eugénie de Jésus

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Sainte
Naissance 26 août 1817
Metz en Moselle, France
Décès 10 mars 1898  (80 ans)
Paris, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Béatification 9 février 1975 Vatican
par Paul VI
Canonisation 3 juin 2007 Vatican
par Benoît XVI
Vénéré par l'Église catholique
Fête 10 mars

Sainte Marie-Eugénie de Jésus, née Anne-Eugénie Milleret de Brou (née à Metz le 26 août 1817 et morte à Paris le 10 mars 1898), est une religieuse catholique française, fondatrice de la congrégation apostolique des Religieuses de l'Assomption. Elle fut béatifiée en 1975 par le Pape Paul VI, puis canonisée par le Pape Benoît XVI le 3 juin 2007. Elle est fêtée le 10 mars, jour de sa mort, c’est-à-dire de sa naissance au ciel (Dies natalis).

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Spiritualité
  • 3 Miracle reconnu
  • 4 Notes et références
  • 5 Annexes
    • 5.1 Bibliographie
    • 5.2 Articles connexes
    • 5.3 Liens externes

Biographie

Marie-Eugénie Milleret est le troisième enfant du mariage en premières noces de Jacques Constant Milleret, banquier et homme politique, et de Eléonore Joséphine de Brou.

Issue d'une famille aisée non pratiquante, elle est tout de même éduquée dans la religion catholique. Elle passe son enfance entre l’hôtel particulier de ses parents à Metz et le château de Preisch, à proximité de la frontière Luxembourgeoise.

Elle fait sa première communion en 1829.

Ses parents se séparent en 1830.

Sa mère meurt à Paris en 1832, victime de l'épidémie de choléra, et elle est recueillie par de riches amis à Chalons-sur-Marne. Elle se détache alors de la pratique religieuse.

Son père la fait revenir à Paris. Durant le carême 1835, elle retrouve la foi en entendant l'abbé Lacordaire prêcher à Notre-Dame. Elle se convertit en 1836 ; elle a 19 ans.

Elle rencontre l’abbé Théodore Combalot en 1837, et lui fait part de son désir d’entrer dans la vie religieuse. Elle est formée chez les Bénédictines du Saint-Sacrement à Paris puis à la Visitation de la Côte-Saint-André dans l’Isère. À 21 ans, elle fonde la congrégation des Religieuses de l'Assomption en avril 1839.

Elle entre sous la direction spirituelle du Père d’Alzon à partir de 1841 alors qu’elle est supérieure.

Elle fait profession perpétuelle à Noël 1844, et sera déposée de sa charge en 1894, à l’âge de 77 ans.

Peu à peu complètement immobilisée par la paralysie, elle meurt le 10 mars 1898 à l’âge de 80 ans.

Spiritualité

Marie-Eugénie Milleret a donné pour programme à sa congrégation cette phrase du Notre Père : « que ton règne vienne ». Pour elle, le Royaume est un chemin de vie. Son projet éducatif est double : d’une part, le règne de Dieu, créateur et fin de toute chose, d’autre part, une société chrétienne dans laquelle Dieu serait reconnu, aimé et servi. Elle attache une grande importance à la formation de l’intelligence à la lumière de la foi. « L’éducation, proposée par Marie-Eugénie, vise la transformation de toute la personne et favorise la liberté »1

Miracle reconnu

En février 1995 naissait aux Philippines, une petite fille, Risa Bondoc, atteinte d’un syndrome de nystagmus à la suite d'une malformation de l’hémisphère gauche du cerveau. Son avenir est sombre, elle ne marchera pas, ne parlera jamais, et sera aveugle. Ses parents lui font alors porter une relique de Marie-Eugénie de Milleret. Un an plus tard, le diagnostic est confirmé. Ses parents l’emmènent alors à la Maison générale des Religieuses de l’Assomption à Paris, elle est allongée sur la tombe de Marie-Eugénie à qui sa guérison a été demandée. Aujourd’hui, Risa Bondoc entend, voit, étudie à l'Assumption College de Manille.

Le pape Benoît XVI a reconnu le 16 décembre 2006 la validité de ce miracle, et la canonisation de Marie-Eugénie a été prononcée le 3 juin 2007.

Notes et références

  1. Olivier Le Gendre, Président d'Assomption Ensemble

Annexes

Bibliographie

  • Jacques Daurelle, La révérende mère Marie-Eugènie Milleret de Brou : fondatrice et première supérieure générale des Religieuses de l'Assomption, 1817-1898, préface de Mgr Georges Audollent, Paris, Jean-Renard, 1939, XV-207 p., portraits.
  • Florence de Baudus, Le Jardin de l’Infante, l’aventure de l’Assomption, Le Rocher, 2005 – couronné par les Écrivains catholiques en 2006 (traduction espagnole disponible) (ISBN 978-2268053479)

Articles connexes

  • Religieuses de l'Assomption
  • Assomption
  • Institut de l'Assomption

Liens externes

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21 novembre 2017

Leclerc de Buffon Georges-Louis

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Georges-Louis Leclerc de Buffon

 

Georges Louis Leclerc
comte de Buffon

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Portrait de Buffon par François-Hubert Drouais (1753).

Naissance 7 septembre 1707
Montbard (France)
Décès 16 avril 1788 (à 80 ans)1
Paris (France)
Nationalité Français
Domaines Botanique
Mathématiques
Biologie
Géologie
Institutions Jardin des plantes
Membre de la Royal Society, de l'Académie des sciences et de l'Académie Française
Renommé pour Histoire naturelle
Études sur la formation de la Terre
Études sur la zoologie

Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788) est un naturaliste, mathématicien, biologiste, cosmologiste, philosophe et écrivain français.

À la fois académicien des sciences et académicien français, il participa à l'esprit des Lumières et collabora à l'Encyclopédie, notamment en se chargeant des sciences de la nature. Ses théories ont influencé deux générations de naturalistes, en particulier Jean-Baptiste de Lamarck et Charles Darwin. Salué par ses contemporains, Buffon a été qualifié de « Pline de Montbard2 », en référence au célèbre naturaliste romain du Ier siècle, auteur d'une monumentale Histoire naturelle. Buffon était franc-maçon.

Son nom est lié à la localité de Buffon, en Côte-d'Or, dont la seigneurie fut acquise par la famille Leclerc.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Une jeunesse mouvementée
    • 1.2 L'ambitieux à Paris
    • 1.3 Au Jardin des Plantes
    • 1.4 L'homme de Montbard
    • 1.5 Buffon industriel
  • 2 Œuvre
    • 2.1 L'Histoire naturelle
      • 2.1.1 Rapport à l'Encyclopédie
    • 2.2 Les théories scientifiques de Buffon
    • 2.3 Rôle et portée de son œuvre
    • 2.4 Buffon et l'Église
    • 2.5 L'aiguille de Buffon
    • 2.6 Liste des œuvres
      • 2.6.1 Œuvres en ligne
  • 3 Bibliographie et sources
    • 3.1 Sources partielles
  • 4 Notes et références
  • 5 Annexes
    • 5.1 Mémoire
    • 5.2 Articles connexes
    • 5.3 Liens externes

Biographie

Une jeunesse mouvementée

Il est le fils de Benjamin Leclerc, seigneur de Buffon et de La Mairie, conseiller du roi, président du grenier à sel de Montbard, conseiller au parlement de Bourgogne, et de dame Anne-Christine Marlin. Ils sont mariés depuis un an lorsque Georges-Louis vient au monde. Il est prénommé Georges en l'honneur de son parrain et grand-oncle maternel Georges-Louis Blaisot, seigneur de Saint-Étienne et Marigny, (mort en 1714), collecteur des impôts du duc de Savoie, et Louis en l'honneur de son grand-père, Louis Leclerc, écuyer, conseiller secrétaire du Roi, maire de Montbard et juge prévôt. Son bisaïeul était médecin et bailli de Grignon, son trisaïeul barbier chirurgien3.

La famille habite près de la porte de la Boucherie qui commande l'une des portes de Montbard, sur la route de Châtillon et de Dijon. La famille s'agrandit ; naissent ainsi Jean-Marc en 1708, Jeanne en 1710, Anne-Madeleine en 1711 et Claude-Benjamin en 1712.

Son père, en 1717, bénéficiant de la fortune accumulée par Georges-Louis Blaisot et héritée par sa femme et son fils, achète les propriétés de la seigneurie de Buffon, située à six kilomètres de Montbard, à Jean Bouhier, président du parlement de Bourgogne et lettré notoire. Cette véritable « savonnette à vilain » permet à la famille de s'anoblir. Benjamin Leclerc acquiert également une charge de commissaire général des maréchaussées qu'il revend trois ans plus tard pour une charge de conseiller au parlement de Dijon. La famille déménage alors à Dijon, à l'hôtel Quentin, acheté également la même année4.

Il fait ses humanités au collège des jésuites des Godrans de Dijon, où il a pour condisciple Charles de Brosses. Suivant encore les injonctions de son père, qui le destine probablement à sa succession, Buffon s'inscrit à la faculté de droit de Dijon et y obtient sa licence en 1726. Préférant les sciences, et au grand mécontentement de sa famille, il part étudier à la faculté d'Angers en 1728. Il s'y plonge un peu plus dans les mathématiques et la botanique, lit Newton, suit des cours de médecine, mais, ayant tué en duel un jeune officier croate, il se voit contraint de quitter précipitamment l'université. Il se réfugie à Dijon ou à Nantes, où il rencontre le second duc de Kingston (en)5, jeune aristocrate anglais qui parcourt l'Europe avec son précepteur allemand le naturaliste Nataniel Hickman, et avec lequel il se lie d'amitié. Il décide de les suivre dans leur Grand Tour, qui les mène à La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Béziers, Montpellier, puis en Italie, par Turin, Milan, Gênes, Florence, Rome, étapes parfois ponctuées de brillantes théories mathématiques6.

L'ambitieux à Paris

Son voyage est interrompu en 1731, à la mort de sa mère, et il s'installe l'année suivante à Paris, soucieux de s'éloigner de son père, remarié à sa grande fureur à l'âge de cinquante ans avec une jeune fille de vingt-deux, Antoinette Nadault. Le menaçant d'un procès, il obtient la libre disposition de sa fortune et récupère des terres que son père avait aliénées. Il fait démolir la maison paternelle et construire l'hôtel de Buffon, aménage une ménagerie, un laboratoire et son cabinet de travail4.

À vingt-cinq ans, il est décidé à réussir, commençant à signer Buffon. Il se loge au faubourg Saint-Germain, chez Gilles-François Boulduc, premier apothicaire du roi, professeur de chimie au Jardin royal des Plantes, membre de l'Académie des sciences et de l'Académie de Stanislas7. Ses premiers travaux portent sur les mathématiques, son domaine de prédilection, et il présente en 1733 un mémoire à l'Académie des Sciences, dont Maupertuis et Clairaut font un compte rendu élogieux. Ce mémoire Sur le jeu du franc-carreau8 introduit pour la première fois le calcul différentiel et le calcul intégral en probabilité.

C'est à cette époque qu'il correspond avec le mathématicien suisse Gabriel Cramer. Il lit plusieurs ouvrages de géométrie particulièrement ceux d'Isaac Newton, dont il traduira la Théorie des fluxions. Il fait la connaissance de Voltaire et d'autres intellectuels, et est à l'Académie des sciences comme adjoint mécanicien le 9 janvier 17349. Il a de puissants protecteurs, notamment Maurepas, et Louis XV le nomme au poste d'adjoint dans la section mécanique.

Maurepas, ministre de la Marine, demande en 1733 à l'Académie une étude sur les bois utilisables pour la construction de navires. Faute de moyens, les commissaires nommés initialement se récusent, mais Buffon, exploitant forestier à Montbard, est là. Il multiplie les expériences et rédige un compte rendu des plus complets, ce qui lui donne l'appui du duc de Condé (en lui fournissant des échantillons de minéraux bourguignons et en le recevant fastueusement à Montbard). Maurepas lui propose la surintendance de toutes les forêts de son domaine, mais il refuse.

En 1735, il traduit un ouvrage du biologiste Stephen Hales Vegetable Staticks, qu'il annote abondamment, où il prend délibérément parti contre la science cartésienne, partisane des systèmes et théories raisonnées, purement intellectuelles ; il fait la promotion de l'observation et de l'expérience, suivant en cela un courant de pensée de ce début du siècle. Anglophile, il correspond abondamment avec plusieurs savants, et séjourne à Londres en 1738, assez brièvement, mais se fera élire à la Royal Society en 1739.

En 1738 il montre à l'Académie son ouvrage Moyen facile d'augmenter la solidité, la force et la durée du bois rédigé à partir des expériences menées à Montbard, en particulier au Petit Fontenet (qui conserve un parquet de chêne réalisé selon ses travaux). Mais Henri Louis Duhamel du Monceau, agronome éminent avec qui Maurepas souhaitait qu'il travaille en bonne intelligence, y voit un plagiat de son mémoire à venir : Diverses tentatives pour parvenir à augmenter la dureté ou l'intensité du bois. Il s'est fait un ennemi de taille. En mars 1739, il passe de la section de mécanique, à celle de botanique de l'Académie des sciences4.

Après une admirable campagne de relations publiques auprès de son prédécesseur mourant, Dufay, il est nommé intendant du Jardin du roi le 26 juillet 1739, supplantant une fois encore Duhamel du Monceau ; celui-ci obtiendra de Maurepas, comme lot de consolation, la responsabilité, où il excellera, de réformer la Marine. Enfin établi, Buffon partagera désormais son temps, jusqu'à la fin de sa vie, entre sa propriété de Montbard, vivant tranquillement et rédigeant son œuvre, et Paris, où il administre le Jardin des Plantes et entretient son image à la Cour10.

Au Jardin des Plantes

Statue au Jardin des Plantes.

De jardin d'apothicaire, il transforme le Jardin des Plantes en centre de recherche et en musée, faisant planter des arbres qu'on lui fait parvenir du monde entier. Dès lors, il se consacre tout entier à l'histoire naturelle. Profitant des ressources que lui offre le grand établissement qu'il dirige et qu'il ne cesse d'enrichir, il entreprend de tracer le tableau de la nature entière. Excellent administrateur, propriétaire terrien et juriste de formation, il agrandira considérablement le parc, d'environ un tiers, à partir de 1771, vers l'ouest et la Seine (actuelle Ménagerie) et vers le sud de part et d'autre de la Bièvre (« clos Patouillet », actuel îlot Poliveau11), en faisant exproprier, parfois sans ménagement, les propriétaires des lieux. Il fait forger à Montbard les éléments de l'un des premiers édifices métalliques au monde, la « gloriette du Labyrinthe » ou « gloriette de Buffon ».

Buffon n'enseigne pas, et ne semble pas s'y intéresser (il ne définit pas lui-même les programmes) même s'il s'entoure de brillants pédagogues et d'excellents praticiens : Louis Guillaume Le Monnier, botaniste et futur premier médecin de Louis XVI, Antoine Laurent de Jussieu, biologiste, Pierre Joseph Macquer et Fourcroy, chimistes, Jacques-Bénigne Winslow, Antoine Ferrein, Antoine Petit et Antoine Portal, anatomistes. Buffon forme ainsi une cour de matière grise autour de lui, attirant des savants parmi les plus renommés, qui amènent avec eux toute leur famille.

Buffon gère en outre le Cabinet d'Histoire Naturelle du roi, dont il va faire la plus développée des collections d'Europe, un creuset scientifique ; en sortiront les galeries du Muséum actuel. Il l'agrandit entre 1740 et 1780, les travaux étant conduits par l'architecte Latouche. Il profite de toutes les occasions pour enrichir le cabinet, ouvert au public : dons, retours de grands voyageurs, tels que Bougainville, Pierre Sonnerat ou Joseph Dombey, acquisitions de pièces d'intérêt (il gère admirablement les crédits du Jardin), obtentions de collections de défunts (ainsi celle de Réaumur, que Louis XV lui accorde, alors que Réaumur désirait la céder à l'Académie des Sciences). La renommée de Buffon et de son cabinet est telle qu'à la fin de sa vie les plus grands souverains, Frédéric II de Prusse, Catherine II, les rois de Danemark et de Pologne, lui font des dons prestigieux. Louis XV lui fait porter une caille blanche qu'il a tuée à la chasse. Et malgré les vives critiques sur l'organisation de la collection, elle remporte tous les mardis et jeudis un vif succès auprès des visiteurs, qui découvrent des curiosités dans un capharnaüm magique : de grands poissons naturalisés pendent au plafond, des reptiles séchés sont placés entre les pattes d'un immense zèbre.

Quand il monte à Paris, Buffon a ses entrées à la cour : Louis XV et Louis XVI l'ont toujours soutenu, la marquise de Pompadour l'appréciait énormément (on lui prête ces mots « Vous êtes un joli garçon Monsieur de Buffon, on ne vous voit jamais ! » et elle lui envoya peu de temps avant sa mort ses animaux familiers pour enrichir le patrimoine de Montbard). Il bénéficie de nombreux soutiens politiques, tel celui d'Amelot de Chaillou, soutiens qui lui permettront d'être seul maître au Jardin du Roi pendant cinquante années. Mais Buffon n'est pas un courtisan : il se frotte à la politique avec précaution et ne rentre pas dans les intrigues de la Cour. Et s'il reste monarchiste toute sa vie (comme beaucoup à cette époque, il ne conçoit pas d'autres régimes possibles), il a toujours pris soin de mettre une certaine distance entre le pouvoir royal et lui.

Ses relations avec les savants de son époque sont bien plus difficiles et il s'oppose souvent à eux, par exemple avec Carl von Linné12, dont il conteste la méthode de classification, basée sur les fleurs. La méthode, de Buffon, pour le moins très personnelle, est plutôt de se fonder sur l'intérêt subjectif qu'ont les animaux pour l'homme. Dans son approche « naturelle », le cheval vient en premier, suivi immédiatement, comme il se doit, du chien. Et les insectes sont quasiment absents, car de peu d'importance. Il écrit ainsi à Réaumur : « Une mouche ne doit pas tenir dans la tête d'un naturaliste plus de place qu'elle n'en tient dans la nature1 ». À l'inverse, Linné est un scientifique méthodique, un classificateur, là où Buffon, en vulgarisateur, voit surtout l'intérêt que l'on peut tirer de la création. Dans le même esprit, il censurera toutes les descriptions anatomiques de Daubenton.

Il accueille avec scepticisme les travaux de Lazzaro Spallanzani ou de Charles Bonnet et d'Abraham Trembley13, car pour Buffon, les variations entre espèces sont dues à des dégénérescences.

En 1744, il est nommé trésorier perpétuel de l'Académie des sciences, et profite allègrement de ses privilèges, mais ne tarde pas à prendre ses distances avec le cénacle scientifique parisien. On le taxe en effet d'individualisme et de hauteur. Quelqu'un dira de lui : « M. de Buffon ne vient à Paris que pour toucher ses pensions et prendre les idées de ses confrères de l'Académie. »

L'Histoire naturelle, son œuvre majeure, dont les premiers volumes paraissent en 1749, l'occupera toute sa vie. Placé par cet ouvrage au premier rang des écrivains de son siècle aussi bien que des savants, Buffon reçoit récompenses et honneurs en tout genre : il est élu membre de l'Académie française en 1753, où il prononce le fameux Discours sur le style14. Il ne paraîtra que très rarement avec les Quarante, et plus jamais à partir de 1782, à l'élection de Condorcet, détesté rival de son ami Jean Sylvain Bailly (1736-1793). Il dira d'ailleurs de lui : « Condorcet élu ! Mais Condorcet n'a jamais fait que des vers dans les ruelles de femmes15 ! » (on peut noter qu'ironiquement c'est Condorcet qui prononcera plus tard l'éloge funèbre de Buffon à l'Académie des sciences, dans un style faussement élogieux16). Il fraie en outre avec les grands esprits de son temps, et notamment les philosophes des Lumières, avec qui il partage le scepticisme religieux, le matérialisme et l'amour de la raison contre le mysticisme. Mais il s'oppose à eux sur le plan social et politique : Buffon est un conservateur et un monarchiste. On lui prêtera d'ailleurs ce mot, vers la fin de sa vie, aux derniers temps de l'Ancien Régime : « Je vois venir un mouvement terrible, et personne pour le diriger. » Grand ami des encyclopédistes (Diderot le compare à Lucrèce et Platon), auxquels il a promis de rédiger l'article « Nature », qu'il ne fera jamais, il finit par se brouiller avec D'Alembert à propos de Bailly et Condorcet17. À ses premiers temps au Jardin du Roi on a pu le voir dans les salons parisiens, chez Marie-Thérèse Geoffrin ou Louise d'Épinay, chez Julie de Lespinasse ou chez le baron d'Holbach, où il a pu converser avec Voltaire, Montesquieu, Fontenelle, Marivaux… Mais il est devenu petit à petit solitaire, a délaissé les salons, puis Paris, pour sa vie tranquille à Montbard.

L'homme de Montbard

À Montbard, Buffon habite la maison paternelle, qu'il agrandit pour en faire un hôtel spacieux et confortable, l'hôtel de Buffon. De même qu'à Paris, il agrandit son domaine par des annexions de droit seigneurial, prenant terres, ruines et château, au grand dam des mairies de Buffon et de Montbard qui entreront en procédure. Il est cependant un seigneur bon et généreux, n'hésitant pas à offrir bien des dons et des aides à sa commune. Certes il ne ménage pas ses créanciers, faisant valoir tous ses droits et privilèges de noble personne, faisant monter son patrimoine à plus de 1 000 hectares et son revenu à près de 80 000 livres par an, sans les recettes de son œuvre littéraire. Scrupuleux, il écrira : « Depuis trente ans, j'ai mis un si grand ordre dans l'emploi de ma fortune et dans celui de mon temps, que j'ai toujours de l'argent en réserve et du temps à donner à mes amis. »

Agé de 45 ans, il se marie à Fontaines-en-Duesmois (Côte-d'Or) le 22 septembre 1752 à Marie-Françoise de Saint-Belin Malain, jeune femme de 20 ans née le 11 juillet 173218. Issue d'une famille de grande noblesse ruinée, cette femme voue une grande affection à son mari qui l'a arrachée au couvent des Ursulines que dirigeait sa sœur Jeanne Leclerc de Buffon, même s'il n'est pas d'une extrême fidélité. Elle meurt en 1769 à la suite d'une mauvaise chute de cheval19. Ils eurent une fille Marie-Henriette Leclerc de Buffon (née le 25 mai 1758, morte le 14 octobre 1759) et un fils, Georges Louis Marie, surnommé « le Buffonet » par Rivarol, qui finira sur l'échafaud révolutionnaire en l'an II (1794), sans postérité. En outre, Buffon abrite, entre 1770 et 1775, son père, veuf pour la seconde fois et avec qui les rapports sont toujours aussi difficiles, et il accueille régulièrement ses demi-frères et sœurs, Pierre, le « chevalier de Buffon », et Antoinette, épouse de Benjamin Edme Nadault des Berges, conseiller au parlement de Bourgogne. Buffon reçoit régulièrement familiers ou visiteurs, parmi lesquels Jean-Jacques Rousseau20, Claude-Adrien Helvétius, Marie Jean Hérault de Séchelles21, Georges Louis Daubenton, maire de Montbard, et Philippe Guéneau.

L'hôtel est gouverné par Marie Blesseau, paysanne ignare, qui fut probablement très proche du comte, à la tête d'une dizaine de domestiques. Buffon possède en outre un secrétaire particulier, d'abord Trécourt puis Humbert-Bazile, et un chapelain, le père Ignace Bougot, Buffon devenant peu à peu déiste. Buffon a un emploi du temps bien réglé : lever vers huit heures, réveillé par son domestique Joseph (auquel Buffon avait promis un écu à chaque fois qu'il le ferait lever à l'heure, en général cinq heures du matin, écu gagné une seule fois, à coup de seaux d'eau froide ; Buffon déclara : « Je dois à Joseph trois ou quatre tomes de l'Histoire naturelle »), travail et rédaction quatre ou cinq heures avec son secrétaire, déjeune de 14 à 16 heures le plantureux repas de son excellent cuisinier Guéneau (ce qui lui devra de furieuses crises de gravelle), sieste puis promenade, travail de nouveau à partir de 17 heures, en administration et gestion, pas de dîner, court passage au salon s'il y a des invités, puis coucher vers 22 heures.

Mais Buffon reste avant tout un scientifique naturaliste : qu'il soit à Paris ou à Montbard (où il se retire chaque année durant huit mois), c'est son Histoire Naturelle qui lui prend tout son temps. Trente-cinq tomes paraîtront avant sa mort. À Montbard, il entretient des volières et élève en semi-liberté quelques animaux (loup, renard, blaireau), qui lui fourniront de la documentation pour son étude et seront parfois de malheureux sujets d'expériences. La légende rapportée par des pamphlets22 le représentent myope, réglant minutieusement les heures de sa journée, dédaignant le laboratoire pour le cabinet et portant pour écrire un jabot et des manchettes de dentelles23. Il affectionne une magnifique pépinière, sujet d'étude et prétexte à générosité (sur ordre royal un quota de fruits doit être distribué aux pauvres). En outre, il observe la nature et, sans le savoir, pose les bases de l'écologie : il note l'importance de certaines espèces dans la chaîne alimentaire, ou remarque le rôle des oiseaux dans la dispersion des graines d'arbres. En 1747, fasciné par le rapport entre la lumière et la chaleur, il prouvera au château de la Muette, en présence du roi, lors d'une véritable exhibition, la réalité des miroirs ardents d'Archimède devant un public composé de gens de qualité. En 1752, il vérifie les hypothèses de Benjamin Franklin sur la foudre et l'électricité en installant un paratonnerre sur la plus haute tour restant du château des Ducs de Bourgogne, la Tour de l'Aubépin. Il gère aussi une forge.

En 1768 Buffon transféra sa bibliothèque, autrefois dans la tour Saint-Louis, sur la terrasse supérieure du parc créé par destruction du château ducal, et créa un laboratoire de chimie au Petit Fontenet à une époque où il réorientait son activité intellectuelle, abandonnant quadrupèdes et oiseaux pour l'étude de la minéralogie, de la métallurgie (construction de la Grande Forge à Buffon, rédaction des Époques de la Nature), de la chimie et des traitements des bois. Son activité permet de le considérer comme un des premiers créateurs avec Réaumur de la science des matériaux.

Il devient comte de Buffon en 1773. En 1776, Louis XVI commande une statue de lui au sculpteur Augustin Pajou ; elle est érigée à l'entrée du Muséum d'histoire naturelle avec l'inscription : Majestati Naturæ par ingenium (« un génie égal à la majesté de la Nature »). Il meurt en 1788, d'une ultime crise de gravelle, quelques mois avant le début de la Révolution française.

Il fut enterré dans une chapelle adjacente à l'église de Sainte-Urse de Montbard ; pendant la Révolution française, sa tombe a été profanée et le plomb qui recouvrait le cercueil a été utilisé pour produire des balles. Son corps a été initialement conservé par Suzanne Necker (épouse de Jacques Necker), mais plus tard, a été perdu. Aujourd'hui, il ne reste que le cerveau de Buffon, conservé dans la base de la statue que Louis XVI avait commandée en son honneur en 1776 à Pajou, au Musée d'histoire naturelle de Paris.

Georges Louis Leclerc était devenu comte de Buffon, seigneur de Montbard, marquis de Rougemont, vicomte de Quincy, seigneur de la Mairie, les Harens, les Berges et autres lieux, intendant du Cabinet d'histoire naturelle du Roi, membre de l'Académie française, trésorier perpétuel de l'Académie des sciences, membre des académies de Berlin, Londres, Saint-Pétersbourg, Florence, Bologne, Édimbourg et Philadelphie1.

En 1865, Michel-Eugène Chevreul, qui avait une grande admiration pour Buffon, organise un hommage à ce dernier et inaugure24 à Montbard une statue de bronze du célèbre naturaliste due au sculpteur Jacques-Edme Dumont25.

Buffon industriel

Article détaillé : Forges de Buffon.
Entrée des forges.
Vue aérienne de la grande forge de Buffon ; l'ensemble de l'ancien équipement de l'usine.

Parallèlement à son œuvre scientifique, Buffon construit, en bordure du canal de Bourgogne, à quelques kilomètres de Montbard, des forges qui subsistent et sont encore visitées aujourd'hui. Après avoir effectué de nombreuses expériences dans la forge d'Aisy-sur-Armançon et au Petit Fontenet, il édifie sur ses terres, entre 1768 et 1772, ses propres forges, conseillé par des maîtres de forge parmi les plus réputés. Elles lui permettent de mettre en valeur les ressources en bois et en minerais de ses terres.

Ce site peut être considéré comme une des premières usines intégrées : les lieux sont aménagés pour optimiser les étapes de la fabrication. Par ailleurs, des ouvriers sont logés sur le site, et ont accès à un potager, à une boulangerie et à une chapelle. L'accès au haut-fourneau se fait par un escalier monumental, qui permettait aux invités de marque d'admirer les coulées de métal en fusion.

Animées par l'Armançon, des roues à aubes apportent la force hydraulique nécessaire aux machines, comme les soufflets, les marteaux, le bocard et le patouillet. C'est dans ces forges qu'il aurait souhaité fabriquer les nouvelles grilles du Jardin des Plantes, alors qu'il en est l'intendant. Son expérience en sylviculture et en métallurgie l'aident dans la rédaction des Suppléments de l'Histoire naturelle.

La forge produisait des ferronneries et des rampes d'escaliers, et elle était avant tout son laboratoire, où il étudiait, pour la Marine, l'amélioration des canons, et, pour lui-même, les effets de la chaleur obscure, les phénomènes de refroidissement, et, les résultats de ses recherches alimenteront son œuvre scientifique, notamment au sujet de la création et de l'âge de la terre.

Accaparé par son travail personnel, il en confie la gestion à Chesneau de Lauberdières, en 1777 : celui-ci pille alors les forêts environnantes et s'enfuit avec les finances, en 1785. Buffon doit alors reprendre la forge, bien mal en point, et elle sera finalement vendue, en 1791.

Toujours à court d'argent pour financer ses projets industriels et scientifiques, il a de nombreux démêlés avec ses bailleurs de fonds, en particulier avec la famille Baboin, soyeux de Lyon, qui lui intentent un procès pour obtenir le remboursement de leurs créances. Il se plaint à ce sujet de son banquier dans une lettre du 15 juillet 178126. Il se venge d'eux dans la rédaction de l'Histoire naturelle, en jouant sur la ressemblance du mot de vieux français « babine » avec le nom de ses adversaires, et donne au singe cynocéphale le nom de « babouin » qu'on lui connaît encore aujourd'hui27. Il fait d'ailleurs dans son ouvrage une description abominable de cet animal.

Œuvre

Le premier ouvrage de Buffon fut une traduction de l'anglais.

« C'est par des expériences fines, raisonnées et suivies, que l'on force la nature à découvrir son secret ; toutes les autres méthodes n'ont jamais réussi... Les recueils d'expériences et d'observations sont donc les seuls livres qui puissent augmenter nos connaissances. »

— Préface de Buffon à sa traduction de la Statique des végétaux de Stephen Hales28.

Buffon a traduit en outre la Théorie des fluxions d'Isaac Newton et il a composé des mémoires. Dans son Discours sur le style, qu'il prononça pour sa réception à l'Académie française, il écrit : « Le style est l'homme même ».

L'Histoire naturelle

Buffon est surtout célèbre pour son œuvre majeure, l'Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roy, en 36 volumes parus de 1749 à 1789, plus huit autres après sa mort, grâce à Lacépède. Il y a inclus tout le savoir de l'époque dans le domaine des sciences naturelles. C'est dans cet ouvrage qu'il relève les ressemblances entre l'homme et le singe. L'attention que Buffon accorde à l'anatomie interne le place parmi les précurseurs de l'anatomie comparative. « L'intérieur, dans les êtres vivants, est le fond du dessin de la nature », écrit-il dans les Quadrupèdes.

L'Histoire naturelle, qui devait embrasser tous les règnes de la nature, ne comprend que les minéraux et une partie des animaux (quadrupèdes et oiseaux). Elle est accompagnée d'une Théorie de la Terre, de Discours en forme d'introduction, et de suppléments parmi lesquels se trouvent les Époques de la nature, un des plus beaux ouvrages de l'auteur.

Parmi ses collaborateurs, il faut citer, pour les quadrupèdes, Louis Jean-Marie Daubenton, qui se chargea de la partie des descriptions anatomiques, remplacé plus tard, pour les oiseaux, par Philippe Guéneau de Montbeillard, auquel s'adjoignent, à partir de 1767, Barthélemy Faujas de Saint-Fond, l'abbé Gabriel Bexon et Charles-Nicolas-Sigisbert Sonnini de Manoncourt.

Buffon attachait beaucoup d'importance aux illustrations, qui furent assurées par Jacques de Sève pour les quadrupèdes et François-Nicolas Martinet pour les oiseaux. Près de 2 000 planches parsèment en effet l'œuvre, représentant les animaux avec un fort souci esthétique et anatomique, dans des décors oniriques et mythologiques.

Son Histoire naturelle connut un succès immense, presque aussi important que celui de Encyclopédie de Diderot, qui parut à la même époque. Les deux premiers volumes, Théorie de la terre et Histoire naturelle de l'homme, connurent trois rééditions successives en six semaines. L'ouvrage fut traduit rapidement en anglais, puis en allemand (1750-1754), en néerlandais (1775), en espagnol (1785-1791). On en fit quelques éditions abrégées à partir de 1799, plus nombreuses, pour les enfants, au XIXe siècle29.

L'ouvrage connaît cependant bien des détracteurs : Buffon se voit reprocher son style ampoulé et emphatique, qui n'est pas adapté à un traité scientifique, et surtout un trop grand anthropomorphisme. Parmi ses détracteurs, figurent : d'Alembert, Condillac, Condorcet, La Harpe, Réaumur et Voltaire. Ce dernier faisait allusion à Buffon dans ce vers de la satire Les Deux Siècles : « Dans un style ampoulé parlez-moi de physique ».

Voltaire a pu répondre de « l'Histoire naturelle ? — Pas si naturelle que cela30,31,32 ! »

Longtemps profondément respectueux l'un de l'autre, Voltaire et lui se sont finalement disputés sur la question des fossiles, indices restant de l'histoire de la formation de la Terre. Jusqu'à ce que Voltaire accepte de faire amende honorable et d'abandonner sa thèse car il ne voulait pas « rester brouillé avec Monsieur de Buffon pour des coquilles1 ».

Cette encyclopédie est découpée en 36 volumes :

  • trois volumes en 1749 : De la manière d'étudier l'histoire naturelle suivi de la Théorie de la Terre, Histoire générale des animaux et Histoire naturelle de l'homme ;
  • douze volumes sur les quadrupèdes (de 1753 à 1767) ;
  • neuf volumes sur les oiseaux (de 1770 à 1783) ;
  • cinq volumes sur les minéraux (de 1783 à 1788), le dernier contient le Traité de l'aimant, dernier ouvrage publié du vivant de Buffon ;
  • sept volumes de suppléments (de 1774 à 1789), dont les Époques de la nature (à partir de 1778).

L'Histoire naturelle est imprimée d'abord à l'Imprimerie royale en 36 volumes (1749-1789). Buffon rachète ensuite — en 1764 — les droits de son œuvre. Elle est continuée par Lacépède, qui décrit les quadrupèdes ovipares, les serpents, les poissons, les cétacés en 8 volumes (1788-1804). On a depuis réimprimé bien des fois Buffon et ses Suites.

Rapport à l'Encyclopédie

Son Histoire naturelle est souvent comparée à l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, sur le principe de la diffusion du savoir lié à l'époque des Lumières, mais surtout en termes de notoriété et de nombre d'exemplaires imprimés.

Pourtant, les deux ouvrages très dissemblables sont loin d'être en concurrence, et Buffon avait d'abord accepté de participer à l'Encyclopédie. Il finit par se retirer du projet comme plusieurs autres personnages illustres de l'époque tels que Jean-Jacques Rousseau, qui, lui, avait néanmoins rédigé de nombreux articles.

Il devait participer aux articles de sciences, et en particulier ceux concernant l'histoire naturelle qui ont finalement été attribués à Daubenton, un grand précurseur de l'anatomie comparée. L'influence réciproque de ces deux scientifiques originaires de Montbard est grande, puisque, avant de se fâcher, ils travaillèrent ensemble, notamment pendant dix ans à la mise à jour de l'Histoire naturelle des animaux.

Les théories scientifiques de Buffon

Buffon est un penseur qui a embrassé tous les domaines de l'histoire naturelle. Tous ses écrits y sont rattachés, même le Discours sur le style dans les Suppléments. Ses théories, parfois erronées, sont fondées sur l'observation et l'expérience, souvent opposées aux idées générales de son temps. En outre, il étale ses réflexions sur près de cinquante ans, ce qui l'amène, de temps à autre, à se contredire lui-même, bien que sa ligne de pensée reste inchangée.

  • L'étude de l'histoire naturelle : pour Buffon, il ne s'agit ni de raisonner purement dans l'abstrait, ni d'accumuler les faits sans raisonner. Il faut accumuler observations et expériences, et en tirer des conclusions qui permettent de « s'élever à quelque chose de plus grand et plus digne ». Il est nécessaire, pour un naturaliste, non seulement d'être d'un esprit minutieux attachant de l'importance à chaque détail, mais aussi de pouvoir embrasser une vue d'ensemble. Il récuse en outre l'intervention de vues religieuses (il sépare la recherche de la croyance, bien qu'évoluant lui-même vers une foi plus profonde), des réflexions métaphysiques et des mathématiques, inaptes à traduire le concret, bien qu'il fût lui-même un mathématicien parmi les plus doués.
  • Histoire de la Terre : depuis Descartes, Buffon est le seul à évoquer la naissance de l'Univers et de la Terre. Ses observations sur des couches de calcaire de plusieurs kilomètres lui firent comprendre qu'elles étaient le résultat de la sédimentation du fond des mers : il recule alors l'âge de six mille ans établi par les textes bibliques pour la création de la Terre, à plus de cent mille ans. Il va même jusqu'à l'établir à trois millions d'années, avant de revenir à un âge moins élevé. Il distingue ensuite plusieurs périodes, selon une évolution linéaire contre le « catastrophisme » de Cuvier, considérant le temps comme « grand ouvrier de la Nature » : la planète est d'abord un globe en fusion (première période), qui en se refroidissant forme des rides, le relief (deuxième période), puis les eaux recouvrent la quasi-totalité des terres (troisième période), et dans cet océan primitif, se forment les premiers animaux (quatrième période), d'après les coquillages retrouvés dans les montagnes des Alpes ; les volcans fissurent ensuite l'écorce terrestre, où s'engloutissent les eaux, et la vie se développe ainsi sur les terres émergées, partant du nord vers le sud (cinquième période) ; les continents se disloquent et deviennent tels qu'on les connaît aujourd'hui (sixième période) ; et enfin, l'homme apparaît (septième période). Buffon connaît l'existence d'espèces disparues : les mammouths, les rhinocéros d'Europe. Et si sa cosmogonie comporte bien des erreurs, il reste un des fondateurs de la géologie moderne, et certaines de ses suppositions ont inspiré des modèles actuels, comme la dérive des continents.
  • L'homme : Buffon place l'homme au cœur du règne animal, et même s'il convient qu'il ne faut pas s'arrêter à l'aspect extérieur, l'homme ayant une âme douée de raison qui le place au sommet de la création, il affirme que l'homme est semblable aux animaux par sa physiologie. Par son érudition, il fracasse bien des préjugés : il avance qu'il existe autant de variétés d'hommes noirs que d'hommes blancs et qu'il n'existe qu'une seule espèce humaine, et non plusieurs. Il imagine l'expérience consistant à envoyer au Danemark des familles du Sénégal sans leur permettre de se croiser avec les blancs ; selon lui, c'est par ce moyen qu'on pourrait savoir combien il faudrait de temps « pour réintégrer à cet égard la nature de l'homme » ; ce qui suggère clairement comme il l'écrit du reste que cette nature première est blanche33. Il en conclut que les variétés humaines sont issues d'une souche initiale qui s'est adaptée, selon les milieux qu'elles habitent.
  • Les animaux : c'est la plus grande partie de son œuvre, face aux quelques livres sur les minéraux et sur les végétaux qu'il n'a pas eu le temps de rédiger. Certes, il n'a pas pu voir toutes les espèces dont il parle, mais il dispose de comptes rendus de zoologistes et de voyageurs. Il développe pour chaque animal une fiche détaillée : description générale, illustration, description anatomique. Il lie en outre les espèces entre elles et remarque le lien entre organes et fonction : les carnivores ont des griffes et des dents tranchantes, les herbivores des sabots et des dents plates… Il use régulièrement de l'anatomie comparée, comparant le sabot d'un cheval et la main humaine. Il établit une hiérarchie dans les caractères qui rapprochent les animaux : le système nerveux prime sur le tube digestif. Il rapproche les espèces de différents continents, qui ont varié différemment. Bref il adopte une nouvelle manière de voir et d'étudier la zoologie. Et si sa volonté de ne pas classer les animaux selon leurs différents critères biologiques, mais selon une suite logique qui part de l'homme, entraîne un anthropomorphisme ombrageux, il reste un des précurseurs du transformisme34, avec sa théorie pessimiste de la dégénération, éloignée de l'évolution de Darwin : il pense que toutes les espèces actuelles sont issues du lot initial, et certaines ont ensuite dégénéré : par exemple, le cheval serait devenu âne. La dégénération n'est pas exactement identique à la dégénérescence en ceci qu'elle est réversible : si on replaçait l'animal dégénéré dans un environnement favorable, il reprendrait, au fil de plusieurs générations, son aspect normal. La dégénération n'atteindrait donc pas l'essence même de l'être vivant en question.

Rôle et portée de son œuvre

Surtout depuis son discours d'académicien, on s'accorde universellement à regarder les écrits de Buffon comme un modèle de style ; on reconnaît aussi qu'il a fidèlement décrit les mœurs et les traits caractéristiques des animaux, qu'il a fait faire à l'histoire naturelle des progrès, tant par son point de vue novateur que par la multitude de ses recherches, et qu'il a rendu d'immenses services en rassemblant une foule de matériaux épars, et en propageant en France le goût pour l'étude de la nature.

Buffon est un des premiers vulgarisateurs scientifiques et un vrai patron d'entreprise éditoriale à succès. Il écrit pour les femmes, ne veut jamais déplaire, préfère souvent le style et l'anecdote à la contribution scientifique solide : son entrain ? Son modèle ? Peut-être les discussions à bâtons rompus qu'il avait en se promenant dans ses forêts à Montbard, avec Jean Nadault, fin connaisseur de la nature et de ses « histoires ». Un grand amateur de Buffon, Sainte-Beuve, est sensible à cet art de la mise en scène : « Où étiez-vous, disait Dieu à Job, lorsque je jetais les fondements de la terre ? M. de Buffon semble nous dire sans s'émouvoir : J'étais là35 ! ».

Herault de Séchelles rapporte que Buffon lui aurait confié qu'il n'y avait que cinq vrais génies : Newton, Bacon, Leibniz, Montesquieu et… lui-même1!

Grand admirateur de Buffon, Honoré de Balzac le cite comme « un des plus beaux génies en histoire naturelle »36. Et il se réclame de lui pour illustrer le système scientifique qu'il a appliqué dans La Comédie humaine, à savoir la sociologie conçue sur le modèle de la zoologie : « Si Buffon a fait un magnifique ouvrage en essayant de représenter dans un livre l'ensemble de la zoologie, n'y avait-il pas une œuvre de ce genre à faire pour la société36? »

Mais, malgré son retentissement, et le rôle qu'elle joue dans la diffusion des connaissances scientifiques, l'œuvre souffre de plusieurs lacunes. Tout d'abord, Buffon n'est pas un systématicien, ce qui le conduit à présenter les groupes de façon rudimentaire. Il s'attarde notamment sur les espèces les plus connues, et ne mentionne guère les autres qu'au passage. On37 lui reproche d'avoir dédaigné, ou même proscrit, les classifications scientifiques, sans lesquelles il n'y a pourtant ni ordre ni clarté. Il n'est pas un observateur très fiable, ce qui le conduit à de nombreuses erreurs comme de confondre l'engoulevent et l'hirondelle (de nuit)38, ou prétendre que les martinets sont « eux aussi, de véritables hirondelles, et à bien des égards, plus hirondelles que les hirondelles elles-mêmes39 ». Buffon et ses collaborateurs copient les œuvres de leurs prédécesseurs, d'Aristote à Pline, de Belon à Gessner40. Certes, des informations nouvelles, venant souvent de correspondants lointains, leur fournissent des observations souvent inédites. Enfin, les auteurs privilégient des formulations propres à attirer un public de néophytes. Toujours afin de plaire, les espèces peu chéries sont ignorées et les sujets les plus propres à plaire sont préférés, comme les amours chez les oiseaux, dont le public était toujours friand.

On37 lui reproche aussi d'avoir avancé des hypothèses personnelles hasardeuses, et vite nébuleuses, notamment dans ses Époques de la nature : c'est ainsi qu'il suppose que la Terre a été détachée du Soleil par le choc d'une comète, qu'il explique la génération des êtres vivants par la superposition de molécules organiques et de moules intérieurs ; qu'il attribue aux animaux un sens intérieur matériel, hypothèse plus inintelligible encore que le mécanisme auquel Descartes avait recouru. Ceci faillit lui attirer une censure que le P. Legrand contribua à lui éviter, en contrepartie d'une rétractation de l'auteur.

En définitive, sa principale qualité a été de rendre populaire l'étude scientifique, un peu comme l'a fait, à la même époque, le Spectacle de la nature de l'abbé Pluche. Georges Cuvier, pour ne citer que lui, se passionnera pour l'histoire naturelle à la suite de la lecture de Buffon41,42,43.

Son Histoire naturelle fut aussi une source d'inspiration pour les peintres de la manufacture de Sèvres, donnant naissance à des services de porcelaine dits « Buffon ». Le nom des différentes espèces, fidèlement reproduites, est inscrit au revers de chaque pièce. Plusieurs « services Buffon » furent produits sous le règne de Louis XVI ; le premier fut destiné au comte d'Artois, en 1782.

Buffon a été encensé au XVIIIe siècle, mais les naturalistes du XIXe siècle critiquent fortement ses lacunes scientifiques. Il est progressivement réhabilité comme scientifique depuis le bicentenaire de sa mort et l'ouvrage de son biographe principal Jacques Roger en 198944,45.

Buffon et l'Église

Pour ses théories sur la formation de l'univers et sur l'évolution de la Terre et du vivant, Buffon a failli être condamné mais, il protesta de sa foi intacte et la Sorbonne finit par abandonner les poursuites en avril 1781, en contrepartie d'une vague promesse de contrition.

Prudent, ayant trop à perdre pour un homme toujours si bien en cour, Buffon préfère se rétracter plutôt que de solliciter l'appui de ses protecteurs dans un conflit qui aurait pu tourner en sa défaveur, dans lequel ses protecteurs auraient pu l'abandonner. Il s'inspira plutôt de sa formule, paraphrasant Ovide, puis Montaigne : la spécificité de l'homme est qu'il marche « la tête haute levée vers le ciel ».

Même Voltaire qui le respectait hautement ne partageait pas toutes ses opinions scientifiques sur ces sujets et avait fini par se chamailler avec lui. Condorcet eut à tourner l'éloge de Buffon ; il le fit de façon telle que « sans se déshonorer aux yeux des gens instruits », il réussisse « à ne pas trop déplaire aux admirateurs ».

L'aiguille de Buffon

L'aiguille de Buffon est une expérience de probabilité, qui permet de déterminer expérimentalement la valeur du nombre π, en lançant une aiguille sur un parquet : on dispose d'un réseau de lignes parallèles, séparées par une distance prise pour unité de longueur, et d'une aiguille dont la longueur est k < 1 ; si on laisse tomber l'aiguille sur le réseau, la probabilité qu'elle chevauche une ligne est 2k/π ; en répétant l'expérience un grand nombre de fois, le rapport entre le nombre de fois où l'aiguille chevauche une ligne et le nombre total de lancers se rapproche de ce quotient, et on peut en tirer une approximation de π. La méthode de Monte-Carlo est une généralisation de la méthode de l'aiguille de Buffon à n'importe quel procédé aléatoire.

Liste des œuvres

Le Cerf, illustration de Jacques de Sève pour l'Histoire naturelle, générale et particulière.
  • Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roy, comprenant :
    • De la manière d'étudier l'histoire naturelle, suivi de la Théorie de la Terre, 1749 ;
    • Histoire générale des animaux, 1749 ;
    • Histoire naturelle de l'homme, 1749 ;
    • Les quadrupèdes, 1753-1767 ;
    • Histoire naturelle des oiseaux, 1770-1783 ;
    • Histoire naturelle des minéraux, 1783-1788, contenant le Traité de l'aimant et de ses usages ;
    • Les suppléments, 1774-1789, dont les Époques de la nature [archive] (numérisation : Linda Hall Library), à partir de 1778 ;
  • Discours sur le style, discours prononcé à l'Académie française le jour de sa réception, le 25 août 1753.
  • Mémoires de mathématique et de physique, tirés des registres de l'Académie royale des sciences :
    • De la cause de l'excentricité des couches ligneuses qu'on aperçoit quand on coupe horizontalement le Tronc d'un Arbre ; de l'inégalité d'épaisseur, & du différent nombre de ces couches, tant dans le bois formé que dans l'aubier, 1737 ;
    • Des différents effets que produisent sur les Végétaux, les grandes gelées d'Hiver & les petites gelées du Printemp, 1737 ;
    • Moyen facile d'augmenter la solidité, la force et la durée du bois, 1738 ;
    • Mémoire sur la conservation et le rétablissement des forests, 1739 ;
    • Expériences sur la force du bois, 1740 ;
    • Expériences sur la force du bois, 1741 ;
    • Dissertation sur les couleurs accidentelles, 1743 ;
    • Mémoire sur la culture des forests, 1745 ;
    • Réflexions sur la loi de l'attraction, 1745 ;
    • Addition au mémoire qui a pour titre : Réflexions sur la Loi de l'Attraction, 1745 ;
    • Seconde Addition au Mémoire qui a pour titre : Réflexions sur la Loi de l'Attraction, 1745 ;
    • Invention des miroirs ardens, pour brusler à une grande distance, 1747 ;
    • Découverte de la liqueur séminale dans les femelles vivipares et du réservoir qui la contient, 1748 ;
    • Nouvelle invention de miroirs ardens, 1748 ;
    • La cité des ténèbres, 1736.
  • Traductions :
    • Stephan Hales, La Statique des végétaux, 1735 ;
    • Isaac Newton, La Méthode des fluxions et des suites infinies, 1740 ;
    • La méthode du cerveau (de Bourbong Gilles).

Œuvres en ligne

  • Buffon et l'histoire naturelle : l'édition en ligne [archive], site édité par Pietro Corsi (université d'Oxford) et Thierry Hoquet (université Paris-X) et réalisé par le Centre de recherche en histoire des sciences et des techniques (CNRS/Cité des sciences et de l'industrie) contenant : l'intégralité de l'Histoire naturelle de Buffon au format texte (possibilité de se faire des extraits en PDF), la correspondance de Buffon, plusieurs études sur Buffon, une chronologie de la vie de Buffon, ses citations célèbres, etc.
  • Ouvrages de Buffon [archive] numérisés par le SCD de l'université de Strasbourg ;
  • Textes et illustrations de l'Histoire Naturelle [archive], BNF.
  • Œuvres complètes de Buffon annotées par M. Flourens sur IRIS [archive]

Bibliographie et sources

Film télé
  • Philippe Tourancheau, Buffon, le penseur de la nature, 2007.
Ouvrages cités dans le texte
  • Sainte-Beuve, Causeries sur Buffon.
Éditions récentes de Buffon
  • Œuvres complètes:
  1. Volume 1. Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roy. Tome I (1749). Texte établi, introduit et annoté par Stéphane Schmitt avec la collaboration de Cédric Crémière, Paris : Honoré Champion, 2007. 1376 p., rel. (ISBN 978-2-7453-1601-1)
  2. Volume 2. Histoire naturelle, générale et particulière avec la participation du Cabinet du Roy. Tome II. Texte établi, introduit et annoté par Stéphane Schmitt, avec la collaboration de Cédric Crémière, Paris : Honoré Champion, 2008. (ISBN 978-2-7453-1729-2)
  3. Volume 3. Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roy. Texte établi, introduit et annoté par Stéphane Schmitt avec la collaboration de Cédric Crémière. Tome III (1749), Paris : Honoré Champion, 2009. 1 vol., 776 p., relié, 14 × 22 cm. (ISBN 978-2-7453-1730-8)
  4. Volume 4. Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roi. Texte établi, introduit et annoté par Stéphane Schmitt avec la collaboration de Cédric Crémière. Tome IV (1753), Paris : Honoré Champion, 2010. 1 vol., 864 p., relié, 14 × 22 cm. (ISBN 978-2-7453-1928-9)
  5. Volume 5. Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roi. Texte établi, introduit et annoté par Stéphane Schmitt avec la collaboration de Cédric Crémière. Tome V (1755), Paris : Honoré Champion, 2010. 1 vol., 536 p., relié, 14 × 22 cm. (ISBN 978-2-7453-2057-5)
  6. Volume 6. Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roi. Texte établi, introduit et annoté par Stéphane Schmitt avec la collaboration de Cédric Crémière. Tome VI (1756), Paris : Honoré Champion, 2011. 1 vol., 504 p., relié, 14 × 22 cm. (ISBN 978-2-7453-2150-3)
  7. Volume 7. Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roi. Texte établi, introduit et annoté par Stéphane Schmitt avec la collaboration de Cédric Crémière. Tome VII (1758), Paris : Honoré Champion, 2011. 1 vol., 544 p., relié, 14 × 22 cm. (ISBN 978-2-7453-2239-5)
  8. Volume 8. Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roi. Texte établi, introduit et annoté par Stéphane Schmitt avec la collaboration de Cédric Crémière. Tome VIII (1760), Paris : Honoré Champion, 2014. 1 vol., 640 p., relié, 14 × 22 cm. (ISBN 978-2-7453-2615-7)
  9. Volume 9. Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roi. Texte établi, introduit et annoté par Stéphane Schmitt avec la collaboration de Cédric Crémière. Tome IX (1761), Paris : Honoré Champion, 2016. 1 vol., 720 p., relié, 14 × 22 cm. (ISBN 978-2-7453-2994-3)

 

  • Œuvres préface de Michel Delon, choix des textes, introduction et notes de Stéphane Schmitt, éditions Gallimard, La Pléiade, 2007 ;
  • Œuvres philosophiques texte établi et présenté par Jean Piveteau, PUF, 1954 ;
  • Histoire naturelle textes choisis et commentés par Jean Varloot, Gallimard, Folio Classiques, 1984 ;
Biographies
  • Yves Zarka, Buffon, le naturaliste philosophe, (avec la collaboration de Marie-France Germain), éditions Chemins de tr@verse, 2014.
  • Pierre Gascar, Buffon, Paris, Gallimard, 1983, 267 p. (ISBN 2-07-070007-0) ;
  • Ouvrage collectif, Buffon, introduction de Roger Heim avec des textes de Léon Bertin, Franck Bourdier, Edouard Dechambre, Yves François, E.Genet Varcin, Georges Heilbrun, Roger Pelseneer, Jean Piveteau, Publications Françaises, Paris, 1952 : 244 p.
  • Ouvrage collectif, Buffon : 1788-1988, introduction de Jean Dorst avec des textes de Paul-Marie Grinevald, Yves Laissus, Bernard Rignault, Serge Benoît, et al., Imprimerie nationale, Paris, 1988 : 293 p. (ISBN 2-11-080933-7) ;
  • Jacques Roger, Buffon : un philosophe au Jardin du Roi, Paris, éditions Fayard, 1989, 645 p. (ISBN 2-213-02265-8) ;
  • Yann Gaillard, Buffon, biographie imaginaire et réelle, suivie de Voyage à Montbard par Hérault de Séchelles, préface d'Edgar Faure, Paris, Hermann, 1977, 173 p. (ISBN 2705658726) ;
  • Gilbert Joseph, Buffon : Le sacre de la nature, Paris, Éditions Perrin, 2011, 546 p. (ISBN 978-2-2860-7626-9) ;
  • Buffon, la nature en majesté, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard, Sciences et Techniques » (no 504), 2007 (ISBN 978-2-07-034317-1) ;
  • Des manuscrits de Buffon, avec des facsimile de Buffon et de ses collaborateurs [1] [archive] de Pierre Flourens, Georges Louis Leclerc Buffon, Garnier, 1860 ;
  • Correspondance, publiée par son arrière-petit-neveu Henri Nadault de Buffon, 1860 ;
  • Flourens, L'Histoire de sa vie et de ses ouvrages ;
  • Henri Nadault de Buffon, Buffon, sa famille et ses collaborateurs, 1863 ;
  • Jean-Marie Pelt, « Monsieur de Buffon au cabinet du Roi » dans La Cannelle et le panda : les grands naturalistes explorateurs autour du Monde, éd. Fayard 1999 (ISBN 978-2213-60466-4)
Autres références
  • Pierre Flourens, « Chefs-d’œuvre littéraires de Buffon » [archive], in Chefs-d’œuvre littéraires de Buffon, t. 2, 1864
  • Philippe Sollers, « L’arche de Buffon [archive] », Le Nouvel Observateur, 1er mars 2007
  • Buffon à l'encyclopédie de l'Agora [archive] ;
Critiques
  • Michel Foucault, Les Mots et les choses, vol. I, II, IV, Paris, Gallimard, 1966, p. 54-55
    et I, V (« Classer »), p. 137-176
  • Thierry Hoquet, Buffon illustré : les gravures de l'Histoire naturelle (1749-1767), Paris, Muséum national d'Histoire naturelle, 2007, 816 p. (ISBN 978-2-85653-601-8) ;
  • Les Époques de la nature, introduction et commentaires de Jacques Roger, éditions du Muséum national d'Histoire naturelle (1984).

Sources partielles

  • G. L. Leclerc, comte de Buffon, Lettre à Faujas de Saint-Fond, 1er août 1783 [archive]
  • H. de Buffon, Revue Archéologique, vol. 12 [1], avril-septembre 1855, A. Leleux, Paris, 1855 p. 521-534.
  • R. Dujarric de la Rivière, Buffon, sa vie, ses œuvres : Pages choisies, Éditions J. Peyronnet et Cie, Paris, 1971.
  • Marie Jean Hérault de Seychelles, Voyage à Monbard, 1785 (consultable sur abu.cnam.fr).

Notes et références

  1. a, b, c, d et e Jean-Marie Pelt, « Monsieur de Buffon au cabinet du Roi », dans La Cannelle et le panda : les grands naturalistes explorateurs autour du Monde, éd. Fayard 1999 (ISBN 978-2213-60466-4).
  2. Le Pline de Montbar, Condillac, Montesquieu,
    Me font connaître l'Homme, & la Nature, & Dieu.

    — Claude-Marie Guyétand, Le Génie vengé – Poème, 1780, p. 12 [archive].
  3. Claudia Salvi, Le grand livre des animaux de Buffon, Renaissance Du Livre, 2002, p. 9.
  4. a, b et c Buffon, préface de Roger Heim, 1952.
  5. http://memim.com/georges-louis-leclerc-comte-de-buffon.html [archive].
  6. Lesley Hanks, Buffon avant l'Histoire naturelle, Presses Universitaires de France, 1966, p. 18.
  7. « Buffon Georges Louis Leclerc, comte de » [archive], sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS).
  8. Le jeu de « franc-carreau » [archive], site du projet MathémaTICE.
  9. Claudia Salvi, op. cit., p. 12.
  10. Philippe Jaussaud et Edouard Raoul Brygoo, Du Jardin au Muséum en 516 biographies, Muséum national d'histoire naturelle, 2004, p. 115.
  11. Le « clos Patouillet » est une ancienne propriété de Buffon : Association de prévoyance et de secours mutuels des médecins du département du Nord, Annuaire 1976 - 1977, p. 662 [archive].
  12. Thierry Hoquet, Buffon/Linné : Éternels rivaux de la biologie ?, Dunod, coll. « Quai des sciences », Paris, 2007 (ISBN 978-2-10-050718-4).
  13. Joseph 2011, p. 168-169 et 398-400.
  14. Discours prononcé à l'Académie Françoise, par M. de Buffon, le jour de sa réception [archive].
  15. Selon son secrétaire Humbert-Bazile, dans ses mémoires intitulés Buffon. Sa famille, ses collaborateurs et ses familiers., Paris, 1863.
  16. Joseph 2011, p. 498-499.
  17. Joseph 2011, p. 480.
  18. Correspondance de Buffon, édition électronique, CNRS.fr. [archive] Annotation scientifique à la Lettre L47 adressée à Guéneau de Montbeillard le lundi 18 septembre 1752.
  19. Thierry Hoquet, Buffon-Linné, Dunod, 2007, p. 24.
  20. Le philosophe lui rendra hommage en venant s'agenouiller à Montbard au seuil de son cabinet de travail, qui devient un lieu de pèlerinage à sa mort.
  21. Hérault de Séchelles, Voyage à Montbard, 1785, [lire en ligne [archive]].
  22. Henri-Paul Touzet, « Un pamphlet peu connu contre Buffon et Daubenton », Bulletin de la Société d'histoire de la pharmacie, vol. 13, no 45,‎ 1925, p. 26-32.
  23. Légende pas entièrement fausse comme le montre l'inventaire après décès de ses biens comportant de nombreuses manchettes.
  24. Allocution de Chevreul [archive], sur Google livres.
  25. Déplacée en 2007, la statue se trouve maintenant devant la gare, sur la place Henri Vincenot.
  26. En ligne sur Commons.
  27. Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, Cours de l'Histoire naturelle des Mammifères, 1829, p. 23 [archive].
  28. « Préface du traducteur », in La Statique des Végétaux et l'Analyse de l'Air : Expériences nouvelles lûes à la Société royale de Londres, Debure, Paris, 1735, p. iii–viii.
  29. Florian Reynaud, Les Bêtes à cornes (ou l'élevage bovin) dans la littérature agronomique de 1700 à 1850, Caen, thèse de doctorat en histoire, 2009, annexe 2 (11. 1749) et catalogue BN-Opale Plus de la BnF.
  30. Georges Cuvier, « Buffon (Georges-Louis Leclerc, si connu sous le nom de comte de) », in Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes, 2e éd., 1843-1865 [détail de l’édition], p. 117-121 [archive].
  31. Pierre Larousse, « Buffon (Georges-Louis Leclerc, comte de) », in Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, t. deuxième, Paris, 1867, p. 1391-1392.
  32. Pierre Larousse, « Histoire naturelle générale et particulière », in Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, tome neuvième, Paris, 1873, p. 311.
  33. Yves Zarka, Buffon, le naturaliste philosophe, (avec la collaboration de Marie-France Germain), éditions Chemins de tr@verse, 2014.
  34. Franck Bourdier, « Trois siècles d'hypothèses sur l'origine et la transformation des êtres vivants (1550-1859) [archive] », Revue d'histoire des sciences et de leurs applications, 1960, tome 13, no 1 (Lamarck et Darwin. À l'occasion du Centenaire de L'Origine des espèces), p. 1-44.
  35. Sainte-Beuve.
  36. a et b Avant-propos de La Comédie humaine, Bibliothèque de la Pléiade, 1976, t. I (ISBN 2070108511), p. 7.
  37. a et b Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d'histoire et de géographie, t. 2, 1842, p. 276.
  38. « Les Hirondelles », in Œuvres complètes de Buffon.
  39. « Le Martinet Noir », in Œuvres complètes de Buffon.
  40. « Ornithologie », in Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers de Diderot.
  41. Mémoires du Baron Georges Cuvier publiés en français par Théodore Lacordaire, R. Fournier libraire, Paris, 1833, p. 13-14.
  42. Georges Cuvier, « Mémoires pour servir à qui fera mon éloge », écrits en 1822-1823, in L.-F. Jéhan, Dictionnaire historique des Sciences physiques et naturelles, J.-P. Migne éditeur, Paris, 1857, p. 401-402.
  43. E. T. Bell, au XXe siècle, jouera un rôle semblable, par rapport aux mathématiques, et encourra des reproches semblables.
  44. Roger 1989.
  45. Yves Laissus, Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 21 avril 2011.

Annexes

Mémoire

  • Félix Vicq d'Azyr, Nicolas de Condorcet, Georges Cuvier ont écrit son Éloge
  • Rue Buffon dans le cinquième arrondissement de Paris ;
  • Lycée Buffon dans le quinzième arrondissement de Paris.
  • Buffon a sa statue parmi les Hommes illustres du Louvre et un buste qui flanque la galerie de la paléontologie du muséum national d'histoire naturelle, rue Buffon.

Articles connexes

Projet pour l'organisation de la commémoration du tricentenaire de la naissance de Buffon

Liens externes

 

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20 novembre 2017

de Coigny Aimée

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Aimée de Coigny

 

Aimée de Coigny

Aimée_de_Coigny

Aimée de Coigny, comtesse de Montrond, en 1797 (d'après Wertmuller).

Biographie
Naissance
12 octobre 1769
Paris
Décès
17 janvier 1820 (à 50 ans)
Paris
Sépulture
Cimetière du Père-Lachaise

Anne-Françoise-Aimée de Franquetot de Coigny, duchesse de Fleury puis comtesse de Montrond, née le 12 octobre 1769 à Paris (paroisse saint Roch) et décédée le 17 janvier 1820 à Paris, est une femme du monde et salonnière française.

Muse d’André Chénier qui l’immortalisa sous le nom de La Jeune Captive, elle laisse un remarquable journal.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 La jeune orpheline
    • 1.2 La Révolution
    • 1.3 La jeune captive
    • 1.4 La Merveilleuse
    • 1.5 L'Empire
    • 1.6 La Restauration
  • 2 Œuvre
  • 3 Citations
  • 4 Notes et références
  • 5 Voir aussi
    • 5.1 Bibliographie
    • 5.2 Liens externes

Biographie

La jeune orpheline

Fille de Gabriel-Augustin de Franquetot de Coigny (né le 23 août 1740) et de Anne-Josèphe-Michel de Roissy, Aimée de Franquetot de Coigny perd sa mère très jeune le 23 octobre 1775 et est élevée avec soin par la princesse de Rohan-Guéménée (qui est bientôt nommée Gouvernante des enfants royaux avant d'être disgraciée à la suite de la formidable banqueroute de son mari).

Elle a de remarquables dispositions pour les langues et les études : la qualité de sa réflexion dans les écrits qu’elle a laissés, l’attachement que lui témoigne l’exigeant prince de Talleyrand, permettent d’assurer que, pour une femme de son époque, elle a une remarquable culture historique, politique et diplomatique.

Suivant les usages de son milieu et de son époque, elle est à peine âgée de seize ans quand on la marie en 1785 au marquis de Fleury, qui en a 18. Cette union brillante lui permet d'être admise aux « honneurs de la Cour ».

Pétillante d’esprit et de charme, elle se fait remarquer par sa beauté et son esprit dans la société brillante des salons et celle un brin futile de la cour de Versailles où elle est présentée. Les hommes, paraît-il, ne résistent pas à son charme. Elle a ainsi des aventures extra-conjugales, ce qui n'est plus chose rare à la Cour de France, à une époque que l'on pourrait qualifier de libertine et dont Choderlos de Laclos a révélé certains aspects dans les Liaisons dangereuses1.

La Révolution

Émigrée à Naples où elle passe l’hiver 1791-92 à la cour de la reine Marie-Caroline, sœur de la reine de France Marie-Antoinette, elle y rencontre la peintre Élisabeth Vigée Le Brun mais surtout le diplomate anglais Malmesbury dont — selon la marquise de Coigny — elle aurait eu un enfant.

Revenue à Paris, la duchesse de Fleury obtient une séparation légale d’avec son mari, très impliqué dans les complots contre-révolutionnaires et émigré.

À nouveau inquiétée après la journée du 10 août 1792, elle embarque pour l’Angleterre avec le comte de Montrond, un ami de son mari, et Talleyrand, qui demeura l’ami de toute sa vie.

Redoutant le séquestre qui menace ses biens, elle repasse la frontière au moment du procès de Louis XVI, accompagnée du fidèle Montrond. Pour éviter de tomber sous le coup de la loi sur les parents d’émigrés, elle fait enregistrer son divorce d’avec le duc de Fleury le 7 mai 1793 et reprend son nom de Coigny. À la veille de la loi des suspects, elle entraîne Montrond à Mareuil-en-Brie, où ils vivent quelques mois avant d’être arrêtés.

La jeune captive

Incarcérés à la prison Saint-Lazare, ils apprennent que leurs noms ont été placés sur une liste de proscription, avec le risque d’avoir à répondre d’une accusation (fallacieuse) de conspiration dans les prisons, ce qui est la mort assurée. Grâce à un indicateur de prison, le citoyen Jobert et moyennant la somme de cent louis, ils obtiennent que leurs noms soient enlevés de cette liste2.

À Saint-Lazare, la jeune femme est distinguée par André Chénier qui la célèbre dans son poème La Jeune Captive, qui reste un très touchant hymne à la vie. Chénier est exécuté, Aimée et Casimir de Montrond sont sauvés par la chute de Robespierre.

La Merveilleuse

Article connexe : Incroyables et Merveilleuses.

Elle reprend sa place dans la société et fréquente les salons du Directoire. On la voit chez Julie Talma et Sophie de Condorcet, chez Laure Guesnon de Bonneuil, épouse de Regnaud de Saint-Jean d’Angély et Nathalie de Laborde, épouse du duc de Mouchy. Elle se lie particulièrement avec le nouveau ministre des Relations extérieures, Talleyrand, divorce d’avec Montrond qu'elle avait épousé et entame une liaison avec Mailla Garat.

L'Empire

Elle est brillante, caustique et sans préjugés, assez critique avec la nouvelle société des enrichis napoléoniens. Pour le plaisir d’un bon mot, rien ni personne ne semble pouvoir l’arrêter. Quand Napoléon lui demande en public : « Madame de Coigny, aimez-vous toujours autant les hommes ? » Elle répond : « Oui, sire, surtout lorsqu’ils sont bien élevés ».

À l’instar de la baronne de Staël, de la comtesse de Damas ou de la marquise de Champcenetz, elle conspire contre l’empereur, sa bête noire. Jusqu’à la disgrâce de Talleyrand, elle semble ne rien redouter mais, dès la rupture de la paix d'Amiens, son nom apparaît sur des listes de dames menacées d’être exilées à des kilomètres de Paris.

Devenue très proche des milieux royalistes — dont elle ne s’est jamais véritablement éloignée — elle se lie avec Bruno de Boisgelin3 qui, avec Talleyrand, prépare en sous-main le retour des Bourbons.

La Restauration

Tombe au cimetière du Père-Lachaise.

Sous la Restauration, elle renoue avec l’usage des salons et reçoit place Beauvau une société d’hommes politiques, d’intellectuels et d’artistes. Le baron de Vitrolles parle d’elle avec éloges dans ses Mémoires.

Elle meurt à cinquante ans, le 17 janvier 1820 dans l’hôtel de sa parente la marquise de Coigny, une ancienne libertine devenue bigote, laissant à la postérité un remarquable journal, qui ne manque ni de piquant, ni d’observations justes et pertinentes sur les événements de son temps.

Elle repose au cimetière du Père-Lachaise (10e division), en compagnie de son oncle le duc François-Henri de Franquetot de Coigny, (1737-1816), ancien gouverneur des Invalides, lieutenant-général des armées du roi, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, qui fit partie de la coterie de Marie-Antoinette à Versailles, de Antoinette Bouret (1740-1813), veuve de l'officier général Jean Pierre Philippe de Franquetot de Coigny, et de Augustin Gabriel de Franquetot de Coigny, décédé en 1817, lieutenant général, commandeur des ordres du roi4.

Œuvre

  • Journal d'Aimée de Coigny, la jeune captive, présenté par André-Marc Grangé, Paris, Librairie académique Perrin, 1981.

Citations

  • Danton était la vie même, faisait exhumer le cadavre de sa femme pour la serrer encore dans ses bras.
  • L’État, c’est la providence des gens sans état.
  • Louis XVI aima une femme un peu trop, et malheureusement la sienne.
  • M. de Robespierre aimait peut-être le peuple, l’humanité, etc. mais guère les hommes et pas du tout les femmes.
  • M. de Talleyrand n’est devenu si riche que pour avoir toujours vendu ceux qui l’achetaient.
  • Nos généraux vaincus ne se tuent pas, ils écrivent.
  • Tous les Français aiment la France, c’est vrai, mais jamais la même.

Notes et références

  1. Choderlos de Laclos ne s’inspira pas de sa vie tumultueuse, comme on le croit parfois, pour créer le personnage de la marquise de Merteuil dans les Liaisons dangereuses, mais de la personnalité complexe de la marquise de Coigny, sa cousine, l’amie du duc de Lauzun, futur général de Biron.
  2. Les débuts d'une grande paroisse, Saint Vincent de Paul Montholon, Henri Doisy, 1942
  3. Bruno-Gabriel-Charles de Boisgelin (1767-1831), ancien capitaine de cavalerie devenu pair de France en 1815.
  4. L.J. Arrigon, "La jeune captive, Aimée de Coigny, duchesse de Fleury, et la société de son temps (176-1820), Librairie Alphonse Lemerre, Paris, 1921, consultable http://www.archive.org/stream/lajeunecaptiveai00arriuoft#page/334/mode/2up/search/1820 [archive]
  • Revue des deux mondes, avril 1902, Étienne Lamy, Aimée de Coigny et ses Mémoires.

Voir aussi

Bibliographie

  • Monique de Huertas, Aimée de Coigny (collection « Les grandes dames de l'histoire »), Paris, Pygmalion, 2001, 251 p. (ISBN 978-2857047155)
  • Domenico Gabrielli, Dictionnaire historique du cimetière du Père-Lachaise XVIIIe et XIXe siècles, Paris, éd. de l'Amateur, 2002, 334 p. (ISBN 978-2-85917-346-3, OCLC 49647223, notice BnF no FRBNF38808177)

Liens externes

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19 novembre 2017

Paine Thomas

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Thomas Paine

 
Thomas Paine

220px-Thomas_Paine_rev1

Naissance 29 janvier 1737
Thetford, Grande-Bretagne
Décès 8 juin 1809
New York, États-Unis
Nationalité Britannique
Américaine
Française

Compléments

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Thomas Paine, né le 29 janvier 1737 à Thetford en Grande-Bretagne et mort le 8 juin 1809 à New York aux États-Unis, est un intellectuel, pamphlétaire, révolutionnaire britannique, américain et français. Il est connu pour son engagement durant la révolution américaine en faveur de l'indépendance des treize colonies britanniques en Amérique du Nord. Il a exposé ses positions dans un célèbre pamphlet intitulé Le Sens commun, publié quelques mois avant la signature de la Déclaration d’indépendance américaine en 1776.

Ses écrits, parmi lesquels figure Rights of Man (1791), ont également exercé une grande influence sur les acteurs de la Révolution française : il est élu député à l’assemblée nationale en 1792. Considéré par les Montagnards comme un allié des Girondins, il est progressivement mis à l’écart, notamment par Robespierre, puis emprisonné en décembre 1793.

Après la Terreur, il est relâché et connaît un certain succès grâce à son livre Le Siècle de la raison (The Age of Reason, 1793-1794) qui analyse le christianisme et milite en faveur du déisme. Dans Agrarian Justice (1795)1, il analyse les origines du droit de propriété et introduit le concept de Revenu de base, proche du revenu minimum.

Thomas Paine resta en France jusqu’en 1802, période pendant laquelle il critique l’ascension de Napoléon Bonaparte, qualifiant le Premier Consul de « charlatan le plus parfait qui eût jamais existé »2. Sur l’invitation du président Thomas Jefferson, il revient aux États-Unis où il meurt en 1809 à 72 ans.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Débuts en Grande-Bretagne
    • 1.2 En Amérique
    • 1.3 Retour en Grande-Bretagne
    • 1.4 En France
    • 1.5 Retour aux États-Unis
  • 2 Œuvres et pensée
  • 3 Hommages et postérité
  • 4 Notes et références
  • 5 Annexes
    • 5.1 Articles connexes
    • 5.2 Bibliographie
      • 5.2.1 En français
      • 5.2.2 En anglais
    • 5.3 Liens externes

Biographie

Débuts en Grande-Bretagne

Maison de Thomas Paine à Lewes.
Statue de Thomas Paine à Thetford (Norfolk).

Thomas Paine est né en 1737 à Thetford, une bourgade du Norfolk en Angleterre. Son père, Joseph Paine, est quaker et sa mère, Frances Cocke Paine, anglicane. Il grandit dans un milieu rural modeste3 et quitte l'école à l'âge de douze ans. Sa formation intellectuelle est donc celle d'un autodidacte. Il devient alors apprenti auprès de son père. Il travaille quelque temps comme marchand, puis ouvre une boutique de corsets à Sandwich dans le Kent. Il épouse Mary Lambert le 27 septembre 1759 et son commerce fait faillite peu de temps après. Son épouse meurt alors qu'elle est enceinte. Il exerce ensuite plusieurs métiers et déménage souvent (Thetford, Gantham, Alford, Diss, Kensington, Moorfields, Grampound).

En 1767, il exerce la profession de maître d’école à Londres. En 1768, il se fixe à Lewes dans un hôtel du XVe siècle. Le 26 mars 1771, il épouse, à l’âge de 34 ans, Elizabeth Ollive, la fille de son propriétaire. En 1772, il publie son premier écrit politique The Case of the Officers of Excise, un pamphlet de 21 pages qu’il distribue aux membres du Parlement. Endetté, séparé de son épouse, il rencontre à Londres en septembre 1774 Benjamin Franklin qui le convainc de partir pour les Treize colonies et lui écrit une lettre de recommandation. Il quitte l’Angleterre en octobre et attrape le typhus pendant la traversée de l’Atlantique.

En Amérique

Le Sens commun

Grâce à la lettre de recommandation de Franklin, le libraire Robert Aitken l'engage pour collaborer au lancement du Pennsylvania Magazine4, journal dont il devient ensuite le rédacteur en chef. Le 30 novembre 1774, il prend parti pour les insurgents américains. Son pamphlet Common Sense (publié anonymement en janvier 1776) remporte un vif succès (environ 500 000 exemplaires en Amérique et en Europe5). Il s’agit d’un plaidoyer en faveur de la rupture avec la Grande-Bretagne et l’établissement d’une République. Il aurait inspiré George Washington, Benjamin Rush et John Adams. Aucun autre pamphlet de cette époque ne souleva autant d’enthousiasme parmi les patriotes et d’opposition de la part des loyalistes6, notamment par James Chalmers. Le Sens commun est souvent considéré comme l’un des déclencheurs de la révolution américaine3. Sa forme simple et son style concis et clair en ont fait une arme efficace de propagande7. Thomas Paine pense que la révolution américaine aboutira à « la naissance d’un monde nouveau3. » Il voit dans le gouvernement un mal nécessaire destiné à brider les vices humains. Mais pour un peuple vertueux comme est le peuple américain, des institutions peu importantes doivent suffire. Il pense que des institutions trop sophistiquées entraveraient la réalisation du bien public8.

En avril 1776, il quitte la direction du magazine pour se consacrer à répondre aux critiques contre le Common Sense. Il envoie quatre lettres aux journaux de Philadelphie sous le pseudonyme de Le Forestier. Dans la troisième publiée par le Pennsylvania Packet le 22 avril 1776, il montre aux Américains tous les avantages d'être indépendants. L'indépendance procurera le bonheur aux Américains car « c'est une feuille blanche à remplir9. » Les Américains sont pour lui un peuple libre et vertueux qui peut s'affranchir du passé. L'idée d'indépendance devient le moyen d'accéder à une vie fondée sur la vertu, idéal suprême de bien des patriotes9.

Dans The American Crisis (1776-1783), une série de pamphlets dans le prolongement du Sens commun, Thomas Paine encourageait les Américains à résister et à continuer la guerre contre la monarchie anglaise. Le commandant de l’Armée continentale, George Washington, ordonna la lecture de ces pamphlets aux soldats pour leur donner du courage10. Thomas Paine assura quelque temps la charge de Secrétaire de la Commission des Affaires étrangères aux États-Unis3 ; il fut démis de cette fonction parce qu’il avait évoqué les négociations secrètes avec la France dans l’un de ses pamphlets. Cependant, il accompagna John Laurens pendant sa mission en France en 1781. En récompense de ses services, l’État de New York donna à Thomas Paine un domaine à New Rochelle, New York. Il fut également rétribué par la Pennsylvanie et le Congrès américain.

Retour en Grande-Bretagne

Revenu en Grande-Bretagne en 1787, il salue avec enthousiasme la Révolution française et, en réplique aux attaques d’Edmund Burke contre celle-ci dans Réflexions sur la Révolution de France, il achève Rights of Man le 29 janvier 1791 (publié en 1791-1792), dans lequel il critique la monarchie britannique et propose une réforme de l’impôt. Il est condamné en 1792 et contraint de s’exiler en France3.

En France

Il s’enthousiasme pour la Révolution française et s’engage en faveur de la République. Thomas Paine est proclamé citoyen français11 le 26 août 1792 et élu député du Pas-de-Calais à la Convention le 6 septembre 17923. Lors du procès de Louis XVI (janvier 1793), il ne vote pas la mort, proposant qu’il soit exilé aux États-Unis, pour deux raisons : Louis XVI a aidé les Insurgents pendant la guerre d’indépendance ; lui-même est opposé à la peine de mort.

Proche des Girondins, d’origine anglaise, alors que l'Angleterre est en guerre contre la France, il est victime de la Terreur ; il est incarcéré le 28 décembre 17933 ; durant son séjour en prison, il achève la rédaction du Siècle de la raison, livre dans lequel il exprime sa profession de foi déiste. Il se défend d’être Anglais et en appelle à l’ambassadeur américain Gouverneur Morris, qui ne fait cependant rien pour le faire libérer. Par la suite, Thomas Paine reprochera aussi à George Washington de ne pas être intervenu en sa faveur. Il échappe malgré tout à l'échafaud et est libéré en octobre 1794, après la chute de Robespierre.

En juillet 1795, Thomas Paine est réadmis à la Convention et participe donc aux débats sur la nouvelle Constitution, à l'origine du Directoire ; il est le seul député à s'élever contre le conservatisme du texte, notamment sur la question de la création d'une citoyenneté très restrictive12.

Lors de l'arrivée au pouvoir de Napoléon Bonaparte en 1799, il espère que celui-ci va diffuser les idéaux révolutionnaires en Europe, notamment dans son pays natal3. Mais il déchante en constatant que le Premier Consul établit un régime autoritaire.

Paine demeure en France jusqu'à la signature avec l’Angleterre de la Paix d'Amiens (25 mars 1802), ce qui lui permet de quitter la France pour rejoindre les États-Unis, à l’invitation de Thomas Jefferson.

Retour aux États-Unis

Monument à Thomas Paine, à New Rochelle.

En 1802, Thomas Paine débarque dans un pays agité par les conflits politiques entre Fédéralistes et Républicains, et dans un contexte de Grand Réveil religieux (Second Great Awakening). Il est attaqué par les Fédéralistes qui lui reprochent sa participation à la Révolution française et son amitié avec Thomas Jefferson. Les religieux condamnent les thèses qu’il a développées dans le Siècle de la Raison. En 1804, il collabore à un journal déiste publié à New-York3. Progressivement isolé, accusé d’athéisme et de radicalisme, Thomas Paine meurt seul dans la pauvreté3, à l’âge de 72 ans, le 8 juin 1809 à Greenwich Village (New York). Le bâtiment n’existe plus, mais une plaque rappelle que Thomas Paine est mort au 59 Grove Street. Seules six personnes assistèrent à ses funérailles, dont deux Noirs affranchis. Quelques années plus tard, William Cobbett déterra ses restes et les envoya en Angleterre. Mais ils ne trouvèrent jamais de sépulture et restèrent en possession de Cobbett pendant une vingtaine d’années. On ne sait pas exactement où se trouve sa dépouille aujourd’hui.

Une chanson écrite par Bob Dylan en 1967, intitulée "As I Went Out One Morning" et parue dans l'album John Wesley Harding, fait référence à "Tom" Paine.

Œuvres et pensée

  • « Le passage du temps fait plus de convertis que la raison. » ( The Common Sense, janvier 1776)
  • Common Sense (Le sens commun, 1776) : exhorte les colons américains à se révolter et à instaurer une République.
  • The American Crisis : 13 textes publiés entre 1776 et 1783 qui complètent le Sens commun3. Grand succès.
  • Rights of Man (Les droits de l’homme, 1791-1792) : réponse à Edmund Burke (Réflexions sur la Révolution française, 1790) ; critique le régime anglais.
  • The Age of Reason (Le Siècle de la raison, publié en 1794-1795) : pamphlet contre le christianisme, appel à la révolution religieuse, tolérance et profession de foi déiste.
  • Dissertation sur les premiers principes de gouvernement (1795) : pour le suffrage universel.
  • Agrarian Justice (Justice agraire, publié en 17973) prône un revenu minimum et une forme de communisme3.
  • Lettres aux citoyens américains (1802 ?).

Il est aussi connu pour ses travaux relatifs à la franc-maçonnerie13 et sa correspondance (lettres à Jefferson dont il était l’ami3, lettre à George Washington).

La pensée de Thomas Paine a peut-être été influencée par le quakerisme de son père14. Thomas Paine a participé à la promotion des droits de l'homme à travers l'organisation de gouvernements nouveaux, ce qui le situe dans la philosophie des Lumières3,15. Favorable à la République, au suffrage universel et au droit de vote, il réfléchit également à la rénovation de la religion et de la société. Il proposa des réformes considérées comme radicales à l’époque comme un revenu minimum et un système d’éducation gratuit. Il était contre la traite et l’esclavage, mais n’a pas critiqué les lacunes de la Constitution américaine sur ce thème3. Il a écrit un article intitulé « African Slavery in America » publié le 8 mars 1775 dans le Postscript to the Pennsylvania Journal and Weekly Advertiser16.

Hommages et postérité

La maison de Thomas Paine à New Rochelle.

Abraham Lincoln a lu avec intérêt ses écrits. Thomas Edison le réhabilita comme inventeur.

Thomas Paine est aujourd’hui considéré comme l'un des pères fondateurs des États-Unis. Le philosophe Bertrand Russell rend un hommage appuyé à Thomas Paine dans son livre Why I am not a Christian en consacrant tout un chapitre (8. The Fate of Thomas Paine) au destin de celui-ci, et aux risques encourus à manifester trop d'indépendance d'esprit.

Il existe un musée consacré à Thomas Paine à New Rochelle et sa maison (Thomas Paine Cottage) a été classée National Historic Landmark. Une statue a été érigée sur King Street, à Thetford, son village natal. Elle le représente avec une plume d’oie et son ouvrage Rights of Man. L’Université de New York possède également un buste de lui. D’autres statues se trouvent à Morristown, New Jersey, Bordentown, New Jersey, et dans le Parc Montsouris à Paris. Une petite rue de Diss porte son nom. À Paris, rue de l'Odéon, une plaque marque l’emplacement où il vécut entre 1797 et 1802. Tous les ans, entre le 4 et le 14 juillet, le conseil municipal de Lewes organise un festival en l’honneur de Thomas Paine.

L'écrivain Manuel Joseph fait référence à Thomas Paine dans son livre Heroes are heroes are heroes (1994) en ces termes : " Thomas Paine a écrit il y a bien des années il y a des / moments des moments / qui mettent à l'épreuve l'âme des hommes ces mots bien connus sont tellement / vrais "

Notes et références

  1. Agrarian Justice (1795) version traduite par Michel Roudot [archive]
  2. « the completest charlatan that ever existed » dans Henry York, Letters from France, deux volumes (Londres, 1804)
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p Nathalie Caron, « Thomas Paine et l’éloge des révolutions » [archive], Transatlantica,‎ 2006:2 (consulté le 17 février 2008)
  4. Eric Lane, Michael Oreskes, Le Génie de l'Amérique, Odile Jacob, 2008, p 39
  5. N. Bacharan, Faut-il avoir peur de l’Amérique ?, 2005, p. 25.
  6. John Keane, Tom Paine: A Political Life, Londres, Bloomsbury, 1995, p. 128.
  7. Pour l'historien Howard Zinn, « il s'agissait de la première défense vigoureuse de l'idée d'indépendance en des termes qui pouvaient être compris par n'importe quel individu sachant lire » dans Une histoire populaire des États-Unis. De 1492 à nos jours, Agone, 2002, p. 85.
  8. Eric Lane, Michael Oreskes, p 43
  9. a et b Eric Lane, Michael Oreskes, p 40
  10. (en) « Thomas Paine. The American Crisis. Philadelphie, Styner and Cist, 1776-77. » [archive], Indiana University (consulté le 15 novembre 2007)
  11. de même que Alexander Hamilton et George Washington. cf. Décret du 26 août 1792.
  12. Marc Belissa, Yannick Bosc, Rémi Dalisson, Marc Deleplace, Citoyenneté, République, Démocratie en France 1789-1899, Paris, Ellipses, 2014, I-6 p.54
  13. Thomas Paine, De l'origine de la Franc-Maçonnerie, Paris, Patris, 1812, IV-51 p., traduction de Nicolas Bonnevile, rééd. Hachette 1976, disponible sur Gallica [archive], et A L'Orient, 2007, coll. Trait d'union, (en) freemasonry.bcy.ca [archive]
  14. Claeys, Gregory. Thomas Paine : Social and Political Thought. 1989, p. 20.
  15. Bernard Cottret, La Révolution américaine : La quête du bonheur 1763-1787, Paris, Perrin, 2003, (ISBN 2-262-01821-9), p.186
  16. Van der Weyde, William M., ed. The Life and Works of Thomas Paine. New York : Thomas Paine National Historical Society, 1925, p. 19-20.

Annexes

Articles connexes

  • Lumières (philosophie)
  • Guerre d'indépendance américaine ; Révolution américaine ; Révolution française
  • Histoire des États-Unis de 1776 à 1865

Bibliographie

En français

  • Jean Lessay, L'Américain de la Convention, Thomas Paine : professeur de révolutions, Paris, Perrin, 1987, 241 p.
  • Collectif, Thomas Paine, citoyen du monde, Créaphis, 1990, 87 p., (ISBN 2907150170).
  • Thomas Paine, Le Sens commun, Paris, Aubier-Montaigne, coll. bilingue, présentation, traduction Bernard Vincent, 1992, 220 p., (ISBN 2700703340).
  • Bernard Vincent, Thomas Paine ou la religion de la liberté, Paris, Aubier-Montaigne, coll. "Biographie", 1992, 404 p., (ISBN 2700726359).
  • Bernard Vincent (dir.), Thomas Paine et la République sans frontières, Nancy, Presses Universitaires de Nancy; Paris, Ligue des Droits de l’Homme, 1993.
  • Nathalie Caron, Thomas Paine contre l’imposture des prêtres, Paris, L’Harmattan, 1999.
  • Malou Julin, Le Temps de Thomas Paine, Bruxelles, Complexe, 2004, coll. "Questions à l’Histoire", 120 p., (ISBN 2870279558).

En anglais

  • Aldridge, A. Owen, 1959. Man of Reason: The Life of Thomas Paine. Lippincott. Regarded by British authorities as the standard biography.
  • Aldridge, A. Owen, 1984. Thomas Paine's American Ideology. University Press of Delaware.
  • Bailyn, Bernard, 1990. "Common Sense", in Bailyn, Faces of Revolution: Personalities and Themes in the Struggle for American Independence. Alfred A. Knopf.
  • Bernstein, R. B. "Review Essay: Rediscovering Thomas Paine." New York Law School Law Review, 1994 - valuable blend of historiographical essay and biographical/analytical treatment.
  • Butler, Marilyn, 1984. Burke Paine and Godwin and the Revolution Controversy.
  • Gregory Claeys, 1989. Thomas Paine, Social and Political Thought. Unwin Hyman. Excellent analysis of Paine's thought.
  • Moncure Daniel Conway, 1892. The Life of Thomas Paine, 2 vols. G.P. Putnam's Sons. Vol. 1 [archive], Vol. 2 [archive], Facsimile [archive]. Long hailed as the definitive biography, and still valuable.
  • Fast, Howard, 1946. Citizen Tom Paine (historical novel, though sometimes taken as biography).
  • Foner, Eric, 1976. Tom Paine and Revolutionary America. Oxford University Press. The standard monograph treating Paine's thought and work with regard to America.
  • Jack Fruchtman; Thomas Paine: Apostle of Freedom; 557 pages. Four Walls, Eight Windows, 1994.
  • Hawke, David Freeman, 1974. Paine. Regarded by many American authorities as the standard biography.
  • Hitchens, Christopher, 2006. Thomas Paine's "Rights of Man": A Biography.
  • Ingersoll, Robert G., 1892, "Thomas Paine, [archive]" North American Review.
  • Kates, Gary, 1989, "From Liberalism to Radicalism: Tom Paine's Rights of Man," Journal of the History of Ideas: 569-87.
  • Harvey J. Kaye, Thomas Paine: Firebrand of Revolution, Green Bay. 160 pages. Oxford University Press, 2000.
  • Kaye, Harvey J., 2005. Thomas Paine and the Promise of America. Hill and Wang.
  • John Keane, Tom Paine: A Political Life, Londres, Bloomsbury, 1995, (ISBN 0747520070)
  • Larkin, Edward, 2005. Thomas Paine and the Literature of Revolution. Cambridge Univ. Press.
  • W. J. Linton, Life of Thomas Paine, Kessinger Publishing, 2007, 108 pages, (ISBN 0548151245)
  • Brian McCartin, THOMAS PAINE Common Sense and Revolutionary Pamphleteering 2002, PowerPlus Books, New York, Library Binding, 112 pages.
  • Paine, Thomas (Foner, Eric., editor), 1993. Writings. Library of America. Authoritative and scholarly edition containing Common Sense, the essays comprising the American Crisis series, Rights of Man, The Age of Reason, Agrarian Justice, and selected briefer writings, with authoritative texts and careful annotation.
  • Paine, Thomas (Fomer, Philip S., editor), 1944. The Complete Writings of Thomas Paine, 2 volumes. Citadel Press.
  • Powell, David, 1985. Tom Paine, The Greatest Exile. Hutchinson.
  • Russell, Bertrand, 1934. The Fate of Thomas Paine.

Liens externes

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18 novembre 2017

de Caumont Arcisse

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Arcisse de Caumont

 

Arcisse de Caumont

220px-Arcissedecaumont

Naissance 20 août 1801
Bayeux
Décès 16 avril 1873 (à 71 ans)
Caen
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Historien et archéologue

Arcisse de Caumont, né le 20 août 1801 à Bayeux et mort le 16 avril 1873 à Caen, est un historien et archéologue français. Il fut le premier à organiser l'histoire de l'architecture en périodes chronologiques spécifiques.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Iconographie
  • 3 Notes
  • 4 Œuvres
  • 5 Bibliographie
  • 6 Sources
  • 7 Liens externes

Biographie

Arcisse de Caumont est le fils de François de Caumont et Marie-Louise Hue de Mathan. Un de ses mentors fut Charles de Gerville, l’inventeur du mot « roman »1. En 1810, il fut envoyé au collège de Falaise, dont l’abbé Hervieu était le principal. Celui-ci lui confia la tâche d’entretenir les appareils de physique, ce qui enthousiasma le jeune de Caumont qui avait un penchant naturel pour l’étude des sciences. À 15 ans, il donnait des leçons à ses condisciples. En 1817, il entra au collège de Bayeux, passa son baccalauréat de lettres et se fit inscrire à la faculté de droit. Il obtint le diplôme de bachelier le 30 décembre 1822 et celui de licencié le 28 août 1824, ayant traité le sujet de thèse Du rang que les hypothèques ont entre elles, du mode de leur inscription et de leur radiation.

Tout en faisant ses études de droit, Caumont suivait les cours de la faculté des lettres et de la faculté des sciences, et plus spécialement ceux d’histoire romaine. La même année que sa licence, il rédigea un Essai sur l’architecture religieuse du Moyen Âge et ouvrit, à Caen, un cours d’archéologie monumentale, qui sera publié en 6 volumes sous le titre Histoire de l’architecture religieuse, civile et militaire2. Caumont rapporta dans ses souvenirs que les professeurs lui ayant demandé un jour de lire ses notes du cours de la veille, il leur lut ce qu’il avait littéralement copié dans un livre d’histoire de la bibliothèque. Il reçut des compliments pour ce secret qu’il ne dévoila pas3.

Arcisse de Caumont fonda la Société des antiquaires de Normandie et la Société linnéenne de Normandie en 1824, la Société française d'archéologie en 1834, l’Association normande et la Société pour la conservation des monuments. Non content d’avoir trouvé de nombreux adhérents à ces diverses associations, Caumont s’occupa de mettre en relations directes les divers membres qui les composaient et de donner à chacun l’occasion d’exprimer ses opinions et de développer ses idées. Son dessein d'éveiller les curiosités et la créativité par une saine émulation est visible dans le compte rendu de la séance générale de 1862 par la Société française d'archéologie4 où il encourage les uns et des autres à partager leurs observations individuelles sur un mode éclectique enrichissant. Il y sollicite par exemple de Jacques-Ferdinand Prévost, commandant du Génie militaire à Saumur et amateur éclairé d’archéologie, une présentation des résultats des investigations personnelles de celui-ci sur les murs de forteresses vitrifiés que Prévost a pu observer dans plusieurs localités de sa région de résidence du moment (Saumur et à Sainte-Suzanne en Mayenne (où il se retirera avant d’y être enterré), sur les tombes gallo-romaines inexplorées du vallon de Lacune près de Beaune, sur la ville perdue d’Armançon aux sources de la rivière du même nom, et autres mystères archéologiques 5. En plus des congrès archéologiques, il fut également à l'origine d'une vaste entreprise de congrès scientifiques, les Congrès scientifiques de France, visant à réveiller les talents de province, qui donnèrent lieu à une collection d'ouvrages du même nom et connurent le plus grand succès.

Les travaux d’Arcisse de Caumont ont permis à la renaissance gothique de débuter en France sur des bases intellectuelles fiables. L'Encyclopédie du Moyen Âge6 le note comme le premier à diviser l’architecture rationnellement en phases chronologiques différentes.

Reprenant l'idée d'un autre archéologue normand, Charles de Gerville, il contribue notamment à la popularisation en architecture du terme « roman », jusque là utilisé par les linguistes7. Ses ouvrages fort recherchés lui ont valu d’être nommé correspondant de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. L’Abécédaire ou rudiment de l’archéologie (en trois tomes, chacun sur une période d’architecture majeure) fut un outil de vulgarisation qu’on a pu qualifier de vulgate de l’architecture médiévale2. Il donne ainsi un essor à un mouvement intellectuel qui se propage dans la France tout entière et se traduit par la fondation d’une foule de sociétés savantes ou littéraires, dont chacune possède aujourd’hui une bibliothèque, des archives et quelques-unes même un musée.

Arcisse de Caumont a composé plus de trente volumes sur l’archéologie et il a concouru des plus activement à la publication d’environ deux cent volumes de comptes-rendus et de mémoires des congrès des sociétés dont il était le fondateur. Son grand œuvre est le monumental Cours d’antiquités monumentales : histoire de l’art dans l’ouest de la France, depuis les temps les plus reculés jusqu’au XVIIe siècle couvrant les architectures religieuse, civile et militaire de l’ère gallo-romaine au Moyen Âge, publié de 1830 à 1841.

Tombe d'Arcisse de Caumont

Ce philanthrope, qui avait doté sa ville natale d’un jardin botanique et d’une école primaire, fut inhumé, à sa mort, dans le cimetière Saint-Jean à Vaucelles, un faubourg de Caen.

Un lycée de sa ville natale et une rue de Caen ont reçu son nom.

Iconographie

Une médaille à l'effigie d'Arcisse de Caumont a été exécutée par le graveur André Vauthier-Galle en 1861. Un exemplaire en est conservé au musée Carnavalet (ND 204).

Notes

  1. La Société française d’archéologie, de sa fondation en 1834 à nos jours [archive]. par Éliane Vergnolle, vice-présidente de la Société, 2008.
  2. a et b La Société française d’archéologie, de sa fondation en 1834 à nos jours [archive]. par Éliane Vergnolle, vice-présidente de la Société. 2008.
  3. « La Jeunesse studieuse d’Arcisse de Caumont », Association normande, congrès de Falaise, 1936.
  4. Congrès Archéologique de France, XXIVe session, 1862 [archive]. Séances générales tenues par la Société française d’archéologie pour la conservation des monuments. Compte-rendu complet.
  5. Congrès Archéologique de France, XXIVe session, 1862 [archive]. Séances générales tenues par la Société française d’archéologie pour la conservation des monuments. Compte-rendu complet.
  6. Encyclopédie du Moyen Âge [archive] par André Vauchez, Richard Barrie Dobson et Michael Lapidge, trad. Adrian Walford. London, Routledge, 2001 (ISBN 1-57958-282-6).
  7. Normandie romane, Collection du Zodiaque Paris 1975

Œuvres

  • Mémoire géologique : sur quelques terrains de la Normandie occidentale, Caen, Chalopin Fils, 1825 ;
  • Essai sur la topographie géognostique du département du Calvados, Caen, Chalopin, 1828 ;
  • Mémoires de la Société linnéenne de Normandie, Paris, Lance, 1829 ;
  • Cours d’antiquités monumentales professé à Caen, en 1830, (1re partie : Antiquités celtiques ; 2e partie et 3e partie : Antiquités gallo-romaines ; Architecture religieuse ; 5e partie : Architecture militaire ; 6e partie : État de la peinture, de la calligraphie, de l’orfèvrerie et autres arts à l’époque du Moyen Âge), Caen, Lange, 1830-41 ;
  • Histoire sommaire de l’architecture religieuse, civile et militaire au Moyen Âge, Caen, Lance, 1836 ;
  • Histoire de l’architecture religieuse au Moyen Âge, Caen, Derache, 1841 ;
  • Rapport verbal fait à la Société française pour la conservation des monuments dans la séance administrative du 7 déc. 1844, sur quelques antiquités du midi de la France, Caen, [s.n.], 1845 ;
  • Statistique monumentale du Calvados [archive], Caen, Le Blanc-Hardel, 1846-67 ;
  • Statistiques routières de la Basse-Normandie, Caen, Derache, 1855. ;
  • Abécédaire héraldique, ou Notions générales sur le blason, Caen, A. Hardel, 1861 ;
  • Inauguration d’un monument à Dives en mémoire du départ de l’armée de Guillaume-le-Bâtard pour la conquête de l’Angleterre en 1066, Caen, A. Hardel, 1861 ;
  • Bulletin monumental ou collection de memoires et de renseignements sur la statistique monumentale de la France, Édité par Française. 1865 ;
  • Archéologie des écoles primaires, Caen, Le Blanc-Hardel, 1868 ;
  • Le Mur de Laudunum, Caen, [s.n.], 1868 ;
  • Abécédaire ou rudiment d’archéologie [archive], Caen, F. Le Blanc-Hardel, 1869 ;
  • Le Beurre d’Isigny à Monaco [archive], Caen, F. Le Blanc-Hardel, 1869 ;
  • La Vallée de la Dives : statistique ripuaire Caen, Res Universis, 1853, reprint 1992.

Bibliographie

  • Arcisse de Caumont (1801-1873), érudit normand et fondateur de l’archéologie française, (Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, t. XL), 2004, 515 p., 158 ill. (ISBN 295105582X)

Sources

  • Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire, Caen, Giraud-Badin, 1873, p. 421-2.

Liens externes

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17 novembre 2017

Fontaine Pierre

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Pierre Fontaine (architecte)

 

Pierre Fontaine

200px-Pierre-François-Léonard_Fontaine

Fontaine par Louis Léopold Boilly v. 1805.

Biographie
Naissance
20 septembre 1762
Pontoise
Décès
10 octobre 1853 (à 91 ans)
Paris
Sépulture
Cimetière du Père-Lachaise
Formation
Marie-Joseph Peyre
Activité
Architecte
Enfant
Aimée-Sophie Dupuis
Autres informations
Mouvement
Architecture néoclassique
Maître
Antoine-François Peyre
Élèves
Jacques Ignace Hittorff, Jean-Jacques-Marie Huvé, Martin-Pierre Gauthier, Paul Letarouilly, François Debret
Distinctions
Second prix de Rome (1785)
Académie des beaux-arts (1811)
Œuvres réputées
Château de Randan, église Notre-Dame-de-Compassion

Pierre François Léonard Fontaine (Pontoise, 10 septembre 1762 - Paris, 13 octobre 1853) est un architecte néoclassique et décorateur français.

Avec son camarade d'études Charles Percier, Fontaine est l'un des inventeurs et principaux représentants du style Empire.

Sommaire

  • 1 Formation et carrière
    • 1.1 Ancien Régime
    • 1.2 Révolution française
    • 1.3 Consulat
    • 1.4 Premier Empire
    • 1.5 Restauration
      • 1.5.1 Louis XVIII
      • 1.5.2 Charles X
    • 1.6 Monarchie de Juillet
    • 1.7 Second Empire
  • 2 Réalisations
  • 3 Publications
  • 4 Quelques élèves
  • 5 Divers
    • 5.1 Bibliographie
  • 6 Notes et références
  • 7 Articles connexes

Formation et carrière

Outre l'intérêt de son architecture, Pierre Fontaine est remarquable par sa capacité à mener une carrière inégalée et à traverser les changements de Régimes : il est resté aux affaires du Consulat au Second Empire sans avoir à subir de « traversée du désert ».

Ancien Régime

En 1778 et 1779, sous la direction de l'architecte André, le jeune Pierre François participe, avec son père Pierre Fontaine (1735-1807), architecte-fontainier, aux travaux d’adduction d’eau au château de L'Isle-Adam, qui appartient à Louis-François-Joseph de Bourbon, comte de la Marche et prince de Conti.

En 1779, il arrive à Paris, où il suit l'enseignement de Antoine-François Peyre. C'est à cette période qu'il rencontre Charles Percier.

Il obtient le second prix de Rome en 1785 pour un projet dont le sujet est : Un monument sépulcral pour les souverains d'un grand empire1, dans lequel l'influence de Étienne-Louis Boullée est assez marquée (voir illustrations). N'ayant pas obtenu la bourse d'études attribuée avec le premier prix, il se rend à ses frais à Rome, où Charles Percier le rejoint l'année suivante. En 1787, une place se libère à l'Académie de France à Rome, alors hébergée dans le palais Mancini, et Fontaine devient pensionnaire.

Élévation

Coupe

Un monument sépulcral pour les souverains d'un grand empire.

Révolution française

En 1790, Fontaine revient à Paris, il commence par « gratter » pour Claude Nicolas Ledoux sur les barrières d'octroi du mur des Fermiers généraux. Entre septembre et décembre 1792, afin de s'éloigner de la Révolution, il part pour l'Angleterre où il fait de la décoration (papiers-peints, éventails, etc.). À son retour à Paris, il est nommé, avec Percier, directeur des décors du théâtre de l'Opéra. Ils occupent ce poste jusqu'en 1796.

Consulat

En 1799, grâce au peintre Jacques-Louis David, il fait la connaissance de Joséphine de Beauharnais, puis du Premier Consul. Il est nommé architecte des Invalides en 1800, puis architecte du gouvernement en 1801, conjointement avec Charles Percier.

Premier Empire

Le 13 décembre 1804, Fontaine est architecte du palais des Tuileries, du Louvre et dépendances, des manufactures impériales des tapisseries des Gobelins et des tapis de la Savonnerie, des magasins de marbre, et de tous les bâtiments de la couronne situés dans l'enceinte de la Ville de Paris2. À cette époque, Charles Percier met fin à sa carrière officielle.

En 1810, Percier et Fontaine gagnent le grand prix d'Architecture pour l'arc de triomphe du Carrousel. La même année, Napoléon Ier confie à Percier et Fontaine la mission de préparer les plans d'une cité impériale dont le centre eut été le Palais du Roi de Rome édifié sur la colline de Chaillot, mais que la chute de l'Empire empêchera de réaliser. Il travaille également avec Alexandre Dufour à un projet de reconstruction du château de Versailles qui doit accueillir Napoléon et sa famille3.

Le 9 mars 1811, il est élu membre de l'Académie des beaux-arts et, le 5 juillet, il est décoré de la Légion d'honneur. Entre 1811 et 1812, il est élu membre correspondant de plusieurs académies en Europe : Amsterdam, Anvers, Munich, Rome.

En 1811, à la mort de Jean-François Chalgrin, le chantier de l'Arc de triomphe est confié à Louis-Robert Goust, sous la surveillance d'une commission de quatre architectes, Pierre Fontaine, François Debret, Jacques-Pierre Gisors et Éloi Labarre. On a attribué à Fontaine l'idée des voûtes à caissons (référence au Panthéon de Rome).

Le 25 avril 1813, il est nommé premier architecte de l'Empereur.

Restauration

Louis XVIII

Pierre Fontaine est maintenu premier architecte, à la suite de l'abdication de Napoléon et de la Charte constitutionnelle du 4 juin 1814 qui met Louis XVIII sur le trône de France.

Le 24 décembre 1814, le titre de premier architecte de l'Empereur est supprimé. Fontaine devient alors architecte de Paris, architecte du roi et architecte du duc d'Orléans.

Charles X

À partir du 25 mai 1826 à février 1828, Fontaine dirige une commission d'architectes pour les travaux de l'arc de Triomphe. En août 1828, il devient membre de la Société des arts de Genève. Le 21 novembre 1827, il marie sa fille Aimée-Sophie Dupuis à l'architecte Symphorien Meunié. En 1828, il reçoit le cordon de l'ordre de Saint-Michel.

Monarchie de Juillet

Tombe au cimetière du Père-Lachaise.

En 1833, à la demande de Louis-Philippe, Fontaine conseille l'architecte Dubreuil pour les travaux que ce dernier a entrepris en 1831.

Charles Percier meurt le 5 septembre 1838. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (28e division)4.

L'église Notre-Dame-de-Compassion (Paris), anciennement dénommée Chapelle Saint-Ferdinand, est construite en 1843 sur les plans de Fontaine, près de la porte des Ternes, sur l'emplacement de la maison où était mort le prince Ferdinand-Philippe d'Orléans, fils de Louis-Philippe, à la suite de l'accident de voiture du 13 juillet 1842.

Le 25 février 1848, Pierre Fontaine est maintenu (à 86 ans) dans ses fonctions d'architecte des Bâtiments de l'ancienne liste civile à Paris. Cependant, le 20 septembre, il démissionne de sa charge d'architecte du Louvre et des Tuileries et Bâtiments de l'ancienne liste civile de Paris. Le mois suivant, il est nommé président honoraire du Conseil des bâtiments civils.

Second Empire

Le 20 septembre 1853, Fontaine préside pour la dernière fois le Conseil des bâtiments civils.

Réalisations

  • 1791 : restauration d'une demeure dans l'ancienne abbaye de Saint-Pierre-le-Vif pour le cardinal Loménie de Brienne.
  • 1792 : réalisation, avec Charles Percier, des décors pour une tragédie au Théâtre-Français.
  • 1793 - 1796 : réalisation, avec Charles Percier, des décors pour le théâtre de l'Opéra.
  • 1794 : aménagement, avec Charles Percier, de la salle des séances du comité de la section de Brutus dans l'église Saint-Joseph, rue Montmartre.
  • 1795 - 1797 : participation à la construction de la salle de la Convention aux Tuileries, et de la salle du Conseil des Cinq-Cents au palais Bourbon.
  • 1798 : travaux pour le général Charles Leclerc, le premier époux de Pauline Bonaparte et beau-frère du général Bonaparte, au château de Montgobert.
  • 1798 - 1799 : restauration de divers hôtels particuliers parisiens.
  • 1800 - 1802 : aménagement et décoration du château de Malmaison pour Joséphine de Beauharnais. Bonaparte y établira le siège du gouvernement français pendant le Consulat. Ce dernier n'aimait pas sa bibliothèque, qui selon lui "ressemblait à une sacristie"…
  • 1801 - 1802 : travaux de remise en état du Palais des Tuileries et du château de Saint-Cloud.
  • 21 avril 1802 (1er Floréal an X) : arrêté consulaire donnant l'alignement d'une rue qui conduira des Tuileries au Louvre (la rue Impériale, qui deviendra la rue de Rivoli), avec en annexe les plans, coupes et façades du projet signés Charles Percier et Fontaine et datés du 28 germinal an X (18 avril 1802).
  • 1804 : travaux au château de Fontainebleau, avec l'architecte Étienne Leroy.
  • 1804 : aménagements temporaires pour les cérémonies du sacre de Napoléon par le pape Pie VII.
  • 1804 - 1812 : aménagement de la grande galerie du Louvre.
  • 1806 - 1808 : construction de l'arc de triomphe du Carrousel. Il est couronné par un char conduit par la Victoire et la Paix et tiré par les 4 chevaux antiques de Saint-Marc de Venise, qui seront restitués en 1815 et remplacés par des copies.
  • 1806 : premiers projets de réunion du Louvre et des Tuileries, restauration des Tuileries, surveillance des travaux des palais impériaux de Compiègne, Rambouillet, Strasbourg et Versailles.
  • 1806 - 1809 : escalier nord de la Colonnade du Louvre.
  • 1810 : préparatifs du mariage de Napoléon Ier et Marie-Louise.
  • 1812 : restauration du palais de l'Élysée.
  • mai 1814 : restauration du château de Saint-Ouen pour la venue de Louis XVIII.
  • 1814 - 1831 : achèvement du Palais-Royal.
  • 1814 - 1815 : travaux au château de Versailles, avec l'architecte Dufour.
  • 1816 - 1826 : construction de la chapelle expiatoire consacrée à la mémoire de Louis XVI et Marie-Antoinette, rue d'Anjou à Paris, avec Louis-Hippolyte Lebas comme inspecteur.
  • 1816 : restauration du palais de l'Élysée pour le duc de Berry.
  • 1819 : création du magasin Debauve & Gallais, 30 Rue des Saints-Pères à Paris.
  • 1819 - 1831 : restauration et agrandissement du château de Neuilly pour le duc d'Orléans.
  • 1821 - 1831 : restauration et agrandissement du château de Randan au sein d'un domaine forestier de 8 000 hectares, pour Adélaïde d'Orléans, sœur du futur Louis-Philippe Ier (1830-1848) (cf. dépliant-guide du domaine par le Conseil régional d'Auvergne, 2006).

De 1830 à 1833, le nouveau roi lui confie la transformation du château de Maulmont, domaine voisin acquis par sa sœur en 1829, en un rendez-vous de chasse pour lui et sa Cour (source : site du château-hôtel-restaurant de Maulmont, 22/01/2007, qui indique également que Fontaine a dessiné l'aile de la "Galerie des Batailles" de Versailles, créée par le roi).

  • 1822 : rétablissement du Théâtre-Français au Palais-Royal.
  • 1824 - 1833 : travaux au château d'Eu propriété du comte de Paris (1838-1894), incendiée le 11/11/1902 et reconstruite.
  • 1825 - 1830 : aménagement du musée Charles X au Louvre.
  • 1830 : plans de la chapelle Saint-Louis à Tunis, exécutée par Jourdain.
  • 1830 : le grand escalier d'honneur du Palais-Royal.
  • 1831 : travaux aux Tuileries pour Louis-Philippe, travaux à Saint-Cloud.
  • 1833-1837 : restauration du château de Versailles et aménagement de la galerie des Batailles
  • 1843 : plans de la chapelle Saint-Ferdinand à Paris, édifice devant commémorer la mort accidentelle sur place du prince héritier Ferdinand d'Orléans, fils ainé de Louis-Philippe, avec l'architecte Lefranc comme inspecteur.

Publications

Ensemble, Percier et Fontaine publient :

  • 1798 : Palais, maisons et autres édifices modernes dessinés à Rome.
  • 1811 : Description des cérémonies et des fêtes qui ont eu lieu pour le mariage de Napoléon Ier avec l'archiduchesse Marie-Louise.
  • 1812 : Recueil de décoration intérieure concernant tout ce qui rapporte à l'ameublement.
  • 1833 : Résidences des souverains de France, d'Allemagne, de Russie, etc.
  • Pierre Fontaine tient son Journal de 1799 à 1853, qui est publié à Paris en 1987 par l'École nationale supérieure des beaux-arts et l'Institut français d'architecture. Il possède un réel talent littéraire.

Quelques élèves

Voici quelques élèves de Charles Percier à qui Fontaine enseignait la perspective :

  • Auguste Caristie (1783-1862)
  • François Debret (1777-1850)
  • Martin-Pierre Gauthier (1790-1855)
  • Jacques Hittorff (1792-1867)
  • Jean-Jacques-Marie Huvé (1783-1852)
  • Hippolyte Le Bas (1782-1867)
  • Achille Leclère (1785-1853)
  • Paul Letarouilly
  • Louis Tullius Joachim Visconti (1791-1853)


Iconographie :

En plus du portrait par Boilly en 1805 reproduit plus haut, Fontaine plus âgé est portraituré en habit, appuyé sur une canne, par Joseph-Désiré Court (château de Versailles ?); cf. l'estampe sur acier publiée par Jacques Dominique Charles Gavard dans ses Galeries Historiques de Versailles (1835-1851) au domaine royal de Randan).

 

Divers

  • Pierre Fontaine a sa rue à Paris (9e Arrondissement) ainsi qu'à Pontoise (rue Pierre Fontaine), sa ville natale.
  • Pierre Fontaine réalise des carnets de dessins aquarellés lors de ses voyages (carnet de voyage 1820-1826 [archive]).

Bibliographie

  • Jean-Philippe Garric, « Partie II. Les recueils du début du XIXe siècle : chapitre 5. Percier et Fontaine et leurs imitateurs », dans Jean-Philippe Garric, Recueils d'Italie : Les modèles italiens dans les livres d'architecture français, Sprimont, Pierre Mardaga, 2004, 319 p. (ISBN 2-87009-877-4 et 978-2-87009-877-6, OCLC 57231745, notice BnF no FRBNF39912552), p. 127-164
    Texte basé sur la thèse de doctorat en urbanisme de l'auteur, Paris 8 : 2002.
  • Jean-Philippe Garric, Percier et Fontaine : les architectes de Napoléon, Paris, Belin, coll. « Portraits », 2012, 213 p. (ISBN 2-7011-5569-X et 978-2-7011-5569-2, OCLC 782927560, notice BnF no FRBNF42643017)

Notes et références

  1. Cet intitulé est rétrospectivement assez ironique, quand on sait que Fontaine survivra à l'Empire après l'avoir servi.
  2. Les Archives nationales conservent, sous la cote 439AP/, ses dossiers de travail relatifs à ces bâtiments ainsi qu'une partie de sa correspondance (voir la notice relative à ces archives dans la Salle des inventaires virtuelle des Archives nationales. [archive]
  3. Jérémie Benoît, Napoléon et Versailles, éd. de la Réunion des musées nationaux, 2005, p. 25.
  4. Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier, 1908 (lire en ligne [archive]), p. 159

Articles connexes

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16 novembre 2017

de Sahuguet d'Amarzit d'Espagnac Marc René Marie

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Marc René Marie de Sahuguet d'Amarzit d'Espagnac

 

 

Marc René Marie d’Amarzit de Sahuguet, abbé d’Espagnac1, né à Brive, le 26 septembre 1752 et guillotiné à Paris le 5 avril 1794 est un spéculateur financier français qui a joué un rôle-clé dans les grandes spéculations boursières sous Louis XVI.

Avant la Révolution

Disciple de Voltaire, l’abbé d’Espagnac publie plusieurs ouvrages où il met à mal la monarchie et le clergé. Ancien agent de Charles Alexandre de Calonne, homme de lettres, ancien conseiller-clerc au Parlement de Paris et prédicateur à la Cour, ancien chanoine de Notre-Dame de Paris.

Choisi pourtant pour prêcher le jeudi saint devant le roi en 1780, il inclut dans son homélie de telles provocations que Jacques Necker, qui s’était fait communiquer à l’avance son texte, bien que protestant, lui ordonne de se déclarer malade pour n’avoir pas à prononcer ces énormités. Désormais mal vu à la Cour, l’abbé d’Espagnac se fait accueillir par les Orléans2 au Palais-Royal et se lance avec son ami Calonne dans la spéculation de la Compagnie des Indes. Il est ruiné à la suite de spéculations hasardeuses sur ses actions de la Compagnie des Indes, au cours desquelles, malgré la protection de Calonne, il s’était heurté aux intérêts du financier Étienne Clavière et au baron Jean de Batz. Ayant fait un séjour en prison, il en avait acquis une rancœur tenace.

Sous la Révolution

Ayant rédigé dans un sens révolutionnaire le cahier de doléances du bailliage de Montfort-l'Amaury, l’abbé d’Espagnac était bien déçu de n’être pas élu aux états généraux. Mêlé aux agitateurs à la solde de Philippe d’Orléans, il joue un petit rôle lors de la prise de la Bastille. Inscrit au club des Jacobins dès sa création, il y parle contre la religion et pour l’aliénation des biens du clergé. Dès l’époque de l’Assemblée constituante de 1789, il se jette dans la Révolution qui, seule, pouvait lui permettre de refaire fortune.

Agioteur impénitent, il spécule sur la baisse de l’assignat et sur la hausse des valeurs réelles. Ami et protégé de François Chabot, de Julien de Toulouse, de Camille Desmoulins, des affairistes qui gravitaient dans l’orbite dantonienne et de Georges Jacques Danton lui-même, ce fervent patriote et clubiste avait obtenu du faible Joseph Servan de Gerbey, entre autres avantages, la concession fructueuse des charrois militaires. Profitant de la guerre, il avait créé la compagnie Masson de fournitures militaires, s’occupant surtout de roulage.

Très vite, cet aimable cynique sait se rendre indispensable à Charles François Dumouriez dont il devient le banquier. Il fait acheter des chevaux et du matériel par l’armée, pour ensuite louer à cette dernière ce qui lui appartient déjà. Dénoncé en novembre 1792 à la Convention pour ce petit manège, il est arrêté, parvient à se justifier en février 1793. Il comptait cependant des ennemis : Pierre Joseph Cambon, Étienne Clavière, Jean Nicolas Pache, le nouveau ministre de la Guerre, les propres ennemis de son protecteur Charles François Dumouriez.

Peu après, il est accusé de complicité avec Charles François Dumouriez passé aux Autrichiens et doit se cacher. Une commission l’accuse d’avoir détourné environ vingt-cinq millions de livres. Ayant trempé dans l’affaire sur la liquidation de la Compagnie des Indes (1794), il est arrêté, jugé par le Tribunal révolutionnaire. L’accusateur public dit de lui : « D’Espagnac, ne pouvant plus tromper comme membre du clergé, n’en fut pas moins tenté de figurer dans la Révolution et d’y faire fructifier ses revenus ». Condamné à mort, il est exécuté avec les dantonistes le 16 germinal an II.

Notes et références

  1. « État et société en France aux XVIIe et XVIIIe siècles Par Yves Durand,Jean-Pierre Bardet » [archive], sur books.google.fr (consulté le 30 novembre 2010)
  2. « Corrèze Par Bernadette Barrière, pages 199-200 » [archive], sur books.google.fr (consulté le 30 novembre 2010)

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15 novembre 2017

Le Père Duchesne (Révolution française)

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Le Père Duchesne (Révolution française)

 

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Le père Duchesne

Le Père Duchesne est le titre de différents journaux qui ont paru sous plusieurs plumes durant la Révolution française. Le plus populaire était celui de Jacques-René Hébert, qui en a fait paraître 385 numéros de septembre 1790 jusqu’à onze jours avant sa mort à la guillotine, survenue le 4 germinal An II.

Sommaire

  • 1 Histoire
  • 2 Style
  • 3 Iconographie
  • 4 Chanson
  • 5 Bibliographie
    • 5.1 Textes en ligne
    • 5.2 Livraisons du père Duchesne n’émanant pas de Jacques Hébert
    • 5.3 Livraisons du père Duchesne contre Jacques Hébert
    • 5.4 Sources
    • 5.5 Références
  • 6 Article connexe
  • 7 Lien externe

Histoire

Couverture du 25e numéro du Père Duchesne d’Hébert.

Né dans les foires du XVIIIe siècle, le père Duchesne était un personnage type représentant l’homme du peuple toujours empressé à dénoncer les abus et les injustices. On trouve ce personnage imaginaire dans un texte intitulé le plat de Carnaval ainsi qu’un opuscule anonyme de février 1789 intitulé Voyage du père Duchesne à Versailles ou la Colère du père Duchesne, à l’aspect des abus la même année. En 1789, plusieurs pamphlets avaient été publiés sous ce nom. En 1790, un employé de la poste aux lettres du nom d’Antoine Lemaire et l’abbé Jean-Charles Jumel avaient lancé des journaux ayant recours au pseudonyme fictif du père Duchesne, mais celui d’Hébert, que les colporteurs de rue vendaient en criant : « Il est bougrement en colère aujourd’hui le père Duchesne ! », s’est distingué par la violence qui a caractérisé son style.

De 1790 à 1791, le père Duchesne était constitutionnel et faisait l’éloge du roi et de La Fayette, blâmant Marie-Antoinette et Marat et réservant ses foudres à l’abbé Maury grand défenseur de l’autorité pontificale contre la constitution civile du clergé. Le gouvernement a fait imprimer en 1792 certains de ses numéros aux dépens de la République afin de les faire distribuer dans les armées afin de sortir les soldats d’une torpeur jugée dangereuse pour le salut de la chose publique.

À l’origine, la publication, effectuée chez l’imprimeur Tremblay, se faisait sur huit pages non-numérotées dans le format in-8°, paraissant quatre fois par décade et coûtant cinquante sous par mois. La première page de chaque numéro était surmontée d’une vignette représentant le père Duchesne une pipe et une carotte de tabac à la main avec cette épigraphe : « Je suis le véritable père Duchesne, foutre ! » et deux croix de Malte de chaque côté. Le numérotage du journal commença au premier numéro de janvier 1791. À partir du numéro 13, il copie la vignette d’un autre père Duchesne qui se publiait rue du Vieux-Colombier, qui représente un homme à moustache, sabre au côté et une hache levée sur un prêtre qui le supplie à deux mains et auquel il adresse la menace « memento mori » (Souviens-toi que tu es mortel). À la fin de chaque feuille sont deux fourneaux, dont l’un est renversé. Ce dernier emblème représentait la profession du père Duchesne, qui se disait vieux marchand de fourneaux.

À partir du numéro 138, Hébert se sépare de son éditeur Tremblay qui publie lui-même quelques contrefaçons. Une fois Hébert guillotiné, ses ennemis soulagés s’en donnent à cœur joie avec des parodies comme La Grande Colère du père Duchesne, en voyant tomber sa tête par la fenêtre nationale. D’autres, tel Saint-Venant avec « Moustache sans peur », s’efforceront d’écrire dans l’esprit du temps avec de nouvelles parodies dans le même style ordurier qui le caractérisait. Lebon en publia un en 1797. Damane publia trente-deux numéros sous ce nom à Commune-Affranchie.

Le titre fut repris à de nombreuses reprises au XIXe siècle, notamment pendant la Révolution de 1848 et la Commune : voir Le Père Duchêne.

Style

Destinés à être criés dans les rues, les sommaires qui précédaient les numéros du Père Duchesne étaient conçus en termes propres à piquer la curiosité publique. Ainsi, on criait : « La grande colère du père Duchesne contre le ci-devant comte de Mirabeau, qui a foutu au nez de l’Assemblée nationale une motion contraire aux intérêts du peuple. »« Les bons avis du père Duchesne à la femme du roi, et sa grande colère contre les jean-foutre qui lui conseillent de partir et d’enlever le dauphin. »

Être signalé comme ennemi de la république dans le Père Duchesne se soldait souvent par une fin à la guillotine. Il n’hésitait jamais à demander, selon ses termes, que le « carrosse à trente-six portières » emmène tel ou tel « crapaud du Marais » « éternuer dans le sac », « demander l’heure au vasistas », « essayer la cravate à Capet ».

Le père Duchesne exprime sa joie à la nouvelle de la reprise de Toulon (1793) en ces termes : « Quelles carmagnoles on vous fait danser, Autrichiens, Prussiens, Anglais !... Brigands couronnés, ours du Nord, tigre d’Allemagne, vous croyiez qu’il n’y avait qu’à se baisser et à prendre des villes !... Victoire, foutre ! victoire ! Aristocrates, que vous allez manger de fromage ! Sans-culottes, réjouissez-vous; chantez, buvez à la santé de nos braves guerriers et de la Convention. Nos ennemis sont à quia. Toulon est repris, foutre ! Brigands couronnés, mangeurs d’hommes, princes, rois, empereurs, pape, qui vous disputez les lambeaux de la République, tous vos projets s’en vont ainsi en eau de boudin… »

Iconographie

   

Chanson

COMPLAINTE DU PÈRE DUCHESNE

Air : C’est aujourd’hui mon jour de barbe ;
Ou, Vaudeville de la soirée orageuse

Comme quoi le père Duchesne s’est trompé de chemin.

1er Couplet

O vous tous témoins de ma mort
Si je suis ici, c’est ma faute :
Je comptais sur un autre sort
Hélas ! Je comptais sur un autre sort
Je me suis vu pris comme un sot
Et cette misérable affaire,
Me fait monter à l’échafaud,
Croyant monter au ministère

Comme quoi le père Duchesne sera dedans

2e Couplet

Grâces à mes efforts nouveaux
La guerre seroit allumée
Si la flamme de mes fourneaux
Ne s’étoit changée en fumée ;
En flattant mon projet maudit,
D’une réussite parfaite,
J’avois déjà perdu l’esprit
Aujourd’hui je perdrai la tête.

Bibliographie

Textes en ligne

Livraisons du père Duchesne n’émanant pas de Jacques Hébert

Livraisons du père Duchesne contre Jacques Hébert

Sources

Références

  • Procès des conspirateurs Hébert, Ronsin, Vincent et complices : condamnés à la peine de mort part le Tribunal Révolutionnaire, le 4 germinal, l’an 2 de la République et exécutés le même jour : suivi du précis de la vie du père Duchesne, Paris, Imprimerie du Tribunal révolutionnaire, Caillot, 1794
  • Antoine Agostini, La Pensée politique de Jacques-René Hébert (1790-1794), Aix-en-Provence : Presses universitaires d’Aix-Marseille, 1999
  • Michel Biard, Parlez-vous sans-culotte ? Dictionnaire du Père Duchesne (1790-1794), Paris, Tallandier, 2009
  • Paul d’Estrée, Le Père Duchesne. Hébert et la commune de Paris (1792-1794), Paris, Ambert 1908
  • Marina Grey, Hébert : le père Duchesne, agent royaliste, Paris, Perrin, 1983 ISBN 2-262-00300-9
  • Antoine Hadengue, Les Gardes rouges de l’an II : l’armée révolutionnaire et le parti hébertiste, Paris, Tallandier, 1989
  • Louis Jacob, Hébert le père Duchesne, chef des sans-culottes, Paris, Gallimard 1960 ISBN 2-07-023333-2
  • Paul Mahalin, Histoire biographique, anecdotique et bibliographique du père Duchesne : avec vignette, portrait et fac-similé, Paris, Au bureau de l’Eclipse, 1871
  • Gustave Tridon, La Commune de Paris de 1793; les Hébertistes, Bruxelles, J.H. Briard 1871
  • Gustave Tridon, Les Hébertistes; plainte contre une calomnie de l’histoire, Paris, Chez l’auteur, 1864
  • J. Thurot, La Vie, la mort et la résurrection du père Duchesne : notice historique, Paris, s.n., 1848
  • Gérard Walter, Procès instruit et jugé au tribunal révolutionnaire : contre Hébert et consorts, Paris, Edhis, 1969 ISBN 2-7152-2591-1

Article connexe

  • Le père Duchêne au XIXe siècle

Lien externe

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14 novembre 2017

Voysin de La Noiraye Daniel

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Daniel Voysin de La Noiraye

 

Daniel Voysin de La Noiraye

Pitau_le_jeune_-_Voysin_de_la_Noiraye

Gravure de Nicolas Pitau le jeune d'après Pierre Mignard

Biographie
Naissance
1655
Décès
1717
Autres informations
Distinctions
Officier de l'ordre du Saint-Esprit
Chevalier de l'ordre de Saint-Michel

Daniel François Voysin de La Noiraye (né en 1654, décédé le 2 février 1717), seigneur de Mesnil-Voysin, de Bouray, du Plessis, de La Noiraye, de Janville et de Lardy, est greffier de l'ordre du Saint-Esprit, chancelier de France du 2 juillet 1714 au 2 février 1717 et secrétaire d'État de la Guerre du 9 juin 1709 au 14 septembre 1715 dans le gouvernement royal.

Biographie

Il était le fils de Jean-Baptiste Voysin, seigneur de la Noiraye (+1671), et de Madeleine Guillard (vers 1629-1700), intendant à Amiens, à Rouen et intendant à Tours où il meurt le 21 septembre 1671.

Marié le 22 octobre 1683 avec Charlotte Trudaine (24 mai 1664-20 avril 1714), il eut 4 filles : Madeleine Charlotte (vers 1686-1729), Marie Madeleine (1690-1722), Charlotte (vers 1692-1723), et Marie.

Il était conseiller au parlement de Paris à 19 ans, maître des requêtes le 3 août 1683 et fut nommé intendant du Hainaut le 5 mars 1688 (comté cédé à la France par le traité des Pyrénées et qui deviendra, plus tard, le département du Nord). Dès 1694, il fut nommé conseiller d'État de semestre et revint de l'intendance de Hainaut à Maubeuge le 18 octobre 1698. On lui confia l'intendance de la maison d'éducation pour jeunes filles de Saint-Cyr que Madame de Maintenon avait fondée. Il en devint le directeur en 1701. Il brigua sans succès la première présidence en 1701 et le poste de contrôleur général des finances en 1708. Il est nommé cette année-là conseiller d'État ordinaire.

En 1709, grâce à la protection de Madame de Maintenon, il succéda à Michel Chamillart, tombé en disgrâce, comme secrétaire d'État de la Guerre et ministre. Il conserva ce poste jusqu'à la mort de Louis XIV.

En 1714, il fut nommé chancelier de France, remplaçant Louis Phélypeaux de Pontchartrain, qui avait donné sa démission.

Il conserva cette charge après la mort du roi et siégea au Conseil de régence. Il perdit son poste de secrétaire d'État en septembre 1715.

Citation

Citation de Saint-Simon : «jamais il ne fut plus parfaitement intendant que celui-là et ne le demeura si parfaitement toute sa vie».

Saint-Simon prétendit que sa promotion était due à l'amitié entre sa femme et madame de Maintenon après la campagne de 1692 pendant laquelle elle lui avait cédé sa maison.

Sources

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13 novembre 2017

Carteaux Jean-François

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Jean-François Carteaux

 

Jean-François Carteaux

Général_Jean_Baptiste_François_Carteaux


Naissance 31 janvier 1751
Gouhenans
Décès 12 avril 1813 (à 62 ans)
Paris
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Grade Général de division
Années de service – 1805
Conflits Guerres de la Révolution française
Faits d'armes Siège de Toulon
Autres fonctions Artiste peintre
Administrateur de la Loterie Nationale

Jean-François Carteaux, né à Gouhenans dans la Haute-Saône, le 31 janvier 1751, mort à Paris le 12 avril 1813, est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Pour approfondir
    • 2.1 Bibliographie
    • 2.2 Liens externes
  • 3 Notes et références

Biographie

Fils d'un dragon au régiment de Thianges, il est élevé dans les garnisons et suit son père à l'Hôtel des Invalides où il reçoit une éducation en rapport avec sa position. Le peintre Gabriel-François Doyen, ayant remarqué dans le jeune Carteaux des dispositions pour le dessin, le prend sous sa protection et lui fait faire d'assez rapides progrès.

Cependant son goût dominant pour la carrière des armes le fait servir quelques années dans plusieurs régiments. Il revient plus tard reprendre la palette et les pinceaux, fait plusieurs tableaux d'histoire et de batailles qui sont remarqués, et parcourt ensuite plusieurs contrées de l'Europe.

Rentré en France à l'époque de la Révolution française, il en embrasse les principes avec ardeur, et devient en juillet 1789, aide de camp du général commandant la place de Paris. Il n'abandonne pas pour autant son activité artistique et réalise un portrait équestre de Louis XVI en 1791.

Nommé lieutenant dans la garde nationale parisienne, il se distingue dans la journée du 10 août 1792, obtient d'abord le grade d'adjudant-général, et devient ensuite commandant d'une division de l'armée des Alpes.

Général Jean-François Carteaux, vainqueur des fédéralistes et des royalistes en Provence

Envoyé contre les insurgés du Midi, il les bat à Pont-Saint-Esprit le 13 juillet 1793, entre à Avignon le 25, bat à nouveau les royalistes à Cadenet) et les force à se disperser. Le 25 août, Marseille lui ouvre ses portes1.

Désigné par la Convention pour diriger l'armée de siège de Toulon en 1793. Il installe son quartier général dans la bastide de Montauban, à Ollioules, dont la vue domine la rade de Toulon. Son chef de l'artillerie, le lieutenant-colonel Elzéar-Auguste Cousin de Dommartin ayant été blessé en septembre 1793, celui-ci est remplacé par le jeune capitaine Napoléon Bonaparte que Carteaux n'apprécie guère et qui pourtant aura un rôle décisif dans la prise de la ville.

Il quitte ce commandement pour passer successivement à ceux de l'armée d'Italie et de l'armée des Alpes. Arrêté à Marseille par ordre du comité de salut public, il est transféré et enfermé à la Conciergerie le 2 janvier 1794.

Rendu à la liberté après la journée du 9 thermidor, il se voit confier par le gouvernement le commandement d'un corps d'observation en Normandie, destiné à soutenir l'armée du général Hoche dans l'Ouest. Destitué peu après, il proteste énergiquement contre cet acte, est réintégré dans son grade, et défend la Convention au 13 vendémiaire an IV (octobre 1795).

Le Premier Consul le nomme en 1801, l'un des administrateurs de la Loterie Nationale, et lui confie en 1804, l'administration provisoire de la principauté de Piombino.

Rentré en France en 1805, il obtient de l'Empereur une pension de retraite, et vécut dès lors entièrement éloigné des affaires.

Il meurt à Paris le 12 avril 1813.

Pour approfondir

Bibliographie

  • « Jean-François Carteaux », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail de l’édition]

Liens externes

 

Notes et références

  1. Albert Ceccarelli, La Révolution à l’Isle sur la Sorgue et en Vaucluse, Éditions Scriba, 1989, 2-86736-018-8, p 34-35

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12 novembre 2017

Roucher Jean-Antoine

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Jean-Antoine Roucher

 

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Jean-Antoine Roucher
à la prison Saint-Lazare.

Jean-Antoine Roucher, né le 22 février 1745 à Montpellier et guillotiné le 25 juillet 1794 à Paris, est un poète français.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Notes
  • 3 Bibliographie
  • 4 Liens externes

Biographie

Issu d’une famille d’artisans bourgeois de Montpellier, amateurs de belles-lettres, Roucher est initié très tôt par son père aux auteurs classiques grecs et latins1.

Pendant ses études au petit séminaire (collège diocésain) de sa ville natale, il se distingue comme un élève brillant et les jésuites lui suggèrent d'embrasser l'état ecclésiastique. Mais il préfère rejoindre Paris et retrouve à Versailles son oncle, l'abbé Gros de Besplas, aumônier de Monsieur, frère du Roi, comte de Provence. Son poème écrit à l’occasion du mariage du Dauphin et de Marie Antoinette, La France et l’Autriche au temple de l’hymen*, rencontre un certain succès et lui permet d’obtenir grâce à Turgot la charge de Receveur des gabelles, devenant ainsi aristocrate. Il fera exercer cette charge par son frère Roucher d’Aubanel afin de se consacrer à la poésie.

Il acquiert également une grande renommée avec son monumental poème pastoral en douze chants, les Mois (1779), suivi de longues et intéressantes notes. Il fait partie des deux ou trois poètes français qui remettent en cause la rigidité de l’alexandrin classique, en prenant des libertés avec l’hémistiche pour lui donner de la légèreté. Les salons en vogue s'arrachent le poète, prié de faire la lecture de chaque nouvelle tranche de son ouvrage en cours.

croquis au crayon
Roucher, crayon de Moreau le Jeune

S’opposant à La Harpe, il refuse les compromissions que le critique lui propose en échange d'une admission à l’Académie française : Laharpe exige, en échange du fauteuil d'académicien, que Roucher cesse de publier les quatre lettres à Malesherbes de Rousseau. La Harpe ne lui pardonnera jamais son refus, et, à compter de ce jour, dénigre son œuvre. Roucher est longtemps en relation avec Turgot ; les deux hommes se retrouvent régulièrement pour commenter les événements politiques du temps soit chez Madame Helvétius soit à la Loge des Neuf Sœurs dont ils étaient membres.. Il publie et édite La collection universelle des mémoires particuliers relatifs à l’Histoire de France (Paris, 1790).

Il fréquente les salons de Julie de Lespinasse et d’Anne-Catherine Helvétius à Auteuil. Cette dernière se prend d’affection pour sa fille Eulalie. C’est là qu’il se lie d’amitié avec Benjamin Franklin (vénérable de la loge des Neuf sœurs) et étudie assidûment l’anglais.

En 1790, Roucher introduit en France les idées libérales anglaises en traduisant La Richesse des Nations d'Adam Smith.

Sous la Révolution, après avoir éprouvé un certain enthousiasme pour les idées nouvelles, et de l'admiration pour Voltaire et Jean-Jacques Rousseau (dont il est le premier à publier les quatre Lettres à M. de Malesherbes), il prend vite conscience des abus que cette insurrection porte en elle et rédige des articles contre-révolutionnaires. Son inimitié envers Robespierre, auquel il reproche ses excès, lui vaut d’être arrêté sous la Terreur. Antoine Roucher est l'auteur d'une célèbre phrase passée à la postérité sous forme résumée : « Robespierre, surnommé « l'incorruptible » par des gens qui ne le sont pas ».

Il est emprisonné à Sainte-Pélagie puis à Saint-Lazare, où il a entre autres compagnons de captivité Michelle de Bonneuil, à laquelle il dédie fin 1793 des Stances sur les fleurs, puis l'année suivante André-Marie Chénier, Aimée de Coigny, duchesse de Fleury (la Jeune captive) et Hubert Robert, qui le représente une dizaine de fois (dont un dessin émouvant avec son fils Pierre-Angélique, dit Émile, « l’Archange », derrière les barreaux de la prison en compagnie d’Aimée de Coigny). En prison, il refond sa première traduction (1790) des Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations d’Adam Smith (Paris, F. Buisson, an III de la République).

André Chénier et Jean-Antoine Roucher sont victimes de la répression contre une conspiration des prisons qui s'avère imaginaire. Transférés à la Conciergerie, ils sont jugés pour « complot monarchiste », condamnés à mort et guillotinés le 7 thermidor an II. L'acte d’accusation de Roucher, signé Fouquier-Tinville, indique : « aristocrate puant, salarié de la liste civile, écrivain stipendié du tyran, mercenaire du parti autrichien, Président du club de la Sainte Chapelle, conspirateur à la maison d’arrêt de Saint-Lazare, pour Roucher, « ennemi du peuple » : la mort. » Dans la charrette qui emmène Chénier et Roucher vers la guillotine, ils échangent des vers tirés d’Andromaque : « Oui, puisque je perds un ami si fidèle…2 ».

Roucher est inhumé à Paris au cimetière de Picpus.

Un tableau d’Hubert Robert le représente dans sa cellule quelques jours avant son exécution3. Un dernier portrait, aujourd’hui au musée Carnavalet, est peint juste avant sa mort. Il compose alors pour l’orner ces quatre derniers vers, qu’il adresse à sa famille, et qui sont aujourd’hui connus sous le nom de Quatrain de Roucher :

À ma femme, à mes enfants, à mes amis :
« Ne vous étonnez pas, objets sacrés et doux,
   Si quelqu’air de tristesse obscurcit mon visage.
   Quand un savant crayon dessinait cette image
   J’attendais l’échafaud et je pensais à vous. »

Une partie de la belle et émouvante correspondance qu’il a échangée depuis la prison avec sa famille et ses amis (principalement avec sa fille Eulalie à laquelle il prodiguait d'affectueux et avisés conseils) fut rassemblée après sa mort et publiée sous le nom de Consolations de ma captivité (chez Agasse, imprimeur, 1797), témoignage passionnant sur la vie dans les prisons révolutionnaires.

André Chénier, moins connu à l’époque, et Jean-Antoine Roucher, tous les deux morts trop jeunes, peuvent être considérés comme les précurseurs du foisonnement poétique que connaîtra le XIXe siècle.

Un monumental tableau peint au début du XIXe siècle par Charles-Louis Muller, L'appel des dernières victimes de la Terreur, le représente avec un certain nombre de condamnés, dont André Chénier et Aimée de Coigny, à la Conciergerie. Ce tableau est exposé au musée national de la Révolution française, à Vizille ; le tableau préparatoire se trouve chez l’un de ses descendants.

La poétesse Marceline Desbordes-Valmore, admiratrice de l'homme et du poète, est touchée par la culture familiale de ses descendants et la façon dont ils honorent sa mémoire. Elle compose pour eux un poème Aux petits-enfants du Poète Roucher :

Il est des noms aimés qui s’attachant à l’âme
Vivent comme des fleurs au fond du souvenir :
Gémissant, mais baigné d’harmonie et de flamme,
Le vôtre a des parfums pour tout votre avenir.

Beaux enfants ! Que ce nom mélodieux rassemble
Doux héritiers du cygne, ah, ne nous quittez pas :
Un écho pleure encore où vous parlez ensemble,
Mais une gloire chante où vous posez vos pas.

Il existe une « Société des Amis de Roucher et André Chénier » fondée par Antoine Roucher aidé d'Édouard Guitton (1er Président) en 1980 à Versailles, dont le siège est situé à la mairie du 16e arrondissement de Paris et qui organise chaque année un colloque sur ou autour de la poésie du XVIIIe siècle avec une publication de ses actes Cahiers Roucher-André Chénier (32 numéros en 2011)

La devise d'Antoine Roucher était : « Se regarder passer » (Les Consolations, Lettres à Eulalie).

Les armes de la famille Roucher sont « d’azur à une hachette d’or accompagnée d'une plume passée en sautoir ».

En 1820, le nom de Roucher a été donné à une orchidée découverte en Colombie : la Roucheria punctata.

Il existe depuis 1883 une rue Antoine Roucher dans le seizième arrondissement à Paris, ainsi qu'une rue Roucher à Montpellier4.

Notes

  1. Voir la dédicace de sa grande œuvre poétique les Mois.
  2. Voir la gravure La Dernière Charrette.
  3. Tableau conservé au Wadsworth Atheneum Museum of Art à Hartford, Connecticut.
  4. http://www.v2asp.paris.fr/commun/v2asp/v2/nomenclature_voies/Voieactu/0360.nom.htm [archive]

Bibliographie

  • Encyclopædia Britannica Thesaurus Roucher.
  • Anthologie de la poésie française (le XVIIIe siècle sous la direction de Catriona Seth, Paris, La Pléiade, 2000.
  • Enfance des grands hommes ou le Plutarque des grands hommes, Paris, Belin, 1836.
  • Florence de Baudus, Le Lien du sang, Paris, Éditions du Rocher, 2000, 281 p., (ISBN 9782268036038).
  • Alcanther de Brahm Curiosités de Carnavalet Paris, Librairie de l'Académie, 1920.
  • Marie Breguet, Un « météore éclatant » : le poète Roucher, Madame Helvétius et la Société d'Auteuil, dir. Jean-Paul de Lagrave, Oxford, Voltaire Foundation, 1999, p. 87-101.
  • Charles-Aimé Dauban, Les Prisons de Paris sous la Révolution, Paris, Plon, 1870.
  • Antoine Guillois, Le Poète Roucher, Paris, Calmann Lévy, 1890.
  • Françoise Kermina, Les Dernières Charrettes de la Terreur, Paris, Perrin, 1988.
  • Jean-François La Harpe, Cours de littérature Paris, 1805.
  • G. Lenotre, Vieux papiers, vieilles maisons, Paris, Perrin, 1901-1930.
  • Jules Mazé, Visages d’autrefois : Antoine Roucher, Paris, Hachette.
  • La collection des 30 Cahiers Roucher André Chénier, 5 300 p..
  • Jules Michelet, Histoire de la Révolution française, Paris, Nelson, 1847-1853.
  • François Moureau, 'Le manuscrit Cabanis des Mois, Cahiers Roucher-André Chénier, no 5, 1985 [1986], p. 65-81.
  • Magali Mallet, Ma conscience est pure… Lettres des prisonniers de la Terreur, Paris, Honoré Champion, 2008.
  • Catriona Seth, « Les Notes de Roucher ou l’autre poème », Les Notes de Voltaire. Une écriture polyphonique, Études présentées par Nicholas Cronk et Christiane Mervaud, Oxford, SVEC 2003:03, p. 95-109.

Liens externes

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11 novembre 2017

de Trenck Frédéric

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Frédéric de Trenck

 
Frédéric de Trenck

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Couverture de ses mémoires

Biographie
Naissance
16 février 1726
Königsberg
Décès
25 juillet 1794 (à 68 ans)
Paris
Activité
Écrivain

Frédéric, baron de Trenck, né le 16 février 1726 à Kœnigsberg, mort le 25 juillet 1794 à Paris, servit d'abord dans l'armée prussienne.

Il était le cousin de Franz de Trenck.

Doté de tous les avantages extérieurs, il fut aimé de la princesse Anne Amélie de Prusse, sœur de Frédéric II ; leur liaison ayant été découverte. Le roi l'enferma dans une étroite prison (1745).

Il parvint à s'évader, se réfugia à Moscou, où il se fit aimer d'une princesse russe ; puis à Vienne, où il recueillit l'héritage de son cousin, après avoir abjuré le luthéranisme.

Étant rentré en Prusse pour affaires de famille (1753), il tomba entre les mains du roi qui le retint pendant dix ans prisonnier à Magdebourg.

Il put néanmoins épouser la princesse après la mort du roi en 1786. Celle-ci, qui l'avait attendu plus de quarante ans, s'éteignit peu après.

Il vint en France au commencement de la Révolution et fut arrêté sous la Terreur comme émissaire secret du roi de Prusse. Bien qu'il se fût déclaré partisan du nouveau régime, il périt sur l'échafaud deux jours avant la chute de Robespierre et la fin de la Terreur.

Il a publié de nombreux écrits et des Mémoires sur sa vie, qui offrent un vif intérêt. Ils ont été traduits en français par lui-même, Paris, 1788-1789, 3 volumes (le 3e contient les Mémoires de son oncle).

Filmographie

  • Trenck, film allemand de 1932.
  • Les aventures du baron von der Trenck série télé allemande.
  • Le téléfilm en deux parties Trenck — Zwei Herzen gegen dir Krone, avec Ben Becker et Alexandra Maria Lara1.

Notes

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10 novembre 2017

Vapereau Gustave

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Gustave Vapereau

 
Gustave Vapereau

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Nom de naissance Louis Gustave Vapereau
Naissance 4 avril 1819
Orléans
Décès 17 avril 1906
Morsang-sur-Orge
Activité principale
Écrivain, encyclopédiste
Auteur
Langue d’écriture Français

Œuvres principales

  • Dictionnaire universel des contemporains
  • Dictionnaire universel des littératures
Signature de Gustave Vapereau.

Louis Gustave Vapereau, né à Orléans le 4 avril 1819 et mort à Morsang-sur-Orge le 18 avril 1906, est un écrivain et encyclopédiste français.

Il est surtout connu comme l'auteur du Dictionnaire universel des contemporains et du Dictionnaire universel des littératures.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Principales publications
  • 3 Notes et références
  • 4 Citations
  • 5 Bibliographie
  • 6 Voir aussi
    • 6.1 Liens externes

Biographie

Désireux de lui assurer l’instruction qu’il n’avait pas lui-même, le père de Vapereau, boulanger, mit son fils au petit séminaire de la ville où il travailla et se signala par ses succès. Il termina ses études au Collège, où il fit sa philosophie. L’année même, en 1838, il remporta le prix d’honneur qui venait d’être institué par Salvandy pour un concours entre tous les collèges de la province, et il entra du même coup à l’École normale supérieure en 1838. Durant les trois années qu’il y passa, il connut nombre de jeunes hommes d’avenir, et se lia particulièrement avec Charles Lévêque, Ernest Bersot, Eugène Despois et Émile Deschanel. Comme Lévêque et Bersot, Vapereau étudiait surtout la philosophie, mais le mouvement des idées littéraires, alors confondues avec les idées libérales, l’entraînait aussi vers Despois et Deschanel. Vapereau était déjà ce qu’il resta jusqu’à la fin : au physique, sec et d’une endurance extraordinaire ; au moral, énergique, très actif, allègre, et indépendant comme son caractère, ouvert à toute idée généreuse, mais exempt d’utopie. Esprit curieux, très meublé de bonne heure (sa mémoire était étonnante), mais fort équilibré, et pratique jusque dans les questions de philosophie, mais non moins entendu aux sciences, pour lesquelles il conserva toujours un faible.

En 1841, il sortit de l’École Normale. Comme il n’était pas encore agrégé, Victor Cousin en fit l’un de ses secrétaires, pour un an. Il se plongea dans les manuscrits de Pascal, où Cousin pratiquait alors ses premières découvertes. Vapereau déchiffrait, compulsait. Il lisait les nouveautés à son maître, parfois jusqu’à extinction de sa voix et écrivait sous sa dictée.

En 1842, il fut nommé professeur de philosophie au collège de Tours. L’année suivante, il fut reçu agrégé de philosophie. Il mène une carrière universitaire jusqu’en 1852, date à laquelle il est mis en disponibilité. Il demeura dix ans à Tours où il épousa, en 1844, Mlle Forest, fille d’un propriétaire-vigneron de Tauxigny. De 1844 à 1852, trois enfants naquirent au jeune couple. Vapereau, qui s’était mis à l’étude de l’allemand, l’enseignait avec succès au collège, outre la philosophie.

Lors du Coup d'État du 2 décembre 1851 qui porta Napoléon III au pouvoir, les amis de Vapereau furent pour la plupart exilés, révoqués, démissionnaires. Moins exposé qu’eux dans sa province, il eût pu maintenir sa situation à Tours, mais ne le voulut pas et préféra démissionner. Revenu à Paris, il acheva son droit tout en donnant des leçons et se fit recevoir en 1854, avocat et inscrire au barreau de Paris, où toutefois il paraît n’avoir jamais plaidé, avant se consacrer tout entier aux travaux littéraires.

À cette époque, l’éditeur Louis Hachette cherchait à composer un recueil des notabilités contemporaines qui soit à la fois un rajeunissement du répertoire de Louis-Gabriel Michaud, déjà vieilli, et un correctif aux bibliographies d’Eugène de Mirecourt. Il fit part de son projet à Jules Simon, avec lequel il était lié, et celui-ci lui suggéra Vapereau. Hachette chargea Vapereau de préparer le Dictionnaire des contemporains, en lui laissant une entière liberté de rédaction personnelle et le choix de ses collaborateurs. Vapereau mit sur pied la publication en moins de quatre années. Les plans et la première préparation de l’ouvrage datent de 1854-1855. Vapereau, normalien, philosophe et libéral, s’était entouré de collaborateurs tels que lui : Bersot, Alfred Maury, Deschanel, etc. Chacun donnait sa note ; une fois la part faite à la biographie, aux faits, le rédacteur appréciait, jugeait, bref, philosophait sur son sujet. Il visait non seulement à informer le public, mais à l’instruire, à l’élever, à le faire penser s’il était possible. Dès 1858, paraissait la première édition.

Le Dictionnaire des Contemporains fit fortune auprès du public non seulement parce qu’alors le goût était aux dictionnaires, mais encore et surtout parce qu’il était riche, informé, précis et varié. Au lendemain de la guerre d’Orient, au début d’un mouvement politique, économique, social où l’Europe se renouvelait, il apportait au curieux, au travailleur, au journaliste comme à l’écrivain, une mine de faits et de renseignements nécessaires pour écrire l’histoire contemporaine, ou simplement pour la suivre. Au fut et à mesure des éditions, l’ouvrage grossissait : de 1858 à 1870, quatre éditions différentes n’épuisèrent pas le succès du « Vapereau » : 1858, 1861, 1865, 1870. Vapereau réclamait toujours pour lui les matières délicates, qui engageaient une responsabilité. C’est lui qui rédigea l’article Napoléon III, sans qu’il en coûtât rien ni à sa probité, ni aux risques de l’éditeur. Retouché et complété par la suite, dans les éditions de 1880 et de 1893, mais non modifié dans son esprit, cet article offre, dans son large développement, une preuve de conscience et d’impartialité chez une victime de l’Empire.

Le succès de cet inventaire des contemporains donna à Vapereau l’idée d’en dresser quelques autres, cette première tâche ne suffisant plus à son activité. Sitôt l’édition de 1858 parue, il rédigea sur son temps disponible, l’Année littéraire et dramatique, répertoire pratique et précieux, dont les critiques, Sarcey, Weiss, etc, se sont tant servis, sans toujours le nommer. De 1859 à 1870, douze volumes parurent, un par an. Lorsque Vapereau quitta cette occupation pour d’autres plus urgentes, cette idée parut si bonne, qu’elle fut reprise et continuée par divers auteurs. Vapereau avait également jeté les bases, dès 1862, d’un Dictionnaire universel des littératures. Dans le plan primitif, ce dictionnaire devait être entièrement rédigé par deux seuls auteurs, Géruzez et lui. L’ouvrage avançait, mais lentement, pour beaucoup de causes, lorsque éclata la Guerre franco allemande de 1870.

L’écroulement de l’Empire et la proclamation de la République au lendemain de Sedan ramena les exilés ou les vaincus du coup d’État de Napoléon III. Victor Hugo, Deschanel, Challemel-Lacour, etc., secondaient de tous leurs efforts le gouvernement du 4 septembre. À Leon Gambetta qui cherchait des hommes de bonne volonté pour organiser la défense en province, Hérold signala Vapereau. Nommé préfet du Cantal dès le 14 septembre 1870, il s’employa activement à faire concourir ce pays, éloigné du théâtre de la guerre, à l’œuvre de la défense nationale en déployant, dans ces fonctions imprévues, sa grande activité, servie par un rare sens pratique. Le 26 mars 1871, il passa à la préfecture de Tarn-et-Garonne de 1871 à 1873. Rentré dans l’Université, il fut inspecteur général de l’instruction publique (enseignement primaire) du 23 janvier 1877 jusqu’au 1er avril 1888, où il fut remis à la retraite par suppression d’emploi et nommé inspecteur général honoraire.

Retourné, après cette brève carrière administrative, à son activité littéraire à la maison Hachette, Vapereau reprit, de 1873 à 1876, le Dictionnaire des littératures où il l’avait laissé, en activa la rédaction, et le fit paraître (1876). Il fournissait en même temps des articles sur les questions de droit et de philosophie au Dictionnaire des sciences philosophiques de son ami Adolphe Franck, collaborait à l’Encyclopédie générale, à l’Encyclopédie pédagogique, etc. lorsqu’il fut nommé Inspecteur général de l’enseignement primaire le 23 janvier 1877.

Il a collaboré, sous son nom ou sous divers pseudonymes, à de nombreuses revues, en particulier à l'Illustration en collaboration avec son gendre Maurice Tourneux, sous le pseudonyme de G.-M. Valtour, à la Revue de l’Instruction publique, à la Revue française, au Manuel général de l’Instruction primaire, aux Nouvelles et au Dictionnaire universel des Contemporains.

Vapereau a fourni des études sur la colonie pénitentiaire de Mettray, le divorce, la réforme pénitentiaire (1847-1849) à la Liberté de penser ; quelques articles sur des questions touchant à la fois au droit et à la philosophie au Dictionnaire des sciences philosophiques ; l’article « Allemagne » à l’Encyclopédie générale ; l’article « Littérature française » à l’Encyclopédie pédagogique.

Il a également écrit sous le pseudonyme d’« Adrien Tell ». Le 7 février 1878, il reçut la Légion d’honneur du ministre Bardoux, en même temps qu’Auguste Barbier.

Il est le père de Charles Vapereau, diplomate, commissaire général du gouvernement chinois à l'exposition universelle de 1900.

Principales publications

  • De la Colonie agricole et pénitentiaire de Mettray (1848)
  • De la Réforme pénitentiaire (1849)
  • Dictionnaire universel des contemporains, contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers... ouvrage rédigé et continuellement tenu à jour, avec le concours d’écrivains et de savants de tous les pays (Plusieurs éditions, 1858-1895) Texte en ligne 1858 t.1 (A-H) [archive], 1858 t.2 (I-Z) [archive], 1858 Supplément [archive], 1870 [archive], 1880 [archive], 1893 [archive].
  • L’Année littéraire et dramatique ou Revue annuelle des principales productions de la littérature française et des traductions des œuvres les plus importantes des littératures étrangères, classées et étudiées par genres (1859-1869) Texte en ligne 1859 [archive], 1860 [archive], 1861 [archive], 1862 [archive], 1863 [archive], 1864 [archive], 1865 [archive], 1866 [archive], 1867 [archive], 1868 [archive], 1869 [archive].
  • Appréciation générale des Misérables de M. Victor Hugo (1862)
  • Dictionnaire universel des littératures Contenant : I, des notices sur les écrivains de tous les temps et de tous les pays et sur les personnages qui ont exercé une influence littéraire, l’analyse et l’appréciation des principales œuvres individuelles, collectives… II, la théorie et l’historique des différents genres de poésie et de prose… III, la bibliographie générale et particulière, les ouvrages à consulter sur les questions d’histoire, de théorie et d’érudition (1876) Texte en ligne [archive]
  • Éléments d’histoire de la littérature française, contenant une esquisse générale de l’histoire de la littérature française (1886-1896)
  • Esquisse d’histoire de la littérature française (1882-1914) Texte en ligne [archive]
  • L’Homme et la vie. Notes et impressions (1896). Articles écrits pour l’Illustration entre 1880 et 1896 en collaboration avec Maurice Tourneux.

Notes et références

Citations

  • "La politique est l'art d'obtenir de l'argent des riches et des suffrages des pauvres, sous prétexte de les protéger les uns des autres."

Citée par Jacques Sternberg, dans le "Dictionnaire des idées revues"; parfois attribuée à Jules Michelet.

Bibliographie

  • Jules Banchereau, Gustave Vapereau, 1819-1906, notice sur un Orléanais, Orléans, impr. de A. Gout, 1907.

Voir aussi

Liens externes

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09 novembre 2017

Leclerc de Buffon Georges Louis Marie

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Georges Louis Marie Leclerc de Buffon

 

Georges-Louis-Marie Leclerc de Buffon

280px-Georges_Louis_Marie_Leclerc_de_Buffon


Georges-Louis-Marie Leclerc de Buffon.

Naissance 22 mai 1764
à Montbard
Décès 10 juillet 1794 (à 30 ans)
à
(guillotiné)
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Grade Major en second
Famille Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (son père)
Mme de Cépoy, sa première femme
Victor Leclerc de Buffon
Fils de Mme de Cépoy et de Philippe-Égalité.

Georges Louis Marie Leclerc de Buffon, né le 22 mai 1764 à Montbard et guillotiné le 10 juillet 1794 à Vincennes, est un militaire français.

Biographie

Fils du célèbre naturaliste Buffon, il avait reçu une éducation très soignée, dirigée spécialement vers les sciences, qui le rendait propre à remplir différentes fonctions. Une intrigue de cour lui ayant enlevé la survivance de la charge d’intendant du Jardin-du-Roi, que lui destinait son père, il préféra l’état militaire.

Il épouse le 5 janvier 1784 Marguerite Françoise Bouvier de la Mothe de Cépoy. Peu après son mariage, celle-ci devient la maîtresse du duc d'Orléans, futur Philippe-Égalité. Buffon est alors capitaine au régiment de Chartres en 1787, et son père lui ordonne de démissionner, car le duc d’Orléans était le colonel de son régiment : « L’honneur vous commande avec moi de donner votre démission et de sortir de votre régiment pour n’y jamais rentrer. »

Après des tentatives de rapprochement, la séparation est prononcée, et la jeune comtesse continue, sous le nom de « Mme de Cépoy », d’être admise dans la société du duc d’Orléans. Elle fixe ce prince, peu capable de constance, qui lui donne un fils, Victor, donné comme celui de M. de Buffon1. Un mois avant de monter sur l’échafaud, le duc écrivait de Marseille, où il était détenu, à la citoyenne Cépoy, la plus tendre des lettres.

À l’époque de la Révolution, Buffon se trouve major en second du régiment d'Agénois. Il suit d’abord le parti du duc d’Orléans, dans lequel il avait été entrainé par sa première femme, mais il le quitte bientôt, quand il connait les motifs secrets de cette détermination. Il divorce le 14 janvier 1794, quelques mois après l’exécution du duc d’Orléans, et épouse la nièce du naturaliste Daubenton.

Arrêté, comme suspect, en 1793, pendant la Terreur, il est emprisonné au Luxembourg et, au moment de la prétendue conspiration des prisons, il y est impliqué et condamné à mort par le tribunal révolutionnaire, sept jours avant la chute de Robespierre. Il montre beaucoup de fermeté dans ses derniers moments, et s’écrie en allant à l’échafaud ces seuls mots  : « Citoyens, je me nomme Buffon ! », mais ces paroles sont accueillies avec indifférence, la gloire de son père n’ayant pas suffi à le sauver de l’échafaud.

Rivarol2 disait de lui qu’il était « le plus mauvais chapitre de l’histoire naturelle de son père3 ». Buffon n’avait certes pas hérité du génie de son père, mais il n’était pas dépourvu de talent, comme on l’a dit. La gloire du père a nui au fils comme celle de Pierre Corneille à Thomas, mais il est vrai le fermier du comte Buffon à Montbard eut plus de chance avec son propre fils Jean-Andoche Junot.

Notes

  1. Gonzague Saint Bris, La Fayette, Éditions Télémaque, Paris, 2006, (ISBN 2-7533-0039-9)
  2. Un jour, il répondit à Buffon, qui lui demandait ce qu’il pensait de son fils, qu’on surnomma également « Buffonet » : « Il y a une si grande distance de vous à lui, que l’univers entier passerait entre vous deux. »
  3. Selon d'autres, ce serait Frédéric II qui aurait prononcé ces paroles. On rapporte aussi qu’on plaisantait aussi son fils Victor sur la disproportion qui existait entre son père et lui en l’appelant souvent, dans la société, « le petit-fils de son grand-père », et qu’il était le premier à rire de cette plaisanterie.

Sources et bibliographie

  • Revue contemporaine, 11e année, 2e série, t. 27e, LXIIe de la collection, Paris, Bureaux de la Revue contemporaine, 1862, p. 576.
  • Vieille de Boisjolin, Alphonse Rabbe, Charles-Augustin Sainte-Beuve, Biographie universelle et portative des Contemporains : ou Dictionnaire historique des hommes vivants et des hommes morts (de 1788 à 1828), vol. 1, Paris, Chez l'éditeur, 1836, p. 679.
  • Gonzague Saint Bris, La Fayette, Éditions Télémaque, Paris, 2006, (ISBN 2-7533-0039-9), p. 233-34.

 

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08 novembre 2017

Peltier Jean-Gabriel

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Jean-Gabriel Peltier

 

 

Jean-Gabriel Peltier

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Naissance 21 octobre 1760
Gonnord
Décès 31 mars 1825 (à 64 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Pays de résidence Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Profession
pamphlétaire
journaliste

Jean-Gabriel Peltier, né le 21 octobre 1760 à Gonnord, et mort le 31 mars 1825 à Paris, est un journaliste français. Il est le fils de Jean Peltier-Dudoyer, un armateur de Nantes qui pratique le commerce des esclaves et aide la Révolution américaine1.

Biographie

Résolument opposé à la Révolution française, il fonde le 2 novembre 1789, Les Actes des Apôtres, un pamphlet périodique auquel collaborent des écrivains royalistes comme Rivarol et surtout François-Louis Suleau.

La journée du 10 août 1792 l'oblige à fuir en Grande-Bretagne. Depuis Londres, il poursuit ses publications anti-révolutionnaires, notamment dans l'Ambigu2.

Il est nommé par le général Henri Christophe comme chargé d'affaires auprès de George III d'Angleterre, lorsque celui-ci fonde la République Haïtienne.

Il rentre en France en 1820.

François-René de Chateaubriand, que Peltier a rencontré à Londres en 1793, a laissé de lui, dans ses Mémoires d'outre-tombe, un portrait généralement peu flatteur : « Il n’avait pas précisément de vices ; mais il était rongé d’une vermine de petits défauts dont on ne pouvait l’épurer : libertin, mauvais sujet, gagnant beaucoup d’argent et le mangeant de même […] grand, maigre, escalabreux, les cheveux poudrés, le front chauve, toujours criant et rigolant ». Les deux hommes s’étaient brouillés au moment de la publication par Chateaubriand du Génie du christianisme. Mais malgré cela, il lui accordait « une place distinguée dans notre littérature ». Chateaubriand devait pourtant beaucoup à Peltier dont ce dernier conserva l'amitié même s'il égratigna lui même le poète pendant sa période Napoléonienne3.

Louis de Fontanes, grand maître de l'université de Napoléon, et ami, écrira à la fin de sa vie à Jean-Gabriel Peltier : « Je suis vaincu par le temps… mais mon vieux cœur sera toujours sensible et n'oublierai jamais les moments heureux passés près de vous dans les jours d'exil »4

Notes et références

  1. « Il a acheté HMS Drake  » [archive], Seacoast,‎ 2012 (consulté le 28 juin 2016).
  2. Hélène Maspero-Clerc, Un journaliste contre-révolutionnaire, Jean-Gabriel Peltier (1760-1825).
  3. Cité par Tugdual de Langlais [archive].
  4. Tugdual de Langlais, op. cit..

Bibliographie

  • « Jean-Gabriel Peltier », dans Jean Tulard, Jean-François Fayard et Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française. 1789-1799, éd. Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 1987, 1998 [détail de l’édition], p. 1025
  • Hélène Maspero-Clerc, « Un journaliste contre-révolutionnaire, Jean-Gabriel Peltier (1760-1825) » compte-rendu1 :
  • Hélène Maspero-Clerc, Un journaliste contre-révolutionnaire, Jean-Gabriel Peltier (1760-1825), Paris, SER, coll. « Bibliothèque d'histoire révolutionnaire » (no série 3,13), 1973, 360 p. (ISBN 2-908327-17-1)
  • Tugdual de Langlais, Jean Peltier Dudoyer, l'armateur préféré de Beaumarchais, de Nantes à l'Isle de France, Éd. Coiffard, 2015, 340 p. (ISBN 9782919339280)

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07 novembre 2017

Baudelocque Jean-Louis

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Jean-Louis Baudelocque

 

Jean-Louis Baudelocque

Baudelocque

« Jean-Louis Baudelocque », selon une lithographie de Verlens, in: Corlieu (A.), Centenaire de la Faculté de médecine de Paris, 1794-1894, F. Alcan (Paris), 1894

Biographie
Naissance
30 novembre 1745
Heilly
Décès
2 mai 1810 (à 64 ans)
Paris
Sépulture
Cimetière du Père-Lachaise, cimetière de Vaugirard
Activités
Médecin, enseignant, professeur d'université, gynécologue
Autres informations
A travaillé pour
Hôpital Necker-Enfants malades
Domaine
Maïeutique

Jean-Louis Baudelocque, né le 30 novembre 1745 à Heilly en Picardie et mort le 2 mai 1810 à Paris, est un médecin accoucheur et professeur d'obstétrique français. Il est le plus célèbre des médecins accoucheurs de son époque. Auteur de L’art des accouchements, il a fait de l'obstétrique une discipline scientifique.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Œuvres et publications
  • 3 Hommages
  • 4 Bibliographie
  • 5 Notes et références
  • 6 Annexes
    • 6.1 Articles connexes
    • 6.2 Liens externes

Biographie

Tombe au cimetière du Père-Lachaise.
Pelvimètre
Forceps français de type Levret-Baudelocque (1760–1860)

Baudelocque était le fils de Jean Baptiste Baudelocque, chirurgien, et d'Anne Marguerite Levasseur. Ses frères Félix Honoré (1744-1794) et Jean Baptiste (1749-1800) ont été tous deux médecins1.

À la mort prématurée, à l'âge de 35 ans, de François-Louis-Joseph Solayrès de Renhac, il lui succède dans la charge d'enseignement de l'obstétrique à l'Hôpital de la Charité. Grâce à Baudelocque, l’œuvre de Solayrès a échappé à l'oubli2.

Il épouse Andrée de Vulier ou de Rullie le 6 avril 1777, qui meurt le 4 janvier 1787. Il épouse ensuite Marie Catherine Rose Laurent le 14 septembre 1788, dont il aura cinq enfants.

Il était le médecin accoucheur des reines d'Espagne, de Hollande, de Naples et de toutes les dames de la cour. Il avait été choisi et retenu d'avance pour mettre au monde l'héritier attendu par Napoléon et l'impératrice Marie-Louise d'Autriche. Mais, frappé de congestion cérébrale, il n'allait pas voir naître le Roi de Rome. Baudelocque est également connu pour avoir été mêlé à un retentissant procès qui lui avait été intenté par un médecin accoucheur, Jean François Sacombe, farouche opposant de la césarienne et défenseur des pratiques traditionnelles des sages-femmes. Sacombe, qui s'était érigé en défenseur des sages-femmes, accusant Baudelocque d'infanticide, finira par perdre son procès en 1804 et, par la même occasion, tout sens de la mesure.

Jean-Louis Baudelocque est mort le 2 mai 1810, au 16 rue Jacob à Paris (6e), où il demeurait. Il a été inhumé au cimetière de l'Ouest de Vaugirard, puis exhumé pour cause d'expropriation au motif du percement du boulevard Pasteur actuel. Il sera alors inhumé le 17 août 1839 au cimetière du Père-Lachaise (45e division)3.

Œuvres et publications

Ses écrits principaux sont : Principes sur l'art des accouchements, par demandes et réponses, en faveur des élèves sages-femmes de la campagne4, 1775 et l'Art des accouchements5, 1781, souvent réimprimés.

  • (la) An in partu propter angustiam pelvis, impossibili, symphysis ossium pubis secanda ? [Theses anatomico-chirurgicae, Parisiis], M. Lambert (Paris), 1776,Texte intégral [archive].
  • Principes sur l'art des accouchemens, par demandes et réponses, en faveur des sages-femmes de la campagne, Méquignon l'Aîné (Paris), 1787, Texte intégral [archive].
  • L'Art des accouchemens,nouvelle édition, revue, corrigée et augmentée, Desprez & Méquignon l'ainé (Paris), 1789, 2 vol.:
  1. Tome premier, Texte intégral [archive].
  2. Tome deuxième, Texte intégral [archive].

Hommages

Médecin de l'hôpital des Enfants malades, il laissera en 1890 son nom à la clinique Baudelocque. En 1966 sera édifiée la maternité Port-Royal. Les deux fusionnent en 1993 (Paris 14e). Avenue Denfert-Rochereau existe aujourd'hui une école de sages-femmes portant son nom6.

Bibliographie

  • Marie-France Morel, « Jean-Louis Baudelocque [archive] », dans le site de la Biu Santé [archive].
  • Peter Dunn, « Jean-Louis Baudelocque (1746–1810) of Paris and "L'art des accouchemens" », DOI:10.1136/adc.2003.044008.Texte intégral [archive].
  • H. L. Houtzager, « Jean Louis Baudelocque », in: Europ. J. Obstet. Gynec., 13, 1982, p. 323–324, Texte intégral [archive].
  • Maurice Genty, « L'affaire Baudelocque-Sacombe », in Le progrès médical, 1936, N°12, p. 89-92, Texte intégral [archive].

Notes et références

  1. http://gw.geneanet.org/garric?lang=fr&p=jean+louis&n=baudelocque [archive]
  2. Il écrit que la deuxième partie de son Art des accouchements est au fond une traduction de la Dissertatio (en latin) de Solayrès (Houtzager).
  3. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 87
  4. Principes sur l'art des accouchemens : par demandes et par réponses, en faveur des élèves sages-femmes, (7e  éd.… augmentée… d'un Appendice sur les instrumens, la vaccine et la saignée) [archive] disponible sur Gallica, Paris, Germer-Baillière, 1837
  5. En ligne : L'art des accouchements, vol. 1 [archive], Pavie, Balthasard Comino, 1793
  6. « Écoles de sages-femmes » [archive], sur www.ordre-sages-femmes.fr

Annexes

Articles connexes

  • Ignace-Philippe Semmelweis
  • Jean François Sacombe
  • Anne Amable Augier du Fot
  • Marie Lachapelle

Liens externes

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06 novembre 2017

Trudaine Daniel-Charles

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Daniel-Charles Trudaine

 

Daniel-Charles Trudaine

Daniel-Charles_Trudaine

Daniel-Charles Trudaine.
Dessin d'un buste de Trudaine paru dans Le Magasin pittoresque en 1833.

Fonction
Intendant
 
Biographie
Naissance
3 janvier 1703
Paris
Décès
19 janvier 1769(à 66 ans)
Activités
Cartographe, ingénieur civil, ingénieur
Autres informations
Membre de
Académie des sciences, Royal Society

Daniel-Charles Trudaine, né à Paris le 3 janvier 1703 et mort le 19 janvier 1769, est un administrateur français. Intendant des finances, il a principalement œuvré dans le développement du corps des ponts et chaussées (1747) et du réseau routier français1.

Il est aussi connu par l'atlas dit « Atlas de Trudaine » qu'il a laissé, l'un des plus précis concernant les routes et paysages de la fin du XVIIIe siècle, établi de 1745 à 1780 pour les Ponts et Chaussées2.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 L'atlas de Trudaine
  • 3 Notes et références
  • 4 Annexes
    • 4.1 Articles connexes
    • 4.2 Liens externes
    • 4.3 Bibliographie

Biographie

Daniel-Charles Trudaine, né à Paris, le 3 janvier 1703, était fils de Charles Trudaine, prévôt des marchands de Paris, devenu célèbre par sa droiture et son intégrité.

Après avoir occupé les charges de maître des requêtes, de conseiller d'État, d'intendant de la généralité de Riom, il fut choisi en 1743 par le contrôleur général Orry pour diriger, en qualité d'intendant des finances, le service des ponts et chaussées1.

Son premier soin fut de créer à Paris un bureau de dessinateurs chargés de réunir et de rapporter les plans des grandes routes, dont le contrôleur général Orry avait prescrit l'exécution en 17381.

Portrait de Daniel-Charles Trudaine, d'après Carmontelle

Ces plans, dessinés à l’échelle de une ligne pour dix toises, et accompagnés de tableaux détaillés, se trouvent encore dans plusieurs bureaux d'ingénieurs et sont remarquables par le soin avec lequel ils ont été dressés1.

Il est conseiller au Parlement de Paris, puis intendant d'Auvergne de 1730 à 1734. En 1743, il est nommé membre honoraire de l'Académie royale des sciences et, l'année suivante, directeur de l'Assemblée des inspecteurs généraux des ponts et chaussées, fonction qu'il occupe jusqu'à sa mort en 1769. En 1749, il est nommé Directeur du commerce, fonction considérable puisqu'il gouverne l'ensemble des intendants du commerce de France fonction qu'il occupe jusqu'à sa mort. C'est son fils Jean Charles Philibert Trudaine de Montigny qui lui succède à cette fonction de 1769 à 1777. Il fonde l'École royale des ponts et chaussées en 1747, avec à sa tête Jean-Rodolphe Perronet, ingénieur de la généralité d'Alençon.

En tant qu'administrateur des ponts et chaussées, Daniel Trudaine, économiste éclairé, fait réaliser plusieurs milliers de kilomètres de routes royales (actuelles routes nationales) reliant Paris aux frontières et aux principaux ports de mer. Ce réseau routier est alors considéré comme l'un des meilleurs d'Europe : routes aussi rectilignes que possible, tracées « de clocher à clocher », d'une largeur de 60 pieds, soit 19,40 mètres, bordées d'arbres fournis par les pépinières royales et de fossés entretenus par les riverains.

C'est lui qui décide de la construction de la Place royale de Reims. Il a aussi mis le pied à l'étrier de Jean-Pierre-François Guillot-Duhamel et Gabriel Jars, deux jeunes ingénieurs qui perfectionnent la technique métallurgique et minière après des voyages à l'étranger.

Son fils, Jean-Charles-Philibert Trudaine de Montigny, lui succède à la tête de l'Assemblée des inspecteurs généraux des ponts et chaussées.

L'atlas de Trudaine

Confluent du Drac et de l'Isère près de Grenoble

Beaucoup plus précis pour la représentation des routes que la carte de Cassini, il présente la caractéristique de contenir non seulement les routes existantes, mais tous les projets routiers de l'époque. Toute la France n'a cependant pas été cartographiée : seules 22 généralités des pays d'élections régies par des intendants l'ont été. Ce travail n'a pas été étendu aux pays d'états (Bourgogne, Provence, Languedoc et Bretagne) ni aux pays d'imposition conquis par Louis XIV, sauf pour la généralité de Metz (3 atlas) et le Haut-Cambrésis (trois atlas aussi3) qui ont fait l'objet d'une cartographie détaillée.

Cet atlas constitue une documentation historique précieuse et très recherchée sur les paysages français.

Notes et références

  1. a, b, c et d F.-P.-H Tarbé de Saint-Hardouin (1884), Notices biographiques sur les ingénieurs des ponts et chaussées, p. 11
  2. Atlas Trudaine, Base Archim [archive]
  3. Exemple : les feuilles concernant le Haut-Cambraisis [archive] (téléchargement)

Annexes

Articles connexes

  • Atlas, géographe,
  • Cartographie

Liens externes

Bibliographie

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