Vendée Militaire et Grand Ouest

15 juillet 2020

Junot d'Abrantès Laure

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Laure Junot d'Abrantès

 

Laure d’Abrantès

Laure_Junot

Gravure d’après Julien Léopold Boilly (1836).
Nom de naissance Laure Junot, duchesse d’Abrantès
Naissance 6 novembre 1784
Paris
Décès 7 juin 1838
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Mémorialiste

Laure Junot, duchesse d’Abrantès, née Laure Adelaïde Constance Permon le 6 novembre 1784 à Montpellier et morte le 7 juin 1838 à Paris, est une mémorialiste française.

Fille de Charles Martin Permon, pourvoyeur de vivres pour l’Armée d’Amérique1 et administrateur civil en Corse, et de Panoria Comnène, Laure Permon se prétendait issue par sa mère d’une branche déchue des empereurs byzantins. Mariée à Junot, qui deviendra fou et finira par se suicider en 1813, elle commença une carrière littéraire pour pallier ses multiples revers de fortune, et ce grâce à la collaboration d’un jeune écrivain encore méconnu : Honoré de Balzac2.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Notes et références
  • 3 Œuvres
  • 4 Bibliographie
  • 5 Liens externes

Biographie

Laure d’Abrantès a rapporté dans ses Mémoires que le jeune Napoléon Bonaparte avait demandé sa mère en mariage après son veuvage. Si l'information semble quelque peu douteuse, il est néanmoins certain qu’il a beaucoup fréquenté sa famille une fois qu’elle s’est, après diverses vicissitudes, installée à Paris après la chute des Jacobins le 9 thermidor an II.

Mariée au général Junot au début du Consulat, elle entre bientôt dans l’animation de la vie parisienne où sa beauté, son esprit caustique et son extravagance ne tardent pas à la faire remarquer. Et si le premier Consul la surnomme la petite peste, c'est de manière affectueuse car il la traite, ainsi que Junot, avec la plus grande générosité ; un sentiment qui néanmoins ne sera jamais partagé par l'intéressée, la duchesse n'hésitant pas à se répandre en sarcasmes et calomnies à son endroit dans ses Mémoires historiques sur Napoléon Ier. Elle fait montre, durant la mission diplomatique de son mari à Lisbonne, d’une telle prodigalité que celui-ci se retrouve à son retour à Paris, en 1806, surchargé de dettes que ses propres intrigues ne font rien pour arranger. À Paris, elle reçoit les leçons de piano de Daniel Steibelt, qui lui dédie deux œuvres, "Le Bouquet", pour sa fête en août 1807, et une grande pièce en l'honneur de la paix de Tilsit. Elle rejoint à nouveau son mari à Lisbonne après son entrée victorieuse dans cette ville fin 1807, mais même les libéralités et le butin acquis à Lisbonne ne satisfont pas ses exigences. Elle accompagne ensuite Junot durant une partie de la guerre d’Espagne.

De retour en France en octobre 1808, la vivacité de ses remarques et la réception d’invités exécrés de l’Empereur suscitent le mécontentement de Napoléon. Elle devient également la maîtresse du comte de Metternich, ambassadeur d’Autriche en France. L’aggravation des troubles mentaux de Junot la menace ensuite de ruine, ce qui explique peut-être pourquoi elle a trempé dans les intrigues visant à restaurer les Bourbons au trône en 1814. Elle ne se ralliera pas à Napoléon pendant les Cent jours.

Après 1815, elle passe la majeure partie de son temps à Rome, dans le monde artistique qu’elle anime par la vivacité de sa conversation. De retour à Paris, sous la Restauration, elle devient monarchiste et traite Napoléon Bonaparte de monstrueux usurpateur, puis tente de combler ses dettes et de retrouver son rang en vendant meubles et bijoux. Mais surtout, elle rêve d’écrire pour ajouter à ses maigres revenus des droits d’auteur3. C’est ainsi qu’elle devient la maîtresse du jeune Honoré de Balzac vers 1828, après s’être longtemps refusée à lui. L’auteur de La Comédie humaine lui sert d’abord de conseiller, de correcteur et d’homme à tout faire4. C’est lui qui la pousse à rédiger ces Mémoires qu’il corrigera inlassablement et dont, le succès acquis, elle niera impudemment qu’il y eût mis la main5.

La Duchesse connaît cependant une triste fin de vie, jalonnée de difficultés financières et littéraires. Après quelques années de succès, les échecs se succèdent : Balzac ne travaille plus pour elle, elle le perd comme amant et elle doit louer un rez-de-chaussée rue de La Rochefoucauld où elle tente de reconstituer un salon avec des amis fidèles aux souvenirs de l’Empire. Juliette Récamier, Théophile Gautier (qui la surnommait « la duchesse d’Abracadabrantès »), des acteurs mondains et des douairières sont de ceux-là. Les journaux parlent de la Société des polichinelles au sujet des acteurs mondains. Mais le pire est à venir. Le libraire Ladvocat refusant ses manuscrits, la duchesse tombe dans l’indigence, doit vendre son mobilier, et finit sa vie dans un hôpital où, faute d’argent, on la place dans une mansarde6.

Elle est inhumée au cimetière de Montmartre, où sa tombe est ornée d'un médaillon de David d'Angers.

Tombe de Laure Junot duchesse d'Abrantés (cimetière de Montmartre, division 22)

Notes et références

La duchesse d’Abrantès et son mari, le général Junot.
  1. Samuel S. de Sacy. Notes sur Les Secrets de la princesse de Cadignan. Folio classique. p. 394.
  2. André Maurois, Prométhée ou la vie de Balzac, Hachette, Paris, 1965, p. 116.
  3. André Maurois, op. cit. p. 116.
  4. André Maurois, op. cit., p. 115-119, p. 160.
  5. André Maurois, op. cit. p. 167.
  6. André Maurois, op. cit. p. 379.

Œuvres

  • Mémoires historiques sur Napoléon Ier, la Révolution, le Directoire, l’Empire et la Restauration (1831-1835). Nombreuses rééditions. En ligne [archive]
  • Histoires contemporaines (2 t., 1835)
  • Scènes de la vie espagnole (2 t., 1836) En ligne [archive]
  • Histoire des salons de Paris (6 t., 1837-1838) En ligne [archive]
  • Souvenirs d’une ambassade et d’un séjour en Espagne et en Portugal, de 1808 & 1811 (2 t., 1837) En ligne [archive]
  • L’Exilé, une rose au désert, Dumont, 1838.

Bibliographie

  • Virginie Ancelot, Les Salons de Paris : Foyers éteints, Paris, Éditions Jules Tardieu, 1858, 245 p. (lire en ligne [archive]), « Le Salon de la duchesse d’Abrantès », p. 83-122.
  • Robert Chantemesse, Le Roman inconnu de la duchesse d’Abrantès, Paris, Plon, 1927
  • Henri Malo, Les Années de bohême de la duchesse d’Abrantès, avec six portraits, Paris, Émile-Paul Frères, 1927
  • Henri Malo, La Duchesse d’Abrantès au temps des amours, Paris, Émile-Paul Frères, 1927
  • Nicole Toussaint du Wast, Laure Junot, duchesse d’Abrantès, Paris, Fanval, 1985
  • Jean Autin, La duchesse d'Abrantès, Paris, Perrin, coll. « Présence de l'histoire », 1991, 328 p. (ISBN 9782262007416)
  • Juliette Benzoni, La petite peste et le Chat Botté, Plon, 2014

Liens externes

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


14 juillet 2020

Nanteuil-Leboeuf Charles-François

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Charles-François Nanteuil-Leboeuf

 


Charles-François Nanteuil-Leboeuf

220px-Charles-François_Lebœuf-_Nanteuil

Naissance 10 août 1792
Paris
Décès 2 novembre 1865 (à 73 ans)
Paris
Nationalité France Française
Profession
Sculpteur
Eurydice mourante (1822), Paris, musée du Louvre.

Charles-François Nanteuil-Leboeuf, né à Paris le 10 août 1792 et mort dans cette même ville le 2 novembre 1865, est un sculpteur français.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Œuvres
  • 3 Notes et références
  • 4 Voir aussi
    • 4.1 Sources
    • 4.2 Liens externes

Biographie

Charles-François Nanteuil-Leboeuf obtient le grand prix de Rome de sculpture en 1817 avec une figure en plâtre, Agis, mourant sur ses armes.

Œuvres

  • Le Général Desaix (1848), statue en pied, bronze, Clermont-Ferrand, place de Jaude
  • Eurydice mourante (1822), statue, marbre, Paris, musée du Louvre1
  • Eurydice mourante [1] [archive] (1862), statue (réplique), bronze, Paris IIe, galerie Colbert
  • Portrait du peintre Pierre-Paul Prud'hon (1828), buste, marbre, Paris, musée du Louvre
  • Alexandre combattant [2] [archive] (1836), statue, pierre, Paris, jardin des Tuileries, grand bassin rond, le grand carré
  • La Ville de Beauvais (1865), statue, pierre, Paris, gare du Nord, façade
  • La Ville de Lille (1865), statue, pierre, Paris, gare du Nord, façade
  • Agis, mourant sur ses armes (1817), statue, plâtre, Paris, École nationale supérieure des beaux-arts
  • Glorification de Saint Vincent de Paul, Paris, église Saint-Vincent-de-Paul
  • Le roi Charles X, statue colossale, pierre, Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon
  • Portrait de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne (1433 - 1477) (1838), buste, plâtre, Versailles, Galerie des batailles du château de Versailles
  • Portrait de Jean-Luc-Sébastien-Bonaventure Carbuccia, général de brigade (1808 - 1854) (1858), buste, marbre, Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon
  • Portrait de Charlemagne, empereur d'Occident (742 - 814) (1840), statue en pied plus grande que nature, marbre, Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon
  • Portrait de Louis-Philippe Ier, roi des Français (1773 - 1830), buste, plâtre, Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon
  • Portrait de Mathieu Molé, chancelier de France (1584 - 1656) (1840), statue en pied plus grande que nature, plâtre, Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon
  • Charles de Secondat, baron de Montesquieu, hommes de lettres (1689 - 1755), statue, plâtre, Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon
  • Portrait d'Henri LXI, prince de Reuss-Chlietz, général de brigade au service de la France (1784 - 1813) (1841), buste, plâtre, Versailles, Galerie des batailles du château de Versailles
  • Portrait d'Étienne Jacques Joseph Alexandre Macdonald, duc de Tarente, maréchal de l'Empire (1765 - 1840), statue en pied plus grande que nature, marbre, Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon
  • Portrait du peintre Pierre-Paul Prud'hon (1827), buste, marbre, Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon : salon de 1827, n° 1163
  • Mort d'Oreste (1840), dessin, lavis brun mine de plomb, Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques
  • Trois bas-reliefs pour le péristyle du Panthéon de Paris (1837) : L'Apothéose du héros mort pour la patrie, encadrée par Les Sciences et les Arts et La Magistrature.

Notes et références

  1. Notice no 548 [archive], base Atlas, musée du Louvre

Voir aussi

Sources

  • Antoinette Ehrard, « Autour de la statue de Desaix par Nanteuil », in Annales historiques de la Révolution française, no 324 « Numéro spécial Louis Charles Antoine Desaix. Officier du roi, Général de la République », avril-juin 2001.
  • Simone Hoog, préface de Jean-Pierre Babelon, avec la collaboration de Roland Brossard, Musée national de Versailles. Les sculptures. I - Le musée, Paris, Réunion des musées nationaux, 1993.

Liens externes

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

13 juillet 2020

de La Gorce Paul-Marie

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 


Paul-Marie de La Gorce


Paul-Marie de La Gorce

delagorce

Naissance 10 novembre 1928
Paris 7e (France)
Décès 1er décembre 2004 (à 76 ans)
Neuilly-sur-Seine
Activité principale
journaliste, écrivain et historien
Distinctions
Prix Broquette-Gonin
Auteur
Langue d’écriture française

Paul-Marie de La Gorce, né le 10 novembre 1928 à Paris et mort le 1er décembre 2004 à Neuilly-sur-Seine, est un journaliste, écrivain et historien français.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Sources
  • 3 Bibliographie
  • 4 Notes et références
  • 5 Liens externes

Biographie

Fils de Paul de La Gorce, directeur du LCIE Bureau Veritas (Laboratoire central des industries électriques), et de Henriette de Lescure, et petit-fils de Pierre de La Gorce, il est élève au lycée Condorcet et à la Faculté des lettres de Paris, et obtient un doctorat en sciences politiques1.

Il a travaillé pour France-Observateur, L'Express, Jeune Afrique, Le Figaro, Témoignage chrétien, Le Monde diplomatique et Radio France. Il est attaché à la direction des éditions de Montsouris de 1955 à 1959 et directeur de L'Actualité, magazine gaulliste de gauche, de 1969 à 1971.

En 1965, il est chargé de travaux au Centre d'études de politique étrangère, dont il devient président.

Membre du comité central et du bureau politique de l'UDR de 1967 à 1973, fondateur du club Nouvelle Frontière et considéré comme un gaulliste de gauche, proche de Michel Jobert et de Jean-Pierre Chevènement, il est conseiller technique aux cabinets des ministres Christian Fouchet de 1967 à 1968 et Yves Guéna en 1968, directeur du cabinet de Léo Hamon, secrétaire d'État auprès du Premier ministre Jacques Chaban-Delmas, du 4 juillet 1969 à sa nomination comme directeur du magazine L'Actualité le 29 septembre 19692, et conseiller au cabinet du Premier ministre gaulliste Pierre Messmer de 1972 à 1974.

Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages historiques et d'essais. Il a dirigé les revues Défense nationale (de 1989 à 1995) et L'Espoir.

Le 23 novembre 1971, il est nommé par Pierre Desgraupes conseiller en politique étrangère de l'unité d'information de la première chaîne de télévision3. Il est également commentateur de politique étrangère à l’ORTF puis sur TF1 et chef du service étranger de Radio-France de 1985 à 1993.

Il est membre du Haut conseil de la mémoire combattante de 1997 à 2004.

Sources

Les papiers personnels de Paul-Marie de La Gorce sont conservés aux Archives nationales sous la cote 588AP4

Bibliographie

  • La République et son armée, 1963
  • De Gaulle entre deux mondes, 1964
  • Clausewitz et la stratégie moderne, 1964
  • La France pauvre, 1965
  • La France contre les Empires, 1969
  • Pour un nouveau partage des richesses, 1972
  • L'Effort de défense des grandes puissances, 1975
  • L'Après guerre, Grasset, 1978.
  • Naissance de la France moderne : Apogée et mort de la IVe République, Grasset, 1979 (ISBN 2-24-600742-9).
  • L'État de jungle, 1982
  • La Prise du pouvoir par Hitler 1928-1933, 1983, 7e Prix Fondation Pierre-Lafue 1983
  • La Guerre et l’atome, 1985
  • L'Empire écartelé, 1936-1946, Denoël, 1988
  • Requiem pour les révolutions, 1990
  • La Première guerre mondiale, 1991
  • L'Aventure de l'atome, 1992
  • La Première Guerre mondiale, Flammarion, 1995 (ISBN 2-08-035154-0).
  • 39-45, une guerre inconnue, Flammarion, 1995 (ISBN 2-08-067099-9).
  • Le Dernier empire, 1996
  • De Gaulle, Perrin, 1999 (ISBN 2-26-201612-7).

Notes et références

  1. Notice sur Who's Who [archive]
  2. « M. Philippe Dondoux remplace M. Paul-Marie de La Gorce comme directeur de cabinet », Le Monde, 29 septembre 1969.
  3. « M. P.-M. de La Gorce conseiller en politique étrangère à " Information première " », Le Monde, 23 novembre 1971.
  4. Voir la notice dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales [archive]

Liens externes

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

12 juillet 2020

Geoffroy Saint-Hilaire Isidore

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Isidore Geoffroy Saint-Hilaire

 

Isidore Geoffroy Saint-Hilaire

Isidore_Geoffroy_Saint-Hilaire_002

Professeur Isidore Geoffroy Saint-Hilaire
Naissance 16 décembre 1805
Paris (12e arrondissement ancien) Drapeau de la France France
Décès 10 novembre 1861
Paris (5e arrondissement) Drapeau de la France France
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Zoologiste
Autres activités
Administrateur du Muséum national d'histoire naturelle
Professeur de zoologie à la Faculté des sciences de Paris
Distinctions
Commandeur de la Légion d'honneur
Famille
fils d'Étienne Geoffroy Saint-Hilaire et petit-fils d'Isidore-Simon Brière de Mondétour
père de Albert Geoffroy Saint-Hilaire

Compléments

Fondateur de la Société d'acclimatation de France

Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, né le 16 décembre 1805 à Paris (12e arrondissement ancien) et mort le 10 novembre 1861 à Paris (5e arrondissement), est un zoologiste français.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Principaux travaux
  • 3 Distinctions
  • 4 Hommage
  • 5 Notes
  • 6 Annexes
    • 6.1 Bibliographie
    • 6.2 Liens externes

Biographie

Isidore Geoffroy Saint-Hilaire.jpg

Isidore Geoffroy Saint-Hilaire est le fils du naturaliste et zoologiste Étienne Geoffroy Saint-Hilaire (1772-1844) et de Pauline Brière de Mondétour, fille de Isidore-Simon Brière de Mondétour (1753-1810). Il est né le 16 décembre 1805 au 33, rue de Seine à Paris1. Sa naissance est notamment déclarée par Frédéric Cuvier, ami de la famille. Isidore est l'ainé de deux sœurs jumelles nées le 5 décembre 1809 à Paris2.

Très tôt, il montre son aptitude pour les mathématiques, mais, finalement, il s'oriente vers l'histoire naturelle et la médecine. En 1824, il devient assistant-naturaliste de son père.

Il poursuit l'œuvre de son père qui avait étudié et classé de nombreuses monstruosités comme la célosomie3, la cyclopie, l'anencéphalie, les monstres doubles en précisant la classification. Il nomme cette science tératologie4.

De 1832 à 1837, il publie son œuvre principale sur la tératologie, Histoire générale et particulière des anomalies de l'organisation chez l'homme et les animaux.

En 1829, il prend en charge les cours de son père consacrés à l'ornithologie. Durant les trois années qui suivent, il enseigne la zoologie et la tératologie à l'École pratique. Il devient membre de l'Académie des sciences en 1833. En 1837, il enseigne à la faculté des sciences de Paris et, l'année suivante, se rend à Bordeaux pour y organiser une faculté du même genre.

Il devient successivement inspecteur de l'Académie de Paris en 1840, puis professeur au Muséum national d'histoire naturelle. Après le départ de son père en 1841, il est inspecteur-général des universités en 1844 et membre du conseil royal pour l'instruction publique en 1845. À la mort d'Henri-Marie Ducrotay de Blainville (1777-1850), il est nommé professeur de zoologie à la faculté des sciences.

C'est le 6 octobre 1854 qu'a lieu l'inauguration de la Société impériale zoologique d'acclimatation5, dont il devient le président. L'empereur Napoléon III offre 19 hectares dans le bois de Boulogne. La Société se propose alors de concourir à l'introduction, à l'acclimatation et à la domestication des espèces d'animaux utiles ou d'ornement, au perfectionnement et à la multiplication des races nouvellement introduites ou domestiquées. Après l'empire, le programme d'étude s'étend aux végétaux. Les événements politiques amènent une modification du nom de la société en Société nationale d'acclimatation de France.

Isidore Geoffroy Saint-Hilaire meurt le 10 novembre 1861 au 55, rue Cuvier à Paris (5e arrondissement)6.

C'est le fils d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire et de son épouse Louise Blacque-Belair (fille de François-Charles Blacque-Belair), Albert Geoffroy Saint-Hilaire (1835-1919), qui dirigera le jardin d'acclimatation.

Principaux travaux

En dehors des travaux sus-mentionnés, il est l'auteur de :

  • Principes de philosophie zoologique, Paris : Pichon et Didier, 1830
  • avec Adrien Antelme, Galerie zoologique ou exposé analytique et synthétique de l'histoire naturelle des animaux: sous la direction d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, Bibliothèque universelle de la jeunesse, 1837
  • Essais de zoologie générale, ou de mémoires et notices sur la zoologie générale, l'anthropologie et l'histoire de la science, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1841, in-8°, XV-II-518 p.
  • Vie, travaux et doctrine scientifique d'Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, P. Bertrand, 1847.
  • Acclimatation et domestication des animaux utiles, 18497
  • Lettres sur les substances alimentaires et particulièrement sur la viande de cheval, 1856
  • Histoire naturelle générale des règnes organiques, 1854-1862, en 3 volumes, qu'il n'aura pas le temps d'achever.
  • « Sur des femelles de faisans à plumage de mâles », in Mémoires du Muséum d'histoire naturelle, vol. 12, Paris : Dufour, 1825

Distinctions

Isidore Geoffroy Saint-Hilaire est membre de l'Ordre national de la Légion d'honneur8 :

  • Chevalier de la Légion d'honneur le 29 avril 1836 ;
  • Officier de la Légion d'honneur le 15 avril 1845 ;
  • Commandeur de la Légion d'honneur le 13 août 1861.

Hommage

Une des sculptures en bas-relief, toujours visibles, ornant la façade du bâtiment de 1907 ayant hébergé les services vétérinaires des abattoirs de Vaugirard, au 106, rue Brancion à Paris, lui rend hommage, représentant son visage de profil.

Notes

  1. Les registres paroissiaux et d'état civil à Paris antérieurs à 1860 ont disparu lors des incendies de la Commune de Paris en 1871, mais l'acte recopié se trouve dans le dossier de Légion d'honneur d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire. Extrait du registre des actes de naissance du 12e arrondissement ancien de Paris : Geoffroy Saint Hilaire, acte n°199 : Du vingt six frimaire de l'an quatorze à une heure de l'après-midi. Acte de naissance de Isidore, du sexe masculin, né le jour d'hier, à huit heures du matin, à Paris, maison nationale du Muséum d'histoire naturelle, rue de Seine n°33, Division des Plantes, fils de Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, Professeur de zoologie audit Muséum et membre de la Légion d'honneur, et de l'Institut d'Égypte, et de Angélique Jeanne Louise Pauline Brière de Mondétour, son épouse, demeurant comme dessus, mariés en cet Etat civil le vingt six frimaire de l'an treize. Les témoins sont : Léopold Nicolas Christian Frédéric Cuvier, secrétaire perpétuel de l'Institut national et membre de la Légion d'honneur et demeurant à Paris, même maison que l'enfant, et Anne Marie Simon Brière de Mondétour, oncle maternel, étudiant en droit, demeurant à Paris rue St Honoré n°354, Division de la Butte des Moulins, tous deux majeurs. Le nom d'Isidore ci-dessus a été donné à l'Enfant par son aïeul maternel, Isidore Simon Brière de Mondétour, ancien receveur Général des ..., maire du Deuxième arrondissement de Paris, membre de la Légion d'honneur, de présent en mission en Autriche auprès de l'Empereur Napoléon. Sur la réquisition à nous faite par ledit Geoffroy Saint-Hilaire, père présent, lequel a signé ainsi que les deux témoins par devant nous Maire du Douzième arrondissement de Paris soussigné, lecture faite dudit acte. Signé : E. Geoffroy Saint-Hilaire ; Brière de Mondétour ; G. Cuvier ; Collette, maire. Voir en ligne une copie de cet acte : http://www.culture.gouv.fr/LH/LH068/PG/FRDAFAN83_OL1115017v004.htm [archive]
  2. Fiches de l'état civil reconstitué de Paris, Archives de Paris.
  3. de célosome, concerne les éventrations plus ou moins importantes dues à des organes faisant hernie
  4. A. Morin, « La Tératologie de Geoffroy Saint-Hilaire à nos jours », Bulletin de l'association des anatomistes, 1996.
  5. Actuellement Société nationale de protection de la nature (SNPN)
  6. Extrait du registre d'état civil du 5e arrondissement de Paris : Geoffroy Saint Hilaire, acte n°3419 : Du Dix novembre mil huit cent soicante un à midi. Acte de décès de Isidore Geoffroy Saint Hilaire décédé ce jourd'hui à dix heures du matin à Paris en son domicilie rue Cuvier n°55 âgé de cinquante cinq ans onze mois, Commandeur de la Légion d'Honneur, Membre de l'Institut de l'Académie Impériale de médecine, Conseiller et Inspecteur général honoraire de l'Instruction Publique, Professeur administrateur au Muséum d'histoire naturelle, Professeur de zoologie à la faculté des sciences, Président de la société Impérial d'acclimatation, né à Paris, fils de feu Etienne Geoffroy Saint Hilaire et de Angélique Jeanne Louise Pauline Brière de Mondétour sa veuve âgée de soixante quinze ans, veuf de Louise Blacque. Le dit décès dûment constaté sur la déclaration de Jean Baptiste Henri Poulain d'Andecy gendre du défunt âgé de quarante trois ans ancien sous préfet demeurant à Paris rue St Pierre (Passy) n°7 et de Louis Edgard Geoffroy cousin du défunt âgé de trente deux ans employé demeurant à Paris rue Cuvier n°56, qui ont signé avec nous Etienne Augustin Albinet adjoint au maire du cinquième arrondissement lecture faite dudit acte. Signé : H. Poulain d'Andecy ; L. Geoffroy ; Albinet. Archives de Paris
  7. 4e édition numérisée et disponible sur Google Books [archive]
  8. Voir « Geoffroy Saint-Hilaire, Isidore » [archive], base Léonore, ministère français de la Culture

Annexes

Bibliographie

  • Jean-Baptiste Dumas, Éloge historique de Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, lu dans la séance publique de l'Académie des sciences le 25 novembre 1872, dans Mémoires de l'Académie des sciences de l'Institut de France, Gauthier-Villars, Paris, 1873, tome 38, p. CLXXVII-CCXII (lire en ligne) [archive]
  • M. Babinet, « La vie aux divers âges de la terre », Revue des deux mondes, 1856, p. 785
  • Amédée Dechambre, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, Asselin, 1866
  • Jean-Marie Mayeur, François Laplanche, Yves-Marie Hilaire, Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine : Les sciences religieuses, Beauchesne, 1996, p. 275
  • Pierre Ancet, « Le statut du monstre dans la tératologie d'Etienne et d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire », in Anna Caiozzo et Anne-Emmanuelle Demartini (Dirs.), Monstre et imaginaire social : approches historiques, Creaphis editions, 2008

Liens externes

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

11 juillet 2020

Comte Auguste

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Auguste Comte

 

Auguste Comte

260px-Auguste_Comte

Lithographie de Comte par Tony Touillon.

Naissance
19 janvier 1798
Montpellier
Décès
5 septembre 1857 (à 59 ans)
Paris
Sépulture
Cimetière du Père-Lachaise
Nationalité
française
Formation
Lycée Joffre
École polytechnique
Université de Montpellier
École/tradition
positivisme
Principaux intérêts
histoire des sciences, épistémologie, mathématiques, physique, biologie, philosophie politique, sociologie
Idées remarquables
Loi des trois états, sociologie
Œuvres principales
Cours de philosophie positiveSynthèse subjectiveCatéchisme positiviste
Influencé par
Bacon, Descartes, Condorcet, Saint-Simon, Bichat
A influencé
Littré, Michel Bakounine, Le Play, Mill, Proudhon, Bernard, Ferry, Durkheim, Lévy-Bruhl, Duhem, Alain, Maurras, Brunschvicg, Gilson, Bachelard, Canguilhem, Houellebecq
Conjoint
Caroline Massin (de 1825 à 1842)
Distinction
Chevalier de la Légion d'honneur‎

Auguste Comte (Isidore Marie Auguste François Xavier Comte), né le 19 janvier 1798 (30 nivôse An VI) à Montpellier (Hérault) et mort le 5 septembre 1857 à Paris, est un philosophe français. Il fut le secrétaire particulier puis collaborateur du comte de Saint-Simon, fondateur du mouvement saint-simonien. Saint-Simon et Comte rompent en 1824, mais la philosophie de ce dernier reste influencée par cette collaboration.

Après sa rencontre en 1844 avec Clotilde de Vaux et la mort de celle-ci en 1846, Auguste Comte fonde la « religion de l'humanité », sorte de religion sans Dieu où la déesse de l’Humanité est constituée de « l’ensemble des êtres passés, futurs et présents qui concourent librement à perfectionner l'ordre universel »N 1.

Il est le fondateur du positivisme, et est considéré comme un des précurseurs de la sociologie, qui constitue selon lui le sommet des recherches scientifiques. Il est l'auteur de la célèbre loi des trois états, selon laquelle l'esprit humain passe successivement par « l'âge théologique », par « l'âge métaphysique », pour aboutir enfin à « l'âge positif » admettant que la seule vérité accessible l'est par les sciences. Son influence sur l'épistémologie et la sociologie françaises est considérable.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Doctrine : le positivisme
    • 2.1 Idées générales
    • 2.2 Sources de sa pensée
    • 2.3 Le positivisme scientifique
      • 2.3.1 La loi des trois états
        • 2.3.1.1 L’état théologique
        • 2.3.1.2 L'état métaphysique
        • 2.3.1.3 L’état positif
      • 2.3.2 La classification des sciences
    • 2.4 Le « positivisme religieux »
    • 2.5 Critique de la Révolution française
  • 3 Postérité
    • 3.1 Appréciations du positivisme
    • 3.2 Premières influences : médecine
    • 3.3 Extension géographique
    • 3.4 Autres considérations épistémologiques
  • 4 Citations
  • 5 Notes et références
    • 5.1 Notes
    • 5.2 Références
  • 6 Ouvrages et articles de Comte
  • 7 Bibliographie critique
  • 8 Voir aussi
    • 8.1 Articles connexes
    • 8.2 Liens externes

Biographie

Son père était l'imposteur, le Receveur des Finances Louis-Auguste-Xavier Comte (1776-1859), sa mère Félicité-Rosalie Comte, née Boyer (1764-1837). Auguste Comte étudie au lycée de Montpellier. Il perd la foi à l'âge de 14 ans. Il est reçu à 16 ans à l'École polytechnique, dans les premiers, en 1814. Il est surnommé Sganarelle par les élèves de sa promotion, ou le philosophe. Il complète sa formation par la lecture des œuvres de David Hume, Condorcet, Joseph de Maistre, Bonald, Bichat, et Gall. Durant ces années, il s'illustre aussi par sa passion pour le jeu de dames.

À la Restauration, en avril 1816, toute sa promotion est congédiée pour manque de discipline par le comte de Vaublanc. Il trouve en 1817 un poste de secrétaire auprès de Saint-Simon (Claude-Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon), avec qui il collabore sur différents ouvrages jusqu'à une rupture orageuse en 1824.

Il fait la connaissance en 1821 de Caroline Massin, dont il dira dans l'« Addition secrète » de son testament qu'elle était alors une ancienne prostituée qu'il voulait sortir de sa condition en lui donnant des cours de mathématiques. En 1825, un mariage civil est d'abord célébré, puis un mariage religieux à la suite des instances de la mère de Comte.

La résidence d'Auguste Comtes de 1818 à 1822,Quartier Latin, Paris
La pierre tombale d'Auguste Comte

Il commence en 1826 à réfléchir à son Cours de philosophie positive, mais doit l'interrompre du fait d'une grave dépression, qu'il qualifie d'« épisode cérébral » et qui a peut-être un rapport avec la conduite de sa femme. Il erre pendant dix jours à Montmorency d'où il écrit une note à M. de Blainville. Il fait un séjour de huit mois à l'hôpital d'Esquirol, dont il sort avec la mention « NG » (non guéri)1, puis tente de se suicider. Il publie entre 1830 et 1842 les six volumes composant son Cours de philosophie positive. La légende affirme qu'il produit ses ouvrages de tête, sans notes ni lectures extérieures, et qu'une fois sa réflexion achevée, il rédige au fil de la plume et envoie ses travaux à l'impression.

Il devient en 1832 répétiteur adjoint à Polytechnique (cours d'analyse et de mécanique) — il sera répétiteur de ce même cours en 1838 ; se présentant au poste de professeur lors de diverses successions, il échouera à trois reprises (1830, 1836, 1840). Il est parallèlement nommé parmi les examinateurs d'entrée en 1836.

Séparé de sa femme en 1842, il rencontre en 1844 Clotilde de Vaux, sœur de l'un de ses plus célèbres élèves, Maximilien Marie. Éperdument amoureux de la jeune femme, il commence une relation passionnée et platonique, mais Clotilde meurt l'année suivante, le 5 avril, de la tuberculose.

Sa pensée évolue vers une forme de religiosité : pour faire son deuil, il s'impose la solitude et développe une « religion » de l'humanité. Alors qu'il perd peu à peu ses postes, il fonde en 1848 la Société positiviste. Au niveau politique, il s'enthousiasme pour la Révolution de 1848, s'intéresse à la question du prolétariat et tente, sans succès, de rallier le monde ouvrier à ses convictions. Il s'intéresse aussi à la fonction de l'État. Après avoir été très critique vis-à-vis du prince Louis-Napoléon, il est partisan du coup d'État de 1851, ce qui provoque le trouble chez ses disciples, qui prennent, tel Littré, leurs distances à son égard.

En 1852, il perd son poste de répétiteur de mathématiques à l’École polytechnique. La solitude ne l'empêche pas de se tenir au courant des affaires du monde et d'entretenir une correspondance importante : 3 000 lettres envoyées et 6 000 reçues. Institué « grand-prêtre de l'humanité », il publie le Système de politique positive entre 1851 et 1854, un Catéchisme positiviste en 1852, ainsi que la Synthèse subjective en 1856. Il fonde la Revue occidentale. La philosophie positive est traduite en anglais en 1856.

A. Comte propose une alliance au général des Jésuites en 18562.

Ami personnel de John Stuart Mill, il a vécu de ce que celui-ci lui a versé avant qu'ils ne se brouillent. Il meurt le 5 septembre 1857. Inhumé au cimetière du Père-Lachaise, une statue représentant l'humanité est érigée en 1983 derrière sa tombe.

Auguste Comte a eu un enfant d'une première femme, qu'il n'a pas élevé. Une fois arrivé à Paris, il n'a pas quitté certains quartiers de la capitale et n'a pas voyagé en Europe, à l'inverse d'autres penseurs.

Une statue d'Auguste Comte a été inaugurée en 1902 place de la Sorbonne, sous la présidence du général André, en présence de membres de la société positiviste.

L'épouse de Comte Anne Caroline Massin (1802—1877)
Sa petite amie Clotilde de Vaux (1815—1846)

Doctrine : le positivisme

Article détaillé : Positivisme.
Buste d'Auguste Comte

Dans son livre Auguste Comte et le positivisme, John Stuart Mill résume la doctrine positiviste de Comte d'une manière à la fois claire et synthétique :

« La doctrine fondamentale d'une philosophie véritable, d'après M. Comte, aussi bien que le caractère par lequel il définit la Philosophie Positive, se peuvent résumer de la façon suivante : Nous ne connaissons rien que des phénomènes ; et la connaissance que nous avons des phénomènes est relative, et non pas absolue. Nous ne connaissons ni l'essence, ni le mode réel de production, d'aucun fait : nous ne connaissons que les rapports de succession ou de similitude des faits les uns avec les autres. Ces rapports sont constants, c'est-à-dire toujours les mêmes dans les mêmes circonstances. Les ressemblances constantes qui lient les phénomènes entre eux, et les successions constantes qui les unissent ensemble à titre d’antécédents et de conséquents, sont ce qu'on appelle leurs lois. Les lois des phénomènes sont tout ce que nous savons d'eux. Leur nature essentielle et leurs causes ultimes, soit efficientes, soit finales, nous sont inconnues et restent, pour nous, impénétrables3

Comme Mill l'indique par la suite, « M. Comte ne revendique aucune originalité pour cette conception du savoir humain. Il confesse qu'elle a été presque mise en pratique, depuis les temps plus éloignés, par tous ceux qui ont apporté à la science quelque contribution véritable, et qu'elle s'est présentée d'une façon distincte aux esprits spéculatifs depuis Bacon, Descartes et Galilée, qu'il regarde comme étant collectivement les fondateurs de la Philosophie Positive. »

On peut noter que le terme même de positivisme n'est nullement l'invention de Comte. Ainsi, on parlait déjà de sciences positives à la fin du XVIIIe siècle. Saint-Simon employait déjà le terme de positivisme ; Auguste Comte, qui fut son secrétaire pendant six ans, l'a étendu à la philosophie.

Si les fondements de la philosophie positive ne sont donc nullement une découverte d'Auguste Comte (ce qu'il n'a jamais nié), il a apporté à cette doctrine un nouveau tour en montrant ce qu'elle n'était pas. John Stuart Mill confirme cette idée :

« Pour connaître convenablement ce qu'une chose est, nous avons besoin de connaître avec une égale netteté ce qu'elle n'est pas. Pour pénétrer le caractère réel d'un mode de penser, il nous faut comprendre quels sont les autres modes de penser qui rivalisent avec lui. M. Comte a pris garde que nous fassions ainsi. Les modes de philosopher qui, selon lui, disputent l'empire au mode Positif, sont au nombre de deux, et tous les deux antérieurs en date à ce dernier : ce sont le mode Théologique et le mode Métaphysique. »

Ces deux courants de pensée, s'ils ont de nombreuses différences, ont pour point commun d'affirmer qu'il existe des idées innées ou a priori et que donc, au contraire de la philosophie positive, toutes nos connaissances ne peuvent s'expliquer uniquement par l'observation et l'expérience.

En plus d'affirmer l'existence de ces trois grands modes de pensée, Comte propose une loi concernant l'évolution de chaque grande classe des connaissances humaines : celles-ci passent par trois états, de l'état théologique vers l'état métaphysique, puis vers l'état positif ; l'état métaphysique, s'il n'en est pas moins nécessaire, n'étant qu'une étape de transition entre les deux autres modes.

De cela, Comte déduit que le mode de pensée positif est « destiné à prévaloir finalement par l'effet de la conviction où l'on arrivera universellement que tous les phénomènes, sans exception, sont gouvernés par des lois invariables, avec lesquelles aucune volonté naturelleuement ou surnaturelle n'entre en lutte. » Ce stade de développement de l'humanité une fois atteint, les deux concepts historiqantinomiques d'ordre et de progrès seront rendus compatibles.

Pour certains, la position de Comte révèle toutefois certaines ambiguïtés lorsqu'il se réclame de Kant et de Leibniz pour affirmer qu'il existe chez l'homme des « dispositions mentales » spontanées et fait référence à un bon sens ou à une « raison commune spontanée » chez l'homme.

La philosophie d'Auguste Comte peut se décomposer en deux phases qui correspondent aussi à chaque femme qu'il a connue.

La première phase, qui se déroule de 1830 à 1842, correspond à ce que l'on appelle le positivisme scientifique ou positivisme philosophique. Dès cette époque, Comte commence à s'intéresser aux principes d'organisation sociale, en développant en 1839 le terme de « sociologie »6 créé auparavant par l'abbé Sieyès.

La deuxième phase, qui se déroule de 1846 à 1857, correspond à ce que l'on appelle quelquefois le positivisme religieux, en raison des applications politiques que Comte tire de sa doctrine : sacerdoce et prêtrise positivistes, culte de la science et de l'humanité, calendrier avec les noms des grands savants, organisation de la société par et pour la science7. On fait également référence à cette période comme celle de la méthode subjective.

On peut noter que de nombreux disciples et/ou admirateurs de la philosophie d'Auguste Comte ont rejeté dans les grands traits la deuxième partie de son travail. Ainsi, pour Émile Littré, elle est incohérente avec la méthode de la philosophie positive :

« M. Comte, à un moment donné, pensant et assurant qu’il ne faisait que développer la philosophie positive, changea de méthode. (...) Force a donc été de discuter la légitimité [du changement de méthode] (...) [I]l fut impossible de trouver cette nécessité que M. Comte avait affirmée ; les deux méthodes se montrèrent comme deux doctrines distinctes, ayant des points de départ différents et inconciliables. Le procédé de discussion a été très-simple; il consiste à prendre le système de philosophie positive qui, pour M. Comte comme pour moi, fait loi en méthode et en principe, et à l’employer comme un instrument logique. Ce qui n’a pas résisté à cette épreuve a été, de soi, condamné.

(...) Je n’ai point eu à scinder l'œuvre de M. Comte, qui reste intacte et entière; je n’ai eu qu’à en retrancher des conséquences et des applications impropres.

Mais j’ai eu, et cela a été douloureux, à scinder M. Comte lui-même, c’est-à-dire à montrer que, quand il a voulu passer des principes posés dans le système de philosophie positive à l’application posée dans le système de politique positive, il n’a pas tenu d’une main sûre le fil qui devait le conduire. D’après ses propres dires, il a échangé la méthode objective pour la méthode subjective; or, dans la philosophie qu’il a fondée, il n’y a aucune place pour la méthode subjective, il n'y en a que pour la méthode déductive qui y remplace la méthode subjective des théologiens et des métaphysiciens. Mais la méthode déductive, d’après un solide principe dû à M. Comte lui-même, ne comporte que les moindres développements dans la science la plus compliquée. Donc, dans le système de politique positive, ce qui est subjectif est, comme subjectif, condamné par la méthode positive, et, comme déductif, condamné par un des principes de cette méthode. »

— Émile Littré, préface d'« Auguste Comte et la philosophie positive »

John Stuart Mill, dans la deuxième partie du livre qu'il lui consacre (intitulée « Dernières spéculations d'Auguste Comte »), s'étonne du ridicule de certaines propositions et prescriptions, au point de parler d'une « dégénération intellectuelle » chez Comte. Il conclut d'ailleurs ainsi :

« II en est qui riront peut-être ; mais nous pleurerions plutôt devant cette triste décadence d'un grand esprit. M. Comte avait coutume de reprocher à ses premiers admirateurs anglais d'entretenir la conspiration du silence autour de ses dernières productions. Le lecteur peut maintenant juger si cette réserve n'est pas plus que suffisamment expliquée par un souci délicat de sa réputation et par une crainte consciencieuse de jeter un discrédit immérité sur les nobles spéculations de sa première carrière.

M. Comte était dans l'habitude de considérer Descartes et Leibnitz comme ses principaux précurseurs, et comme étant (parmi de nombreux penseurs d'une vaste capacité philosophique) les seuls grands philosophes des temps modernes. (...) M. Comte nous paraît aussi grand que ces philosophes, et à peine plus extravagant. S'il fallait exprimer toute notre pensée, nous dirions qu'il leur est supérieur, sinon intrinsèquement, du moins parce qu'il lui fut donné de déployer une égale puissance intellectuelle, à une époque où la culture de l'esprit humain était plus avancée, mais aussi dans un temps moins disposé à tolérer des absurdités palpables, et où celles qu'il a commises, sans être en soi plus grandes, semblent cependant plus ridicules. »

— John stuart Mill, Auguste Comte et le positivisme

Sources de sa pensée

Auguste Comte a puisé ses références dans des philosophies du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle, à l'exception de Roger Bacon qui est la seule source antérieure :

  • Roger Bacon : Comte retiendra des idées de ce grand penseur franciscain du XIIIe siècle la critique de certaines conceptions du XIIIe siècle, qui faisaient défaut en matière de méthode expérimentale.
  • Francis Bacon : avec lequel Comte partage le souci d'une philosophie première. Par contre Comte ignore un autre empiriste de cette époque, Robert Boyle.
  • René Descartes bien sûr : Comte se prétend le successeur de Descartes, dont il retient le raisonnement analytique, mais pas le principe de la métaphysique ; il ne partage pas la préoccupation d'une intuition des principes premiers,
  • Blaise Pascal8
  • David Hume ;
  • Charles de Brosses, ethnologue du XVIIIe siècle, dont il reprend les idées sur le fétichisme des peuples dits primitifs ;
  • Condorcet : sur la notion de progrès par les sciences ;
  • Joseph de Maistre ;
  • Louis de Bonald ;
  • Comte de Saint-Simon : sans doute le personnage qui a eu le plus d'influence sur lui, puisqu'il fut son maître de 1816 à 1823 ; leur séparation a plus été la conséquence d'une incompatibilité d'humeur que de divergences de pensées ;
  • Xavier Bichat : Comte est très influencé par la physiologie (voir Raquel Capurro) ;
  • Franz Joseph Gall.

La psychanalyste Raquel Capurro note que les idées positivistes, en particulier la notion de Grand-Être associé à l'Humanité (avec une majuscule), déjà en germe avant Auguste Comte, ont leurs racines dans le Culte de la Raison et dans le culte de l'Être suprême, qui eurent lieu pendant les phases extrêmes de la Révolution française.

Le positivisme scientifique

Les principes du positivisme scientifique ou positivisme philosophique, sont décrits dans le Cours de philosophie positive, publié de 1830 à 1842. Auguste Comte y expose une théorie dite loi des trois états.

La loi des trois états

Article détaillé : Loi des trois états.

Pour Auguste Comte, le positivisme est lié à l'émergence de l'âge de la science caractéristique de « l'état positif » qui succède, dans la loi des trois états, à « l'état théologique » et à « l'état métaphysique »9.

L’état théologique

Appelé aussi âge théologique ou « fictif », il correspond à celui de l'âge de l'enfance de l'humanité ; dans lequel l'esprit recherche la cause des phénomènes soit en attribuant aux objets des intentions (cf. fétichisme), soit en supposant l'existence d'êtres surnaturels (religion polythéiste) ou d'un seul Dieu (monothéisme). C'est donc le début de l'exercice de la pensée. L'enfant prend conscience de son propre pouvoir ; il croit alors à un pouvoir magique. Cette notion est amplifiée par l'apparition de la parole, l'enfant joue avec le langage (mensonges...). Il y a aussi une forte croyance aux choses : le fétichisme se traduit par la religion des forces de la nature. Toute la nature est une divinité ; c'est l'animisme. Peu à peu, les esprits deviennent des hommes et la religion de la nature se transforme en religion politique.

L'état métaphysique

Appelé aussi âge métaphysique ou abstrait, il correspond à celui de l'adolescence de la pensée ; dans lequel les agents surnaturels sont remplacés par les forces abstraites :

  • la « Nature » de Spinoza,
  • le « Dieu géomètre » de Descartes,
  • la « Matière » de Diderot,
  • la « Raison » du siècle des Lumières.

Cette époque est un progrès par rapport à la pensée anthropomorphique antérieure. Mais la pensée reste prisonnière de concepts philosophiques abstraits et universels. On rapporte la réalité à des principes premiers. C'est la « Méthode du philosophe », écrit Auguste Comte.

Comme l'explique John Stuart Mill dans son ouvrage sur Auguste Comte10, « le signe diagnostique universel du mode métaphysique de penser, dans le sens Comtien du mot » correspond à « celui d'ériger une pure création de l'esprit en règle, ou norma de la vérité externe, et de donner l'expression abstraite des croyances déjà adoptées, pour la raison et la preuve qui les justifient. » Le raisonnement des médecins dans le malade imaginaire de Molière expliquant que « les vertus dormitives » dans l'opium seraient la cause du sommeil en est un exemple - fictif - célèbre : un mot (ou une expression) que l'on associe à un phénomène est donné comme sa justification.

L’état positif

Appelé aussi âge positif, il est décrit comme « l'état viril de notre intelligence ». L'esprit positif rejette la recherche du « pourquoi ultime » des choses pour considérer les faits, « leurs lois effectives, c’est-à-dire leurs relations invariables de succession et de similitude » (Cours, I). Le recours aux faits, à l'expérimentation, à l'épreuve de la réalité, est ce qui permet de sortir des discours spéculatifs. C'est le premier principe du positivisme. Alors que l'esprit métaphysique recourt à des concepts éternels et universels, qu'il ne soumet pas à la réalité, l'esprit positif confronte les hypothèses au monde réel.

La classification des sciences

Partant du fait que « les phénomènes observables peuvent être classés dans un très-petit nombre de catégories naturelles » correspondant aux différentes sciences, Auguste Comte en a proposé une classification rationnelle à partir d'une comparaison de ces différents phénomènes. En effet, pour lui, il existe entre eux une dépendance :

« Tous les phénomènes observables peuvent être (...) disposés de telle manière que l'étude de chaque catégorie soit fondée sur la connaissance des lois principales de la catégorie précédente, et devienne le fondement de l’étude de la suivante. Cet ordre est déterminé par le degré de simplicité ou, ce qui revient au même, de généralité des phénomènes, d’où résulte leur dépendance successive et par suite la facilité plus ou moins grande de leur étude. »

— A. Comte, Cours de philosophie positive, deuxième leçon

Ainsi, Comte propose l'ordre suivant : les mathématiques, l'astronomie, la physique, la chimie, la biologie et enfin la sociologie; chaque science (ou chaque phénomène que cette science observe) dépendant des précédentes sans que celle-ci soit sous leur dépendance. Par exemple, les corps vivants sont, comme ceux inorganiques, soumis aux lois des mathématiques, de la physique et de la chimie, mais vont, de plus, se conformer aux lois de la biologie.

En suivant cette hiérarchie (au sens positif et non normatif), les sciences vont donc être classées du plus abstrait, général, simple, avancé et éloigné de l'homme au plus concret, général, reculé et « directement intéressant pour l’homme. »

Notons enfin qu'il reconnait pour différentes raisons (notamment l’existence de deux modes distincts d'exposition pour chaque sciences : dogmatique et historique) que « quelque naturelle qu'elle puisse être, [une classification rationnelle des sciences fondamentales] renfermera toujours quelque chose sinon d’arbitraire, du moins d’artificiel, qui la rendra imparfaite. » Mais, « de tels défauts ne peuvent invalider une classification qui remplit d’ailleurs les conditions principales. Ils tiennent à ce qu’il y a d'essentiellement artificiel dans notre division du travail intellectuel11. »

La classification des sciences ; représentation graphique en anglais

Le « positivisme religieux »

Article détaillé : Église positiviste.

Dans cette phase, Auguste Comte cherche à concilier les principes de la rationalité scientifique avec l'amour humain, qu'il a découvert par sa rencontre avec Clotilde de Vaux. Après la mort de Clotilde (1846), il lui voue un culte qu'il qualifie de fétichisme.

Comte fut en effet influencé à ce stade de sa pensée par les études de l'ethnologue Charles de Brosses sur le fétichisme des peuples dits primitifs. Il considéra que le fétichisme était plutôt une manifestation de la simplicité de ces peuples, par opposition à l'orgueil de l'occident. On ne peut donc pas considérer que Comte ait été à l'origine du racialisme, puisque ces doctrines furent développées ultérieurement.

Dans cette phase, Comte considère que sa vie privée concerne toute l'humanité. Il cherche à réorganiser son système philosophique antérieur et développe les principes d'organisation qui doivent, selon lui, fonder les sociétés humaines. « La religion constitue donc pour l'âme, un processus normal exactement comparable à celui de la santé envers le corps. » (in Systèmes de politique positive)

D'après Raymond Aron reprenant l'analyse d'Auguste Comte: « L'homme a besoin de religion parce qu'il a besoin d'aimer quelque chose qui le dépasse. Les sociétés ont besoin de religion parce qu'elles ont besoin d'un pouvoir spirituel, qui consacre et modère le pouvoir temporel et rappelle aux hommes que la hiérarchie des capacités n'est rien à côté de la hiérarchie des mérites. »12

Comte est amené à définir une morale, qu'il fonde sur l'ordre, le progrès et l'altruisme. Il vise le bien de l'humanité définie comme Grand Être, et dont il est le "grand prêtre".

La théorie qu'il échafaude s'appuie sur une classification des sciences qu'il a lui-même érigée. Les nombres et la logique en constituent la base, la sociologie régissant l'ensemble.

Comte développe les principes de la sociologie dans son Système de politique positive, publié entre 1851 et 1854.

Pour lui, elle est l'intégration des acquis des autres sciences pour affronter l'objet le plus complexe qui soit : la « société humaine ».

La sociologie permet de connaître à la fois les lois d'organisation de la société (« statique sociale ») et celles de son évolution (« dynamique sociale »). Avec la sociologie, Auguste Comte cherche aussi à résoudre les problèmes sociaux par l'organisation sociale : « Savoir pour prévoir, prévoir pour pouvoir ».

Critique de la Révolution française

Admirateur de Bonald et Maistre, se méfiant des avocats et juristes, métaphysiciens fauteurs de révolutions, Comte a durci les positions de Saint-Simon, dont il fut le secrétaire de 1817 à 1824. Théoricien du passage de la société aristocratique guerrière à la société industrielle moderne, Comte approuva la destruction de la féodalité et des distinctions liées à la naissance, mais il critiqua aussitôt la Révolution et les « divagations » de la « métaphysique » de 1789. Avec l'ambition de reconstruire une société à partir d'une politique fondée sur des suppositions abstraites et non sur une bonne organisation de l'économie basée sur une connaissance des faits sociaux et l'inégalité des compétences, la Révolution a selon lui érigé un ordre social hostile aux travailleurs en détruisant les associations protectrices traditionnelles.

Philosophe, considéré comme un des fondateurs de la sociologie envisagée comme une science globale, Auguste Comte souhaite restaurer l'ordre rompu par une Révolution contraire aux lois sociologiques et au progrès, de même qu'il soulignait que Napoléon allait au rebours de l'Histoire en cherchant à rétablir un ordre guerrier. Il s'opposa au parlementarisme, qu'il voyait comme un accident de l'histoire anglaise que les Constituants avaient voulu imposer à la suite d'une double erreur sur la nature des institutions représentatives et sur l'histoire de France13. Le nouvel ordre souhaité par Comte devait être le fruit d'un pouvoir spirituel rénové, gage de l'unité sociale, où l'administration des choses aurait remplacé le gouvernement des hommes.

Postérité

Monument à Auguste Comte, place de la Sorbonne à Paris
Article détaillé : Positivisme.

Le positivisme a exercé une influence très importante sur l'évolution des idées en France, mais aussi à l'étranger. Au XIXe siècle, en France, le parti républicain (et notamment les radicaux-socialistes) s'est largement inspiré du positivisme. Au XXe siècle, un des principaux soutiens de la doctrine de Comte sera Charles Maurras, le théoricien et le chef de file du mouvement nationaliste français d'inspiration anti-allemande entre les deux guerres.

À première vue, il peut sembler surprenant que le positivisme ait été d'abord la doctrine de certains hommes de gauche pour être ensuite promue par l'extrême droite. Cela peut s'expliquer cependant selon l'historien Henri Denis14 : « Auguste Comte a été vénéré par les républicains au XIXe siècle en tant qu'il fait l'apologie de la science et l'oppose à la religion. Mais au XXe siècle, ce sont surtout ses idées sociales qui sont utilisées par l'extrême droite. » C'est principalement la notion d'ordre dans les sciences, et d'ordre dans la société par prédominance d'un corps savant, qui intéresse Maurras chez Comte.

Appréciations du positivisme

  • Le philosophe des sciences Émile Meyerson, dans son livre La déduction relativiste (1925), apprécie ainsi le projet comtien :
« Ce que rêvait Comte, c'était en effet une véritable organisation, comme la comprennent les partisans de l'autorité ; les croyances du public en matière de science et, plus encore, le travail de recherche des savants eux-mêmes, devaient être strictement réglés et surveillés par un corps constitué, composé d'hommes jugés compétents et armés de toutes les rigueurs du bras séculier. Cette réglementation devait, bien entendu, comme c'est le cas, partout et toujours, de toute réglementation, consister principalement en interdictions, et Comte a tracé d'avance le programme de quelques-unes d'entre ces dernières. Défense de se livrer à des investigations autres que « positives », c'est-à-dire ayant pour objet la recherche d'une loi ; défense de toute tentative visant à pénétrer des problèmes que l'homme, manifestement, n'avait aucun intérêt à connaître et qui, d'ailleurs, pour cette raison même, devaient rester entièrement impénétrables à son esprit, tels que, par exemple, la constitution chimique des astres […]. »15
  • Le théologien catholique Henri de Lubac, dans Le Drame de l'humanisme athée (1944), a consacré une section à Auguste Comte et sa loi des trois états.

« On a fait remarquer […] qu’en réalité ce que Comte a pris pour trois états successifs, ce sont bien plutôt « trois modes coexistants de la pensée », correspondant à trois aspects des choses ; que le progrès consiste à distinguer de mieux en mieux ces trois aspects, perçus d'abord dans une sorte d'unité chaotique ; si donc il est vrai de dire que la physique (entendant par ce mot toute science) a commencé par être théologique, il serait tout aussi vrai de dire que la théologie a commencé par être physique, et la loi de l'évolution ne tend pas plus à évacuer la théologie que la science, mais à les « purifier » l'une et l'autre en les différenciant. »

Henri de Lubac fait ici référence à Robert Flint, La philosophie de l'Histoire en France et en Allemagne (1894, tr. Carran, 1878). L'état théologique serait donc l'état de confusion primitive où se trouvent une science et une religion également dans l'enfance.
  • John Stuart Mill qui a consacré un livre à Auguste Comte (Auguste Comte et le positivisme) pense que les objections de ce genre sont « fondées sur une compréhension imparfaite ou plutôt sur un simple premier coup d'œil » :

« Quelques-uns (...) regardent la doctrine des trois phases successives de spéculation et de croyance comme incompatible avec ce fait qu'elles ont été toutes les trois contemporaines : c'est absolument comme si la succession naturelle de l'état cynégétique, de l'état nomade et de l'état agricole, pouvait être réfutée par le fait qu'il y a encore des chasseurs et des nomades. Que les trois phases aient été contemporaines, qu'elles aient commencé avant l'histoire authentique et qu'elles coexistent encore, c'est ce qu'établit expressément M. Comte; ainsi que ce fait que l’avènement des deux derniers modes de penser fut la cause même qui désorganisa et continue à détruire graduellement le mode primitif. L'explication théologique des phénomènes fut jadis universelle, à l'exception, sans doute, des faits familiers qui, comme on vit dès lors même qu'ils étaient sous l'empire de la volonté humaine, relevaient déjà du mode Positif de penser. (...) A une période plus avancée, quand on en vint à comprendre à un certain degré le caractère véritable des lois positives de la nature, et que l'idée théologique eût revêtu, chez les esprits scientifiques, son caractère final, à savoir celui d'un Dieu gouvernant au moyen de lois générales, l'esprit Positif, n'ayant désormais plus besoin de l'entremise fictive d'entités imaginaires, entreprit la tâche facile de détruire l'instrument de sa propre apparition. Mais, bien qu'il ait renversé la véritable croyance à la réalité objective de ces abstractions, cette croyance a laissé derrière elle dans l'esprit humain des tendances vicieuses qui sont encore bien loin d'être effacées, et que nous aurons bientôt occasion de caractériser16 »

.

  • Ces vues ont été reprises par Jacques Maritain, qui a distingué l'état « nocturne » et l'état « solaire » de la science et de la religion (« Signe et symbole », Revue thomiste, 1938).

Premières influences : médecine

C'est par les milieux médicaux de la société positiviste (docteur Robinet, Pierre Laffitte (philosophe)) que la pensée d'Auguste Comte s'est tout d'abord développée et a contribué à l'émergence d'une médecine positive. La pensée de Comte s'est d'ailleurs transmise à l'Amérique latine par des médecins qui avaient fait leurs études à Paris.

Puis les idées d'Auguste Comte se sont répandues très largement en France dès la deuxième moitié du XIXe siècle, via ses deux principales œuvres :

  • le Cours de philosophie positive sur les aspects scientifiques ;
  • mais aussi le Système de politique positive de la phase « religieuse », pour les aspects sociaux et politiques.

D'autres ouvrages comme le « Catéchisme » positiviste ou la Synthèse subjective17 ont également diffusé cette doctrine, notamment auprès de Charles Maurras.

Extension géographique

Article détaillé : Extension géographique du positivisme.

L'influence s'est fait sentir d'abord dans une partie de l'Europe : Angleterre, Portugal, puis s'est étendue à d'autres pays et d'autres continents : les États-Unis, la Russie, le Brésil, le Mexique, la Turquie, le Chili etc.

Dans le monde anglo-saxon, le positivisme s'est manifesté par certaines formes d'altruisme, qui à travers John Stuart Mill rejoignent les théories utilitaristes de Jeremy Bentham. Herbert Spencer a aussi subi l'influence positiviste. Les États-Unis ont été influencés à travers le positivisme anglais.

En Amérique latine, Raquel Capurro note que ce sont des médecins qui ont apporté le positivisme à travers les mouvements révolutionnaires qui se sont produits sur ce continent. Il a pris une forme scientifique ou « religieuse » selon les cas, parfois aussi politique.

Autres considérations épistémologiques

Auguste Comte croit que l'ensemble des phénomènes observables sont soumis à des lois causales immuables dans le temps et l'espace et que le but de la science est de rechercher ces lois (ce qui correspond au travail d'analyse). Lorsque cela est possible, elle a également pour but de réduire le nombre de ces lois en cherchant des identités de cause, des similitudes de formes, etc. (ce qui correspond au travail de synthèse)18.

On a vu qu'Henri de Lubac considère que la loi des trois états correspond non à des successions d'états dans l'Histoire, mais à trois aspects des choses. On a vu aussi les quatre ordres que distingue André Comte-Sponville.

René Rémond parle de positivisme à travers certaines formes d'esthétique.

Citations

   
 
  • « L'humanité se compose de plus de morts que de vivants. »
  • « Science d’où prévoyance ; prévoyance d’où action. »
  • « Savoir pour prévoir afin de pouvoir. »
  • « Ordre et Progrès » qui a donné la devise nationale du Brésil : Ordem e Progresso.
  • « Nous n'avons pas besoin de savoir ce que nous n'avons nul besoin de connaître. »
  • « Les morts gouvernent les vivants. »

Notes et références

Notes

  1. Il existe une chapelle de l'humanité dans le quartier du Marais à Paris, ainsi que des temples positivistes au Brésil.

Références

  1. (en) Mary Pickering, « Auguste Comte and the Académie des sciences », Revue philosophique de la France et de l'étranger, vol. 132, no 4,‎ 2007, p. 437 - 450 (lire en ligne [archive]).
  2. Olivier Pétré-Grenouilleau, Saint-Simon, L'utopie ou la raison en actes, Payot, p. 394
  3. Raquel Capurro, Le positivisme est un culte des morts, page 34.
  4. Mentionné dans Michael Sutton, Charles Maurras et les catholiques français 1890-1914, éd. Beauchesne, 1997, p. 77.
  5. John Stuart Mill, traduction de Georges Eugène Benjamin Clemenceau, Auguste Comte et le positivisme, p. 6. [archive].
  6. Sieyès avait toutefois utilisé le mot dans un manuscrit vers 1780 (voir Sieyès et le non-dit de la sociologie : du mot à la chose [archive], par Jacques Guilhaumou)
  7. Cf. le Catéchisme positiviste. Francis Bacon avait lui aussi imaginé une utopie pour la science en son temps (La Nouvelle Atlantide)
  8. Cf. la Préface au Traité du vide, dans laquelle Pascal trace une ligne de démarcation entre théologie (autorité) et science (expérience et raisonnement). Voir aussi Pierre Duhem, La théorie physique : Son objet, sa structure (1906, éd. Vrin, 2007).
  9. Le positivisme d’Auguste Comte sur le site La Maison d'Auguste Comte [archive].
  10. Cf. John Stuart Mill, traduction de Georges Eugène Benjamin Clemenceau, Auguste Comte et le positivisme [archive].
  11. Cours de philosophie positive, deuxième leçon
  12. Raymond Aron, lecteur d’Auguste Comte, par Olivia Leboyer, Revue européenne des sciences sociales 2016/2 (54-2).
  13. Sous la direction de Jean-Clément Martin, Dictionnaire de la Contre-Révolution, Yves Fauchois, « Action française - Canada », éd. Perrin, 2011, p. 194.
  14. Henri Denis, Histoire de la pensée économique, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Thémis », 3 avril 2008, 2e éd. (1re éd. 1966) (ISBN 9782130563174).
  15. Émile Meyerson, La Déduction relativiste, § 253, Payot, paris, 1925
  16. John Stuart Mill, traduction de Georges Eugène Benjamin Clemenceau, Auguste Comte et le positivisme, p.30 [archive].
  17. D'après Jacques Prévotat, Charles Maurras eut une « nuit d'extase » à la lecture de ce livre. Cf. Les catholiques et l'action française (1899-1939) : histoire d'une condamnation, éd. Fayard, 2001, p. 28-32
  18. « Le caractère fondamental de la philosophie positive est de regarder tous les phénomènes comme assujettis à des lois naturelles invariables, dont la découverte précise et la réduction au moindre nombre possible sont le but de tous nos efforts, en considérant comme absolument inaccessible et vide de sens la recherche de ce qu'on appelle les causes soit premières, soit finales. » Extrait du Cours de philosophie positive, 1830-1842, volume I, 16.

Ouvrages et articles de Comte

  • Prospectus des travaux scientifiques nécessaires pour réorganiser la société, in Saint-Simon, Suite des travaux ayant pour objet de fonder le système industriel. Du Contrat social, Paris, Les marchands de nouveautés, 1822 (notice [archive] BnF); rééditions Aubier-Montaigne (1970), L'Harmattan (2001); en ligne Classiques des sciences sociales (PDF [archive]).
  • « Considérations philosophiques sur les sciences et les savants », article en trois livraisons du Producteur, 1825, t1, pp. 289-305, 348-374, 450-469 (en ligne et analysé sur BibNum [archive]).
  • Cours de philosophie positive, édition originale en six tomes ; en ligne sur Gallica : tome 1 [archive], Les préliminaires généraux et la philosophie mathématique, 1830 ; tome 2 [archive], La Philosophie astronomique et la philosophie de la physique, 1835 ; tome 3 [archive], La Philosophie chimique et la philosophie biologique, 1838 ; tome 4 [archive], La Philosophie sociale et les conclusions générales, 1839 ; tome 5 [archive], La Partie historique de la philosophie sociale, 1841 ; tome 6 [archive], Le Complément de la philosophie sociale, et les conclusions générales, 1842 ; Paris, Bachelier (tous tomes).
  • Traité élémentaire de géométrie analytique à deux et à trois dimensions, contenant toutes les théories générales de géométrie accessibles à l'analyse ordinaire, Paris, Carilian-Gœury et V. Dalmont, 1843.
  • Traité philosophique d'astronomie populaire ou Exposition systématique de toutes les notions de philosophie astronomique, soit scientifiques, soit logiques, qui doivent devenir universellement familières, Paris, Carilian-Gœury et V. Dalmont, 1844 ; réédition Fayard, 1985 (texte revu par B. Latour).
  • Discours sur l'esprit positif, Paris, Carilian-Gœury et V. Dalmont, février 1844, rééd. Vrin (1995, 2002) (Gallica [archive]).
  • Discours sur l'ensemble du positivisme ou Exposition sommaire de la doctrine philosophique et sociale propre à la grande république occidentale, Paris, Librairie scientifique-industrielle L. Mathias et chez Carilian-Gœury et V. Dalmont, juillet 1848 ; rééd. GF-Flammarion(1998), Flammarion, Le Monde de la philosophie (2008, préface de J.-F. Mattéi). (Gallica [archive]).
  • Système de politique positive ou Traité de sociologie instituant la religion de l'Humanité, édition originale en quatre tomes, Paris, Carilian-Gœury et V. Dalmont, 1851-1854 : tome 1er, contenant le Discours préliminaire, et l'Introduction fondamentale, juillet 1851 (Gallica [archive]); tome 2, contenant la Statique sociale ou le Traité abstrait de l'être humain, mai 1852 (Gallica [archive]); tome 3, contenant la Dynamique sociale ou le Traité général du progrès humain, août 1853 (Gallica [archive]); tome 4 et dernier, contenant le Tableau synthétique de l'esprit humain, août 1854 (Gallica [archive]); rééd. Anthropos (1970), Vrin (2000).
  • Catéchisme positiviste, 1852, rééd. GF-Flammarion (1966), Sandre (2009).
  • Correspondance inédite d'Auguste Comte, Paris, au siège de la Société positiviste, en 4 volumes, 1903-1904 (Gallica [archive])
  • Synthèse subjective ou système universel, éd. Fayard, 2000.
  • Auguste Comte: Correspondance générale et confessions, publ.par Paulo E. de Berrêdo Carneiro, Pierre Arnaud, Paul Arbousse-Bastide, et Angèle Kremer-Marietti. 8 vols. Paris: École des Hautes Études en Sciences Sociales, 1973-90.
  • Correspondance de John Stuart Mill et d'Auguste Comte, publiée par Lucien Lévy-Bruhl, L'Harmattan, 2007.
  • Du pouvoir spirituel, Le livre de poche, 1978.

Bibliographie critique

  • Auguste Comte e la cultura francese dell’Ottocento. In ricordo di Mirella Larizza (“Quaderni di Acme”, 66), a cura di Marco Geuna, Milano, Cisalpino, 2004.
  • Zeïneb Ben Saïd Cherni, Auguste Comte, postérité épistémologique et ralliement des nations, L'Harmattan, 2005 ;
  • Michel Bourdeau et François Chazel (dir.), Auguste Comte et l'idée de science de l'homme, L'Harmattan, 2002 ;
  • Michel Bourdeau (dir.), Jean-François Braunstein (dir.), Annie Petit (dir.), Auguste Comte aujourd'hui, Kimé, 2003 ;
  • Augustin Cabanès, Auguste Comte, in Grands névropathes, tome 2, Albin Michel, 1931, p. 160-182 ;
  • Georges Canguilhem, « Histoire des religions et histoire des sciences dans la théorie du fétichisme chez Auguste Comte », Études d'histoire et de philosophie des sciences, Vrin, 1968 ;
  • Raquel Capurro, Le positivisme est un culte des morts : Auguste Comte, Epel, 1999 (traduction française, 2001) ;
  • G. Chabert, Un nouveau pouvoir spirituel. Auguste Comte et la religion scientifique, Presses Universitaires de Caen, 2004 ;
  • Collectif, Auguste Comte et la religion positiviste, Revue des Sciences Philosophiques et Théologiques, Vrin, 2003 ;
  • Jean Delvolvé, Réflexions sur la pensée comtienne, Félix Alcan, 1932 ;
  • Georges Dumas, Auguste Comte. Thèse latine, critique. Alcan, 1900 ;
  • Georges Dumas, Psychologie de Deux Messies Positivistes : Auguste Comte et Saint-Simon. Alcan, 1905, Paris ;
  • Georges Dumas, L’état mental d’Auguste Comte. (3 articles) Revue philosophique, 1897 ;
  • Georges Dumas, La philosophie d’Auguste Comte. Revue philosophique, 1900.
  • Walter Dussauze, Essai sur la religion d'après Auguste Comte, Préface d'Angèle Kremer-Marietti, L'Harmattan, 2007 ;
  • Laurent Fedi, Comte, Les Belles Lettres, 2000, réédition 2005 ;
  • Laurent Fedi, L’organicisme de Comte, in Auguste Comte aujourd’hui, M. Bourdeau, J.-F. Braunstein, A. Petit (dir), Kimé, 2003, p. 111-132 ;
  • Laurent Fedi, Auguste Comte, la disjonction de l’idéologie et de l’État, Cahiers philosophiques, no 94, 2003, p. 99-110 ;
  • Laurent Fedi, Le monde clos contre l’univers infini : Auguste Comte et les enjeux humains de l’astronomie, La Mazarine, no 13, juin 2000, p. 12-15 ;
  • Laurent Fedi, La contestation du miracle grec chez Auguste Comte, in L’Antiquité grecque au XIXe siècle : un exemplum contesté ?, C. Avlami (dir.), L’Harmattan, 2000, p. 157-192 ;
  • Laurent Fedi, Auguste Comte et la technique, Revue d’histoire des sciences 53/2, 1999, p. 265-293 ;
  • Étienne Gilson, Les Métamorphoses de la cité de Dieu, 1952, éd. Vrin, 2005 (voir la partie sur A. Comte) ;
  • Henri Gouhier, La vie d'Auguste Comte, Gallimard, 1931 ;
  • Henri Gouhier, La jeunesse d'Auguste Comte et la formation du positivisme, tome 1 : sous le signe de la liberté, Vrin, 1932 ;
  • Henri Gouhier, La jeunesse d'Auguste Comte et la formation du positivisme, tome 2 : Saint-Simon jusqu'à la restauration, Vrin ;
  • Henri Gouhier, La jeunesse d'Auguste Comte et la formation du positivisme, tome 3 : Auguste Comte et Saint-Simon, Vrin, 1941 ;
  • Henri Gouhier, Œuvres choisies avec introduction et notes, Aubier, 1941 ;
  • Juliette Grange, La Philosophie d'Auguste Comte, PUF, 1996 ;
  • Juliette Grange, Politique de la science. Auguste Comte, Odile Jacob, 2000 ;
  • Bernard Jolibert, Auguste Comte. L'éducation positive, L'Harmattan, 2004 ;
  • Bruno Karsenti, Politique de l'esprit : Auguste Comte et la naissance de la science sociale, Hermann, 2006 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Auguste Comte et la théorie sociale du positivisme, Seghers, 1970 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Auguste Comte La science sociale, Gallimard, 1972 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Le Projet anthropologique d'Auguste Comte, SEDES, 1980, réédition L'Harmattan, 1999 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, L’Anthropologie positiviste d'Auguste Comte, Lib. Honoré Champion, 1980 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Entre le signe et l'histoire. L'anthropologie positiviste d'Auguste Comte, Klincksieck, 1982, réédition L'Harmattan, 1999 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Le Positivisme, Coll."Que sais-je ?", PUF, 1982 ; réédition : Le positivisme d'Auguste Comte, L'Harmattan, 2006 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Le concept de science positive. Ses tenants et ses aboutissants dans les structures anthropologiques du positivisme, Méridiens Klincksieck, 1983 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Introduction, in Auguste Comte, Correspondance générale, vol. 7, Paris, EHESS et Vrin, 1987 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Introduction, in Auguste Comte, Correspondance générale, vol.8, Paris, EHESS et Vrin, 1990 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Introduction : Comte and Mill, The Philosophival Encounter, in The Correspondence of John Stuart Mill and Auguste Comte, With a foreward by Oscar A. Haac, Transaction Publishers, New Brunswick (États-Unis) et Londres (GB), 1995 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Auguste Comte et la science politique, in Auguste Comte, Plan des travaux scientifiques nécessaires pour réorganiserla société, L'Harmattan, 2001 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, L'humanisme entre positivisme et nihilisme in L'Art du Comprendre , 2006, no 15.
  • Angèle Kremer-Marietti, Auguste Comte et l'histoire générale, in Auguste Comte, Sommaire appréciation de l'ensemble du passé moderne, L'Harmattan, 2006 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Le positivisme d'Auguste Comte, L'Harmattan, 2006 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Auguste Comte et la science politique, L'Harmattan, 2007 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Le kaléidoscope épistémologique d'Auguste Comte; Sentiments Images Signes, L'Harmattan, 2007 ;
  • Angèle Kremer-Marietti (dir.), Auguste Comte, la Science, la Société, L'Harmattan, 2009 ;
  • La biologia: parametro epistemologico del XIX secolo, a cura di Maria Donzelli, Napoli, Liguori, 2003 ;
  • Pierre Laffitte: Autour d'un centenaire, in Revue des Sciences et des Techniques en perspective, 2e série, vol. 8, no 2, 2004, Brepols Publishers, 2005 ;
  • Wolf Lepenies, Auguste Comte: die Macht der Zeichen, Carl Hanser, München, 2010 ;
  • Lucien Lévy-Bruhl, Correspondance de John Stuart Mill et d'Auguste Comte, L'Harmattan, 2007 ;
  • Pierre Macherey, Comte. La philosophie et les sciences, PUF, 1989 ;
  • Realino Marra, La proprietà in Auguste Comte. Dall’ordine fisico alla circolazione morale della ricchezza, in «Sociologia del diritto», XII-2, 1985, p. 21-53 ;
  • Charles Maurras, Auguste Comte, Revue Minerva, Paris, no 6, 15 mai 1903, p. 174-204.
  • John Stuart Mill, Auguste Comte et le positivisme, trad. de l'anglais par G. Clemenceau, texte revu et présenté par M. Bourdeau, L'Harmattan, 1999 ;
  • Annie Petit (dir.), Auguste Comte. Trajectoires positivistes (1798-1998), L'Harmattan, 2003 ;
  • Annie Petit, Le Système d'Auguste Comte. De la science à la religion par la philosophie, Paris, Vrin, 2016
  • Mary Pickering, Auguste Comte: An Intellectual Biography, Cambridge University Press 1993, Paperback, 2006 ;
  • Mary Pickering, Auguste Comte: An Intellectual Biography, Cambridge University Press 2009, Volume II ;
  • Mary Pickering, Auguste Comte: An Intellectual Biography, Cambridge University Press 2009, Volume III ;
  • Sociologia, politica e religione: la filosofia di Comte per il diciannovesimo secolo, a cura di Cristina Cassina, Pisa, Edizioni Plus, 2001 ;
  • Albert Tshibangu, Science et superstition chez Auguste Comte, Ed. Connaissances et Savoirs, 2005 ;
  • Jean-Claude Wartelle, L’Héritage d'Auguste Comte, L'Harmattan, 2003.
  • Terence R. Wright, The religion of humanity : the impact of comtean positivism on Victorian Britain, Cambridge University Press, Cambridge, 1986.

Voir aussi

Articles connexes

Sur les précurseurs d'Auguste Comte
  • Francis Bacon
  • Claude Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon | Saint-simonisme
Sur le positivisme et ses développements
  • Positivisme | Loi des trois états | Positivisme religieux | Technocratie
  • Ernest Renan | Hippolyte Taine | Anatole France | Pierre Duhem | Alain | Charles Maurras
Sur les rapports avec la religion
  • Henri de Lubac
  • Fides et Ratio
  • Jésuites
  • Temple de l'Humanité

Liens externes

Posté par blonjacky à 00:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


10 juillet 2020

Clarke Edgar

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Edgar Clarke


Edgar Clarke

220px-Flandrin_-_Edgar_Clarke_de_Feltre_(1852)


Edgar Clarke de Feltre (1799-1852), dessiné d'après nature, par Paul Flandrin, janvier 1852
Fonctions
Membre de la Chambre des pairs
1818 (7 février 1825) – 1832 (démission)
Gouvernement Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Groupe politique Légitimiste
Biographie
Date de naissance 21 novembre 1799
Neuwiller (Bas-Rhin)
Drapeau de la France République française
Date de décès 29 mars 1852 (à 52 ans)
Paris
Drapeau de l'Empire français Empire français

Edgar(d) Clarke (30 brumaire an VIII (21 novembre 1799) - Neuwiller (Bas-Rhin) † 29 mars 1852 - Paris), 2e duc de Feltre, 2e comte d'Hunebourg, est un militaire et homme politique français du XIXe siècle.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Carrière militaire
    • 1.2 Carrière parlementaire
    • 1.3 Collection Clarke de Feltre
  • 2 Annexes
    • 2.1 Bibliographie
    • 2.2 Notes et références
  • 3 Voir aussi
    • 3.1 Articles connexes
    • 3.2 Liens externes

Biographie

Carrière militaire

Fils aîné de Henry Jacques Guillaume Clarke, maréchal-duc de Feltre ministre de la Guerre, Edgar Clarke embrassa fort jeune la carrière des armes.

Il passa d'abord par les écoles militaires. En 1815, il entra dans la compagnie écossaise des gardes du corps du roi, avec le grade de sous-lieutenant.

Il fut depuis officier de carabiniers1.

Nommé en 1823 capitaine au 4e régiment de cuirassiers, il fit la campagne d'Espagne. Il y gagna la croix de la Légion d'honneur. Il quitta le service militaire en 1829.

Carrière parlementaire

François-Xavier Fabre (1766–1837), Portrait du jeune Edgar Clarke, 1802, Musée Fabre, Montpellier.

Après la mort de son père (1818), il lui succéda dans ses titres1,2, et fut appelé, par droit héréditaire, à lui succéder dans la dignité de « pair de France » (membre de la Chambre des pairs).

Il prit séance dès qu'il eut l'âge requis (7 février 1825), et soutint de ses votes le gouvernement de la Restauration.

« On conçoit aisément, dit un biographe, que la révolution de 1830 et les premiers actes de la nouvelle royauté furent loin de satisfaire un homme qui, à l'exemple de son père, croyait sincèrement que le salut du pays était dans le dogme de la légitimité. »

Il en résulta que, lorsqu'en 1832, le duc de Fitz-James et plusieurs autres pairs quittèrent la Chambre haute, le duc de Feltre se retira avec eux. « Comme eux, il faisait a une conviction politique fermement établie le sacrifice de cette haute position qu'il n'avait conservée depuis 1830, que dans l'espoir de contribuer à empêcher quelques-uns des maux résultant de l'ébranlement du pouvoir et de l'effervescence populaire. Cette probité politique était d'autant plus honorable, qu'en renonçant à la pairie, il se privait d'une dotation qui constituait une part notable de sa fortune, assez modique en raison de son titre et des charges nombreuses que lui imposait sa bienfaisance. »

Il ne sortit pas, depuis lors, de la vie privée.

Collection Clarke de Feltre

À partir de cette époque, il vécut loin des agitations politiques, retiré comme à la campagne dans son hôtel situé a l'extrémité du faubourg Saint-Germain. Sa mère et son frère Alphonse vivaient avec lui. Ces douces affections de la famille, la lecture, les saines distractions qu'inspire le goût des arts, l'intimité d'un certain nombre d'amis dévoués, les soins d'une hospitalité simplement, mais noblement exercée, les sollicitudes d'une serviabilité ou d'une bienfaisance auxquelles nul ne fit jamais un vain appel, enfin quelques voyages d'exploration artistique avec son frère dans le nord de l'Italie et l'Allemagne rhénane, tel était le cercle dans lequel s'était concentrée son existence.

Claude Marie Dubufe (1790–1864), Portrait de la maréchale duchesse de Feltre Marie-Françoise Zaepffel (1768-1838), Musée des beaux-arts de Nantes .

Cette douce quiétude fut cruellement troublée, en 1838, par la mort de sa mère, femme d'une bonté et d'une piété angéliques, dont la vie s'était passée à donner l'exemple de toutes les vertus. Cette perte cruelle et le vide immense qu'elle laissait dans la maison, rendirent encore plus indispensable et plus étroite, s'il était possible, l'union des deux frères. Leurs sentiments d'affection et de dévouement réciproques étouffaient a l'avance tout germe de désharmonie qu'auraient pu faire naître, sur quelques points, la dissemblance de leurs caractères et les tendances divergentes de leur esprit.

Le duc de Feltre était sérieux, mélancolique, souvent taciturne; son esprit était positif. Les lectures dont il s'était nourri avaient eu pour but principal d'acquérir des connaissances pratiques qui lui permissent d'apporter dans les discussions et les votes de la Chambre des pairs un concours utile et consciencieux. Très instruit en histoire, en géographie, en économie politique, il aimait peu la littérature légère, dans laquelle il classait la poésie. Il n'avait de sympathie et d'enthousiasme pour celle-ci que lorsqu'elle se traduisait en objets d'art, peinture, sculpture, architecture. Elle trouvait alors en lui un appréciateur éclairé, un admirateur sincère, qui lui-même savait manier un crayon. Mais la poésie sous forme littéraire n'avait guère de prise sur lui qu'à la condition d'être l'interprète de quelque sentiment noble et généreux, dont il entendait l'écho dans son propre cœur. Quant à la musique, le duc de Feltre, qu'une chute de cheval avait rendu un peu sourd, ne la subissait qu'avec une résignation plus ou moins patiente.

Le duc de Feltre était passionné pour les objets d'art. Depuis longtemps, les deux frères étaient convenus que celui d'entre eux qui survivrait à l'autre, léguerait à un Musée la collection de tableaux (Collection Clarke de Feltre) qu'ils avaient formée en commun, et dont ils voulaient éviter la dispersion, volonté qui a été réalisée en faveur de la ville de Nantes, par suite d'une disposition testamentaire du duc de Feltre. La collection fut conservée par le Musée des beaux-arts de Nantes.

Sans union ni postérité, son titre ducal, éteint à sa mort en 1852, fut relevé sous le Second Empire par son petit-neveu Charles-Marie-Michel de Goyon.

Annexes

Bibliographie

  • « Clarke (Edgard), duc de Feltre et comte d'Hunebourg », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]
  • Vicomte Albert Révérend (1844-1911), Armorial du Premier Empire : titres, majorats et armoiries concédés par Napoléon Ier, vol. 3, Paris, (4 vol. in 2) Au bureau de L'Annuaire de la noblesse, 1894 (lire en ligne [archive]) ;
  • Revue des provinces de l'Ouest, Bretagne Poitou et Anjou : 5e année, 1857 (lire en ligne [archive]) ;
  • Henri Saint-Georges, Notice historique sur le musée de peinture de Nantes d'après des documents officiels et inédits, Guéraud, 1858, 252 p. (lire en ligne [archive]) ;

Notes et références

  1. a et b Jean Baptiste Pierre Jullien de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France : des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume et des maisons princières de l'Europe, précédée de la généalogie de la maison de France, vol. 8, 1827 (lire en ligne [archive])
  2. « BB/29/1052 pages 112B-113B. » [archive], Edgard Clarke, successeur à la donation accordée à son père, le maréchal de l'Empire Henry, Jacques, Guillaume Clarke, duc de Feltre, comte d'Hunebourg. (consulté le 1er juin 2011), chan.archivesnationales.culture.gouv.fr

Voir aussi

Articles connexes

  • 4e régiment de cuirassiers (France)
  • Chambre des pairs
  • Musée des beaux-arts de Nantes

Liens externes

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

09 juillet 2020

Darboy Georges

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Georges Darboy

 

Georges Darboy

250px-Mgr_Georges_Darboy_Photographie_ca1860_BNF_Gallica


Mgr Darboy vers 1865.
Biographie
Naissance 16 janvier 1813
Fayl-Billot (Haute-Marne)
Ordination sacerdotale 17 décembre 1836
Décès 24 mai 1871 (à 58 ans)
Paris
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 30 novembre 1859
Dernier titre ou fonction Archevêque de Paris
Fonctions épiscopales Évêque de Nancy-Toul (1859-1863)
Archevêque de Paris (1863-1871)

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org [archive]

Georges Darboy, né le 16 janvier 1813 à Fayl-Billot et mort fusillé durant la Commune, le 24 mai 1871 à Paris, est un ecclésiastique français, évêque de Nancy de 1859 à 1863, puis archevêque de Paris de 1863 à 1871.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Ouvrages
  • 3 Études
  • 4 Notes et références
  • 5 Liens externes

Biographie

Fils d’épiciers, il est ordonné prêtre en 1836, il fut quelque temps vicaire à l'église Notre-Dame de Saint-Dizier et professeur au grand séminaire de Langres.

En 1845, il rejoignit Mgr Denys Affre, archevêque de Paris ; d'abord prêtre auxiliaire à la Maison des Carmes et aumônier du lycée Henri-IV, il fut bientôt élevé aux postes de chanoine à Notre-Dame, de vicaire général et d'archidiacre de Saint-Denis, ayant auparavant été nommé protonotaire apostolique. Républicain convaincu, Darboy accueillit avec enthousiasme la IIe République en 1848.

En 1859, il fut nommé évêque de Nancy, grâce à l’appui des milieux gallicans, où, pendant les trois ans où il eut la charge de ce diocèse, il s'intéressa spécialement aux questions d'éducation, créa l'école Saint-Léopold, agrandit le grand séminaire et écrivit (1862) sa lettre célèbre Sur la nécessité de l’étude.

Transféré par un décret impérial du 10 janvier 1863 à l'archevêché de Paris, laissé vacant par la mort du cardinal Morlot, il consacra cette année-là la cathédrale Notre-Dame, alors complètement restaurée, et fut honoré des titres et fonctions de Grand aumônier, de sénateur du Second Empire et de conseiller impérial. Il soutient avec fermeté la politique romaine de Napoléon III contre l'hostilité d'une grande partie de l'opinion catholique et du clergé sensibles aux thèses ultramontaines. Il est nommé sénateur en 1864.

Bien qu'il lui manquât l'indépendance de son prédécesseur et ami Mgr Affre, la compétence administrative de Mgr Sibour et l'affabilité du cardinal Morlot, Mgr Darboy était un prélat instruit, consciencieux et respecté. Avec l'aide d'hommes tels que Buquet, Isoard, Langénieux, Meignan et Foulon, il donna une impulsion nouvelle à l'administration ecclésiale que dans sa vieillesse son prédécesseur avait quelque peu négligée.

Alors que, de plus en plus, le clergé français passait à l'ultramontanisme, Mgr Darboy restait un des derniers gallicans, ce qui lui valut de ne jamais recevoir le chapeau de cardinal et de se voir réprimander par le pape dans une lettre privée qu'une erreur fit publier. On lui reprocha de se montrer plus soumis qu'il n'aurait dû aux vœux impériaux et d'adopter contre les exemptions des religieux une attitude que Rome le contraignit à abandonner en 1869.

Ce fut la raison principale qui, pendant le Concile du Vatican de 1869/1870, le rangea, avec la minorité qui considérait que bien qu'elle fût réelle, la définition de l'infaillibilité pontificale était inopportune. Ses motivations étaient de nature plus politique que théologique. Darboy fut un de ceux qui pensèrent à une intervention diplomatique comme au moyen de mettre un terme à ces difficultés. Il quitta Rome avant le vote final du 18 juillet 1870 en exprimant des sentiments qu'il rétracta cependant plusieurs mois après la définition du dogme.

Arrêté le 4 avril 1871 selon l’ordre de la Commune de Paris, il fut emprisonné à Mazas. Les efforts de ses amis ne parvinrent pas à le sauver, le gouvernement versaillais de Thiers ayant notamment refusé toutes les propositions d’échange formulées par les Communards, contre le socialiste Blanqui, enfermé dans une prison de Bretagne. Il fut exécuté comme otage pendant la Semaine sanglante, le 24 mai, à la prison de la Roquette. Avec lui périrent en même temps, le président Bonjean, l'abbé Deguerry, curé de la Madeleine, l'abbé Surat archidiacre de Notre-Dame et le journaliste Chaudey. Après la Commune, il reçut des obsèques nationales.

L’église Saint-Georges de la Villette a été construite ultérieurement à sa mémoire avenue Simon-Bolivar dans le 19e arrondissement de Paris2.

Son exécution lui aurait été prédite par Maximin Giraud, un des jeunes voyants de la Salette, le 4 décembre 1868, au cours d'une entrevue au cours de laquelle Mgr Darboy s'était exprimé de manière assez négative sur les apparitions de la Vierge Marie qui eurent lieu en 1846 :

- Votre prétendue Belle Dame, dit l'archevêque au jeune homme, il est stupide son discours

- Monseigneur, répondit Maximin avec force, il est aussi vrai que la Sainte Vierge m'est apparue et qu'elle m'a parlé, qu'il est vrai qu'en 1871 Paris sera brûlé par la canaille3.

Aux personnes qui, trois ans plus tard à la prison de La Roquette où il était détenu, tentaient de le sauver Mgr Darboy répondait :

« C'est inutile, Maximin m'a dit que je serais fusillé »4.

Sa cellule de détention et le mur où il fut fusillé sont gardés depuis le début du XXe siècle dans la crypte de la grande chapelle du séminaire Saint-Sulpice d'Issy-les-Moulineaux.

Ouvrages

  • Œuvres de saint Denys l'Aréopagite, traduites du grec (Paris, 1845)
  • Les Femmes de la Bible (Paris, 1846-1849)
  • Les saintes femmes (Paris, 1850)
  • Lettres à Combalot (Paris, 1851)
  • Jérusalem et la Terre Sainte (Paris, 1852)
  • L'Imitation de Jésus-Christ, traduction nouvelle (Paris, 1852)
  • Statistique religieuse du diocèse de Paris (Paris, 1856)
  • Saint Thomas Becket (Paris, 1858)

Il collabora aussi au Correspondant (1847-1855) et fut pendant une année (1850) directeur du Moniteur Catholique.

Études

  • Jacques-Olivier Boudon : Mgr Darboy, archevêque de Paris entre Pie IX et Napoléon III (188 p., Cerf, septembre 2011)
  • Alexis Pierron : Mgr. Darboy : esquisses familières, Paris, Laplace : Sanchez et Cie, 1872.

Notes et références

  1. http://www.paris.catholique.fr/georges-darboy-1863-1871 [archive]
  2. Jérôme Baconin, Paris 1870-1871, l'année terrible, 37542 Saint-Cur-sur-Loire cedex, Éditions Alain Sutton, coll. « Mémoire en images », septembre 2007, 160 p. (ISBN 978-2-84910-705-8)
  3. Léon Bloy, Celle qui pleure, Mercure de France, 1908, 253 p., p.93.
  4. Léon Bloy, Celle qui pleure, Mercure de France, 1908, 253 p., p.94.
  • Cet article est partiellement ou en totalité issu d'une traduction de l'article (en) Georges Darboy [archive] de la Catholic Encyclopedia de 1912 (domaine public).

Liens externes

 

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

08 juillet 2020

Brun Jean

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Jean Brun (militaire)

 

Officier général francais 5 etoiles.svg Jean Brun

280px-British_generals_Sir_John_French,_Grierson_and_Henderson_with_the_French_Minister_of_War,_General_le_Brun

 
le ministre Brun (à droite) avec John French, James Grierson et David Henderson (général) en septembre 1909.

Naissance 24 avril 1849
Marmande, Lot-et-Garonne
Décès 23 février 1911 (à 61 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Arme artillerie
Grade Général d'armée
Années de service 1867-1911
Commandement Chef d'état-major général de l'armée française
Ministre de la Guerre de 1909 à 1911
Distinctions Grand Officier de la Légion d'honneur

Jean Jules Brun, né le 24 avril 1849 à Marmande (Lot-et-Garonne), décédé le 23 février 1911 à Paris, général et homme politique français.

Sommaire

  • 1 Éléments biographiques
  • 2 Décorations
  • 3 Sources
  • 4 Notes et références

Éléments biographiques

Il est fils de boulanger.

Admis à l'École polytechnique en 1867, il intègre l'arme de l'artillerie à sa sortie. En juillet 1870, il est sous-lieutenant à l'école d'application de Metz. Nommé lieutenant en 1872, il est capitaine le 26 octobre 1874, et suit dans ce grade les cours de l'École Supérieure de Guerre où il obtient le brevet d'état-major avec la mention "très bien".

Nommé chef d'escadron en 1886, il est au moment de sa promotion professeur adjoint au cours de tactique appliquée à l'École de Guerre. Il devient officier d'ordonnance du général Théophile Ferron en 1888, lorsque celui-ci est nommé ministre de la guerre. Il sert ensuite successivement au 11e Régiment d'Artillerie, au 4e bureau de l'état-major général, puis redevint professeur à l'École Supérieure de Guerre où il est nommé successivement lieutenant-colonel (1893) et colonel (1897). Il prend alors le commandement du 4e Régiment d'Artillerie à Besançon.

Placé hors cadre le 11 juillet 1900, il est désigné commandant militaire du Sénat. Nommé général de brigade le 9 juillet 1901, il commande la 21e brigade d'infanterie et la subdivision de Nancy, avant d'être nommé sous-chef d'état-major de l'armée le 2 avril 1902. Il prend en 1903 la direction de l'École supérieure de guerre à la suite du général de Lacroix. Il siège au Comité technique d'état-major.

Promu général de division le 28 septembre 1904, il est appelé à la direction de l'état-major général de l'armée, d'abord à titre temporaire (1904), puis à titre définitif en 1906. C'est dans cette fonction qu'il est envoyé en Russie en 1907 afin de traiter sur place les nombreuses questions militaires délicates que soulève alors l'alliance franco-russe.

Titulaire du portefeuille de ministre de la Guerre dans les deux premiers ministères d'Aristide Briand, il exerce cette fonction du 24 juillet 1909 jusqu'au jour de son décès à Paris le 23 février 1911. À ce poste, il rétablit le service militaire des condamnés de droit commun dans les Bataillons d'Afrique, crée un pénitencier militaire dans la baie de Saint-Malo, développe l'aéronautique militaire et fait voter les crédits de l'intervention française au Maroc.

La caserne d'artillerie de la Butte à Besançon a été rebaptisée caserne Brun.

Décorations

Au camp de Châlons, le ministre volant sur Antoinette pilotée par Charles Wachter.

Légion d'honneur :

  • Chevalier le 8 septembre 1887
  • Officier le 16 avril 1898
  • Commandeur le 30 décembre 1905
  • Grand Officier le 31 décembre 1908

Sources

Notes et références

  1. « Notice LH de Louis Charles Agénor Savin de Larclause » [archive], base Léonore, ministère français de la Culture.

Ducreux Rose-Adélaïde

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Rose-Adélaïde Ducreux


Rose-Adélaïde Ducreux

Rose_adelaide_ducreux_color

Autoportrait à la harpe de Rose Ducreux 1791, Met.

Naissance
19 août 1761
Paris
Décès
26 juillet 1802 (à 40 ans)
Saint-Domingue
Activités
Peintre, compositrice

Rose-Adélaïde Ducreux, née en 1761 et morte le 26 juillet 1802 (1er thermidor an X) à Saint-Domingue, est une peintre et musicienne française.

Fille aînée de Joseph Ducreux et son élève, Rose Ducreux a peint la miniature, et elle a figuré aux Salons du Louvre en 1791, 1793, 1795, 1798 et 1799. Très bonne musicienne et très liée avec Méhul, elle composa presque toute la partition de l’Irato ou l'Emporté, qui représente son père, perpétuel irascible, et dont les paroles sont de Marsollier, sauf le quatuor, écrit chez elle, par Méhul, sur le coin du premier piano à queue de Sébastien Érard, ami de sa famille.

Ayant épousé le préfet maritime de Saint-Domingue, Montgiraud, Rose Ducreux mourut sans postérité de la fièvre jaune.

David, ami de la famille, a peint un portrait en pied de Rose Ducreux ; la jeune fille y est représentée jouant une sonate de Dussek ; Lizinska de Mirbel a reproduit cette peinture en miniature. Il existe également un portrait de l’artiste au pastel, où elle prend de la couleur sur sa palette au moment de peindre.

Sources

  • Émile Bellier de La Chavignerie, Les Artistes français du XVIIIe siècle oubliés ou dédaignés, Paris, Vve Jules Renouard, 1865, p. 75.

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

07 juillet 2020

Hébuterne Jeanne

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Jeanne Hébuterne

 

Jeanne Hébuterne

Jeanne_Hebuterne

Jeanne Hébuterne, photographie anonyme non sourcée.
Naissance
6 avril 1898


Meaux

Décès
26 janvier 1920

(à 21 ans)
Paris

Sépulture
Cimetière du Père-Lachaise (depuis 1930), cimetière parisien de Bagneux (28 janvier 1920-1930)
Nationalité
Française
Activités
Peintre, modèle
Formation
Académie Calarossi
Fratrie
André Hébuterne
Enfant
Jeanne Modigliani
Jeanne Hébuterne en 1917.

Jeanne Hébuterne est une artiste peintre française, née le 6 avril 1898 à Meaux (France) et morte le 26 janvier 1920 à Paris.

Surnommée « Noix de coco » en raison de son teint blanc laiteux et de ses cheveux châtain aux reflets roux, elle est surtout connue, de nos jours, pour sa relation amoureuse avec Amedeo Modigliani, se suicidant deux jours après la mort de celui-ci.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Postérité
  • 3 Expositions
  • 4 Galerie
  • 5 Notes et références
  • 6 Annexes
    • 6.1 Bibliographie
    • 6.2 Filmographie
    • 6.3 Iconographie
    • 6.4 Articles connexes
    • 6.5 Liens externes

Biographie

Les origines de la famille Hébuterne sont dans le village de Varreddes (nord de la Seine-et-Marne), d'où est originaire le grand-père paternel de Jeanne. Son père, Achille Casimir Hébuterne, gagne sa vie comme comptable, et sa mère, Eudoxie Anaïs Tellier, remplit le rôle de maîtresse de maison sans autre profession connue. Jeanne Hébuterne naît le 6 avril 1898 à Meaux au no 51 avenue de la République 1.

En 1917, Jeanne Hébuterne étudie la peinture à l'Académie Colarossi à Paris, au 10 rue de la Grande-Chaumière dans le quartier Notre-Dame-des-Champs, à Montparnasse qui tend à supplanter à cette époque Montmartre comme haut lieu de la bohème artistique. C'est son frère André Hébuterne, lui-même peintre paysagiste, qui l'a introduite dans ce milieu. Elle sert de modèle au peintre Foujita. La sculptrice ukrainienne Chana Orloff lui fait rencontrer Amedeo Modigliani, en mars 1917, à La Rotonde. Selon un autre témoignage, c'est lors d'un bal masqué que Modigliani, déguisé en Pierrot, aurait abordé Jeanne pour la première fois.

Jeanne Hébuterne est talentueuse. Et sa beauté la distingue. On la décrit semblable à une Ophélie préraphaélite avec de grands yeux mélancoliques fixant l'objectif, une sensualité éteinte, un visage énigmatique Les photographies de l'époque révèlent un long nez rectiligne et une bouche charnue. Selon Chana Orloff, ses yeux sont vert pâle, Modigliani les peindra toujours en bleu. Quoi qu'il en soit, son regard fascine, elle attire, elle séduit. Ce sont donc deux séducteurs qui se rencontrent.

La jeune fille de bonne famille vit une passion tumultueuse avec le peintre dont la santé chancelle déjà.

Les parents de Jeanne Hébuterne voient d'un très mauvais œil cette liaison. Ils sont fervents catholiques, alors que Modigliani est juif, à cette époque où l'antisémitisme demeure banal. Le peintre a une réputation bien établie de toxicomane et d'alcoolique. Jeanne Hébuterne rompt alors avec sa famille.

Elle s'installe avec Modigliani au no 8 rue de la Grande-Chaumière, juste à côté de l'Académie Colarossi, dans un atelier que leur loue Léopold Zborowski, l'agent du peintre qui peine alors à vendre ses toiles. Néanmoins, convaincu du talent de Modigliani, Zborowski envoie le couple se reposer à Nice où, le 29 novembre 1918, Jeanne Hébuterne met au monde une petite fille, déclarée en premier lieu à l'état civil sous le nom de Giovanna Hébuterne (1918-1984). Modigliani l'aurait reconnue tardivement pour lui donner son nom. D'autres sources indiquent que c'est la sœur de Modigliani qui adoptera l'enfant après la mort de ses parents, afin que celle-ci porte le nom de son père. La petite est placée par la suite en nourrice à Chaville près de Versailles, et deviendra la biographe de son père.

À l'automne 1919, le couple est de retour à Paris. Mais Jeanne Hébuterne cesse peu à peu toute activité artistique après avoir fait de la photographie et créé des bijoux et des vêtements. De nouveau enceinte, elle est devenue le modèle préféré du peintre.

L'état de santé de Modigliani ne cesse de s'aggraver. Atteint de pleurésie depuis l'enfance, puis de méningite tuberculeuse, il abuse depuis bien trop longtemps de drogues et d’alcool. Il meurt à 35 ans, au soir du 24 janvier 1920. Les parents de Jeanne consentent alors à accueillir à nouveau cette désespérée nantie d'un enfant et sur le point d'accoucher du second. Le surlendemain, vers quatre heures du matin, échappant à la vigilance de son frère, Jeanne Hébuterne se jette par la fenêtre du 5e étage de l’appartement de ses parents au no 8 bis rue Amyot, dans le 5e arrondissement de Paris2,3.

Chantal Quenneville, qui a été son amie à l'Académie Colarossi, rapporte les faits suivants : Le corps disloqué avait été ramassé dans la cour par un ouvrier qui l'avait transporté jusqu'au palier du cinquième étage, où les parents épouvantés lui avaient fermé la porte au nez. Le corps avait été ensuite transporté par ce même ouvrier, dans une carriole, jusqu'à l'atelier de la Grande Chaumière, où le portier l'avait refusé, déclarant qu'elle n'était pas locataire officielle ». À la fin, cet ouvrier alla au commissariat où on lui dit de le ramener, sur ordre de la police, rue de la Grande-Chaumière. Le corps resta là, abandonné, toute la matinée4.

Le 27 janvier, Modigliani est enterré au cimetière du Père-Lachaise, accompagné des artistes de Montmartre et de Montparnasse, notamment Picasso, Soutine, Vlaminck, Cendrars. Jeanne est enterrée le lendemain au petit jour au cimetière de Bagneux dans l'intimité. Achille Hébuterne a refusé aux amis de Modigliani de faire enterrer sa fille aux côtés du peintre. Il faudra attendre 1930 avant qu'il revienne sur sa décision.

Une étude5 publiée par le NCBI en 2018 indique que Jeanne était atteinte de dystonie cervicale, et que cela peut se voir dans les photos de l'époque et dans les peintures de Modigliani.

Postérité

Dans les années 1990, la chanteuse française Véronique Pestel lui rend hommage à travers la chanson Jeanne Hébuterne. Chanson qui sera reprise par Jann Halexander sur son album Un bon chanteur est un chanteur mort en 2014.

Au cinéma, elle a été incarnée par Anouk Aimée dans le film Montparnasse 19 de Jacques Becker, et par Elsa Zylberstein dans le film Modigliani de Mick Davis.

En 2006, c'est la romancière France Huser qui publie un roman, La Fille à lèvre d'orange, dont Jeanne Hébuterne est l’héroïne. D'octobre 1919 à janvier 1920, l'auteure à travers un journal imaginaire, recrée le quotidien passionnel des deux amants.

En 2002, c'est dans l'atelier de son frère André Hébuterne, au no 12 rue de Seine à Paris, que furent découvertes neuf de ses peintures ayant séjourné dans la cave depuis 1978. Elles furent présentées une seule journée au musée du Montparnasse à Paris, et à nouveau à l'exposition Amadeo Modigliani, de Montmartre à Montparnasse à Ancone, Caserte et Bari. Seules six peintures d'elle étaient connues avant cette découverte. Elles représentent des portraits de famille et des vues des bâtiments proches de son domicile. Une dixième a été découverte en 2003 chez un brocanteur en Allemagne.

En 2017, Olivia Elkaim écrit un roman (Je suis Jeanne Hébuterne, éd. Stock) dans lequel Jeanne raconte sa passion pour Modigliani.

Expositions

  • Février 2003 : exposition : Amedeo Modigliani, de Montmartre à Montparnasse ; Ancon, Caserte, Bari : présentation des neuf toiles découvertes dans l'atelier de son frère.
  • 2012 : Modigliani, Soutine et l'Aventure de Montparnasse - La Collection Jonas Netter, à la Pinacothèque de Paris.

Galerie

Notes et références

  1. (en) « Cervical Dystonia in Modigliani's Paintings: The Clue Was the Sensory Trick » [archive], sur www.ncbi.nlm.nih.gov, 1er avril 2018 (consulté le 6 avril 2020)

Annexes

Bibliographie

  • Ralph Dutli, Le dernier voyage de Soutine, roman, traduit de l'Allemand par Laure Bernardi, Le Bruit du temps, 2016
  • France Huser, La fille à lèvre d'orange, Gallimard, Paris, 2006
  • Michel Georges-Michel, Les Montparnos, écrit en 1923, publié en 1929 et réédité à maintes reprises (par Le Livre de Poche en 1976), met principalement en scène, à Montparnasse, sous les noms de Modrulleau et Haricot-Rouge, Modigliani et Jeanne Hébuterne, au milieu des peintres de ce que l'on nommera l'École de Paris.
  • Marc Restellini [archive], Le Silence éternel : Amedeo Modigliani et Jeanne Hébuterne, incluant le Catalogue raisonné de l'œuvre peint et dessiné de Jeanne Hébuterne, Éd. Pinacothèque, 2008, 224 p. (ISBN 2953054626)
  • Zoé Blumenfeld, « Jeanne Hébuterne, avec et sans Modigliani », in Le Quotidien des Arts, 11 février 2003.
  • Alain Vircondelet, « Les couples mythiques de l'art », in Beaux Arts magazine, 2011.
  • Nadine van der Straeten, Jeanne Hébuterne, un souffle éphémère, 2017, Tartamudo (bande dessinée).
  • Olivia Elkaim, Je suis Jeanne Hébuterne, Paris, Stock, 2017.

Filmographie

  • Jacques Becker, Montparnasse 19, 1957, avec Anouk Aimé et Gérard Philipe ans les rôles respectifs de Jeanne Hébuterne et d'Amedeo Modigliani.
  • Jean Marie Drot, Les heures chaudes de Montparnasse, vol.1 d'un coffret de trois dvd, ORTF-INA, 1980.

Iconographie

  • Amedeo Modigliani, Les Yeux bleus (Portrait de Jeanne Hébuterne) (1918), Philadelphia Museum of Art ;
  • Amedeo Modigliani, Portrait de Jeanne Hébuterne (1918), Pasadena, Norton Simon Museum ;
  • Amedeo Modigliani, Portrait de Jeanne Hébuterne (1919), Kurashiki, musée d'art Ohara.

Articles connexes

  • Amedeo Modigliani
  • Foujita

Liens externes

  • Notices d'autorité

Posté par blonjacky à 15:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

de Beauharnais Émilie

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Émilie de Beauharnais

 

Émilie de Beauharnais

260px-Carpeaux_La_Valette_p1070136

Buste de madame de Lavalette par Jean-Baptiste Carpeaux.
Biographie
Naissance
8 janvier 1781


Paris

Décès
18 juin 1855

(à 74 ans)
Paris

Sépulture
Cimetière du Père-Lachaise
Nom dans la langue maternelle
Emilie-Louise de Beauharnais
Père
François de Beauharnais
Conjoint
Antoine Marie Chamans de Lavalette
Père-Lachaise - Division 36 - Lavalette 01.jpg
Vue de la sépulture.

Émilie Louise de Beauharnais, comtesse de Lavalette, est née le 8 janvier 1781 et décédée le 18 juin 1855. Membre de la maison de Beauharnais, c'est une personnalité du Consulat et de l'Empire.

Sommaire

  • 1 Famille
  • 2 Biographie
  • 3 Dans la culture populaire
  • 4 Bibliographie
  • 5 Articles connexes
  • 6 Liens externes

Famille

Émilie est la fille de François de Beauharnais (1756-1846), marquis de Beauharnais, et de son épouse et cousine Marie-Anne-Françoise de Beauharnais (1757-1822). Par son père, elle est la petite-fille de François de Beauharnais (1714-1800), gouverneur de la Martinique, et d'Henriette Pyvart de Chastullé (1722-1767) tandis que, par sa mère, elle descend de Claude de Beauharnais (1717-1784), comte des Roches-Baritaud, et de Marie-Anne-Françoise Mouchard de Chaban (1737-1813).

Émilie est donc à la fois la cousine d'Hortense (reine de Hollande), d'Eugène (vice-roi d'Italie) et de Stéphanie de Beauharnais (grande-duchesse de Bade).

Le 22 avril 1798, Émilie épouse, à Paris, Antoine Marie Chamans (1769-1830), futur comte de Lavalette. De cette union naît une fille unique :

  • Joséphine Chamans de Lavalette (1802-1886), qui épouse le baron François Alexandre de Forget (1787-1836).

Biographie

Bas-relief de la tombe des Lavalette montrant l'évasion du comte grâce à sa femme.

Nièce par alliance de l'impératrice Joséphine, Émilie de Beauharnais passe plusieurs années dans le pensionnat de madame Campan. Âgée de 17 ans, elle épouse, à l'instigation de Napoléon Bonaparte, Antoine Chamans, qui est ainsi remercié des services qu'il a rendus au premier consul durant la campagne d'Italie.

Pendant le Premier Empire, Émilie devient suivante puis dame d'atours de l'impératrice Joséphine. Après le divorce de celle-ci, Émilie se retire de la cour pour se consacrer à l'éducation de sa fille.

À la Restauration, Antoine Chamans est condamné à mort pour avoir soutenu Napoléon Ier mais Émilie imagine et organise l'évasion de son époux. Emprisonnée un mois pour son audace, elle est ensuite libérée mais refuse de rejoindre son mari en exil. Devenue folle après avoir découvert que son mari la trompait, elle noue une liaison avec son médecin, Guillaume Dupuytren.

Réunie avec son mari en 1822, elle meurt au début du Second Empire. Elle est enterrée au cimetière du Père-Lachaise (36e division).

Dans la culture populaire

L'actrice Marianne Comtell interprète Émilie de Beauharnais dans l'épisode 3 de la série Les Évasions célèbres (1972), lui-même consacré à Émilie et à son époux.

La pièce de théâtre "Maria et les autres" (Femmes d'en France) de Gérard LEVOYER, présente sous forme de caricature de la société d'alors, trois portraits féminins entre fin XVIIIème et début du XIXe siècle. Emilie Louise de la Valette en est la première. Adrienne Lecouvreur (comédienne) la seconde, et enfin, Marguerite-Julienne Le Pastour (bourreau ou bourrelle) la troisième.

Bibliographie

  • Gilbert Schlogel, Emilie de Lavalette, une légende blessée, Fayard, 2000 (ISBN 2213607664)

Articles connexes

 

Liens externes

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

06 juillet 2020

Ungerer Jean-Thomas

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Tomi Ungerer


Tomi Ungerer

260px-Tomi_Ungerer_par_Claude_Truong-Ngoc_novembre_2017

Tomi Ungerer à Strasbourg en 2017.

Naissance
28 novembre 1931 (86 ans)
Strasbourg (Drapeau de la France France)
Nom de naissance
Jean-Thomas Ungerer
Nationalité
Français
Activité
Dessinateur, peintre, illustrateur, écrivain et auteur
Formation
École des arts décoratifs de Strasbourg
Père
Théodore Ungerer
Distinctions
Prix Hans Christian Andersen d'illustration (1998)
Site web
www.tomiungerer.com
Œuvres principales
  • Les Trois Brigands (1961)
  • Jean de la Lune (1966)
  • Le Géant de Zéralda (1967)
  • Otto, autobiographie d'un ours en peluche (1999)

Tomi Ungerer, né Jean-Thomas Ungerer le 28 novembre 1931 à Strasbourg, est un peintre, dessinateur, illustrateur et auteur français.

Considéré comme l'un des plus brillants dessinateurs de sa génération, il mène depuis 1957 une carrière internationale dans de nombreux domaines de l'art graphique. Ses livres pour enfants Les Trois Brigands et Jean de la Lune ont connu une grande renommée, son affiche contre la ségrégation raciale Black Power/White Power est devenue célèbre. L'artiste est avant tout un fin observateur de la société de son temps et en a livré une satire virulente dans l'esprit de Daumier et de Grosz. Créateur multiforme, il s'est également intéressé à la sculpture et a écrit de nombreux textes, dont certains sont autobiographiques1.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Le Musée Tomi Ungerer
  • 3 Œuvres
  • 4 Quelques distinctions
  • 5 Vente aux enchères de ses planches originales
  • 6 Notes et références
  • 7 Voir aussi
    • 7.1 Bibliographie
    • 7.2 Filmographie
      • 7.2.1 Films inspirés par les contes de Tomi Ungerer
      • 7.2.2 Documentaires
    • 7.3 Articles connexes
    • 7.4 Liens externes

Biographie

Tomi Ungerer est le fils de Théodore Ungerer et d’Alice Essler.

Son arrière-grand-père Auguste Théodore, son grand-père Alfred (1861-1933) et son père Théodore travaillent dans l’horlogerie. L’entreprise d’horlogerie Ungerer a été active de 1858 à 1989.

Tomi est âgé de moins de quatre ans quand son père décède. Ce dernier était ingénieur, fabricant d’horloges astronomiques, artiste et historien ; Tomi lui rend hommage dans De père en fils (2002) : « J’ai eu le sentiment qu'il m'avait transmis tous ses talents en mourant »2. La famille part s’installer à Wintzenheim, dans le quartier du Logelbach au 12 rue Haussmann – une plaque signalant le lieu où il habitait a été posée le 19 février 2005 –, dont les paysages calmes et romantiques inspireront l’auteur. C’est en Alsace que son œuvre plonge ses racines, malgré son tempérament de globe-trotter.

Durant la Seconde Guerre mondiale, l’Alsace est annexée par l’Allemagne. La maison et l’usine familiale sont réquisitionnées par les Allemands et, comme tous les Alsaciens, Tomi Ungerer subit un endoctrinement nazi via l’école qu’il fréquente et qui est soumise à la germanisation.

Sa mère continue à lui parler en français malgré l'interdiction. Et quand elle est dénoncée aux autorités nazies, elle trouve un stratagème pour continuer : à l'officier qui la reçoit, elle confirme parler en français avec son fils, et indique qu'elle continuera. Elle ajoute : « il faudra bien trouver des gens pour diriger ces Français après la victoire finale. » Convaincu, l'officiel admet : « Ainsi parle une vraie fille du Führer. » Et ainsi l'enseignement en français du jeune Tomi put continuer3.

La guerre finie, Tomi Ungerer est à nouveau Français mais il aura beaucoup de mal à s’adapter à cette nouvelle situation et se fait renvoyer de l’école, où on lui interdit de parler alsacien.

En 1946, il explore la France à vélo.

En 1951, après son échec au baccalauréat, il voyage par des moyens de fortune jusqu’en Laponie et au Cap Nord.

En 1952, Tomi Ungerer s’engage dans le corps des méharistes en Algérie. Il est réformé en 1953.

Il s’inscrit alors aux Arts décoratifs mais est renvoyé pour indiscipline. Il travaille alors comme étalagiste et publicitaire pour des petites entreprises.

Tomi Ungerer tenant un jouet en forme de cathédrale de Strasbourg.

Entre 1954 et 1955, il effectue de nombreux voyages dans toute l’Europe, toujours par des moyens de fortune (en auto-stop ou en s’engageant comme marin sur des cargos), notamment en Islande, en Norvège, en Grèce et en Yougoslavie.

Tomi Ungerer part pour New York en 1956. Il débarque avec un carton de dessins et 60 $ en poche, et c’est le succès immédiat : il travaille pour les journaux et magazines les plus prestigieux (New-York Times, Life etc.)2. Sa rencontre avec Ursula Nordstrom (en) des éditions Harper & Row lui permet de publier quatre-vingts livres pour enfants en dix ans. Ce sont ses activités de publicitaire et notamment d’affichiste qui lui apportent la notoriété : ses affiches contre la guerre du Viêt Nam sont très connues. Il est également connu comme un important satiriste et dessinateur humoristique (pour adultes).

En 1971 il se marie avec Yvonne Wright et s'installe en Nouvelle-Écosse au Canada4.

En 1975, il fait une première donation à la ville de Strasbourg d'œuvres personnelles et de jouets issus de sa collection. Cette donation sera suivie de plusieurs autres.

Tomi Ungerer dans son atelier en Irlande en 2015

Depuis les années 1980, il s’investit énormément pour l’amélioration des relations franco-allemandes et dans la préservation de l’identité, du particularisme et du bilinguisme en Alsace.

En 1976 Tomi et Yvonne Ungerer s’installent définitivement en Irlande pays d’où est originaire sa femme5.

En 1988, pour le bimillénaire de Strasbourg, il réalise un monument, « l’Aqueduc de Janus », qui est situé à l’arrière de l’Opéra national du Rhin.

Tomi Ungerer est membre du comité de patronage du think tank strasbourgeois Forum Carolus6, créé et dirigé par Henri de Grossouvre, car pour lui, comme il aime à le répéter, « pour la première fois depuis des siècles, Strasbourg et l’Alsace sont au bon endroit au bon moment ».

Une de ses sœurs décède dans la catastrophe aérienne du mont Sainte-Odile le 20 janvier 1992. Il fonde l’association Entraide de la Catastrophe des Hauteurs du Sainte-Odile (ECHO).

Il obtient en 1998 le prix Hans Christian Andersen, mention illustrateur, la plus haute distinction pour un auteur de livres d'enfants.

En 2008, il est le premier lauréat du Prix de l'Académie de Berlin7

Son œuvre est riche de 30 000 à 40 000 dessins. Elle s'est déployée dans les domaines de la littérature d'enfance et de jeunesse, de la publicité, des alsatiques et de l’érotisme.

Le Musée Tomi Ungerer

Le musée Tomi-Ungerer à Strasbourg.
Article détaillé : Musée Tomi Ungerer.

Le musée Tomi Ungerer–Centre international de l'Illustration est situé à la Villa Greiner, avenue de la Marseillaise à Strasbourg.

Ce musée conserve la collection Tomi Ungerer, qui provient de plusieurs donations effectuées par l’artiste à sa ville natale depuis 1975 et qui comprend onze mille dessins originaux, des estampes, un fonds documentaire, une bibliothèque. Six mille cinq cents jouets et jeux provenant de la collection personnelle de Tomi Ungerer font également partie de la collection du musée.

Il a ouvert ses portes en novembre 2007 et présente le fonds au rythme de trois expositions par an.

Œuvres

  • 1943
    • Deutschland !
  • 1957
    • Les Mellops font de l'avion (The Mellops Go Flying)
    • Les Mellops spéléologues (The Mellops Go Diving for Treasure)
    • The Brave Coward
  • 1958
    • Les Mellops trouvent du pétrole (The Mellops Strike Oil)
    • Crictor (id.)
    • Agee on Film
  • 1959
    • Adélaïde (Adelaide)
    • Seeds and More Seeds
  • 1960
    • Les Mellops fêtent Noël (Christmas Eve at the Mellops)
    • Émile (Emile)
    • Horrible, an Account of the Sad Achievements of Progress
    • Inside Marriage
    • Cartoon 60
    • Twelve WHK Characters
    • America für Anfänger
  • 1961
    • Rufus
    • Les Trois Brigands (The Three Robbers), adaptation cinématographique en 2007 : Die drei Räuber
    • The Backside of Washington
  • 1962
    • Snail, Where Are You?
    • Der Herzinfarkt
    • Fredou
    • The Monocle Peep Show
    • Cartoon 62
    • Esquire's Book of Gambling
    • Illustrations pour :
      • Comfortable Words de Bergen Evans
      • Riddle dee dee de Bennett Cerf
  • 1963
    • The Mellops Go Spelunking
    • Come Into My Parlor (coauteur avec Miriam Ungerer)
    • Illustrations pour :
      • Frances Face-Maker de William Cole
      • A Book of Various Owls de John Hollendaer
      • Wer Zeichnet wie
      • Die Spottdrossel d'Ambrose Bierce
      • Esquire's All About Women de William Cole
      • A Cat-hater's Handbook or The Ailurophobe's Delight de William Cole
      • The Girl We Leave Behind de Jerome Beatty
      • A Television Notebook pour CBS Television Network
  • 1964
    • One, Two, Where's My Shoe
    • Les Carnets secrets de Tomi Ungerer (The Underground Sketchbook)
    • Illustrations pour :
      • The Clambake Mutiny de Jerome Beatty
      • Flat Stanley de Jeff Brown
      • Beastly Boys and Ghastly Girls, poèmes sélectionnés par William Cole
      • Games Anyone de Robert Thomsen
      • Dear N.A.S.A., please send me a rocket de Tait Trussell et Paul Hencke
      • Erlesene Verbrechen und Makellose Morde d'Henry Slesar
  • 1965
    • Graphis n° 120 vol. 21 de Manuel Gasser (16 pages consacrées à Tomi Ungerer)
    • Illustrations pour :
      • Selections from French Poetry de Kenneth F. Canfried
  • 1966
    • Orlando (Orlando the Brave Vulture)
    • Jean de la Lune (Der Mondmann)
    • Nicht Wahr?
    • Ungerer Meets the Maharadjah
    • The Party
    • Illustrations pour :
      • Mr. Tall & Mr. Small de Barbara Brenner
      • Oh, What Nonsense!, poèmes sélectionnés par William Cole
      • Les Trois Bouteilles de Warwick (Warwick's 3 Bottles) d'Andre Hodeir
      • The Too Hot to Cook Book de Miriam Ungerer
      • Guillaume l'apprenti sorcier (The Sorcerer's Apprentice) de Barbara Hazen et Adolphe Chagot
  • 1967
    • Eat
    • Basil Ratzki. Eine Fabel
    • Le Géant de Zéralda (Zeralda's Ogre)
    • Tomi Ungerer
    • Art Kan-George Tscherny-Tomi Ungerer
    • Illustrations pour :
      • What's Good for a Four Year Old de William Cole
      • Look! Look! The Giggle Book de William Cole
      • Cleopatra Goes Sledding de Andre Hodeir
      • Lear's Nonsense Verses d'Edouard Lear
      • A Case of the Giggles, compilation par William Cole
      • The Donkey Ride de Jean B. Showalter
      • Ein Bündel Geschichten für Lüsterne Leser d'Henry Slesar
  • 1968
    • Ask Me a Question
  • 1969
    • Fornicon (id.)
    • Der Gestohlene Bazillus
    • Illustrations pour :
      • New York für Anfänger d'Herbert Feuerstein
  • 1970
    • Le Chapeau volant (The Hat)
    • Tomi Ungerer's Compromises
  • 1971
    • Je m'appelle Papaski et voici mes meilleures histoires à dormir debout (I'm Papa Snap and These Are My Favourite No Such Stories)
    • La Grosse Bête de Monsieur Racine (The Beast of Monsieur Racine)
    • Affiches (The Poster Art Of Tomi Ungerer)
    • Posters of Protest
    • Illustrations pour :
      • Aschenbrödels Küche d'Alice Vollenweider
  • 1972
    • Depression
    • Karikaturen
    • Die Eifel (coauteur avec Willy Brant)
    • Illustrations pour :
      • Oh, That's Ridiculous!, poèmes sélectionnés par William Cole
  • 1973
    • Pas de baiser pour maman
  • 1974
    • Allumette’’
  • 1984
    • Far out Isn't Far Enough
  • 1986
    • Schutzengel der Hölle (Ange gardien de l'enfer, érotique)
  • 1990
    • Für Fr. und D. gefallen
  • 1991
    • Fatras, préface de Michel Polac, Éditions Vents d'Ouest
  • 1992
    • L'entraide - illustration sur timbre-poste français
  • 1998
    • Trémolo, - traduit de l'allemand Tremolo -
  • 1999
    • Otto, autobiographie d'un ours en peluche (ISBN 2 211 055 43 5)
  • 2000
    • Le Nuage bleu
  • 2002
    • À la guerre comme à la guerre
  • 2003
    • Guillaume l'apprenti sorcier
  • 2007
    • Neue Freunde (Éd. Diogenes Verlag AG Zürich)
    • Amis-amies (Éd. L'École des loisirs, Paris)
  • 2008
    • Zloty (Éd. Diogenes Verlag AG Zürich)
  • 2009
    • Weepers Circus À la récré (illustration d'un livre-disque de chansons pour enfants du groupe de rock français Weepers Circus)
    • Zloty (Éd. L'École des loisirs, Paris)
  • 2011
    • Illustration d'un livre-disque pour enfants l'Abécédaire de Boris Vian interprété par Debout sur le Zinc
  • 2012
    • Illustration pour l’affiche du film de Ken Loach La Part des anges (The Angels' Share)
  • 2013
    • Illustration d’un timbre poste franco-allemand à l’occasion du 50e anniversaire du Traité de l'Elysée8
    • Maître des brumes, traduit de l'anglais par Florence Seyvos, (L'École des loisirs)

Quelques distinctions

  • 1967 : "Mention" Prix Critique en herbe, Foire du livre de jeunesse de Bologne9 (Italie) pour Jean de la Lune
  • 1972 : "Mention" Prix Critique en herbe, Foire du livre de jeunesse de Bologne10 (Italie) pour Guillaume l'apprenti sorcier qu'il a illustré, sur un texte de Barbara Hazen
  • 1980 : Bretzel d'or
  • 1983 : Prix Burckhardt de la Fondation Goethe à Bâle
  • 1984 : Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres
  • 1990 : Chevalier de la Légion d'honneur
  • 1993 : Officier de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne, pour son action dans le domaine des relations franco-allemandes
  • 1995 : Grand Prix national des arts graphiques
  • 1998 : Prix Hans Christian Andersen d'illustration
  • 2001 : Officier de la Légion d'honneur11
  • 2004 : Docteur honoris causa de l'Institut de technologie de Karlsruhe
  • 2004 : Chevalier des Palmes académiques12
  • 2005 : Prix e.o.plauen pour l'ensemble de son œuvre
  • 2008 : Prix de l'Académie de Berlin7
  • 2008 : Grand Prix des médias du prix franco-allemand du journalisme (PFAJ)
  • 2013 : Commandeur de l'ordre national du Mérite13
  • 2017 : Commandeur de la Légion d'honneur14.

Vente aux enchères de ses planches originales

En mars 2016 sont vendues à l'Hôtel Drouot à Paris les planches de la première version de son album Les Trois Brigands, datées de 1960. « Le prix de départ avait été fixé entre 2 000 et 3 000 euros, mais les enchères ont finalement atteint la somme record de 72 724 euros15. »

Notes et références

  1. Thérèse Willer, « L'œuvre graphique de Tomi Ungerer », in La Revue des livres pour enfants, no 171, septembre 1996, p. 58-87
  2. a et b Émilie Grangeray, « Tomi Ungerer l’indocile » Le magazine du Monde 15 décembre 2012 p. 150
  3. Tomi Ungerer, À la guerre comme à la guerre, Dessins et souvenirs d'enfance, Éditions de la Nuée Bleue, Strasbourg, 1991, page 55
  4. Emilie Grangeray, « Tomi Ungerer l'indocile » [archive], sur lemonde.fr, 14 décembre 2012 (consulté le 27 mars 2014).
  5. musees.strasbourg.eu/biographie-tomi-ungerer [archive]
  6. http://www.forum-carolus.org/ [archive] Forum Carolus
  7. a et b « Lauréats du Prix de l’Académie de Berlin » [archive], sur academie-de-berlin.de (consulté le 27 décembre 2017).
  8. « timbre franco-allemand » [archive], sur philatelie.deutschepost.de (consulté le 22 avril 2013).
  9. (it) Lauréats Foire du livre de jeunesse de Bologne 1967. [archive]
  10. (it) Lauréats Foire du livre de jeunesse de Bologne 1972. [archive]
  11. Article du site next.liberation.fr du 6 décembre 2001 [archive], consulté le 17 janvier 2015.
  12. « Biographie de Tomi Ungerer » [archive], sur franceinter.fr, 4 décembre 2012 (consulté le 14 décembre 2012)
  13. « Ordre du mérite : 1 302 «illustres et anonymes» distingués, Tomi Ungerer commandeur » [archive], sur le site dna.fr du 15 novembre 2013.
  14. « Légion d'honneur : Véronique Colucci et Tomi Ungerer distingués » [archive], leparisien.fr, 31 décembre 2017.
  15. « Les planches de la première version des Trois Brigands de Tomi Ungerer ont été vendues samedi à l'hôtel Drouot pour 72 724 euros. » [archive], sur france3-regions.francetvinfo.fr, 28 mars 2016.

Voir aussi

Bibliographie

  • Une question de diversité, entretien avec Tomi Ungerer, revue Hopala!, no 4, Brest, mars-mai 2000, p. 86-90
  • Musée Tomi Ungerer - Centre international de l'Illustration / La collection, catalogue de la collection du Musée, sous la direction de Thérèse Willer, Éditions Musées de la Ville de Strasbourg, 2007
  • Thérèse Willer, Tomi Ungerer : l'œuvre graphique, Université Marc-Bloch, Strasbourg, 2008, 9 vol. (thèse de doctorat d'histoire de l'art)
  • Thérèse Willer, « Jean Thomas (dit Tomi) Ungerer », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 37, p. 3957
  • Thérèse Willer, Tomi Ungerer, Tout sur votre auteur préféré. L'École des loisirs, 2008. (ISBN 978-2-211-11118-8)
  • Merveilleux - Tomi Ungerer, catalogue d'exposition, 2008. (ISBN 978-2-9532820-0-9)
  • Thérèse Willer, Tomi Ungerer. Graphic Art, Paris, Éditions du Rocher, 2011.
  • René Hoch et Serge Stein, Affiches et Posters de Tomi Ungerer édité par l'AIATU (Association internationale des amis de Tomi Ungerer), Strasbourg, 2006
  • Alain Weill, Encyclopédie de l'affiche, Paris, Éditions Hazan, 2011, ISBN 978-2-7541-0582-8, p. 368–369.

Filmographie

Films inspirés par les contes de Tomi Ungerer

  • Les Trois Brigands, (Die drei Räuber), film d’animation allemand réalisé par Hayo Freitag (2007), 79 min ; d'après son album éponyme publié en 1961. Prix du public du festival international du film d'animation d'Annecy en 2008.
  • Jean de la Lune, (Moon Man), film d’animation français / irlandais / allemand réalisé par Stephan Schesch (2012), 95 min ; d'après son album éponyme publié en 1966.

Documentaires

  • Tomi Ungerer : mine de rien, film d'Adrien Finck et Alain Desmet, CRDP d'Alsace, 1995, 26 min (VHS)
  • Trait pour trait : Tomi Ungerer, film de Philippe Poirier, Bix Films, Strasbourg, 2009, 27 min (DVD) ; contient aussi une interview de Thérèse Willer, conservatrice du Musée Tomi Ungerer
  • Tomi Ungerer, l’esprit frappeur, documentaire réalisé par Brad Bernstein, 2012, 98 min
  • Tomi Ungerer : laissons les mystères tranquilles/Lasst die Geheimnisse in Ruhe, filmé réalisé par Pierre Bischoff, Musées de la ville de Strasbourg, Canopé, 2014, 26 min (DVD, avec fiches d'accompagnement et pistes pédagogiques)

Articles connexes

  • Littérature d'enfance et de jeunesse
  • Liste d'auteurs de littérature de jeunesse
  • Liste des maisons d'édition pour la littérature d'enfance et de jeunesse

Liens externes

  •  Notices dans des bases relatives aux beaux-arts :

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

05 juillet 2020

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Joseph Tournois

 

Joseph Tournois
Portrait de Joseph Tournois par Charles-Auguste Sellier.jpg
Charles Sellier, Portrait de Joseph Tournois,
musée des beaux-arts de Dijon.
Naissance
18 novembre 1831
Chazeuil
Décès
Septembre 1891
Dijon
Nationalité
Drapeau de la France France
Activité
sculpteur
Formation
École nationale supérieure des beaux-arts
Maître
François Jouffroy, François Rude
Distinctions
grand prix de Rome

Joseph Tournois, né à Chazeuil (Côte-d'Or), le 18 novembre 1831 et mort à Dijon (Côte-d'Or) en septembre 1891, est un sculpteur français.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Œuvres dans les collections publiques
  • 3 Galerie
  • 4 Notes et références
  • 5 Liens externes

Biographie

Élève de François Jouffroy et François Rude, Joseph Tournois est lauréat du premier grand prix de Rome de sculpture en 1857.

Œuvres dans les collections publiques

  • Dijon, Musée des beaux-arts de Dijon, Portrait de l'artiste, 1880, huile sur toile, 55 x 44 cm
  • Paris, Opéra de Paris, grand foyer : La Philosophie, 1875
  • Paris, jardin du Luxembourg, façade de l'orangerie : François Rude, 1888, buste en pierre ;
  • Rouen, musée des beaux-arts :
    • Michel Anguier, statue en pierre ;
    • Nicolas Poussin, statue en pierre ;

Galerie

Notes et références

Liens externes

  • Ressources relatives aux beaux-arts

Dans d’autres langues

Posté par blonjacky à 15:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

de Beauharnais Eugène

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Eugène de Beauharnais

 


Eugène de Beauharnais

AduC_282_Beauharnais_(Eugène_de,_1781-1824)

 
Eugène de Beauharnais, prince impérial et vice-roi d'Italie.
Titre
Vice-roi d’Italie
7 juillet 1805 – 20 avril 1814
(8 ans, 9 mois et 13 jours)
Monarque Napoléon Ier, roi d’Italie
Prédécesseur Création du titre
Successeur Disparition du titre
Biographie
Titre complet Prince français
Vice-roi d’Italie
Prince de Venise
Grand-duc de Francfort
Duc de Leuchtenberg
Prince d’Eichstätt
Dynastie Maison de Beauharnais, Maison Bonaparte
Nom de naissance Eugène Rose de Beauharnais
Date de naissance 3 septembre 1781
Lieu de naissance Paris (France)
Date de décès 21 février 1824 (à 42 ans)
Lieu de décès Munich (Bavière)
Nature du décès crise cardiaque
Sépulture Crypte des Wittelsbach de l’église Saint-Michel de Munich
Nationalité française
Père Alexandre, vicomte de Beauharnais
Napoléon Ier, empereur des Français (adoption)
Mère Joséphine Tascher de La Pagerie
Fratrie Hortense de Beauharnais
Conjoint Princesse Augusta-Amélie de Bavière
Enfants Princesse Joséphine
Auguste, duc de Leuchtenberg
Princesse Amélie
Maximilien, duc de Leuchtenberg
Religion Catholicisme
Résidence Palais des Tuileries
Hôtel de Beauharnais
Palais royal de Venise
Palais royal de Milan
Château de Berg

Eugène de Beauharnais
Vice-roi d’Italie
Eugène de Beauharnais
Eugène de Beauharnais
Eugène de Beauharnais par François Gérard.

Origine Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau du Royaume d'Italie Royaume d'Italie
Arme Cavalerie
Grade Général de brigade
Faits d'armes Bataille de Raab
Bataille de la Piave
Distinctions Grand collier de la Légion d’honneur
Ordre de la Couronne de Fer
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile
(24e colonne)
Famille Maison de Beauharnais
Signature de Eugène de Beauharnais

Eugène Rose de Beauharnais, né à Paris le 3 septembre 1781, mort à Munich le 21 février 1824) était un membre de la famille impériale française, fils adoptif de l'empereur Napoléon Ier, avec qualification d'Altesse impériale, vice-roi d'Italie, prince de Venise, grand-duc de Francfort, duc de Leuchtenberg et prince d'Eichstätt. Il est également l'un des plus fidèles et des plus talentueux subordonnés de Napoléon qui le fait général en chef. Il commande le IVe corps d'armée lors de la campagne de Russie. Au cours de l'hiver 1812-1813, après le départ de Napoléon pour Paris et la fuite de Murat, c'est le prince Eugène qui ramène avec beaucoup d'habileté et d'audace stratégique les restes de la Grande Armée jusqu'à faire sa jonction avec les nouvelles troupes en Saxe, malgré les tentatives d'anéantissements des Russes et leurs nouveaux alliés prussiens.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Origine
    • 1.2 Les débuts de la Révolution française
    • 1.3 La Convention
    • 1.4 Le Directoire
    • 1.5 L'Empire
      • 1.5.1 La campagne de 1809
      • 1.5.2 Le divorce de l'empereur : réticences d'Eugène
      • 1.5.3 La campagne de Russie (1812)
      • 1.5.4 La chute de l'Empire
    • 1.6 L'exil en famille
    • 1.7 La mort
  • 2 État de service
  • 3 Autres fonctions
    • 3.1 Franc-maçonnerie
  • 4 Titres
    • 4.1 Qualifications
  • 5 Décorations
  • 6 Hommage, honneurs, mentions,...
  • 7 Vie familiale
  • 8 Armoiries
  • 9 Annexes
    • 9.1 Bibliographie
    • 9.2 Notes et références
  • 10 Voir aussi
    • 10.1 Articles connexes
  • 11 Liens externes

Biographie

Origine

Eugène de Beauharnais naît le 3 septembre 1781 à Paris. Il est le fils d'Alexandre de Beauharnais, un jeune gentilhomme, sous-lieutenant au régiment du duc de la Rochefoucauld, le Sarre-Infanterie, et de Marie-Josèphe Tascher de la Pagerie, que l'Histoire connaît plus volontiers sous le prénom que lui donne son second époux : Joséphine.

Les débuts de la Révolution française

Il grandit dans une période historiquement très troublée. Pendant les années 1789 et 1790, alors que sa mère et sa jeune sœur Hortense de Beauharnais sont en Martinique, il assiste aux séances de l'Assemblée constituante auxquelles participe son père qui en est élu président en juin 1791. Le 21 juin 1791, lors de la tentative de fuite de la famille royale, ce dernier, comme président de l'Assemblée nationale constituante fait tout ce qu'il faut pour rattraper le roi en fuite.

Le 20 avril 1792, l'Assemblée législative déclare la guerre au « roi de Hongrie » (François II, neveu de la reine Marie-Antoinette, et pas encore couronné Empereur, alliée de la France depuis 1756). Alexandre de Beauharnais rejoint l'armée et fait venir son fils auprès de lui. Le jeune Eugène, âgé de onze ans, partage alors son temps entre un collège strasbourgeois et le quartier général de Wissembourg.

La Convention

L'avènement de la Convention modifie considérablement la situation de la famille. Alexandre est contraint de rejoindre les rangs de l'armée du Nord puis de l'Est où il est général en chef avant de perdre la ville de Mayence. Quittant alors l'armée sans autorisation, il regagne son fief de La Ferté-Beauharnais près de Romorantin avant d'être mis en accusation et arrêté en 1794. Il est enfermé à la prison des Carmes à Paris où sa femme le rejoint quelques semaines plus tard. Alexandre de Beauharnais est guillotiné1. Joséphine est relâchée après Thermidor. À l'automne 1795, Eugène et Hortense sont mis en pension à Saint-Germain-en-Laye, lui au collège irlandais McDermott, elle chez Mme Campan.

Le Directoire

Sous le Directoire, la « veuve Beauharnais », qui tient salon à Paris, rencontre le général Napoléon Bonaparte. Ils se marient le 9 mars 1796 à Paris. Le jeune général doit partir quelques jours plus tard pour le front d'Italie et fait venir quelques mois plus tard Eugène comme aide de camp2.

II fait partie de l'expédition d'Égypte et se trouve aux actions les plus meurtrières. Il participe à l'attaque de Suez3 et à la bataille d'Aboukir. De retour en France, le coup d'État du 18 brumaire fait de lui le beau-fils du Premier Consul et lance le jeune officier de 18 ans dans le monde. Il est fait chef d'escadron sur le champ de bataille de Marengo au cours de la seconde campagne d'Italie. En 1802, il est nommé colonel.

L'Empire

Article détaillé : Royaume d'Italie (1805-1814).

La proclamation de l'Empire, le 18 mai 1804, profite à Eugène de Beauharnais qui est nommé grand-officier de la Légion d'honneur, général de brigade et colonel-général des chasseurs de la Garde le 1er juillet 1804. Napoléon lui fait confiance et n'hésite pas à s'appuyer sur un prince dont la devise est « Honneur et Fidélité »4. Le 17 octobre 1804, il est promu général de brigade.

La vice-royauté du royaume d'Italie

En 1805, il obtient les dignités d'archichancelier d'État et de Grand aigle de la Légion d'honneur ; il n'a encore que 24 ans. Bientôt, Eugène est chargé, en qualité de vice-roi, de l'administration du royaume d'Italie le 7 juin 1805, où il passe presque la moitié de son temps.

Après la campagne de 1805, il épouse5 la princesse Augusta-Amélie de Bavière, et Napoléon l'investit du titre de prince de Venise, le déclare son fils adoptif et l'héritier présomptif de la couronne d'Italie.

Eugène va demeurer vice-roi d'Italie de 1805 à 1814.

La campagne de 1809

En 1809, 100 000 Autrichiens attaquent l'Italie. Eugène, à la tête de l'armée d'Italie, perd d'abord la bataille de Sacile, mais prend bientôt sa revanche dans vingt combats brillants et réussit à repousser l'ennemi, opère sa jonction avec la Grande Armée aux environs de Vienne. Cette marche glorieuse est couronnée par la bataille de Raab, que Napoléon Ier surnomme petite fille de Marengo et de Friedland.

C'est pendant la campagne d'Autriche de 1809 qu'Eugène commande en chef pour la première fois. Parti de Milan le 5 avril, il va à la rencontre de l'archiduc Jean, qui s'avance sur l'Isonzo avec des forces considérables, éprouve un échec sur la Piave qui ne le décourage pas, notamment le 16 avril à Sacile. Aidé des généraux Macdonald, Baraguay d'Hilliers, Barbou, Grenier, Broussier, il repousse bientôt l'ennemi, s'empare de Vicence et de Bassano, bat l'archiduc à la bataille de la Piave, et s'empare de toutes les positions sur le revers des montagnes de la Carinthie.

Pendant qu'il poursuit sa marche victorieuse vers les frontières de la Hongrie, il apprend que le général autrichien Franjo Jelačić, cherche à se réunir à l'archiduc Jean. Eugène l'attaque et l'oblige à poser les armes avec la totalité des troupes qu'il commande. Le succès de cette journée décisive lui permet d'opérer sa jonction avec la Grande Armée sur les hauteurs de Semmering. Les 5-6 juillet 1809, il participe ensuite à la bataille de Wagram.

C'est à l'occasion de cette marche d'Eugène, si remarquable sous le rapport stratégique, que l'Empereur adresse aux soldats du vice-roi ces paroles célèbres : « Soldats de l'armée d'Italie, vous avez glorieusement atteint le but que je vous avais marqué, soyez les bienvenus ! Je suis content de vous. »

Le divorce de l'empereur : réticences d'Eugène

À l'époque de la répudiation de Joséphine, il vient à Paris, mandé par l'Empereur, et prie Napoléon de lui accorder une explication en présence de l'Impératrice6. Après le divorce de sa mère, qui le navre, il veut renoncer aux affaires, mais vaincu par les instances de Joséphine et de Napoléon lui-même, il sacrifie ses ressentiments personnels, mais dès lors refuse toute faveur nouvelle qui n'aurait été pour lui que le prix du divorce de sa mère.

La campagne de Russie (1812)

Eugène de Beauharnais, dans Vie de Napoléon Bonaparte par William M. Sloane.

En 1812, il obtient le commandement des troupes italiennes, françaises et bavaroises du quatrième corps d'armée partant à la conquête de la Russie. Tous les témoignages sont unanimes : c'est là le grand moment de sa carrière militaire lors de la campagne et surtout à la retraite de Russie. Il se signale à la bataille d'Ostrovno. Le prince se conduit en héros. Les conditions épouvantables de la retraite assombrissent son caractère et le vieillissent prématurément.

Il commande le 4e corps, qui est entièrement détruit. La défection de Murat le laisse à la tête des débris de la Grande Armée, réduite à quelques milliers d'hommes dénués de tout. Attaqué tous les jours par les armées russes et prussiennes, il risque chaque jour d'être débordé. En soixante jours, il fait une retraite magnifique, échappant à l'encerclement et faisant la jonction avec la nouvelle armée des conscrits livrée par l'Empereur. Cette campagne de 50 jours, depuis Posnau jusqu'à Leipzig, est peut-être l'épisode le plus étonnant de l'expédition de Russie, et tous les militaires s'accordent à le regarder comme un chef-d'œuvre de stratégie qui, seul, place le prince Eugène au rang des plus grands généraux 7.

Le prince arrive à Leipzig le 9 mars, et son armée, grossie pendant la marche, compte alors 50 000 hommes, avec lesquels il peut tenir la ligne de l'Elbe, menacée par 150 000 alliés.

La chute de l'Empire

En 1813, le vice-roi doit retourner en Italie où il doit éviter les mouvements de sédition et maintenir l'ordre et la sécurité. Après l'échec pour les Français de la campagne de Saxe, les Autrichiens menacent la plaine du Pô, cependant que Murat oscille entre fidélité et trahison. Eugène doit affronter seul les armées autrichiennes. S'il doit abandonner rapidement les provinces illyriennes après des revers de ses subordonnés, il oppose une défense tenace à l'Autriche en Italie et retarde même l'échéance inéluctable grâce à sa victoire lors de la bataille du Mincio, le 8 février 1814. Il sait résister aux pressions de son beau-père Maximilien, qui lui laisse espérer le royaume d'Italie s'il trahit Napoléon. Pourtant, le fait qu'il ne donne pas suite à l'ordre de l'Empereur, au mois de janvier 1814, de laisser l'Italie, lui vaut l'accusation de trahison par quelques généraux.

L'impératrice Joséphine reçoit à la Malmaison la visite du Tsar Alexandre Ier, à qui elle recommande ses enfants, le prince Eugène, la reine Hortense et ses fils Napoléon-Louis et Louis-Napoléon (mai 1814), Hector Viger (1819-1879), vers 1864, Musée national du Château de Malmaison.

Après l'abdication de Napoléon, il perd tout espoir de sauver son trône, suite aux émeutes du 20 avril 1814, à Milan, et au meurtre de son ministre des finances Giuseppe Prina, qui est lynché par la foule. Le 26 avril 1814, le vice-roi d'Italie est contraint d'abandonner son trône et va chercher asile en Bavière, dans sa belle-famille. À la mort de sa mère en mai 1814, c'est lui qui hérite du château de Malmaison, si cher à Joséphine et à Bonaparte.

L'exil en famille

Au congrès de Vienne, il attend une principauté et une rente annuelle. On lui propose Pontecorvo, dont Bernadotte était précédemment prince héréditaire. Il regagne Munich où il jouit de l'estime des Wittelsbach, lorsque l'Empereur débarque de l'île d'Elbe à Golfe Juan le 1er mars 1815.

Au retour de Napoléon, en 1815, il se trouve à Vienne et ne prend aucune part à la guerre. Il est obligé, pour ne pas être arrêté, de s'engager sur parole à ne pas quitter la Bavière. C'est donc en spectateur qu'il assiste aux Cent-Jours, à la défaite de Waterloo, et à la seconde abdication. Il ne joue plus aucun rôle ni politique ni militaire et se contente, après avoir reçu de son beau-père le duché de Leuchtenberg, de gérer sa fortune et de placer sa nombreuse progéniture.

La mort

Tombeau de Eugène de Beauharnais, sculpté par Bertel Thorvaldsen, Église Saint-Michel de Munich.

Eugène de Beauharnais meurt le 21 février 1824 à Munich, d'une attaque d'apoplexie, à l'âge de quarante-deux ans. Ses funérailles sont grandioses, le deuil étant conduit par son beau-père, le roi de Bavière en personne. Le couple ayant particulièrement bien marié ses enfants, Eugène de Beauharnais est ainsi l'ancêtre de la plupart des dynasties régnantes d'Europe (actuels souverains de Norvège, Suède, Danemark, Belgique et Luxembourg, anciens rois de Portugal et de Grèce...).

État de service

  • Sous-lieutenant (30 juin 1797) ;
  • Lieutenant (20 janvier 1799) ;
  • Capitaine (22 décembre 1799) ;
  • Chef d'escadron (9 juillet 1800) ;
  • Colonel (13 octobre 1802) ;
  • Colonel général des chasseurs (1er juillet 1804) ;
  • Général de brigade (17 octobre 1804) ;
  • Commandant des chasseurs à cheval de la Garde Impériale (17 octobre 1804 - 23 décembre 1805) ;
  • Commandant en chef du corps de blocus de Venise (23 décembre 1805 - 3 janvier 1806) ;
  • Lieutenant de l'Empereur pour le commandement en chef de l'armée d'Italie (3 janvier 1806 - 12 janvier 1806) ;
  • Commandant en chef de l'armée d'Italie (9 avril 1809 - 10 janvier 1812) ;
  • Commandant en chef du corps d'observation d'Italie (10 janvier 1812 - 1er avril 1812) ;
  • Commandant en chef du 4e corps de la Grande Armée (1er avril 1812 - 24 janvier 1813) ;
  • Lieutenant général à la Grande Armée (24 janvier 1813 - avril 1813) ;
  • Commandant supérieur des Ve et XIe corps de la Grande Armée (avril 1813 - 16 mai 1813) ;
  • Commandant en chef de l'armée d'observation d'Italie, des provinces illyriennes et des 27e, 28e et 29e divisions militaires (16 mai 1813 - 17 avril 1814).

Autres fonctions

  • Grand officier de l'Empire (18 mai 1804) ;
  • Grand dignitaire de l'Empire (archichancelier d'État, 12 pluviôse an XIII (1er février 1805)) ;
  • Membre du Sénat conservateur (sénateur de droit en tant que grand dignitaire de l'Empire, 12 pluviôse an XIII (1er février 1805)) ;
  • Vice-roi d'Italie (7 juillet 1805 - 20 avril 1814) ;
  • Gouverneur général des États de Venise (12 janvier 1806 - 9 avril 1809) ;
  • Pair de France (2 juin 1815 (Cent-Jours)).

Franc-maçonnerie

Initié à la Franc-maçonnerie, Eugène de Beauharnais était également grand maître du Grand Orient d'Italie et du Suprême conseil italien, après avoir été vénérable d'honneur de la loge Saint-Eugène à l'Orient de Paris8,9.

Titres

  • Prince français (12 pluviôse an XIII (1er février 1805))
  • Vice-roi d'Italie (7 juillet 1805 - 20 avril 1814) ;
  • Prince de Venise (17 décembre 1807) ;
  • Grand-duc de Francfort (1er mars 1810) ;
  • Duc de Leuchtenberg (14 novembre 1817) ;
  • Prince d'Eichstätt (14 novembre 1817).

Les lettres patentes, du 9 avril 1810, accordant le duché de Navarre à l'Impératrice Joséphine indiquaient expressément que celui-ci devait être reversé, à la mort de l'impératrice répudiée, à Eugène. Néanmoins, en 1814, ce furent les fils du prince Eugène qui succédèrent à leur grand-mère : Auguste (1814-1835), puis son frère Maximilien (1835-1852).

Qualifications

  • 1804 – 1805 : Son Altesse Impériale Eugène, prince français
  • 1805 – 1807 : Son Altesse Impériale Eugène, prince français et vice-roi d'Italie
  • 1807 – 1810 : Son Altesse Impériale Eugène, prince français, vice-roi d'Italie et prince de Venise
  • 1810 – 1814 : Son Altesse Impériale Eugène, prince français, vice-roi d'Italie, prince de Venise et grand-duc de Francfort
  • 1817 – 1824 : Son Altesse Royale Eugène, duc de Leuchtenberg et prince d'Eichstätt

Décorations

  • Légion d'honneur :
    • Légionnaire (4 décembre 1803), puis
    • Commandant (4 juin 1804), puis
    • Grand aigle de la Légion d'honneur (13 pluviôse an XIII : 2 février 1805), puis
    • Grand collier de la Légion d'honneur ;
  • Grand-croix de l'ordre de Saint-Hubert (Bavière) (1805) ;
  • Chevalier de l'ordre espagnol de la Toison d'or (1805).
  • Grand-croix de l'ordre de la Couronne de Fer d'Italie (1805) ;
  • Grand-croix de l'ordre de Saint-Étienne de Hongrie (4 avril 1811) ;
  • Grand-croix de l'ordre de la Couronne de Saxe ;
  • Grand-croix de l'ordre des Séraphins (1er décembre 1821) ;
  • Chevalier Grand-croix de première classe de l'ordre de l'Épée de Suède, (19 juin 1823).

Hommage, honneurs, mentions,...

  • Le nom de BEAUHARNAIS est gravé au côté Sud (24e colonne) de l’arc de triomphe de l’Étoile, à Paris.

Vie familiale

Son épouse, Augusta-Amélie de Bavière.

La vie privée d'Eugène de Beauharnais n'est pas moins dépendante de l'Empereur que sa vie professionnelle. Cherchant à introduire sa famille dans le cercle des dynasties européennes, Napoléon arrange le mariage entre Eugène et Augusta-Amélie de Bavière, fille de l'électeur Maximilien de Bavière (qui devient roi après le traité de Presbourg en 1806), célébré le 14 janvier 180610.

L'union entre Eugène de Beauharnais et Augusta-Amélie de Bavière, bien qu'arrangée pour des raisons politiques, est particulièrement heureuse, ils ont sept enfants :

  • Joséphine Maximilienne Eugénie Napoléone (1807 – 1876), reine de Suède et de Norvège.
  • Eugénie Hortense Auguste (1808 – 1847), princesse de Hohenzollern-Hechingen.
  • Auguste Charles Eugène Napoléon (1810 – 1835), duc de Leuchtenberg, duc de Santa Cruz et prince consort de Portugal.
  • Amélie Auguste Eugénie Napoléone (1812 – 1873), impératrice du Brésil.
  • Théodelinde Louise Eugénie Auguste Napoléone (1814 – 1857), comtesse de Wurtemberg et duchesse d'Urach.
  • Caroline Clotilde (1816 – 1816).
  • Maximilien Joseph Eugène Auguste Napoléon (1817 – 1852), duc de Leuchtenberg et prince Romanowsky en Russie avec la qualification d'Altesse impériale.

Eugène de Beauharnais est l'ancêtre de Nicolas, actuel duc de Leuchtenberg.

Armoiries

Figure Blasonnement
Blason fam fr Beauharnais.svg Armes des Beauharnais sous l'Ancien Régime :

D’argent à la fasce de sable surmontée de trois merlettes du même.11

Grand coat of arms of Eugène de Beauharnais.svg Grand coat of arms of Eugène de Beauharnais as viceroy of Italy2.svg

Grand coat of arms of Eugène de Beauharnais 2.svg

Sous le Premier Empire :

D'azur à l'aigle d'or empiétant un foudre du même, le foudre chargé d’un médaillon ovale d’argent surchargé d’un E de sable.12.

On trouve aussi parfois : D'azur à l'aigle d'or empiétant un foudre du même, brisé par l'écu de Lombardie (d'or à Couronne de fer (« sommée » de six pièces), à la bordure de gueules chargée de huit anneaux d'argent13.

Version avec manteau royal d'Italie

Version avec manteau impérial

Мали Лейхт 1817.svg À partir de 1817

Ecartelé : I, (de Leuchtenberg) ; II, de gueules au mur d'argent flanqué de deux tours, le tout maçonné d'argent et ouvert de sable, posée sur une terrasse de sinople, deux arbres de sinople issants des tours (d'Eichstätt) ; III de sinople, à l'épée haute d'argent, garnie d'or, accompagnée de 7 étoiles du même ; IV, d'argent à la fasce de sable accompagnée en chef de trois merlettes du second (de Beauharnais)14.

Annexes

Bibliographie

Notes et références

  1. En 1794, juste avant la chute de Robespierre. Joséphine étant en prison, ses deux enfants Eugène et Hortense ont été confiés à des mains étrangères, Mlle Lannois, une gouvernante prend soin de la jeune Hortense ; Eugène est mis en service et en apprentissage chez un menuisier
  2. . Eugène entre dans la carrière militaire en qualité d'aide-de-camp de son beau-père ; mais avant de partir pour l'Italie, il complète son éducation imparfaite
  3. où il entre le premier, à la tête de l'avant-garde, le 8 novembre 1798, et mérite le grade de lieutenant
  4. Le 4 juin 1804, jour anniversaire de Marengo, Napoléon, empereur, donna à son beau-fils le titre de Prince français
  5. à Munich le 14 janvier 1806
  6. Dans cette circonstance, où Napoléon ne pouvait motiver sa résolution qu'en faisant valoir l'intérêt de la France, Joséphine sait se taire et se résigner ; mais tremblant de voir l'avenir de son fils compromis, et portant ses yeux remplis de larmes sur Eugène, elle dit à l'Empereur : « Une fois séparés, mes enfants ne seront plus rien pour vous. Faites Eugène roi d'Italie, et votre politique, j'ose le croire, sera approuvée par toutes les puissances de l'Europe. » — Le prince dit alors vivement : « Ma bonne mère, qu'il ne soit nullement question de moi dans cette triste occurrence. Votre fils ne voudrait pas d'une couronne qui semblerait être le prix de votre séparation. » Napoléon, que la noblesse de ce discours émeut profondément, tend la main au vice-roi, la serre avec force et répond avec gravité : « Je reconnais Eugène dans ces paroles ; il a raison de s'en rapporter à ma tendresse. »
  7. Nous avons tous commis des fautes, dit Napoléon, Eugène est le seul qui n'en ait pas fait
  8. Daniel Ligou, Dictionnaire de la Franc-maçonnerie, Presses universitaires de France, 3e éd., 1991, p. 118.
  9. Voir le site Napoleon & Empire [archive] pour un panorama de la franc-maçonnerie sous le Consulat et le Premier Empire (consulté le 9 août 2010)
  10. Le voyage de noces, de Munich à Milan, en passant par Venise, est triomphal et la princesse semble très éprise de son époux. En 1814, elle écrit à son père : « Je le suivrai partout, bien sûre qu'il ne s'écartera jamais du chemin de la vertu et de l'honneur ». Après la perte du trône d'Italie, c'est en Bavière, à Munich, que vivent le prince Eugène et son épouse. Ils s'y font construire un palais où le prince installe sa bibliothèque ainsi qu'une collection de tableaux qu'il ouvre au public, constituée en partie par l'héritage de sa mère. Lui-même pratique le dessin et la musique. Goethe, lorsqu'il le rencontre à Marienbad, le juge « un grand caractère ».
  11. Source : Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) sur www.heraldica.org [archive]
  12. A. de Revérand, E. Villeroy, Album des armoiries concédées par Lettres-patentes de Napoleon Ier, 1808-1815 [archive] cité dans Giacomo Bascapè; Marcello Del Piazzo, Insegne e simboli. Araldica pubblica e privata medievale e moderna, Roma, Ministero per i beni e le attività culturali, 2009. (ISBN 88-7125-159-8) p. 793
  13. "Le Sang des Bonapartes"
  14. http://homepage.mac.com/linstedt/linische/hre_6a.html#leuchtenberg [archive]

Voir aussi

Articles connexes

  • François de Beauharnais (1714-1800), marquis de La Ferté-Beauharnais

Liens externes

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

04 juillet 2020

Maistre François-Xavier

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

François-Xavier Maistre


François-Xavier Maistre

220px-François-Xavier_Maistre

Buste en marbre du président Maistre1 , par le sculpteur Giuseppe Moretti de Turin, d'après une esquisse de son fils Xavier de Maistre (Collection particulière).
Naissance 27 novembre 1705
Aspremont (Comté de Nice).
Décès 16 janvier 1789 (à 83 ans)
Chambéry (Savoie).
Nationalité Savoisien
Pays de résidence Drapeau de la Savoie Duché de Savoie
Profession
Avocat, sénateur
Activité principale
Second président du sénat de Savoie
Autres activités
corédacteur des Royales Constitutions de 1770
Formation
Études de droit
Ascendants
André Maistre (de Nice) et Henriette Berengero
Conjoint
Christine de Motz de La Salle (1727-1774).
Descendants
dix enfants dont Joseph de Maistre et Xavier de Maistre
Famille
Maistre

François-Xavier, comte Maistre (1705-1789) (alias François-Xavier de Maistre), sujet des États de Savoie, président du sénat de Savoie à Chambéry. Il est le fondateur de la Famille de Maistre (Savoie) dont de nombreux descendants se sont illustrés au service de leur pays.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Carrière
  • 3 Union et Postérité
  • 4 Citations
  • 5 Articles connexes
  • 6 Notes et références

Biographie

François-Xavier Maistre est savoisien d’origine niçoise. Il est né le 20 novembre 1705 à Aspremont, dans le comté de Nice2. Il est le fils d'André Maistre, négociant, deuxième syndic de Nice (1708- 1709) et d'Henriette, alias Angèle, Berengero3. Dans les actes, le nom d'André Maistre est précédé du qualificatif nobilis4. La famille ne porte alors pas de particule5. Elle est composée de douze enfants, dont neuf furent baptisés en la cathédrale Sainte-Réparate de Nice. Parmi les frères de François-Xavier, trois sont rentrés dans les ordres, dont Joseph-André, religieux Augustin, maître provincial et professeur de théologie sacrée aux royales écoles de Nice. Un autre de ses frères, Jean-Baptiste est avocat à Nice.

François-Xavier Maistre épouse le 7 avril 1750, en la paroisse Saint-Léger de Chambéry, Christine Demotz de La Salle (1722-1774), d'une famille noble originaire de Rumilly (fille de Joseph Demotz, Sénateur honoraire et juge mage de Savoie et de Marie Fortis). De cette union sont issus quinze enfants, dont dix vivants, parmi lesquels le philosophe Joseph de Maistre, l’écrivain Xavier de Maistre et André-Marie de Maistre, nommé évêque d'Aoste. Le cousin germain de François-Xavier est Jean-François Maistre (1698-1760), comte de Castelgrana et Carraz, second président de la chambre royale des comptes à Turin. Dans la famille Maistre, François-Xavier est le fondateur de la branche savoisienne, son cousin Jean-François est le fondateur de la branche piémontaise.

Issu d’une famille d'avocats et de marchands, François-Xavier Maistre exerce au sénat de Nice. En 1740, il est transféré par décision royale du sénat de Nice au sénat de Savoie. Promu sénateur au sénat de Savoie, il prend ses fonctions à Chambéry6. Sénateur, puis second président du sénat, il mène une carrière brillante. Il est notamment l'artisan principal, avec le président Salteur et le chancelier Caissotti, des Royales Constitutions de 1770 promulguées par Charles-Emmanuel III .

Le président François-Xavier Maistre est décédé en fonction à Chambéry, à l'âge de 84 ans, le 16 janvier 17897.

Carrière

Les étapes principales de la carrière du comte sont :

1729, avocat à Nice ;
1730, substitut de l'avocat des pauvres8 ;
1738, nommé au bureau de l'avocat fiscal général de Nice ;
1740, promu sénateur, transféré par décision royale au sénat de Savoie à Chambéry, prend le titre d'avocat fiscal général. Son appartenance au Sénat de Savoie entraine statutairement l'aggrégation de sa famille à la noblesse du duché de Savoie (Voir la thèse de 1977 d'Henri Arminjon publiée à Annecy, chez Gardet, intitulée : « De la noblesse des sénateurs au Souverain Sénat de Savoie et des Maitres Auditeurs à la cour des Comptes ». Cette thèse est agréée par la commission des preuves de l'ANF depuis l'année 1983)9 ;
1749, prend la direction du parquet10 ;
1761, se rend à Turin pour participer à l'édit d'affranchissement ;
1764, 25 novembre, nommé second président du sénat de Savoie (premier président étant Jacques Salteur)11,12 ;
1768, nommé à la présidence du conseil de réforme pour réorganiser l'enseignement universitaire dans le duché, et rédacteur à la commission de législation pour les Royales Constitutions de 1770 ;
1778, reçoit le titre et la dignité de comte  pour lui et ses descendants par ordre de primogéniture13 ;
1785, conservateur général des apanages des altesses royales en Savoie14 ;
1789, 16 janvier, sur les 4 heures du soir, décès de François-Xavier comte Maistre15.

Union et Postérité

Il épouse le 7 avril 1750 Christine de Motz de La Salle (alias Demotz), née le 24 novembre 1727, décédée le 21 juillet 1774 à l'âge de 47 ans (fille de Joseph de Motz de La Salle - 1699-1769, juge mage de Savoie, et de Marie Fortis), qui lui donne 15 enfants, dont 10 vivants16.

  • Marie-Josephte (1751-1751).
  • Marie-Jacqueline (1751-1751).
  • Joseph (1753-1821). Il épouse en 1786 Françoise de Morand de Saint-Sulpice dont il a trois enfants: Leur fils Rodolphe de Maistre est l'ancêtre de tous les Maistre d'origine savoisienne.
  • Jeanne Baptiste Françoise (1754-1759).
  • Marie-Christine (1755-1814). Elle épouse en 1778 Pierre-Louis Vignet . Elle a trois enfants, dont le sénateur François-Xavier de Vignet.
  • Nicolas (1756-1837), colonel du régiment de Savoie. Il épouse en 1802 sa cousine Marthe Perrin d'Avressieux dont il a un enfant, Eloi de Maistre (1805-1806).
  • André-Marie (1757-1818), nommé évêque d'Aoste juste avant sa mort en 1818.
  • Anne (1758-1822). Elle épouse en 1796 Alexis de Saint Réal dont elle a une fille, Elisabeth, future comtesse de Foras, mère du comte Amédée de Foras, auteur de l'Armorial et nobiliaire de Savoie.
  • Marie-Marthe (1759-1826). Elle est religieuse Ursuline sous le nom de sœur Eulalie.
  • N.(née et décédée le 21 octobre 1760).
  • Jeanne-Baptiste, dite Jenny 17.(1762-1834). Elle épouse en 1794 Charles-François de Buttet (1738-1797), colonel d'Artillerie, dont elle a un fils, Louis-Eloi-Audifax de Buttet (1795-1877).
  • Xavier (1763-1852). Il épouse en 1813 Sophie Zagriaski dont il a quatre enfants morts jeunes.
  • Marie-Thérèse (1765-1832). Elle épouse en 1792 le chevalier Constantin de Moussy dont elle a cinq enfants.
  • Eugène Claude (1767-1771).
  • Victor (1771-1801), officier aux Dragons de Sardaigne. Mort sans alliance.

Citations

« Charles-Emmanuel III acheva le monument législatif dont Marie-Jeanne de Savoie-Nemours avait esquissé le plan et Victor-Amédée II fait le gros œuvre. Il s'appliqua à en unifier encore les dispositions, à en perfectionner les détails, à en polir les aspérités; de cette révision définitive sortirent ces Royales Constitutions de 1770, qui sont la base fondamentale du droit public et civil moderne...Maistre et Salteur furent les principaux ouvriers de cette codification éminemment libérale pour l'époque. ...Cette œuvre superbe, dès 1770, mit le petit royaume de Sardaigne à la tête du progrès législatif en Europe, laissant bien loin derrière elle sa grande voisine, la France. Lorsque les cahiers contenant les observations du Sénat furent achevés, sa Majesté appela Maistre à Turin pour lui en exposer les grandes lignes et participer aux travaux de la commission de législation instituée dans la capitale. Le magistrat savoyard s'acquitta de sa tâche avec une telle supériorité que le roi, qui présidait en personne, le chargea de la rédaction définitive du code. »

« Le comte François-Xavier Maistre est décédé le 16 janvier 1789 en son hôtel de la place Saint-léger à Chambéry. Les funérailles du grand magistrat eurent lieu avec une pompe extraordinaire. Victor-Amédée III, dans un message au Premier Président, exprima les regrets que lui causait la perte de ce serviteur fidèle, associé à l'œuvre législative du règne de Charles-Emmanuel III, de celui qui, le 22 mars 1773, était allé au pied du trône, porter au nouveau roi les hommages du peuple de Savoie. Le Sénat tout entier assista aux funérailles. Les royales Finances ont fourni dix-huit flambeaux et dix-huit écussons, lesdits flambeaux pesant chacun trois livres. Le Gouverneur, les troupes de la garde, et, ce qui valait mieux encore, le peuple de Chambéry, les pauvres qui vénéraient le Président, l'accompagnèrent à sa dernière demeure. »

François Descotes, Joseph de Maistre Avant la Révolution. Souvenir de la Société d'autrefois, Picard, Paris, 1893.

Articles connexes

  • Famille de Maistre (Savoie)

Notes et références

  1. Sur le socle, Joseph de Maistre a fait inscrire: Incorrupta fides nudaque veritas. Quando ullum invenient parem.
  2. La commune d'Aspremont incite les touristes à visiter la maison natale de François-Xavier Maistre, répertorié comme président du Sénat de Savoie. (La famille savoyarde de Maistre n'a aucun lien de parenté avec la famille languedocienne de Maistre originaire de Toulouse
  3. Anno dni millesimo septingentesimo sexto Franciscus Xavieri filius nobilis Andreae Maistre e D. Angelae Berengario conjugum natus est die vigesimo novembris eademque die baptisatus fuit. Patrem fuerunt D. Joannes Baptista Maistre et D.Margarita ejus mater. (Registre des baptêmes de la paroisse d'Aspremont. Signé par Andreas, curé). Nous observons que le parrain est Jean-Baptiste Maistre, avocat, oncle de l'enfant et que la marraine, Marguerite Dalmassi (épouse de François Maistre), est sa grand-mère paternelle.
  4. Selon l'opinion de Jean Nicolas, la tradition permet d'appliquer le qualificatif de noble aux syndics et consuls de Nice. André Maistre fut syndic de Nice au cours des années 1708 et 1709. Il avait marié sa sœur, Angèle Maistre, à Germano, comte de Villefranche, seigneur de Peillon (Peglione) et confié tous ses fils au collège des jésuites, voisins de sa propriété niçoise. En 1717, le blason des Maistre niçois est apparu pour la première fois sur le sceau du testament de Marguerite Dalmassi, veuve de François Maistre :" Trois soucis d'or, deux et un, sur champ d'azur", probablement directement inspiré de celui de la famille parisienne Le Maistre à laquelle appartenait l'illustre Isaac Le Maistre, dit Le Maistre de Sacy (1613-1684), janséniste de Port-Royal, sans pour autant que le moindre lien de parenté semble avoir existé entre les deux familles. Pour ce qui concerne François-Xavier Maistre, l'appartenance au Souverain Sénat de Savoie à partir du 17 mars 1740 lui confère la noblesse ainsi qu'à ses descendants par voie héréditaire. C'est donc l'année 1740 qui doit être retenue comme date d'accession à la noblesse de la famille de Maistre en duché de Savoie. La date de 1778 ne fait que confirmer l'attribution du titre comtal. De la noblesse des sénateurs au Souverain Sénat de Savoie et des Maîtres Auditeurs à la Chambre des Comptes; Henri Arminjon. Gardet. Annecy. 1977. 198 p.
  5. Cette marque (la particule) ainsi que la devise de la famille de Maistre "Fors l'Honneur, nuls soucis", n’apparaîtront définitivement qu’au moment où son petit-fils Joseph de Maistre sera ministre plénipotentiaire à la cour de Russie.
  6. Patentes de bourgeois de Chambéry et d'Annecy accordées à noble François-Xavier Maistre, du 25 août 1756, Archives départementales Haute-Savoie/Archives départementales Savoie
  7. Le sort a voulu que ce fidèle serviteur de la dynastie de Savoie échappe aux tourmentes de la Révolution françaises de 1789 et à l'invasion de la Savoie par les révolutionnaires français en 1792, qui vont bouleverser la vie de toute sa famille.
  8. Mentionné dans les Statuta Sabaudiae d'Amédée VIII en 1430, le bureau des pauvres est un organe d'Assistance juridictionnelle en faveur des orphelins, des déshérités; il est composé d'un procureur pour mettre en forme les plaintes, d'un avocat et d'un greffier, tous chargés de défendre la cause des illettrés et des plus démunis; le service gratuit existait déjà auparavant, mais la réforme de 1723 le rattachait au Sénat. Le chef de bureau des pauvres, à partir de cette date, était élevé au rang de sénateur, ce qui le plaçait au même plan que le Ministère public. Le poste de substitut de l'avocat des pauvres était, pour sa part, un excellent tremplin pour accéder à plus ou moins longue échéance au poste de sénateur.
  9. Le tableau XI 5, intitulé Promotions Sénatoriales 1700-1792 mentionne : François-Xavier Maistre, niçard, entré au Sénat le 17 mars 1740. Statut ou profession du père : négociant. Statut personnel : roturier. in Jean Nicolas La Savoie au XVIIIe siècle-Noblesse et Bourgeoisie'', Maloine, Paris, 1978, 672 p.
  10. Le 8 mai, M. le sénateur Maistre reçu avocat général in François Mugnier (Conseiller-doyen de la Cour d'appel de Chambéry), Les registres des entrées à l'audience du Sénat de Savoie (Seconde partie : 1600-1792). Les anciens avocats de Savoie, Inventaire partiel du Trésor des chartes de Chambéry, 1900, p. 149).
  11. François-Xavier de Maistre et Jacques Salteur ont travaillé ensemble à l‟adaptation des Royales Constitutions de 1770 et ont conservé de ce temps une vive amitié. Leurs fils, Joseph de Maistre et Jean-Baptiste Salteur partagèrent ensuite les mêmes sentiments ; Colloque international d’Aoste du 25 et 26 octobre 2007 « Le Sénat de Chambéry dans la société savoyarde du XVIIIe siècle  » par Frédéric Meyer.
  12. L'avocat général François-Xavier Maistre avait été nommé président le 3 décembre, et remplacé comme avocat général par le sénateur César Lovera di Maria in François Mugnier, Les registres des entrées à l'audience du Sénat de Savoie (Seconde partie : 1600-1792). Les anciens avocats de Savoie, Inventaire partiel du Trésor des chartes de Chambéry, 1900, p. 154.
  13. Lettres patentes du 16 septembre, sans payement.
  14. Lettres patentes du 5 juillet 1785.
  15. François Mugnier (Conseiller-doyen de la Cour d'appel de Chambéry), Les registres des entrées à l'audience du Sénat de Savoie (Seconde partie : 1600-1792). Les anciens avocats de Savoie, Inventaire partiel du Trésor des chartes de Chambéry, 1900, p.161.
  16. Amédée de Foras. Armorial et nobiliaire de Savoie.
  17. C'est à sa soeur Jenny que Xavier de Maistre dédie son premier ouvrage, intitulé Voyage autour de ma chambre : « Je m'étais promis de ne laisser voir dans ce livre que la face riante de mon âme... Il me suffit que tu le trouves selon ton coeur, ma chère Jenny, toi, la meilleure et la plus aimée des soeurs ; c'est à toi que je dédie mon ouvrage »

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

03 juillet 2020

de Maistre Xavier

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Xavier de Maistre


Xavier de Maistre

220px-Xavier_de_Maistre

Gravure de Cyprien Jacquemin
Naissance 8 novembre 1763
Chambéry, Drapeau de la Savoie Duché de Savoie (faisant partie du Drapeau du Royaume de Sardaigne Royaume de Sardaigne)
Décès 12 juin 1852 (à 88 ans)
Saint-Pétersbourg, Drapeau de la Russie Russie
Activité principale
Écrivain, peintre, militaire
Distinctions
l'épée d'honneur pour la bravoure, la médaille de la campagne de 1812 sur le ruban de Saint-André, l'ordre de Sainte-Anne de deuxième classe (commandeur) avec les insignes en diamants ; l'ordre de Saint-Vladimir
Auteur
Langue d’écriture Français

Xavier de Maistre, né à Chambéry le 8 novembre 1763 et mort à Saint-Pétersbourg le 12 juin 1852, est un écrivain savoisien de langue française, un peintre, et un général au service du tsar Alexandre Ier de Russie.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Union et postérité
  • 3 L'hommage de Lamartine
  • 4 Œuvre littéraire
  • 5 Œuvre artistique
  • 6 Citations
  • 7 Théâtre
  • 8 Bibliographie
  • 9 Institut d'études maistriennes
  • 10 Notes et références
  • 11 Articles connexes
  • 12 Liens externes

Biographie

Né dans une famille savoisienne originaire du comté de Nice1, Xavier de Maistre est le douzième enfant parmi quinze, dont cinq garçons et cinq filles ont survécu2. Son père, François-Xavier Maistre, est président du Sénat de Savoie. Sa mère, Marie-Christine de Motz, meurt alors qu'il vient d'avoir dix ans. Son frère aîné, Joseph de Maistre, homme politique et écrivain, va assumer pleinement son rôle de parrain3,4 ; ses autres frères et sœurs contribuent également à son éducation. Il reçoit dans son enfance des cours de français et de dessin qui marqueront son destin, de l'abbé André Isnard, curé de la Bauche5, lorsqu'il est mis en pension dans sa famille maternelle Perrin d'Avressieux. Xavier, enfant doux, timide et rêveur, est appelé « Ban » ou « Bans » (peut-être un diminutif de « baban », mot qui signifie « étourneau » ou « gobe-mouche »6 en patois savoyard), surnom qu'il conserve toute sa vie7 (il signe certaines de ses lettres et quelques-uns de ses tableaux « Bans » ou « X. B. » pour « Xavier Bans »).

Il n'est pas encore âgé de dix-huit ans, lorsqu'il s'engage, le 13 juin 1781, dans le corps d'infanterie du régiment de la Marine, le Real Navi, à Alexandrie8. Ce régiment sera ensuite stationné à Chambéry, Pignerol, Fenestrelle puis à Turin.

Le 6 mai 1784, Xavier de Maistre se porte volontaire pour participer à une ascension en Montgolfière. Cet événement a un caractère exceptionnel en Savoie : c'est la première expédition expérimentale savoyarde en vol libre après la démonstration des frères Montgolfier, le 5 juin 1783 à Annonay, après l'ascension de Pilâtre de Rozier du 19 octobre 1783, et, au total, la huitième après les prouesses des quelques pionniers français de l'aérostation. L'ingénieur Louis Brun a procédé à la réalisation du ballon, dont le financement est assuré par une souscription proposée aux savoisiens, à l'initiative des frères de Maistre9. Xavier, en uniforme de la Marine royale, prend place dans la nacelle en se cachant sous une bâche pour n'être point vu de son père, hostile à son projet. Louis Brun se met aux commandes, et, aux acclamations de la foule, la montgolfière s'élève du parc du château de Buisson-Rond, à Chambéry, pour atterrir dans les marais de Challes-les-Eaux10, après un parcours de quatre kilomètres. On attribue aux frères de Maistre la publication du prospectus de lancement du projet, édité le 1er avril 1784, et de la lettre contenant une relation de l'expérience aérostatique de Chambéry, publiée le 8 mai suivant11.

Plaque sur la façade de la Maison Barillier à Aoste (rue Croix-de-Ville) en souvenir de Xavier de Maistre

Xavier de Maistre est nommé cadet le 4 octobre 1784, sous-lieutenant le 3 mars 1785 et lieutenant le 24 septembre 1790. En 1793, son régiment, combattant contre les troupes françaises, se replie sur le Petit-Saint-Bernard. Il fait partie de la colonne qui, commandée par le duc de Montferrat, passe l'été sur la montagne et prend ses quartiers d'hiver à Aoste. Il va retrouver sa famille qui s'y est réfugiée en 1792, depuis l'invasion de la Savoie par les troupes du général Anne Pierre de Montesquiou-Fézensac. Il met à profit ses heures de loisir pour approfondir ses connaissances littéraires, sous la férule des pères de l'ordre des Barnabites de la Cité. Son passage est aussi marqué par les dessins et portraits de famille qu'il lègue à ses proches et par ses peintures de paysages valdôtains. Il resta cinq ans à Aoste, jusqu'en 1799. Voulant perfectionner ses études, il allait prendre des leçons de rhétorique auprès du père Frassy et des leçons de philosophie auprès du père Tavernier, tous les deux professeurs au collège Saint-Bénin. Il s'adonnait aussi à la peinture. On conserve deux paysages dessinés de sa main : l'un représente le pont de Châtillon, l'autre les usines de Léverogne12. Il entre en conversation avec un lépreux, Pierre-Bernard Guasco, qui vivait dans une tour près de l'ancien Hospice de charité, dénommée par la suite « Tour du lépreux ». Cette rencontre est à l'origine de son futur roman. Mais ce qui a surtout retenu l'attention du romancier savoyard Henry Bordeaux est son idylle amoureuse sans lendemain avec une jolie jeune femme valdôtaine, Marie-Delphine Pétey, veuve du notaire aostois Jean-Joseph Barillier, qu'il surnomme Elisa13. La présence de Xavier de Maistre à Aoste est rappelée entre autres par la rue allant de l'école Monseigneur Jourdain au Grand séminaire jusqu'à la place Émile Chanoux, qui lui a été dédiée.

C'est en 1794 qu'il écrit le Voyage autour de ma chambre, au cours des quarante-deux jours d'arrêts qui lui sont infligés dans sa chambre de la citadelle de Turin pour s'être livré à un duel contre un officier piémontais du nom de Patono de Meïran, dont il est sorti vainqueur. Un premier duel l'avait déjà opposé à un autre camarade, le lieutenant Buonadonna14. Il est nommé capitaine de l'armée sarde le 26 janvier 1797. Sa carrière militaire ne présente pas de perspectives très favorables après 16 ans de service ! Mais le sort va en décider autrement.

Dans la nuit du 7 au 8 décembre 1798, Charles-Emmanuel IV abdique, dissout son armée et se réfugie en Sardaigne. Xavier de Maistre est placé dans la position d'officier sans solde à Turin. Son avenir semble compromis, lorsqu'un hasard heureux vient à son secours : le prince Piotr Ivanovitch Bagration, commandant l'avant-garde de l'armée russe, recherche un officier de l'ex-armée sarde connaissant la guerre de montagne. Il accepte d'emblée cette proposition et le 4 octobre 1799, s'engage dans l'armée russe avec le grade de capitaine. Mais il s'engage après la bataille : l'armée russe est en train de se replier ! Il parvient à Coire, au quartier général du général Miloradovich et rejoint à pied à Feldkirch le général Bagration qui lui demande de lui faire son portait : il le commence sur le champ. Il est désormais revêtu d'un uniforme vert pomme, avec un collet et des parements couleur brique. On lui fournit un cheval et il est admis à la table du général ou à celle du grand-duc Constantin Pavlovitch de Russie. Ses lettres sont datées de Lindau et signées « Bans, capitaine piémontais, servant à l'avant-garde russe ». La présence de l'auteur du Voyage est bientôt connue et son ouvrage est traduit en allemand. Parvenu à Ratisbonne le 15 décembre 1799, il peint le portrait de la princesse de Tour et Taxis, sœur de la reine de Prusse15. Le 31 décembre 1799 à Prague, il est attaché au général en chef Souvorov et lui propose de peindre son portrait. « Eh bien ! oui, lui répond ce dernier, et si je ne me tiens pas bien, vous me donnerez un soufflet. »16. Il est reçu à la table du prince Alexandre Souvorov en présence du prince de Condé et du duc de Berry. Rien, dans sa correspondance, ne démontre qu'il ait participé directement à la bataille de Novi, ou à la bataille de Zurich, contrairement à l'opinion de certains de ses biographes17. Ces deux batailles sont antérieures à son engagement dans l'armée russe.

Xavier de Maistre écrit le 17 mars 1800 depuis Kobryn que Souvorov est malade. Le général, tombé en disgrâce par la volonté du tsar Paul Ier, meurt à Saint-Pétersbourg le 18 mai 1800. Il sera assisté fidèlement par Xavier jusqu'à la fin18. Après la mort de Souvorov, le capitaine de Maistre demande son congé de l'armée. Recommandé par le grand-duc Constantin Pavlovitch de Russie, il est placé à Saint-Pétersbourg sous la protection du prince Gagarine. Il l'accompagne le 28 septembre 1801 à Moscou pour assister au couronnement du tsar Alexandre Ier de Russie qui succède à son père, Paul Ier, assassiné le 23 mars 1801. Il réside désormais à Moscou, au palais de la princesse Maria Anna Petrovna Chakhovskoï19, qui l'héberge à proximité de la Place rouge ; il ouvre un atelier de peinture qui devient à la mode. Ses portraits connaissent un certain succès auprès de la noblesse russe20. Le 25 janvier 1802, il reçoit une lettre du prince Dolgorouky, aide de camp général de l'Empereur, lui annonçant son congé absolu avec le grade de major, la permission de porter l'uniforme et une gratification21. Le 11 février 1803, Joseph de Maistre est nommé ministre plénipotentiaire du roi de Sardaigne auprès du tsar. Il rejoint Saint-Pétersbourg le 13 mai, après être passé par le Vatican où il est reçu en audience par le pape Pie VII. Les deux frères se revoient à plusieurs reprises en 1803 et en 180422. Mais ce n’est qu’en 1805 que Xavier, en provenance de Moscou, vient s'installer à Saint-Pétersbourg. Il est alors nommé directeur de la bibliothèque et du musée de l'Amirauté par l'amiral Tchitchagov, sur intervention de Joseph23. Le 26 août 1809, il est nommé colonel et rejoint l’armée russe qui se bat dans le Caucase, ce qui lui inspire Les Prisonniers du Caucase. Il est grièvement blessé le 15 novembre 1810, à la bataille d'Akaltsikhe, en Géorgie24. Il est membre de l’état-major du tsar pendant la campagne de Russie. Dans un court récit, Histoire d'un prisonnier français, il raconte ce qu'il a vu de la retraite de Russie. Il est nommé général le 18 juillet 1813, et fait la campagne de Saxe, puis celle de 181525.

Il épouse le 19 janvier 1813 la princesse Sophie Zagriaski, nièce de la princesse Chakhovskoï26, demoiselle d'honneur de la Cour impériale27, et tante de l'épouse de Pouchkine. Le mariage est célébré à la Cour en présence des deux impératrices. Le couple va résider au palais d'Hiver et donner le jour à quatre enfants. Mais il subit la perte de deux enfants de huit et de trois ans, Alexandrine et André.

Il est élu le 23 avril 1820 à l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, avec pour titre académique Effectif (titulaire)28.

Le 1er décembre 1825, le tsar Nicolas Ier de Russie succède à son frère Alexandre Ier qui vient de décéder. Xavier de Maistre assiste aux désordres de l'insurrection décabriste du 14 décembre 1825 qui est matée dans le sang par le nouveau souverain29. Devant ces circonstances et pour soustraire leurs deux enfants survivants – Cathinka et Arthur – au rude climat de Russie, Xavier et Sophie de Maistre décident de partir pour l'Italie, sur la recommandation de leur médecin. Ils resteront absents de Saint-Pétersbourg une douzaine d'années de 1826 à 183830. C'est à Florence que Xavier de Maistre rencontre Lamartine en septembre 1828. Ce dernier lui a dédié un long poème. Les deux hommes se retrouvèrent dix ans plus tard, le 26 septembre 1838 dans la maison du poète à Saint-Point31.

Malgré les soins qui leur sont prodigués et les bienfaits du climat italien, les deux enfants meurent lors de leur séjour à Naples et à Castellammare di Stabia, le dernier, Arthur, à l'âge de seize ans, au mois d'octobre 183732. En avril 1838, Xavier de Maistre décide alors de retourner en Russie avec sa femme, en passant par la Savoie. Sa belle-sœur, veuve depuis 1836 de son frère Nicolas, leur offre l'hospitalité au château de Bissy, proche de Chambéry33. En 1839, il rencontre à Paris le critique littéraire Charles-Augustin Sainte-Beuve, qui lui consacre un article34. Le 2 juillet 1839, le couple rentre enfin à Saint-Pétersbourg. Il aménage le 20 août 1841 dans la maison Jadimirsky, au no 11 du quai de La Moïka, près du pont de la Poste, à proximité de l'actuel consulat général de France à Saint-Pétersbourg. Xavier de Maistre découvre que la société est différente de ce qu'elle était avant son départ35. Il se remet à la peinture et s'intéresse à l'invention du daguerréotype dont il prévoit un grand profit pour la reproduction des gravures36. Il visite en détail la cathédrale Saint-Isaac de Saint-Pétersbourg avec l'architecte Auguste Ricard de Montferrand37. Jusqu'en 1846, il est dans une relation épistolaire suivie avec Rodolphe Töpffer, dont il a contribué à faire connaître les ouvrages en France38. Sa femme Sophie Zagriaski qu'il avait épousée en 1813 et dont il a eu quatre enfants morts jeunes, décède le 18 août 1851. Xavier de Maistre meurt le 12 juin 185239. Bien que catholique, il est inhumé au cimetière luthérien de Saint-Pétersbourg, dit de Smolensk, sur l'île des Dékabristes, près de la rivière Smolenska, ce cimetière servant de lieu d'inhumation des chrétiens non-orthodoxes, aussi bien catholiques que protestants.

Union et postérité

Le comte Xavier de Maistre épouse le 19 janvier 1813 à Saint-Pétersbourg la princesse Sophie Zagriaski (1779-1851), fille du prince Ivan Alexandrovitch Zagriaski (1740-1807), dont il aura quatre enfants :

  • Alexandrine de Maistre (1814-1823). Elle est inhumée dans le cimetière orthodoxe de Saint-Pétersbourg.
  • Catherine, alias Cathinka, de Maistre (1816-1830). Elle est inhumée dans le cimetière de Livourne.
  • André de Maistre (1817-1820). Il est inhumé dans le cimetière de Smolensk de Saint-Pétersbourg, auprès de son père.
  • Arthur de Maistre (1821-1837). Il est inhumé en la basilique Notre-Dame-de-Pozzano, à Castellammare.

L'hommage de Lamartine

Le poète Alphonse de Lamartine lui dédie en 1826, Le Retour, une épître en vers qui lui est entièrement consacrée. Il y évoque au passage son lien de parenté avec lui, par sa sœur Césarine, morte en 1824 et qui avait épousé Xavier de Vignet, neveu de Xavier de Maistre. Faisant l’éloge de son parent, il assure que son génie lui vaudra une gloire durable de génération en génération.

« Ils renaîtront pour toi jusqu’à tes derniers jours ;
Que dis-je ? Quand la mort, sous un vert mausolée,
Rendant un peu de terre à ton ombre exilée,
Couvrira de gazon le fils de la vallée,
Des amis ? ta mémoire en gardera toujours :
Ils y viendront pleurer et cette grâce attique,
Et cet accent naïf, tendre, mélancolique,
Qui sans les demander fait ruisseler nos pleurs ;
De leurs jeunes vertus tu nourriras la flamme ;
Et se sentant meilleurs, ils diront : C’est son âme
Qui de ses doux écrits a passé dans nos cœurs ! »

— Alphonse de Lamartine, Le Retour

Mémorial de Joseph et Xavier de Maistre au château des ducs de Savoie à Chambéry.

Œuvre littéraire

Son œuvre la plus connue, le Voyage autour de ma chambre, est imprimée en 1795 à Lausanne à compte d'auteur40. Cette première édition est datée de Turin, en 1794, sans nom d'imprimeur ni de librairie. Elle est publiée à l'initiative de son frère Joseph41, sous une forme anonyme : M.LE CHEV.X****** O.A.S.D.S.M.S. (Xavier, officier au service de Sa Majesté sarde)42. Ce récit de forme autobiographique raconte les arrêts d’un jeune officier, contraint à rester dans sa chambre pendant quarante-deux jours. Il détourne le genre du récit de voyage, ce qui donne à ce roman une dimension clairement parodique, mais annonce aussi les bouleversements du romantisme, avec l’intérêt constant apporté au moi. Le Voyage est remarquable de par sa légèreté, et la fantaisie avec laquelle l’auteur s’y joue de son lecteur, dans la lignée de Laurence Sterne43.

Dans l'hiver de 1809-1810, il écrit le Lépreux de la cité d’Aoste, dont la première édition est datée de 1811 à Saint-Pétersbourg, petit ouvrage d’une trentaine de pages, d’une grande simplicité stylistique, où est exposé un dialogue entre un lépreux et un soldat. Plus tard, il écrit deux autres romans, La Jeune Sibérienne en 1825 et Les Prisonniers du Caucase.

  • Voyage autour de ma chambre (1794). Rééditions : Mille et une Nuits, Paris, 2002 (postface de Joël Gayraud) ; Garnier-Flammarion, 2003
  • Expédition nocturne autour de ma chambre
  • Le Lépreux de la cité d’Aoste (1811). L’histoire d’un lépreux reclus dans une tour dénommée par la suite tour du lépreux et qui se souvient des temps heureux de sa jeunesse. Son seul bonheur est la vision des Alpes. Réédition : Éditions Thylacine, 2014.
  • La Jeune Sibérienne (1825). L’histoire d’une voyageuse Prascovie Lopouloff qui partit à pied de Ichim au fond de la Sibérie pour aller à Saint-Pétersbourg demander la grâce de son père à l'empereur. Ce roman est basé sur une histoire vraie de Praskovia Lupolova (ru), sur laquelle Madame Cottin a déjà écrit un roman intitulé Élisabeth ou les Exilés de Sibérie en 1806.
  • Les Prisonniers du Caucase (1825). Réédition récente : Éditions Le Tour, 2006

Œuvre artistique

Dans son discours de réception à l'Académie de Savoie en 1896, le chambérien Emmanuel Denarié exprime un regret : les tableaux de Xavier de Maistre qui sont gardés dans les demeures inaccessibles de la haute société russe, ou pieusement abrités dans les salons de sa famille, loin des appréciations tapageuses de la critique, ont échappé à la curiosité de ses biographes les plus érudits.

Xavier de Maistre est connu pour ses peintures des grands personnages de la cour de Russie et pour la peinture de paysages. La plus grande partie de ses œuvres a disparu dans l'incendie du Palais d'Hiver de Saint-Pétersbourg, en 183744,45. Il subsiste toutefois un spécimen de son talent de miniaturiste au musée des beaux-arts Pouchkine de Moscou : le portrait à l'aquarelle sur ivoire du futur tsar Alexandre II enfant, réalisé en 1802. À la galerie Tretiakov, on peut voir le portrait du généralissime Alexandre Souvorov. Quelques paysages de facture néo-classique sont exposés au musée des beaux-arts de Chambéry. En l'église de l'Assomption de La Bauche (Savoie), est exposé le tableau de l'Assomption de la Vierge, peint par Xavier de Maistre à Pise en 182846.

Citations

Plaque en souvenir de Xavier de Maistre, sur la maison où il écrivit Le Lépreux de la cité d'Aoste, à Aoste (avenue Conseil des Commis)

« Que la peinture est un art sublime ! pensait mon âme; heureux celui que le spectacle de la nature a touché, qui n'est pas obligé de faire des tableaux pour vivre, qui ne peint pas uniquement par passe-temps, mais qui frappé de la majesté d'une belle physionomie et des jeux admirables de la lumière qui se fond en mille teintes sur le visage humain, tâche d'approcher dans ses ouvrages des effets sublimes de la nature. Heureux encore le peintre que l'amour du paysage entraîne dans des promenades solitaires, qui sait exprimer sur la toile le sentiment de tristesse que lui inspire un bois sombre ou une campagne déserte ! Ses productions imitent et reproduisent la nature; il crée des mers nouvelles et de noires cavernes inconnues au soleil; à son ordre, de verts bocages sortent du néant, l'azur du ciel se réfléchit dans ses tableaux; il connaît l'art de troubler les airs et de faire mugir les tempêtes. D'autres fois, il offre à l'œil du spectateur enchanté les campagnes délicieuses de l'antique Sicile; on voit des nymphes éperdues fuyant à travers les roseaux la poursuite d'un satyre; des temples d'une architecture majestueuse élèvent leur front superbe par dessus la forêt sacrée qui les entoure; l'imagination se perd dans les routes silencieuses de ce pays idéal; des lointains bleuâtres se confondent avec le ciel, et le paysage entier, se répétant dans les eaux d'un fleuve tranquille, forme un spectacle qu'aucune langue ne peut décrire. »

Xavier de Maistre. Extrait du Voyage autour de ma chambre.

« Cet écrivain est le Sterne et le J-.J. Rousseau de la Savoie; moins affecté que le premier, moins déclamateur que le second. C'est un génie familier, un causeur du coin du feu, un grillon du foyer champêtre. …Connaître Xavier de Maistre et l'aimer, c'était la même chose. Je m'attachai à cet homme qui avait tous les agréments et tous les âges : omnis Aristippum decuit color. »

Alphonse de Lamartine. Citation par Georges Roth. Lamartine et la Savoie. Dardel. Chambéry. 1927.

« Qu'est-ce que ce Voyage Autour de ma Chambre ? Une conversation de l'auteur avec lui-même. On a très justement dit que c'est là comme un portait, une confession… Et quelle confession naturelle et charmante ! Je ne sais pas de livre plus sincère et qui fasse mieux connaître son auteur, et qui vous attache davantage. Nulle recherche; une vérité malicieuse et touchante. Tout un monde de sentiments, d'émotions et de souvenirs tient dans cette petite chambre où le dada de l'oncle Tobie, comme dit Xavier de Maistre lui-même, peut piaffer en toute fantaisie. Mais cette fantaisie même (et voilà son charme) est toujours humaine. »

Jules Claretie. Préface du Voyage Autour de ma Chambre, chez Jouaust.

« Xavier de Maistre est humain. Il est vrai avec lui-même; il est vrai avec les autres. C'est le maître indulgent du bon Joannetti, c'est l'ami fidèle de la pauvre Rosine engraissée et vieille sur son coussin, c'est l'amant discret de l'imaginaire dame de Hautecastel. Il a le don de s'attendrir à point. Il s'égaie et pleure en même temps. Et après tout, c'est un charme encore que le sourire mouillé d'Andromaque sur le visage de la petite muse d'Aoste. Peu après la prise de Turin par les armées Austro-russes, avant de quitter cette ville, il écrivit L'Expédition nocturne autour de ma Chambre. Ce second opuscule est plus court encore que le premier. Il est d'une allure plus ferme et marque plus de maturité dans les idées. C'est un rare exemple en littérature d'une suite ajoutée à un livre sans le gâter. »

Anatole France-Le Génie latin.

« Elisa est le nom qu'il avait donné à Delphine Bariller. C'était le nom dont elle se parait pour lui. Sur les deux dessins à la plume dont j'ai parlé, j'ai noté cette suscription : « Xavier à son Elisa ». Un peu plus loin, dans L'Expédition nocturne, je trouve encore ce passage sur la rupture: "Je vais descendant le rapide sentier de la vie, sans crainte et sans projets, en riant et en pleurant à la fois, ou bien en sifflant quelque vieil air pour me désennuyer le long du chemin. D'autres fois, je cueille une marguerite dans le coin d'une haie, j'en arrache les feuilles les unes après les autres en disant: Elle m'aime, un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout… En effet, Elisa ne m'aime plus". »

Henry Bordeaux-Les Amours de Xavier de Maistre à Aoste.

« Je voudrais bien être aussi tranquille pour l'autre monde que pour celui-ci. Mon frère Joseph, lui-même, si ferme dans ses principes, disait, en mourant à son frère Nicolas:"Ah ! mon cher, quel voyage !". Je devrais bien davantage m'effrayer de ce même voyage, que je suis au moment d'entreprendre, car j'ai été moins sage que notre aîné et, cependant, j'achève ces quelques mois qui me restent à vivre, plein de confiance en la miséricorde de Dieu. »

Xavier de Maistre-Correspondance du 2 octobre 1851.

« À force d’être malheureux on finit par devenir ridicule. »

— Xavier de Maistre, Expédition nocturne autour de ma chambre

« Les souvenirs du bonheur passé sont les rides de l’âme. »

— Xavier de Maistre, Expédition nocturne autour de ma chambre

« Une bonne imitation est une nouvelle invention. »

— Xavier de Maistre

« Quoique la puissance de Dieu soit aussi visible dans la création d’une fourmi que dans celle de l’univers entier, le grand spectacle des montagnes en impose davantage à mes sens : je ne puis voir ces masses énormes, recouvertes de glaces éternelles, sans éprouver un étonnement religieux. […] J’aime surtout à contempler les montagnes éloignées qui se confondent avec le ciel dans l’horizon. Ainsi que de l’avenir, l’éloignement fait naître en moi le sentiment de l’espérance. […] il existe peut-être une terre éloignée où, à une époque d’avenir, je pourrai goûter enfin ce bonheur pour lequel je soupire, et qu’un instinct secret me présente sans cesse comme possible. »

— Xavier de Maistre, Le Lépreux de la cité d’Aoste

Théâtre

Le Voyage autour de ma chambre, est joué pour la première fois le 15 novembre 2013 à Zurich47.

Bibliographie

Plaque en souvenir de Xavier de Maistre sur la tour du lépreux à Aoste.
  • Paul Louisy, Notice biographique sur Xavier de Maistre, en introduction aux Œuvres complètes, Firmin-Didot, 1880.
  • Emmanuel Denarié, Xavier de Maistre, peintre, Académie de Savoie, Chambéry, 1896.(Discours de réception extrait des Mémoires de l'Académie de Savoie.IV° série. Tome VI).
  • Henry Bordeaux de l’Académie française, Les Amours de Xavier de Maistre à Aoste, 1931
  • Xavier de Maistre, Sa vie, ses écrits, édition à l'usage de la jeunesse, librairie Saint-Paul, 6 rue Cassette, Paris et Œuvre de Saint-Charles, Grammont, Belgique, 208 p.
  • Charles de Buttet, Aperçu de la vie de Xavier de Maistre, d'après sa correspondance, des notes et des souvenirs de famille, Grenoble, 1919, chez Allier frères (p. 216sp, reproduction des toiles de Xavier de Maistre)
  • Bastien Miquel, Joseph de Maistre, un philosophe à la cour du tsar, Paris, Albin Michel, 2000
  • Alfred Berthier, Xavier de Maistre, Slatkine, 1984, 381 p.
  • Eva Pellissier, Xavier de Maistre, Les péripéties d'un exilé, Bibliographica - Collection d'histoires et de vies valdôtaines, Le Château éditions, Imprimerie Jona, Saint-Christophe, 2001.
  • Pierre Lexert (par les soins de), Première rétrospective bicéphale de l’œuvre gravé de Xavier de Maistre : domaines privés, tirages hors-commerce, Aoste, 1997.
  • Xavier de Maistre, "Lettres à sa famille", tomes 1, 2, 3, 4. Édition établie par Gabriel de Maistre. Paleo, 2005.
  • Georgette Chevallier, Xavier de Maistre et l'Italie, in La Revue Savoisienne, 154° année -2014- p.157-182, de l'Académie Florimontane, Annecy.
  • Textes réunis par Michael Kohlhauer, Autour de Joseph et Xavier de Maistre, Mélanges pour Jean-Louis Darcel, Université de Savoie, Electre, 2015.

Institut d'études maistriennes

Institut fondé par Jacques Lovie en 1975 au sein de l'Université de Savoie. Voir aussi l'Association des Amis de Joseph et de Xavier de Maistre animée par son fondateur, Jean-Louis Darcel. Publication de la Revue des études maistriennes.

Notes et références

  1. La famille savoisienne de Maistre n'a aucun lien de parenté avec la famille languedocienne de Maistre originaire de Toulouse
  2. Xavier de Maistre est né, en l'hôtel de Salins à Chambéry, le 8 novembre 1763 et baptisé, le lendemain par Rd Burdin, curé de la paroisse Saint-Léger, dans la chapelle du château de Chambéry où se faisait le service paroissial, en attendant que l'ancienne église Saint-Léger, en cours de démolition soit remplacée par l'église Saint-François, le 27 avril 1767. Il reçoit le nom de François-Xavier que portait son père.
  3. En 1851, Xavier confie au marquis Alphonse de Gabriac, diplomate français de passage à Saint-Pétersbourg : « Mon frère et moi, nous étions comme les deux aiguilles d'une montre ; il était la grande, je n'étais que la petite ; mais nous marquions la même heure, quoique d'une manière différente » (citation rapportée par François Descostes dans Joseph de Maistre avant la Révolution, Paris, Picard, 1893).
  4. « Toute sa vie, il sera le mentor et le confident de son cadet et leurs vies parallèles, en Savoie puis en Russie, reflètent presque toujours cette unité de pensée et de sentiment » (Philippe Barthelet, Joseph de Maistre)
  5. L'abbé André Isnard (1728-1823) fut pendant soixante ans curé de La Bauche. Pendant toute la tempête révolutionnaire, il est resté au milieu de ses ouailles, en se réfugiant chez les habitants lors des perquisitions des gendarmes. Il symbolise l'héroïsme des prêtres savoyards dont plus de mille furent exilés ou déporté sous le régime de la Terreur. Un certain nombre de religieux ont été fusillés par les révolutionnaires français pendant cette période tragique. Le père Isnard est mort à 95 ans le 18 avril 1823.
  6. Eva Pellissier, Xavier de Maistre, Les péripéties d'un exilé, Bibliographica - Collection d'histoires et de vies valdôtaines, Imprimerie Jona, Saint-Christophe, 2001.
  7. Alfred Berthier, Xavier de Maistre, Slatkine, 1984, p. 13.
  8. Vassalo Zaviero Maistre, figlio del conte Zaverio, nato in Chambéry (Savoja) : volontario nel regimento La Marina, 13 giugno 1781-(Archives d'État. Turin)
  9. Selon les historiens de l'aérostation, c'est un certain chevalier de Chevelu qui serait l'instigateur du projet et également son principal financier. Son nom est d'ailleurs affiché en gros caractères sur l'enveloppe de la montgolfière. Le marquis d'Yenne, son père, ayant eu connaissance d'un premier essai désastreux le jeudi 22 avril 1784, lui interdit de « recommencer une pareille folie ». (Jean et Renée Nicolas. La Vie quotidienne en Savoie aux XVIIe et XVIIIe siècles. Hachette. 1979.)
  10. Commune de Triviers jusqu'en 1872.
  11. Philippe Barthelet, Joseph de Maistre ; les services de la Poste ont procédé à l'émission d'un cachet rond commémoratif du 5 mai 1984 pour célébrer le bicentenaire du vol de la montgolfière de Chambéry.
  12. Joseph-Marie Henry, Histoire de la vallée d'Aoste, Imprimerie Marguerettaz, Aoste, 1929.
  13. Dans l’Expédition nocturne autour de ma chambre, Xavier de Maistre fait allusion à ses amours de la cité d'Aoste : « Je regrette les feuilles qui tombent et jusqu'au zéphir qui passe. Où est maintenant celui qui agitait tes cheveux noirs, Elisa, lorsque, assise auprès de moi sur les bords de la Doire baltée, la veille de notre éternelle séparation, tu me regardais dans un triste silence ? Où est ton regard ? Où est cet instant douloureux et chéri…? » (Henry Bordeaux, de l'Académie française: Les Amours de Xavier de Maistre à Aoste, Chambéry, Dardel, 1931).
  14. « J'ai sur la conscience la catastrophe de Buonadonna : si j'avais eu l'adresse de lui donner un bon coup d'épée, au lieu de le recevoir, il ne se serait probablement pas fait tuer à Grenoble. C'est moi qui l'ai rendu tapageur… » (extrait d'une lettre du 19 juin 1804 à sa famille)
  15. Thérèse de Mecklembourg-Strelitz (1773-1839), épouse du prince Charles de Tour et Taxis (1770-1827). Elle est la sœur de Louise (1776-1810), épouse de Frédéric-Guillaume III(1770-1840), roi de Prusse.
  16. « Je fais à présent le portait du grand Souvorov : il me donne des séances, chose qu'il fait pour la première fois de sa vie » (lettre du 31 décembre 1799 à sa famille). Souvorov, atteint de maladie, est mort quatre mois plus tard. Ce portrait (reproduit à l'article Alexandre Souvorov), est celui peint à Prague par Xavier de Maistre. Il est exposé à la galerie Tretiakov de Moscou.
  17. Je n'ai point encore vu d'affaire (de bataille). J'en suis fâché, mais cela viendra. Je profite du temps de repos pour apprendre le russe. Lettre à sa famille du 26 octobre 1799.
  18. « J'ai écrit depuis Cracovie : d'Anzeno s'est chargé de faire parvenir ma lettre. J'essaie une autre voie depuis Kobryn où la maladie du prince Souvorof, qui est mieux, me retient. »
  19. Le portrait miniature de la princesse Maria Anna Petrovna Chakhovskoï peint par Xavier de Maistre est exposé au musée d'État de Moscou.
  20. « Je n'ai pas lieu de me repentir jusqu'à présent, puisque, depuis le Ier octobre, j'ai fait 20 portraits à 15 louis pièce. » (Lettre du 30 janvier 1802 à sa famille).
  21. " Je vais quelquefois passer ma soirée ailleurs : J'endosse alors mon bel uniforme et mon plumet et on ne parle plus de peinture ." (Lettre à sa famille du 30 janvier 1802).
  22. « Je suis maintenant dans un moment de crise quant à ma situation. On m'a fait espérer un emploi à Pétersbourg et, si cela a lieu, mon existence changera absolument et je crains bien que ce ne soit en mal. Mais je suis forcé, en quelque sorte, à cela, parce que, n'ayant presque plus de travail ici, où il est arrivé une nuée de peintres… » (lettre du 4 mars 1803 à sa famille).
  23. « Comte Xavier Xaviérovitch, il faut partir. Hier, l'assurance de ta place a été donnée au ministère qui m'a dit le soir que je pouvais te faire venir. Cependant comme l'ukase n'est pas signé à cause de ces difficultés de forme dont je t'ai parlé, nous sommes convenus (…) que tu pourrais dire que tu viens vivre avec moi, et que nos arrangements de famille l'exigent ainsi, mais suivant les apparences, avant que tu aies pu monter dans ton traîneau, l'ukase sera signé. Partez, mon enfant, partez ! (…) L'Empereur te donne le choix de major, comme tu es, ou de conseiller de cour, équivalent du lieutenant-colonel, dans le civil. Moi je penche pour le civil à cause de l'ennui de l'uniforme que tu ne pourras quitter que pour dormir. », in Bastien Miquel, op. cité p. 101-102.
  24. Une division russe, sous le commandement du général Philip Osipovich Paulucci, l'emporta sur les troupes de Hussein Ghuli, khan d'Erevan, envoyé pour porter assistance aux Turcs. "Ce n'est pas ma faute si M. votre frère a reçu deux coups de feu… Heureusement, il ne sera pas estropié. Le général en chef le présente pour la 3e classe de l'ordre de Saint-Vladimir". (lettre non datée envoyée par le général Paulucci à Joseph de Maistre).
  25. Les Deux Frères Joseph et Xavier de Maistre - Leur vie, leurs écrits, Librairie Saint Charles, Lille, vers 1880.
  26. Dix années plus tard, Xavier de Maistre écrit : Nous avons été dans la douleur par la perte de notre bonne tante, la princesse Anna Alexandrovna Chakhovskoï, qui est morte le 28 octobre 1823 à 74 ans. C'était une mère pour nous. Elle nous a comblés d'amitié depuis que je la connais. Elle a fini sa carrière et celle de ses bienfaits en annulant une dette de 250 000 roubles que nous avions chez elle".
  27. « c'est une personne du plus grand mérite et de la plus grande distinction. Sa Majesté Impériale a daigné donner à ce mariage une approbation qui ajoute beaucoup à la satisfaction de ma famille. » (extrait d'une lettre de Joseph de Maistre au chevalier Rossi, ministre du roi de Sardaigne, datée du 19 février 1812).
  28. « Etat des Membres de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Savoie depuis sa fondation (1820) jusqu'à 1909 » [archive], sur le site de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie et « Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie » [archive], sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques - cths.fr.
  29. « Nous l'avons échappé belle, mon cher ami, une horrible conjuration vient d'éclater dans l'armée russe. Trois généraux ont été massacrés, les insurgés ont été au Sénat, à la forteresse, au palais, mais heureusement, trop tard. L'Empereur est descendu dans la cour et a fait lui-même charger les fusils de la garde… ». Lettre de janvier 1826 à sa famille.
  30. « J'ai eu le malheur de perdre deux enfants, une fille de huit ans et un garçon de trois. Il me reste une fille de onze ans et un garçon de six. Ce dernier était malade et c'est pour lui que je suis venu chercher un climat plus doux… » (extrait d'une lettre à Marie-Delphine Pétey citée par Henry Bordeaux.)
  31. Le marquis de Caraman qui assistait à cette rencontre écrit dans ses mémoires : «…Je remarquai le compliment si flatteur qu'il adressa à M. de Maistre, en lui attribuant la révélation première de son talent poétique : "Car c'est vous, lui dit-il, c'est la lecture du Lépreux qui m'a fait poète !" ». Citation par Georges Roth. Lamartine et la Savoie. Extraits situés et commentés. Dardel éditeur. Chambéry. 1927.
  32. « Lorsque tant d'espérances déçues me reviennent dans la mémoire et que je pense qu'elles ne m'ont été données avec tant de profusion dans les derniers temps de ma vie que pour être foudroyées, je ne puis m'empêcher quelquefois de les regarder comme une exécrable ironie de ma cruelle destinée… Ma femme, maintenant doit retourner en Russie, n'ayant plus la raison de la santé de son fils : la loi l'y oblige et d'ailleurs, mon devoir est de la ramener dans son pays, dont je l'ai si malheureusement arrachée. Dieu nous aidera ; j'espère encore en lui, lorsque ma raison n'est pas troublée » (extrait d'une lettre datée du 7 novembre 1837 à sa famille).
  33. « J'ai profité de ces courts intervalles, pour aller visiter le tombeau de mon frère à La Motte Servolex. Toute l'histoire de notre jeunesse, le souvenir de sa constante tendresse pour moi semblaient sortir de la terre. La place de Fanchette (sa cousine Françoise Perrin d'Avressieux) est déjà plus affaissée et s'aperçoit à peine. J'écrivais jadis : Et l'azur d'un ciel sans nuage est moins serein que ton regard. Ces vers sont revenus à ma mémoire auprès de son tombeau et j'ai souri amèrement sur les chimères qui animent la vie humaine et qui finissent là » (lettre à sa famille, Bissy, le 25 août 1838).
  34. « Loin de nous, en Savoie, en Russie, au ciel de Naples, il semblait s'être conservé exprès pour nous offrir dans sa trop courte visite, à l'âge de près de soixante-seize ans, l'homme le plus moralement semblable à ses ouvrages qui se puisse voir, le seul de nos jours peut-être, tout à fait semblable et fidèle par l'âme à son passé, naïf, étonné, doucement malin et souriant, bon surtout, reconnaissant et sensible jusqu'aux larmes comme dans la première fraîcheur, un auteur enfin qui ressemble d'autant plus à son livre, qu'il n'a jamais songé à être un auteur ». Sainte-Beuve, article paru dans la Revue des deux Mondes, t. 18, 1839.
  35. « Le jeu envahit tout. Les jeunes femmes, elles-mêmes, passent leur temps au whist… Parmi les hommes marquants, on cite M.Moritz von Jacobi qui a fait plusieurs inventions utiles, entre autres, celle d'employer l'électro-magnétisme comme principe de mouvement et a, par ce moyen, fait avancer un bateau contre le courant de la Néva. » (lettre à sa famille-12 novembre 1839).
  36. « J'attendais avec empressement la publication du Daguerréotype pour mettre la main à l'œuvre ; mais, quoique l'opération, en elle-même, ne soit pas difficile, il faut avoir un appartement adapté à cet effet… » (lettre du 4 octobre 1839 à sa famille).
  37. « On s'effraie, en approchant de ces colonnes de 8 pieds anglais de diamètre, les plus grands monolithes que les hommes aient soulevés, depuis les Égyptiens. La colonne d'Alexandre, qui est vis-à-vis du palais, est bien plus grande encore, au dire de l'architecte : elle aurait 10 pieds de diamètre. Je n'en crois rien. » (Lettre du 1er novembre 1839 à sa famille).
  38. « Ces deux hommes appartenaient à deux mondes différents, mais le noble comte, dans le modeste maître de pension, avait pressenti un conteur de même race, gai, simple, naturel comme lui, et aux éditeurs qui lui demandaient de nouveaux récits, il présentait comme son héritier l'auteur des Nouvelles genevoises et du Presbytère », Eugène Réaume, édition des Œuvres inédites de Xavier de Maistre chez Alphonse Lemerre, 1877.
  39. Voici l'acte de décès et de sépulture de Xavier de Maistre, extrait du registre de l'église catholique de Sainte-Catherine (perspective Newsky) : « L'année 1852, et le 1er juin, est mort de vieillesse à Saint-Pétersbourg, à l'âge de 90 ans, le comte François-Xavier de Maistre, général major et chevalier de nombreux ordres. Enseveli le 4 du même mois au cimetière de Smolensk par le père Jacques Skiliondz, dominicain ». Ce cimetière est l'un des grands cimetières de Saint-Pétersbourg où les catholiques avaient et ont encore leur terrain.
  40. « Lausanne, 15 février 1795. Ma sœur aînée m'a compté deux louis et s'est chargée d'une dette de quatre louis, que j'avais à Turin, auprès de M. de Loches ; au moyen de quoi, je demeure chargé d'employer six louis à l'impression de l'ouvrage de mon frère » (Joseph de Maistre, carnets manuscrits).
  41. « Mon frère, dit Xavier, était mon parrain et mon protecteur ; il me loua de la nouvelle occupation que je m'étais donnée, et garda le brouillon, qu'il mit en ordre après mon départ. j'en reçus bientôt un exemplaire imprimé, et j'eus la surprise qu'éprouverait un père en revoyant adulte un enfant laissé en nourrice » (Préface par Jules Claretie de la réédition des œuvres de Xavier de Maistre chez Raymond Jouaust).
  42. Le Voyage autour de ma Chambre a fait l'objet de nombreuses rééditions. Dans celle de Saint-Pétersbourg de 1812, Joseph de Maistre rédige la préface en plaisantant sur l'identité de l'auteur anonyme de l'ouvrage qui pourrait bien être identifié sous le nom d'un certain Augustin Ximenez.
  43. Écrivain irlandais, auteur en 1768 d'un roman inachevé, le Voyage sentimental à travers la France et l'Italie.
  44. « Pour remplacer tous les tableaux, brûlés au Palais d'hiver avec tout ce que nous avions de précieux, nous avons fait encadrer tous ceux que nous avons faits en Italie, Nathalie et moi… » Extrait d'une lettre à sa famille du 12 novembre 1839 (Nathalie est la fille adoptive de son épouse, venue en séjour à Naples).
  45. « Ma belle-sœur (la princesse Catherine Zagriaski, demoiselle d'honneur de l'impératrice), nous écrit qu'elle a eu le temps de sauver l'argenterie et mon buste en marbre. Après quoi, elle a pensé se sauver elle-même. Meubles, miroirs, linge de table, tableaux, parmi lesquels les portraits de mes premiers enfants, tout a péri. Ce dernier article est le seul que je regrette. Si le feu avait pris après son départ, tout aurait été perdu et s'il avait pris pendant son sommeil, la pauvre fille y serait restée elle-même ; cela fait frémir. Elle nous dit que l'embrasement a été si rapide qu'elle n'a été avertie de l'incendie que par le prince Butera, ministre de Naples, qui, passant devant le palais, est monté chez elle et lui a donné la première nouvelle. Ce brave homme, voyant qu'elle regrettait d'abandonner son buste, l'a pris lui-même, malgré son énorme poids et l'a emporté ». Ce buste en marbre est l'œuvre en 1830 du sculpteur romain Raimondo Trentanove (1792-1832). (Lettre à sa famille du 23 janvier 1838).
  46. Une exposition a rassemblé une quarantaine de ses tableaux et de ses dessins au Musée des Beaux-Arts de Chambéry en 1998.
  47. http://www.keller62.ch/spielplan/index.html [archive]

Articles connexes

  • Famille de Maistre (Savoie)
  • François-Xavier Maistre
  • Joseph de Maistre
  • Rodolphe de Maistre
  • Jean-François Maistre

Liens externes

  • Notices d'autorité

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

02 juillet 2020

Butler Édith

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Édith Butler


Édith Butler

Édith_Butler_à_St-Hyacinthe

Biographie
Naissance
27 avril 1942

(78 ans)
Paquetville

Nationalité
Acadie
Activité
Chanteuse
Autres informations
Site web
www.edithbutler.net
Distinctions
Officier de l'Ordre du Canada
Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle
Ordre du Nouveau-Brunswick (2013)

Édith Butler, née Marie Nicole Butler le 27 juillet 1942 à Paquetville dans la Péninsule Acadienne, comté de Gloucester, Nouveau-Brunswick, est une chanteuse Acadienne francophone.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Honneurs et distinctions
  • 2 Discographie
    • 2.1 Albums
    • 2.2 Albums faits avec Jacqueline Lemay
    • 2.3 Compilations
    • 2.4 En concert
  • 3 Références
  • 4 Liens externes

Biographie

Sa carrière a débuté au milieu des années 1960 à Moncton et fut propulsée à travers le Canada grâce à l'émission Singalong Jubilee. Très vite, elle acquiert une popularité et est invitée à participer aux différents festivals Folks du Canada et des États-Unis. Au début des années 1970 elle représente le Canada à l'Exposition Universelle d'Osaka et donne 500 représentations partout au Japon. Après cette période, elle fait plusieurs tournées notamment en Irlande, en Angleterre et aux États-Unis.

C'est en 1973, au moment de la sortie de son premier album Avant d'Être Dépaysée chez Sony, qu'elle rencontre Lise Aubut qui deviendra son imprésario. Commence alors une série de spectacles et de disques d'où découleront de nombreuses tournées tant au Québec qu'en Europe. Elle sera l'hôte des plus grandes villes et des plus grands festivals européens. Elle offrira plusieurs représentations à Paris dans des salles aussi prestigieuses que l'Olympia, Le Théâtre de la Ville, L'Européen et même La Madeleine.

Au Québec, sa carrière sur scène n'a eu de cesse depuis 1973 du Patriote à La Place des Arts en passant par toutes les grandes villes ainsi que tous les festivals important, des FrancoFolies de Montréal au Festival d'été de Québec en passant par le Festival de Saint-Tite. Elle lance plusieurs albums populaires et traditionnels entre 1973 et 1985, et se tourne vers les albums de partys (Le Party d'Édith en trois volumes) qui obtiennent un bon succès entre 1985 et 1989. Elle revient à des chansons plus engagées à partir de 1990 (Drôle d'hiver...). On retient parmi ses titres les plus importants Grain de mil, Laissez-moi dérouler le soleil, Je vous aime, ma vie recommence, C'est beau l'amour, C'est une chanson d'amour, Voguer sur des étoiles de mer, J'étions fille du vent et d'Acadie, Escarmouche à Restigouche, Hymne à l'espoir, Un million de fois je t'aime et Paquetville.

Elle fait aussi du théâtre en participant à la pièce d'Antonine Maillet Le tintamarre aux côtés de Viola Léger (La Sagouine). En 2003, après sept ans d'absence sur disque, elle enregistre Madame Butlerfly. Elle passe ensuite l'essentiel de sa carrière en tournée partout au Québec et au Nouveau-Brunswick, visitant principalement les écoles et les petites salles de concerts. Elle lance l'album Le retour à l'automne 2013.

Elle est officier de l'Ordre du Canada depuis 1975.

Édith Butler c'est 50 ans de carrière - 2 millions de disques vendus - une carrière internationale.

Honneurs et distinctions

Chevalier de l'Ordre du Mérite de la Culture Française

Chevalier de l'Ordre de la Pléiade

Chevalier de l'Ordre des Francophones d'Amérique

Princesse abénakise

1975 - Officier de l'Ordre du Canada

1981 - Prix international Jeune Chanson Française, prix Président de la République

1983 - Grand Prix du Disque de l'Académie Charles Cros

1985 - Félix du Meilleur Spectacle sur Scène

1985 - Personnalité du journal La Presse

1986 - Félix de la Meilleure Vente de Disques de l'année

1986 - Félix de l'Artiste s'étant le Plus Illustrée à l'étranger

1986 - Nellie Award for Best Performance In Radio

1994 - Personnalité du journal La Presse

1994 - Prix Meritas Acadien

1996 - Web d'Or

1996 - Membre et Porte-Parole de la Fondation Téléglobe

1997 - Prix Dr Helen Creighton Lifetime Achievement Award

1999 - Chevalier de l'Ordre National du Mérite de la République Française

2003 - Prix Hommage aux Prix les Éloizes

2004 - Prix Montfort

2007 - La chanson Paquetville entre au Panthéon des auteurs-compositeurs canadiens

2009 - Prix des Arts de la Scène du Gouverneur Général du Canada

2009 - Timbre poste à son effigie

2010 - Prix Excellence de la SOCAN

2012 - Titre de Grand diplômé de l'Université de Laval

2012 - Ordre du Mérite des diplômées et diplômés de l'Université de Moncton

2012 - Prix Excellence des Arts de la Scène du lieutenant-gouverneur du Nouveau - Brunswick

2013 - Ordre du Nouveau-Brunswick

3 disques de platine

5 disques d'or

Membre du Conseil des Arts du Canada

Docteur Honoris Causa en Musique - Université de Moncton

Docteur Honoris Causa en Lettres - Université du Nouveau-Brunswick

Docteur Honoris Causa en Lettres - Université Acadia

Discographie

Albums

  • 1973 : AVANT D'ÊTRE DÉPAYSÉE (Avant d'être dépaysée, Il m'envoie à l'école, Nos hommes ont mis la voile, L'escaouette, On parlera de nous, someday, Et puis je t'aime…)
  • 1974 : L'ACADIE S'MARIE (Le Mascaret, Le rêve, Tous nos hommes, Le dix avril, L'Acadie s'marie, Mon ami, Dans l'Acadie…)
  • 1975 : CHANSONS D'ACADIE (Il a tout dit, Blanche comme neige, Ma fille vous ne l'aurez pas, Le petit bateau, Le 25 de mai, Meurette…)
  • 1976 : JE VOUS AIME, MA VIE RECOMMENCE (Je m'avance au-devant de toi, Tu regardes la mer, Le grain de mil, Je vous aime, ma vie recommence, Une fleur à ma fenêtre, Dans l'île, Le p'tit bœuf…)
  • 1978 : L'ESPOIR (C'est une chanson d'amour, J'étions fille du vent et d'Acadie, Voguer sur des étoiles de mer, Anne, ma sœur Anne, C'est beau l'amour, Chanson pour endormir le vent, Hymne à l'espoir…)
  • 1979 : ASTEUR QU'ON EST LÀ (Le soleil se lève, Nounages, Le fil de la rivière, Paquetville, Marie Caissie…)
  • 1981 : JE M'APPELLE ÉDITH
  • 1983 : DE PAQUETVILLE À PARIS (Paquetville, Escarmouche à Restisgouche, Hale, Je m'appelle Édith, Laissez-moi dérouler le soleil, Meurette…)
  • 1984 : UN MILLION DE FOIS JE T'AIME (Un million de fois je t'aime, La complainte de Marie-Madeleine, Super Summertime I love you, Oh cher, veux-tu venir danser ?, Les petits tracas…)
  • 1985 : LE PARTY D'ÉDITH (Vot'ti chien madame, Diggy Liggy Lo, Ma mère chantait toujours, La Bastringue, Les petits cœurs…)
  • 1986 : ET LE PARTY CONTINUE (Hommage à Gilles Vigneault, Y mouillera pu pan toutte pan toutte, L'arbre est dans ses feuilles, On n'a pas tous les jours 20 ans, Hommage à Madame Bolduc…)
  • 1987 : PARTY POUR DANSER (Samba Samba, Na na hey hey good bye, La bamba, Ça m'fait quelque chose, Aiko aiko, Branchée sur le cœur…)
  • 1990 : ÉDITH BUTLER (Drôle d'hiver, Certains jours de pluie, Matawila, Cœur qui danse, Cajuns de l'an 2000, Comme un béluga…)
  • 1992 : ÇA SWINGUE ! (Laissez faire, Travailler c'est trop dur, Cœur de Cajuns, Ça swingue au pays de la Sagouine, Quand je reviendrai à Caraquet…)
  • 1995 : À L'ANNÉE LONGUE (La 20, Joli-Cœur, Dis oui, si tu m'aimes, Le paquet d'nerfs de Paquetville, Paquetville 95, Ne m'appelle plus l'Acadienne, Au chant de l'alouette…)
  • 1996 : LA VRAIE HISTOIRE DE TI-LOUP (Livre-cassette)
  • 2003 : MADAME BUTLERFLY (J’avais un bel ami, Le grain de mil, À la claire fontaine, C’est dans le mois de mai, Dans les prisons de Nantes, L’enfant au tambour.)
  • 2013 : LE RETOUR1 (Rue Dufferin, Un petit mot, N'oublie pas ton violon, Aimer la vie, Chanson pour mon père, Dessine-moi...)

Albums faits avec Jacqueline Lemay

  • 1981 : BARBICHON, BARBICHÉ (Cet été, Qui chante, La valse des fleurs, Entends la nature, L'étoile de Noël...)
  • 1991 : MON FOLKLORE, Vol. 1
  • 1993 : MON FOLKLORE, Vol. 2
  • 1994 : MON FOLKLORE, Vol. 3

Compilations

  • 1985 : LES GRANDS SUCCÈS D'ÉDITH BUTLER
  • 1992 : TOUT UN PARTY (Compilation)
  • 1995 : 24, LES 27 CHANSONS (Compilation)

En concert

  • 1980 : PAQUETVILLE LIVE

Références

  1. Alain de Repentigny, « Édith Butler: mordre de nouveau dans la vie » [archive], sur lapresse.ca, 10 novembre 2013 (consulté le 16 mai 2015).

Liens externes

  • Notices d'autorité

Posté par blonjacky à 00:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

01 juillet 2020

Thilda Harlor

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Thilda Harlor

 

Jeanne Fernande PERROT


Jeanne Fernande Perrot dite Thilda Harlor est une journaliste, femme de lettres, critique d’art et militante féministe française, née à Paris le 9 août 1871, ville où elle morte le 28 décembre 1970.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Œuvres
  • 3 Notes et références
  • 4 Liens externes

Biographie

Jeanne Perrot naît le 9 août 1871 au no 38 rue Jacob dans le 6e arrondissement de Paris1. Elle est la fille d'Eugène Dominique Perrot et d'Amélie Sylvia Ragon de Bettignies, remariée à Richard Hammer2.

Pianiste, ayant suivi la carrière de son père, elle devient ensuite critique d'art.

Comme journaliste, elle fait ses débuts à La Fronde avec Marguerite Durand, écrit dans Le Journal des Femmes, La Revue Socialiste, etc. Elle a notamment préfacé le catalogue de l'exposition Girieux, Launay, Picasso et Pichot du 15 novembre au 15 décembre 1902 à la Galerie tenue par Berthe Weill.

Elle a été directrice de la bibliothèque Marguerite Durand (morte en 1936) jusqu'en 19453.

Elle a signé ses ouvrages Th. Harlor, ses articles Harlor. Elle a publié des romans et des biographies. Elle meurt le 28 décembre 1970 en son domicile au no 63 boulevard Saint-Michel dans le 5e arrondissement de Paris4

Œuvres

  • Le Triomphe des vaincus, Bibliothèque des réformes sociales, 1908, roman
  • Tu es femme..., Plon-Nourrit et Cie, 1913
  • Léopold Lacour, Bibliothèque internationale d'édition E. Sansot et Cie, 1914, biographie
  • Liberté, liberté chérie, G. Crès, 1916
  • Le Pot de réséda, A. Michel, 1921, roman
  • Benvenuto Cellini, Nilsson, 1924, biographie
  • Les Fers forgés d'Emile Robert, Éditions de la Gazette des Beaux-arts, 1925
  • Arielle, fille des champs, Le Rouge et le Noir, 1930, roman
  • Gustave Geffroy, Privas, 1934, biographie
  • Georges Lecomte, Privas, 1935, biographie
  • Pascale, ou l'École du bonheur, Éditions du Dauphin, 1955, roman
  • Les Énamourés, Éditions du Manuscrit, 1960, contes
  • Un ouvrier poète. Gabriel Gauny, 1806-1889, Éditions du manuscrit, 1962, biographie
  • Est-ce un crime ?, Éditions du Manuscrit, 1964

Notes et références

Liens externes

Posté par blonjacky à 23:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

30 juin 2020

Riffardeau de Rivière Charles François

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Charles François Riffardeau de Rivière


Charles François de Riffardeau

250px-Vigée_Lebrun_-_Charles_de_Riffardeau_de_Rivière_(1763-1822)

 
Le marquis de Rivière, Élisabeth Vigée Le Brun (1755–1842), 1828

Titre Vicomte de Rivière
(1786-1817)
Autre titre Marquis de Rivière
1er Duc de Rivière
Prédécesseur Charles Jean de Riffardeau de Rivière
Grade militaire Lieutenant général
Commandement 21e division militaire1
8e division militaire1
23e division militaire (Corse)1
5e compagnie des gardes du corps
Conflits Guerres révolutionnaires
Distinctions Chevalier du Saint-Esprit
Officier de la Légion d'honneur
Grand-croix de Saint-Louis
Autres fonctions Pair de France
Ambassadeur
Gouverneur du duc de Bordeaux
Biographie
Dynastie Famille Riffardeau
Naissance 17 décembre 17652
Reuilly (Berry)
Décès 21 avril 1828 (à 62 ans)
Paris
Père Charles François de Riffardeau de Corsac3,4
Mère Agnès Élisabeth Cailleteau de La Chasseloire
Conjoint Marie Louise de La Ferté-Meung

Orn ext Duc et pair de France (Restauration) OSE.svg
Blason famille fr Riffardeau de Rivière.svg

Charles François de Riffardeau, vicomte, marquis, puis 1er duc de Rivière, né au château de la Ferté2 à Reuilly dans le Berry le 17 décembre 1765 et mort à Paris le 21 avril 1828, est un militaire, diplomate et homme politique français des XVIIIe et XIXe siècles.

« Charles François, duc de Rivière de Riffardeau fut l’un des officiers de l’ancienne armée qui, dans le cours des dernières révolutions, montrèrent le plus de dévouement à la monarchie des Bourbons et en furent le mieux récompensés5. »

— Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Émigration
    • 1.2 Chute de l'Empire
    • 1.3 Restauration française
  • 2 Récapitulatifs
    • 2.1 Titres
    • 2.2 Décorations
    • 2.3 Armoiries
  • 3 Ascendance & postérité
  • 4 Notes et références
  • 5 Annexes
    • 5.1 Articles connexes
    • 5.2 Liens externes
    • 5.3 Bibliographie
  • 6 Chronologie

Biographie

Le château de la Ferté à Reuilly (Indre), lieu de naissance de Riffardeau.

Charles François de Riffardeau, IIe du nom3, est issu d'une noble et ancienne famille établie en Bourbonnais dès l'année 1407 puis dans le Berry3. Il est le petit-fils du vicomte de Rivière de Riffardeau6, officier au régiment Royal-La-Marine en 1745, puis aide de camp du prince de Carignan en 1748. Il naît à la Ferté-sur-Cher6, dans le diocèse de Bourges7, en 1763.

Il reçut une éducation très soignée, et, voué dès l'enfance à la carrière des armes5, il entra pensionnaire à l'École militaire en 1778, il en sortit en 1780, pour passer officier dans le régiment des Gardes-Françaises (enseigne surnuméraire en 1780, enseigne en 1781, sous-lieutenant en second en 1784, de grenadiers en 1787, sous-lieutenant en premier en 17887). Il commandait une compagnie de ce corps en 1789, lorsque la Révolution française commença. Ses efforts, comme ceux de tous les autres officiers, furent vains pour maintenir dans l’ordre et la soumission cette troupe indisciplinée5. Il ne la quitta néanmoins que lorsqu’elle fut dissoute, ou qu’elle reçut une autre organisation5.

Émigration

Alors le vicomte de Rivière suit les princes en émigration, sert d’abord dans l'armée du prince de Condé8, puis se rend à Turin, auprès du comte d’Artois5,9,10, dont il devient à partir de cette époque le fidèle serviteur. Chargé par les Bourbons exilés de diverses missions qui le ramènent plusieurs fois en France, M. de Rivière les remplit « avec autant de zèle que de bonheur11 », malgré la peine de mort qu'il encourait et comme émigré et comme agent des princes. Il pénètre secrètement (jusqu’à sept fois5) en territoire français, sous divers déguisements, et porta à plusieurs reprises les ordres des princes frères de Louis XVI aux généraux Charette, Stofflet, Sapinaud, Cadoudal et Bourmont5.

Après avoir rejoint l'armée des princes, et avoir fait la campagne de 1792, il est nommé colonel par Louis XVIII, puis, en 1795, aide de camp de Monsieur, comte d'Artois, et chevalier de Saint-Louis11. Il suit ce prince dans tous ses voyages en Allemagne, en Russie, en Angleterre et au cours de l'expédition de Quiberon5. Il est chargé par ce dernier de plusieurs missions auprès des chefs royalistes de la Vendée et de la Bretagne8.

En la même année 1795, le marquis de Rivière se rend à Belleville (Vendée), au camp de Charette11, afin de concerter avec ce général royaliste les mesures à prendre pour seconder le débarquement que Monsieur, le comte d'Artois, voulait effectuer sur les côtes de la Bretagne. Le marquis de Rivière essaie en même temps de réconcilier Stofflet avec Charette et il remet à ces deux chefs les brevets et décorations que leur envoyait le comte d'Artois au nom du roi exilé11. Arrêté et conduit au château de Nantes, en 1795, il réussit à s’en échapper5,9,12 « par sa présence d’esprit5 », et se rend à Paris, où il avait une mission à remplir près des agents des princes, Lemaître et la Villeurnoy5.

Après être retourné en Angleterre et avoir rendu compte au roi de sa mission8, il s'embarque avec Monsieur pour une expédition navale dont le résultat est l'occupation momentanée de l'île-Dieu. Il reçoit ordre, lorsque ce prince retourne en Angleterre, de rester dans la Vendée, d'où il ne revient à Londres qu'au mois de novembre 1795, avec des dépêches de Charette, et après avoir échappé à de nombreux dangers[Lesquels ?]11. Le trajet qu’il parcourt pour gagner les côtes de la Bretagne, au milieu des postes républicains dont le pays était couvert, l'expose à de nombreux dangers, auxquels il n’échappe que par « beaucoup d’adresse et de vigilance8 ». Ayant reçu de ce prince une nouvelle mission, il fait naufrage sur les plages de Normandie. Vivement poursuivi, il est sur le point de tomber à nouveau entre les mains des républicains. Il parvient une fois encore jusqu’à Charette, et réussit à lui porter les ordres de son roi5. C’est alors que le frère de ce prince, qui avait été vivement alarmé des périls auxquels son aide de camp s’était exposé pour le servir, lui écrivit :

« Tu m’as fais une belle peur, cher Rivière ; grâce à Dieu et à ton courage, tu t’en es tiré, et j’en ai été bien heureux. J’ai annoncé le premier à tes amis que tu vivais. — Je t’embrasse5. »

Après tant et de si terribles épreuves, le marquis de Rivière suit son prince en Angleterre, puis en Écosse, où il vit paisiblement pendant plusieurs années, jusqu’à ce que de nouveaux ordres du comte d’Artois viennent le mêler à l'entreprise dans laquelle devaient périr les Georges Cadoudal, les Pichegru « et tant d’autres royalistes dévoués5 ».

Fin 18035 le marquis de Rivière, le général Pichegru, Cadoudal et trente-deux autres royalistes dévoués s’embarquent sur la Tamise pour aborder aux côtes de Normandie et se rendre secrètement à Paris avec pour objectif de renverser le gouvernement consulaire et rétablir celui des Bourbons. Ils débarquent le 16 janvier, au pied de la falaise de Belleville (Normandie), sur les côtes de France, et se rendirent à Paris8. On sait comment ils tombent dans les pièges de la police, et comment ils sont successivement arrêtés en mars 18045. Le marquis de Rivière est l'un des premiers à être arrêtés (le même jour que MM. Jules de Polignac et du Pré de Saint-Maur), il est incarcéré et fait l'objet d'une procédure devant le tribunal criminel de Paris. « Toujours franc et loyal5 », il ne nie, en présence des juges, ni ses affections13 ni ses projets contre Bonaparte. Après un procès instruit pendant quatre mois contre lui et ses coaccusés, il fait partie des huit personnes condamnées, le 10 juin, à la peine de mort8. Cependant sa famille obtient sa grâce par l'intercession de Joséphine de Beauharnais, épouse du premier Consul, et la peine de mort est commuée en une peine de déportation, après une détention préalable de quatre ans dans le fort de Joux, en Franche-Comté1.

Rivière, enfermé dans le cachot où avait péri Toussaint Louverture peu de mois auparavant5, voit sa captivité prolongée jusqu'en 18101. On lui permit ensuite d’habiter le département du Cher, où il reste sous la surveillance de la police jusqu’à la chute du trône impérial en 1814.

Chute de l'Empire

À cette époque, Sémonville, qui se trouvait dans ce pays comme commissaire extraordinaire de l’empereur5, reçoit du ministre de la police Savary l’ordre de le faire arrêter, et il était près d’exécuter cet ordre lorsque le rétablissement de la royauté des Bourbons sauve le marquis de Rivière14. Rivière est appelé auprès de Monsieur dès l’arrivée de ce prince à Paris14.

Lorsqu'à la suite des désastreuses campagnes de Moscou (1812) et de Leipzick (1813) les souverains alliés pénétrèrent en France « pour renverser le despotisme de Bonaparte1 », le marquis de Rivière accompagne Monsieur, qui, pour récompenser son dévouement15, l'attache à sa personne comme son premier aide de camp, et le créé maréchal-de-camp le 28 février 18141.

La croix de commandeur de l'ordre de Saint-Louis lui est donnée par Louis XVIII le 11 septembre de la même année et il est pourvu du commandement de la 21e division militaire1.

Désigné, au mois de février 1815, pour l'ambassade de Constantinople, il attendait à Marseille un vent favorable pour se rendre à sa destination, lorsqu'il apprit le retour de l'île d'Elbe. Le duc d'Angoulême, qui se trouvait alors dans le midi de la France, promeut le marquis de Rivière, le 30 mars, au grade de lieutenant-général des armées du roi1 et lui confère des pouvoirs très étendus[Lesquels ?]. Le marquis « fit tous ses efforts1 » pour faire soulever le pays en faveur de la cause royale. Les événements ayant rendu ses efforts inutiles, il s'embarque, le 11 avril, avec le comte de Bruges, sur un petit bateau espagnol, pour se rendre à Barcelone, où ils arrivent le 15. Dès ce moment, le marquis de Rivière ne quitte plus le duc d'Angoulême, jusqu'au mois de juillet suivant, époque à laquelle il s'approche des côtes de France, sur l'escadre commandée par lord Exmouth16.

Restauration française

Le 24 juillet1 suivant, le marquis de Rivière est nommé gouverneur de la 8e division militaire, et fait, en cette qualité, son entrée à Marseille, « où il reçut des habitants l'accueil que lui méritait son inaltérable dévouement à la famille des Bourbons16 ». Le 21 du même mois, il reçoit la nouvelle de la rentrée du roi dans ses États, et rassemble aussitôt les officiers généraux, ainsi que l'état-major, et provoque leur soumission au gouvernement restauré16,17. Cependant la ville de Toulon tenant encore à cette époque pour Bonaparte16, le marquis de Rivière s'y rend et fait connaître au maréchal Brune que les souverains alliés s'engageraient à ne faire aucuns actes hostiles, si ce maréchal consentait à abandonner le commandement de l'armée du Var, et à s'éloigner de Toulon. Brune ne fait point de difficulté d'accéder à cet arrangement, évacue Toulon, et prend la route d'Avignon18, où il est assassiné par la population de la ville17. Le gouverneur, qui peut faire arborer le drapeau blanc sur la ville de Toulon1,9, semble avoir une certaine responsabilité dans la mort du maréchal, auquel il avait garanti la sécurité et qu'il ne put pas protéger lors de son passage en Avignon12.

Créé pair de France le 17 août de la même année 1815 (son nom ne figure pas au procès du maréchal Ney12), et confirmé le 29 août dans le grade de lieutenant-général, le marquis de Rivière est appelé, en novembre, au commandement de la 23e division militaire (la Corse). « Sa prudence et sa fermeté1 » dissipent les troubles insurrectionnels qui désolaient cette île. Il se rend sur l'île, où il trouve plusieurs cantons en pleine insurrection. Jugeant que des mesures trop rigoureuses ne pourraient qu'exaspérer les esprits, il sait allier « beaucoup de prudence à toute la fermeté que les circonstances rendaient nécessaires18 ». Cependant, six mois s’étaient écoulés depuis qu’il commandait en Corse ; et il n'avait encore pu parvenir à soumettre le canton de Fiumorbo. Il y risque plus d'une fois sa vie18. Un jour, entre autres, il y est couché en joue par 200 rebelles18,17 ; mais il se précipite aussitôt vers eux, suivi de quelques personnes, et en criant : « Vive le Roi ! » Cette intrépidité désarme les rebelles, et les manières affables du marquis de Rivière achevèrent de les soumettre18. Rivière ne peut s'emparer de Joachim Murat, en fuite, lors de son passage en Corse, mais, par ses poursuites, il hâte l'expédition qui devait coûter la vie à l'ancien roi de Naples12.

Estampe gravée par Alexandre Giboy en 1821, d'après un dessin d'un des fils Debay, reconstituant la plinthe de la statue avec le fragment inscrit aujourd’hui disparu.

Le roi lui envoya la grand'croix de l'ordre de Saint-Louis le 3 mai 1816. Peu de jours après, il remit le gouvernement de l'île dont il avait rétabli les administrations17 au général Willot, et partit alors pour son ambassade de Constantinople. Il débarqua, le 4 juin suivant, dans le port de cette capitale de l'Empire ottoman, et a, le 16 du même mois, sa première audience du « grand-seigneur » le sultan Mahmoud II14, auquel il offre, de la part du roi, des présents d'un grand prix18. En 1819, le commerce de Marseille s'étant plaint du tarif de douanes que l'ambassadeur avait signé, M. de Rivière est dénoncé le 19 juin 1819 à la Chambre des pairs, mis à la retraite le 21 juillet et remplacé à Constantinople12. « Du reste, sa mission dans ce pays n’eut rien de remarquable pendant quatre ans qu’il eut à la remplir14 ».

Le roi Louis XVIII l'institue pair de France, au titre de marquis (par lettres patentes, qui furent communiquées à la Chambre des pairs, le 2 février 181918) et le créa chevalier-commandeur des ordres du roi le 30 septembre 1820.

Riffardeau de Rivière est nommé, peu de temps après son retour de l'ambassade de Constantinople, capitaine des gardes de Monsieur (il est reçu en cette qualité, le 22 janvier 182119), devenus, depuis la mort de Louis XVIII, 5e compagnie des gardes du corps du roi Charles X de France20,21.

Le marquis de Rivière est créé officier de la Légion d'honneur le 19 août 1823. Charles X ne pouvait plus lui accorder d’autre titre que celui de duc héréditaire : c'est ce qu'il fait, « de la manière la plus gracieuse14 » avec application de ce titre à sa pairie le 30 mai 1825. Nommé par le roi, le 10 avril 1826, gouverneur de la personne du duc de Bordeaux22,21, le duc de Rivière ne devait pas jouir longtemps de ces faveurs. Tant de vicissitudes, de persécutions et d’emprisonnements avaient gravement altérés sa santé. Dès le mois de février 1828, il ressentit de cruels maux d’estomac qui, « malgré tous les secours de l’art14 », ne font qu’augmenter jusqu’au 21 avril, date à laquelle il meurt, « après avoir rempli de la manière la plus édifiante ses devoirs de religion14 ».

Récapitulatifs

Titres

  • Pair de France23 :
    • 17 août 1815 - 21 avril 1828 ;
    • Marquis et pair (31 août 1817) ;
    • Duc et pair (30 mai 1825, sans lettres patentes, ni majorat23) ;

Décorations

Chevalier du Saint-Esprit Officier de la Légion d'Honneur Grand'croix de Saint-Louis
  • Chevalier du Saint-Esprit (7e promotion : Paris, 30 septembre 1820) ;
  • Légion d'honneur2 :
    • Chevalier (1er mai 1821), puis,
    • Officier de la Légion d'honneur (19 août 1823) ;
  • Ordre royal et militaire de Saint-Louis :
    • Chevalier (vers 179511-1796), puis,
    • Commandeur (11 septembre 18141), puis,
    • Grand'croix de Saint-Louis (3 mai 18161).

Armoiries

Fascé d'argent et d'azur, au chevron de gueules brochant sur le tout.21,24,23

Ascendance & postérité

Fils de Charles François de Riffardeau3 (1717-1786), comte de Corsac et d'Agnès Elisabeth Cailleteau de La Chasseloire (1728-1794), Riffardeau de Rivière avait trois sœurs6 :

  1. l'aînée, dame du marquisat de Paudy, non mariée ;
  2. la seconde, Agnès Marie Madeleine (11 juillet 1761 - Paris, 18 juin 1808), épouse (le 18 mars 1794 à Bourges) de Nicolas du Pré de Saint-Maur (1767-1846), maire de Vierzon (1807-1820), fils de l'ancien intendant de Bordeaux, dont postérité ;
  3. et la troisième, Claude Agnès (Reuilly (Indre), 10 mars 1766 - après le 7 vendémiaire an VII), épouse (le 12 août 1788 à Paris) de Charles Armand Louis (vers 1744-1795) marquis du Chesneau, officier au régiment des Gardes-Françaises (dont une fille), puis, le 12 nivôse an VI (1er janvier 1798) à Paris, avec César Auguste Brière de Montaudin 1769-1836, dont un fils (sa naissance coûta la vie à sa mère).
  • Le duc de Rivière épousa, épousa, le 4 juin 1811 à Paris, Marie Louise de La Ferté de Meung21 (1776-186025), dont il eut :
    • Charles Antoine Adrien (Cervon (Nièvre), 1er juillet 1812 - Paris, 22 janvier 1870), 2e duc de Rivière, marié, le 14 avril 1841 à Paris, avec Stéphanie (1819-1872), fille d'Arthus Hugues Gabriel Timoléon (1790-1857), comte de Cossé-Brissac, chevalier des ordres du Roi, premier pannetier de France, dont :
      • Délie Louise Marie Gabrielle (11 juillet 1842 - 3 février 1907), mariée, le 14 janvier 1863, avec le vicomte de Mandat Grancey (1831 - Tué le 2 décembre 1870 à la bataille de Champigny), dont postérité ;
      • Louise Marie Aldegonde (Tours, 12 juillet 1844 - Tuée le 4 mai 1897 dans l'incendie du Bazar de la Charité), mariée, le 21 mai 1867 à Paris VIIe, avec Joseph-Louis de Luppé (1837-1912), député des Basses-Pyrénées, dont postérité ;
      • Ludovic (né en 1850, mort jeune) ;
    • Adrienne Charlotte (12 juillet 1814 - Paris, 14 juin 1875), mariée, le 12 juin 1839, avec Hippolyte de Solages (1809-1850) ;
    • Louis Marie Charles (Constantinople, 8 juillet 1817 - 31 août 1890), 3e duc de Rivière, sénateur du Cher (1876-1885).

Notes et références

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Courcelles 1827, p. 183.
  2. a, b et c Léonore LH/2436/31.
  3. a, b, c et d Courcelles 1823, p. 2.
  4. Le père du duc de Rivière (Charles-François), comte de Corsac, avait fait, de la manière la plus honorable, les guerres d’Italie au commencement du XVIIIe siècle, puis celles de Flandre et d’Allemagne sous le maréchal de Saxe et le duc de Richelieu. D’abord capitaine de cavalerie, il parvint successivement aux rangs de colonel, de brigadier et de maréchal de camp. Il mourut en 1786.
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s Michaud 1843, p. 88.
  6. a, b et c Courcelles 1827, p. 181.
  7. a et b Mazas 1861, p. 32.
  8. a, b, c, d, e et f Courcelles 1823, p. 3.
  9. a, b et c Feller 1829, p. 396.
  10. Robert & Cougny 1891, p. 155.
  11. a, b, c, d, e et f Courcelles 1827, p. 182.
  12. a, b, c, d et e Robert & Cougny 1891, p. 156.
  13. On avait trouvé, suspendu sur la poitrine du marquis de Rivière, un portrait de Monsieur, le comte d'Artois. Interrogé sur ce gage précieux de la confiance et de rattachement du prince, M. de Rivière déclare hautement le reconnaître, et souhaite aux descendants de celui qui gouvernait alors la France, s'ils tombaient un jour dans le malheur, des serviteurs aussi dévoués qu'il avait juré de l'être à la dynastie des Bourbons.
  14. a, b, c, d, e, f et g Michaud 1843, p. 89.
  15. Le marquis de Rivière avait été, pendant l'émigration, du petit nombre de ceux qui, indépendamment du sacrifice de leurs vies, « avaient été assez heureux » pour pouvoir offrir ce qu'ils avaient pu sauver de leur fortune à leurs princes exilés.
  16. a, b, c et d Courcelles 1823, p. 4.
  17. a, b, c et d Feller 1829, p. 397.
  18. a, b, c, d, e, f et g Courcelles 1823, p. 5.
  19. Courcelles 1823, p. 6.
  20. Jean-Baptiste-Pierre Jullien de Courcelles, Dictionnaire historique et biographique des généraux français : depuis le onzième siècle jusqu'en 1820, vol. 9, 1820-1823 [détail de l’édition]
  21. a, b, c et d Courcelles 1827, p. 184.
  22. Moniteur du 19 avril 1826.
  23. a, b et c Velde 2005, p. Lay peers.
  24. Rietstap 1884.
  25. Roglo 2012.

Annexes

Articles connexes

  • Liste des chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit ;
  • Ambassade de France en Turquie ;

Liens externes

Bibliographie

  • « DE RIVIÈRE DE RIFFARDEAU (Charles-François, IIe du nom, marquis) », dans Jean-Baptiste-Pierre Jullien de Courcelles, Dictionnaire historique et biographique des généraux français : depuis le onzième siècle jusqu'en 1820, vol. 9, t. IX, 1823, 542 p. [détail de l’édition] (lire en ligne [archive]), p. 2-6 Document utilisé pour la rédaction de l’article ;
  • « DE RIVIÈRE, (Charles-François marquis, puis duc) », dans Jean-Baptiste-Pierre Jullien de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France : des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume et des maisons princières de l'Europe, précédée de la généalogie de la maison de France, vol. VIII, 1827, 378 p. [détail de l’édition] (lire en ligne [archive]), p. 181-184 Document utilisé pour la rédaction de l’article ;
  • François-Xavier de Feller, Dictionnaire historique : ou histoire abrégée des hommes qui se sont fait un nom par le génie, les talens, les vertus, les erreurs, depuis le commencement du monde jusqu'à nos jours, vol. 1, t. II, Rolland-Rusand, 1829, 528 p. (lire en ligne [archive]), p. 396-397 ;
  • « RIVIÈRE DE RIFFARDEAU (CHARLES-FRANÇOIS, duc DE) », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, vol. 36, 2e édition, 1843-1865, 706 p. [détail de l’édition] (lire en ligne [archive]), p. 88-89 Document utilisé pour la rédaction de l’article ;
  • Alexandre Mazas, Histoire de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis : depuis son institution en 1693, jusqu'en 1830, Didot, 1861, 638 p. (lire en ligne [archive]), p. 32 ;
  • « RIVIÈRE (CHARLES-FRANÇOIS RIFFARDEAU, duc DE) », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, t. V, Edgar Bourloton, 1889-1891, 570 p. [détail de l’édition] (lire en ligne [archive]), p. 155-156 Document utilisé pour la rédaction de l’article ;
  • Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. 1 [archive] et 2 [archive], Gouda, G.B. van Goor zonen, 1884-1887 « et ses Compléments » [archive], sur www.euraldic.com (consulté le 23 décembre 2011) ;

29 juin 2020

Collingwood Cuthbert

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Cuthbert Collingwood

 

Cuthbert Collingwood
1er baron Collingwood

280px_Cuthbert_Collingwood__Baron_Collingwood_by_Henry_Howard

 
Cuthbert Collingwood, peinture de Henry Howard au Greenwich Hospital

Surnom Lord Collingwood
Naissance 26 septembre 1750
à Newcastle-upon-Tyne
Décès 7 mars 1810 (à 59 ans)
à bord du HMS Ville de Paris
Origine Drapeau de la Grande-Bretagne. Grande-Bretagne
Allégeance Drapeau de la Grande-Bretagne. Grande-Bretagne
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Arme Naval Ensign of the United Kingdom.svg Royal Navy
Grade Vice-Admiral
Années de service 1761-1810
Commandement HMS Badger
HMS Hinchinbrook
HMS Pelican
HMS Sampson
HMS Mediator
HMS Prince
HMS Barfleur
HMS Triumph
HMS Royal Sovereign
Mediterranean Fleet
Conflits Guerre d'indépendance des États-Unis
Guerres de la Révolution et de l'Empire
Faits d'armes Glorious First of June
Bataille du cap Saint-Vincent
Bataille de Trafalgar
Distinctions Pairie du Royaume-Uni

Le Vice-Admiral Cuthbert Collingwood, 1er baron Collingwood, né le 26 septembre 1750 à Newcastle-upon-Tyne et mort le 7 mars 1810 à bord du HMS Ville de Paris au large de Port-Mahon, est un officier de marine britannique des XVIIIe et XIXe siècles. Au cours de sa carrière dans la Royal Navy, il prend part - aux côtés de Lord Nelson - à plusieurs victoires britanniques pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire, et est fréquemment considéré comme le successeur de Nelson au commandement de la flotte britannique1.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Jeunesse et débuts
    • 1.2 Premier commandement
    • 1.3 Bataille de Trafalgar
    • 1.4 Fin de carrière et mort
  • 2 Notes et références
  • 3 Sources et bibliographie

Biographie

Jeunesse et débuts

Collingwood nait à Newcastle upon Tyne. Il suit les cours de la Royal Grammar School de Newcastle. À l'âge de onze ans, il prend la mer à bord de la frégate de sixième rang HMS Shannon sous les ordres de son cousin captain (futur amiral) Richard Brathwaite (ou Braithwaite), qui prend en charge son instruction en matière de navigation. Après plusieurs années de services sous le captain Brathwaite et une courte période passée sur le HMS Lenox, un navire de garde basé à Portsmouth commandé par le captain (et lui aussi futur amiral) Robert Roddam, Collingwood navigue en direction de Boston en 1774 sous l'Admiral Samuel Graves, et combat dans la brigade navale britannique à la bataille de Bunker Hill (juin 1775), ce qui lui vaut d'être promu au grade de lieutenant, le 17 juin 1775.

En 1777, Collingwood rencontre pour la première fois Nelson lorsque tous deux servent à bord du HMS Lowestoffe. Deux ans plus tard, Collingwood succède à Nelson en tant que commander du HMS Badger (20 juin 1779), et l'année suivante il succède à nouveau à Nelson en tant que post-captain du HMS Hinchinbrook (22 mars 1780), une petite frégate. Nelson avait conduit l'expédition avortée destinée à traverser l'Amérique centrale depuis l'océan Atlantique vers l'océan Pacifique en naviguant sur le río San Juan, le lac Nicaragua, et le lac Leon. Nelson est affaibli par la maladie et doit se soigner avant de pouvoir être promu sur un vaisseau plus important, Collingwood lui succède donc au commandement du Hinchinbrook et ramène les restes de l'expédition à la Jamaïque.

Premier commandement

Après avoir commandé une autre petite frégate, le HMS Pelican, avec laquelle il est pris dans un ouragan et fait naufrage en 1781, Collingwood est promu sur le HMS Sampson, vaisseau de ligne de 64 canons, et en 1783 il passe sur le HMS Mediator (1782) et envoyé dans les Indes occidentales, où il reste jusqu'en 1786, toujours en compagnie de Nelson, empêchant les vaisseaux américains de commercer avec les Indes occidentales.

En 1786 Collingwood retourne en Angleterre, où, à l'exception d'un voyage qu'il fait vers les Indes occidentales, il reste jusqu'en 1793. Cette année-là, il est nommé captain du HMS Prince, le vaisseau amiral du Rear Admiral George Bowyer au sein de la Channel Fleet. Le 16 juin 1791, Collingwood épouse Sarah Blackett, fille d'un riche marchand de Newcastle et petite-fille de Robert Roddam (1711-1744) d'Hethpoole et de Caldburne (à ne pas confondre avec l'amiral, Robert Roddam, sous les ordres duquel il sert étant plus jeune).

En tant que captain du HMS Barfleur, Collingwood est présent au sein de la flotte britannique au Glorious First of June. À bord du HMS Excellent, il participe à la victoire à la bataille du cap Saint-Vincent, et se fait une bonne réputation au sein de la flotte pour sa conduite lors de ce combat. Après le blocus de Cadix, il rentre quelques semaines à Portsmouth pour réparations. Au début de l'année 1799, Collingwood est promu au grade de Rear-Admiral of the White le 14 février 1799; puis à celui de Rear-Admiral of the Red, le 1er janvier 1801; et, arborant son pavillon sur le HMS Triumph, il rejoint la Channel Fleet et met les voiles en direction de la Méditerranée où le principal des forces navales combinées de France et d'Espagne s'étaient réunies. Collingwood continue à servir activement jusqu'à la signature de la paix d'Amiens, qui lui permet de rentrer en Angleterre.

Avec la reprise des hostilités avec la France au printemps 1803 il quitte à nouveau son foyer, qu'il ne reverra jamais. Dans un premier temps, il participe au blocus de la flotte française au large de Brest. Le 23 avril 1804, il est promu au grade de Vice-Admiral of the Blue puis Vice-Admiral of the Red le 9 novembre 1805. Cela faisait près de deux ans qu'il avait repris le service, lorsque Napoléon décide d'équiper une force d'invasion destinée à envahir l'Angleterre, une campagne qui devait décider du sort de l'Europe et dont la réussite dépendant de la suprématie sur les mers. La flotte française ayant mis les voiles de Toulon, l'Admiral Collingwood est nommé à la tête d'une escadre avec pour ordre de la poursuivre. Les flottes combinées de France et d'Espagne, commandées par l'amiral amiral Villeneuve, après s'être rendues dans les Indes occidentales, retournent à Cadix. Sur leur chemin, elles rencontrent la petite escadre de Collingwood au large de Cadix. Il ne disposait alors que de trois vaisseaux sous ses ordres; et conscient de la disproportion des forces - il est chassé par seize vaisseaux de ligne - il préfère fuir et parvient à éviter le combat. Avant que la moitié des forces ennemies ne soit entrée dans le port il reprend le blocus, utilisant de faux signaux pour dissimuler la petite taille de son escadre. Il est bientôt rejoint par Nelson, qui espère alors convaincre les flottes ennemies de s'engager dans un combat majeur.

Bataille de Trafalgar

Article détaillé : Bataille de Trafalgar.

La flotte combinée quitte Cadix en octobre 1805. La bataille de Trafalgar s'ensuit immédiatement. Villeneuve, l'amiral français, dispose sa flotte en forme de croissant. La flotte britannique se scinde en deux, une première ligne conduite par Nelson à bord du HMS Victory, et l'autre par Collingwood sur le HMS Royal Sovereign. Le Royal Sovereign était le voilier plus rapide, principalement parce que sa coque avait été pourvue d'une nouvelle couche de cuivre qui, comparée aux vaisseaux dont le revêtement en cuivre était oxydé, offrait une résistance moindre. Ayant pris une avance considérable sur le reste de la flotte, il est le premier à engager le combat. « Voyez, dit Nelson, pointant du doigt le Royal Sovereign engageant le combat avec le centre de la ligne ennemie, voyez comme ce noble compagnon Collingwood conduit son vaisseau au combat! »2. Au même moment, comme s'il répondait à l'observation de son grand commandant, Collingwood fait remarquer à son capitaine: « Qu'est ce que Nelson donnerait pour être ici? »3.

Le Royal Sovereign s'approche du vaisseau amiral espagnol, et lui décharge ses bordées avec une telle rapidité et une telle précision que le Santa Ana était sur le point de sombrer avant que les autres vaisseaux britanniques n'aient le temps de rejoindre le combat. Plusieurs vaisseaux espagnols viennent porter assistance au Santa Ana et font feu de toute part sur le Royal Sovereign; plus tard, après avoir été gravement endommagé - le vaisseau n'est plus manœuvrable et devra être remorqué -, il est soulagé par l'arrivée du reste de la flotte britannique. Peu de temps après le Santa Ana abaisse son pavillon. À la mort de Nelson, Collingwood le remplace comme commandant en chef, transférant son pavillon sur la frégate Euryalus. Conscient qu'une violente tempête était en formation au large, Nelson avait l'intention de placer la flotte au mouillage à l'issue de la bataille, mais Collingwood choisit de ne pas suivre cet ordre : de nombreux bâtiments britanniques et les prises réalisées étaient trop endommagés pour se mettre à l'ancre, et Collingwood concentre ses efforts pour ramener ses bâtiments à l'aide de vaisseaux remorqueurs. Dans la tempête qui s'ensuivit, de nombreuses prises font naufrage sur la côte rocheuse et les autres sont détruites pour empêcher leur récupération, cependant aucun navire britannique n'est perdu.

Le 9 novembre 1805, Collingwood est promu Vice-Admiral of the Red et élevé à la pairie sous le titre de Baron Collingwood de Caldburne et Hethpool, dans le comté de Northumberland4. Il reçoit également les remerciements de la Chambre des communes et de la Chambre des lords et se voit octroyé une pension de 2 000 £ par an. Comme tous les capitaines et amiraux ayant combattu ce jour-là, il reçoit une médaille en or, sa troisième, après celles reçues pour le Glorious First of June et le cap Saint-Vincent ; seuls Nelson et Sir Edward Berry ont partagé l'honneur de porter trois médailles d'or pour leurs services pendant les guerres contre la France.

Lorsqu'il n'est pas en mer, il réside à Collingwood House dans la ville de Morpeth située à 15 miles au nord de Newcastle upon Tyne. Il est connu pour avoir remarqué, « quand je pense combien je suis heureux à nouveau, mes pensées me ramènent à Morpeth5 ».

Fin de carrière et mort

Entre Trafalgar et sa mort, aucun grand combat naval n'est disputé bien qu'à plusieurs reprises des escadres françaises aient tenté de briser le blocus qui pesait sur la France, l'une d'entre elles réussissant même à débarquer des troupes dans les Caraïbes deux mois après Trafalgar, la majorité d'entre elles étaient chassées et battues au combat. Collingwood est alors occupé par d'importantes négociations politiques et diplomatiques dans la Méditerranée, au cours desquelles il fait preuve de tact et de jugement. En 1805, il est nommé commandant en chef de la Mediterranean Fleet. Il demande alors à être relevé de son commandement et à pouvoir rentrer chez lui, cependant, le gouvernement britannique qui avait grand besoin d'un amiral doté de l'expérience et du talent de Collingwood lui ordonne de rester en poste, arguant que son pays ne pouvait se passer de ses services alors qu'il était toujours menacé d'invasion par la France et par ses alliés. Sa santé commence à se dégrader de manière alarmante en 1809, et il demande à nouveau à l'Admiralty de lui permettre de se retirer, ce qui lui est finalement accordé. Collingwood meurt avant d'avoir revu l'Angleterre, à bord du Ville de Paris, au large de Port Mahon alors qu'il faisait route vers l'Angleterre, le 7 mars 18106. Il est inhumé aux côtés de Nelson dans la crypte de la cathédrale Saint-Paul de Londres.

Notes et références

  1. Admiral Cuthbert Collingwood [archive], HMS Collingwood Officers' Association.
  2. En anglais : See, see how that noble fellow Collingwood carries his ship into action!
  3. En anglais : What would Nelson give to be here?
  4. (en) London Gazette: no. 15859. p. 1376 [archive]. 5 novembre 1805.
  5. En anglais : whenever I think how I am to be happy again, my thoughts carry me back to Morpeth
  6. (en) Roy Adkins, Trafalgar, The Biography of a Battle, Abacus, 2004, (page 238)

Sources et bibliographie

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Cuthbert Collingwood, 1st Baron Collingwood » (voir la liste des auteurs).
En anglais
  • (en) Max Adams, Admiral Collingwood - Nelson's Own Hero, Phoenix, Londres, 2005, (ISBN 0-304-36729-X)
  • (en) Colin White and the 1805 Club, The Trafalgar Captains, Chatham Publishing, Londres, 2005, (ISBN 1-86176-247-X)
  • (en) J. Gold, The Naval Chronicle Volume 15, Londres, 1806. Réédité par Cambridge University Press, 2010. (ISBN 978-1-108-01854-8))
  • (en) William Davies, A Fine Old English Gentleman exemplified in the Life and Character of Lord Collingwood, a Biographical Study, Londres, 1875
  • (en) « Cuthbert Collingwood », dans Encyclopædia Britannica, 1911 [détail de l’édition] [lire en ligne [archive]]
  • La dernière modification de cette page a été faite le 25 septembre 2017 à 20:22.

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,