Vendée Militaire et Grand Ouest

19 février 2017

de Tinguy du Pouët Lionel

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Lionel de Tinguy du Pouët

 

Lionel de Tinguy du Pouët
Fonctions
Sénateur de la Vendée
25 septembre 1977 – 9 septembre 1981
Ministre de la Marine marchande
2 juillet 1950 – 12 juillet 1950
Gouvernement Queuille II
Prédécesseur André Colin
Successeur Gaston Defferre
Secrétaire d'État aux Finances et aux Affaires économiques
17 février 1950 – 2 juillet 1950
Gouvernement Bidault II
Sous-secrétaire d'État aux Finances et aux Affaires économiques
29 octobre 1949 – 17 février 1950
Gouvernement Bidault II
Député de la Vendée
2 juin 1946 – 2 avril 1967
Biographie
Date de naissance 6 avril 1911
Lieu de naissance Paris
Date de décès 9 septembre 1981
Lieu de décès Neuilly-sur-Seine
Parti politique MRP

Lionel, Henri, Jean, René de Tinguy du Pouët né à Paris le 6 avril 1911, mort le 9 septembre 1981 à Neuilly-sur-Seine, est un homme politique français.

 

Sommaire

   
  • 1Biographie
  • 2Carrière politique
  • 3Fonctions gouvernementales
    • 3.1Montfort de Tinguy du Pouët
  • 4Publications
  • 5Distinctions
  • 6Notes et références
  • 7Liens externes
  • 8Voir aussi
    • 8.1Article connexe

 

Biographie

Fils de Jean de Tinguy du Pouët, député conservateur de la Vendée sous la IIIe République, ainsi que président du conseil général, il est élève de l'École polytechnique (X1929) et entre au Conseil d'État à l'âge de 23 ans (plus jeune conseiller d'État jusqu'à aujourd'hui).

Mobilisé en 1939 comme capitaine d’artillerie, il est prisonnier de guerre à l'Oflag VI-D pendant cinq ans, malgré plusieurs tentatives d’évasion.

Carrière politique

  • Membre de l'Assemblée constituante (juin-novembre 1946).
  • Élu député de la Vendée le 10 novembre 1946, il siège sur les bancs du MRP. Il est réélu en 1951 et en 1956, et battu en 1958 par Michel Crucis.
  • Réélu député de la Vendée en 1962 contre Michel Crucis, et battu en 1967 par Paul Caillaud.
  • Sénateur de la Vendée de septembre 1977 au 9 septembre 1981, date à laquelle il décède. Membre du groupe de l'Union Centriste des Démocrates de Progrès (UCDP, qui devient le groupe de l'Union Centriste en octobre 1986), il siège à la commission des lois constitutionnelles, de la législation, du suffrage universel, du règlement et de l'administration générale du Sénat.
  • Maire de Saint-Michel-Mont-Mercure de 1945 à 1981, et président de l'Association des maires de France de 1965 à 1974.
  • Conseiller général du canton de Pouzauges (1970-1981).

Fonctions gouvernementales

  • Sous-secrétaire d'État aux Finances et aux Affaires économiques du gouvernement Georges Bidault (2) (du 29 octobre 1949 au 17 février 1950)
  • Secrétaire d'État aux Finances et aux Affaires économiques du gouvernement Georges Bidault (2) (du 17 février au 2 juillet 1950)
  • Ministre de la Marine marchande du gouvernement Henri Queuille (2) (du 2 au 12 juillet 1950)

Montfort de Tinguy du Pouët

Son fils, Montfort de Tinguy du Pouët, lui succéda à mairie de Saint-Michel-Mont-Mercure (1981-1989), ainsi que comme conseiller général du canton de Pouzauges (1981-1994) sous l'étiquette CDS. Candidat (UDF) à l'élection législatives de juin 1988 dans la cinquième circonscription de la Vendée, il fut battu par le député sortant Pierre Métais (PS) 1.

Publications

  • Le Budget des recettes. Rapport présenté au Congrès national de 1925 de la Fédération républicain de France. Paris, imp. de la Journée industrielle, 1925, 10 p.
  • Rapport fait au nom de la commission d'enquête chargée de rechercher les causes et les origines des événements du 6 février 1934... ainsi que toutes les responsabilités encourues (La manifestation des Conseillers municipaux de Paris le 6 février 1934) par MM. Paul Perrin et de Tinguy du Pouët. Paris, Chambre des Députés, 15e législature, Session de 1934.
  • De la Gestion de la maison France. Conférence prononcée au Club-Échos, le 4 février 1949. Paris, Les Échos, 1949, 18 p.
  • Monsieur X va en justice, éditions de la Revue Politique des idées et des institutions, 1953, 15 p.

Distinctions

  • Officier de la Légion d'honneur
  • Croix de guerre 1939-1945
  • Grand Officier de l'Ordre national du Mérite.

Notes et références

  1.  Base Élections, Le Monde.

Liens externes

Voir aussi

Article connexe

  • Familles subsistantes de la noblesse française

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18 février 2017

Bertrand Antoine-Marie

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Antoine-Marie Bertrand

 

Antoine-Marie Bertrand
Fonctions
Maire de Lyon
18 novembre 1792 – 27 septembre 1794
Prédécesseur Antoine Nivière-Chol
Successeur Alphonse-Laurent-Antoine Salamon
Biographie
Date de naissance 18 mai 1754
Lieu de naissance Lyon (France)
Date de décès 9 octobre 1796 (à 42 ans)
Lieu de décès Paris (France)
Nature du décès guillotiné
Nationalité française
Liste des maires de Lyon

Antoine-Marie Bertrand, né à Lyon le 18 mai 1754 et mort à Paris le 9 octobre 1796, était un homme politique français qui fut maire de Lyon.

Fils d'un négociant et manufacturier de soieries, il est élu adjoint-général de la Garde nationale et devient l'un des principaux partisans de Joseph Chalier avec Achar, Dubessey, Dodieu, Gaillard et Hidins.

Le 18 novembre 1792, il est élu officier municipal de Lyon. Maratiste, il entre en lutte contre le maire Antoine Nivière-Chol. Après la démission de Nivière-Chol, il est élu maire de Lyon le 8 mars 1793. Toutefois, dès le 29 mai, une insurrection modérée renverse la municipalité jacobine, et il est arrêté. Libéré après la prise de la ville par les troupes républicaines, il est réintégré dans ses fonctions le 11 mars 1794.

Après le 9-Thermidor, il est remplacé le 27 septembre 1794 par Salamon et s'enfuit à Paris, où il tente d'attirer l'attention du gouvernement sur le sort des patriotes lyonnais.

Après l'attaque du camp de Grenelle (9-10 septembre 1796), il est arrêté au petit matin sur la route de Sèvres, avec le peintre Hennequin et Jean-François Baby, ancien commissaire civil à l'armée révolutionnaire de l'Ariège. Traduit devant une commission militaire installée au Temple avec les anciens conventionnels Cusset, Huguet et Javogues, ainsi que plusieurs ex-commissaires révolutionnaires et le secrétaire de Drouet, il est condamné à mort, avec 32 autres prévenus, au terme d'une audience houleuse, malgré de nombreux témoignages favorables, et fusillé 1.

Source

  • Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, PUF, 1989. Article de Raymonde Monnier.

Notes et références

  1.  L'annonce de sa condamnation indique : « Antoine-Marie Bertrand, âgé de 42 ans, négociant-manufacturier, ex-maire de Lyon, natif de cette ville, et demeurant à Paris, rue Montmarte,no 238 ; il était armé d'un sabre lorsqu'on l'a arrêté sur la route de Sèves », in Réimpression de l'ancien Moniteur, Paris, Henri Plon, 1863, tome 28, no 20, Décadi 20 vendémaire an V (11 octobre 1796), p. 454.

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17 février 2017

Schilt Jean Jacques

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Jean Jacques Schilt

 

Jean Jacques Schilt
Image illustrative de l'article Jean Jacques Schilt

Naissance 13 mai 1761
Bouquenom (Bas-Rhin)
Décès 8 novembre 1842 (à 81 ans)
Ainhice-Mongelos (Pyrénées-Atlantiques)
Origine Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade Général de brigade
Années de service 1779 – 1815
Distinctions Baron de l'Empire
Commandeur de la Légion d'honneur

Jean Jacques Schilt, né le 13 mai 1761 à Bouquenom (Bas-Rhin), mort le 8 novembre 1842 à Ainhice-Mongelos (Pyrénées-Atlantiques), est un général français de la Révolution et de l’Empire.

 

Sommaire

  
  • 1États de service
  • 2Dotation
  • 3Armoiries
  • 4Sources

 

États de service

Il entre en service le 26 janvier 1779, comme volontaire au corps de Nassau-Siégen, et il est envoyé à l’armée des côtes de Bretagne. Il se trouve à l’attaque de l’île de Jersey, ainsi qu’à la défense de la baie de Cancale contre les anglais. Il devient caporal le 19 février 1781, fourrier le1er mai 1782, et sergent major le 1er janvier 1787 dans les chasseurs Cantabres.

Il est nommé quartier-maître au 5e bataillon d’infanterie légère le 1er avril 1791, et capitaine le 6 novembre 1792. Il sert à l’armée des Pyrénées occidentales dès sa création le 30 avril 1793, et il passe chef de bataillon le 26 juillet 1793. Il se distingue lors de la guerre du Roussillon, à la vallée de Bastan, le 24 juillet 1794, ainsi qu’à la prise des lignes d’Irun, des forteresses de Fontarrabie et de Saint-Sébastien.

Il est promu général de brigade le 10 octobre 1794, et il commande la 2e brigade de la 1re division du général Frégeville en mars 1795. Il participe à la prise des villes de Vitoria et Bilbao en juin 1795. Le 5 octobre 1795, il prend le commandement de la 3e brigade de la 3e division d’infanterie du général Willot à l’armée de l’Ouest. Le 2 septembre 1796, il est affecté dans la 13e division militaire.

Le 29 avril 1800, il rejoint la 1re division de réserve en Italie, puis le 14 mai suivant il est à la tête de la brigade d’infanterie de la division du général Monnier. Il se distingue lors du passage du Tessin le 31 mai 1800, à l’affaire de Turbigo et à la Bataille de Marengo le 14 juin 1800.

De 1801 à 1804, il est en garnison à Venise, et il est fait chevalier de la Légion d’honneur le 11 décembre 1803, puis commandeur de l’ordre le 14 juin 1804. Il passe ensuite dans la 8e division militaire avant de revenir à l’armée d’Italie le 23 septembre 1805. Le 18 octobre 1805, il commande la 4e brigade de la 5e division d’infanterie.

Le 1er avril 1809, il est appelé au commandement de la 2e brigade de la 1re division d’infanterie, puis le 10 avril il commande Palmanova. Lors de la Bataille de Sacile, le 15 avril 1809, il fait des prodiges de valeur, avant de s’emparer de Trieste où il trouve une grande quantité d’armes et de provisions de guerre.

Le 26 juillet 1811, il commande temporairement la 3e division militaire à Mantoue, et le 28 mars 1812, il est à la tête de la1re brigade de la 1re division d’infanterie du 4e corps d’armée qui est resté en Italie. Il est créé baron de l’Empire le 2 avril 1812.

Rentré en France, il est mis en non activité en mai 1814, et il est admis à la retraite le 18 octobre 1815.

Il meurt le 8 novembre 1842, à Ainhice-Mongelos.

Dotation

  • Le 15 août 1809, donataire d’une rente de 4 000 francs sur Rome.
  • Le 15 août 1810, donataire d’une rente de 4 000 francs en Hanovre.

Armoiries

FigureNom du baron et blasonnement
Orn ext baron de l'Empire ComLH.svg
Blason à dessiner.svg
Armes du baron Jean Jacques Schilt et de l'Empire, décret du 15 août 1809, lettres patentes du 2 avril 1812, commandeur de la Légion d'honneur

Coupé, au premier parti, à dextre palé d'azur et d'or de six pièces ; à sénestre des barons tirés de l'armée ; au deuxième d'azur à la grenade enflammée d'or, surmontée de deux molettes du même - Livrées : les couleurs de l'écu.

Sources

16 février 2017

Windham William

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William Windham (1750-1810)

WilliamWindham

William Windham.

William Windham né le 3 mai 1750, mort le 4 juin 1810 est un homme politique britannique, ministre et pair de la Grande-Bretagne, membre du parti whig.

 

Sommaire

 
  • 1Biographie
  • 2À voir aussi
  • 3Bibliographie
  • 4Sources
  • 5Références
  • 6Liens externes

 

Biographie

À voir aussi

  • Oxford Dictionary of National Biography,
  • Oxford University Press

Bibliographie

  • The life and correspondence (1750-1810).

Sources

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « William Windham » (voir la liste des auteurs).

Références

Liens externes

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15 février 2017

de Gouvion-Saint-Cyr Laurent

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Laurent de Gouvion-Saint-Cyr

 

Laurent Gouvion
marquis de Saint-Cyr

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Surnom « L'homme de glace »
« Le Hibou »
« Le mauvais coucheur »
Naissance 13 avril 1764
Toul (Drapeau du Royaume de France Royaume de France)
Décès 17 mars 1830 (à 65 ans)
Hyères, Var (Drapeau du Royaume de France Royaume de France)
Origine Français
Allégeance Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Grande Armée
Grade Maréchal d'Empire
Années de service 1792 – 1813
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes
Distinctions Légion d'honneur (Grand aigle)
Ordre de Saint-Louis (Grand-croix)
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile (13e colonne)
Autres fonctions Ministre de la Guerre
Ministre de la Marine et des Colonies
Pair de France
Famille Louis-Jean-Baptiste Gouvion
Laurent-François de Gouvion-Saint-Cyr

Laurent Gouvion, marquis de Saint-Cyr dit Gouvion-Saint-Cyr, né le 13 avril 1764 à Toul et mort le 17 mars 1830 à Hyères, est un maréchal d'Empire et homme politique français. Abandonné très tôt par sa mère, il se spécialise tout d'abord dans le dessin mais la Révolution française ayant débuté, il s'engage dans l'armée en septembre 1792 et connaît une ascension fulgurante. Promu général de division en juin 1794, il combat les Autrichiens en Allemagne et en Italie sous les ordres des généraux Moreau et Jourdan. Après avoir travaillé dans l'administration, il est nommé colonel général des cuirassiers en 1804. En premier lieu commandant en chef du camp de Boulogne en 1806, il passe en Espagne avant de prendre la tête du 6e corps de la Grande Armée pendant la campagne de Russie, où il obtient son bâton de maréchal. Il sert lors de la campagne d'Allemagne et est fait prisonnier lors de la capitulation de Dresde (novembre 1813).

Revenu en France en juin 1814, il reste passif durant les Cent-Jours et devient ministre de la Guerre puis de la Marine et des Colonies. Il meurt le 17 mars 1830 des suites d'une attaque d'apoplexie.

 

Sommaire

 
  • 1Biographie
    • 1.1Origines et jeunesse
    • 1.2Période révolutionnaire
    • 1.3Premier Empire
    • 1.4Les Cent Jours et la Restauration
  • 2Hommage
  • 3État de service
  • 4Titres
  • 5Décorations
  • 6Autres fonctions
  • 7Publications
  • 8Notes et références
  • 9Annexes
    • 9.1Sources et bibliographie
    • 9.2Articles connexes
    • 9.3Liens externes

 

Biographie

Origines et jeunesse

Laurent Gouvion naît le 13 avril 1764, à Toul. Il est le fils de Jean-Baptiste Gouvion, tanneur de profession (à ne pas confondre avec son lointain cousin, le général Jean-Baptiste Gouvion) et d’une mère qui quitta le foyer familial quand il avait trois ans. Il la revit pour la dernière fois dans les années 1780 à Lyon. Ce manque fut certainement à l’origine de ce caractère à la fois solitaire et sensible qu’il montra durant sa vie accentué par les relations difficiles qu’il entretenait avec son père. Il étudie auprès d’un ecclésiastique qui lui inculque la base de son éducation.

En 1782, Gouvion part en Italie d’où il reviendra deux ans plus tard. Il en profite pour se perfectionner dans le dessin, passion qu’il a depuis tout petit. Il travaille comme artiste dessinateur à Toul puis à Paris quand la Révolution éclate.

Période révolutionnaire

Laurent Gouvion-Saint-Cyr, capitaine au 1er bataillon de chasseurs de Paris en 1792, Georges Rouget, 1835.

Volontaire le 1er septembre 1792 au 1er bataillon de chasseurs républicains des Quatre-Nations également appelé bataillon de chasseurs de Paris, il ajoute alors à son nom pour se distinguer des autres celui de Saint-Cyr, porté par sa mère. Élu sous-lieutenant grâce à son instruction, il est capitaine le 1er novembre au 9e bataillon des Fédérés Nationaux, adjoint de l'adjudant-général du génie Simon François Gay de Vernon le 1er février 1793 puis chef de bataillon et chef-d'état-major du général Ferey en septembre 1793. À l’armée du Rhin dans différents états-majors, il fait une carrière fulgurante : général de brigade le 5 juin 1794 et de division le 16 juin 1794.

Il commande l'attaque du centre au blocus de Mayence (1795) sous les ordres de Jean-Charles Pichegru et Jean-Baptiste Kléber. Sous le commandement de Moreau en 1796, il commande avec succès la gauche puis le centre de l’armée : il livre bataille à Rastadt, à Ettlingen, prend Stuttgart le 18 juillet 1796, est victorieux à Biberach trois mois plus tard (le 2 octobre) et organise la retraite de l’armée sur le Rhin. Chargé de la défense de Kehl, il ne peut empêcher la capitulation en janvier 1797.

Il épouse, le 26 février 1795, sa cousine germaine Anne Gouvion (1775-1844), dont il eut un fils unique. Son fils Laurent (1815-1904) fut Pair de France et épousa en 1847 Marie de Montalivet, fille aînée du comte Camille de Montalivet, ministre et ami du roi Louis-Philippe.

Nommé pour remplacer Hoche, décédé, à la tête de l’armée de Rhin-et-Moselle, c’est finalement Augereau qui en prendra les commandes. Il envahit l'évêché de Bâle en décembre 1797 et l’occupe jusqu’en janvier 1798. Gouvion-Saint-Cyr qui refuse de féliciter le Directoire après son coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797) remplace ensuite Masséna à la tête de l’armée de Rome du 26 mars au 25 juillet 1798. Il ramène l’ordre et la discipline et devient impopulaire auprès de ses soldats. De plus il est suspendu pour abus de pouvoir, ce qui d'ailleurs après enquête se révèlera faux. Il revient en Allemagne et commande l’aile gauche sous les ordres de Jourdan à l’armée du Danube, il participe à la bataille de Stockach (25 mars 1799), puis passe à l’armée d’Italie au moment où Masséna remplace Jourdan. Il est le commandant de l'aile droite lors de la défaite de Novi au cours de laquelle Joubert trouva la mort. Ne voulant pas se mêler à la politique il refuse que ses soldats prêtent serment au nouveau gouvernement consulaire. Il reçoit pourtant de la part de Napoléon Bonaparte, Premier Consul, un sabre orné de pierres précieuses et le brevet de premier lieutenant de France pour ses faits d'armes. Il gouverne Gênes et revient à l’armée du Rhin comme adjoint de Moreau. Il est accueilli avec enthousiasme de la part des soldats : « L'armée du Rhin vient de recevoir un renfort de dix mille hommes : le général Saint-Cyr est arrivé ! » 1. Il remporte la bataille de Biberach (9 mai 1800).

Mais il ne s’entend pas avec Moreau. Aussi demande-t-il un congé et Bonaparte, qui lui aussi n’aime guère Moreau, le nomme conseiller d’État à la section de la Guerre. Travaillant en tant que secrétaire, Stendhal dira : « L'admirable Gouvion Saint-Cyr était un des rares chefs militaires qui fussent capable d'étudier un dossier » 2 ». Il est chargé de commander les armées franco-espagnoles durant la guerre du Portugal (1801). Ambassadeur extraordinaire à Madrid (1801) aux côtés de Lucien Bonaparte, puis ambassadeur à la place de ce dernier. Étant plus militaire que diplomate il éprouve certaines difficultés à ce poste. Rappelé à Paris en août 1802 Gouvion Saint-Cyr est envoyé en Italie le 14 mai 1803 comme lieutenant général de l'armée d'occupation de Naples sous le commandement de Murat.

Premier Empire

Le futur maréchal Gouvion-Saint-Cyr au bivouac de la bataille de Polotsk (peinture d'Horace Vernet).

N'ayant manifesté aucune adhésion à l'Empire, il est éliminé de la liste des maréchaux à la surprise de nombreux militaires. Cependant il est nommé colonel général des cuirassiers (6 juillet 1804) et grand aigle de la Légion d'honneur (2 février 1805). Toujours en poste en Italie, il est, en mai 1805, présent lors du couronnement de Napoléon à Milan. Chef de l'aile gauche de l'armée, il bat le prince de Rohan qui est fait prisonnier le 23 novembre à Castel Franco (en). À la tête de l’armée de Naples le 9 décembre, il est remplacé un mois plus tard par Masséna et quitte son poste avant l'arrivée de ce dernier ce qui énerve l'Empereur quand il le reçoit aux Tuileries : « Si dans deux heures, vous n'êtes pas sur le chemin de Naples, avant midi, vous êtes en place de Grenelle 2 ». À son retour en février à août 1806, il est à la tête du corps d'armée de la Pouille et des Abruzzes. « J'ai supporté tous les dégouts de cette mission 2 » écrit-il à Berthier. Il est alors au commande du Camp de Boulogne à la place du maréchal Brune de décembre 1806 à août 1808, poste de second rôle alors que ses futurs collègues maréchaux se couvrent de gloire dans la Campagne de Prusse et de Pologne. Il en profite pour acquérir le domaine de Reverseaux en Beauce. En mai 1808, il est fait comte de l'Empire et envoyé en août en Catalogne.

Tacticien remarquable, Gouvion Saint-Cyr à la tête du 5e corps remporte de nombreuses victoires notamment à Molino del Rey (20 décembre), Valls (25 février 1809) et débloque Barcelone. Ayant refusé d’exécuter l’ordre irréalisable de Berthier d’assiéger simultanément Gérone, Tarragone et Tortosa, il est remplacé par Augereau et quitte son poste avant l’arrivée de ce dernier. Mis aux arrêts et retiré dans son domaine, Gouvion reste sur la touche jusqu’en 1811, date de sa réintégration au Conseil d'État. Il commande le 6e corps bavarois de la Grande Armée lors de la campagne de Russie ainsi que du 2e après la blessure du maréchal Oudinot, et est vainqueur mais grièvement blessé au pied à Polotsk (18 août 1812). Le 27 août, il est enfin élevé à la dignité de maréchal d'Empire à l'âge de 48 ans, que sa rudesse et son manque de sociabilité l’avaient empêché d’obtenir jusque-là. Le 18 octobre il affronte une nouvelle fois Wittgenstein lors de la seconde bataille de Polotsk, mais après 2 jours de combats particulièrement meurtriers il doit battre en retraite et laisser le flanc nord de la Grande Armée sous la menace grandissante des troupes russes. Durant la campagne d'Allemagne il commande le 11e corps de Berlin en février 1813 mais malade du typhus, il rentre en France pour se soigner. Commandant en chef de l'armée d'Allemagne en août 1813, il défend Dresde. Apprenant la défaite de Leipzig, Gouvion Saint-Cyr ne peut espérer de renforts de l'Empereur et tombe aux mains des Autrichiens à la capitulation de la ville le 11 novembre 1813. Prisonnier, il ne reviendra en France qu'en juin 1814. Il est ainsi le seul maréchal d'Empire à avoir été captif pendant les guerres napoléoniennes.

Les Cent Jours et la Restauration

Tombe de Gouvion Saint-Cyr au cimetière du Père-Lachaise à Paris.
Noms gravés sous l'Arc de Triomphe de l'Étoile : pilier Est, 13e et14e colonnes.

À son retour de captivité, il va se ressourcer dans son domaine auprès de sa famille. Nommé pair de France le 4 juin, n’ayant guère eu à se louer de l’Empereur, il ne se rallie ni à lui durant les Cent-Jours ni au roi Louis XVIII à Gand. À son retour, Louis XVIII le fait ministre de la Guerre du 8 juillet 1815 au 25 septembre 1815 sous le ministère Talleyrand. En tant que nouveau ministre, c'est Gouvion Saint-Cyr qui signa l'ordre de livrer Napoléon aux Anglais, la proscription, la destitution de son collègue le maréchal Moncey refusant la présidence du conseil de guerre pour le procès du maréchal Ney - Gouvion Saint-Cyr sera lui-même récusé, c'est le comte Gouvion qui votera pour la déportation du maréchal. Il est également à l'origine du licenciement d'une partie de l'armée impériale mais il est remplacé lors de la chute du ministère Talleyrand. Ministre de la Marine et des Colonies du 23 juin au 12 septembre 1817 sous le premier ministère Richelieu, il est fait marquis de Gouvion-Saint-Cyr en 1817.

Il retrouve le portefeuille de la Marine puis celui de la Guerre de 1817 à 1819, réorganisant l’armée en proscrivant les avancements automatiques et les promotions de complaisance pour tous les officiers, ce qui lui vaut l'hostilité des ultraroyalistes, et laisse son nom à la loi sur le recrutement du 10 mars 1818. Il démissionne le 22 août 1819 et se retire dans son domaine de Reverseaux pour se consacrer à l'agriculture et à la rédaction de ses mémoires. C'est mon Homère ! dira Stendhal, remaquables 3 pour Thiers, ses mémoires écrites de façon détaillées et qui seront recommandées aux officiers de l'armée de terre reviennent sur toutes les opérations militaires auxquelles le maréchal participa. Il meurt à Hyères le 17 mars 1830 après une attaque d’apoplexie dont il fut victime cinq jours plus tôt. Bien qu'il fût austère, éloigné de ses soldats d'où ses surnoms d'« Homme de glace » ou encore « le mauvais coucheur », il était fidèle à ses convictions et l'un des maréchaux les plus cultivés.

Le nom de Gouvion-Saint-Cyr est gravé sur l’Arc de triomphe de l'Étoile. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 37).

Les papiers personnels de Laurent de Gouvion-Saint-Cyr sont conservés aux Archives nationales sous la cote 190AP 4.

Hommage

Tout comme ses collègues maréchaux, Gouvion Saint-Cyr eut le droit au regard critique de Napoléon notamment sur l’affaire de Dresde en 1813 : « Mon tort est d’avoir employé Saint-Cyr ; il ne va pas au feu, ne visite rien, laisse battre ses camarades et aurait pu secourir Vandamme. C’est le comte de Lobau qui est cause que je l’ai pris. Il m’en parlait toujours. Il était aimé de ceux qui servaient sous lui parce qu’il se battait rarement et ménageait son monde. Lobau avait été un des colonels placés sous ses ordres ; il a bien changé d’opinion depuis lors. Moreau, qui était lié avec lui, fut obligé de le chasser de son armée car il ne pouvait rien en faire 5 »

Cependant il se contredit tout de suite après en se comparant à Gouvion-Saint-Cyr, honneur accordé à ce seul maréchal : « Ce n’est pas pour m’ôter 20 à 25 000 soldats… que les alliés violent à notre égard le droit des gens ; c’est pour retenir Saint-Cyr prisonnier : il est le premier de nous pour la guerre défensive. Moi je lui suis supérieur pour l’attaque 5 »

Un boulevard du 17e arrondissement de Paris porte son nom depuis l'instauration des boulevards des Maréchaux en 1864.

État de service

  • Engagement au 1er bataillon des chasseurs républicains (1er septembre 1792)
  • Capitaine (1er novembre 1792)
  • Adjoint à l’adjudant-général du génie Simon François Gay de Vernon (1er février 1793)
  • Adjudant-général chef de bataillon (13 septembre)
  • Chef de brigade (colonel) (10 janvier 1794)
  • Général de brigade (5 juin)
  • Général de division (10 juin confirmé le 2 septembre)
  • Commandant en chef de l’armée du Rhin (17 septembre 1797)
  • Commandant en chef de l’armée de Rome (26 mars 1798)
  • Lieutenant général de l’armée d’occupation de Naples (14 mai 1803)
  • Colonel général des cuirassiers (6 juillet 1804)
  • Commandant en chef de l’armée de Naples (9 décembre 1805)
  • Commandant du corps d’armée de la Pouille et des Abruzzes (février – août 1806)
  • Commandant du camp de Boulogne (décembre 1806 – août 1808)
  • Commandant en chef du 5e corps en Catalogne (17 août 1808)
  • Commandant du 6e corps bavarois de la Grande Armée (1er avril 1812)
  • Commandant du 2e corps de la Grande Armée
  • Maréchal d’Empire (27 août 1812)
  • Commandant du 11e corps de Berlin
  • Commandant du 14e corps de la Grande Armée (4 août 1813)
  • Gouverneur de la 2e division militaire (12 octobre 1815)
  • Gouverneur de la 5e division militaire (10 janvier 1816)

Titres

  • Comte de l’Empire (mai 1808)
  • Pair de France (4 juin 1814)
  • Marquis (31 août 1817)

Décorations

  • Grand aigle de la Légion d’honneur (2 février 1805)
  • Ordre royal et militaire de Saint-Louis (mai 1816)

Autres fonctions

  • Conseillers d’État à la section de la Guerre (septembre 1800 – février 1801 ; août 1802 – mai 1803 ; 14 avril 1811 – 8 février 1812)
  • Ambassadeur extraordinaire auprès de Lucien Bonaparte à Madrid chargé des opérations des troupes françaises et espagnoles (4 février 1801)
  • Ambassadeur de France à Madrid (2 novembre 1801 - août 1802)
  • Ministre d'État et membre du Conseil privé (24 septembre 1815)
  • Ministre de la Marine et des Colonies (23 juin 1817)
  • Ministre de la Guerre (12 septembre 1817 – 18 novembre 1819)

Publications

  • Journal des opérations de l'Armée de Catalogne en 1808 et 1809, 1824 3
  • Mémoires sur les campagnes du Rhin et de Rhin-et-Moselle de 1792 à la paix de Campo-Formio, 2 volumes, 1829 3
  • Mémoires pour servir l'histoire militaire sous le Directoire, le Consulat et l'Empire, 4 volumes, 1831 (publiés par Cournot° 3

Notes et références

  1.  Jean-Claude BancDictionnaire des Maréchaux de Napoléon, Pygmalion, 2007, 464 p. (ISBN 978-2-7564-0078-5)p. 113
  2. ↑ a, b et c Jean Tulard (dir.)Dictionnaire Napoléonvol. 1, Fayard, 1999, 984 p. (ISBN 2-213-60485-1)p. 887
  3. ↑ a, b, c, d et e Jean Tulard (dir.)Dictionnaire Napoléonvol. 1, Fayard, 1999, 984 p. (ISBN 2-213-60485-1)p. 888
  4.  Archives nationales [archive]
  5. ↑ a et b Gourgaud, II, 71-72 (14 mai 1817)

Annexes

Sources et bibliographie

  • « Laurent de Gouvion-Saint-Cyr », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]
  • «Un Maréchal lorrain en 1812», Pays lorrain, Nancy, 20 novembre 1908, no 11.
  • Banc Jean-Claude, Dictionnaire des Maréchaux de Napoléon, Pygmalion, Paris, 2007, Flammarion.
  • Fierro Albert, Palluel-Guillard André, Tulard Jean, Histoire et dictionnaire du Consulat et de l'Empire, Édition Robert Laffont, Paris, 1995.
  • Garnier Jacques, Gouvion-Saint-Cyr dans YVERT Benoit (dir.), Dictionnaire des ministres de 1789 à 1989, Perrin, Alençon, 1990.
  • Jourquin Jacques, Dictionnaire des maréchaux du Premier Empire, Édition Jas, Paris, 1999.
  • Jourquin Jacques, Gouvion-Saint-Cyr dans Tulard Jean (dir.), Dictionnaire Napoléon, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1999, (ISBN 2-213-60485-1).

Articles connexes

  • Maréchal d'Empire
  • Guerres napoléoniennes

Liens externes


14 février 2017

Fillon Benjamin

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Benjamin Fillon

 

Benjamin Fillon

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Benjamin Fillon de Charles Meryon.

Naissance 15 mars 1819
Grues (Vendée)
Décès 23 mai 1881
Saint-Cyr-en-Talmondais (Vendée)
Activité principale Juge, historien
Auteur
Langue d’écriture Française

Œuvres principales

  • Considérations historiques et artistiques sur les monnaies de France
  • Poitou et Vendée Considérations historiques et artistiques sur les monnaies de France
  • Études numismatiques

Benjamin Fillon, né le 15 mars 1819 à Grues et mort le 23 mai 1881 à Saint-Cyr-en-Talmondais, est un juge républicain, numismate, archéologue et érudit poitevin.

Il a rassemblé la plus grande collection de curiosités poitevines duxixe siècle ; son engouement pour la Renaissance fait de lui l'un des premiers spécialistes de François Viète.

 

Sommaire

  
  • 1Biographie
  • 2Œuvre
    • 2.1Un découvreur
    • 2.2Une part d'ombre
    • 2.3Œuvres principales
    • 2.4Les collections Fillon
  • 3Distinctions
  • 4Hommages
  • 5Notes et références
  • 6Annexes
    • 6.1Voir aussi
    • 6.2Bibliographie
    • 6.3Liens externes

 

Biographie

Fils de Joseph Louis Fillon (1787-1858), percepteur des contributions directes, ancien officier de l'Empire, et de Joséphine Joussemet, il est issu d'une famille de la petite bourgeoisie de Fontenay-le-Comte 1. Durant la Révolution française, elle a compté parmi les Bleus de Vendée.

Son père est un neveu du colonel Louis Joseph Fillon, tué le 25 mai 1793. Le curé Ballard, député du clergé du Poitou en 1789 et l'un des premiers curés à s'être rallié au tiers-état, avant de siéger à la Constituante 2, était l'un de ses grands-oncles 3.

Des études de Droit le mènent à Poitiers, puis à Paris; il commence alors ses travaux de recherche et ses collections, qui embrasseront de nombreux domaines : archéologie gauloise et gallo-romaine, céramique, Renaissance française, numismatique française, histoire locale...

En 1841 Fillon commence ses premiers travaux à la Société des Antiquaires de l’Ouest, dont il devient questeur en 1844, puis vice-président en 1846.

Licencié en Droit le 19 avril 1842, il est nommé la même année juge suppléant au tribunal de la Roche-sur-Yon. Libéral, progressiste et fidèle à la République, il démissionne de ses fonctions après le coup d'État du 2 décembre 1851 4. En 1848, il avait été candidat républicain pour le département de la Vendée lors de l'élection de l'Assemblée nationale constituante, sans être élu élu 5.

Il épouse le 10 février 1863 sa cousine germaine Clémentine (née à Nalliers le 27 février 1830), fille de Joseph René Fillon, notaire, et de Pauline Victoire Poëy d’Avant, et nièce du célèbre numismate Faustin Poëy d'Avant ; celle-ci collabore à ses travaux.

En 1864, il organise le 31e Congrès archéologique de France à Fontenay-le-Comte 6.

En 1870 il est nommé préfet de la Vendée par le gouvernement de la Défense nationale mais il n'accepte pas cette fonction. En 1871, il refuse d'être candidat républicain à l'Assemblée nationale.

De 1870 à sa mort (1881) il collabore à la Société de l’histoire de l’art français ainsi qu'à de nombreuses revues et se lie avec Anatole de Montaiglon.

Le 16 juillet 1873, son épouse meurt ; quittant l'hôtel Poëy d'Avant dans lequel il résidait à Fontenay-le-Comte, il se retire dans son château de La Court 7 , à Saint-Cyr-en-Talmondais, commune dont il est maire de 1876 à sa mort.

Deux lettres que lui adressa son ami Georges Clemenceau en décembre 1877 et février 1878, où il exprime sa piètre opinion sur Patrice de Mac Mahon, alors président de la République monarchiste, ont été publiées.

En 1878 l'Exposition universelle lui doit le prêt de nombreux objets de sa collection personnelle.

Au mois de juillet 1880, la maladie s'empare de lui et il meurt à Saint-Cyr le 23 mai 1881; selon sa volonté, ses obsèques sont civiles, avant l'inhumation au cimetière Saint-Jean de Fontenay-le-Comte.

Œuvre

Un découvreur

Peu de personnes se sont intéressées à l'histoire de la Vendée avant Benjamin Fillon. On lui doit notamment la réédition des œuvres de Nicolas Rapin et d'André de Rivaudeau ; la connaissance du séjour de François Rabelais chez les cordeliers de Fontenay-le-Comte et celles des promenades de Bernard Palissy.

Il participe à plusieurs fouilles en Vendée dans une villa de Saint-Médard-des-Près. Il emploie des collaborateurs comme Eugène Chevreul et s'appuie sur les travaux des théoriciens de son époque, comme Winckelmann.

Enfin, de façon plus anecdotique, il fait restaurer son château, La Court d’Aron, dans le style de la Renaissance.

Touchant François Viète, sa passion pour le mathématicien fut si forte qu'il proposa par deux fois, en 1858, une souscription forcée de la Société des antiquaires de France pour l'érection d'une statue en son honneur à Fontenay-le-Comte. Initiative repoussée car Fillon ne voulait pas de souscriptions individuelles. M. Biot, au nom de la section de géométrie tout entière, lui refusa formellement 8 une souscription collective. Il réitéra sa proposition auprès de la municipalité de Fontenay, mais la liste des premiers souscripteurs comprenant les noms prestigieux de Louis Blanc et de Victor Hugo, la municipalité s'effraya de se trouver marquée politiquement et son projet tomba à l'eau. Fillon démissionna alors de ses charges municipales.

Le nombre de découvertes archéologiques de Fillon est impressionnant et recouvre toutes les époques. Elles se manifestent par son travail d'épigraphiste, mais aussi par un travail de terrain, comme par exemple celui qu'il accomplit avec Frédéric Ritter lors de la découverte à Saint-Médard des peintures décoratives de la dame Blanche, peintures murales dans des restes de villas du Bas-Poitou (iiie siècle) 9. Faïences dites d'Oiron, bague de sainte Radegonde, sceau d'ébène duxie siècle, histoire des évêchés, des villes murées, des abbayes, des mottes féodales, reliquaires, bijoux, trésors, numismatique, vases trouvés sur les bords de la mer ou dans des cavernes, bornes des voies romaines, tumuli gaulois, haches, peintures, poteries, pilotis, dépôts de cendre, sépultures, menhir, folies, dolmen, héritage du celte, du sanscrit, similarité avec l'art précolombien ou africain, rien ne lui échappe.

Il réunit ainsi plus de 180 noms de potiers officiant dans le Poitou au xvie siècle, s'occupe de l'évolution de la musique duxie siècle au xviiie siècle, de la profondeur et du déplacement des dunes ou de leur antiquité... Il dresse des cartes historique du Bas-Poitou. Une de ses idées fortes est d'attribuer au songe de Polyphile de Jean Martin (1546) un rôle charnière dans l'évolution de l'art au xvie siècle; rien de ce qui est poitevin ne lui semble étranger.

Une part d'ombre

L'authenticité de certaines des pièces de la collection d'autographes de Fillon a pu être mise en cause, sans que l'on sache vraiment s'il a été « la victime involontaire ou le complice d'un faussaire » 10. Cette « crédulité » peut être rapprochée de celles d'autres grands savants de son époque comme Boucher de Perthes dans le domaine de la préhistoire, dont ce savant est le fondateur, ou Michel Chasles dans l'histoire des sciences, qui fut la victime du faussaire Vrain-Lucas. Mais selon des recherches récentes, il apparaît aussi que Fillon aurait inventé certaines de ses découvertes archéologiques 11, notamment celle du trésor de l’étang de Nesmy et du trésor mérovingien de Grues 12. Les "découvertes archéologiques" de Benjamin Fillon sont ainsi un curieux mélange de découvertes réelles et de pures mystifications 13.

De même l'auteur anonyme d'un livre-album des années 1880 relatif au château d'Oiron (79) retranscrit un extrait d'un inventaire du château daté de 1559 relatif à une grande statue équestre métallique de Henri II, document qui aurait appartenu à Fillon.

L'abbé Sireau et d'autres chercheurs, dont l'érudit fontenaisien Émile Brethé, l'accusent d'avoir été lui-même un faussaire 14 et d'avoir sciemment fait fabriquer et enterrer des poteries pour valoriser certaines de ses découvertes.

Œuvres principales

  • Considérations historiques et artistiques sur les monnaies de France ;
  • Poitou et Vendée, réalisé en collaboration avec l’aquafortiste Octave de Rochebrune ;
  • L’Art de la terre chez les Poitevins, suivi d’une étude sur l’ancienneté de la fabrication du verre en Poitou ;
  • collaboration à la Description des monnaies seigneuriales françaises composant la collection de M. Poey d'Avant, avec un essai de classification ;
  • Études numismatiques de 1856.
Détail des œuvres
  • Recherches sur l'attribution au Poitou de quelques tiers de Sol d'or mérovingiens, (Saurin, Poitiers, 1844) ;
  • Recherches historiques et archéologiques (Saurin, Poitiers, 1845) ;
  • Recherches historiques et archéologiques sur Fontenay : biographie des hommes illustres de Fontenay (Nairière-Fontaine, 1846 );
  • Documents pour servir à l’histoire du Bas-Poitou et de la révolution en Vendée, (imprimerie de Robuchon, Fontenay, 1847 );
  • Maisons des hommes illustres de Fontenay (imprimerie de Robuchon, Fontenay, 1847);
  • Un capitaine de compagnie franche à la fin du XVIe siècle (imprimerie de Robuchon, Fontenay, 1847) ; (texte en ligne)
  • Le Cabinet de Michel Tiraqueau, sénéchal de Fontenay (imprimerie de Robuchon, Fontenay, 1848 );
  • Histoire véridique de Guillery (imprimerie de Robuchon, Fontenay, 1848) ;
  • Description de la villa et du tombeau d’une femme artiste gallo-romaine découverts à Saint-Médard-des-Prés (Vendée)(imprimerie de Robuchon, Fontenay, 1849) ;
  • En collaboration avec Frédéric Ritter : Notice sur la vie et les ouvrages de François Viète (impr. de C. Gailmard, Nantes, 1849) ;
  • Nicolas Rapin (La Gazette des Beaux-Arts, Paris, 1849 );
  • Considérations historiques et artistiques sur les monnaies de France, Fontenay, 1850 ; (texte en ligne)
  • Lettres à M. Ch. Dugast-Matifeux sur quelques monnaies françaises inédites, imprimerie de Robuchon, Fontenay-Vendée, 1853 ;
  • Les plaisirs du gentilhomme champêtre, poème de Nicolas Rapin, notice de Benjamin Fillon (Techener, Paris, 1853) ;
  • Rapport présenté à la Société archéologique de Nantes sur une découverte de monnaies, d’ustensiles et bijoux de l’époque gallo-romaine, faite près du Veillon, canton de Talmon, (A. Guéraud, Nantes, 1856) ;
  • Études numismatiques (Charvet, Paris 1856) ; (texte en ligne)
  • Collection Jean Rousseau, monnaies féodales françaises (Paris, 1860) ;
  • Lettres écrites de la Vendée à M. Anatole de Montaiglon (Tross, Paris, 1861) ; (texte en ligne)
  • Les Faïences d’Oiron, lettre à M. Riocreux (imprimerie de Robuchon, Fontenay, 1862) ;
  • L’Art de la terre chez les Poitevins, suivi d’une étude sur l’ancienneté de la fabrication du verre en Poitou (L. Clouzot, Niort, 1864.) ;* Programme de la XXXIe session du Congrès archéologique de France à Fontenay-le-Comte (imprimerie de Robuchon, Fontenay, 1864 );
  • Avec Clémentine Fillon, Des études historiques et artistiques (Nalliers, Fontenay-le-Comte, 1865) ;
  • Avec François Duchesne, L'effondrement du palais de justice de Fontenay-le-Comte, Clouzot, Niort, 1866 ; (texte en ligne)
  • Le Langon, Véluire et le Poiré (imprimerie de Robuchon, Fontenay-le-Comte, 1867) ;
  • Recherche sur le séjour de Molière dans l'Ouest de la France (imprimerie de Robuchon, Fontenay-le-Comte, 1871) ;
  • L'église réformée de Fontenay-le-Comte (imprimerie de Robuchon, Fontenay-le-Comte, 1872) ;
  • Département de la Vendée. Coup d’œil sur les élections sénatoriales de 1876 (imprimerie de Robuchon, Fontenay-Vendée, 1876) ;
  • L’Art romain et ses dégénérescences au Trocadéro (Quantin, Paris, 1878) ;
  • Rapport sur la carte routière et hydrographique de la Vendée (la Veuve Cochar, Tremblay 1878) ;
  • Lettre à Monsieur Jules Quicherat, directeur de l’École des chartes, sur une découverte d’objets gaulois en or faite en 1759 dans l’étang de Nesmy (Vendée) (la Veuve Cochar, Tremblay, 1879 );
  • Les médailleurs italiens. Le Songe de Polyphile (La Gazette des Beaux-Arts, Paris, 1879) ;
  • Nouveaux documents sur Marc-Antoine Raimondi (La Gazette des Beaux-Arts, et tiré à part de 120 ex. chez Quantin, Paris, 1880) ;
  • Mémoire sur une nouvelle nomenclature des dénominations des rues, places, carrefours et quais de la ville de Fontenay, présenté au conseil municipal par Benjamin Fillon (A. Baud, Fontenay, 1880).

Les collections Fillon

Son exécuteur testamentaire, auquel il lègue ses collections, est l'historien Charles Dugast-Matifeux, avec qui Fillon a collaboré et avec qui il partage des idées républicaines avancées. À la mort de Fillon, Dugast établit deux catalogues de ces collections, qui sont dispersées dans une vente à Drouot.

  • Un "Catalogue des objets d’arts et de haute curiosité. Bronzes antiques, bijoux mérovingiens, monnaies et médailles antiques du Moyen Âge et de la Renaissance, vierge du xiiie siècle en ivoire, émaux de Limoges, faïences de Perse, plats de Bernard Palissy, statue en marbre par J. Fancelli, porcelaine de Chine, objets variés, tableaux, dessins, estampes composant la collection de feu Benjamin Fillon et dont la vente aura lieu à l’hôtel Drouot, salle no 8, le lundi 20 mars 1882 et jours suivants" (Paris, 1882).
  • "Catalogue des monuments typographiques et d’un choix de livres rares et précieux provenant du cabinet de Feu M. Benjamin Fillon – Avec quelques éclaircissements et des notes bibliographiques" (Paris, Claudin, 1883).

Entre autres nombreuses œuvres d'art, Fillon posséda un des dix termes en terre cuite qui ornaient la façade de la galerie Renaissance du château d'Oiron (79) et en furent retirés en 1870 ; l'œuvre, donnée ensuite par son épouse (+ 1873) au musée de la Céramique de Sèvres, fut transférée en 1935 au Musée du Louvre, est le seul élément de la série visible en France ; les quatre autres connus à ce jour et localisés ("complétées" et patinées) provenant de la collection Morgan, acquis en 1944 par le marchand Wildenstein, figuraient en 1994 dans celle de ses héritiers à New York.

Issues de sa collection, les fonds Benjamin Fillon de Fontenay-le-Comte comptent environ 1 500 pièces.

On trouve également un fonds Benjamin Fillon à la Bibliothèque municipale de Nantes (au sein du fonds Dugast-Matifeux), aux Archives départementales de la Vendée, à La Roche-sur-Yon, et un autre à la BNF (cote 21509 nouvelles acquisitions) Une visite aux collections Fillon organisée par la Société française d'archéologie le 16 juin 1863 15 ; et la description de cette visite nous apprennent qu'il possédait un buste de Viète, des portraits de Nicolas Rapin et de Brantôme, une étude de Michel-Ange, une autre du Primatice, des dessins de Guerchin, Le Sueur, Greuze, Jacques-Louis David, Carle Vernet, des gravures d'André Mantégna, d'Albert Dürer, de Claude Lorrain de Van Dyck et de Watteau.

Outre les collections archéologiques, (bagues, vases, statuettes, fragments de murs, mobilier de tombeau, médaillon, collier, vierge d'ivoire, épées du xe et xiiie siècles, poteries poitevines, Verres peints et agatisés, émaux de Limoges, statère portant le nom de Vercingétorix et autres) on y trouve encore 20 000 manuscrits, recueillis en commun avec M. Dugast-Matifeux, et des autographes, dont les principaux sont ceux de Bertrand Du Guesclin, Jean de Berry, Charles d'Orléans, Jean-Sans-Peur, duc de Bourgogne, Gilles de Rais, Louis XI de France, Richard III d'Angleterre, Philippe de Commines, Ferdinand-le-Calholique, Isabelle de Castille, Anne de Bretagne, François Viète, Bernard Palissy, Barnabé Brisson, Catherine de Parthenay, Agrippa d'Aubigné, Henri II de Rohan, Benjamin de Rohan, duc de Soubise ; saint Vincent de Paul.

Distinctions

  • Officier d'Académie ;
  • Chevalier de la Légion d'honneur (au titre du ministère des Beaux-Arts).

Hommages

  • Le nom de Benjamin Fillon a été donné à une rue dans chacune des deux communes de Fontenay-le-Comte et Saint-Cyr-en-Talmondais, ainsi qu'à Chantonnay.

Notes et références

  1.  Généalogie publiée par Christian Frappier :http://famillesvendeennes.fr/fillon.html [archive]
  2.  David, Pierre Ballard, Notice du site de l'Assemblée Nationale. [archive]
  3.  Eug. Louis. Notice nécrologique de Benjamin Fillon.Annuaire de la Société d'émulation de la Vendée, 1881.
  4.  « Républicain démocrate, ma foi politique me fait un devoir de me retirer de la magistrature après l'attentat qui vient d'être commis », écrit-il dans sa lettre de démission adressée au procureur général dès le 4 décembre 1851. Archives départementales de la Vendée, 1 J 1898.
  5.  BNF/Gallica Lettre circulaire du candidat Benjamin Fillon, 19 mars 1848 [archive]
  6.  (Compte-rendu de la) 31e session tenue à Fontenay les 12 juin 1864 et jours suivants. [archive]
  7.  qui à sa mort sera acheté par le comte Raoul de Rochebrune, lui-même archéologue et collectionneur, qui le transforme en le dotant notamment de sa tour actuelle.
  8.  L'Abbé Moigno, Cosmos, /Revue encyclopédique hebdomadaire des progrès.des sciences [archive], Tremblay, Paris, 1858, p. 412.
  9.  Compte rendu par la société française d'Archéologie Bulletin 1863,du congrès archéologique de France, vol. 31 [archive]de son XXXIe congrès.
  10.  Revue de l'Art, 1987 [archive]
  11.  Châteaux de Fontenay le Comte quelques erreurs de Fillon [archive]
  12.  Bulletin de la Société préhistorique française : Séance du 18 décembre 1974 [archive]
  13.  Bertrand Poissonnier, La Vendée préhistorique, La Motte-Achard, Geste éditions, 1997, 367 p. (ISBN 2-910919-38-2), page 132
  14.  Bulletin de la Société préhistorique française : Actualité scientifique [archive]
  15.  Compte rendu par la Société française d'archéologie Bulletin 1863 du congrès archéologique de France, volume 31 [archive] de sa visite aux collections Fillon.

Annexes

Voir aussi

  • Frédéric Ritter • François Viète • Esther Imbert • Bête d'Angles • Eugène Chevreul • Winckelmann

Bibliographie

  • Anatole de Montaiglon, Bibliographie chronologique des ouvrages de Benjamin Fillon (Niort, Clouzot, 1895);
  • Émile Brethé, Un rabelaisien excessif, Benjamin Fillon (Fontenay-le-Comte : impr. Lussaud, 1960);
  • Roman d'Amat, Dictionnaire de biographie française (Paris : Letouzey et Ané, 1975, vol. 13, p. 1358-1359.
  • Christophe Vital, 150 années de découvertes archéologiques en Vendée : la mort et le sacré (Thonon-les-Bains : Éditions de l’Albaron, 1990);

Liens externes

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13 février 2017

Moulin Jean-François

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Jean-François Moulin

 

Jean-François Moulin

JFMoulin


Moulin, 1799.

Naissance 14 mars 1752
Caen (Calvados)
Décès 12 mars 1810 (à 57 ans)
Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis)
Origine Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 1768 – 1810
Distinctions Baron de l’Empire
Officier de la Légion d'honneur

Jean-François Moulin 1, né à Caen (Calvados), le 14 mars 1752 et mort à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) le 12 mars 1810, est un général de la Révolution française et directeur français. Il est ensuite baron d’Empire en 1809.

 

Sommaire

   
  • 1Biographie
  • 2Hommages
  • 3Notes
  • 4Sources

 

Biographie

Fils d’un épicier, Jean-François Moulin fit de bonnes études au collège des Jésuites de Caen avant de s’engager en 1768, dans l’armée où il ne sert que sept mois, au régiment de Bretagne. En 1770, il entre comme géographe aux Ponts et Chaussées et est employé sur les côtes de Saint-Malo à Calais. Après avoir été employé dans les généralités de Normandie et de Picardie, il devient ingénieur à l’intendance de Paris.

Son emploi ayant été supprimé dès les premiers jours de la Révolution, Moulin prend le parti des armes. Volontaire dans la Garde nationale parisienne, bataillon de Sainte-Opportune le 13 juillet 1789, il devient sergent-major puis lieutenant. En juillet 1791, il est nommé adjudant à l'état-major des trois bataillons de volontaires de Paris. Il passe adjudant-major au bataillon de Sainte-Opportune et devient adjudant-général de la garde parisienne le 10 août 1792.

Il est adjudant-général chef de bataillon surnuméraire à l'armée des Côtes de Brest le 8 mars 1793. Dans les départements de l’Ouest, il seconde les efforts des généraux Duhoux et Menou pour repousser les attaques de l’armée vendéenne contre Saumur le 10 juin 1793. Son jeune frère, Jean-Baptiste Moulin, qui se bat également contre eux, préfére se suicider le 8 février 1794, plutôt que de tomber entre les mains des troupes vendéennes. Après la prise de Saumur par les troupes royalistes, il assure la retraite des bagages, et à la tête d’une quarantaine d’hommes seulement, arrête pendant près de six heures les Vendéens qui poursuivent l’armée républicaine fuyant dans le plus grand désordre. Le 18 juillet suivant, il ne se distingue pas moins à Vihiers, où les Vendéens ont l’avantage mais le 5 août, il prend une brillante revanche au combat de Doué livré par Rossignol, et fait éprouver des pertes considérables aux royalistes. Ce succès lui fait obtenir le grade de général de brigade le 5 août 1793 et le commandement des Ponts-de-Cé, d’où il passe peu après à celui de Saumur que menacent encore les Vendéens. Il fait alors élever à Saint-Florent-sur-Loire des fortifications dont il trace lui-même les plans.

Le 28 novembre 1793, il est nommé général de division et participe à la bataille du Mans où il fait prisonniers 1 200 Vendéens. Moulin ayant libéré peu de temps après, ces hommes que le sort des armes a mis entre ses mains, il n’en faut pas tant pour provoquer le courroux du proconsul de Nantes, qui écrit à la fin de la virée de Galerne :

« Il n’y a que très peu de brigands qui aient pu passer la Loire. Il n’en eût pas échappé un seul sans les ordres du général Moulin qui s’est avisé de donner des passeports pour les autoriser à rentrer chez eux. Je viens faire partir l’ordre d’arrêter ce général vraiment coupable 2. »

Le 27 avril 1794, il est nommé général en chef en remplacement du général Rossignol, mais Carrier le fait arrêter au milieu de son camp et conduire dans les prisons de cette ville. Le général ne doit sa mise en liberté en 1794 qu’aux réclamations de son corps d’armée et à l’intervention des représentants Bourbotte et Francastel. Le comité de salut public le nomme peu après, général en chef de l’armée des côtes de Brest. Le 8 octobre 1794, il est appelé au commandement de l’armée des Alpes qu'il rejoint le 1er décembre 1794. Après avoir hiverné dans ces montagnes, il bat les troupes piémontaises au Col du Mont, au Montgenèvre et au village de Malchaussée, au pied du Mont Cenis, mais une maladie le contraint à revenir à Paris.

Moulin est ensuite nommé, pour raisons de santé, gouverneur de Lyon le 7 octobre 1795, puis en 1796, de Strasbourg, où il garantit les places de l’Alsace que les Autrichiens menacent de leurs attaques. Il se porte le 18 septembre sur Kehl contre le général Franz Petrasch, et parvient à ressaisir quelques postes, déjà enlevés par l’ennemi. Le Directoire le rappel à Paris et lui confie le 9 octobre 1797, le commandement en chef des troupes françaises en Hollande.

Cependant, avant son départ pour ce pays, Moulin est nommé commandant de la 17e division militaire, alors stationnée dans la capitale. Ce poste est pénible, sous un gouvernement qui, dépourvu d’ascendant pour dominer les partis, y suppléait par des coups d’État et des mesures de réaction. Le 8 octobre 1798, il succéde comme général en chef de l’armée d’Angleterre à Kilmaine et combat les chouans, puis les paysans belges insurgés, à la tête de l’armée d'Angleterre.

Tous ces services lui ouvrent les portes du Luxembourg après la journée du 30 prairial, qui exclut du Directoire Treilhard, Merlin de Douai et La Révellière-Lépaux. Le 20 juin 1799, il est nommé, lors du « remaniement » du 30 prairial an VII (18 juin 1799) directeur, en remplacement de La Révellière-Lépeaux, contraint à la démission. Peu propre à ces fonctions, étranger à l’esprit de coterie, dédaigné par Sieyès, négligé par Barras, le général républicain suit la ligne de conduite de son collègue Gohier. Lorsque Bonaparte revient d’Égypte, Moulin l’engage à aller reprendre le commandement de l’armée d’Italie pour en faire peut-être l’instrument militaire du gouvernement, mais déjà celui-ci a confié à Sieyès les projets du coup d’État qu’il veut opérer, et Sieyès est entré dans ses vues.

Le 18 brumaire, Moulin et Gohier, privés de tout moyen d’exécution, tombent isolés par la défection et la force. Tous deux s’élèvent avec chaleur contre les mesures qui ont été prises, ne contestent pas au Conseil des Anciens le droit d’ordonner la translation du corps législatif à Saint-Cloud mais démontrent que son décret viole la constitution dans ses dispositions relatives à la force publique.

Bonaparte les engage vainement à se joindre à lui ou à donner leur démission. Gohier et Moulin refusent énergiquement. Moulin, qui a proposé de s’emparer de Bonaparte et de le faire fusiller, rentre au palais directorial et rédige une adresse aux deux conseils, réclamant le concert, invoquant le courage des représentants pour le maintien de la constitution jurée, et promettant de se rendre le lendemain à Saint-Cloud. Mais dans l’intervalle, Bonaparte le place, avec Gohier, au palais du Luxembourg sous une surveillance plus active que celle qu’il a déjà prescrite.

Moreau lui-même annonce à Moulin l’ordre qu’il a reçu de le garder à vue dans ses appartements. « Et c’est vous général, lui répondit-il, qui faites les fonctions d’un gendarme. » En même temps, il lui fait signe de passer dans son antichambre. Moulin parvient cependant le surlendemain à se soustraire à la surveillance de Moreau et à s’échapper. C'est le dernier acte de sa vie politique. Après avoir vécu quelque temps à la campagne, il reprend du service sous l’Empire et devient en 1807, commandant de la place d’Elbing, et, peu après, passe au même titre à Anvers, Mayence, Mézières et Augsbourg. Il est fait officier de la Légion d'honneur le 10 mai 1807. Il est créé baron de l’Empire le 15 août 1809.

Sa santé l’ayant obligé à revenir en France en mars 1810, il meurt peu après.

« Moulin, général de division, n’avait pas fait la guerre ; il sortait des Gardes-Françaises, et avait reçu son avancement dans l’armée de l’intérieur. C’était un homme patriote, chaud et droit. »

— Napoléon Ier

Hommages

  • Au début des années 1960, l'ancienne route de Bayeux de Caen fut rebaptisée rue Général Moulin 3, aujourd'hui rue du Général Moulin 4.
  • Une rue porte son nom à Pierrefitte-sur-Seine, où il est inhumé.

Notes

  1.  Également épelé « Moulins ».
  2.  Fernand Guériff|La bataille de Savenay dans la Révolution, éditions Jean-Marie Pierre.
  3.  Les 50.000 adresses du Calvados et Annuaire Administratif Réunis, Caen, 1964, p. 423.
  4.  Site officiel de la Ville de Caen [archive].

Sources

  • Adolphe Robert, Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, Edgar Bourloton, 1889-1891, tome 4 (de Mortemart à Mousnier-Buisson), p. 446-447.
  • Ferdinand Hoefer, Nouvelle Biographie générale, t. 36, Paris, Firmin-Didot, 1861, p. 775.
  • « Notice no LH/1950/45 », base Léonore, ministère français de la Culture
  • Vicomte RévérendArmorial du Premier Empire, tome 3, Honoré Champion, libraire, Paris, 1897, p. 294.

12 février 2017

Cazotte Jacques

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Jacques Cazotte

 
Jacques Cazotte

220px-Portrait_of_Jacques_Cazotte

Portrait par Jean-Baptiste Perronneau.

Naissance 7 octobre 1719
Dijon, Drapeau de la France France
Décès 25 septembre 1792 (à 72 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale Écrivain
Auteur
Langue d’écriture Français

Œuvres principales

  • Le Diable amoureux

 

Sommaire

 
  • 1Biographie
  • 2Jacques Cazotte : un auteur illuministe ?
    • 2.1Des tentations illuministes
    • 2.2Présence de quelques thèmes fondamentaux de l'illuminisme dans l'œuvre littéraire de Cazotte
      • 2.2.1Hostilité à l'encontre de la philosophie des Lumières
      • 2.2.2L'esprit et la lettre
      • 2.2.3Les correspondances et la théorie des contraires
      • 2.2.4La création et l'évolution
      • 2.2.5Un univers peuplé de symboles et d'éléments spirituels
  • 3Postérité
    • 3.1Un jugement contemporain
    • 3.2La Prophétie de Cazotte
    • 3.3Œuvres
  • 4Bibliographie
    • 4.1Notes et références
  • 5Liens externes

 

Biographie

Jacques Cazotte est né à Dijon au 9, rue du Four (devenue rue Jacques Cazotte) le 7 octobre 1719 ; il fut baptisé en l'église Saint Étienne le 8 octobre 1719. C'est le fils de Bernard Cazotte commis greffier aux états de Bourgogne et de Andriette Taupin.

Il fait ses études au collège des jésuites de Dijon, puis s’installe à Paris, où il publie ses premiers ouvrages, La Patte de chaten 1741 et Les Mille et une fadaises en 1742. Il est employé dans l'administration de la marine et envoyé en 1747 à laMartinique comme contrôleur des Iles-Sous-le-Vent. Il se retire ensuite à Pierry, près d'Épernay, pour se consacrer à ses goûts littéraires. En 1763, il publie L'Aventure du pèlerin, un court apologue dénonçant l'hypocrisie de la cour, puis en 1772 Le Diable amoureux, qui lui vaut d’être considéré comme l’un des pionniers de la littérature fantastique française. En rédigeant Voltairiade en 1783, il critique la philosophie des Lumières. Il publie encore la Guerre de l'opéraOllivier, poème en douze chantsle Lord impromptu, etc.

À la fin de sa vie, il entre dans l'ordre des Martinistes et se fait remarquer par sa piété exaltée. Il prend parti contre la Révolution française, qu'il voit comme une gigantesque incarnation de Satan, et il est arrêté le 10 août 1792. Il allait être égorgé lors des funestes journées de septembre, lorsque sa fille Elisabeth, qui s'était enfermée avec lui dans sa prison, le sauva en le couvrant de son corps. Il sortit alors de prison, mais, repris quelques jours après, il périt sur l'échafaud le 25 septembre 1792 vers 19 heures à Paris - Place du Carrousel. Ses derniers mots furent : "je meurs comme j'ai vécu, fidèle à mon Dieu et à mon Roi".

Au début de la Révolution il était maire de sa commune Pierry dans la Marne.

Jacques Cazotte : un auteur illuministe ?

Des tentations illuministes

Jacques Cazotte n'aurait pas eu à proprement parler de relation avec les Illuminés avant d'écrire le Diable amoureux, ce même si une certaine pensée mystique proche de l'illuminisme semble l'avoir toujours accompagné. En effet, Cazotte composa le Diable amoureux en 1772 et ne devint membre de l'ordre des martinistes qu'en 1781. Quelques-unes de ses magnifiques œuvres ultérieures, dont par exemple la continuation des Mille et une nuits (1788) témoignent de cette expérience par leurs élans mystiques et ésotériques et leur thématique gothique. À ce propos, on peut remarquer que Cazotte appartenait à l'École de Lyon et qu'il a toujours eu un regard critique sur son siècle, et particulièrement sur l'esprit des Lumières et les philosophes. Voici un extrait de sa correspondance qui en témoigne : « N'appelez pas vos adversaires démagogues ; appelez-les philosophes, c'est la plus grande injure qu'on puisse dire à un homme et on en demandera quelque jour réparation et justice ».

Cazotte aurait eu des hallucinations prophétiques : celle rapportée dans les Mémoires de La Harpe en est un bel exemple. Cependant ne pouvons-nous pas nous demander si la narration de cet épisode ne serait pas simplement une mystification de La Harpe ?

De plus, Cazotte ne semble ni avoir eu d'intentions dogmatiques ni avoir participé aux travaux collectifs des Illuminés martinistes (qui, semble-t-il, visaient une action sociale collective) : il se serait plutôt fait, d'après leurs idées, une règle de conduite particulière et personnelle.

En outre, il convient de remarquer l'importance de l'influence des martinistes sur la Révolution française. Cazotte n'étant absolument pas en faveur d'un tel mouvement, il n'a pas soutenu la doctrine illuministe dans son ensemble et a même « rêvé » d'offrir un asile momentané au roi dans sa correspondance de 1791. Il percevait en effet la Révolution française comme la plus grande incarnation de Satan. C'est ainsi qu'on l'a soupçonné de coopération avec le complot royaliste des Chevaliers du Poignard et qu'il fut traduit devant le tribunal révolutionnaire. Sa sentence, la guillotine, fut prononcée par un illuminé martiniste...

Après avoir échappé à cette première condamnation, Cazotte eut de nouvelles visions prophétiques au sujet de sa prochaine arrestation. Le onze septembre un homme vient le chercher, cet homme et tous les faits qui s'ensuivent correspondraient exactement à sa vision ; le vingt-cinq septembre à dix-neuf heures il est exécuté sur la place du Carrousel.

Présence de quelques thèmes fondamentaux de l'illuminisme dans l'œuvre littéraire de Cazotte

Hostilité à l'encontre de la philosophie des Lumières

L'esprit et la lettre

L'illuminisme a pour thème fondamental la distinction entre l'esprit et la lettre, entre la lumière et la matérialité. Dépourvue de la lumière de l'esprit, la lettre est vide de sens et par conséquent de vie. L'esprit s'oppose à la lettre qui appartient à la multiplicité. Ainsi la Bible renferme toute la science secrète : interpréter les textes en tenant compte uniquement de la lettre morte, c'est refuser le sens que contiennent les paroles sacrées présentées le plus souvent sous des formes allégoriques et symboliques. À cette opposition entre la lettre et l'esprit correspond l'abîme séparant la vérité de l'erreur, car la première est une, la seconde appartient à la multiplicité. Le diable en tant que diviseur est le séparateur qui engendre le nombre : si le monde est haïssable, c'est en raison de son caractère de multiplicité. Dans l'unité qui régnait à l'origine la chute introduisit la division donc la pluralité; c'est pourquoi le cœur de l'homme aspire à l'unité. La distinction entre l'esprit et la lettre caractérise la position de l'illuminisme face aux religions qui, dans la mesure où elles se diversifient, appartiennent à la dimension extérieure, par conséquent au monde, et se nourrissent non de l'esprit mais de la lettre. Il est donc nécessaire de revenir à une religion intérieure, puisque l'esprit ne peut être reçu que du dedans à la différence de la lettre qui n'agit qu'extérieurement. L'univers intérieur et son immensité relèvent de la grâce créatrice. L'homme en tant qu'image de Dieu est orienté vers son destin de déification. C'est parce qu'il est esprit qu'il porte Dieu en lui, et que Dieu peut naître en lui à l'instant même où il naît en Dieu. S'il adhère à la lettre, c'est-à-dire à la dimension extérieure et à la chair, tout devient pour lui confusion. L'homme porte en lui son ciel et son enfer, qui ne constituent pas des lieux situés dans l'espace mais appartiennent à l'être même. Le ciel symbolise la liberté, la lumière, l'amour, l'unité; l'enfer est nuit et multiplicité. Cette dichotomie est présente à travers plusieurs thèmes :

  • Ombre et lumière :

Le Diable amoureux montre une relation complexe entre l'ombre et la lumière. À plusieurs reprises le diable/Biondetta attire Alvare par ses fausses lumières physiques (« sur ce visage brillant ») ou spirituelles en essayant de lui enseigner la fausse vérité. Alvare quant à lui semble à plusieurs reprises contaminé par ces fausses lumières : « le brillant de mon équipage éblouit un peu la garde devant laquelle nous passâmes en revue ». Cependant, la lumière le rappelle aussi à la raison, notamment quand il se retrouve dans l'église et devant un monument éclatant dont la vue « illumine » Alvare, ou encore après l'évanouissement du diable quand la lumière du jour semble le ramener à la vie; ce thème rappelle la deuxième Révélation de Cazotte quand « un rayon de la lumière la plus pure vint se reposer sur [son] front ». L'ombre, quant à elle, est une circonstance propice aux découvertes « infernales » : l'endroit de l'évocation du diable est « un lieu si obscur qu'aucune lumière ne pouvait pénétrer » et « cherchant la tranquillité de l'esprit dans l'agitation continuelle du corps », Alvare est mené vers l'obscurité de sa garde-robe pour pouvoir épier Biondetta qui se révèle « éblouissante ».

  • Unité et multiplicité :

Ce thème se caractérise tout d'abord par l'unité de la vérité et la multiplicité de l'erreur. Alvare est souvent en balance entre sa spiritualité et ses passions, et c'est la première qui triomphe. Le monde matériel donne à plusieurs reprises l'impression de la multiplicité : « le tourbillon des amusements de la ville », « la foule et la variété des objets me choquent au lieu de me distraire ». Les Révélations de l'auteur poursuivent cette illustration : il nous montre en effet le roi, représentant de Dieu sur terre, face à une multitude d'imprécateurs, une « famille de Cromwell », alors que son culte et celui de Dieu « ne peuvent se séparer », ce qui montre l'indivisibilité de la vérité. C'est ensuite l'incarnation du diable lui-même qui fait naître la multiplicité. Le diable, quand il apparaît à Portici, apporte abondance et profusion de confort matériel, multiplie ses apparences (chameau, chienne, page, harpiste...) et ses activités (« le page se multiplie »). Par la suite, Biondetta va apparaître comme un être omniprésent : « je ne saurais la chasser du vague de l'air s'il lui plaît de s'y tenir invisible pour m'obséder », et elle apporte « mille » passions à Alvare. Ce démon multiplicateur est aussi représenté dans les Révélations où il apparaît comme une hydre à « tant de têtes », et comme une « effrayante effigie [qui] se trouve sous mille emblèmes divers ».

  • Esprit et matière :

Alvare est, au début de l'histoire, fondamentalement ancré dans le monde matériel : il s'adonne aux femmes, aux jeux, à l'alcool ainsi qu'à la « philosophie » mais son esprit ignorant aspire forcément à la connaissance. Un esprit ignorant vaut mieux, selon Soberano, qu'un esprit illuminé par les fausses lumières de la « doctrine ». Alvare, qui a « deviné cette sphère élevée », va se constituer l' « écolier » de Soberano : il va pouvoir se lier avec les « esprits » qui instruisent les hommes. Mais après l'évocation du diable c'est bel et bien vers la matière qu'Alvare va se tourner : grâce au diable il va pouvoir satisfaire ses appétits physiques (nourriture -comme dans le cadre du banquet de la Prophétie-, femmes, argent); Bernadillo le met d'ailleurs en garde : « à votre âge on désire trop pour se laisser le temps de réfléchir et on précipite ses jouissances ». Quant à Biondetta, elle insiste à plusieurs reprises sur les désagréments causés par l'incarnation et Alvare semble être, par sa vocation toujours à la recherche de l'esprit en ne se satisfaisant pas de la matière : « vous parlez d'amour, vous en présentez l'image, vous en empoisonnez l'idée ». De plus, ce dernier sollicite Biondetta pour accéder réellement aux connaissances supérieures. Dans les Révélations, la matière porte encore en elle l'entité diabolique. « La bête (...) s'élève de l'élément, théâtre de tempêtes » : la nuisance, la multiplicité, la confusion sont issues directement de la matière. Or un être né de la matière ne peut être que vide d'esprit et donc de sens, les hommes adorent cette divinité de la lettre alors qu'il faut privilégier la dimension intérieure, l'esprit. Ainsi que dans la Prophétie où Cazotte parle d'une religion extérieure qui sera vouée à la raison, à laquelle on construira des temples, la religion intérieure est la seule et l'unique véritable.

Les correspondances et la théorie des contraires

Pour Swedenborg et plus tard pour Blake, des correspondances existent entre le monde matériel et le monde spirituel. Cette loi des correspondances se retrouve chez Böhme qui l'a puisée dans l'alchimie, et pour qui « Tout le monde extérieur, visible, avec toutes ses créatures, est une similitude en figure du monde spirituel intérieur » (De signatura rerum). Elle a été reprise par la majorité des adeptes de l'illuminisme. Böhme a encore parlé de la théorie des contraires selon laquelle toute chose comporte un double aspect, positif et négatif : « In Ja und Nein bestehen alle Dinge » (Toutes choses consistent en oui et non). C'est le non qui permet la révélation du oui. Ces contraires s'expriment dans la lumière et les ténèbres, la vie et la mort, la haine et l'amour, l'enfer et le ciel, etc.

  • Nous avons dans le Diable amoureux plusieurs exemples de correspondance entre le monde matériel et le monde spirituel. Ainsi, pendant la scène de la collation et du chant de Fiorentina, le monde matériel est une illusion et au fond de lui Alvare le sait : « j'oubliais presque que j'étais le créateur du charme qui me ravissait ». Plus loin, on peut remarquer une correspondance entre le lit qui craque, le sommier qui s'effondre et le doute, le chaos qui envahit l'esprit d'Alvare qui est en partie séduit par Biondetta. De même, la teinte d'abattement et de mélancolie sur la physionomie de Biondetta correspond à l'état d'esprit d'Alvare qui est las des jeux, des amours et qui vient d'être excédé par « un torrent d'injures et de menaces » d'Olympia. Dans son rêve, Alvare voit sa mère et lui raconte son aventure, celle-ci voit le danger ; la main de Biondetta pousse Alvare dans le précipice, une autre main le retire et il se retrouve dans les bras de sa mère : cette scène peut être mise en parallèle avec la « réalité » de l'histoire. En effet, Alvare va dans un premier temps tomber dans le gouffre de Biondetta avant de se ressaisir et de retrouver la voie de Dieu par l'intermédiaire de sa mère. En outre, ce songe se concrétise en quelque sorte quand le jeune chien danois d'Alvare le sépare de Biondetta quand il allait l'embrasser. Mais aussi, quand Alvare dans l'église croit reconnaître sa mère menée au tombeau par deux « génies », cela correspond avec le fait qu'Alvare a en quelque sorte cédé à la tentation du diable puisqu'il compte épouser Biondetta. Ce rêve va provoquer un sursaut de conscience chez le protagoniste. De même, l'esprit bouleversé d'Alvare tiraillé entre la passion et sa volonté religieuse de présenter Biondetta à sa mère avant de l'épouser se traduirait par le grand nombre de difficultés rencontrées sur le chemin (ciel contraire, muletiers désagréables, chemin éprouvant, ...) tandis que quand Alvare comprend que l'attitude de Biondetta dans la grange n'est qu'une comédie manipulatrice, le ciel s'éclaircit : « le ciel se nettoyait, et bientôt la clarté de la lune nous annonça que nous n'avions plus rien à craindre du désordre des éléments ».
  • De nombreux passages du Diable amoureux font allusion à la théorie des contraires. On peut aussi relever, dans Mon songe de la nuit du samedi au dimanche de devant la Saint-Jean 1791, le fait que Cazotte, observant le ciel, résume la situation des événements par cette belle antithèse : « il était d'un bel azur pâle et très étoilé; pendant que je le comparais dans ma mémoire à d'autres cieux que j'avais vus dans le capharnaüm, il a été troublé par une horrible tempête ». Enfin, dans l'Histoire de Maugraby, la multitude des oiseaux qui piaillent contraste avec le silence du hara solitaire (ceci pourrait rappeler l'attitude de Soberano au début du Diable amoureux). L'attitude de Maugraby est aussi emprunte d'oppositions : l'attention qu'il porte envers l'enfant Habed-il-Rouman et le supplice qu'il inflige au hara, aux hommes dans le cachot. Le thème de l'antithèse entre le rayon de soleil de la justice et les ténèbres dont sont enveloppés les crimes apparaît encore une fois.

La création et l'évolution

La création ne se produit pas ex nihilo mais procède par émanation. L'évolution du monde est ascensionnelle, elle part de la pierre, privée de vie, pour aboutir à Dieu ; Dieu est chez lui dans l'homme et l'homme est chez lui en Dieu. Ils participent l'un et l'autre et l'un par l'autre à la nouvelle création du monde. Si l'homme est malade, commet une faute, ou refuse sa vocation, le monde est paralysé. Quand l'homme est guéri ou orienté de façon juste le dynamisme de la vie réapparaît. Si l'homme s'ignore, il ignore le cosmos : il y a donc nécessité d'une parfaite connaissance de soi pour faire recouvrer au cosmos sa beauté perdue.

Au début du Diable amoureux, Alvare avoue lui-même ne rien connaître de son propre esprit. Cependant, il a « deviné cette sphère élevée » : l'homme est par sa vocation destiné aux sphères supérieures. Plus tard, en ayant invoqué le diable, il va en venir à douter sur l'identité du réel créateur de l'univers présent. Le diable lui, a apparemment le pouvoir de faire apparaître la matière ex nihilo (le salon de marbre, les girandoles, ...) : tout cela n'est qu'illusion... Dans ses Révélations, Cazotte illustre parfaitement les théories illuministes de la cosmologie : « Il semble qu'alors la douce espérance vient remplir pour lui l'espace immense qui sépare ce globe sublunaire du séjour où repose sur sa base inébranlable le trône de l'Eternel. Ce n'est plus seulement à ses yeux que luisent les feux parsemés sur ce voile d'azur, qui embrasse l'horizon d'un pôle à l'autre : ces feux célestes passent dans son âme; le don de la pensée devient celui du génie. Il entre en conversation avec l'Éternel lui-même : la nature semble se taire pour ne point troubler cet entretien sublime ».

Un univers peuplé de symboles et d'éléments spirituels

  • Omniprésence de la Trinité :

Dans le Diable amoureux, Alvare appelle à trois reprises Béelzébut, les girandoles de cristaux ont chacune trois bougies, Fiorentina chante une ariette qui termine le troisième acte de l'opéra, la lune « dardait tous ses rayons dans [la chambre d'Alvare] à travers trois croisées » et « les trois planches qui soutenaient [son] sommier tombent avec fracas », trois glaces reflètent Biondetta, c'est à trois heures du matin qu'Alvare se retire après avoir perdu au jeu, Alvare est né un trois mai à trois heures du matin. De même les Révélations de Cazotte sont au nombre de trois et il mentionne « le trio sublime des martyrs égorgés » (Langoiran, Pannetier, Dupuy). Enfin, dans l'Histoire de Maugraby, l'enfant prend trois plumes sur la tête du hara, on note la présence de trois députés chargés d'annoncer au prince la nécessité de rechercher partout Birminvanska et le hara annonce qu'il n'a plus que trois facultés de libres (la vue, l'odorat, l'ouïe).

  • Le recours à la magie et aux sciences occultes :

Le recours à la magie et aux sciences occultes est important dans le Diable amoureux : en effet cette œuvre se base sur l'invocation des esprits (pratique occulte frôlant même l'hérésie) tout en faisant allusion à d'autres sciences occultes comme, par exemple, l'utilisation de textes, de mots pouvant engendrer de véritables dépendances (voir les serments que prononce Alvare à Biondetta), l'astrologie (avec les Égyptiennes) qui s'énonce sous une forme relativement hermétique. De plus, on note une allusion à quelques termes de la Kabbale (quand Biondetta annonce qu'elle est une sylphide). Enfin le personnage de Don Quebracuernos n'est pas sans rappeler (étant donné son étymologie : brise cornes) celui d'un prêtre exorciste, spécialiste en démonologie (il démêle parfaitement les actions du diable).

Postérité

Un jugement contemporain

Jugement du Courrier du Midi sur Cazotte, 2 septembre 1792 (Cazotte sera guillotiné le 25 septembre):

M. Cazotte, celui à qui les Colonies de Saint-Domingue et de la Martinique doivent leurs malheurs, est aujourd’hui soumis aux jurés d’accusation ; il écrivait à la Martinique : « Foudroyez les patriotes ; brûlez la ville de Saint-Pierre, s’il le faut, pour réduire les rebelles ». Ce Cazotte, dont on a trouvé plusieurs lettres dans les papiers de M. Laporte, est l’auteur d’Olivier, joli poème, du Diable amoureux, de Richardet, et de plusieurs contes et pièces fugitives, dans lesquels on remarque toujours de l’esprit, et quelquefois de la raison. Depuis quelque temps sa tête était dérangée par le système des illuminés, qu’il avait embrassé dans les transports d’une imagination exaltée. Il est facile dans ses lettres de reconnaître un martiniste ; il cite souvent l’apocalypse, et il n’emploie que les expressions symboliques qui forment la langue des amateurs de la science occulte ; il n’est pas étonnant que de pareils hommes ne rêvent que folie, ils habitent un monde idéal, il leur est facile de le changer au gré de leurs espérances et de leurs systèmes. 1

La Prophétie de Cazotte

Œuvres


  • Le Diable amoureux
  • L'Honneur perdu et recouvré
  • Rachel ou la belle juive
  • Aventure du pèlerin
  • Les Sabots

Bibliographie

  • Paul Morand, Le Dernier Dîner de Cazotte, 1965.
  • Armand Bourgeois, Le Salon de Cazotte à Pierry en 1784, Editeur : Châlons-sur-Marne : Impr. Martin fres, 1890.
  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Jacques Cazotte » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, 1878 (Wikisource)
  • Dezobry et Bachelet, Dictionnaire de biographie, t.1, Ch.Delagrave, 1876, p. 501
  • Gérard de Nerval, "Cazotte", Les Illuminés, 1852.

Notes et références

  1.  Courrier du Midi, Avignon, 21 rue de la Balance, N° CLXXXXVIII, dimanche 2. septembre 1792, l’an 4e de la liberté, page 849, col. b.

Liens externes

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11 février 2017

Hugues Victor

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Victor Hugues

victor

Victor Hugues
Naissance 20 juillet 1762
à Marseille
Décès 12 août 1826 (à 64 ans)
à Cayenne
Origine Français
Allégeance Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Grade Commissaire de la République,
Gouverneur de la Guadeloupe
Années de service 1793 – 1809
Conflits Guerres de la Révolution, Quasi-guerre
Faits d'armes Reprise de la Guadeloupe aux anglais en 1794
Autres fonctions Homme politique et militaire

Jean-Baptiste Victor Hugues (parfois orthographié Hughes), né à Marseille le 20 juillet 1762 1 et mort à Cayenne le 12 août 1826 2, est un révolutionnaire français qui gouverna la Guadeloupe de 1794 à 1798, puis la Guyane de 1799 à 1809. En tant qu'administrateur français dans les colonies, il participe à l'application de l'abolition de l'esclavage à la Guadeloupe, puis à son rétablissement en Guyane.

Sommaire

   
  • 1 Biographie
    • 1.1 Enfance et jeunesse
    • 1.2 Le révolutionnaire
    • 1.3 Le vainqueur des Britanniques en Guadeloupe
    • 1.4 Libérateur et tyran
    • 1.5 Le rappel pour Cayenne
  • 2 Portrait
  • 3 Notes et références
  • 4 Liens externes

 

Biographie

Enfance et jeunesse

L'Entrée du port de Marseille par Claude Joseph Vernet (1754).

Né dans une famille de la riche bourgeoisie marseillaise, il est le fils de Jean-François Hugues (1725-1789), un marchand quincaillier, et Catherine Fodrin (1729-1822), elle-même issue d'une lignée de négociants en soieries de Saint-Étienne.

Il s'engage comme mousse à 14 ans, poussé par le négociant Jean-Baptiste Gasquy (1754-1801), marié à sa cousine germaine Benoite Fodrin, qui possédait des intérêts dans le négoce à Saint-Domingue. Menant une vie de planteur jusqu'à la Révolution haïtienne, il devient franc-maçon, et imprime un journal aux accents révolutionnaires dès les débuts de la Révolution, puis rentre en métropole en 1791, et monte à Paris, où il s'intègre par l'intermédiaire des loges maçonniques aux milieux jacobins de la capitale.

Le révolutionnaire

Il est nommé, en 1793, accusateur public au tribunal révolutionnaire de Rochefort puis de Brest. Il est désigné par la suite Commissaire de la République à la Guadeloupe par la Convention nationale en 1794. Sa tâche n’est pas mince : Victor Hugues est officiellement chargé d’appliquer le décret du 4 février 1794 qui prononce l'abolition de l'esclavage dans tous les territoires français.

Le vainqueur des Britanniques en Guadeloupe

Le 19 février 1793 34, le traité de Whitehall, signé à Londres entre la Couronne britannique et les grands planteurs de l'île de la Martinique et de Saint-Domingue, leur permet d'échapper à la Révolution française.

Le 11 avril, les forces armées britanniques débarquent au Gosier. Le 20 avril, le gouverneur Victor Collot capitule face au général Thomas Dunbas qui s'empare de l'île, après l'attaque du fort Fleur-d'Épée, occupé en majeure partie par des Noirs et gens de couleur. Tous sont tués. Les émigrés rentrés avec les Britanniques lancent immédiatement des représailles contre les Républicains.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir
Proclamation de l'abolition de l'esclavage du 11 décembre 1794.

Le 7 mai marque le départ pour Pointe-à-Pitre de Victor Hugues et de ses mille hommes. Victor Hugues n’a pas été choisi au hasard : son passé en tant que marin en fait un homme tout désigné pour défendre les idées révolutionnaires dans les colonies.

Le 2 juin, Victor Hugues débarque au Gosier avec les troupes des généraux Cartier et Aubert. Il organise le soulèvement populaire contre les troupes britanniques : utilisant le décret du 4 février 1794 d’abolition de l’esclavage, il enrôle, en plus des soldats blancs, plus de trois mille hommes de couleur que l’on appellera les « sans-culotte noirs » 5.

Le 6 octobre, le général Graham capitule après de nombreuses batailles sanglantes par lesquelles les Britanniques tentent de reprendre le contrôle des îles de Guadeloupe.

Le 11 décembre, les Britanniques ont complètement quitté la Guadeloupe, qui repasse aux mains de la France et de la Révolution. Victor Hugues y abolit l'esclavage le jour même.

En 1796, la Convention nationale est remplacée par le Directoire. Victor Hugues et Lebas, son adjoint, gardent leurs fonctions mais prennent le titre d'« agents du Directoire ». La paix approximative permet à Victor Hugues de se marier à Basse-Terre, cette même année, à Angélique Jacquin (1773-1806), une fille de planteur. De cette union naît à Basse-terre, en 1798, une fille, Amélie Hugues. Marie Jacquin, sa belle sœur, épousera en 1797 par son entremise le général, futur comte de l'Empire, Auguste Paris.

Libérateur et tyran

Un épisode de la quasi-guerre : la bataille entre le USS Constellation et L'Insurgente.

La Guadeloupe libérée, Victor Hugues étend progressivement son action aux îles voisines, parmi lesquelles La Désirade le 17 juillet 1794, Marie-Galante le 27 octobre suivant.

Les colonies reprises aux Britanniques, il organise la quasi-guerre contre les États-Unis en autorisant les corsaires français à attaquer la flotte américaine.

Quelques mois d'une paix relative règnent, acquise au prix de l'application de la Terreur et du travail forcé des anciens esclaves, période au cours de laquelle les royalistes sont pourchassés, des centaines de Blancs créoles guillotinés et leurs habitations réquisitionnées 6.

Par la suite, Victor Hugues met la Guadeloupe en état de siège le 6 janvier 1798, car l'ordre public n'y est plus assuré. La Métropole, en manque de sucre et de tabac, exige que l'économie de plantation se maintienne, mais les Békés envisagent une nouvelle fois de livrer les îles aux Britanniques. Pour augmenter la gravité de la situation, la Soufrière entre en éruption le 22 avril. En mai, le commissaire Lebas doit rentrer en France pour des raisons de santé.

Le 5 juin, le général Desfourneaux est nommé agent du Directoire en remplacement de Victor Hugues. Ce remplacement fait suite aux pressions des émigrés de Guadeloupe rentrés en France, et aux excès de l'administration mise en place par Hugues.

Le 22 novembre 1798, les généraux Pélardy et Desfourneaux arrivent en Guadeloupe. Le remplacement de Victor Hugues suscite un vif émoi dans la population insulaire.

Le 2 janvier 1799, redevenu simple citoyen, Victor Hugues réside à Basse-Terre. Sa présence dans l'île gêne les nouveaux dirigeants qui parviennent par un subterfuge à le retenir sur un navire en rade de Basse-Terre et à le rapatrier en France contre son gré.

Le rappel pour Cayenne

Hôtel préfectoral de la Guyane, ancien palais des gouverneurs.

Rentré à Marseille, avec sa femme et sa fille, Victor Hugues ne tarde pas à être rappelé par le Consulat. La Convention nationale avait misé sur lui en 1794 pour rétablir l’ordre à la Guadeloupe. Le Consulat fait de même pour la Guyane. Ainsi, Victor Hugues est nommé en 1799 gouverneur de la Guyane. En effet, comme à la Martinique, les planteurs de Guyane ont cherché à se soustraire à l’abolition de l’esclavage en recherchant l’alliance de l’Angleterre, mais la Guyane reste française.

Le 6 janvier 1800, il fait son arrivée à Cayenne à bord de La Sirène. Usant des mêmes techniques qu'à la Guadeloupe, il remet en marche les industries locales et tient les planteurs sous sa coupe. Il établit le travail forcé (comme le fait Toussaint Louverture à Saint-Domingue avec son règlement de travail du 12 octobre 1800, confirmé dans sa constitution autonome du 12 juillet 1801) 7.

Le 15 septembre 1801 naît à Cayenne la seconde fille du couple, Hersilie, suivie de Cornélie en 1803 et d'Adèle en 1806.

L’arrêté du 7 décembre 1802 (16 frimaire an XI), présumé du consul Cambacérès, rétablit de fait l’esclavage à la Guyane sous le nom de « conscription de quartier » pour les personnes non encore affranchies 8. Victor Hugues est chargé de l’application. Le 18 janvier 1804, il monte une expédition pour rétablir la liaison de la Guyane avec le comptoir de traite des esclaves de Gorée 9.

En 1809, n'ayant pu contenir l'invasion de la Guyane par les Portugais venus du Brésil, il quitte précipitamment Cayenne et rentre à Bordeaux. Accusé de trahison et d'incapacité, il est assigné à résidence jusqu'en 1814 et, finalement, acquitté. Reparti pour Cayenne, il s'y établit comme planteur et y meurt le 12 août 1826.

Portrait

Ange Pitou, déporté à la Guyane après le coup d'État de fructidor, a rencontré Victor Hugues à Cayenne. Il en a laissé un portrait :

« Victor Hugues, originaire de Marseille, est entre deux âges, d'une taille ordinaire et trapue ; tout son ensemble est si expressif, que le meilleur de ses amis n'ose l'aborder sans effroi ; sa figure laide et plombée exprime son âme, sa tête ronde est couverte de cheveux noirs et plats qui se hérissent comme les serpents des Euménides dans la colère qui est sa fièvre habituelle : ses grosses lèvres, siège de la mauvaise humeur, le dispensent de parler, son front sillonné de rides élève ou abaisse ses sourcils bronzés sur ses yeux noirs, creux et tourbillonnants comme deux gouffres... Son caractère est un mélange incompréhensible de bien et de mal ; il est brave et menteur à l'excès, cruel et sensible, politique, inconséquent et indiscret, téméraire et pusillanime, despote et rampant, ambitieux et fourbe, parfois loyal et simple; son cœur ne mûrit aucune affection ; il porte tout à l'excès : quoi que les impressions passent dans son âme avec la rapidité de la foudre, elles y laissent toute une empreinte marquée et terrible ; il reconnaît le mérite lors même qu'il l'opprime : il dévore un esprit faible ; il respecte, il craint un adversaire dangereux dont il triomphe. La vengeance lui fait bien des ennemis. Il se prévient facilement pour et contre, et revient de même. L'ambition, l'avarice, la soif du pouvoir ternissent ses vertus, dirigent ses penchants, s'identifient à son âme ; il n'aime que l'or, veut de l'or, travaille pour et par l'or ; […]

Ces grandes passions sont soutenues par une ardeur infatigable, une activité sans relâche, par des vues éclairées, par des moyens toujours sûrs, quels qu'ils soient. Le crime et la vertu ne lui répugnent pas plus à employer l'un que l'autre, quoi qu'il en sache bien faire la différence. Crainte de lenteurs, il prend toujours avec connaissance de cause le premier moyen sûr que lui présente la fortune. Il s'honore de l'athéisme, qu'il ne professe qu'extérieurement. Au reste, il a un jugement sain, une mémoire sûre, un tact affiné par l'expérience : il est (...) administrateur sévère, juge équitable et éclairé quand il n'écoute que sa conscience et ses lumières. C'est un excellent homme dans les crises difficiles où il n'y a rien à ménager. Autant les Guadeloupéens et les Rochefortains lui reprochent d'abus de pouvoir et d'excès révolutionnaire que la bienséance et l'humanité répugnent retracer, autant les Anglais (j'en suis témoin) donnent d'éloges à sa tactique et à sa bravoure 10. »

Notes et références

  1.  Archives départementales des Bouches-du-Rhône, état-civil numérisé de la ville de Marseille, paroisse St-Martin, image 128, baptême du 21 juillet 1762. [archive]
  2.  CAOM, état-civil numérisé, tables décennales de Cayenne répertoriées avec l'année 1825, image 37. [archive]
  3.  Henri Joucla, Le conseil supérieur des colonies et ses antécédents : avec de nombreux documents inédits et notamment les procès-verbaux du comité colonial de l'assemblée constituante, Paris, du monde moderne,‎ 1927,p. 130 avec contenu de la lettre de Henry Dundas
  4.  Henry Lémery, Martinique, terre française, G.P. Maisonneuve,‎1962, p. 32
  5.  Victor Hugues, du corsaire libérateur à l’instigateur de la Terreur [archive]
  6.  A la découverte de nos blancs péyi [archive].
  7.  Victor Schœlcher, Vie de Toussaint Louverture (1982), Ed. Karthala (ISBN 2-86537-043-7)p. 308.
  8.  Henri Ternaux-Compans, Notice historique sur la Guyane française (2001), Ed. Elibron Classics (ISBN 1-4212-4358-X),p. 125-126.
  9.  Benjamin Donzac, Le Proconsulat de Victor Hugues 1800-1809, collège Auguste-Dédé, Rémire-Montjoly d’après Jean-Pierre Ho Choung Ten (document non daté postérieur à 1982).
  10.  Les Déportés de Fructidor. Journal d'Ange Pitou annoté d'après les documents d'archives et les mémoires, d'Albert Savine, éditions Louis-Michaud, Paris 1909.

Liens externes

10 février 2017

de Tinguy du Pouët Jean

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Jean de Tinguy du Pouët

 

Jean de Tinguy du Pouët
Image illustrative de l'article Jean de Tinguy du Pouët
Fonctions
Président du Conseil général de la Vendée
16 novembre 1936 – 29 octobre 1945
Prédécesseur Alfred Lefeuvre
Successeur Auguste Durand
Député de la Vendée
16 novembre 1919 – 31 mai 1942
Biographie
Date de naissance 23 mars 1875
Lieu de naissance Saint-Michel-Mont-Mercure
Date de décès 5 décembre 1951
Lieu de décès Saint-Michel-Mont-Mercure

Jean de Tinguy du Pouët, né le 23 mars 1875 à Saint-Michel-Mont-Mercure (Vendée) où il est mort le 5 décembre 1951, est un homme politique français, député de la Vendée.

Biographie

Diplômé de l'école libre des sciences politiques et docteur en droit, il entre en 1900 au Conseil d'État et en devient conseiller d'État. En 1904, il devient maire de Saint-Michel-Mont-Mercure, poste qu'il conserve jusqu'en 1944. En 1930, il est élu conseiller général du canton de Pouzauges, puis président du Conseil général en 1936. Pendant l'Occupation, il préside la commission administrative puis le conseil départemental qui remplacent le conseil général.

Il est député de la Vendée de 1919 à 1940, et siège au groupe de l'Union républicaine démocratique. Spécialiste des finances, il est vice-président de la commission des Finances de 1932 à 1940. Le 10 juillet 1940, il vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Inéligible à la Libération, il cesse alors toute activité politique.

Son fils Lionel prend sa suite en 1945 à la mairie de Saint-Michel-Mont-Mercure, puis comme député de la Vendée en 1946.

Sources

  • « Jean de Tinguy du Pouët », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]

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    09 février 2017

    Ampère Jean-Jacques

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    Jean-Jacques Ampère

     

    Jean-Jacques Ampère

    220px-Jean-Jacques_Ampère

    Jean-Jacques Ampère photographié par Adam-Salomon.

    Naissance 12 août 1800
    Lyon
    Décès 27 mars 1864 (à 63 ans)
    Pau
    Nationalité Drapeau : France Française
    Profession Historien, écrivain et voyageur
    Distinctions Membre de l'Académie française
    Famille André-Marie Ampère (père)

     

    Sommaire

     
    • 1Biographie
    • 2Notes et références
    • 3Principaux ouvrages
    • 4Notices
    • 5Liens externes
    • 6Sources

     

    Biographie

    Fils du célèbre physicien André-Marie Ampère, Jean-Jacques Ampère fait partie du cercle de Mme Récamier. Il est professeur au Collège de France, conservateur de la bibliothèque Mazarine, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres (1842) et de l'Académie française (1848).

    Il fait un premier voyage en Orient en 1841 avec Prosper Mérimée et deux autres amis, Jean de Witte et Charles Lenormant : Naples,Malte, Syros, Athènes, Éphèse, Magnésie, Sardes, Smyrne puis Constantinople et Rome sur le chemin du retour. C'est Ampère qui raconte le voyage dans La Grèce, Rome et Dante : études littéraires d'après nature en 1848.

    Il aurait été le premier à utiliser le terme de renaissance.

    Tombe de Jean-Jacques Ampère et de son père, André-Marie Ampère, au cimetière Montmartre à Paris.

    À sa mort, il lègue ses papiers et le peu de fortune dont il dispose à ses amis, Casimir et Hortense Cheuvreux. Il repose au cimetière Montmartre dans la30e division auprès de son père André-Marie (décédé le 10 juin 1836). Leur tombe comporte une stèle ornée de deux médaillons en bronze, œuvres du sculpteur Charles Gumery 1.

    Le journaliste essayiste Lucien-Anatole Prévost-Paradol, son successeur à l'Académie Française, prononça son éloge, le 8 mars 1866, lors de son discours de réception 2.

    En 1929, une partie des archives d'Ampère est déposée à la bibliothèque de l'Institut de France par la marquise de Montebello, veuve de Gustave Lannes de Montebello et petite-fille des Cheuvreux, un de ses amis. Ce fonds contient notamment 254 lettres de Jean-Jacques Ampère à Madame Récamier, que celle-ci a conservées et léguées à leur auteur.

    Notes et références

    1.  Tombe d'André-Marie Ampère et de Jean-Jacques Ampère [archive], sur le site landrucimetieres.fr, consulté le 14 juillet 2014
    2.  Discours de réception de Lucien-Anatole Prévost-Paradol, éloge de Jean-Jacques Ampère [archive], sur le site academie-francaise.fr, consulté le 23 août 2014

    Principaux ouvrages

    • De l'histoire de la poésie (1830) ;
    • De la littérature française dans ses rapports avec les littératures étrangères au Moyen Âge (1833) ;
    • Littérature et voyages : Allemagne et Scandinavie(1833) ;
    • Histoire littéraire de la France avant le xiie siècle (3 volumes) (1839) ;
    • Histoire de la littérature au Moyen Âge. De la formation de la langue française (3 volumes) (1841) ;
    • Ballanche (1849) ;
    • La Grèce, Rome et Dante : études littéraires d'après nature (1848) ;
    • Littérature, voyages et poésies (2 volumes) (1848) ;
    • L'histoire romaine à Rome (4 volumes) (1856) ;
    • César, scènes historiques (1859) ;
    • Promenade en Amérique (2 volumes) (1860) ;
    • La science et les lettres en Orient (1865) ;
    • Mélanges d'histoire et de littérature (2 volumes) (1867) ;
    • L'Empire romain à Rome (2 volumes) (1867) ;
    • Voyage en Égypte et en Nubie (1868) ;
    • Christian ou l'année romaine (1887).

    Notices

    Liens externes

    Sources

    • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.

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    08 février 2017

    de Rivarol Antoine

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    Antoine de Rivarol

     

    Antoine de Rivarol

    Rivarol_Antoine1

    Antoine Rivarol.

    Naissance 26 juin 1753 
    Bagnols-sur-Cèze 
    Décès 11 avril 1801 
    Berlin 
    Nationalité française 
    Langue maternelle
    français
    Activités
    écrivain, journaliste, auteur d'aphorismes, poète 

    Il se faisait lui-même appeler « comte Antoine de Rivarol » et prétendait appartenir à une famille de la noblesse italienne. Certains affirment que son nom véritable était « Riverot ». En réalité, il était issu d’une famille piémontaise et son grand-père portait le nom de « Rivaroli », que son père francisa en « Rivarol » en s’installant en France. Il utilisa plusieurs autres pseudonymes : « auteur du Petit Dictionnaire », « comte de Barruel », « un citoyen actif ci-devant rien », « chevalier de Kermol », « R.V.R.L. » et « Salomon ».

     

    Sommaire

     
    • 1Biographie
    • 2Les jugements de ses contemporains
    • 3Ouvrages
    • 4Derniers jours
    • 5Œuvres
    • 6Faits liés
    • 7Notes et références
    • 8Bibliographie

     

    Biographie

    Antoine Rivarol était d’origine modeste. Son père tenait une auberge à Bagnols-sur-Cèze à l’enseigne des Trois Pigeons avant de devenir commis des fermes. Il fit ses études au séminaire Sainte-Garde à Avignon, porta le petit collet grâce à la bienveillance de l’évêque d'Uzèset fut quelque temps précepteur à Lyon. Mais il ne tarda pas à renoncer à l’état ecclésiastique auquel sa famille le destinait pour choisir la carrière des lettres.

    En 1776, il se rendit à Paris et s’anoblit en se faisant appeler le chevalier de Parcieux – sa grand-mère maternelle était en effet apparentée au mathématicien Antoine de Parcieux, dont la particule était d’ailleurs également usurpée – puis le comte de Rivarol (fausse noblesse). Il fut présenté à Voltaire et collabora au Mercure de France. Il fréquenta les salons où son esprit brillant et polémiste faisait merveille, et lui attira très tôt de nombreux et virulents ennemis, dont le moindre ne fut pas le duc de Choiseul. Il vécut toujours séparé de sa femme d’origine anglaise, Louise Mather-Flint 12. Très lié avec Grimod de La Reynière, il aurait, selon un pamphlet anonyme de l’époque, partagé, ainsi que le chevalier de Champcenetz 3, le goût pour les hommes, allant, à la nuit venue, les solliciter dans l’allée d’Argenson au palais-Royal 4. Selon d’autres sources, il aurait négligé sa femme pour vivre d’abord avec une certaine Manette, puis avec une noble dame, la princesse Olgorouska.

    Les jugements de ses contemporains

    Pour Sainte-Beuve, dans ses Causeries du lundi du 27 octobre 1851, c’est :

    « Une figure aimable, une tournure élégante, un port de tête assuré, soutenu d’une facilité rare d’élocution, d’une originalité fine et d’une urbanité piquante, lui valurent la faveur des salons […] Rivarol semblait ne mener qu’une vie frivole, et il était au fond sérieux et appliqué. Il se livrait à la société le jour et travaillait la nuit. Sa facilité de parole et d’improvisation ne l’empêchait pas de creuser solitairement sa pensée. Il étudiait les langues, il réfléchissait sur les principes et les instruments de nos connaissances, il visait à la gloire du style. Quand il se désignait sa place parmi les écrivains du jour, il portait son regard aux premiers rangs. Il avait de l’ambition sous un air de paresse. »

    Ce n’est pas vraiment l’avis de Mademoiselle Mars qui rapporte l’anecdote suivante dans ses Mémoires (t. 1-2) :

    « Beaumarchais disait le soir de la première du Mariage de Figaro, le 27 avril 1784, à ce même Rivarol : — Plaignez-moi un peu, mon cher ! j’ai tant couru ce matin auprès des ministres, auprès de la police, que j’en ai les cuisses rompues !
    — Quoi déjà ! repartit Rivarol, toujours méchant. » Il faisait évidemment allusion au supplice de la roue, infligé aux criminels, dont on rompait les membres. »

    Chateaubriand dans ses Mémoires d'outre-tombe raconte sa seule entrevue avec Rivarol à Bruxelles, au cours de l'émigration :

    « Je fus invité à dîner avec mon frère chez le baron de Breteuil ; j'y rencontrai la baronne de Montmorency, alors jeune et belle, et qui meurt en ce moment ; des évêques martyrs, à soutane de moire et à croix d'or ; de jeunes magistrats transformés en colonels hongrois, et Rivarol que je n'ai vu que cette unique fois dans ma vie. On ne l'avait point nommé ; je fus frappé du langage d'un homme qui pérorait seul et se faisait écouter avec quelque droit comme un oracle. L'esprit de Rivarol nuisait à son talent, sa parole à sa plume. Il disait, à propos des révolutions : « Le premier coup porte sur le Dieu, le second ne frappe plus qu'un marbre insensible. » J'avais repris l'habit d'un mesquin sous-lieutenant-d'infanterie ; je devais partir en sortant du dîner et mon havresac était derrière la porte. J'étais encore bronzé par le soleil d'Amérique et l'air de la mer ; je portais les cheveux plats et noirs. Ma figure et mon silence gênaient Rivarol ; le baron de Breteuil, s'apercevant de sa curiosité inquiète, le satisfit : « D'où vient votre frère le chevalier ? » dit-il à mon frère. Je répondis : « De Niagara. » Rivarol s'écria : « De la cataracte ! » Je me tus. Il hasarda un commencement de question : « Monsieur va... ? - Où l'on se bat », interrompis-je. On se leva de table 5. »

    Ouvrages

    Son premier ouvrage, Lettre du président de *** à M. le comte de *** (1782), était dirigé contre le poème des Jardins de l’abbé Delille, qui venait alors de paraître. Il détonna dans le concert de louanges qui avait accueilli ce poème, et l’auteur se fit, à cette occasion, quelques ennemis.

    Son Discours sur l’universalité de la langue française fut couronné, le 3 juin 1784, par l’Académie de Berlin et lui valut une grande célébrité. Frédéric II de Prusse fit de l’auteur un membre associé de l’Académie. Rivarol insistait sur la qualité principale du français, la clarté, et lui prêtait les qualités qui semblaient alors appartenir à l’esprit français : « Dégagée de tous les protocoles que la bassesse invente pour la vanité et le pouvoir, elle en est plus faite pour la conversation, lien des hommes et charme de tous les âges, et puisqu’il faut le dire, elle est de toutes les langues la seule qui ait une probité attachée à son génie. Sûre, sociale, raisonnable, ce n’est plus la langue française, c’est la langue humaine. »

    L’année suivante, Rivarol fit paraître sa traduction de L’Enfer de Dante, commencée cinq années plus tôt. Le goût de l’époque n’était pas prêt à accepter une traduction exacte de ce chef-d’œuvre du Moyen Âge. Aussi s’agit-il davantage d’une adaptation.

    En 1788, il publia, en collaboration avec le chevalier Louis de Champcenetz, de la Comédie-Française le Petit Almanach de nos grands hommes, satires sous forme d’éloges des écrivains à la mode. Ce livre suscita, de nouveau, de nombreuses inimitiés aux deux auteurs.

    Marie-Joseph Chénier, qui y était malmené, y répliqua par une virulente satire, dont Rivarol se vengera sous la Révolution française en le surnommant « le frère d’Abel Chénier » (on insinuait alors volontiers que Marie-Joseph, personnage en vue de la Révolution, avait contribué à envoyer son frère André à la guillotine). Il polémiqua également avec Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais puis avec Félicité de Genlis.

    Il fit paraître, en 1788, deux Lettres à M. Necker, dans lesquelles il répondait aux ouvrages de celui-ci sur l'Importance des opinions religieuses et sur La Morale. Il y professait un épicurisme élevé, soutenant la possibilité d’une morale indépendante de toute religion.

    Sous la Révolution, Rivarol s’engagea dès 1789 dans la défense de la monarchie. Il fut l’un des principaux rédacteurs duJournal politique et national de l’abbé de Castres. Le recueil de ses articles a été publié plus tard en recueil sous le titre deMémoires. Il collabora également aux Actes des Apôtres subsidiés par la liste civile, et attaqua avec une ironie mordante les principes et les hommes de la Révolution française, justifiant dans une certaine mesure l’enthousiasme d’Edmund Burke qui l’appelait « le Tacite de la Révolution ».

    En 1791, il conseilla à Louis XVI de « perdre » le duc d’Orléans. Le 10 juin 1792, il émigra, passant à Bruxelles, Amsterdam, La Haye, Londres, Hambourg et Berlin. De Bruxelles, il fit paraître une Lettre au duc de Brunswick et une Lettre à la noblesse française et la Vie politique et privée du général La Fayette à qui il donna le surnom de « général Morphée », rappelant son sommeil du 6 octobre 1789.

    À Hambourg, il publia en 1797 le Discours préliminaire d’un projet de dictionnaire de la langue française. À Berlin, il représenta le futur roi Louis XVIII.

    Il publia encore le Dialogue entre M de Limon et un homme de goût et le Portrait du duc d’Orléans et de Mme de Genlis en 1793. En 1797, il réfuta l’ouvrage De l’influence des passions de Germaine de Staël.

    Derniers jours

    Il espéra rentrer en France sous le Directoire, fut près d’y parvenir après le coup d'État du 18 brumaire, mais il tomba malade et mourut à Berlin le 11 avril 1801 à l'âge de quarante-sept ans. Il préparait un grand ouvrage intitulé : Théorie du corps politique, dont il n'est resté que le plan et quelques pensées disséminées dans l'ouvrage Pensées inédites de Rivarol 6. Il meurt en exil à Berlin et fut enterré dans le cimetière de Dorotheenstadt, mais le site de sa tombe a été vite oublié 7.

    Œuvres

    • Lettre critique sur le poème des Jardins, suivie du Chou et du navet, 1782.
    • Lettre à M. le Président de *** sur le globe airostatique, sur les têtes parlantes et sur l’état présent de l’opinion publique à Paris. Pour servir de suite à la Lettre sur le poème des Jardins, 1783.
    • De l’Universalité de la langue française, 1784.
    • L’Enfer, poème du Dante, traduction nouvelle, 1785.
    • Récit du portier du sieur Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, 1787.
    • Le Petit Almanach de nos grands hommes, 1788.
    • Première lettre à M. Necker, sur l’importance des opinions religieuses, 1788.
    • Seconde lettre à M. Necker sur la morale, 1788.
    • Le Songe d’Athalie, par M. G. R. I. M. De La R. E. Y. N., avocat au parlement, avec Louis de Champcenetz, 1788.
    • Mémoire sur la nature et la valeur de l’argent, 1789.
    • Le Petit Almanach de nos grandes femmes, accompagné de quelques prédictions pour l’année 1789, avec Louis de Champcenetz, 1789.
    • Journal politique-national des États-Généraux et de la Révolution de 1789, publié par M. l’abbé Sabatier et tiré des Annales manuscrites de M. le Cte de R***, 1789.
    • Adresse à MM. les impartiaux ou Les amis de la paix réunis chez monseigneur le duc de La Rochefoucault, v. 1789.
    • Petit dictionnaire des grands hommes de la révolution, par un citoyen actif, ci-devant rien, avec Louis de Champcenetz, 1790.
    • Triomphe de l’anarchie, 1790.
    • Épître de Voltaire à Mlle Raucour [sic], actrice du Théâtre-français, 1790.
    • Le Petit Almanach de nos grands-hommes ; pour l’année 1790, 1790.
    • Réponse à la réponse de M. de Champcenetz au sujet de l’ouvrage de madame la B. de S*** sur Rousseau, v. 1790.
    • Essai sur la nécessité du mal, tant physique que moral, politique et religieux, par Soame Jenyns,... traduit de l’anglais, 1791.
    • De la Vie politique, de la fuite et de la capture de M. La Fayette. Morceau tiré de l’Histoire de la révolution, 1792.
    • Lettre à la noblesse française, au moment de sa rentrée en France sous les ordres de M. le duc de Brunswick, généralissime des armées de l’Empereur et du Roi de Prusse, 1792.
    • Le Petit Almanach des grands spectacles de Paris, 1792.
    • Adresse du peuple belge, à S. M. l’Empereur, 1793.
    • Histoire secrète de Coblence dans la révolution française, 1795.
    • Tableau historique et politique des travaux de l’Assemblée constituante, depuis l’ouverture des États généraux jusqu’après la journée du 6 octobre 1789, 1797.
    • Discours préliminaire du Nouveau dictionnaire de la langue française, 1797.

    Faits liés

    L’hebdomadaire d’extrême droite Rivarol a été ainsi nommé en référence à l’œuvre anti-révolutionnaire d’Antoine de Rivarol mais, politiquement, il serait malvenu de qualifier Rivarol d’homme « d’extrême droite ». Ce fut simplement un royaliste « bon teint » parmi d’autres.

    • Ernst Jünger a traduit des maximes de Rivarol en allemand qui ont fait l’objet d’une publication en 19568.

    Notes et références

    1.  Dictionnaire Fortunée Briquet (http://www.siefar.org/dictionnaire/fr/Louise_Mather_Flint/Fortunée_Briquet [archive])
    2.  Page vj de la Notice de l'ouvrage "Pensées inédites de Rivarol" (1836)
    3.  Les Enfans de Sodome à l’Assemblée nationale, 1790.
    4.  Imbert de Boudeaux (1783) affirme même dans son Recueil de lettres secrètes qu’il s’est prostitué à ses débuts à Paris. Delille, quant à lui, se vengea cruellement de Rivarol en faisant attribuer par l’Académie française, dont il était, le prix de vertu à Mme Lespanier, qui avait soigné l’épouse de Rivarol ; c’était insinuer on ne peut plus clairement à quel point celui-ci négligeait sa femme.
    5.  Livre 9, chapitre 8.
    6.  Page ix de la Notice de l'ouvrage "Pensées inédites de Rivarol" (1836)
    7.  Ernst Jünger, Rivarol, 1956 (citation en allemand chez books.google.de [archive]); article en allemand chez Tödliche Pointen flirren durch die Pariser Salons [archive], Wolf Lepenies, Die Welt, 04.08.12
    8.  Alain de Benoist, Ernst Jünger une bio-bibliographie, Guy Trédaniel éditeur, 1997, p. 122.

    Bibliographie

     

    • Antoine Rivarol, Œuvres complètes, précédées d’une notice sur sa vie, Réimpression de l’édition de Paris, 1808, 5 vol. Slatkine Reprints, 2012.
    • Esprit de Rivarol, Paris, imprimerie de H. Perronneau, chez les principaux Libraires, et chez les Éditeurs, rue St-Honoré, no 333, vis-à-vis le marché des Jacobins, 1808
    • Louis Latzarus, La Vie paresseuse de Rivarol, Paris, Plon, 1926.
    • Léon Treich, L’Esprit de Rivarol, Paris, Gallimard, 1926.
    • René Groos, La Vraie Figure de Rivarol, Les Cahiers d'Occident, 1926.
    • Jean Dutourd, Rivarol, essai et choix de textes, Paris, Mercure de France, 1963.
    • Jean Dutourd, Rivarol, Paris, Mercure de France, 1989.
    • Bernard Faÿ, Rivarol et la Révolution, Paris, Perin, 1978.
    • Jean Lessay, Rivarol, le Français par excellence, Paris, Perrin, 1989.
    • Henry Coston, Antoine de Rivarol et l’émigration de Coblence, Publication HC, 1996.
    • Michel Cointat, Rivarol (1753-1801) : Un écrivain controversé, Paris, L'Harmattan, 2003.
    • Valérie Baranger, Rivarol face à la Révolution Française, Éditions de Paris, 2007 (ISBN 978-2851621900).
    • Victor-Henry Debidour, Rivarol, écrits politiques et littéraires choisis et présentés, Paris, Grasset, 1956.
    • Mathurin de Lescure, "Rivarol et la société française pendant la Révolution", Plon, 1883.
    • Bernard Bastide (dir.), Sylvain Menant et al. (préf. Christian Giudicelli), Balade dans le Gard : sur les pas des écrivains, Paris, Alexandrines, coll. « Les écrivains vagabondent » (réimpr. 2014) (1re éd. 2008), 255 p. (ISBN 978-2-370890-01-6, présentation en ligne), « Rivarol ou l'esprit français », p. 64-70
    • Serge Velay (dir.), Michel Boissard et Catherine Bernié-BoissardPetit dictionnaire des écrivains du Gard, Nîmes, Alcide,‎ 2009, 255 p. (présentation en ligne)p. 212-213-214

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    07 février 2017

    Section des Quinze-Vingts

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    Section des Quinze-Vingts

     

    La section des Quinze-Vingts était, sous la Révolution française, une section révolutionnaire parisienne.

    Elle était représentée à la Commune de Paris par :

    • Antoine-Charles Ballin, compagnon ébéniste, juge de paix dans sa section,
    • Claude-Michel Leclerc, ébéniste, officier municipal,
    • Jean-Baptiste Michée.

    Historique

    Cette section ne changea pas de nom au cours de la Révolution.

    Territoire

    Secteur de Reuilly-Daumesnil.

    Limites

    La rue du Faubourg-Saint-Antoine, à droite, depuis la rue des Fossés-Saint-Antoine jusqu’à la barrière du Trône ; les murs, depuis la barrière du Trône jusqu’à la barrière de la Rapée ; le bord de la rivière, depuis la Rapée jusqu’à la rue des Fossés-Saint-Antoine ; la rue des Fossés-Saint-Antoine, borde cette limite de ce côté, et n'est pas de cette section.

    Intérieur

    Les rues de Picpus, des Buttes, de Montgalet, de Reuilly, de Charenton, la Grande-Pinte, de Bercy, de Rambouillet, de la Rapée, des Charbonniers, des Chantiers, des Anglaises, Moreau, du Fumier, de la Planchette, Saint-Nicolas, Traversière, Trouvée, Cotte, le Noir, d’Aligre, le marché Saint-Martin, la rue de Beauvau, etc., et généralement toutes les rues, culs-de-sac, places, etc. enclavées dans cette limite1.

    Local

    La section des Quinze-Vingts se réunissait dans l’église de l'hospice des Enfants-Trouvés, qui se situait sur l'emplacement du square Trousseau, à la hauteur du no 112 rue du Faubourg-Saint-Antoine.

    Population

    La section la plus pauvre de Paris, la section des Quinze-Vingts comptait 18 283 habitants, dont 1 830 ouvriers et 6 600 économiquement faibles. La section comprenait 2 000 citoyens actifs, dont Françoise - Gabrielle LAMBERT (1772 - 1853), dite " la citoyenne LAMBERT ", ayant suggéré l'abolition de la monarchie en France, en Aout 1792, devant la Commune insurrectionnelle de Paris.

    9 Thermidor an II

    Lors de la chute de Robespierre, le 9 thermidor an II, la section des Quinze-Vingts soutint la Convention nationale, aucun de ses représentants ne prêta serment à la Commune de Paris.

    Évolution

    Après le regroupement par quatre des sections révolutionnaires par la loi du 19 vendémiaire 1795 qui porte création de 12 arrondissements, la présente section est maintenue comme subdivision administrative, puis devient, par arrêté préfectoral du 10 mai 1811, le quartier des Quinze-Vingts (8e arrondissement de Paris)2.

    Sources et références

    1. Procès-verbal de l’Assemblée nationale [archive], t. 22, Paris, Baudouin, 1789, p. 65-66.
    2. Dictionnaire historique des rues et monuments de Paris [archive], de Félix et Louis Lazare, 1855.

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    06 février 2017

    Château de Ham

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    Château de Ham

     

     
    Château de Ham
    Image illustrative de l'article Château de Ham
    Vestiges du château de Ham
    Période ou style Médiéval
    Type Château fort
    Début construction XIe siècle
    Fin construction XVIe siècle
    Destination actuelle Vestiges
    Protection  Inscrit MH (1965)
     
    Coordonnées 49° 44′ 35″ nord, 3° 04′ 26″ est1
    Pays Drapeau de la France France
    Anciennes provinces de France Picardie
    Région Hauts-de-France
    Département Somme
    Commune Ham
     

    Le château, ou fort, ou forteresse de Ham est un château fort situé à Ham (Somme), dans les Hauts-de-France.

    Sommaire

    • 1 Histoire
    • 2 Architecture
    • 3 Arbre remarquable
    • 4 Prisonniers célèbres incarcérés au fort de Ham
    • 5 Pour approfondir
      • 5.1 Bibliographie
      • 5.2 Articles connexes
      • 5.3 Liens externes
    • 6 Notes et références

    Histoire

    Si on ignore la date de création du château primitif, les historiens s'accordent sur le fait qu'il a été érigé par les premiers comtes de Vermandois vers 1052.

    Il fut restauré par Odon IV au XIIIe siècle, puis au XVe siècle par Jean II de Luxembourg-Ligny. Le neveu de ce dernier, Louis de Luxembourg-Saint-Pol, plus connu sous le nom de connétable de Saint-Pol, comte de Saint-Pol et connétable de Louis XI en 1465, fait construire en 1441 un donjon monumental, la grosse tour ou « tour du connétable ».

    Le château de Ham est assiégé à plusieurs reprises, en particulier par Philippe II d'Espagne en 1557.

    Rattaché à la couronne de France sous le règne d'Henri IV, il est l'objet de transformations à la fin du XVIIe siècle par Vauban.

    Il est ensuite transformé en prison d'État. Il accueille de célèbres prisonniers dont le dernier a été le prince Louis-Napoléon Bonaparte (futur Napoléon III) qui y a séjourné six ans (1840-1846), et qui a fini par s'en échapper, déguisé en maçon, sous l'identité de Badinguet.

    En 1870, la deuxième armée du Nord encercle la ville occupée par les Prussiens et les oblige à signer une capitulation.

    Comme le château de Coucy, le fort est dynamité par les Allemands, le 19 mars 1917. Il ne reste aujourd'hui du bel édifice que des ruines pittoresques dominant le cours paisible du canal de la Somme.

    Les vestiges du château de Ham sont inscrits à l'inventaire des Monuments historiques depuis 19652.

    En 1977, une association "Les Amis du Château de Ham" est créée pour sauvegarder et mettre en valeur les vestiges du Fort. Elle s'efforce, depuis lors, de redonner vie au site par des travaux, des expositions, des spectacles…

    Le 11 octobre 1980, l'association Les amis de Napoléon III fait apposer une plaque sur la tour d'entrée du château sur laquelle est gravée cette inscription : « En ces lieux, Louis-Napoléon Bonaparte emprisonné de 1840 à 1846 conçut sa politique de progrès économique et social. »

    Architecture

    Le château de Ham avait une forme rectangulaire de 120 m de long sur 80 m de large. À chaque coin une tour ronde complétait le système de défense. La « grosse tour » ou « tour du connétable » défendait l'angle nord-est de l'édifice. Les courtines étaient protégées par deux tours carrées. La tour nord-est était l'ancienne entrée obstruée au XVe siècle. Un fossé profond à cunette rempli par les eaux de la Beine, affluent de la Somme, venait renforcer la défense du château. Le creusement du canal de la Somme en 1821 avait vidé l'eau des fossés.

    La porte d'entrée était protégée par une demi-lune construite au XVIe siècle et par un pont-levis. Le côté sud-est était lui aussi défendu par une demi-lune avant le creusement du canal.

    Le mur d'enceinte avait une hauteur de 16 m. Le soubassement était en grès et les moellons en pierre calcaire blonde. Mâchicoulis et créneaux complétaient le dispositif.

    La tour du connétable ou grosse tour bâtie dans la seconde moitié du XVe siècle par Louis de Luxembourg, connétable de Saint-Pol3, reprend le « schéma philippien ». Les accès à la tour maîtresse à deux entrées, située au coin de l'enceinte, sont isolés par un fossé intérieur. Ici l'isolement n'est pas complet car les courtines rejoignent, sans communication directe, la tour4. C'était une construction remarquable ; la tour avait 33 mètres de diamètre, 33 mètres de hauteur et les murs faisaient 11 mètres d'épaisseur.

    À l'intérieur de l'enceinte, se trouvait un grand corps de logis dans lequel vécut Marie de Luxembourg et où naquirent ses enfants François, Louis et Antoinette de Bourbon.

    Arbre remarquable

    Il se dresse encore, bien que mutilé, sur le site du château. Cet arbre appelé sans doute à tort arbre de la liberté, datant vraisemblablement de la première moitié du XIXe siècle, a été victime de la destruction du château en 1917. Bien que son tronc soit calciné, ses racines encore bien vivantes ont permis à une greffe de lui faire reprendre vigueur.

    Prisonniers célèbres incarcérés au fort de Ham

    • Louis de Bourbon, prince de Condé ;
    • Jacques Cassard, corsaire français ;
    • Mirabeau ;
    • le général Hoche;
    • le marquis de Sade ;
    • le maréchal Moncey, incarcéré trois mois en 1815 pour avoir refusé de présider le conseil de guerre devant juger le maréchal Ney ;
    • Hugues Duroy de Chaumareys, capitaine du vaisseau La Méduse ;
    • Prince de Polignac, Président du Conseil sous Charles X ;
    • Martial de Guernon-Ranville et Jean de Chantelauze, ministres de Charles X (1831-1836) ;
    • Ramón Cabrera, général espagnol de la rébellion carliste ;
    • Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III.

    Pour approfondir

    Bibliographie

    • E. Bocquet, Ham, une visite en 1912, Inval-Boiron, La Vague verte, 2010.
    • Cercle cartophile de Ham, Balade dans le Pays hamois, C.C.H., Ham, 1992.
    • Charles Gomart, Ham, son château et ses prisonniers, 1864 – rééd. : La Vague Verte, 2000 [lire en ligne [archive]]
    • Élie Fleury et Ernest Danicourt, Histoire populaire de la ville de Ham, Ham, 1881 disponible [archive] sur Gallica

    Articles connexes

    • Ham
    • Maison de Ham
    • Louis de Luxembourg-Saint-Pol
    • Liste des seigneurs de Ham

    Liens externes

    Notes et références

    1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps.
    2. « Notice no PA00116172 » [archive], base Mérimée, ministère français de la Culture
    3. Le connétable a modifié l'architecture du château pour qu'il puisse résister aux tirs d'artillerie.
    4. Jean Mesqui, Châteaux et enceintes de la France médiévale : de la défense à la résidence, tome 1, les organes de la défense, 2013 (2e édition), 376 p. (ISBN 978-2-7084-0961-3), p. 45.

     

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    05 février 2017

    Insurrection du 12 germinal an III

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    Insurrection du 12 germinal an III

     

    L’insurrection du 12 germinal an III (1er avril 1795) est un soulèvement populaire, pendant la Révolution française, des Sans-culottes à Paris dirigé contre la Convention thermidorienne. Les manifestants réclament du pain et l’application de la Constitution de l'an I (1793). Sur ordre de la Convention, le général Jean-Charles Pichegru, qui était de passage à Paris, disperse violemment la manifestation.

     

    Sommaire

    • 1 Causes et prémices
      • 1.1 La crise économique
      • 1.2 La crise frumentaire
      • 1.3 La contestation sociale
      • 1.4 A la Convention: montée en puissance de la droite
      • 1.5 À la veille de l'émeute
    • 2 L'insurrection
      • 2.1 L'attroupement
      • 2.2 La Convention envahie
      • 2.3 Le retour à l'ordre
    • 3 La réaction
    • 4 Les émeutes en province
    • 5 Sources
    • 6 Notes et références

     

    Causes et prémices

    La crise économique

    La chute de Robespierre et la fin de la Terreur entraînent à l'automne 1794 la fin du « dirigisme » jacobin et le retour au libéralisme économique. L'importation des grains est libérée, ceci afin de permettre le rationnement de la République à l'approche de l'hiver. De plus le maximum est définitivement aboli le 24 décembre 1794.

    Le retour du commerce libre permet certes un renouveau des importations, mais a aussi pour conséquence l'effondrement du prix de l'assignat. Celui-ci, pris à 31 % de sa valeur nominal en août 1794, est tombé à 8 % en avril 1795 1. D'où une hausse substantielle du prix des denrées et un ralentissement des ventes par des paysans espérant tirer profit de cette inflation. La spéculation ne fait qu'accentuer cette tendance dont les classes populaires sont les premières victimes.

    La crise frumentaire

    À cela s'ajoute une crise de subsistance. Du fait des conditions climatiques difficiles, la récolte de 1794 est médiocre voire mauvaise dans certaines régions comme l'Île-de-France ou le Nord. La levée en masse a de plus entraîné un manque de main d'œuvre pour effectuer les récoltes. Pour éviter les réquisitions ordonnées par le gouvernement révolutionnaire, les paysans-vendeurs ont évidemment été tentés de dissimuler leurs grains. Dès novembre les risques de disettes pèsent sur la France. Non seulement les grains manquent, mais de plus les cultivateurs se gardent d'en émettre davantage sur le marché, attendant que la hausse des prix ait atteint son paroxysme au printemps.

    L'hiver 1794-1795 est d'une affreuse rigueur, jamais vue depuis le Grand Hiver de 1709. Les oliviers du midi sont gelés, les loups s'avancent aux portes de Paris. Du nord au sud les routes sont enneigées et impraticables tandis que les fleuves sont gelés, d'où une paralysie de la circulation des marchandises et donc de l'approvisionnement.

    Le gouvernement a dans ces conditions intérêt à éviter la disette aux populations les plus remuantes, en premier lieu celle de Paris. Le Comité de salut public parvient à conclure des achats de blé de la Baltique, de Thrace et du Maghreb. Mais les glaces perturbent fortement le débarquement de ces denrées qui ne sont en fait qu'un pis-aller onéreux. Le gouvernement ne peut donc recourir qu'aux réquisitions et à la taxation. À la fin de l'hiver la situation est critique. Les marchés de Paris et de provinces sont certes approvisionnés, mais les prix sont exorbitants. Le rationnement mis en place par les municipalités permet d'éviter la famine, mais les rations ne cessent de diminuer à l'approche du printemps. Pour combler les manques, les autorités se retrouvent bientôt contraintes de rationner à perte et se mettent ainsi dans la main des fournisseurs.

    Les conditions de vie des populations sont très difficiles. Le combustible est cher et rare tandis que la nourriture est de mauvaise qualité. Les maladies et la détresse se répandent dans les couches sociales les plus défavorisées. Des bandes de mendiants et de brigands se déversent sur les routes de la Picardie et de la Beauce. Les régions les plus touchées sont la Picardie et la Normandie. Cette crise ne fait que renforcer les antagonismes sociaux entre le bas peuple victime de la disette et les couches aisées des villes et des campagnes.

    La contestation sociale

    Bien que Paris soit beaucoup moins touchée par la pénurie que la province, c'est dans la capitale que la protestation est la plus vive. Les quartiers populaires grognent devant la crise de subsistances. Surtout, ces populations ont acquis en six années de révolution une grande conscience politique, d'où un mécontentement très vif envers la politique de la Convention. On proteste contre l'« aristocratie marchande » 2.

    Les néo-hébertistes comme Babeuf tentent de profiter de la situation mais le gouvernement veille. On ferme des clubs tandis que les dernières sections sans-culottes passent aux mains des thermidoriens. Le mouvement populaire, éteint depuis le 9 thermidor, renait sans pour autant avoir de direction réelle. Le 12 mars un placard intitulé Peuple, réveille-toi, il est temps, cause un certain tumulte.

    A la Convention: montée en puissance de la droite

    Depuis la réintégration des 73 députés girondins emprisonnés décrétée le 8 décembre 1794, la Convention subit de plus en plus l'influence de la droite réactionnaire voire royaliste. Ceci entraîne une rupture au sein du mouvement thermidorien au pouvoir depuis la mort de Robespierre. Certains thermidoriens, hostiles aussi bien aux excès des Jacobins qu'aux réactionnaires, se rapprochent du mouvement populaire ou du moins se raccrochent à l'idée d'une république modérée. C'est le cas de Thuriot ou de Bentabole. D'autres au contraire se lient avec les éléments les plus conservateurs de l'assemblée et participent à la vengeance organisée contre les membres des comités de l'an II. Ce sont TallienFréron, André Dumont, Legendre.

    En revanche, les derniers Montagnards, appelés par ironie Crêtois, voient dans la crise frumentaire le moyen de reprendre la main sur le peuple de la capitale et à terme le pouvoir.

    En mars 1795, le débat du moment concerne le sort réservé à Collot d'HerboisBillaud-VarenneBarère et Vadier, tout quatre membres des comités de gouvernement montagnards. Le 29 mars, la Convention, pressée d'en finir avec les quatre hommes, refuse de confier leur procès au futur corps législatif. Dans le même temps se poursuivent les travaux visant à établir une future constitution. Une commission est nommée pour la rédiger le 30 mars. Elle prétend ne pas vouloir revenir sur les principes de la Constitution de 1793.

    À la veille de l'émeute

    Le mois de mars est marqué par les prémices de l'agitation populaire. Dans Paris, les muscadins royalistes et les Jacobins se battent sans cesse. Surtout, les faubourgs Saint-Marceau, Saint-Jacques et Saint-Antoine envoient des adresses menaçantes à la Convention, réclamant une amélioration rapide des conditions de vie.

    Le maintien de l'ordre devient la principale préoccupation de la Convention. Le 21 mars Sieyès fait voter une loi dite de grande police punissant de la peine de mort tous ceux qui se déclareraient contre la Convention en incitant à l'insurrection. Dans le même temps, les éléments les plus légalistes de la Garde nationale reçoivent des fusils pour parer à une révolte.

    L'insurrection

    L'attroupement

    Le 7 germinal an III (27 mars) un rassemblement illégal se déroule à la section des Gravilliers. Le 10 (30 mars), les sections de la capitale réunissent leurs assemblées générales. Les sections populaires de l'Est et des faubourgs réclament du pain, la mise en application de la Constitution de 1793, la réouverture des clubs et la libération des patriotes incarcérés. Le lendemain, une délégation de la section des Quinze-Vingts vient porter ces réclamations à la barre de la Convention.

    Le matin du 12 germinal (1er avril), des manifestants se regroupent sur l'île de la Cité. Ils sont menés par un certain Van Heck, ancien commandant de la section de l'île et proche de Thuriot. On y trouve des hommes et des femmes en grand nombre, dont beaucoup d'ouvriers du bâtiments non domiciliés à Paris et exclus du rationnement 3. Ces sans-culottes sont pour la plupart issus des faubourgs Saint-Antoine, Saint-Marceau, Saint-Jacques et des sections des Thermes, Halle-au-Blé, Cité et Poissonnière. Par précaution, le Comité de Sûreté générale fait garder les abords de la Convention par des muscadins, massés dans la cour royale.

    La Convention envahie

    Mais vers 14 heures la foule des manifestants bouscule les muscadins et pénètre sans problème dans la salle des séances. Ironie du sort, à cet instant Boissy d'Anglas, membre du Comité de salut public chargé des subsistances, surnommé « Boissy-Famine », faisait un rapport sur la prétendue réussite du système d'approvisionnement 4. Les Montagnards, a priori favorable au mouvement, sont pris d'hésitation face à cette situation et proposent même l'évacuation de la salle, sans doute par peur des représailles. Le tumulte est immense, Montagnards et Thermidoriens se dénonçant mutuellement. Legendre tente de se faire entendre à la tribune, sans succès. Van Heck monte à la tribune et expose les doléances des manifestants. Il fait appel aux souvenir du 14 juillet, du 10 août et du 31 mai, et réclame du pain, la Constitution de 1793, la libération des patriotes victimes de la réaction thermidorienne, et le châtiment de Fréron et de sa Jeunesse dorée. Puis les autres sections présentent leurs doléances.

    Le président André Dumont, un thermidorien proche des royalistes, tente de calmer les manifestants avec des paroles creuses, sans succès. Lorsque Dumont accuse les royalistes d'avoir fomenté cette agitation, le montagnard Choudieu le désigne du doigt : « Le Royalisme ? Il est là ! » Pendant ce temps, la plupart des députés de droite et de la Plaine quittent la salle.

    Le retour à l'ordre

    Toutefois, pendant que les manifestants perdent du temps en palabres, le Comité de sûreté générale réagit et fait appel aux bataillons fidèles des sections bourgeoises. Ceux-ci se massent aux abords de la Convention vers la fin de l'après-midi. Le Comité fait également sonner le tocsin et battre la générale.

    Vers six heures, Legendre prend la tête d'environ trois cents muscadins et s'adjoint quelques soldats commandés par Pichegru. L'ancien dantoniste fait alors envahir le bâtiment et chasse les manifestants au chant du Réveil du peuple, l'hymne des thermidoriens.

    Pendant ce temps, les comités réunis autour de Cambacérès 5 prennent des décisions drastiques, notamment l'arrestation des députés compromis dans l'émeute. Afin d'en finir avec le procès des decemvirs, il est décidé que ceux-ci seront déportés immédiatement 6.

    L'inorganisation des manifestants et l'absence de soutien militaire de la part des sections sans-culottes sont la cause de leur échec.

    La réaction

    La séance de la Convention reprend immédiatement une fois le calme revenu. Les tribunes sont remplies par des spectateurs favorables à la réaction. Aussitôt Paris est mis en état de siège, Pichegru étant nommé commandant en chef assisté de Barras et Merlin de Thionville. La déportation immédiate de Vadier, Barère, Collot et Billaud est décrétée. À la barre Tallien, Dumont, Thibaudeau, Bourdon de l'Oise, Barras se déchaînent contre les Montagnards, accusés d'avoir soutenu l'émeute. Sous le prétexte de prétendus attentats commis sur deux députés de droite (Auguis et Pénières), sept Montagnards sont décrétés d'accusation et incarcérés au fort de Ham : Duhem, Chasles, Léonard Bourdon, Amar, Choudieu, Huguet et Foussedoire. Ils sont suivis quelques jours plus tard par quelques autres Crêtois en vue tels Lecointre, Moyse Bayle ou Thuriot.

    Le lendemain 13 germinal (2 avril), la foule tente sans succès de libérer Collot, Billaud et Barère emmenés en déportation 7. Dans la nuit du 13 au 14 une manifestation éclate à la section des Quinze-Vingt, mais Pichegru n'a aucun mal à la disperser. Puis la Convention décide de désarmer les « terroristes » : 1 600 Parisiens sont concernés. Ce désarmement équivaut pour ces personnes à une chute sociale puisqu'il ferme la porte aux fonctions publiques et prive des droits civiques.

    Enfin le 14 germinal est créée la commission de constitution, chargée de rédiger un nouveau texte afin de suppléer à l'inapplicable constitution de l'an I.

    Les émeutes en province

    D'autres émeutes de la faim éclatent autour de Paris au début d'avril, peut-être afin de suivre le mouvement de la capitale, mais aussi et surtout parce que celle-ci accapare tous les grains 8.

    Ces manifestations prennent des formes différentes selon les régions. À Rouen et à Amiens, entre le 2 et le 5 avril, les émeutiers réclament « du pain et un roi » 9. Le 17 germinal (6 avril), les sections de Saint-Germain se soulèvent pour demander elles aussi du pain et la Constitution de 1793. Le pouvoir thermidorien est accusé d'avoir fomenté cette disette et le mécontentement prend de graves proportions.

    Un mois plus tard, la disette se transforme en famine et va mener à l'insurrection du 1er prairial (20 mai), dernier mouvement populaire dans la capitale avant celle du 13 Vendémiaire et la révolution de Juillet 1830.

    Sources

    • Philippe Buchez, Histoire parlementaire de la Révolution française, ou Journal des assemblées nationales depuis 1789 jusqu'en 1815, précédée d'une introduction sur l'histoire de France jusqu'à la convocation des États-Généraux (en collaboration avec Pierre-Célestin Roux-Lavergne), Paris, Paulin, 1834-1838, Volume 36.
    • Denis Woronoff, Nouvelle histoire de la France contemporaine: Tome 3: La République bourgeoise, de Thermidor à Brumaire, 1794-1799, Points Seuil, 1972, p. 17-27.
    • Albert Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 2005

    Notes et références

    1.  Denis Woronoff, p.19
    2.  Denis Woronoff, p.24
    3.  Denis Woronoff, p.25
    4.  Philippe Buchez, p.166
    5.  Ancien et futur président du Comité de Salut Public, membre du Comité de Législation, Cambacérès est alors l'un des hommes les plus influents du gouvernement.
    6.  Laurence Chatel de Brancion, Cambacérès, Paris, Perrin, 2009, p. 184
    7.  Vadier, introuvable, ne sera jamais arrêté.
    8.  Denis Woronoff, p.26
    9.  Denis Woronoff, p.27

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    04 février 2017

    Levée en masse

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    Levée en masse

     

    Le 23 février 1793, la Convention décide la levée en masse de trois cent mille hommes, pris parmi les célibataires ou veufs de 18 à 25 ans.

    Sommaire

    • 1 Historique
    • 2 Article connexe
    • 3 Notes et références
    • 4 Lien externe

    Historique

    La levée en masse consista à faire désigner ou à enrôler par le tirage au sort des hommes de tous les départements de France. Le but était de faire face à la baisse subite des effectifs de l'armée révolutionnaire française due aux pertes, aux désertions et, plus largement, aux départs massifs des volontaires levés en 1792 pour la durée d'une campagne, qui estimaient pouvoir rentrer chez eux, l'ennemi ayant été repoussé hors des frontières.

    Cette levée eut un effet très favorable aux armées puisque malgré les résistances et désertions le nombre d'hommes sous les drapeaux s'accrut considérablement.

    Cette levée provoqua un fort mécontentement paysan et des émeutes à Rouen, Amiens et Montargis. La Convention envoie 82 députés pour les réprimer et accélérer la levée en masse. Celle-ci déclenche le soulèvement de la Vendée. En effet, avant même que le décret n'arrive dans les municipalités (le 7 mars), des troubles éclatent : débutant à Cholet dès le 2 mars, ils se généralisent le 10. Machecoul est occupé le 11 par les insurgés, qui massacrent environ 160 habitants favorables à la République et prêtres jureurs1, Tiffauges le 12, le jour fixé pour les opérations du tirage au sort. Les 13 et 14 mars, le Marais breton et le Bocage s'enflamment : toutes les villes du nord du département, Les Herbiers, Mortagne, Montaigu, Challans, La Roche-sur-Yon, tombent aux mains des insurgés, c’est le début du grand soulèvement de la Vendée. Dans de multiples points du territoire national, la défiance des jeunes gens face aux gendarmes recruteurs et le refus sous prétexte divers de se rendre au recensement le jour dit se transforment à la moindre rumeur en insurrections armées, telle celle de Saint-Pol-de-Léon. La « levée en masse » demandée par les sans-culottes n'aura lieu que plus tard sous la pression des hébertistes à Paris.

    Le 23 août 1793, la levée en masse des hommes de 25 à 30 ans est décrétée à la suite du rapport Barère. Alors qu'en février 1793, la France n’avait que 200 000 hommes sous les drapeaux, elle en comptait 500 000 en juillet, 732 000 en septembre, et 804 000 en décembre 1793 répartis en 15 armées2 , chiffre considérable pour l'époque.

    Composée de façon hétéroclite, cette armée sera inefficace à l'intérieur du pays. Sur les frontières, les volontaires seront intégrés dans l'armée commandée par les généraux surveillés par le Comité de Salut public. Mais les hommes levés à cette occasion ne permettent pas aux sans-culottes de s'affirmer contre les montagnards, et leur échec participera à l'élimination des sans-culottes par ces derniers. Le Ministère de la Guerre était contrôlé par des proches d'Hébert, notamment par Vincent.
    Dans l'armée de ligne recomposée, les hommes sont restés appelés les Soldats de l'an II ou Armée de l'an II en référence à l'année II du calendrier révolutionnaire3.

    Article connexe

    • Volontaires nationaux pendant la Révolution

    Notes et références

    1. Jean-Clément Martin, « La Révolution a coupé la France en deux », L'Histoire, n°311
    2. Michel Mollat, Histoire de l'Ile-de-France et de Paris, Editions Privat, 1971, 599 p.
    3. L’armée de l’an II : la levée en masse et la création d’un mythe républicain [archive], Alan Forrest, Annales historiques de la Révolution française, 2004

    Lien externe

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    03 février 2017

    Bal des victimes

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    Bal des victimes

     

    Les Bals des victimes étaient des bals créés par des associations après la période de la Terreur. Pour être admis dans ces associations ou dans ces bals, on devait avoir eu un proche parent guillotiné pendant la Révolution.

    Les bals des victimes ont commencé après l'exécution de Maximilien de Robespierre (28 juillet 1794 : 10 thermidor an II). Comme après toute période d'oppression, ce fut une époque de libération et de réjouissances débridées. Le premier bal eut lieu au début de 1795.

    Ces bals furent créés par des jeunes dont des parents ou des proches avaient été guillotinés, mais à qui la Révolution avait restitué les biens précédemment confisqués. Avec ce retour de fortune, ils créèrent des bals à la fois aristocratiques et décadents pour se retrouver entre eux.

    La description de ces bals varie, mais leur point commun est de servir de catharsis à l'expression émotionnelle de l'exécution de proches, ainsi que des bouleversements sociaux liés à la révolution. Par la suite, beaucoup trouvèrent cette idée scandaleuse.

    Les participants portaient des vêtements de deuil ou des costumes avec des brassards de deuil. À l'inverse, certaines femmes portaient des vêtements gréco-romains très fins, pieds nus ou avec des rubans. Certains portaient aussi des cheveux coupés très courts ou relevés, comme ceux des condamnés avant leur exécution. Ou encore un ruban ou un fil rouge autour du cou à l'emplacement où la lame de la guillotine devait couper. Les femmes portaient leurs cheveux relevés "à la victime" et utilisaient pour ce faire un peigne appelé « cadenette ». Ce serait l'origine de la « coiffure à la Titus ».

    Pour saluer, au lieu d'un signe de tête élégant, un danseur secouait sa tête en tous sens pour imiter le moment de la décapitation.

    Un de ces bals eut lieu à l'hôtel Thellusson qui se trouvait dans l'actuelle rue de Provence à Paris1.

    Sommaire

    • 1 Voir aussi
    • 2 Notes
    • 3 Filmographie
    • 4 Bibliographie

    Voir aussi

    • Incroyables et Merveilleuses
    • Directoire

    Notes

    1. Alain Rustenholz, Les traversées de Paris, Evreux, Parigramme, septembre 2006, 647 p. (ISBN 2-84096-400-7)

    Filmographie

    • Abel Gance, 'Napoléon, 1927.

    Bibliographie

    • Joseph Clarke, Commemorating the Dead in Revolutionary France : Revolution and Remembrance, 1789-1799, Cambridge, Cambridge University Press, 2007.

    02 février 2017

    Coup d'État du 18 fructidor an V

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    Coup d'État du 18 fructidor an V

     

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    Journée célèbre du 18 fructidor an 5 de la République : Jean-Pierre Ramel au jardin des Tuileries. Eau-forte de Pierre-Gabriel Berthault d'après Abraham Girardet (1802).

    Le coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797) est un coup d'État exécuté sous le Directoire par les trois Directeurs (dont Paul Barras) soutenus par l'armée, contre les royalistes, majoritaires dans les Conseils (Conseil des Cinq-Cents et Conseil des Anciens), d'une part, et les Jacobins d'autre part . Ce coup d'État marqua un renforcement de l'exécutif au détriment du pouvoir législatif.

     

    Sommaire

     
    • 1Contexte
    • 2Coup d'État
    • 3Bibliographie
    • 4Liens externes
    • 5Notes et références

     

    Contexte

    En 1797, lors du renouvellement annuel du tiers des Conseils, les royalistes, se présentant en défenseurs de l'ordre, se retrouvent majoritaires dans les deux conseils représentant le pouvoir législatif. Ils réussissent à faire nommer un directeur (François de Barthélemy). Les Conseils suppriment alors les lois contre les émigrés et les prêtres réfractaires. Le Directoire se retrouve alors divisé en deux camps, le premier, représenté par Barthélemy et Carnot, est favorable à la majorité royaliste, le second, représenté par Reubell et La Révellière-Lépeaux, est fermement républicain. Entre les deux Barras tergiverse.

    Coup d'État

    Barras finit par se ranger du côté des républicains après la découverte de documents suspects portés par un agent royaliste, le comte d'Antraigues (Louis-Alexandre de Launay), arrêté par Bonaparte. Ces documents annonceraient un coup d'État de la part du général Jean-Charles Pichegru .

    Selon ses mémoires, le député Viénot-Vaublanc accrédite l'idée d'une tentative de coup d'État. Ce dernier devait prononcer un discours de mise en accusation du triumvir 1, 2.

    Les « triumvirs » avertis, décident de devancer les Clichyens (crypto-royalistes) en faisant immédiatement arrêter leurs chefs. À l'aube du 18 fructidor an V, le général Augereau, dépêché par Bonaparte, fait occuper Paris.

    Le directeur François de Barthélémy, le président du Conseil des Cinq-Cents Siméon, le président du Conseil des Anciens André-Daniel Laffon de Ladebat, le général Jean-Charles Pichegru, le général Amédée Willot, Jean-Pierre Ramel, commandant de la garde du Corps Législatif, un certain nombre de députés et de journalistes sont arrêtés par le général Verdière, incarcérés au Temple et déportés à Sinnamary en Guyane française. Des affiches sont placardées dans Paris, révélant d'après les papiers de Louis-Alexandre de Launay la trahison de Jean-Charles Pichegru. Les deux Directeurs favorables aux royalistes sont destitués, et de nombreux députés, prêtres et journalistes furent eux aussi déportés en Guyane. Les élections de 49 départements sont annulées. C'est ce coup d'État qui fait prendre la fuite à Lazare Carnot, à qui on avait fait craindre l'arrestation.

    Bibliographie

    • Albert Meynier, Le dix‑huit fructidor an V (4 septembre 1797). Les coups d'État du Directoire, vol. 1, Paris, Presses universitaires de France, 1928.
    • Howard G. Brown, « Mythes et massacres : reconsidérer la « terreur directoriale »»Annales historiques de la Révolution françaiseno 325, juillet-septembre 2001, p. 23-52.
    • Isaac Étienne de Larue, Histoire du dix-huit fructidor, ou Mémoires contenant la vérité sur les divers événemens qui se rattachent à cette conjuration, 1821. [2]

    Liens externes

    • Site sur A.-D. Laffon de Ladebat
    • Site sur le coup d'État du 18 fructidor
    • Les pionniers de la guillotine sèche en Guyane française sous le Directoire Philippe de Ladebat, éd. Amalthée Nantes, 2008

    Notes et références

    1.  J Tulard, J-F Fayard e A Fierro, Histoire et dictionnaire de la révolution française 1789-1799, édition Robert Laffont, Paris, 1987, p. 222, ISBN 2-221-04588-2.
    2.  Isaac Étienne de Larue, Histoire du dix-huit fructidor: ou, Mémoires contenant la vérité sur les divers évènements qui se rattachent à cette conjuration, 1821. [1] [archive]

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    01 février 2017

    Couvent des Oiseaux

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    Couvent des Oiseaux

     

    Couvent des Oiseaux
    Localisation
    Pays Drapeau de la France France
    Région Île-de-France
    Ville Paris
    Coordonnées 48° 50′ 49″ Nord,2° 19′ 01″ Est

     

    Installations
    Type Maison d'arrêt puis pensionnat de jeunes filles

    Le Couvent des Oiseaux, situé 84 rue de Sèvres à Paris 1, était un hôtel particulier utilisé comme prison pendant la Terreur durant la Révolution française, puis un pensionnat de jeunes filles de 1818 à 1904.

     

    Sommaire

     
    • 1Hôtel particulier
    • 2Prison
      • 2.1Un refuge dans la tourmente
      • 2.2Des hôtes choyés
      • 2.3Une charrette fatale
    • 3Pensionnat de jeunes filles
    • 4Une école de peinture, avant la destruction
    • 5D'autres lieux
    • 6Bibliographie
    • 7Notes

     

    Hôtel particulier

    À l'origine, le bâtiment est un hôtel particulier datant de 1775 2.

    Prison

    C'était un Eden de captivité. Rien n’y manquait que le droit d’en sortir. C’était la maison des Oiseaux - un propriétaire avait établi, dans le jardin, d’immenses volières peuplées d’oiseaux exotiques. Sa position à l’encoignure du boulevard des Invalides, le jardin profond et calme comme un parc, donnaient à la société qui y était détenue une apparence de liberté.

    Un refuge dans la tourmente

    Cette geôle était presque de tout repos, si bien que Jules Michelet a pu écrire spirituellement que la prison des Oiseaux, pendant la Terreur, était une assurance contre la guillotine. Pendant plus de six mois, sur 160 personnes qui y étaient renfermées, deux seulement avaient été exécutées. Cette prison était très recherchée et regorgeait de suspects riches ; on les y écrouait par faveur et moyennant finances ; les prix étaient d’ailleurs exorbitants. La section en tirait de jolis profits 3. Le comité choyait, gardait son petit troupeau, faisait le silence autour des incarcérés et cachait leurs noms aux oreilles indiscrètes.

    Des hôtes choyés

    Pendant longtemps, l’accusateur public Fouquier-Tinville chercha la princesse de Chimay dans toutes les geôles. Un beau jour, par inadvertance, le commis-greffier Ducret, en parlant du beau domaine de la princesse, à Issy (devenu Issy-les-Moulineaux), laissa échapper que la propriétaire était encagée aux Oiseaux. « Aux Oiseaux, s’écria Fouquier, assis dans un coin, et dire que je la cherche depuis trois mois! »

    Une charrette fatale

    Le 7 thermidor, une charrette s’arrêta vers cinq heures du soir devant la maison de la rue de Sèvres. On y chargea une fournée de ses précieux pensionnaires, qui allèrent passer à la Conciergerie leur dernière nuit : la princesse de Chimay, la comtesse du Plessis-Chatillon de Narbonne-Pelet, sa nièce la comtesse veuve de Narbonne-Pelet, le duc de Clermont-Tonnerre, le marquis de Crussol d’Amboise, Mgr de Saint-Simon, évêque d’Agde, la comtesse de Gramont, dame d’atours de Marie-Antoinette, la comtesse de Colbert-Maulevrier...

    L’une d'elles, une femme de chambre nommée Lusigny, fut vaguement accusée « d’être sortie du territoire avec sa maîtresse pour se rendre à Bruxelles, d’avoir partagé avec elle ses sentiments contre-révolutionnaires et d’avoir été la confidente discrète de tous ses complots liberticides ». Condamnée à mort le 8 thermidor, elle réclama une entrevue avec Fouquier-Tinville, pour lui déclarer « qu’elle avait eu un commerce charnel avec le nommé Boucher, négociant, qui a été détenu dans la même maison, et qu’elle serait enceinte d’environ trois semaines, attendu que ses règles n’ont pas paru à l’époque ordinaire. » Les médecins Enguchard, Quinquet, et la sage-femme Prioux procédèrent immédiatement à son examen et ne reconnurent chez elle aucun signe de grossesse. Elle fut conduite à l’échafaud le lendemain 9 thermidor, sur la dernière charrette.

    Pensionnat de jeunes filles

    Marie-Thérèse-Félicité Binart, en religion « mère Marie-Euphrasie » chanoinesse de la congrégation de Notre-Dame, fonde à Paris un pensionnat installé faubourg Saint-Jacques en 1807 4. Il déménage rue des Bernardins en 1812, puis en 1818 mère Marie-Euphrasie loue l'« Hôtel des Oiseaux » de la rue de Sèvres 4. À cette occasion, mère Marie-Euphrasie reprend en les adaptant les règlements des sœurs du Sacré-Cœur utilisés dans leur pensionnat d'Amiens 5.

    Vendu par le bureau du Domaine national de Paris, le domaine est acquis par la Congrégation de Notre-Dame le 14 avril 1824.

    L'architecte Jean-Baptiste-Antoine Lassus y réalise un vestibule d'accès en forme de galerie de cloître de style néogothique 1.

    À la veille de la révolution de 1848, l'établissement compte 240 pensionnaires encadrées par 118 religieuses et seize professeurs étrangers. Le prix de la pension est alors de 1800 francs par an, mais les sœurs donnent aussi une instruction gratuite aux enfants pauvres dans un bâtiment séparé. Les pensionnaires disposent de cent pianos 6.

    En 1854, pour faire face à une hausse des effectifs, les deux classes comprenant les enfants les plus jeunes sont transférées à Issy, dans un établissement nommé alors « Les Oiseaux d'Issy » 7.

    L'opérette Mam'zelle Nitouche, créée en 1883, met en scène un couvent des Hirondelles qui s'inspire du couvent des Oiseaux 8.

    Le pensionnat de la rue de Sèvres ferme à la suite de la loi du 7 juillet 1904 relative à la suppression de l'enseignement congréganiste. La dernière supérieure, Mère Cœur-de-Jésus (Henriette Bourbon), s'exile en Angleterre dans le Kent. Finalement, elle acceptera la sécularisation et continuera son activité d'éducatrice à Orbec (Calvados). Elle y mourra en février 1917.

    Une école de peinture, avant la destruction

    Durant les années 1908 et 1909, Henri Matisse y dirige une école d'art, où l'on compte de nombreuses jeunes femmes, bientôt appelée l'« Académie Matisse ». Elle est fondée avec l'aide de Sarah et Michael Stein, et grâce aux efforts d'Hans Purrmann, qui en devient le premier responsable. L'Académie doit ensuite migrer à l'hôtel de Biron (où Rodin à son atelier de présentation) pour finir à Issy-les-Moulineaux : elle ferme ses portes en 1911 9.

    Les bâtiments de la rue de Sèvres sont rasés à la fin de l'année 1909 et remplacés par un lotissement haussmannien (rue de Sèvres, boulevard des Invalides, avenues Daniel-Lesueur et Constant Coquelin).

    D'autres lieux

    Un externat secondaire ouvre par la suite rue de Ponthieu en conservant le nom de « Couvent des Oiseaux ».Françoise Sagan y fait une partie de sa scolarité. L'établissement déménage rue Michel-Ange en 1960 10, où il est connu aujourd'hui sous le nom de « collège privé Notre-Dame-des-Oiseaux ».

    Une autre pensionnat ouvrit en 1929 11 dans une propriété de Verneuil-sur-Seine. Il est connu aujourd'hui sous le nom d'Ensemble scolaire Notre-Dame « Les Oiseaux ».

    Article détaillé : Histoire de l'éducation des filles en France.

    Bibliographie

    • Lucien Lambeau, « L'ancien couvent des Oiseaux, situé rue de Sèvres 84 », Procès-verbal de la séance de la Commission du Vieux Paris, 27 février 1909.
    • Mémoires de deux détenus des Oiseaux :
      • Renée Caroline Victoire de Froullay, marquise de Créquy, 1714-1803 (mémoires apocryphes).
      • A. M. F. de Dompierre d’Hornoy, arrêté le 20-4-1794, libéré le 14-10-1794.

     

    Notes

    1. ↑ a et b Jean Michel Leniaud, « Jean-Baptiste Lassus: (1807-1857). Ou le temps retrouvé des cathédrales », Volume 12 de Bibliothèque de la Société Française d'Archéologie, Librairie Droz, 1980, (ISBN 2600046135), p. 178-179
    2.  Le Couvent des Oiseaux [archive]
    3.  Ces gens là auraient dû en rendre compte devant la justice de l'époque !
    4. ↑ a et b Saint-Jérôme (chanoinesse de la Congrégation Notre-Dame ; 1810-1868), « Vie de la révérende mère Marie-Anne-Maria de La Fruglaye », Clermont-Ferrand, Bellet, 1865, p. IX-X
    5.  Marie-France Carreel, Le plan éducatif fondateur de la Société du Sacré-Cœur de Jésus et ses formes actuelles [archive], thèse de doctorat, université Lyon 2, 10 septembre 2001
    6.  Thomas William Allies, « Journal d'un voyage en France, et lettres écrites d'Italie », Paris, Casterman 1857, p.257-258
    7.  Saint-Jérôme (chanoinesse de la Congrégation Notre-Dame ; 1810-1868), « Vie de la révérende mère Marie-Anne-Maria de La Fruglaye », Clermont-Ferrand, Bellet, 1865, p.XII
    8.  Vincent Giroux, « Couvents et monastères dans le théâtre lyrique français sous la Troisième République (1870-1914) », in « Opéra et religion sous la IIIe république : Actes du colloque organisé dans le cadre du 8e festival Massenet de l'opéra théâtre de Saint-Étienne, 10 et 11 novembre 2005 », Université de Saint-Étienne, 2006, p.47
    9.  Migrations et identités. L'exemple de l'Allemagne aux XIXe et XXe siècles [archive], par Jean-Paul Cahn et Bernard Poloni, Lille, Presses universitaires du Septentrion, page 151 — extrait en ligne.
    10.  Alain Gagnieux, « Clair de lune, d'un ciel à l'autre: Itinéraire d'une Vietnamienne au gré de l'Histoire », L'Harmattan, 2013, p.66
    11.  Mots du chef d'établissement [archive]

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    31 janvier 2017

    Section de la Maison-Commune

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    Section de la Maison-Commune

     

    La section de la Maison-Commune était, sous la Révolution française, une section révolutionnaire parisienne.

    Elle était représentée à la Commune de Paris par :

    • Edmé Lauvin, (1734-1794), avocat, guillotiné le 11 thermidor an II,
    • J.M. Quenet, marchand de bois, guillotiné le 10 thermidor an II,
    • Jean-Guillaume Vaucanu (1747-1794), marchand mercier, guillotiné le 11 thermidor an II.

    Historique

    Cette section qui se nomma tout d’abord « section de l’Hôtel de Ville », devint en août 1792 « section de la Maison-Commune ». Au lendemain du 9 thermidor an II, pour effacer toute allusion à l'insurrection de l’Hôtel de Ville, elle prit le nom de « section de la Fidélité ».

    Territoire

    Secteur de l’Hôtel de Ville.

    Limites

    La rue des Nonaindières à gauche, du pont Marie à la rue Saint-Antoine : la rue Saint-Antoine à gauche, jusqu’à la rue de la Tixéranderie : la rue de la Tixéranderie à gauche jusqu’à la rue du Mouton : la rue du Mouton à gauche, et la place de Grève à gauche jusqu’à la rivière : le bord de la rivière depuis la Grève jusqu’au Pont-Marie1.

    Intérieur

    Les rues de Jouy, de la Mortellerie, quai des Ormes, le Port-au-Blé, les rues de Martroi, de la Levrette, de Long-Pont, des Barres, Grenier sur l’Eau, Geoffroy-l’Asnier, du Pourtour, du Monceau, du Pet-au-Diable, l’Hôtel-de-Ville, etc., et généralement toutes les rues, culs-de-sacs, places, etc. enclavées dans cette limite.

    Local

    La section de la Maison-Commune se réunissait dans l’église Saint-Gervais-Saint-Protais, située derrière l'Hôtel de Ville, entre la place Saint-Gervais et la rue des Barres.

    Population

    12 230 habitants, dont 4 260 économiquement faibles. La section comprenait 1 700 citoyens actifs.

    9 Thermidor an II

    Lors de la chute de Robespierre, le 9 thermidor an II, la section de la Maison-Commune soutint la Convention nationale, mais ses trois représentants à la Commune de Paris prêtèrent serment à la Commune de Paris et furent guillotinés les 11 et 10 thermidor an II.

    Rapport d’Edme-Bonaventure Courtois :

    « Parmi les papiers qui concernent la section de la Fidélité (Maison-Commune), j’ai trouvé plusieurs pièces intéressantes : le procès-verbal concernant la chute de Robespierre jeune (Augustin-Bon-Joseph Robespierre) du haut de la commune, d’où il s’était précipité, que j’ai placé au n° XXXVIII des pièces justificatives ; des consignes du maire de Paris, des arrêtés de Bercy (commune de Bercy), des lettres du comité d’exécution, et des ordres de François Hanriot. J’ai cru devoir consigné [sic] ici ces pièces. »

    Évolution

    Après le regroupement par quatre des sections révolutionnaires par la loi du 19 vendémiaire an IV (11 octobre 1795) qui porte création de 12 arrondissements, la présente section est maintenue comme subdivision administrative, puis devient, par arrêté préfectoral du 10 mai 1811, le quartier de l'Hôtel de Ville (9e arrondissement de Paris)2.

    Sources et références

    1. Procès-verbal de l’Assemblée nationale [archive], t. 22, Paris, Baudouin, 1789, p. 70.
    2. Dictionnaire historique des rues et monuments de Paris [archive], de Félix et Louis Lazare, 1855.

     

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