Vendée Militaire et Grand Ouest

25 juin 2019

Laurent Auguste

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Auguste Laurent

 

Auguste Laurent

Langres-Auguste_Laurent

Buste d'Auguste Laurent près des remparts de Langres
Biographie
Naissance
14 novembre 1807


Langres

Décès
23 avril 1853

(à 45 ans)
Paris

Nationalité
Français
Activité
Chimiste
Autres informations
A travaillé pour
Université de Bordeaux
Domaine
Chimie
Membre de
Académie des sciences
Académie des sciences de Turin

Auguste Laurent, né à La Folie, près de Langres, le 14 novembre 1807 et mort à Paris, le 15 avril 1853 est un chimiste français qui fut l'un des créateurs de la notation atomique et un précurseur de la chimie organique moderne et de la théorie atomique.

Auguste Laurent fut le prédécesseur et le maître de Gerhardt.

Sommaire

  • 1 Titres et distinctions
  • 2 Les travaux et l'apport d'Auguste Laurent
  • 3 Œuvres
  • 4 Citations
  • 5 Notes et références
  • 6 Bibliographie
  • 7 Liens externes

Titres et distinctions

  • Ingénieur de l'École des Mines.
  • Préparateur à l'École centrale des arts et manufactures.
  • Professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux.
  • Membre correspondant de l'Académie des sciences.
  • Membre de l'Institut de France.
  • Essayeur à la Monnaie.

Les travaux et l'apport d'Auguste Laurent

Il découvre les imides, la dulcite, l'anthracène, l'acide phtalique et identifie l'acide carbolique (phénol).

Il invente une nomenclature systématique pour la chimie organique basée sur le regroupement des atomes en molécules et détermine comment les molécules se combinent dans les réactions chimiques. Il étudie avec Jean-Baptiste Dumas les phénomènes de substitution et est un des pionniers de la théorie atomique. Il travaille également avec Charles Frédéric Gerhardt.

Louis Pasteur eut la chance de le rencontrer1. D'après Yves Robin2 et Gerald L. Geison3, Auguste Laurent fut l'initiateur des thèses de cristallographie de Louis Pasteur, présentées en 1847. D'après George B. Kauffman et Robin D. Myers4, Louis Pasteur reconnaissait, au départ, l'apport d'Auguste Laurent pour ses travaux de cristallographie mais ce fut pour l'ignorer ensuite5.

Œuvres

  • (fr) [PDF]Auguste Laurent, Méthode de chimie, Paris, 1854 [archive]. Cliquez sur télécharger en haut et à droite. Texte en ligne disponible sur IRIS [archive].
  • (fr) [PDF]Auguste Laurent, Précis de cristallographie, suivi d’une méthode simple d’analyse au chalumeau [archive]. Cliquez sur télécharger en haut et à droite.

Citations

  • « Il est indéniable qu'Auguste Laurent fut l'initiateur de vos thèses présentées en 18476. Il est également évident, bien que vous n'en fassiez jamais référence plus tard (sans doute à cause de la marginalité du personnage7), qu'il fut l'un de vos premiers grands maîtres et que vous lui devez votre carrière de cristallographe. Il est plus que probable, compte tenu du sujet de son précis8 vendu au rabais, que Laurent vous a fait découvrir non seulement les cristaux, mais peut-être aussi leur hémiédrie et leur pouvoir rotatoire sur la lumière polarisée. » (Yves Robin) 9.
  • « Dans une lettre privée à Dumas en 1852, Pasteur écrit « j'ai travaillé sous la direction du bon M. Laurent à un âge où l'esprit est formé par un modèle qu'il représentait. Il n'a cessé de me prodiguer ses conseils éclairés pour émettre des hypothèses sans les bases, mettre en évidence les symptômes et en dégager une conclusion précise ». » (Pierre-Louis Laurioz) 10
  • Citons le professeur d'histoire de l'université de Princeton, Gerald L. Geison : « In his first (unpublished) draft of Pasteur's discovery, he made it clear how much he owed to Laurent. Within weeks, in the brief note of 15 May 1848 that he published in the Comptes rendus of the Academie des sciences, Pasteur already began to tone down his allusions to Laurentian molecular models. And soon therafter, in the first long paper describing his discovery, Pasteur completely eliminated Laurent's name from his text. From that point on, Laurent's name, so prominently cited in Pasteur's chemistry thesis and in his earliest published papers, virtually disappared from publications and was not mentioned even once in Pasteur's famous 1860 lectures on the discovery. » 11.

Notes et références

  1. Dans sa Méthode de chimie, qui est de 1854, Laurent écrit : « Je montrais à M. Pasteur des cristaux de tartrate de chaux dont j’avais pu déterminer les angles… » (Méthode de Chimie, p. 175; cité dans Compléments à l'article « Auguste Laurent (1807-1853) :chimiste bicentenaire et inconnu », de Marika Blondel-Mégrelis, L’Actualité chimique, 2007, n° 314, p. 36, en ligne [archive].)
  2. Yves Robin, Lettre ouverte à Monsieur Louis Pasteur, éd. France Europe Éditions, 2002, p. 60
  3. Gerald L. Geison, The private science of Louis Pasteur, éd. Princeton University Press, 1995, pp. 58-62, 64-65, 70, 76-77, 79-89
  4. (en) [PDF] George B. Kauffman, Robin D. Myers, Pasteur’s resolution of racemic acid : a sesquicentennial retrospect and a new translation, The chemical education, 1998, vol 3, n°6 [archive]
  5. Gerald L. Geison, The private science of Louis Pasteur, éd. Princeton university Press, 1995, p. 372 (voir l'index du livre à Laurent, Auguste (nombreuses pages du livre)).
  6. C'est-à-dire des thèses de Louis Pasteur.
  7. Sous-entendu la marginalité d'Auguste Laurent.
  8. Auguste Laurent, Précis de cristallographie, suivi d'une méthode simple d'analyse au chalumeau
  9. Yves Robin, Lettre ouverte à Monsieur Louis Pasteur, éd. France Europe Éditions, 2002, p.60
  10. Pierre-Louis Laurioz, Louis Pasteur - la réalité après la légende, éd. De Paris, 2003, p. 70.
  11. Gerald L. Geison, The private science of Louis Pasteur, éd. Princeton University Press, 1995, p. 86.

Bibliographie

Correspondance

  • Marc Tiffeneau, Correspondance de Charles Gerhardt : Lettres échangées entre Auguste Laurent et Charles Gerhardt, Paris, Masson, 1918-1925, 366 p.

Livres où Auguste Laurent est cité :

  • Pierre-Yves Laurioz, Louis Pasteur - la réalité après la légende, éd. De Paris, 2003 (ISBN 2-85162-096-7). Les pages 70–71 sont dédiées à Auguste Laurent et à ses travaux.
  • Docteur Yves Robin, Lettre ouverte à Monsieur Pasteur Louis, éd. France Europe Éditions, 2002 (ISBN 2-84825-014-3). Louis Pasteur a connu Auguste Laurent. Les pages 58 à 60 de ce livre sont dédiées à Auguste Laurent et à ses travaux.
  • Marika Blondel-Megrelis, Dire les Choses - Auguste Laurent et la méthode chimique, 1996 (ISBN 2-7116-8300-1)
  • Gerald L. Geison, The private science of Louis Pasteur, éd. Princeton university Press, 1995

Articles où Auguste Laurent est cité :

  • Marika Blondel-Megrelis, Auguste Laurent et les alcaloïdes, Revue d'histoire de la pharmacie 2001, vol. 49, no 331, p. 303–314
  • Mauskopf, Trans. Am. Phil. Soc., 1976, 66, 5, p. 68–79
  • Owen Potter, Auguste Laurent's contributions to chemistry, Ann. Sci., Volume 9, Number 3, Number 3/September 28, 1953, p. 271–280 (10)

Liens externes

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24 juin 2019

Allemand Zacharie

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Zacharie Allemand

 

Zacharie Allemand

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Naissance 1er mai 1762
à Port-Louis (Morbihan)
Décès 2 mars 1826 (à 63 ans)
à Toulon
Origine Français
Allégeance Drapeau du royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Pavillon de la Marine de la République française Marine de la République
Pavillon de la Marine du Premier Empire Marine impériale française
Grade Vice-amiral
Années de service 1787-1814
Conflits Guerre d'indépendance des États-Unis
Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Distinctions Grand officier de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Autres fonctions Président de l'Académie des sciences

Zacharie Fourrier Théodore Allemand, né le 1er mai 1762 à Port-Louis, mort le 2 mars 18261 à Toulon, est un marin d’Empire français.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Avant la Révolution : dans le sillage de Suffren
    • 1.2 La Révolution
    • 1.3 L’Empire
    • 1.4 À la tête de l’« escadre invisible » 1805
    • 1.5 Retraite
  • 2 État de service
  • 3 Commandements
  • 4 Faits d'armes
  • 5 Blessures
  • 6 Décorations
  • 7 Titres
  • 8 Hommage, honneurs, mentions,…
    • 8.1 Épitaphe
  • 9 Publications
  • 10 Autres fonctions
  • 11 Pensions, rentes
  • 12 Armoiries
    • 12.1 Notes et références
  • 13 Annexes
    • 13.1 Sources et bibliographie
    • 13.2 Articles connexes
    • 13.3 Liens externes

Biographie

Avant la Révolution : dans le sillage de Suffren

Fils d’un capitaine de la Compagnie des Indes, il est orphelin très jeune et s’engage à 12 ans comme mousse sur un bâtiment « de la Compagnie », le Superbe et navigue dans l’océan Indien et en mer de Chine méridionale.

Volontaire dans la Marine royale en 1778 sur le Sévère, il participe à toute la campagne du Bailli de Suffren, qui sera un peu son mentor, dans l’océan Indien et à tous ses combats : Sadras, Provédien, Négapatam, Trinquemalay, Gondelour. Il est blessé trois fois, dont deux lors des combats de Gondelour en 1782 et 1783. À la fin de la guerre, au lieu de retourner en France, il reste dans l’océan Indien et la Royale avec le grade de lieutenant de frégate sur le vaisseau l’Annibal puis les flûtes la Baleine et l’Outarde. Il revient finalement en France fin 1786 pour bénéficier de la réforme créant le grade de sous-lieutenant de vaisseau. En cette qualité, il navigue jusqu’à 1791 sur différentes frégates aux Antilles et sur les côtes d’Amérique.

La Révolution

Lieutenant de vaisseau en janvier 1792, il est capitaine de vaisseau à la déclaration de guerre contre la Grande-Bretagne en février 1793 et chargé du commandement de la frégate la Carmagnole ainsi que d’une petite division. Il effectue une guerre de course en Atlantique et s’empare de la frégate HMS Thames, qui errait désemparée et démâtée après avoir combattu durement la veille la frégate l’Uranie qui avait renoncé à l’abordage. Cette prise facile, la première faite sur la Royal Navy lors de cette guerre, lui vaut les félicitations de la Convention. La Thames est incorporée à la marine de la République sous le nom de la Tamise.

En 1794, commandant le Duquesne, vaisseau de 74 canons, il ravage avec une division les établissements britanniques de Sierra Leone et de Guinée, prenant ou détruisant 21 navires, la plupart négriers.

Il se joint ensuite en Méditerranée à l’escadre du contre-amiral Martin avec lequel il a des relations exécrables. Il participe à l’opération sur la Corse et échappe de peu à une révocation pour indiscipline après le combat indécis du cap Noli (1796).

Devenu chef de division, il commanda une partie de l’escadre du contre-amiral Richery, avec laquelle il combat près de Cadix et participe notamment à la reprise du vaisseau le Censeur. Il est ensuite envoyé détruire les établissements britanniques sur la côte du Labrador. Au retour, il s’empare d’un important convoi : 80 000 000 francs de prises et 1 800 prisonniers, parmi lesquels, le gouverneur général du Canada, toute sa famille et beaucoup d’officiers de marque. Malgré ce succès, il est révoqué de son commandement dès son retour pour « brutalité envers son équipage » et « grossièreté vis-à-vis de ses passagers ».

Sur le Tyrannicide, il participe au raid de Bruix en Atlantique puis Méditerranée. Lorsque Latouche-Tréville succède à Bruix, il révoque Allemand de nouveau pour grossièreté ce qui ne l’empêchera pas de commander quelque temps plus tard les vaisseaux l’Aigle, puis le Magnanime. En 1801, il participe à l’opération de Saint-Domingue contre Toussaint Louverture, s’empare de Saint-Marc puis attaque la Dominique au sein de l’escadre Missiessy qu’il remplace en 1805.

L’Empire

Dans le cadre des manœuvres de la flotte impériale pour leurrer la Royal Navy et couvrir en Manche les opérations de transport de l'armée du camp de Boulogne en 1804, il reçoit le commandement du Magnanime 74 canons dans l'escadre de Missiessy, avec laquelle il appareille le 11 janvier 1805 pour les Antilles, lieu de rassemblement prévu des escadres de Brest (Ganteaume), Toulon (Villeneuve) et Rochefort, ainsi que de l'escadre espagnole de Gravina. Sur place, Allemand participe activement à la prise de la Dominique. Missiessy quitte les Antilles le 28 mars pour Rochefort : Villeneuve, qui ne quittera Toulon que le 30 mars, ne s'est pas montré.

À la tête de l’« escadre invisible » 1805

De retour à Rochefort, Missiessy est injustement blâmé pour sa conduite, et tombe malade. Allemand reçoit alors officieusement le commandement de l'escadre (ceci ne sera officialisé qu'avec la disgrâce de Missiessy, le 26 juin), et, le 22 juin 1805, une nouvelle mission : il doit faire diversion, partir vers les côtes d'Irlande comme s'il venait d'Amérique, et s'y faire repérer entre le 4 et le 9 juillet. Sans se faire repérer de la division de 4 à 6 vaisseaux qui surveille ce port il doit ensuite croiser à 100 nautiques à l'ouest du Ferrol du 29 juillet au 3 août, pour réaliser sa jonction avec l'escadre de Villeneuve de retour des Antilles où elle a réussi à distancer Nelson. Le 17 juillet, il prend donc la mer avec ses 5 vaisseaux (les vaisseaux Majestueux de 118 canons, Jemmapes, Magnanime, Suffren et Lion de 74 canons, les frégates Armide, Thétis et Gloire de 40 canons, et les bricks Sylphe et Palinure de 16 canons). Parti trop tard pour aller reconnaître l'Irlande, il se dirige vers le point de rendez-vous et y croise effectivement du 29 juillet au 3 août. Ne voyant pas arriver l'escadre de Villeneuve qui a affronté Calder le 22 juillet, et s'est rassemblée en baie de Vigo jusqu'au 31 juillet, avant de se diriger sur La Corogne (le Ferrol), il se dirige vers le sud de Penmarc'h, second lieu prévu de rendez-vous, et y croise du 6 au 11 août.

Pendant ce temps, Villeneuve tente aussi d'établir le contact. Il détache une frégate, la Didon, à sa recherche. Mais elle est capturée par la frégate anglaise Phénix ! Le 13 août, il quitte Le Ferrol pour se rendre à Brest pour réaliser la jonction avec l'escadre de Ganteaume. Allemand, lui, redescend vers l'Espagne, toujours à la recherche de Villeneuve. Le 14 août, les journaux de bord des deux flottes permettent de conclure qu'elles se sont aperçues. Mais pensant être tombé sur une flotte anglaise très supérieure en nombre, Allemand se dérobe habilement. Villeneuve ne cherche pas à reconnaître cette flotte, car les anglais ont réussi à lui faire croire qu'une de leurs escadres, forte de 25 vaisseaux, descendait vers Vigo.

Arrivé à Vigo le 16 août, Allemand y prend connaissance des instructions laissées par Villeneuve : repartir sur Brest. Son escadre repart donc dès le 17, arrive à Penmarc'h le 30 août et y croise jusqu'au 6 septembre, échappant aux navires anglais de Stirling. Mais Villeneuve n'est jamais arrivé jusque-là car il a fait demi-tour depuis bien longtemps. Allemand décide alors de redescendre vers l'Espagne.

Le 11 septembre, il est au large de Cadix, et apprend que Villeneuve y est étroitement bloqué : c'est alors le début de l'épopée de l'escadre invisible. Le 15 septembre, il intercepte un convoi des Indes, s’emparant notamment du vaisseau de ligne HMS Calcutta (64 canons) ainsi que 10 navires de commerce. Du 24 au 30 septembre, il est à l'ouvert de la Manche, échappant à Cornwallis. Le 9 octobre, il est au Cap Finisterre, pourchassé par l'amiral Strachan et poursuivant un convoi de Lisbonne… Par la suite, il fait route sur Santa Cruz de Tenerife, réalise de nombreuses prises sur zone, puis fait escale aux Canaries du 3 au 16 novembre pour y soigner ses malades et vendre les prises qu'il a pu faire. Sillonnant l’Atlantique en tous sens, il parvint à échapper à trois escadres ou divisions britanniques à sa poursuite. Il rentre à Rochefort le 24 décembre, après 161 jours de croisière dont 148 de mer. S'il a de nombreux malades dans ses équipages, il n'en ramène pas moins de 1 200 prisonniers, pris sur 52 navires de commerce anglais ! Bel exemple de ce que peut faire une force homogène sous la coupe d'un chef énergique.

Ce bel épisode vaut à Allemand d'être promu contre-amiral en janvier 1806, et de conserver le commandement de l'escadre de Rochefort. Ceci malgré les mises en garde de Decrès à l’Empereur :

« C’est l’expression [la brutalité] qui convient aux procédés qu’il a avec ses subordonnés, l’arrogance de ses manières, les propos les plus grossiers et les plus humiliants dans sa conversation et dans ses rapports officiels, une vantardise que rien ne justifie, voilà ce qui lui a aliéné tous ceux qui servent sous ses ordres… Au reste, cet homme si hautain, si dur, si impérieux avec ceux qui sont sous ses ordres a toujours tenté d’en user de même avec ses égaux, et je ne sais comment cela s’est fait, mais il est l’officier à qui j’ai vu le plus de querelles2. »

Napoléon qui considère lui qu’Allemand a de la chance, qualité incontournable selon lui pour tout général, le promeut contre-amiral le 1er janvier 1806. De ce fait, Decrès en tire la conclusion (erronée) qu’Allemand est un protégé de l’Empereur et intouchable. Pendant deux ans, jusqu'en 1807, il va rester à Rochefort, dont les Anglais font le blocus sans failles. En janvier 1808, il réussit à amener 5 de ses vaisseaux à Toulon, pour renforcer l'escadre du vice-amiral Ganteaume, chargée d'aller renforcer l'île de Corfou restituée par le traitée de Tilsitt. Allemand et Cosmao-Kerjulien font partie du voyage. Si l'opération est un succès, le but secondaire de la mission (permettre aux troupes du roi Joseph Bonaparte de débarquer en Sicile) est abandonné, les forces anglaises présentes étant jugées supérieures. À leur retour, Allemand prend alors, par interim, la tête de l'escadre de Méditerranée.

Nommé, en 1809 avec le grade de Vice-amiral, commandant des escadres de Brest et de Rochefort, réunies dans la rade de l’île d'Aix, il prend des mesures de défense insuffisantes alors que tout annonce une attaque britannique par des brûlots. Lorsque Cochrane lance l’attaque, la panique éclate chez les Français et Allemand donne pour seul ordre « liberté de manœuvre » se préoccupant seulement de son propre bâtiment qu’il fait se réfugier dans la Charente après avoir fait jeter par-dessus bord la plus grande partie de son artillerie. Le désastre de la bataille de l'île d'Aix est considérable : quatre vaisseaux et deux frégates pris et détruits ou sabordés. L’amiral n’entreprend rien pour défendre les bâtiments échoués et harcelés par les Britanniques dans les dix jours qui suivent. Decrès convaincu que l’amiral ne doit en aucun cas être inquiété sous peine de déplaire à l’Empereur, fait convoquer un conseil de guerre qu’il manipule en interdisant toute mise en cause de l’amiral. Quatre capitaines seront jugés, l’un d’eux fusillé, un autre révoqué. Toute la marine est choquée par l’outrageuse protection dont bénéficie Allemand quand il est aussitôt nommé au commandement de la flotte de la Méditerranée afin de ne pouvoir être entendu ou mis en cause par le conseil de guerre de Rochefort.

À Toulon, il entretient des relations détestables avec Emeriau, préfet maritime ; il commande la flotte de Brest en 1811, multipliant incidents, altercations, voire pugilats avec ses officiers. La flotte de Brest reste stationnaire pendant toute cette période. En 1813, il est nommé adjoint de Missiessy à Flessingue, ce qu’il refuse violemment, considérant qu’il ne peut que commander en chef. Il est cette fois en disgrâce et mis en retraite d’office.

Retraite

Lors de la première Restauration, il harcèle le ministère afin de reprendre du service, demander décorations et honneurs, sans aucun succès.

En mai 1814, Louis XVIII le nomme membre de l'Académie des sciences, dont il devient président en août. Il est fait Chevalier de l'Ordre de Saint-Louis en juin et est admis à la retraite le 27 décembre 1814.

Pendant les Cent-Jours, il est le seul officier général que Decrès refuse de réintégrer.

Dans les années qui suivent, il crée un ordre de la franc-maçonnerie dissident, le « Suprême Conseil du Prado », peu durable, dont il se proclame « Souverain Grand Commandeur ». Son activité s’y limite à faire condamner et exclure tous les membres importants de l’ordre. Il s’intéresse aussi à l’Ordre de chevalerie du Saint-Sépulcre de Jérusalem dont il publie l’histoire : Précis historique de l’Ordre royal, hospitalier, militaire du Saint-Sépulcre de Jérusalem, Paris, Delaunay 1815.

Il meurt à Toulon le 2 mars 1826.

État de service

  • Sous-lieutenant de vaisseau le 7 octobre 1787 ;
  • Lieutenant de vaisseau de 3e classe le 1er janvier 1792 ;
  • capitaine de vaisseau de 3e classe le 1er janvier 1793 ;
  • capitaine de vaisseau de 1re classe le 7 janvier 1794 ;
  • Chef de division le 21 mars 1796 ;
  • Contre-amiral le 3 janvier 1806 ;
  • Vice-amiral le 9 mars 1809.

Commandements

  • Commandant de l'escadre de Rochefort (25 juin 1805 - 28 avril 1808) ;
  • Commandant en chef de l'armée navale de la Méditerranée (à Toulon : 28 avril 1808 - 28 septembre 1808) ;
  • Commandant en second de l'armée navale de la Méditerranée (28 septembre 1808 - 16 mars 1809) ;
  • Commandant en chef de l'escadre de l'île d'Aix (17 mars 1809 - 14 juin 1809) ;
  • Commandant en chef de l'armée navale de la Méditerranée (à Toulon) (7 juillet 1809 - 2 mars 1811) ;
  • Commandant en chef de l'armée navale de l'Océan (escadre de l'Atlantique, à Brest : 23 avril 1811 - 11 mars 1813).

Faits d'armes

  • Batailles de Gondelour ;
  • Guerre de course en Atlantique et s’empare de la frégate HMS Thames (1793) ;
  • Campagne en Sierra Leone et Guinée où les établissements britanniques et prend ou détruit 21 navires (1794) ;
  • Bataille du Cap Noli (1796) ;
  • Combat près de Cadix et participe à la reprise du vaisseau le Censeur ;
  • Campagne sur la côte du Labrador avec 80 000 000 francs de prises et 1 800 prisonniers, parmi lesquels, le gouverneur général du Canada ;
  • Participe au raid de Bruix en Atlantique puis Méditerranée ;
  • Campagne en Atlantique (1805), où il s’empare du vaisseau de ligne le Calcutta (64 canons), prend ou détruit environ cent navires.

Blessures

  • Il reçoit trois blessures graves, dont deux lors des combats de Gondelour.

Décorations

Legion Honneur GO ribbon.svg Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis Chevalier ribbon.svg

  • Légion d'honneur :
    • Légionnaire en 1804, puis,
    • Officier le 15 juin 1804, puis,
    • Commandant le 18 avril 1812, puis,
    • Grand officier de la Légion d'honneur le 7 avril 1813 ;
  • Ordre royal et militaire de Saint-Louis :
    • Chevalier de Saint-Louis le 12 août 1814.

Titres

  • Comte de l'Empire le 15 août 1810.

Hommage, honneurs, mentions,…

Épitaphe

Il rédige lui-même son épitaphe :

29 campagnes en sous ordres,
37 ans de service dont 26 sous voiles,
commandé 13 croisières,
3 divisions en mission, 5 escadres,
une armée,
participé à 17 combats
et reçu trois blessures graves.

Publications

  • Précis historique de l’Ordre royal, hospitalier, militaire du Saint-Sépulcre de Jérusalem par le comte Allemand, Paris, Delaunay 1815.

Autres fonctions

  • Membre de l'Académie des sciences (mai 1814), dont il devient président en août 1814 ;
  • Fondateur de la loge maçonnique dissidente du « Suprême Conseil du Prado » dont il se proclama « Souverain Grand Commandeur ».

Pensions, rentes

  • Il reçoit une rente de 80 000 francs sur le Hanovre le 15 août 1810 (en même temps que son titre de Comte de l'Empire).

Armoiries

Figure Blasonnement
Orn ext comte de l'Empire GOLH.svg
Escutcheon to draw-fr.svg
Armes du comte Allemand et de l'Empire

D'azur, à trois vaisseaux mal-ordonnés d'or, habillés d'argent3 ; au franc-quartier des comtes militaires.4,5,6

Notes et références

  1. [1] [archive] p.96
  2. Source : (rapport du ministre en date du 13 septembre 1806 à l’Empereur, AN AF IV 1210).
  3. Johannes Baptist Rietstap, Armorial général : contenant la description des armoiries des familles nobles et patriciennes de l'Europe : précédé d'un dictionnaire des termes du blason, G.B. van Goor, 1861, 1171 p. (lire en ligne [archive]), et ses Compléments sur www.euraldic.com [archive]
  4. Source: Armorial du Premier Empire, Vicomte Albert Révérend, Comte E. Villeroy [archive]
  5. La noblesse d'Empire sur http://thierry.pouliquen.free.fr [archive]
  6. Tout sur l'héraldique : dessin de blasons et d'armoiries sur toutsurlheraldique.blogspot.com [archive]

Annexes

Sources et bibliographie

  • « Zacharie Allemand », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail de l’édition]
  • Georges Six, Dictionnaire biographique des généraux et amiraux de la Révolution et de l’Empire ;
  • Auguste Thomazi, Les Marins de Napoléon, Tallandier, Paris 1978 ;
  • Pierre Lévêque, Les Officiers de marine du Premier Empire (2 volumes), Service historique de la Marine, Paris ;
  • Jules Silvestre, Les Brûlots anglais en rade de l’île d’Aix, Arthur Savaète, Paris 1912.

Articles connexes

  • Marins d'Empire
  • Histoire de la marine française
  • Chronologie des guerres de la Révolution et de l'Empire

Liens externes

  • Notices d'autorité

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23 juin 2019

Pin Elzéar

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Elzéar Pin


Elzéar Pin

220px-Elzéar_Pin_Litho

 
Lithographie d'Elzéar Pin
Fonctions
Député à l'Assemblée Constituante de 1848
1848 – 1849
Gouvernement IIe République IIIe république
Groupe politique Union républicaine
député de Vaucluse
1871 – 1876
sénateur de Vaucluse
1876 – 1876
Président du Conseil général de Vaucluse
1880 – 1883
Biographie
Nom de naissance Joseph François Elzéar Pin
Date de naissance 9 août 1813 à Apt
Date de décès 5 mai 1883 (à 69 ans) à Paris
Résidence Vaucluse

Elzéar Pin (né à Apt le 9 août 1813, mort à Paris le 5 mai 1883) est un homme politique français. Élu représentant en 1848 puis député en 1871, il siégea comme sénateur de 1876 à 1883.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Œuvres
  • 3 Hommage
  • 4 Notes et références
  • 5 Bibliographie
  • 6 Voir aussi
    • 6.1 Articles connexes
    • 6.2 Liens externes

Biographie

Ses premières passions furent la littérature, la poésie et l'agriculture1.

Il fit ses premières armes de journaliste à Apt, en collaborant au Vert-Vert, au Corsaire, au Messager de Vaucluse et à la Revue Aptitienne1.

Le gouvernement provisoire de 1848 le désigna comme sous-commissaire de la République à Apt. Élu, le 23 avril 1848, représentant de Vaucluse à l'Assemblée constituante, il siégea à gauche. Son mandat fut marqué par ses votes contre les poursuites vis-à-vis de Louis Blanc et de Marc Caussidière, pour l'abolition de la peine de mort, pour le droit au travail et pour la Constitution1.

Bas-relief d'Elzéar Pin à Apt

Opposé vivement à la politique du prince-président, il ne fut pas réélu et, lors du coup d'État du 2 décembre 1851, il fut exilé. Amnistié en 1859, il se tint à l'écart de la politique. Après la défaite de Sedan, le 8 février 1871, il fut élu à l'Assemblée nationale. Il soutint le gouvernement de Thiers. Élu conseiller général du canton d'Apt le 8 octobre 1871, il se présenta au scrutin sénatorial du 30 janvier 1876 et fut élu sénateur de Vaucluse1.

Sous la Troisième République, le gouvernement Ferry promulgua la loi du 30 juillet 1881, dite de « réparation nationale », qui allouait une pension ou rente viagère aux citoyens français victimes du coup d'État du 2 décembre 1851 et de la loi de sûreté générale. La Commission générale chargée d'examiner les dossiers, présidée par le Ministre de l'Intérieur, était composée de représentants du ministère, de conseillers d'État, et comprenait huit parlementaires, tous d'anciennes victimes : quatre sénateurs (Victor Hugo, Jean-Baptiste Massé, Elzéar Pin, Victor Schœlcher) et quatre députés (Louis Greppo, Noël Madier de Montjau, Martin Nadaud et Alexandre Dethou)2.

Il fut réélu sénateur, le 8 janvier 1882. Elzéar Pin mourut à Paris le 5 mai 1883, et fut remplacé au Sénat, le 22 juillet suivant, par son compatriote vauclusien Alfred Naquet1.

Œuvres

On connait de lui trois ouvrages1 :

La fontaine Elzéar Pin, près du jardin public
  • Poèmes et sonnets 1839.
  • Projet de ferme régionale et d'endiguement de la Durance à Villelaure 1848
  • Souvenirs poétiques 1870.

Hommage

Une fontaine, près du jardin public d'Apt, lui a été dédiée. Offerte par Camille Estelle, inspecteur divisionnaire en retraite, elle fut inaugurée par Eugène Reboulin, député-maire de Vaucluse, le 12 avril 1896.

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

Articles connexes

  • Alphonse Gent
  • Liste des sénateurs de Vaucluse
  • Liste des députés de Vaucluse

Liens externes

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22 juin 2019

Duvivier Jean

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Jean Duvivier (graveur)

 


Jean Duvivier

260px-Portrait_de_Jean_Duvivier,_graveur_des_médailles_du_roi_1762

Pierre-Simon-Benjamin Duvivier, Portrait de Jean Duvivier, graveur des médailles du roi (1762),
localisation inconnue.

Naissance
7 février 1687
Liège
Décès
30 avril 1761 (à 74 ans)
Paris
Activité
Médailleur

Jean Duvivier, né à Liège le 7 février 1687 et mort à Paris le 30 avril 1761, est un médailleur français.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Galerie
  • 3 Notes et références
  • 4 Annexes
    • 4.1 Bibliographie
    • 4.2 Liens externes

Biographie

Jean Duvivier naît le 7 février 1687 à Liège1. Son père, Gendulphe Duvivier, graveur de cachets et de la vaisselle du prince-évêque le forme au dessin2. Il s'installe à Paris en 1710 puis est nommé médailleur officiel du roi Louis XV en 1719, succédant à Jean Mauger. Extrêmement prolifique, il signe plus de quatre cent matrices3.

Jean Duvivier épouse Marie-Louise Vignon (morte le 28 septembre 1752). De cette union, naissent trois fils : Pierre-Louis-Isaac (baptisé le 23 mai 1727), Pierre-Simon-Benjamin (baptisé le 5 novembre 1730) et Thomas-Germain-Joseph (baptisé le 31 août 1735), et une fille, Jeanne-Louise-Françoise, qui épousera le graveur Jacques-Nicolas Tardieu.

Son fils, Pierre-Simon-Benjamin Duvivier fut graveur général des monnaies de 1774 à 1791.

Jean Duvivier meurt à Paris le 30 avril 17611.

Galerie

   

Notes et références

  1. a et b (en) Extrait de la notice de Jean Duvivier (graveur) [archive] dans le dictionnaire Bénézit sur le site Oxford Index. 2006, (ISBN 9780199773787)
  2. Edouard Fétis, « les artistes belges à l'étranger, études biographiques, historiques et critiques », t. 2, ed. T.J. Arnold, Librairie Antiquaire, 1865, p. 21 et s..
  3. (en) Collection Benjamin Weiss [archive].

Annexes

Bibliographie

  • (en) Mark Jones, Grove Art Online, Oxford University Press, 1998 (ISBN 9781884446054).

Liens externes

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21 juin 2019

Leclerc de Lannoy Jean Antoine

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Jean Antoine Leclerc de Lannoy

 

Jean Antoine Leclerc de Lannoy

Dejabin_Collection_-_Jean_Antoine_Leclerc_de_Lannoy_(1728-1812)

Fonction
Député français
 
Biographie
Naissance
28 mars 1728


Moyenneville

Décès
19 juillet 1812

(à 84 ans)
Nesle

Activité
Homme politique

Jean Antoine Leclercq de Lannoy est un homme politique français né à Moyenneville (Vermandois) le 28 mars 1728, mort à Nesle (Somme) le 19 juillet 1812

Il était laboureur et propriétaire de la seigneurie de Lannoy à Ercheu, qu'il avait acquis en 1777 pour 63 000 livres, bailliage de Chauny. Avant la Révolution, il était Commissaire des guerres. Il fut élu, le 23 mars 1789, député du tiers état aux États généraux par le bailliage de Vermandois. Il opina silencieusement avec la majorité de l'Assemblée.

Sources

  • « Leclerc de Lannoy (Jean-Antoine) », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore [archive]]

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20 juin 2019

Devisme Jacques François Laurent

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Jacques François Laurent Devisme

 

Jacques François Laurent Devisme

220px-Berthélemy_-_Portrait_de_Jacques_François_Laurent_Devisme

 
Portrait de Jacques François Laurent Devisme, (Musée Antoine-Lécuyer à Saint-Quentin)
Fonctions
Député du tiers état aux États généraux de 1789
Président du Corps législatif
Prédécesseur Louis Ramond de Carbonnières
Successeur Jean-François Joseph Marcorelle
Biographie
Date de naissance 10 août 1749
Lieu de naissance Laon
Drapeau du royaume de France Royaume de France
Date de décès 2 février 1830 (à 80 ans)
Lieu de décès Laon
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession juriste

Jacques François Laurent Devisme ou de Visme (né le 10 août 1749 à Laon, mort le 2 février 1830 à Laon), est un homme politique français de la fin du XVIIIe et début XIXe siècle (Révolution française et Premier Empire).

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Avant la Révolution
    • 1.2 Les États généraux de 1789
    • 1.3 Sous le Directoire et le Premier Empire
  • 2 Écrits
  • 3 Reconnaissance publique
  • 4 Armoiries
  • 5 Notes et références
  • 6 Bibliographie

Biographie

Avant la Révolution

Son père, Jean de Visme est nommé juré receveur des maîtres merciers, joailliers et quincailliers le 28 juillet 1742, puis reçu juré receveur des maîtres drapiers le 23 juillet 17481.

Jacques François Laurent est mercier, puis joaillier avant de devenir avocat (bâtonnier de son ordre), conseiller du roi, assesseur en la maréchaussée, bailli des terres et seigneuries dépendant de la mense conventuelle de l'abbaye royale de Saint-Nicolas-aux-Bois, membre du conseil municipal de Laon, procureur-syndic de l'assemblée intermédiaire de l'élection de Laon.

Les États généraux de 1789

Choisi pour être député du tiers état aux États généraux de 1789, il prit une part active aux travaux de l'Assemblée et fut à l'origine de nombreux décrets (c'est à lui que les Israélites fixés en France doivent de ne plus payer la taxe à laquelle ils étaient soumis dans plusieurs localités).

Il devint secrétaire de l'assemblée constituante (1791), mais se retira dans ses terres pour échapper à la Terreur, et ne reparut qu'après le 18 brumaire.

Sous le Directoire et le Premier Empire

Président du Corps législatif (an X), il devint procureur général près la cour criminelle du département de l'Aisne, puis substitut du procureur-général à la cour impériale d'Amiens. Membre de la chambre des représentants (Cent-Jours), il fut destitué sous la Seconde Restauration : dès lors il s'occupa de littérature.

Sa tombe se trouvait encore en 1990 à l'entrée du cimetière Saint-Just à Laon2.

Écrits

Jacques François Laurent Devisme est l'auteur de plusieurs livres et de nombreux rapports3.

Il rédige :

  • Hugues Capet. Fragment historique (avec L. Devisme), Paris, 1804, 42 p., in-8° ;
  • une Histoire de la ville de Laon, publiée en 1822, 2 vol. in-8° (fac-simile sur Commons) ; réédité en 1980, fac-similé, introduction de Cécile Souchon, 2-7013-0351-6 (volume 1) et 2-7013-0365-6 (volume 2); nouvelle réédition en 1996, 2-84178-092-9
  • le Manuel historique du département de l'Aisne (Laon, 1826, in-8°) ;

Il traduit :

  • les Odes d'Horace (traduites en vers français), Paris, impr. Lenormant, 1811, 260 p., in-8°.

Cet écrivain a publié des articles de jurisprudence au Journal des Débats.

On trouve aussi de lui, dans le tome 2 de la Société des antiquaires de France des :

  • Observations sur le champ de César (situé au territoire de Saint-Thomas, canton de Craonne, arrondissement de Laon, 1820)

Reconnaissance publique

  • Devisme est nommé Chevalier de la Légion d'honneur le 26 novembre 18034,5
  • Il est fait également Chevalier de l'Empire (à la suite du décret du 5 frimaire an XII le nommant membre de la Légion d'honneur, lettres patentes signées à Paris le 24 février 1809).

Armoiries

 
Orn ext chevalier de l'Empire CLH.svg
Blason Jacques François Laurent de Visme (1749-1830).svg
Parti, le premier d'azur au chevron de gueules accompagné en chef de deux étoiles et en pointe d'un croissant montant le tout d'or ; le deuxième d'azur à la fasce d'or sommée d'une pyramide de gueules maçonnée de sable, accostée de deux étoiles d'or et accompagnée en pointe d'un mouton passant d'argent, tenant une bannière de même sur le pennon de laquelle est une croix de sable ; champagne de gueules au signe des chevaliers.6
  • Livrées : les couleurs de l'écu6

Notes et références

  1. Maximilien Melleville, "Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l Aisne", 1857 page 344 de 1857
  2. Bertrand Beyern, Guide des tombes d'hommes célèbres, Le Cherche midi, 2011, 385 p. (ISBN 9782749121697, lire en ligne [archive]), p. 13.
  3. Notice d'autorité de Devisme, Jacques-François-Laurent (1749-1830) [archive] sur le site du catalogue de la BNF.
  4. Biographie de Devismes dans le Dictionnaire des parlementaires français (1789-1891) [archive].
  5. « Jacques François Laurent Devisme » [archive], base Léonore, ministère français de la Culture.
  6. a et b « BB/29/970 page 373. » [archive], Titre de chevalier accordé à Jacques, François, Laurent Devisme, à la suite du décret du 5 frimaire an XII le nommant membre de la Légion d'honneur. Paris (24 février 1809)., sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (France) (consulté le 4 juin 2011)

Bibliographie

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19 juin 2019

Daumesnil Pierre

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Pierre Daumesnil

 

Pierre Daumesnil

250px-Pierre_Daumesnil_(1776-1832)


Surnom Jambe de Bois
Naissance 14 juillet 1776
Périgueux
Décès 17 août 1832 (à 56 ans)
Vincennes
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Empire français pendant les Cent-Jours Empire français (Cent-Jours)
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Cavalerie
Grade Lieutenant-général
Années de service 1794-1832
Commandement Château de Vincennes
Conflits Guerres révolutionnaires
Guerres napoléoniennes
Faits d'armes Bataille de Wagram
Distinctions Baron de l'Empire
Commandant de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 8e colonne)

Pierre Yrieix Daumesnil, surnommé la Jambe de bois, né à Périgueux le 14 juillet 1776, mort le 17 août 1832, est un général français du Premier Empire et de la Restauration.

Sommaire

  • 1 Général d’Empire
    • 1.1 Guerres révolutionnaires
    • 1.2 Guerres napoléoniennes
    • 1.3 La défense du fort de Vincennes
  • 2 Titres
  • 3 Décorations
  • 4 Hommage, honneurs, mentions…
  • 5 Armoiries
  • 6 Annexes
    • 6.1 Bibliographie
    • 6.2 Notes et références
  • 7 Voir aussi
    • 7.1 Articles connexes
    • 7.2 Liens externes

Général d’Empire

Fils d’un perruquier, Daumesnil reçoit une éducation fort incomplète, et s’enrôle très jeune. Son père ancien capitaine de cavalerie qui s’est livré au commerce, le destinait à cette carrière, mais le jeune Daumesnil s’engage à 17 ans dans le 22e régiment de chasseurs à cheval le 15 mars 1794.

Guerres révolutionnaires

Grièvement blessé au combat d’Elne le 2 fructidor an II, il rejoint son régiment en Italie au commencement de l’an IV, est admis le 25 prairial an V, avec le grade de brigadier dans les guides du général Bonaparte, et passe maréchal-des-logis le 7 brumaire an VI. À ses débuts dans les guides, il est d’une inconduite notoire en dehors des batailles. Un jour au Caire, il est arrêté et condamné à mort avec deux autres guides pour rébellion en campagne après une bagarre avec des officiers de ligne.

Bonaparte, qu’il a sauvé à Arcole et qui tient à lui, lui promet la vie sauve, s’il demande sa grâce, mais la mesure ne s’applique pas aux deux autres guides et Daumesnil refuse. Le lendemain, conduit au poteau d’exécution avec ses compagnons, la proposition lui est refaite et il refuse à nouveau. « [...] mais, alors qu’il se met en marche pour rejoindre les deux autres condamnés, on le retient. La salve couche ses compagnons, sous ses yeux, et on le reconduit dans sa cellule. Bonaparte a décidé de le sauver »1

Un des premiers, il monte à l’assaut de Saint-Jean-d’Acre, y reçoit un coup de sabre, et est précipité du haut des remparts dans le fossé par l’explosion d’une mine. Dans cette campagne, il sauve deux fois la vie du général Bonaparte2. Le général en chef le fait passer aussitôt dans le régiment des guides, où il déploie en vingt circonstances la plus rare intrépidité, notamment à la bataille d’Aboukir le 7 thermidor an VII, où il s’empare de l’étendard du Capitan pacha.

De retour en France avec Bonaparte, il entre dans les chasseurs à cheval de la Garde des consuls le 13 nivôse an VIII, y est nommé adjudant-sous-lieutenant le 16 floréal, et lieutenant le 29 messidor. Daumesnil suit le Premier consul en Italie (1799-1800) et combat à Marengo.

Guerres napoléoniennes

Capitaine le 13 messidor an IX, et membre de la Légion d’honneur le 25 prairial an XII, il fait les guerres d’Autriche (an XIV), de Prusse (1806) et de Pologne (1807). Chef d’escadron après Austerlitz (27 frimaire an XIV) et officier de la Légion d'honneur le 14 mars 1806, il est sur les champs de bataille d’Iéna, d’Eylau et de Friedland.

Il suit l’Empereur en Espagne en 1808. Dans l’insurrection du 2 mai à Madrid, c’est lui qui, à la tête des chasseurs à cheval de la Garde impériale, commande la principale charge de la cavalerie française contre les habitants de Madrid dans la grande rue d'Alcalá. Il a deux chevaux tués sous lui par le feu des insurgés.

Daumesnil fait partie en 1809 de l’armée d'Allemagne, se trouve à la bataille d'Eckmühl, et est promu au grade de colonel-major le 15 juin. Il est créé baron de l'Empire, et il tombe blessé à la jambe gauche sur le champ de bataille de Wagram le 6 juillet, étant à peine remis d’un coup de lance qui lui a percé le corps au commencement de la campagne. Amputé deux fois en quelques jours, il a le bonheur de se rétablir, et l’Empereur lui conserve son emploi.

Général de brigade, commandant de la Légion d'honneur et du château de Vincennes le 2 février 1812, il est investi le 18 du même mois du titre de gouverneur de cette place, d’où sortent pendant les quatre dernières années de l’Empire jusqu’à 350 000 cartouches et 40 000 gargousses par jour. Son importance est si grande, que l’Empereur dans un ordre spécial prescrit au général Daumesnil d’y loger, de ne jamais découcher, et de ne pas s’en absenter un instant sans ordre.

La défense du fort de Vincennes

La capitulation signée le 30 mars 1814 à 17 h, prescrit que le matériel qui couronne les hauteurs de la capitale doit être livré le lendemain à l’ennemi. Daumesnil, la nuit-même, sort de Vincennes avec 250 chevaux, enlève et introduit dans la place canons, fusils et munition, matériel estimé à plusieurs millions.

Le général Daumesnil refuse de livrer Vincennes (huile de Gaston Mélingue, 1882), Mairie de Vincennes.

La capitale est alors occupée par les alliés austro-russo-prussiens depuis plusieurs semaines et Daumesnil tient encore. Les alliés réclament en menaçant le général. On ne parle, dans Paris, que de la gaieté de sa réponse aux sommations russes : « Quand vous me rendrez ma jambe, je vous rendrai ma place ! » Il défend ce poste avec le plus grand courage contre les troupes alliées.

La Restauration elle-même croit devoir honorer ce beau caractère, et elle retire à Daumesnil le gouvernement de Vincennes, mais elle lui donne en échange celui de la petite place de Condé et la croix de Saint-Louis le 17 janvier 1815. L’apparition de Napoléon sur les côtes de Provence doit naturellement rendre le vieux soldat à toute l’ardeur de ses affections pour l’Empereur. Cependant, fidèle à ses nouveaux serments, il n’arbore les couleurs nationales sur la citadelle de Condé que le 22 mars, c’est-à-dire après le départ des Bourbons. Le soir où Napoléon entre à Paris, le 20 mars 1815, Daumesnil rentre dans Vincennes.

Bien que la paix ait été signée au Congrès de Vienne, les forces d’occupation prussiennes veulent dépouiller les places fortes et arsenaux français sous prétexte de compensation de celui qui leur a été enlevé lors des conquêtes napoléoniennes. L’arsenal de Vincennes renferme un matériel considérable, plus de 52 000 fusils neufs, plus de 100 pièces de canon, plusieurs tonnes de poudre, balles, boulets, obus et sabres. Le général baron Karl von Müffling (de), commandant en chef du corps prussien qui occupe Paris, a essayé par tous les moyens oratoires de pénétrer dans le château. Le général est de nouveau sommé de se rendre lorsque la capitale est encore envahie : « Nous vous ferons sauter, dit un des parlementaires. — Alors je commencerai, » répond le brave général, en lui montrant une énorme quantité de poudre ; «  nous sauterons ensemble. » Blücher lui fait proposer un million pour prix d’une capitulation, Daumesnil rejette l'offre avec mépris. « Mon refus servira de dot à mes enfants », dit-il. Impatient de rester inactif dans ces murs, il fait une sortie à la tête de quelques invalides, prend et reprend trois fois le village de Vincennes, et ramène des canons prussiens dans la place.

Il arrive à faire parvenir au ministre de la Guerre, le duc de Feltre, un billet glissé dans la jarretière d’une femme, dans lequel il sollicite l’aide du roi. Le général de Rochechouart, commandant la place de Paris, est envoyé à son secours. Le récit de ce dernier témoigne de l’extraordinaire courage du général Daumesnil, qui résiste avec une armée inférieure à 200 sous-officiers 3. Cinq mois après il capitule devant les Bourbons et sort de la forteresse avec le drapeau tricolore. Le 8 septembre de la même année, Daumesnil est mis à la retraite par le gouvernement royal.

Le baron Daumesnil vit dans la retraite quand la révolution de Juillet 1830 éclate : un des premiers actes du gouvernement est de lui rendre le commandement de Vincennes, dont la Restauration l’a dépouillé. Il y entre le 5 août, et est promu au grade de lieutenant-général le 27 février 1831.

Les ministres de Charles X étaient emprisonnés au donjon de la forteresse, en attendant que la Cour des pairs se prononçât sur leur sort. Quand une foule de révolutionnaires exaltés demandèrent sous les murs de Vincennes la tête des ministres, Daumesnil leur répondit : « Ils n'appartiennent qu'à la loi, vous ne les aurez qu'avec ma vie, » et son énergie suffit à calmer les émeutiers4. Lorsqu’il faut transférer les ministres à la maison d’arrêt de la Chambre des pairs, on craint une nouvelle tentative contre leur vie. L’un d’eux est malade. Daumesnil, en grand uniforme le place à ses côtés, dans sa voiture, et aussi intrépide que généreux, il traverse la foule silencieuse et menaçante qui afflue sur son passage. Il se dirige au pas vers le palais du Luxembourg, et remet, sain et sauf, au commandant du palais le proscrit confié à sa garde.

Le baron Daumesnil est mort du choléra à Vincennes le 17 août 1832. Les Chambres accordent une pension5 à sa veuve6.

Elle est nommée par Napoléon III surintendante de la maison impériale de Saint-Denis.

Titres

  • Baron Daumesnil et de l’Empire, décret du 13 avril 1809, lettres patentes du 9 mars 1810 (Paris).

Décorations

  • Légion d’honneur :
    • Légionnaire le 25 prairial an XII, puis,
    • Officier le 14 mars 1806, puis,
    • Commandant de la Légion d'honneur le 21 février 1812 ;
  • Chevalier de l’ordre de la Couronne de Fer ;
  • Chevalier de Saint-Louis le 17 janvier 1815.

Hommage, honneurs, mentions…

Statue de Daumesnil à Vincennes.
  • Le nom de DAUMESNIL est gravé au côté Nord (8e colonne) de l’arc de triomphe de l’Étoile, à Paris.
  • Une statue a été élevée en hommage à Daumesnil à Périgueux, ainsi qu’à Vincennes ;
  • Une des plus longues avenues de Paris, l’avenue Daumesnil, conduisant de la place de la Bastille au château de Vincennes, porte son nom ; elle passe par la place Daumesnil-Félix Eboué, belle place ornée d’une fontaine entourée de statues de lions (associant Daumesnil à un des premiers soutiens du Général de Gaulle).
  • Il existe aussi une avenue Daumesnil à Périgueux (Dordogne) et à Ris-Orangis (Essonne) ;
  • Il existe à Paris une station de métro « Daumesnil » ;
  • Le lac Daumesnil, lac artificiel du bois de Vincennes, à l’est de Paris, a été nommé en son honneur.
  • Un buste du général-baron Daumesnil, sculpté par Jean-Baptiste Joseph Debay (1802-1862), est conservé au musée du Louvre (Paris), département des sculptures ;
  • Un autre buste, de Andrée Wegl (fin XIXe siècle), est lui conservé au musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
  • Un buste signé Jean Debay, avec pour date 1847, conservé par Henri de Clairval à Paris

Armoiries

Figure Blasonnement
Orn ext baron de l'Empire ComLH.svg
Escutcheon to draw-fr.svg
Armes du baron Daumesnil et de l’Empire

Coupé le premier parti de sinople, au cor de chasse d’or et de gueules au signe des barons tirés de l’armée, le deuxième d’azur au trophée de sept drapeaux et deux fusils avec baïonnettes d’argent, soutenus de deux tubes de canon du même.7,8,9,10

Livrées : les couleurs de l’écu7.

Annexes

Bibliographie

  • Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne : ou histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, vol. 62, Michaud, 1837 (lire en ligne [archive]) ;
  • Philippe Le Bas, France : dictionnaire encyclopédique, vol. 6, t. 12, 1842 (lire en ligne [archive]) ;
  • Auguste Wahlen, Nouveau dictionnaire de la conversation : ou, Répertoire universel sur le plan du Conversation's lexicon par une Société de Littérateurs, de Savants et d'Artistes, Librairie-Historique-Artistique, 1845 (lire en ligne [archive]) ;
  • A. Lievyns, Jean Maurice Verdot, Pierre Bégat, Fastes de la Légion d'honneur : biographie de tous les décorés accompagnée de l'histoire législative et réglementaire de l'ordre, vol. 5, Bureau de l'administration, 1847, 2e éd. (lire en ligne [archive]) ;
  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Pierre Daumesnil » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, 1878 (Wikisource) ;
  • « Pierre Daumesnil », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail de l’édition] ;
  • Général Louis-Victor-Léon de Rochechouart, Souvenirs sur la Révolution et l’Empire, Plon ;
  • François-Xavier Feller, Biographie universelle des hommes qui se sont fait un nom par génie, leurs talents, leur vertus, leurs erreurs, ou leurs crimes, J.B. Pélagaud, 1867 (lire en ligne [archive]) ;
  • William Duckett, Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné : des notions générales les plus indispendables a tous, vol. 7, Firmin Didot, 1868, 2e éd. (lire en ligne [archive]) ;
  • Didier Mireur, Daumesnil, d’Arcole à Vincennes, Église-neuve-d’Issac, Èditions Cyrano, 2015.
  • Henri de CLAIRVAL, "Daumesnil", Rendez-moi ma jambe et je vous rendrai Vincennes, Librairie Académique Perrin, collection dirigée par André Castelot, 1970, 271 pages

Notes et références

  1. Didier Mireur, Daumesnil, d'Arcole à Vincennes, Eglise-neuve-d'Issac, Editions Cyrano, 2015, 231 p. (ISBN 9782918136187).
  2. Charles Mullié indique que « Daumesnil était un de ces braves grenadiers qui donnèrent une preuve si touchante de leur dévouement héroïque au général en chef de l'armée d'Égypte, en le couvrant de leurs corps pour le garantir des éclats d'une bombe tombée à ses pieds. »
  3. « Voici le résumé de notre conversation que je vais rendre en forme de dialogue, afin de ne rien lui ôter de sa singularité :
    (…)-Daumesnil: J'ai fait entrer le colonel prussien dans cette même chambre où nous sommes. C'est ma chambre à coucher. Vous voyez quel en est l'ameublement. (c'était une pièce de canon de 24 sur affût ; la grande fenêtre de cet appartement, occupé par la régente Anne d'Autriche (1601-1666), lui sert d'embrasure ; d'un côté, l'on voit une pile de boulets, de l'autre des cartouches de mitrailles). Puis je lui ai dit qu'à moins d'un ordre signé de la main du roi de France, je ne rendrai pas la place dont la défense m'était confiée. Que je repousserais donc toute attaque et qu'enfin, si je voyais que je ne pouvais plus résister, voilà quelle était ma dernière ressource. Je lui montrai alors cette petite trappe que voici. En la levant, je le prévins qu'elle correspondait par un tuyau de fer-blanc avec la grande poudrière qui est ci-dessous, et qu'alors j'y mettrais un tissu enflammé qui nous ferait tous sauter.
    -Rochechouart: Quel effet cette menace a-t-elle produit ?
    -Daumesnil: L'air avec lequel je l'ai articulé lui a prouvé que j'étais bien décidé à le mettre à exécution. Le colonel s'est retiré en me disant que j'assumais une terrible responsabilité sur ma tête. « Je m'en inquiète peu, ai-je répondu. Quelle responsabilité peut encourir un mort ? Je périrai avec gloire, en donnant à mon pays la dernière preuve de dévouement qui soit à ma disposition ». » in Général Louis-Victor-Léon de Rochechouart, Souvenirs sur la Révolution et l'Empire, Plon.
  4. Impatient des lenteurs d'une justice équivoque, le peuple demandait à grands cris la tête des coupables. Un jour, la foule rugissante se présente aux portes de Vincennes, et réclame impérieusement des hommes qu'elle appelle ses bourreaux, et qu'une intrigue coupable veut soustraire à la vengeance nationale. Daumesnil fit baisser le pont-levis, et, s'avançant seul vers le peuple furieux :
    «— Que voulez-vous ? lui dit-il.
    — La tête des accusés.
    — Mais vous ne savez donc pas qu'elle n'appartient qu'à la loi, et que vous ne l'aurez qu'avec ma vie ; retirez-vous, et ne souillez pas votre gloire.
     »
    Ces mots suffirent pour ramener ces hommes exaspérés ; les cris de Vive Daumesnil ! honneur à la jambe de bois ! succédèrent aux clameurs d'une haine fanatique.
  5. La Chambre des députés ayant eu à se prononcer sur une pension de six mille francs en faveur de sa veuve, ainsi que de la veuve du général Decaen, la résolution parut avoir été adoptée par la majorité ; mais elle est ensuite rejetée au scrutin secret. De vives réclamations s'élèvent contre cette décision, et l'on ouvre aussitôt dans plusieurs endroits, notamment à Vincennes, en faveur de Mme Daumesnil et de ses trois enfants, une souscription, à laquelle se font inscrire des hommes de tous les rangs et de toutes les opinions, particulièrement Dupin, président de la Chambre des députés, le général Donnadieu et Dreux-Brézé.
  6. Anne Fortunée Léonie Garat (29 juin 1795 - Le Chesnay ✝ 6 avril 1884 - Paris), fille de Martin Garat, directeur général de la Banque de France.
  7. a et b PLEADE [archive] (C.H.A.N. : Centre historique des Archives nationales (France)).
  8. Johannes Baptist Rietstap, Armorial général : contenant la description des armoiries des familles nobles et patriciennes de l'Europe : précédé d'un dictionnaire des termes du blason, G.B. van Goor, 1861, 1171 p. (lire en ligne [archive]), et ses Compléments sur www.euraldic.com [archive].
  9. Source : www.heraldique-europeenne.org [archive].
  10. Nicolas Roret, Nouveau manuel complet du blason ou code héraldique, archéologique et historique : avec un armorial de l'Empire, une généalogie de la dynastie impériale des Bonaparte jusqu'à nos jours, etc..., Encyclopédie Roret, 1854, 340 p. (lire en ligne [archive]).

Voir aussi

Articles connexes

  • Château de Vincennes ;
  • Liste des généraux de la Révolution et du Premier Empire ;
  • Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile ;
  • Chronologie de la France sous la monarchie de Juillet (1830-1848) ;
  • Procès des ministres de Charles X ;
  • Liste des membres de la noblesse d'Empire ;
  • Armorial des barons de l'Empire ;

Liens externes

  • Notices d'autorité

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18 juin 2019

Darricau Augustin

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Augustin Darricau

 

Augustin Darricau

Augustin_Darricau,_général_et_comte_de_l'Empire_(1773-1819)

 
Désiré Adélaïde Maignen de Sainte-Marie, Le Général Darricau en uniforme de général de division portant les insignes de la Légion d’honneur et de la couronne de fer, huile sur toile d'école française, 1805.

Naissance 5 juillet 1773
Tartas
Décès 7 mai 1819 (à 45 ans)
Dax (Landes)
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Empire français pendant les Cent-Jours Empire français (Cent-Jours)
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 1791-1815
Conflits Guerres révolutionnaires
Guerres napoléoniennes
Distinctions Baron de l'Empire
Grand officier de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile
Famille Rodolphe Darricau (fils)

Augustin Darricau, né le 5 juillet 1773 à Tartas, mort le 7 mai 1819 à Dax (Landes), est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Guerres révolutionnaires
    • 1.2 Premières campagnes napoléoniennes
    • 1.3 L'Espagne
    • 1.4 Restauration française
  • 2 Titres
  • 3 Décorations
  • 4 Armoiries
  • 5 Notes et références
  • 6 Annexes
    • 6.1 Bibliographie
    • 6.2 Articles connexes
    • 6.3 Liens externes

Biographie

Guerres révolutionnaires

Darricau s'enrôle à l'âge de dix-huit ans dans le bataillon des volontaires nationaux de son département. Devenu capitaine le 17 octobre 1791, il passe en cette qualité à l'armée des Alpes, fait les campagnes de 1792 et 1793, assiste au siège de Toulon, puis sert avec la 77e demi-brigade, pendant les ans II, III, IV et V, aux armées d'Italie et d'Allemagne.

Durant le cours de cette campagne, il est atteint d'un coup de feu à la jambe droite au combat de Bologne le 14 messidor an III (2 juillet 1795), se fait remarquer à la prise de Dego le 25 germinal an IV (14 avril 1796), en s'élançant un des premiers dans la redoute, et a en cette occasion le tibia de la jambe gauche fracturé par une balle.

Après avoir combattu pendant quelque temps à l'armée d'Helvétie, Darricau fait ensuite la campagne d'Orient, s'y distingue en plusieurs occasions, et est promu au grade de chef de bataillon par le général en chef Kléber, le 30 vendémiaire an VIII (22 octobre 1799). Attaqué impunément par une nuée d'ennemis, il soutient leur choc avec autant de sang-froid que de courage, les culbute, les met en fuite, puis en tue un de sa main et coupe le bras d'un autre. Une blessure grave qu'il reçoit à la cuisse droite le 22 ventôse an IX (13 mars 1801), devant Alexandrie, l'empêche de servir pendant un mois.

Premières campagnes napoléoniennes

Nommé colonel du 32e régiment de ligne par le général en chef Menou le 7 floréal suivant (27 avril 1801), Darricau revient en France avec les débris de l'armée d'Égypte, commande son régiment à l'armée des côtes de l'Océan, est décoré, le 19 frimaire an XII (11 décembre 1803), de la croix de la Légion d'honneur, et combat avec distinction à la Grande Armée d'Allemagne pendant les ans XIII et XIV.

C'est lui qui bat à Haslach, entre Ulm et Albeck (Langenau) (de), la majeure partie des troupes du prince Ferdinand d'Autriche, lui fait 3 000 prisonniers de guerre et les ramène au camp français, à travers une légion de 6 000 hommes de cavalerie ennemie.

Le 16 vendémiaire an XIV (8 octobre 1805), il enfonce à la baïonnette, à la tête de son régiment, une colonne de 6 000 Russes, qui menaçait à Dürenstein, les derrières du corps d'armée du maréchal Mortier. En récompense de ses services, le colonel Darricau est promu le 4 nivôse de la même année (25 décembre 1805), commandeur de la Légion d'honneur.

Il se signale de nouveau au combat de Halle le 17 octobre 1806, s'élance le premier sur le pont de la Saale, où son cheval est percé de plusieurs coups de baïonnette, chasse l'ennemi de toutes ses positions, puis lui enlève 3 000 hommes et 6 pièces de canon.

Il déploie le même courage à la journée de Morunghen le 27 janvier 1807.

L'Espagne

Élevé au grade de général de brigade le 15 février suivant, il contribue au succès de la bataille de Friedland. Le général Darricau est fait baron de l'Empire en 1808, et envoyé à l'armée d'Espagne, où il assume le commandement de la réserve à la bataille d'Espinosa. Il se bat ensuite avec sa fougue accoutumée à l'affaire de Somma-Sierra le 30 novembre 1808. Le 3 décembre 1808, il concourt à la prise de Madrid, et marche avec le corps d'armée que Napoléon Ier dirige sur la Galice contre les Anglais le 22 du même mois. Aussitôt après cette expédition, il se rend à Benavente avec sa brigade, se porte successivement sur les villes de Toro, Zamora, Salamanque dont il s'empare, et reprend sur les insurgés deux pièces de canon de la Garde impériale qui étaient tombées en leur possession.

Le général Darricau enlève aussi de vive force le pont et la ville d'Alcántara. Lors de la mort du général Lapisse, tué à la bataille de Talavera de la Reina le 28 juillet 1809, il est chargé du commandement provisoire des troupes de cet officier général, obtient le gouvernement de Séville le 10 mai 1810, et devient général de division le 31 juillet 1811. Pendant que les maréchaux, duc de Dalmatie et Trevise assiégeent Badajoz, le général espagnol Ballesteros marche sur Séville avec un corps d'élite, composé de 6 000 hommes d'infanterie et de 300 chevaux. Darricau, hors d'état de défendre cette grande cité qui n'a pour garnison que 1 300 fantassins et 400 chevaux, se retire avec toutes les administrations civiles et militaires dans Cartuxa, au vaste couvent des Chartreux que le maréchal et Dalmatie a fait mettre en état au commencement de cette campagne. Il est déterminé à défendre ce poste jusqu'à la dernière extrémité, et même à tirer sur la ville si les habitants dussent se révolter, mais les Sévillans restent calmes et attendent dans une complète neutralité l'issue de cette expédition, qui est sans résultat, car l'arrivée du Dalmatie, avec sa colonne, force l'ennemi à abandonner sa position devant cette place.

Le général Darricau a en janvier 1812, le commandement de la 6e division de l'armée du Midi, en Estrémadure, sous les ordres du comte d'Erlon. C'est lui qui, dans la retraite d'Andalousie, s'empare de la ville ainsi que du fort de Chinchilla de Monte-Aragón par assaut, il établit une batterie à trente toises du fort et contraint la garnison à capituler. À l'époque où l'armée anglaise est obligée d'opérer sa retraite sur Ciudad-Rodrigo, Darricau attaque avec sa division l'arrière-garde ennemie à San-Munos, la bat, la disperse et lui fait un nombre considérable de prisonniers.

Il se couvre de gloire à la bataille de Vitoria le 21 juin 1813, où il est atteint d'un coup de feu à l'avant-bras. Après avoir puissamment contribué aux succès des combats livrés devant Bayonne, il commande le 9 février 1814, le département des Landes et en organise la défense. Il ne combat pas à la bataille d'Orthez le 27 février 1814, car né à Tartas, il est chargé par le maréchal Soult du commandement de la levée d’insurrection du département des Landes. Resté à Dax à cette date, il arrive à Langon le 3 mars, par les grandes landes avec 4 compagnies du 34e régiment de ligne et 2 compagnies de pontonniers. Un deuxième ordre du quartier général destiné à l’armée des Pyrénées pour les opérations du 8 mars 1814, demande à la 1re division d’infanterie du général Darricau de se rendre à Tarbes où il s’établira. Le maréchal Soult l’a chargé du commandement de cette division en remplacement du général Sébastien Foy blessé à Orthez. Il participe au combat de Vic-en-Bigorre le 19 mars, et à celui de Tarbes le 20 mars 1814.

Le général Darricau se fait remarquer aussi à la bataille de Toulouse le 10 avril 1814, où il repousse à la tête de cette division, toutes les attaques que les Anglais dirigent sur les trois ponts du canal, depuis la Garonne jusqu'à la route d'Albi.

Restauration française

À la première rentrée des Bourbons, il est nommé chevalier de Saint-Louis et commandant supérieur de Perpignan.

Il occupe encore ce poste lorsque Napoléon Ier revient de l'île d'Elbe. Le maréchal Pérignon, qui commande à Toulouse, lui donne presque aussitôt l'ordre de livrer la citadelle de Perpignan aux troupes royales qui se présentent pour en prendre possession. Le général Darricau, au lieu de suivre les ordres du maréchal, fait arborer le drapeau tricolore dans tout le département des Pyrénées-Orientales. Pour lui témoigner sa reconnaissance d'avoir préservé cette ville de la guerre civile, le conseil municipal de Perpignan lui offre une épée riche et superbe, portant cette inscription : La ville de Perpignan au lieutenant-général baron Darricau.

L'Empereur, l'ayant rappelé à Paris, lui donne le commandement des fédérés, qu'il organise avec beaucoup d'activité. Mais quand on a renoncé au projet de défendre la capitale contre les armées alliées, le général Darricau quitte le commandement qui lui a été confié, et n'est plus employé pendant la seconde Restauration. Il se retire à Dax, où il meurt d'une maladie le 7 mai 1819, dans sa quarante-sixième année.

Il est inhumé au Cimetière Saint-Pierre à Dax.

Titres

  • Baron Darricau et de l'Empire (décret du 19 mars 1808, lettres patentes du 27 juillet 1808 (Toulouse)) ;

Décorations

  • Légion d'honneur :
    • Légionnaire le 19 frimaire an XII (11 décembre 1803), puis,
    • Officier le 25 prairial an XII (14 juin 1804), puis,
    • Commandant le 4 nivôse an XIV (25 décembre 1805), puis,
    • Grand officier de la Légion d'honneur le 14 février 1815 ;
  • Chevalier de Saint-Louis en 1814.

Armoiries

Figure Blasonnement
Ornements extérieurs Barons de l'Empire français.svg
Blason à dessiner.svg
Armes du baron Darricau et de l'Empire

Écartelé : au premier d'azur à la pyramide d'argent ; au deuxième des barons militaires ; au troisième de gueules au vol d'argent sur lequel broche un cœur d'or ; au quatrième d'azur au pont d'or, adextré d'une tour de même, cantonnée à sénestre d'un foudre d'or, le tout soutenu d'un fleuve d'argent.1

Livrées : les couleurs de l'écu1.

Notes et références

  1. a et b PLEADE [archive] (C.H.A.N. : Centre historique des Archives nationales (France)).

Annexes

Bibliographie

  • « Augustin Darricau », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail de l’édition] ;
  • A. Lievyns, Jean Maurice Verdot, Pierre Bégat, Fastes de la Légion d'honneur : biographie de tous les décorés accompagnée de l'histoire législative et réglementaire de l'ordre, vol. 3, Bureau de l'administration, 1844 (lire en ligne [archive]) ;
  • « Darricau (Augustin, baron) » dans Chevalier De Courcelles, Dictionnaire historique et bibliographique des généraux français. Depuis le onzième siècle jusqu'en 1822, Tome V, Arthus Bertrand, Treuttel et Wurtz, Paris, 1822, pp. 152-157 (Lire en ligne [archive])

Articles connexes

  • 32e régiment d'infanterie de ligne ;
  • Liste des généraux de la Révolution et du Premier Empire ;
  • Liste des membres de la noblesse d'Empire ;
  • Armorial des barons de l'Empire ;
  • Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile ;

Liens externes

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17 juin 2019

Biard François-Auguste

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François-Auguste Biard

 

François-Auguste Biard

François-AugusteBiard

François-Auguste Biard
Naissance
29 juin 1799
Lyon
Décès
20 juin 1882 (à 82 ans)
Samois-sur-Seine
Nom de naissance
François Thérèse Biard
Nationalité
Drapeau de la France France
Activité
Peintre
Formation
Élève de Pierre Révoil à l'école des beaux-arts de Lyon
Lieux de travail
Lyon (1813-1835), Paris (1835-1882)
Conjoint
Léonie d'Aunet
Enfants
Marie Double
Georges Biard d’Aunet
Œuvres principales
Proclamation de l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises, 1848

François-Auguste Biard, de son vrai nom François Thérèse Biard, est un peintre français, né le 29 juin 17991 à Lyon et mort le 20 juin 1882 à Samois-sur-Seine (Seine-et-Marne)2.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Formation
  • 2 Style
  • 3 Récompenses
  • 4 Expositions dans le nord de la France
  • 5 Œuvres référencées
    • 5.1 Brésil
    • 5.2 France
    • 5.3 Grande-Bretagne
    • 5.4 Norvège
    • 5.5 Emplacement indéterminé
  • 6 L'Abolition de l'esclavage dans les colonies françaises en 1848
  • 7 Combat contre des ours blancs
  • 8 Panthéon charivarique
  • 9 Notes et références
  • 10 Bibliographie
  • 11 Voir aussi
    • 11.1 Liens externes

Biographie

Magdalena Bay. Vue prise de la presqu'île des Tombeaux, au nord du Spitzberg. Effet d'aurore boréale (1840), musée du Louvre, Paris.

Formation

Bien que destiné par ses parents à l’état ecclésiastique, François-Auguste Biard se consacre à la peinture. Il commence à peindre dans une fabrique de papier peint lyonnaise3, puis rejoint l'école des beaux-arts de Lyon où il sera formé par Pierre Révoil4 jusqu'en 1818, puis par Fleury Richard5 qui lui succède à la tête de l'école. Toutefois Biard reste un élève relativement autonome qui ne suit la formation que par intervalles plus ou moins réguliers. Il est qualifié d'autodidacte.

Il se met ensuite à voyager, et parcourt l’Italie, les îles de la Grèce et le Levant. À son retour, il expose au salon de 1818 son premier tableau de genre, les Enfants perdus dans la forêt, que la gravure rendit bientôt populaire, puis il entreprend d’autres voyages dans différentes contrées européennes.

Lors du premier salon parisien auquel il participe, en 1824, il est accueilli très favorablement par les critiques et plus particulièrement, Auguste Jal, à l'inverse de ses collègues, élèves, eux aussi, de Revoil.

En 1824, l'archevêché commande quatre tableaux aux élèves de Pierre Révoil. Biard fait partie des peintres sollicités. Il peint alors Saint Pothin apportant dans les gaules l'image de la mère de Dieu6. La même année il participe au salon de Paris. Il participera de manière régulière aux salons de Paris mais restera fidèle également aux salons lyonnais. Il sera soutenu par la Monarchie de Juillet, qui acquiert plusieurs de ses tableaux.

À partir de 1827, Biard entame toute une série de longs voyages. Il commence par faire un tour du bassin méditerranéen. Il fait escale à Malte, à Chypre, en Syrie, puis en Égypte. Il rentre ensuite à Paris. En 1839, il participe à l’expédition scientifique dirigée par Paul Gaimard, au Spitzberg et en Laponie7, avec sa fiancée, l’écrivaine Léonie d'Aunet, qui publia le récit de ce voyage en 1854, sous le titre Voyage d’une femme au Spitzberg8. Il tire plusieurs tableaux de ce voyage et peint quatre panneaux à décor nordique pour le Muséum national d'histoire naturelle à Paris8.

Il s'est marié à Léonie le 23 juillet 1840, à Paris. Plus tard, de 1843 à 1850, elle deviendra la maîtresse de Victor Hugo. Le 5 juillet 1845, elle est surprise avec Hugo en flagrant délit d’adultère dans un hôtel du passage Saint-Roch. Le commissaire laissa partir Hugo lorsque celui-ci invoqua son inviolabilité de statut de pair de France, mais Léonie fut arrêtée9 et emmenée à la prison Saint-Lazare. Au bout de deux mois, elle fut transférée au couvent des Dames de Saint Michel. Elle est entrée dans la carrière littéraire sous son nom de jeune fille, après sa séparation judiciaire de son mari en 1855.

François-Auguste Biard peint parfois des tableaux inspirés de la Bible (Sainte Marie-Madeleine, Salon de 1827), de la littérature (Gulliver dans l’ïle des géants, Salon de 1852) ou de l’histoire (Hudson abandonné par son équipage en 1610, Salon de 1852)8.

Vers 1858, il séjourne deux ans au Brésil. Il reste environ un an à Rio de Janeiro où il côtoie l'aristocratie brésilienne et travaille à la cour de l’empereur Pedro II, son ami, et il effectue des expéditions dans l’intérieur du pays et ensuite en Amazonie. Plusieurs toiles évoquent ce voyage. Biard est invité en 1859 pour enseigner à l’Académie des beaux-arts de Rio (fondée par la Mission artistique française de 1816), mais il reçoit l’invitation pendant son voyage en Amazonie et donc il la décline8.

Avant son retour du Brésil, Biard passe par l’Amérique du Nord. La toile Comment on voyage en chemin de fer dans l’Amérique du Nord (Salon de 1861) en est un témoignage. Plusieurs toiles évoquent également l’attention qu’il porte à l’esclavagisme8.

Outre plusieurs médailles (il est trois fois médaillé au Salon8), il reçoit la croix d’honneur en 1838. Si les tableaux que lui inspirent son voyage au pôle nord sont l’objet de critiques pour la monotonie de la composition et l’exagération des effets, c’est dans le genre familier que Biard acquiert une réputation, notamment par les qualités de mouvement et d’expression de ces œuvres, dont Une famille de mendiants et la Diseuse de bonne aventure au musée de Lyon, la Comédiens ambulants au Luxembourg, le Baptême sous les tropiques, le Bon Gendarme, les Honneurs partagés, la Sortie d’un but masqué, la Traversée du Havre à Honfleur, Mal de mer sur une corvette anglaise (Dallas Museum of Art), le Conseil de révision, Un plaidoyer en province, L’Abolition de l’esclavage (27 avril 1848).

Le travail de François Biard ne fait pas l'unanimité. Si les critiques parisiens comme Auguste Jal puis Delécluse en font l'apologie et que de nombreux personnages de l'aristocratie comme le Duc d'Orléans le soutiennent, à Lyon en revanche l’accueil est beaucoup plus sec et cela s’accentue après 1870. On lui reproche principalement l'humour et les caricatures qu'il glisse dans ses tableaux et qui font leurs particularité. Il restera un peintre mal aimé, jusqu'à être renié par Lyon. Cependant nombre de ses œuvres ont été exposées au musée des beaux-arts de Lyon.

Biard publie la relation de son voyage au Brésil, sous le titre Deux années au Brésil, illustré de 180 gravures (1862, gr. in-8°, fig.)8,10.

Un tableau réalisé par Jean-Baptiste Corot, Portrait de François-Auguste Biard (1830) est conservé au musée d’art et d’histoire de Genève11.

Style

Au XIXe siècle, François-Auguste Biard est particulièrement connu pour ses peintures de paysages exotiques. Ses œuvres, qui font preuve d'une très grande minutie et d'un sens du détail, témoignent de sa formation lyonnaise. Il répond en effet à certains codes de l'école des beaux-arts de Lyon tels les paysages très détaillés ou les couleurs denses.

Biard aime glisser dans ses paysages des scènes de vie souvent très ironiques et humoristiques, mais jamais grinçantes, comme dans son tableau Le mal de mer à bord d'une corvette anglaise (1857)3. Seuls les paysages extrêmes sont représentés à l’état brut comme les aurores boréales.

Le goût de l’exotisme et du détail sont caractéristiques de l’œuvre de François Biard. Ils témoignent également d'une influence de la peinture Hollandaise, allemande et anglaise. Le style de William Hogarth ou de David Wilkie et celui de Biard se rejoignent sur certains aspects du Romantisme3.

François Biard est également un grand voyageur qui s'inspire et se forme au cours de ses multiples périples12.

La découverte de nouveaux paysages influence énormément la peinture de Biard. Il travaille à l'aide de croquis et n'hésite pas à aller « voir de plus près ». Au retour de son périple en orient il peint des scènes historiques orientales comme Le prince de Joinville visite dans le Liban, ou Le village d'Heden qu'il présente en 1846 au salon de Versailles. Il est donc un peintre qu'on peut associer au naturalisme3.

Il s’appuie également sur des reportages ethnographiques afin d'avoir des représentations très réalistes. Le travail de Biard est donc un travail très documenté et réaliste ce qui est criant dans ces différentes toiles. C'est un peintre d'histoire, qui aime à représenter des vérités ethnographiques.13. Il utilisera toute sa vie ses notes de voyages.

Il aborde également des sujets plus politiques comme la question de l'esclavage. En 1833 il peint La traite des noirs. Le tableau étonne par l'impartialité avec laquelle il aborde cette question épineuse. Cependant, si Biard est particulièrement connu pour ses peintures de paysages, son œuvre est particulièrement hétéroclite. Il peint aussi bien des scènes religieuses que des scènes historiques, militaires ou quotidiennes14. Il est aussi portraitiste à la cour du roi Louis-Philippe. Cette multiplicité très étonnante déstabilise et divise l'opinion. Il est apprécié par Mérimée, Alfred de Musset, Théophile Gautier15. En revanche Baudelaire à une très mauvaise impression sur lui3.

Biard est un peintre très autonome dans le monde de l'art mais également très populaire au XIXe siècle. Peintre baroudeur mais aussi peintre officiel de la cour qui obtient de nombreuses récompenses pour son travail. En 1833 il reçoit deux médailles d'argent.

Récompenses

  • Remporte quelques prix à l'école des beaux-arts de Lyon (en classe de principes)
  • Médaille d’Or (de deuxième classe) en 1827 pour sa Diseuse de bonne aventure
  • Médaille de première classe en 1836 et en 1848
  • 9 juin 1838 : décoré de la Légion d’honneur (pour son tableau Le désert est piquant d’effet et d’une grande vérité locale)

Expositions dans le nord de la France

Détail de ses expositions16 :

  • 1833, Douai (Médaille d’argent) : Des sorcières modernes, Un curé et sa servante dévalisés dans le défilé de la Sierra Morena, Un concert de fellahs égyptiens aux environs d’Alexandrie
  • 1833, Arras (2e médaille d’argent, section « Genre ») : Des sorcières modernes, Un curé et sa servante dévalisés dans le défilé de la Sierra Morena, Un concert de fellahs égyptiens aux environs d’Alexandrie
  • 1835, Douai (Grande médaille d’argent) :L’hôpital des folles à Lyon
  • 1835, Valenciennes (Médaille d’argent, section « Grands tableaux de genre ») : Intérieur de l’hôpital des folles à Lyon
  • 1837, Douai : Les suites d’un naufrage
  • 1838, Cambrai : Les sorcières modernes
  • 1838, Arras (Médaille d’argent 1re classe, section « Tableaux de genre) : La traite des nègres, Le divertissement troublé, Bords du Rhin, Distribution de prix dans une école allemande
  • 1838, Valenciennes : Le triomphe de l’embonpoint, Scène de douane à la frontière, La suite d’un naufrage
  • 1841, Boulogne-sur-Mer : Le baptême sous la ligne, Les demoiselles à marier

Œuvres référencées

Brésil

Portrait de femme (Retrato de Senhora), musée national des beaux-arts, Rio de Janeiro.
  • Portrait de femmes, huile sur toile, 214, 5 × 159 cm, Musée national des beaux-arts, Rio de Janeiro, Brésil.

France

  • L'Abolition de l'esclavage dans les colonies françaises en 1848, 1848-1849, huile sur toile, château de Versailles.
  • Le Salon de M. le comte de Nieuwerkerke, directeur général des musées impériaux, intendant des Beaux-Arts de la Maison de l’Empereur, membre de l’Institut, 1855, huile sur toile, 200 × 265 cm, musée national du château de Compiègne.
  • Une soirée au Louvre chez le comte de Nieuwerkerke en 1855, huile sur toile, 168 × 233 cm, Musée national du château de Compiègne.
  • Sultane dans un intérieur, vers 1835, huile sur toile, 65, 6 × 54, 4 cm, musée Sainte-Croix, Poitiers17.
  • La fabrication du curare dans la forêt vierge du Brésil, 1862-1865, huile sur toile, 80 100 cm, musée du Nouveau Monde, La Rochelle18.
  • Magdalena Bay. Vue prise de la presqu’île des Tombeaux, au nord du Spitzberg. Effet d’aurore boréale, 1841, huile sur toile, 130 × 163 cm. Paris, musée du Louvre19.
  • Quatre heures au Salon dans la Grande galerie du Louvre, 1847, huile sur toile, 57 × 67 cm, Paris, musée du Louvre20.
  • Santon prêchant les bédouins, (Salon 1833), huile sur toile, 65,5 × 100,2 cm, musée du Louvre21.
  • Vue de l’océan glacial, pêche au morse par des Groënlandais, 1841, huile sur toile, 130 × 163 cm, Dieppe, château-musée.
  • Tribu arabe surprise par le simoun ou vent du désert, 1833, huile sur toile, 1833, 65 × 90 cm, musée des beaux-arts de Nîmes21.
  • Le duc d’Orléans descend le grand rapide de l’Eijampaïka sur le fleuve Mionio, en Laponie, août 1795, 1840, huile sur toile, 131 × 163 cm, musée national du château de Versailles.
  • Le duc d’Orléans reçu dans un campement de Lapons, août 1795, 1840, huile sur toile, 132 × 163 cm, musée national du château de Versailles.
  • L’Hôpital des fous, 1833, huile sur toile, 48 × 59 cm, musée des beaux-arts de Rouen19.
  • Bataille navale d’Aboukir. Mort du capitaine Dupetit Thouars. 1er août 1798, 1869, huile sur toile, 164 × 226 cm, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon19.
  • Comédiens ambulants. Ils se disposent à jouer dans une grange Zaïre et Psyché, (Salon de 1833), huile sur toile, 81 × 116,5 cm, musée Antoine-Lécuyer19.
  • Entrevue de Louis-Philippe et de la reine Victoria, à bord du "Victoria and Albert ». 2 septembre 1843, 1845, huile sur toile, 148 × 230 cm, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon19.
  • La reine Victoria visitant l’escadre française en rade de Portsmouth. 15 octobre 1844, 1846, huile sur toile, 150 × 230 cm, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon19.
  • Le prince de Joinville visite le Saint-Sépulcre à Jérusalem. 7 octobre 1836, 1842, huile sur toile, 184 × 175 cm, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon19.
  • Le prince de Joinville visite le village maronite d’Heden au Liban. 30 septembre 1836, 1840, huile sur toile, 185 × 175 cm, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon19.
  • Léonie Biard, née Thévenot d’Aunet (1820-1879), huile sur toile, 24,5 × 21,5 cm, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon19.
  • Louis-Philippe 1er au milieu de la garde nationale. 5 juin 1832, 1840-1844, huile sur toile, 350 × 520 cm, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon19.
  • Louis-Philippe au Cap Nord. août 1795, 1841, huile sur toile, 132 × 163 cm, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon19.
  • Louis-Philippe 1er au milieu de la garde nationale. 5 juin 1832, 1836, huile sur toile, 78 × 100 cm, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon19.
  • Les Comédiens ambulants, 1833, huile sur toile, 134 × 193 cm, musée national du château de Fontainebleau19.
  • Navires explorateurs dans les mers polaires, avant 1882, huile sur toile, 49 × 65 cm, musée d'art d'archéologie et de sciences naturelles de Troyes19.
  • Jeune femme turque assise, musée d’Evreux22.

Grande-Bretagne

  • Esclaves sur la côte ouest africaine, 1840, Wilberforce House, Kingston-upon-Hull.

Norvège

Au musée des beaux-arts de Tromsø :

  • Combat contre des ours blancs, vers 1839, huile sur toile, 50 × 62 cm.
  • Campement en Laponie, vers 1840, huile sur toile, 61 × 46 cm.
  • Le Pasteur Læstadius instruisant les Lapons, vers 1840, huile sur toile, 131 × 163 cm.

Emplacement indéterminé

  • Vente d’esclaves dans les États d’Amérique du Sud8.
  • La chasse aux esclaves fugitifs8.
  • Sainte Marie Madeleine, (Salon de 1827).
  • Gulliver dans l’ile des géants, (Salon de 1852).
  • Hudson abandonné par son équipage en 1610, (Salon de 1852).
  • Exilés alsaciens dans les forêts vierges d’Amérique (Salon de 1875)8.
  • Wagon américain8.
  • Embarcation attaquée par des ours blancs, 18398.
  • Préparation du poison de Curaray par les vieilles femmes dans une tribu de sauvages (Salon de 1861)8.
  • Invasion de moustiques sur l’Amazone (Salon de 1869)8.
  • La jeunesse de Linné22.

L'Abolition de l'esclavage dans les colonies françaises en 1848

L'Abolition de l'esclavage dans les colonies françaises en 1848 (1848-1849), château de Versailles.

L'Abolition de l'esclavage dans les colonies françaises en 1848 de François Auguste Biard est une huile sur toile (260x392 cm) situé au château de Versailles23. La scène représente l'abolition de l’esclavage dans les colonies françaises. On assiste à la scène de l’émancipation du peuple esclaves en 1848 en France. On aperçoit rapidement deux esclaves noirs, au centre, qui s’enlacent, représenté avec des chaînes brisés, image de leurs liberté juste acquise. Les autres esclaves, eux, ne sont toujours pas levés mais plutôt agenouillés envers la personne qui a déclaré l’abolition de l’esclavage, en adoration.

Combat contre des ours blancs

Combat contre des ours blancs (1839)

Huile sur toile (50 × 62 cm), peinte en 1839, et exposée à Tromsø au musée des beaux-arts de la Norvège du Nord24. La scène représente un paysage glacial avec un arrière-plan très clair composé de banquises. Au centre il y a trois personnages, sur une barque qui sont en train de se faire renverser par les ours polaires qui affrontent les trois voyageurs.

Panthéon charivarique

Dans Le Charivari du 11 septembre 1840 parut un portrait charge de Biard par Benjamin Roubaud avec la légende suivante :

« Si Biard est peint en ours25, c'est pour la belle page
Où de ses ours marins il montra l'abordage
Constamment il parcourt les mer et les forêts
Pour chercher les sujets des tableaux qu'il expose
Et sans que sur le sol son pied pose jamais
Devant lui le monde entier pose. »

Notes et références

  1. Acte de naissance no 545 du 13 messidor an VII (1er juillet 1799) [archive] sur les archives municipales de Lyon. Cette date de naissance varie beaucoup selon les sources.
  2. Acte de décès no 31 du 21 juin 1882, en ligne sur le site des archives départementales de Seine-et-Marne.
  3. a b c d et e Lacambre et Julia 1995.
  4. Le temps des collections, musée de Rouen.
  5. Le musée des rieurs, Eugène Gérard, François-Auguste Biard et la scènes de mœurs au XIXe siècle
  6. Paysagistes lyonnais, 1800-1900, 1984, Musée des beaux-arts, Palais Saint-Pierre.
  7. Catalogue rédigé par Geneviève Lacambre, Le Palais du luxembourg en 1874.
  8. a b c d e f g h i j k l m et n Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord, peintres, sculpteurs, dessinateurs, Karl David, Ed. Presses de l’Université Laval, Canada, (1992), 1er novembre 2002, (ISBN 9782763772356), p. 83.
  9. Le cimetière de Samois - Personnes célèbres et bienfaiteurs enterrés au cimetière du village [archive].
  10. Biard, Auguste François, 1798-1882. Deux années au Brésil [archive] (collab.: Riou, Edouard, 1833-1900). Paris : Librairie de L. Hachette et Cie, 1862. Biblioteca Brasiliana Guita e José Mindlin. Universidade de São Paulo.
  11. Voir le portrait sur le site du musée [archive].
  12. L'école des beaux-arts du XIXe siècle, les Pompiers, 1987, Paris, édition Mayer.
  13. L'Art Romantique, Paris, 1996, par Denis Ariel et Julia Isabelle.
  14. La marine du XIXe siècle, 1980, édition de la Martinelle.
  15. Delacroix et le romantisme français.
  16. Les Salons Retrouvés, Eclat de la vie artistique dans la France du Nord 1815-1848, Tome II.
  17. « tableau - Sultane dans un intérieur » [archive], sur alienor.org (consulté le 1er janvier 2016).
  18. « La fabrication du curare dans la forêt vierge du Brésil » [archive], sur alienor.org (consulté le 1er janvier 2016).
  19. a b c d e f g h i j k l m et n « François Biard » [archive], sur culture.gouv.fr (consulté le 1er janvier 2016).
  20. Grande Galerie - Le journal du Louvre, septembre/octobre/novembre 2010, no 13, p. 8.
  21. a et b Dictionnaire culturel de l’orientalisme, Christine Peltre, Éditions Hazan, 2008, (ISBN 9782754101929), p. 243.
  22. a et b Pedro De Andrade Alvim, Le monde comme spectacle : l'œuvre du peintre François-Auguste Biard (1798-1882).
  23. Mathilde Larrère. La deuxième république abolit l'esclavage, Histoire Image.
  24. Galerie de l'article "Un peintre norvégien au Louvre. Peder Balke (1804-1887) et son temps", in La Tribune de l'Art.
  25. Biard est représenté déguisé en ours en train de dessiner environné d'ours blancs curieux.

Bibliographie

  • William Duckett fils, Dictionnaire de la conversation, t. 3, Paris, Didot, 1873, p. 139.
  • (en) Ana Lucia Araujo, Brazil Through French Eyes: A Nineteenth-Century Artist in the Tropics. Albuquerque: University of New Mexico Press, 2015.
  • Ana Lucia Araujo, Romantisme tropical: L’Aventure d’un peintre français au Brésil. Québec, Presses de l’Université Laval, 2008.
  • (pt) Ana Lucia Araujo, « Encontros difíceis: o artista-herói e os índios corrompidos no relato de viagem Deux Années au Brésil (1862). », dans Luso-Brazilian Review 42, no 2 (2005): 15-39.
  • Ana Lucia Araujo, « Les représentations de l’esclavage dans les gravures des relations Voyage pittoresque et historique au Brésil (1834) de Jean-Baptiste Debret (1768-1848) et Deux Années au Brésil (1862), de François-Auguste Biard (1799-1882). », dans Canadian Journal of Latin American and Caribbean Studies 59, no 30, 2005, p. 161-183.
  • Karel David, Dictionnaire des Artistes de Langue Française en Amérique du Nord, peintres, sculpteurs, dessinateurs, Éd. Presses de l’Université Laval, Canada, (1992), 1er novembre 2002, (ISBN 9782763772356).
  • Christine Peltre, Dictionnaire culturel de l’orientalisme, Éditions Hazan, 2008, (ISBN 9782754101929).
  • (en)Barbara C. Matilsky, « François-Auguste Biard : artist-naturalist-explorer », dans La Gazette des Beaux-Arts, février 1985.
  • Claire Constans, Catalogue des peintures de Versailles, t. I, Paris, RMN, 1995.
  • Jean Lacambre et Isabelle Julia, Les Années romantiques. La peinture française de 1815 à 1850, catalogue de l’exposition itinérante, Paris, RMN, 1995.
  • Documentation du musée des beaux-arts de Lyon.
  • Eugène Guérard, François Auguste Biard et la scène de mœurs au XIXe siècle.
  • Jean Vercoutter, L'image du noir dans l'art occidental, 1976.
  • Pierre Miquel, Eugène Isabey 1803-1886, La Marine au XIXe siècle, Maurs-la-jolie, édition de la martinelle, 1980.

Voir aussi

Liens externes

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16 juin 2019

Plaichard Choltière René-François

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René-François Plaichard Choltière


René-François Plaichard de la Choltière

René-François_Plaichard_de_la_Choltière

Portrait de René-François Plaichard de la Choltière
Fonctions
Député
 
Maire
 
Membre du Conseil des Anciens
 
Biographie
Naissance
10 octobre 1740


Laval

Décès
15 août 1815

(à 74 ans)
Laval

Activité
Homme politique

René-François Plaichard Choltière (10 octobre 1740, Laval - 25 août 1815, Laval), homme politique français. Le nom du conventionnel a été très diversement orthographié dans les documents de l'époque : Pléchard, Ploichard, Plaischard, Chollière, Cholière, Chottière, Chotère, Choture. Il est pendant un très court moment maire de Laval, député de la Mayenne à la Convention, et conseiller général en l'an VIII.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Origine
    • 1.2 Médecin
    • 1.3 Les débuts en politique
    • 1.4 Conventionnel
    • 1.5 L'instruction publique
    • 1.6 Conseil des Anciens
    • 1.7 Médecine
    • 1.8 Retour à Laval
  • 2 Bibliographie
  • 3 Notes et références
  • 4 Sources partielles

Biographie

Origine

Il est le fils de René Plaichard Choltière1 (1704-1742) et d'Anne Aveneau de la Grancière.

Médecin

Il étudie d'abord à Angers, en 1758, le grade de maître es arts, puis étudie la médecine à la faculté de Montpellier dont il sort diplômé le 30 juin 1762. Le nouveau docteur revint s'installer dans sa ville natale et y épouse, en 1765, Marguerite-Geneviève Renusson2. Une fille et deux garçons naissent de cette union3. Il rejoint la Société du Jardin Berset en 1765. Homme instruit, médecin capable, Plaichard court la campagne et la ville. Il participe aux conversations des salons lavallois4.

Plaichard était encore médecin de l'hôpital de Laval et y glanait quelques cas curieux, bons sujets d'articles pour les journaux médicaux auxquels il collaborait de temps à autre.

Les débuts en politique

Les élections municipales du 10-16 février 1790 proclament Plaichard et Choquet, tous deux médecins, officiers municipaux, le chirurgien Lebourdais-Durocher notable, le chirurgien François Hubert maire de Laval. Le 18 juillet 1790, il est nommé membre du bureau de la municipalité.

En août 1791, il est au nombre des électeurs réunis à l'Eglise des Cordeliers de Laval, sous la présidence de l'évêque Noël-Gabriel-Luce Villar, pour nommer les députés à l'Assemblée législative. Les Mayennais, furieux d'avoir vu Laval supplanter leur ville comme chef-lieu du département et siège de l'évêché constitutionnel, se coalisèrent pour faire échec aux candidats de la cité rivale5.L e 30 août 1791, Richard de Villiers enlève le huitième siège. Plaichard est député-suppléant de la Mayenne à l'Assemblée législative6.

Au mois de novembre 1791, Laval procéda à de nouvelles élections municipales. La position était difficile : les finances en détresse, les approvisionnements entravés; la population prête aux violences, à l'émeute ; une situation équivoque entre les excès du jacobinisme et les menaces de la contre-révolution ; tout cela n'était guère encourageant, et personne ne se souciait d'accepter la place de maire de Laval ; un premier, un deuxième élu démissionnèrent ; le 15 novembre, on nomme Plaichard : il était alors à Paris ; à son retour il décline le poste en démissionnant le 16 novembre 1791. Le poste échut enfin, le 12 décembre, à son confrère François Lepescheux-Dauvais7.

Conventionnel

Il est élu le 6 septembre 1792, membre de la Convention8. Plaichard gagne Paris et s'installe 72, rue d'Argenteuil. Il devient membre du Comité de secours publics, créé le 2 octobre 1792.

Lors du procès de Louis XVI, le 15 janvier 1793, Plaichard répond : oui à la question : Louis Capet est-il coupable de conspiration contre la liberté publique ? Au deuxième appel nominal : Le jugement sera-t-il ratifié par les assemblées primaires ? il est absent. Le 16, Plaichard Choltière répond : Je vote pour la réclusion et pour le bannissement après la guerre.. Le 19, il vote avec quelques modérés pour le sursis. Plaichard, avec la Plaine, vote le 13 avril 1793 la mise en accusation de Jean-Paul Marat.

Opinions modérée, votes favorables à Louis XVI, il est menacé pendant la Terreur, quoiqu'il ne participe pas pour prendre part aux débats de l'assemblée ; il ne fait pas de bruit, et participe aux Comités.

L'instruction publique

Depuis le 29 prairial an II (7 juin 1794), il est secrétaire du Comité d'instruction publique et en signe à ce titre les arrêtés et procès-verbaux9; il en est réélu membre le 17 frimaire an III, le 18 germinal et le 17 thermidor an III ; il n'y fait pas grand tapage, sommeillant dans les vastes appartements de la Maison Elbeuf10, du commencement à la fin des séances11. Néanmoins, il travaille et sous son influence, le comité permet de relever de ses ruines l'enseignement public à tous les degrés et le rétablir sur de nouvelles bases.

Article détaillé : Comité d'instruction publique.

Le 3 frimaire an III (29 novembre 1794), Plaichard vote l'accusation de Jean-Baptiste Carrier.

Il est un des trois premiers commissaires de la Santé avec Antoine-François Fourcroy et Jean-François Barailon en 1794.

À la suite de l'arrestation de Léonard Bourdon, directeur de l'Institut des Jeunes Français après l'Insurrection du 12 germinal an III, la Convention décide le 20 prairial an III d'entendre Plaichard, rapporteur du Comité d'instruction publique, sur le remplacement de Bourdon. Plaichard vint lire son travail12. Il propose13 à la Convention le transfert de l'Institut à Liancourt et sa réunion à l’École des Enfants de l’armée14. Cette école est à l'origine de l'actuelle école d'ingénieurs Arts et Métiers ParisTech et de toute l'histoire de ses élèves, les gadzarts.

La Convention adopta le projet et chargea de l'organisation les Comités d'instruction publique et des finances ; tout le poids en retomba sur Plaichard15. Il écrit le 11 messidor à son ami François Midy16.

Article détaillé : École des Enfants de l’armée.

Lors de l'Insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV ; les émeutiers occupent la rue Honoré, la place Vendôme, le Palais-Égalité, et sont écrasés à Saint-Roch. Plaichard habitait à côté, rue d'Argenteuil. Il est pris dans la bagarre, arrêté, retenu dans une section. Le lendemain, Lesage-Senault se lève et demande que le Comité de sûreté générale fasse délivrer le représentant de la Mayenne ; mais les ordres ont été déjà donnés et le Président annonce à l'Assemblée que le citoyen Plaichard a été mis en liberté.

Conseil des Anciens

Il est Député au Conseil des Anciens17, le 4 brumaire an IV.

Plaichard participe à plusieurs commissions, et plus spécialement à celles qui traitaient des questions sur lesquelles il avait prouvé sa compétence : enseignement public, écoles centrales, écoles de santé, exercice de la médecine, etc18.

Le 21 mars 1796, il est élu secrétaire du Conseil des Anciens et signe en cette qualité les procès-verbaux de l'Assemblée. Le 9 floréal, il est membre de la commission chargée de rendre compte du résultat des travaux de l'institut national sur l'établissement des Bibliothèques nationales et le dépôt des livres.

Médecine

En dehors de la Convention et du Corps législatif, Plaichard prit encore une part active à la restauration des études médicales via la Société de santé de Paris, à la suite de la sollicitation de Sédillot. Membre résidant, il fait partie avec Pelletier, Piet, Lafisse, Andry, Auvity, Botentuit et Bousquet, du Comité de rédaction du Bulletin de la Société.

Le 8 messidor an XI, Plaichard, en collaboration avec Jean-Baptiste-Denis Bucquet, envoie à la Société de l'école de médecine de Paris, par l'intermédiaire du préfet de la Mayenne, une curieuse pièce anatomo-pathologique.

Retour à Laval

Il quitte l'assemblée en 1797, ainsi que l'avait décidé le 15 ventôse le tirage au sort pour le renouvellement partiel du Corps législatif. Il reprend alors à Laval l' exercice de la médecine ; de membre résidant, il passa au rang d'associé national19 de la Société de médecine de Paris. Son fils aîné Joseph Plaichard Choltière, ex-capitaine des grenadiers du corps législatif et adjudant général des armées de la République dans le corps du général Napoléon Bonaparte, est tué par des hommes armés dans la forêt de Concise lors d'une chasse le 17 thermidor an VI.

On lit dans le Bulletin historique de la 20e division militaire, en l'an VI (6 octobre 1798)20 : Une battue dans la Mayenne a produit l'arrestation de plusieurs des assassins du trop malheureux ex-adjudant général Choltière. L'un d'eux, le fameux Mahue, dit Fleur d'Epine, trouvé porteur d'un fusil de chasse, a été tout de suite fusillé. Un autre, Lenoir, dit Pain Chaud, a été emprisonné à Laval. Ils avaient été signalés par Jean Peau, acquéreur de biens nationaux, chez lequel ils devaient venir chercher la somme d'argent à laquelle ils l'avaient imposé.. Et dans les rapports du général Louis Antoine Vimeux 21 : Lenoir, dit Pain Chaud, a été condamné à mort par le conseil de guerre le 11 décembre22.

Plaichard est nommé médecin consultant de l'hôpital de Laval23. Le 18 vendémiaire an XII, il est24 président du Conseil de santé des hôpitaux.

Le 3 frimaire an XII (25 novembre 1803), le préfet de la Mayenne, baron Harmand, propose Plaichard au Ministre de l'Intérieur comme membre du Jury médical de la Mayenne25. Le 25 nivôse an XII (16 janvier 1804), Plaichard est désigné comme membre du jury médical de la Mayenne, ainsi que Jean-Baptiste-Denis Bucquet.

Le 4 octobre 1808, Plaichard-Choltière est élu membre du Corps électoral26. Plaichard est conseiller général en l'an VIII : il fut nommé, le 4 thermidor an VIII, membre de la commission du rapport sur les pertes causées par la guerre civile. Il rédige son mémoire27 et le lit à la séance du 6 en demandant un dégrèvement pour les intéressés. Il siège au Conseil général jusqu'à sa mort; en 1812, il appose sa signature au bas de l'adresse du Conseil félicitant Sa Majesté l'Empereur et Roi de la naissance de l'Enfant Royal, espoir de la France..

Plaichard-Choltière meurt le 25 août 1815.

Bibliographie

  • Rapport fait a la Convention Nationale : Sur la question de savoir S'il est utile ou non de conserver l'Institut des jeunes Français établi dans le ci-devant prieure Martin sous la direction de Léonard Bourdon, par le citoyen Plaichard, député du département de la Mayenne. Paris, Imprimerie Nationale, 1795.

Notes et références

  1. Sieur de la Choltière, il meurt prématurément, laissant plusieurs enfants, tous mineurs, à la charge de sa veuve, Pauline-Anne ou Antoinette Aveneau de la Grancière. Le conseil de famille réunit Sébastien Plaichard, prêtre, Joseph Leduc, prêtre, Jean Le Chauve, maître chirurgien juré, et Gabriel Choquet. Un acte du 20 juillet 1743 nomma tuteur l'abbé Sébastien Plaichard (Archives de la Mayenne, B 233, f. 24). Le 26 septembre 1744, une sentence du siège ordinaire de Laval confirma la demande en retrait lignager du lieu de la Choltière, en Argentré, cédé par l'abbé René-Joseph Plaichard à Jean Le Lamier, sieur des Prés-Neufs, demande formulée par Anne Aveneau, veuve Plaichard, et les frères et sœurs de son mari, Antoinette Plaichard, épouse de Jean Le Chauve, Marie Plaichard, Nicolas Plaichard, sieur de Bois-Martin, et Jean Plaichard, sieur du Tertre (Archives de la Mayenne, B 675).
  2. Elle lui apporta 12 000 livres de dot, une maison rue des Ursulines et quelques terres dans les communes de Cossé-le-Vivien, de Viré et d'Avesnières. État de la fortune des représentants du peuple. — Archives nationales, C 353. 1838, 169. Les Bonnelières et l'Honnière, commune de Cossé, les Tonelières, commune de Viré, le Garoulai et la Rousselière, commune d'Avesnières. De son chef, Plaichard possédait en 1789-1792 la Grancière, commune d'Astillé, la Fauvelière, commune de Vaiges, une maison rue du Hameau et diverses sommes en rentes et placements. Le total de la fortune du ménage, en biens mobiliers et immobiliers, se montait à 46.470 livres. En 1791-1792, Plaichard acheta des biens nationaux : une maison à Laval ; la Gougeonnière, commune de Bonchamp, pour 12.500 livres ; l'état de sa fortune, en 1795, était de 40.120 livres.
  3. Sa fille épousa M. Bigot pendant la Révolution française. Son fils aîné Joseph Plaichard Choltière, ex-capitaine des grenadiers du corps législatif et adjudant général des armées de la République dans le corps du général Napoléon Bonaparte, est tué par des hommes armés dans la forêt de Concise lors d'une chasse le 17 thermidor an VI. Son fils Bernard Plaichard Choltière est maire des Moutiers-en-Cinglais.
  4. Queruau-Lamerie, La vie à Laval au XVIIIe siècle. Extrait des correspondances de Mesdames Lemonnier de la Jourdonnière et Royer-Dubignon. Laval, 1883, p. 21.
  5. En vain les Lavallois prônaient Enjubault-Bouessay et Plaichard.
  6. Pour nommer les suppléants : deux scrutins ne donnèrent pas de résultat ; au troisième, Plaichard obtint 134 voix, François Serveau-Touchevalier, d'Evron, 112 ; ils furent désignés comme suppléants, avec Jourdain-Durocher, d'Ernée, en troisième lieu.
  7. Abbé Angot, Mémoires épistolaires sur la Révolution à Laval, de Duchemin de Villiers. Laval, 1896, p. 217.
  8. Le 6e sur 8, dans le département de la Mayenne, par 287 voix (400 votants).
  9. Il y retrouve l'évêque Noël-Gabriel-Luce Villar, que son mandat législatif a éloigné de Laval.
  10. Maison Elbeuf, place Marat et rue Saint-Nicaise, tout contre l'ancien hôtel de Longueville, sur l'emplacement actuel de la place du Carrousel.
  11. Plaichard-Choltière, bon et brave homme qui dormait depuis le commencement jusqu'à la fln des séances, probablement le plus sage et sans contredit le plus heureux de nous tous.. (Mémoires sur la Convention et le Directoire, par A.-C. Thibaudeau, 2e éd., Paris, 1827, p. 76.)
  12. Rapport fait à la Convention nationale au fin des Comités réunis d'instruction publique et des finances, sur la question de savoir s'il est utile ou non de conserver l'Institut des Jeunes Français établi dans le ci-devant prieuré Martin, sous la direction de Léonard Bourdon par le citoyen Plaichard-Choltiëre, député du département de la Mayenne. Imprimé par ordre de la Convention nationale. Paris, s. d. Imprimerie Nationale, in-8, 8 p.
  13. L'Institut des Jeunes Français, installé dans les ci-devant prieurés Martin et Popincourt, était, dit-il, dans un état pitoyable et présentait l'ailligeant tableau du désordre dans toutes ses parties : presque point de discipline intérieure, peu de moralité, peu de progrès dans les connoissances élémentaires et nulle base de comptabilité ; les dépenses, qui se font toujours par les mains de la citoyenne Bourdon, s'accroissent d'une manière excessive : le quartier courant aura coûté plus de 100.000 livres, sans compter les vêtements des élèves, car ils sont aujourd'hui presque nus. Il conclut donc à la suppression de cette école ruineuse. La Convention doit assurer l'existence des fils de ses défenseurs ; elle leur doit le vêtement et la nourriture, elle leur doit aussi l'instruction, mais sans luxe et sans superfluités, et bornée aux connoissances essentielles qui suffisent pour en faire des citoyens utiles à eux-mêmes et à la Patrie.
  14. Un décret en 12 articles sera adopté par la Convention sur ce sujet. (Tourneux, III, 17363).
  15. Pendant trois semaines, il s'affaire au projet: il maintient comme inspecteur et promu au grade de chef de bataillon le citoyen Morieux ; mais il faut compléter l'enseignement, devenu fort insuffisant, que le capitaine donnait avec ses vétérans. Le 30 prairial Plaichard, au nom des Comités réunis, propose comme directeur comptable, avec 6.000 livres d'appointements, le citoyen Crouzet, ancien principal et professeur de rhétorique en la ci-devant Université de Paris ; il demande qu'on ajoute au programme des études le dessin et les mathématiques, avec le concours de deux professeurs à 3.000 livres, et qu'on fixât à sept ans l'âge d'admission des recrues. La Convention y souscrivit.
  16. J'ai été six jours absent pour le placement de cinq ou six cents enfants, orphelins des défenseurs de la Patrie. Ce n'est pas, comme tu le vois, un petit embarras, et me voilà aujourd'hui père et chargé de la plus nombreuse famille de la République, qu'il faut alimenter, vêtir et loger, ce que j'espère mettre à exécution dans le courant de cette décade, non sans beaucoup d'obstacles et bien de l'embarras.
  17. En tant qu'ex-conventionnel. Avant de se séparer, la Convention promulgua, le 22 août 1795 (5 ructidor an III), la Constitution de l'an III et décida que les deux tiers des membres du nouveau corps législatif seraient pris dans son sein ; le 13 fructidor (30 août) on tira au sort les conventionnels à maintenir ; Plaichard n'en fut point ; mais comme le total des députés élus n'atteignit pas le taux voulu, on reprit cent quatre législateurs au sein de la Convention : Plaichard fut du nombre le 4 brumaire an IV (26 octobre 1795) ; le lendemain, 5 brumaire, il était affecté par le sort au Conseil des Anciens.
  18. Il siège le 2 pluviôse an IV dans le Comité chargé d^examiner la résolution touchant l'envoi aux départements et aux armées du discours du Président des Cinq-Cents sur l'anniversaire du 21 janvier ; le 18 prairial, il étudie le rétablissement d'un cinquième Tribunal correctionnel dans l'Hérault voté le 16 ; le même jour une commission est formée pour examiner la résolution du 16 concernant l'école de Liancourt, et le 23, les commissaires rendent aux travaux antérieurs de Plaichard un hommage en demandant qu'il leur soit adjoint, ce qu'ils obtiennent. Le 10 messidor, il s'agit du projet du 8 sur les écoles centrales des départements ; le 26, Plaichard réclame et se fait accorder un congé de quatre décades et va se reposer à Laval. À son retour, il examine, le 20 vendémiaire an V, la résolution du 19 mettant 100,000 francs à la disposition des deux commissions d'inspecteurs ; la décision du 28 frimaire exemptant du droit de patente les médecins, chirurgiens, officiers de santé, les peintres, sculpteurs et graveurs en tant qu'artistes non mercantiles ; le 25 nivôse, la décision du 22 sur l'exploitation et la fabrication des poudres et salpêtres ; le 26 pluviôse, la décision du 25 sur la libre circulation des grains en France ; le 5 ventôse, le projet du 3 réduisant à 25 francs par mois l'indemnité accordée aux élèves des écoles de santé de Paris, Montpellier et Strasbourg par la loi du 14 frimaire an III.
  19. Journal général de médecine, de chirurgie et de pharmacie françaises et étrangères, ou Recueil périodique de la Société de médecine de Paris. Paris, 1817, t. LIX (Liste des membres de la Soc).
  20. in Archives historiques de la guerre, armée d'Angleterre
  21. Lettre d'octobre-décembre, ibid.
  22. Cité par Ch.-L. Chassin, Les Pacifications de l'Ouest, Paris. 1899, t. m, chap. 43, p. 243-244.
  23. Par un arrêté préfectoral du 8 juillet 1803.
  24. Par un arrêté préfectoral.
  25. Il est, écrit-il, ancien médecin, fort instruit, plein de zèle et de désintéressement ; il a les idées libérales ; il est médecin consultant de nos hôpitaux (Archives nationales. Lettre du Préfet de la Mayenne au Ministre de l'intérieur du 3 frimaire an XII.)
  26. Par 957 voix sur 1.277 ; il figure même en cette qualité sur la liste dressée en 1808 des cinq cent cinquante contribuables mayennais les plus imposés.
  27. En deux jours.

Sources partielles

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article..

  • Petite biographie conventionnelle, ou Tableau moral et raisonné des 749 députés, etc. Paris, chez Eymery, 1815.
  • M. Robert, Vie politique de tous les députés à la Convention nationale pendant et après la Révolution. Paris, 1814, p. 337.
  • Emile Queruau-Lamerie, Les députés de la Mayenne à l'Assemblée législative. Mayenne, s. d.
  • Miquel Dalton, Les médecins à l'Assemblée législative. (Chronique médicale de mai 1902).
  • Étienne-Louis Couanier de Launay, Histoire de Laval 818-1855, Godbert, 1856, [détail de l’édition]
  • Emile Queruau-Lamerie, Les Conventionnels du département de la Mayenne. Laval, 1885.
  • Procès-verbaux du Comité d'instruction publique de la Convention nationale, publiés par J. Guillaume. Paris, 1894, t. II, p. ci.
  • Procès-verbaux des séances de la Convention Nationale et du Conseil des Anciens et Moniteur universel, passim.
  • « René-François Plaichard Choltière », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (lire en ligne [archive]), t. III, t. IV, p. 696.
  • « René-François Plaichard Choltière », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
  • Paul Delaunay, Vieux médecins mayennais [1] [archive]

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15 juin 2019

Lachâtre Maurice

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Maurice Lachâtre

 

Maurice Lachâtre

Maurice_Lachâtre

Maurice Lachâtre
Biographie
Naissance
14 octobre 1814


Issoudun

Décès
9 mars 1900

(à 85 ans)
Paris

Nationalité
Français
Formation
Prytanée national militaire
Activités
Éditeur, banquier, lexicographe, romaniste

Maurice Lachâtre, nom de plume de Maurice de la Châtre, est un éditeur français, né le 14 octobre 1814 à Issoudun (Indre), et mort le 9 mars 1900 à Paris.

Personnage aux multiples facettes, homme du livre, il édite des dictionnaires, certains marqués par l’influence de la pensée libertaire. Ami de Pierre-Joseph Proudhon, il a pour collaborateur André Girard, un proche de Jean Grave. Anticlérical, il est le premier à éditer en français Le Capital de Karl Marx et réalise une expérience communautaire.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Les débuts d'éditeur
    • 1.2 Démêlés judiciaires
    • 1.3 L'exil
    • 1.4 Retour à Paris
  • 2 Bibliographie de l'éditeur
  • 3 Notes et références
  • 4 Voir aussi
    • 4.1 Sources
    • 4.2 Liens externes

Biographie

Fils du colonel Pierre Denis, baron de La Châtre, le jeune Maurice est élève au prytanée de La Flèche, puis à Saint-Cyr.

Vers l'âge de 20 ans, Maurice Lachâtre rejoint les rangs des saint-simoniens et décide alors de gagner l'Orient. Mais il doit s'arrêter dans le Var, en 1835. Il s'établit au Muy et travaille chez un menuisier, en même temps qu'il se livre à de la propagande saint-simonienne. Pour cette raison, il est arrêté par la police, non sans difficulté, et, le 11 avril 1835, le tribunal de Draguignan le condamne pour ouverture d'une école sans autorisation. Il travaille ensuite pour le libraire Robert Arnault.

Les débuts d'éditeur

Maurice Lachâtre s’installe professionnellement à Paris en 1839. Il mène tout d’abord deux activités : une activité de banquier — il fonde une banque des échanges — et une activité d'éditeur. Il y commence sa carrière en publiant les Crimes célèbres d’Alexandre Dumas. Il édite durant cette période, en 1840, Fourier et son système de Zoé de Gamond, et, en 1841, Organisation du travail de Louis Blanc (3e éd.), et les Fragments historiques de Louis-Napoléon Bonaparte. Durant la période 1841-1843, il est proche de Louis-Napoléon Bonaparte qui lui confie l’Analyse de la question des sucres.

Durant ces débuts d’éditeur, il rédige une Histoire des Papes, Mystères d'iniquités de la cour de Rome, qui paraît en dix tomes illustrés en 1842 et 1843 et qui va connaître plusieurs rééditions et traductions.

En 1846, il acquiert le château d'Arbanats, en Gironde.

En 1848, il semble avoir joué un rôle actif à Paris ; il est délégué au Comité électoral démocratique, aux côtés de ses amis Louis Blanc et Félix Pyat.

En novembre 1849, l’éditeur met en vente les premières livraisons des Mystères du peuple d’Eugène Sue, utilisant pour ce faire un système de fidélisation par primes (la publication, interrompue à plusieurs reprises, va durer jusqu’en 1857). Il dirige le Dictionnaire universel, Panthéon historique, littéraire et encyclopédie illustrée de 1852 à 1856, dont les deux forts volumes (tome 11, 1865, et tome 22, 1870) condensent la pensée progressiste du temps : fouriérisme, saint-simonisme, spiritisme, socialisme, homéopathie, réforme de l’orthographe, etc., y ont largement droit de cité.

À cette époque, Maurice Lachâtre est proche de Proudhon. En 1852, il divise son domaine d’Arbanats qui sert de point de départ d’une « commune-modèle », qui va regrouper une banque communale, une caisse mutuelle, deux écoles, un dispensaire.

De 1855 à 1857, il fait paraître une réduction de son dictionnaire, sous le titre de Dictionnaire français illustré.

Démêlés judiciaires

En 1857, 60 000 exemplaires des Mystères du peuple sont saisis chez l’éditeur. Le tribunal condamne Maurice Lachâtre à un an de prison, 6 000 francs d’amende et deux ans de contrainte par corps ; il ordonne la destruction des clichés, la saisie et la destruction de l’ouvrage. Le 14 juillet de l’année suivante, Maurice Lachâtre est à nouveau condamné. Cette fois-ci pour être l'auteur du Dictionnaire universel. Cette condamnation se décline de 6 000 francs d’amende et de cinq ans de prison, tandis que l’ouvrage est saisi et détruit. Il doit alors se réfugier à Barcelone. Une nouvelle condamnation le frappe en 1859 pour le Dictionnaire français illustré.

En novembre 1864 , Maurice Lachâtre revient à Paris, il collabore d'abord avec la Librairie internationale puis fonde les Docks de la librairie, où les livres et les journaux côtoient les articles de bijouterie et d’horlogerie. Dès mai 1865, il commence à faire paraître les livraisons de son Nouveau Dictionnaire universel. Allan Kardec, un de ses collaborateurs, lui fait de la publicité dans le milieu des spirites. Il développe son système de vente à domicile et d’abonnements en un réseau national avec correspondants à l’étranger. En décembre 1867, il s’associe au Figaro, puis commence à publier la Nouvelle Encyclopédie nationale, et prépare une version illustrée de l'Histoire de la Révolution française de Louis Blanc.

L'exil

Pendant le siège de 1870-1871, il collabore au journal Le Combat, fondé par Félix Pyat, puis au Vengeur. Après la chute de la Commune, il s’installe à Saint-Sébastien (Espagne) et commence l’édition de la première traduction française du Capital de Karl Marx qui sera la seule traduction révisée par l'auteur, Il se rend en Belgique, d'où il est expulsé et gagne alors la Suisse où il continue la publication du Manuel des confesseurs, ce qui lui vaut d’être condamné par contumace à Liège3.

Retour à Paris

Gracié le 17 mai 1879, il revient à Paris, et publie en 1880 son Histoire de l'Inquisition, Capital et travail de Ferdinand Lassalle et 1848 de Victor Marouck. L’année suivante, il réédite son Nouveau Dictionnaire universel, précédé d’une lettre de Léon Cladel. Puis, il commence à collaborer avec Hector France, qui rédigera Les Mystères du monde, suite prévue par Eugène Sue aux Mystères du peuple.

Maurice Lachâtre se rapproche des anarchistes vers la fin de sa vie. Son tournant se concrétise par la publication, de 1894 à 1898, des trois tomes de son Dictionnaire-journal.

André Girard fut le secrétaire de rédaction du Dictionnaire La Châtre (1898-1907), ouvrage essentiellement posthume, puisque Maurice Lachâtre meurt en 1900

Il eut deux filles, Amélie (dont Eugène Sue était le parrain) et Marie-victoire nées en 1850 et 1867.

La librairie perdurera jusqu'en 1914 avec quelques jeunes journalistes libertaires, dont Henri Fabre.

Bibliographie de l'éditeur

Les principaux ouvrages édités par Lachâtre l'ont été sous les noms successifs de l'Administration de librairie, des Docks de la librairie et de la Librairie du progrès.

  • 1839-1843, Alexandre Dumas, Crimes célèbres, 8 volumes
  • 1840, Bibliophile Jacob, Les papillons noirs du bibliophile Jacob, 4 livraisons reliées, in-32
  • 1840, Zoé Gatti de Gamond, Fourier et son système, 4e éd., 384 p.
  • 1841, Louis-Napoléon Bonaparte, Fragments historiques. 1688 et 1831
  • 1841, Louis Blanc, Organisation du travail. Association universelle. Ouvriers. Chefs d'ateliers. Hommes de lettres, in-12, 224 p.
  • 1842, Prince de la Moskowa, Des régences en France. Étude de la question soulevée par la loi de la régence, envisagée au point de vue historique et politique, in-12
  • 1842-1843, Moquard, Nouvelles Causes célèbres ou fastes du crimes, qui commence en 1842, Administration de librairie et Pourrat frères, 6 tomes
  • 1842-1843, Maurice La Châtre, Histoire des Papes, crimes, meurtres, empoisonnements, parricides, adultères, incestes depuis Saint-Pierre jusqu’à Grégoire XVI, 10 vol. in–8
  • 1843-1844, Capitaine Gabriel Lafond de Lurcy, Voyages autour du monde, naufrages célèbres, voyages dans les Amériques, 8 tomes, in-8
  • 1844, A. Arnould, Alboize du Pujol et A. Maquet, Histoire de la Bastille , suivi de Alboize du Pujol et A. Maquet, Le Donjon de Vincennes depuis sa Fondation jusqu’à nos jours, 8 tomes
  • 1849, Anonyme [Lachâtre Maurice], La République démocratique et sociale. Exposition des principes socialistes et de leur application immédiate en France, 1849, 2e éd., in–8
  • 1849-1857, Eugène Sue, Les Mystères du peuple à travers les âges, Paris Administration de la librairie, 10 F, 50 c la livraison, 120 livraisons pour 6 vol., 10 tomes
  • 1850, Emile Girardin, L’Abolition de la misère par l’élévation des salaires. Lettres à Monsieur Thiers, rapporteur de la commission de l’Assistance et de la prévoyance publique
  • 1851, Bernard Sarrans, Histoire de la Révolution de février 1848, 2 tomes
  • 1852-1856, Maurice Lachâtre, Dictionnaire universel, panthéon littéraire et encyclopédie illustrée…, 2 tomes
  • 1852, Paul Lacroix, Costumes historiques de la France, 8 vol.
  • 1855-1857, Maurice La Châtre, Dictionnaire français illustré. Panthéon littéraire, scientifique, biographique, dictionnaire d'histoire, de botanique, de géographie, encyclopédie des arts et métiers, 2 tomes
  • 1856-1858, Maurice La Châtre, Dictionnaire des écoles
  • 1865-1870, Maurice La Châtre, Nouveau dictionnaire universel
  • 1867-1868, Le Monde invisible. Études sur le spiritisme, le spiritualisme et la magnétisme, revue mensuelle
  • 1868, Gavarni , Masques et visages, Docks de la librairie et le Figaro
  • 1869, Annales des Tribunaux illustrées, Procès célèbres français et étrangers
  • 1870, Maurice La Châtre, Nouvelle Encyclopédie nationale
  • 1872-1875, Karl Marx, Le Capital. Critique de l’économie politique, Livre premier. Le développement de la production capitaliste, trad. J. Roy , entièrement révisée par l' auteur, in-4°, 351 p.
  • 1874, Mgr Jean-Baptiste Bouvier, Le Manuel des confesseurs, ou les diaconales. Dissertation sur le sixième commandement et supplément au traité du mariage, avec le prologue et les commentaires de Maurice Lachâtre éd.- imprim. E.–J. Carlier, Bruxelles
  • 1880, Victor Marouck, Les Grandes Dates du socialisme, juin 1848, 176 pages
  • 1880, Albert Eberhard, Shoeffle, La Quintessence du socialisme, traduction française par B. Malon, 1880. 114 p.
  • 1882, Léon-Alpinien, Cladel N’a-qu’un-œil, ill., 230 p.
  • 1883, Hector France, Le Péché de sœur Cunégonde ou le beau vicaire, coll. « Les mystères du confessionnal »
  • 1896, Alfred Berthezène, La Révolution, poème national, 130 p.
  • 1898-1899, Hector France, Les Mystères du monde
  • 1894-1899 (circa), Maurice Lachâtre, Dictionnaire-Journal, 3 tomes
  • 1898-1907, Dictionnaire la Châtre, nouvelle encyclopédie universelle illustrée, 4 tomes
  • 1900, Emile Delaurier, Critique de la bible.

Notes et références

  1. Tome premier [archive] sur Gallica, site de la BNF.
  2. Tome second [archive] sur Gallica, site de la BNF.
  3. François Gaudin,, Maurice Lachâtre, éditeur socialiste (1814-1900), Limoges, Lambert-Lucas, 2014, 470 p. (ISBN 978-2-35935-117-0)

Voir aussi

Sources

  • François Gaudin,, Maurice Lachâtre, éditeur socialiste (1814-1900), Limoges, Lambert-Lucas, 2014, 470 p. (ISBN 978-2-35935-117-0)
  • François Gaudin, 2014, « Maurice Lachâtre, socialista e espirista », in Educação, espiritualidade e tranformação social, Dora Incontri (dir), Editora Comenius, São Paulo, Brésil, pp. 267-291
  • François Gaudin, 2014 (éd.), Maurice Lachâtre, O Espiritismo. Uma nova filosofia, ed. Instituto Lachâtre, Bragança Paulista, São Paulo, Brésil, 155 p.
  • Nathalie-Noëlle Rimlinger et François Gaudin, Henri Fabre et le combat anarchiste des « Hommes du Jour » (1908-1919), Les Editions de Champtin, 2012,
  • François Gaudin François Gaudin (dir.), Le Monde perdu de Maurice Lachâtre (1814-1900), Paris, éd. Honoré Champion, 2006, 288 p.
  • François Gaudin, « Maurice Lachâtre (1814-1900), portrait d'un éditeur et lexicographe socialiste », thèse de doctorat, 2 vol., 2004
  • François Gaudin, « Le monde perdu des dictionnaires de Maurice Lachâtre (3). Le mystère du Dictionnaire des écoles » [archive], Linx [En ligne], 52 | 2005, mis en ligne le 27 janvier 2011, consulté le 16 août 2016.
  • François Gaudin, 2011,"Un baron rouge, éditeur parmi les Communards", ds La Commune a 140 ans, M. Belloc, C. Huerta et J.-L. Richelle (éds), éd. La cause du poulailler, Porchères, pp. 33-63.
  • Maurice Lachâtre, Cinq centimes par jour. Méthodes commerciales d'un éditeur, textes édités par François Gaudin et Jean-Yves Mollier, éd. PURH, 2008, 84 p.
  • Jean Maitron (dir.), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, éditions de l'Atelier, cédérom
  • Anne-Marie Hetzel, « Maurice La Châtre (1814 - 1900) » [archive] in Musée virtuel des dictionnaires de l'Université de Cergy.

Liens externes

  • Notices d'autorité

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14 juin 2019

Thiers Adolphe

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Adolphe Thiers

 

Adolphe Thiers

220px-Picture_of_Adolphe_Thiers

 
Adolphe Thiers photographié par Nadar.
Fonctions
Député français
8 février 1871 – 3 septembre 1877
(6 ans, 6 mois et 26 jours)
Élection 8 février 1871
Réélection 20 février 1876
Législature Assemblée nationale de 1871
Ire de la Troisième République
Président de la République française
31 août 1871 – 24 mai 1873
(1 an, 8 mois et 23 jours)
Élection 31 août 1871
(en vertu de la loi Rivet)
Président du Conseil Jules Dufaure
(vice-président du Conseil)
Prédécesseur Lui-même (chef du pouvoir exécutif)
Louis-Napoléon Bonaparte (indirectement)
Successeur Patrice de Mac Mahon
Chef du pouvoir exécutif de la République française
(chef de l'État et de gouvernement)
17 février – 31 août 1871
(6 mois et 14 jours)
Élection 17 février 1871
Président du Conseil Jules Dufaure
(vice-président du Conseil)
Président du gouvernement Louis Jules Trochu
Prédécesseur Napoléon III (indirectement, empereur des Français)
Louis Jules Trochu (président du gouvernement de la Défense nationale)
Successeur Lui-même (président de la République)
Président du Conseil des ministres français
24 – 24 février 1848
(moins d’un jour)
Monarque Louis-Philippe Ier
Gouvernement Non formé
Prédécesseur Comte Mathieu Molé
Successeur Charles Dupont de l'Eure
(président du gouvernement provisoire)
1er mars – 29 octobre 1840
(7 mois et 28 jours)
Monarque Louis-Philippe Ier
Gouvernement Thiers II
Prédécesseur Duc de Dalmatie
Successeur Duc de Dalmatie
22 février – 6 septembre 1836
(6 mois et 15 jours)
Monarque Louis-Philippe Ier
Gouvernement Thiers I
Prédécesseur Duc de Broglie
Successeur Comte Mathieu Molé
Ministre des Affaires étrangères
1er mars – 29 octobre 1840
(7 mois et 28 jours)
Monarque Louis-Philippe Ier
Président du Conseil Lui-même
Gouvernement Thiers II
Prédécesseur Duc de Dalmatie
Successeur François Guizot
22 février – 6 septembre 1836
(6 mois et 15 jours)
Monarque Louis-Philippe Ier
Président du Conseil Lui-même
Gouvernement Thiers I
Prédécesseur Duc de Broglie
Successeur Comte Mathieu Molé
Ministre de l'Intérieur
18 novembre 1834 – 22 février 1836
(1 an, 3 mois et 4 jours)
Monarque Louis-Philippe Ier
Président du Conseil Édouard Mortier
Duc de Broglie
Gouvernement Mortier
de Broglie
Prédécesseur Duc de Bassano
Successeur Comte de Montalivet
4 avril – 10 novembre 1834
(7 mois et 6 jours)
Monarque Louis-Philippe Ier
Président du Conseil Duc de Dalmatie
Comte Gérard
Gouvernement Soult I
Gérard
Prédécesseur Comte d'Argout
Successeur Duc de Bassano
11 octobre – 31 décembre 1832
(2 mois et 20 jours)
Monarque Louis-Philippe Ier
Président du Conseil Duc de Dalmatie
Gouvernement Soult I
Prédécesseur Comte de Montalivet
Successeur Comte d'Argout
Ministre du Commerce et des Travaux publics
31 décembre 1832 – 4 avril 1834
(1 an, 3 mois et 4 jours)
Monarque Louis-Philippe Ier
Président du Conseil Duc de Dalmatie
Gouvernement Soult I
Prédécesseur Comte d'Argout
Successeur Hippolyte Passy
Titulaire du fauteuil 38 de l'Académie française
20 juin 1833 – 3 septembre 1877
(44 ans, 2 mois et 14 jours)
Prédécesseur François Andrieux
Successeur Henri Martin
Titulaire du fauteuil 1 de la Section 5 de l'Académie des sciences morales et politiques
26 décembre 1840 – 3 septembre 1877
(36 ans, 8 mois et 8 jours)
Prédécesseur Emmanuel de Pastoret
Successeur Georges Picot
Biographie
Nom de naissance Louis Adolphe Thiers
Date de naissance 15 avril 1797
Lieu de naissance Marseille, Bouches-du-Rhône (France)
Date de décès 3 septembre 1877 (à 80 ans)
Lieu de décès Saint-Germain-en-Laye, Seine-et-Oise (France)
Nature du décès Malaise cardiaque
Parti politique Parti de la Résistance
(orléaniste de centre droit, Monarchie de Juillet)
(1831-1836)
Parti du Mouvement
(orléaniste de centre gauche, Monarchie de Juillet)
(1836-1848)
Parti de l'Ordre
(droite, IIe République)
(1848-1852)
Tiers parti
(centre droit, Second Empire)
(1852-1870)
Sans étiquette
(1870-1873)
Républicain modéré
(centre gauche, IIIe République)
(1873-1877)
Conjoint Élise Dosne
Diplômé de Faculté de droit de l'Université d'Aix-en-Provence
Profession Avocat, journaliste, historien, écrivain
Religion Déiste

Signature de

Adolphe Thiers
Présidents du Conseil des ministres français
Présidents de la République française

Adolphe Thiers, né le 26 germinal an V (15 avril 1797) à Marseille et mort le 3 septembre 1877 à Saint-Germain-en-Laye, est un avocat, journaliste, historien et homme d’État français. Il est le président de la République française du 31 août 1871 au 24 mai 1873.

Il symbolise l'évolution des classes dirigeantes françaises, à la recherche d'un nouvel ordre institutionnel stable après l'effondrement de la monarchie absolue en 1789, par son rôle majeur dans la mise en place des régimes politiques qui ont suivi l'échec de la Restauration en 1830.

Ambitieux provincial, devenu à Paris journaliste libéral et historien de la Révolution, il contribue aux Trois Glorieuses et à la mise en place de la monarchie de Juillet dont il est deux fois président du Conseil. Orléaniste, partisan libéral d'une monarchie constitutionnelle dans laquelle « le roi règne, mais ne gouverne pas », il s'éloigne du roi sur la politique étrangère (crise de 1840) et critique l'intransigeance de Guizot qui provoque la révolution de 1848. Il se rallie à la République pour l'orienter vers une politique d'ordre préparant un retour à la monarchie constitutionnelle. Opposé au coup d’État du 2 décembre 1851, il ne se rallie jamais à Napoléon III, auquel il demande en 1864 les « libertés nécessaires ».

En février 1871, après la chute du Second Empire lors de la guerre contre la Prusse, il devient chef du pouvoir exécutif. En mai de la même année, son gouvernement ordonne l'écrasement de la Commune de Paris. Le 31 août 1871, il devient le premier président de la Troisième République.

Son ralliement définitif à une « République conservatrice » provoque, en mai 1873, sa mise en minorité face aux monarchistes majoritaires au Parlement et entraîne sa démission de la présidence de la République. Il mène dès lors campagne dans l'opposition aux côtés des républicains, dont il prend la tête, et les mène à la victoire en 1876. Il meurt le 3 septembre 1877 à 80 ans, peu avant le triomphe définitif des républicains à la Chambre des Députés.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Les débuts
      • 1.1.1 Origines
        • 1.1.1.1 Branche paternelle
        • 1.1.1.2 Branche maternelle
      • 1.1.2 Naissance
      • 1.1.3 Jeunesse
        • 1.1.3.1 Lycéen à Marseille
        • 1.1.3.2 Étudiant en droit et avocat à Aix-en-Provence
      • 1.1.4 La conquête du pouvoir
        • 1.1.4.1 Arrivée à Paris
        • 1.1.4.2 Journaliste
        • 1.1.4.3 Historien
    • 1.2 Ses contributions à la Monarchie de Juillet
      • 1.2.1 Premier gouvernement (1836)
      • 1.2.2 Deuxième gouvernement (1840)
    • 1.3 De la monarchie constitutionnelle à la République
      • 1.3.1 Deuxième République
      • 1.3.2 Second Empire
    • 1.4 Vers la IIIe République (1871-1873)
    • 1.5 Les réformes de Thiers
      • 1.5.1 Adolphe Thiers premier président de la IIIe République
      • 1.5.2 Fin de carrière politique
    • 1.6 Après sa mort
  • 2 Vie privée
  • 3 Place dans l'histoire
  • 4 Synthèse des mandats électifs
  • 5 Décorations
  • 6 Portrait
    • 6.1 Portrait physique
    • 6.2 Iconographie
    • 6.3 Personnalité
  • 7 Citations
    • 7.1 Citations d'Adolphe Thiers
    • 7.2 Citations sur Adolphe Thiers
  • 8 Dans la fiction
  • 9 Œuvres
  • 10 Bibliographie
  • 11 Notes et références
  • 12 Voir aussi
    • 12.1 Articles connexes
    • 12.2 Liens externes

Biographie

Les débuts

Origines

(Voir plus bas le paragraphe Généalogie).

Marie-Louis-Joseph-Adolphea 1 Thiers est l'un des enfants de Pierre Thiers1 (1759-1843), par sa seconde épouse Marie-Madeleine Amic (1774-1852).

Branche paternelle

Les armes de la famille Thiers sont composées « d'azur à deux croissants d'or en chef et une étoile de même en pointe, au chef d'or chargé d'une fleur de gueules et entouré de deux étoiles d'azura 2. » La famille est issue d'un milieu bourgeois.

Son père, Pierre-Louis Thiers, est né à Marseille le 9 septembre 1759, rue Mazade (aujourd'hui rue Montgrand). Il pâtit auprès des historiens d'une très mauvaise image, certains auteurs n'hésitant pas à le qualifier de « chevalier d'industrie, escroc, père déplorable qui ne s'est souvenu de son fils que lorsqu'il pouvait en tirer de l'argenta 3 ». Selon Georges Valance, il mériterait à lui seul une biographie, ou plutôt un roman picaresqueb 1.

Issu d'une famille de neuf enfants dont trois survivront (deux filles et lui-même), Pierre-Louis était dissipé dans les établissements qu'il fréquentait, tant dans le réputé collège des bénédictins de Sorèze que dans l'école de commerce qu'il fréquenta ensuite. Dépêché en Morée auprès de son oncle, il dilapide à Malte tout l'argent que son père lui a confié. Revenu en France, il est envoyé pour un an dans la maison de correction de Saint-Pierre-de-Canons à Aurons. Il est par la suite embarqué vers la Martinique comme subrécargue ; mais les Anglais interceptent le navire et capturent le jeune homme. Malade, celui-ci est secouru par le marseillais Jean-Baptiste Allemand ; ce dernier parvient à le renvoyer en France et écrit au père du jeune homme : « J'ai compris que monsieur votre fils aimait le faste, la dépense, les plaisirs et peut-être le libertinage. Car il me paraît qu'il recherche beaucoup la compagnie des femmes »2. Pierre-Louis revient donc en France en 1785, où il est embauché à la mairie de Marseille ; chargé de la perception des loyers, il pioche dans la caisse et son père doit combler le déficit s'élevant à 7 000 francs, soit deux ans de salaireb 2. Il se marie avec Marie-Claudine Fougasse, marseillaise de 33 ans. Pendant la Révolution, Thiers est associé au chevalier de Fonvielle, avec qui il est arrêté par les révolutionnaires. Il parvient par la suite à obtenir un poste d'accusateur public près le tribunal criminel militaire de Marseille ; il réussira à faire libérer Lucien Bonaparte, qui l'entourera de son amitié et de sa protection : Thiers devient alors fournisseur de l'armée d'Italie, activité lucrative qui lui rapportera 400 000 francs selon le duc de Castries3.

Marie-Claudine Fougasse meurt le 3 mars 1797 à 45 ans. Adolphe naît quelques semaines plus tard, le 15 avril, de Pierre-Louis Thiers et Marie-Madeleine Amic. Les parents se marient le 13 mai suivant. Dès lors, le père délaisse sa femme et son fils et disparaîta 4 pour mener une vie opulente à Paris. Sa femme parvient à obtenir une pension alimentaire de 400 francs annuels, qui sera versée par la mère de Pierre-Louisb 3. D'Italie, le père a ramené deux italiennes : Thérèse Cavalieri avec qui il a deux enfants, et la sœur de cette dernière, Louise Cavalieri, qui lui donne une fille. Il acquiert deux domaines dans la Manche provenant de l'Abbaye de Lessay. Rapidement ruiné, Pierre-Louis est nommé par les Bonaparte receveur des contributions directes à Beaucaire mais cause un déficit de 44 000 francs dans la caisse au bout de dix-huit moisa 5. Arrêté et emprisonné, il est libéré par Lucien Bonaparte ; mais il est de nouveau arrêté à Marseille le 29 juillet 1806 et transféré à Nîmes le 16 août suivant4. Acquitté par la cour criminelle de Nîmes, il reste incarcéré 5 années pour purger sa dette. En mars 1817, il veut fonder un journal prônant la paix entre catholiques et protestants, sans succès. Il finit par lancer une feuille d'annonces religieuses en 1824 pour concurrencer l'Ami de la religion. Il ne réapparaîtra dans la vie de son fils qu'en 1825, au moment où ce dernier commencera à faire parler de lui dans le journalisme parisien ; mais ces retrouvailles ne seront qu'un prétexte pour quémander de l'argentb 4.

De cette paternité décevante, Adolphe Thiers ne parlera qu'avec la plus grande tristesse5 : « cet homme dont je porte le nom, dont je suis le fils, mais qui ne fut jamais mon père et que je ne regarderai jamais comme tel »b 5.La filiation de Pierre-Louis Thiers est donc ainsi composée :

  • du mariage de Pierre Thiers et de sa première épouse, Claudine Fougasse (1752-1797) :
    • Claude-Charles Thiers (Marseille, mort-né le 18 juillet 1785) ;
    • Marie-Charlotte-Rosalie-Victoire Thiers (Marseille, 21 juillet 1786), qui épouse en 1807 Jean-Pierre-Félix Panon ;
    • Louis-Alexandre-Frédéric Louiset Thiers (Marseille, 29 septembre 1789 - Cadillac, 4 décembre 1840], militaire et juge colonial. Il s'engage le 22 août 1805 au 2e régiment d'infanterie de ligne et déserte en 1812. Amnistié puis réincorporé par Louis XVIII, il réincorpore l'armée ; en garnison à Belfort, il est impliqué dans la conspiration du même nom en 1821, qui aboutit à l'exécution du lieutenant-colonel Caron. Délaissé par ses camarades à la suite de cet épisode, il est nommé commissaire de police à Tours en 1830. Pour s'en démarquer, son frère Adolphe le nommera en 1835 juge de paix à Karikal, d'où sa postérité dans la famille Héloury dit de Kermartin (via la famille Le Pouliquen). Il meurt en 1840 dans un asile, atteint d'une maladie cérébralea 6.
    • Alexandre-François-Germain Germain Thiers (Marseille, 31 juillet 1791), apprenti-orfèvre puis employé à l'octroi de Beaucaire, il est nommé entreposeur de tabacs à Montargis. Devant démissionner pour avoir mal tenu la comptabilité, il est quelque temps peintre en bâtiment à Paris. À l'instar de son aîné Louis, il est nommé par son demi-frère Adolphe, juge de paix à Pondichéry, d'où une fille ;
  • de la liaison (légitimée par mariage) de Pierre Thiers et de Marie-Madeleine Amic :
    • Adolphe Thiers ;
  • de la liaison de Pierre Thiers avec, soit Thérèse Cavalieri (puis, Chevalier), soit sa sœur Louise Cavalieri :
    • Elisabeth Thiers (Paris, 1er septembre 1799 - 16 septembre 1870), épouse Jean-François Cyprien Ripert, capitaine d'infanterie (Marseille, 3 octobre 1787) d'où Jean-François (1820) ; fille de Thérèse ;
    • Charles-Louis-Marie Thiers [Paris, 11 mars 1801 (20 ventôse An IX) - 25 mai 1870], diplomate puis directeur des postes à Carpentras. Nommé chancelier de 1re classe à Ancône, il est nommé en janvier 1856 vice-consul à Girgenti. Il s'y occupe de l'expédition des soufres jusqu'en 1860, où il accueille avec les garibaldiens Alexandre Dumas ; ce dernier le recommande à Ferdinand de Lesseps. Il est réputé pour être le seul demi-frère honnête d'Adolphe Thiersa 7. Fils de Thérèse ;
    • Virginie Thiers (1803) ; fille de Louise.

Pierre Guiral résume ainsi la fratrie d'Adolphe Thiers : « En vérité, peu d'hommes politiques de l'envergure de Thiers ont eu famille plus compromettante et ont traîné aussi lourd boulet »a 8. Louis-Charles Thiers, le grand-père paternel d'Adolphe Thiers, était depuis 1734 avocat à la cour du Parlement d'Aix, puis nommé archivaire-secrétaire (secrétaire général) de la ville de Marseille par brevet royal du 16 septembre 1770. Il est réputé pour être un homme compétent, travailleur et honorablea 9. Parallèlement à son travail, il supervise un aller-retour commercial à la Martinique en tant qu'armateurb 6. Il est également à la tête d'un riche patrimoine immobilier à Marseille et à Château-Gombert (alors commune à part entière)b 7. Lorsque sonne l'heure de la Révolution, il perd son emploi en 1790 puis sa retraite est supprimée ; il se voit inscrit sur la liste des émigrés avec séquestration (puisque parti vivre chez sa fille à Menton), se retrouve emprisonné jusqu'à la fin de la Terreur puis meurt quasi-ruiné à Menton en novembre 1795b 8.

L'arrière-grand-père d'Adolphe Thiers était qualifié de « bourgeois » au début du XVIIIe siècle ; son arrière-arrière-grand-père était un marchand d'Aixb 9.

Branche maternelle

La mère d'Adolphe Thiers, Marie-Madeleine Amic, est née à Bouc (aujourd'hui Bouc-Bel-Air) le 6 juillet 1774, de Claude Amic et Marie Lhomaca (ou Lomaka).

Claude Amic dirigea un comptoir pour de riches négociants marseillais à Constantinople, les Seymandib 10.

Marie Lomaka est née à Constantinople au sein d'une famille catholique ; son père était antiquaire, « fournisseur en bijouterie des dames du harem de sa Majesté le Sultan »6. La demi-sœur de Marie, Élisabeth, avait épousé Louis de Chénier, négociant puis diplomate sous Louis XVI, et père des deux poètes André Chénier, mort guillotiné en 1793 pendant la Révolution, et Marie-Joseph Chénier. Ils descendaient de Antoine Santi-Lhomaka ou Santi-Lomaca (1705-1793), lui-même issu, selon une tradition familiale, des Lusignan7.

Naissance

Il naît le 26 germinal an V (15 avril 1797) dans la maison de sa mère sise 15 rue des Petits-Pères à Marseille, aujourd'hui la rue Adolphe-Thiersa 10. Le bébé naît coiffé, ce qui à l'époque est considéré comme un signe de chanceb 11. Il apparaît si petit et si fragile que son cousin Gastaldy raconte « qu'il eût pu tenir dans un sabot comme le célèbre nain de Stanislas de Lorraine qui fut porté à l'église dans un élégant sabot pour y recevoir le baptême »8.

L'acte de naissance est ainsi rédigé : « L'an Cinq de la République française, une et indivisible, le 29 germinal, à cinq heures, par devant tous, officier public de la municipalité du sus dit canton de Marseille, et dans le bureau de l'état-civil, est comparu le citoyen Marie-Siméon Rostan, officier de santé et accoucheur, lequel nous a présenté un garçon dont il nous dit avoir fait l'accouchement, qu'il nous a déclaré être né le 26 du présent mois à deux heures un décime de la citoyenne Marie-Madeleine Amic et des œuvres du citoyen Pierre-Louis-Marie Thiers, propriétaire, actuellement absent, et dans la maison d'habitation de l'accouchée sise rue des Petits-Pères sous le numéro 15, île 5, auquel garçon il a été donné les prénoms de Marie-Joseph-Louis-Adolphe en présence du citoyen Pierre Poussel, propriétaire, rue des Petits-Pères et de Jeanne Imbert, coiffeuse demeurant même rue, témoins majeurs desquels le second a déclaré ne savoir écrire ».

L'enfant est légitimé quelques jours après sa naissance, le 13 mai, par le mariage de ses parents9 ; l'acte de mariage mentionne : « Les époux nous ont déclaré qu'il est issu de leur union un garçon [...] que ces dits époux reconnaissent comme leur fils légitime et veulent légitimer. »

Le baptême est célébré clandestinement par un prêtre réfractaire. Devenu président de la République, Thiers raconte : « J'ai reçu le sacrement du baptême dans une cave. [...] Un digne ecclésiastique voulut bien prêter son ministère à cette cérémonie souterraine. [...] C'est qu'à l'époque de ma naissance, l'Église n'avait pas encore recouvré le libre exercice de ses pratiques, de ses cérémonies ; les prêtres étaient encore, sinon l'objet de persécutions mais de tracasseries ; c'est pour cela que ma mère, qui avait des principes très religieux, avait voulu me faire baptiser dans un lieu ignoré, dans une cave. Croyez donc bien que je suis bien et dûment baptisé et bon chrétien »10.

Jeunesse

Lycéen à Marseille
Le jeune Adolphe Thiers.

Le père d'Adolphe ayant délaissé sa famille une fois le mariage prononcé, l'enfant est élevé par des femmes. C'est en effet avec sa mère, mais surtout à l'ombre de sa grand-mère maternelle, Marie Lomaka, qu'il grandit. Elle complète son éducation, comprend ses dons et l'aide à s'épanouir financièrement11. Son petit-fils a toujours gardé une affectation très vive pour ellea 11.

Le jeune Thiers commence l'école dans une pension privée jusqu'en 1808, date à laquelle il intègre le lycée de Marseille (aujourd'hui lycée Thiers) ; il y reste jusqu'en 1815. Malgré des conditions de vie draconiennes12, Thiers s'y épanouit et devient un très bon élève, décrochant à partir des humanités tous les premiers prix de sa classe13. Son professeur de rhétorique confie à propos de son élève : « Quelle que soit la carrière dans laquelle il se propose d'entrer, il ne peut manquer de la parcourir avec le plus grand succès »14. De son côté, le proviseur M. Dubreuil conseille à sa mère de l'encourager dans la carrière du barreaua 12.

Alors que sa mère et sa tante sont, à l'instar de la majorité des Marseillais, royalistes et pieuses, Thiers s'émancipe de ces opinions pour lui préférer la gloire napoléonienne : « Thiers faisait partie d'un groupe d'écoliers qui avaient pris un abonnement au Journal de l'Empire et qui faisaient acheter tous les bulletins de la Grande Armée. Il était très avide de ces lectures qu'il mettait bien au-dessus de ses devoirs »15. Son départ du lycée en 1815 coïncide avec la Restauration, régime qu'il condamna avec fermeté : « Jamais, il n'a pu sortir de ma tête que le gouvernement de la Restauration était le gouvernement de l'étranger16 », dira-t-il en constatant l'occupation de la ville de Marseille par des régiments anglais et autrichiensa 13. Il reste également marqué par la Terreur blanche de 1815 et le massacre des Mamelouksb 12.

Étudiant en droit et avocat à Aix-en-Provence

Suivant les conseils de son proviseur, Thiers part faire ses études de droit à Aix-en-Provence. Seul, il s'installe d'abord chez un menuisier rue des Pénitents-Noirs, puis rue Plateforme et enfin rue Adanson, chez un maçon, en 1817a 14. Sa mère et sa grand-mère le rejoignent en 1818 rue Silvacane, où ils vivent ensemble. Le journaliste Louis Méry décrit en ces termes le cocon familial d'alors : « [Thiers] remerciait souvent le ciel de ce que, l'ayant fait naître à Marseille, il l'avait conduit à Aix. Sa mère s'y était établie dans un petit jardin du faubourg, lieu favorable aux calmes études. Un berceau en charmilles y conduisait et les arbres fruitiers y étaient rapprochés au point de former une agréable voûte de verdure. La maison s'élevait au fond, simple et de jolie apparence, n'ayant qu'un étage surmonté d'une treille qui s'arrondissait sur la terrasse. Plus d'une fois, sans doute, le ministre des Affaires étrangères, le président du Conseil dans son magnifique hôtel du boulevard des Capucines, a dû regretter cette maison de jeunesse modeste et retirée qu'enveloppait une verdoyante fraîcheur »17.Parallèlement à ses études de droit, Thiers fréquente assidûment la Bibliothèque Méjanes où il dévore les œuvres de nombreux auteurs tels Rousseau, Montesquieu, Vauvenargues, son cousin André Chénier, Fénelon, Bernardin de Saint-Pierre, Virgile et Homère notamment. Il se passionne en outre pour la philosophie, nourrissant le projet d'écrire des ouvrages de métaphysique : « Je veux faire ce que l'on appelait autrefois de la métaphysique, écrit-il à Teulon en 1820 [...]. Je tâcherai de rendre cette métaphysique vivante, comme elle l'est dans l'Émile. Je sèmerai plus d'un épisode dès que je pourrai quitter la forme de l'analyse. [...] Ce seront des contes philosophiques courts, significatifs, autant que je pourrai et sur tous les tons »18.

François-Auguste Mignet (ici en 1865), ami intime de Thiers connu à Aix-en-Provence.

La vie aixoise est pour Adolphe Thiers l'occasion d'entrer en contact avec Arlatan-Lauris, ancien président du Parlement de Provence, et avec Henri-Jean-André Arnaud, chirurgien en chef de l'hôpital, qui sont ses protecteurs. Mais surtout, Thiers parvient à créer autour de lui un groupe d'amis qui deviennent pour la plupart illustres : Rouchon-Guigues qui est ensuite avocat et historien ; Charles Giraud futur membre du Dernier ministère ; Antoine Aude, futur maire d'Aix ; Émile et Séverin Benoît qui sont avocats ; Pierre Revoil, artiste lyonnais ; Floret, futur préfet de Louis-Philippe, Mottet, futur conseiller d'État ; et Toussaint Borély notammenta 15. Mais les deux personnes qui occupent une place particulière dans la vie de Thiers et qu'il a connues à Aix sont Émile Teulon et l'historien François-Auguste Mignet. Ce dernier tisse avec Thiers une amitié durable que rien n'altère. Quand Mignet part à Paris en 1821, Thiers écrit ces mots à Teulon : « J'ai perdu Mignet et pour vous figurer quelle douleur j'ai éprouvée, il faudrait connaître l'intimité, et j'ose dire la nécessité des rapports qui existaient entre nous... [...] Maintenant je suis seul et sans forces »19. Ses amis croient en lui et en sa réussite : Méry affirme en 1837 qu'« aucun ne doutait que ce jeune homme dont ils admiraient la carrière brillante, la vive aptitude aux sciences, les soudaines et animées reparties, l'improvisation souvent agressive et pétulante [...] n'arrivât un jour aux postes les plus éminents de l'État. C'était à ce sujet une conviction tellement entière et profonde, que jamais le moindre éveil de sourire ironique ne parut sur une lèvre, quand l'un d'entre eux disait de ce jeune homme : Quand il sera ministre »20. Ses camarades scandent parfois à son encontre « Vive Adolphe Ier ! » sans que l'intéressé les interrompeb 13.

Ses études terminées, Thiers est admis brillamment au barreau en 1818b 14 ; mais à en croire ses propres dires, son éloquence est médiocre : « J'ai deux ou trois fois plaidé aux Assises, écrit-il à Teulon. Je n'ai ni figure ni organe. J'ai été fort mécontent de moi et le public d'Aix l'a été tout autant. Je suis sans fortune, sans état et sans espérance d'en avoir un ici »21. La seule plaidoirie réussie que les historiens retiennent de Thiers se déroule dans une affaire d'homicide et d'incendie qu'il plaida avec Mignet : Thiers obtient l'acquittement de l'accusé pour l'homicide, et Mignet le laisse condamner pour l'incendie ; or, il s'avère que l'homme a bien tué mais pas incendiéb 15.

Parallèlement, il se lance dans l'écriture avec divers projets : un mémoire sur Lally-Tollendal, un traité de trigonométrie sphérique, un mémoire sur l'éloquence judiciaire, un éloge de Tadeusz Kościuszko, une tragédie sur Tiberius Gracchus et enfin quelques chapitres de son futur traité de philosophiea 16. Même si certains aboutissent, la plupart de ces projets restent à l'état embryonnaire. Thiers concourt aussi à l'académie d'Aix avec son Éloge de Vauvenargues mais l'académie, jugeant l'auteur trop libéral, renvoie son jugement à l'année suivante ; ne voulant pas être refusé à nouveau, Thiers fait envoyer son manuscrit de Paris sans signature visible : n'y reconnaissant pas l'auteur de l'année précédente, l'académie se laisse duper et couronne l'ouvrageb 16.

Las de ne pouvoir s'imposer comme il le souhaiterait, Thiers envisage de s'installer à Paris, seule ville selon lui où il pourrait assouvir ses ambitions, et ainsi de rejoindre Mignet. Il avoue à Teulon en novembre 1820 : « Tout cela [les plaidoiries au Palais] ne satisfait pas une âme inquiète qui voudrait voir du pays, des hommes, des événements, des dangers et arriver à la mort ou à de grands résultats. Je ne suis pas heureux, j'éprouve d'ardents besoins et je suis pauvre. J'aimerais les femmes, la table, le jeu et je n'ai point d'or »b 17. Il parvient à recueillir quelques sous de ses amis pour le voyage et les premiers temps de vie parisienne. Bien qu'il éprouve une certaine douleur en laissant derrière lui son pays natal, Thiers ne quitte Aix le 18 septembre 1821 qu'en pensant à Paris, à la puissance et à la gloirea 17.

La conquête du pouvoir

Arrivée à Paris

Thiers arrive à Paris en diligence le 25 septembre 1821, une semaine après son départ. Selon le témoignage d'un de ses contemporains, « Il avait la tête suspendue à une paire de lunettes, portant un habit à désespérer la chimie, un pantalon collant très court, remontant aux mollets, des bottes de porteur d'eau et un chapeau fabuleux digne du cabinet d'un antiquaire »22.Des lettres de recommandation lui permettent de trouver grâce au duc de La Rochefoucauld-Liancourt un poste de secrétaire à 1 500 francs l'anb 18. L'un des auteurs de ces lettres, Jean-Joachim Pellenc, dresse un portrait ambigu mais lucide de Thiers : « Le jeune Thiers est arrivé à Paris depuis deux jours ; son talent d'écrivain surpasse encore toutes les idées que je m'en étais faites. Son plan est de rester à Paris, de s'y fixer et d'en trouver le moyen par le travail. Je présume qu'il y parviendra dès qu'il sera connu. [...] Il y a encore à dire que M. Thiers n'a pas pour lui les qualités extérieures. Il est très petit de stature, le son de sa voix n'est pas agréable. Il a beaucoup d'accent, il lit mal et quoi qu'il ait sa tête énorme et de la cervelle d'Aristote et de celle de Platon à doses presque égales, vous pourriez fort bien dans de vaines discussions le trouver trop idéologue »23. Sur la loyauté du jeune homme envers ses protecteurs, Pellenc se montre dubitatif : « Il est probable que plus tard, que dans peu de jours peut-être, si quelques libraires ou quelques journalistes s'emparent de lui, il ne sera plus dans la même disposition. [...] D'ailleurs, comme il est pressé, vif et actif, il est possible qu'il s'arrange de lui-même à mon insu »24.

Le jeune avocat loge d'abord trois mois chez le duc de La Rochefoucauld-Liancourt au Château de la Rochefoucauld, avant de rejoindre Mignet dans un minuscule garni du Passage Montesquieu dans le1er arrondissement de Paris (aujourd'hui disparu)a 18, composé seulement d'une commode, d'un lit de noyer, de chaises et d'une table noire25. À la recherche de nouveaux protecteurs, Thiers fait la connaissance de Jacques-Antoine Manuel, député provençal d'extrême gauche, qui l'introduit auprès du banquier Jacques Laffitte ; il rencontre également Étienne, l'un des dirigeants du journal Le Constitutionnel, qui l'appele à la rédaction. En se tournant vers le journalisme, Thiers espère exercer une profession plus prometteuse en termes d'influence et financièrement plus juteuse que celle d'avocatb 19.

Journaliste
Gravure représentant le jeune politicien Thiers.

Thiers commence donc une carrière journalistique au sein du Constitutionnel ; il fait sa place dès le premier article et perçoit une honorable rémunérationa 19, ce qui lui permet de déménager dans un appartement plus correct au 4 rue de Choiseulb 20. Parallèlement, il écrit aussi aux Tablettes universelles, à l’Album des livraisons, au Miroir, aux Annales de la littérature et des arts, à l’Encyclopédie progressive, à la Revue française, au Globe et à la Gazette d'Augsbourga 20. Thiers emploie un style clair et une polémique aiguisée, si bien que ses éloges sont recherchés et ses analyses appréciées ; il est capable d'écrire sur tous les sujets avec la même aisancea 21. Bien que la majorité de ses contributions soient de nature politique, il s'adonne aussi à l'économie et à la finance, suivant notamment les fluctuations boursières et le krach immobilier de 1826b 21. Ses journées sont bien remplies : levé à 5 heures, Thiers écrit chez lui le matin, se rend au journal l'après-midi et court les salons le soir afin de faire des rencontres et récolter des informationsb 22. En 1834, son ex journal, la Gazette d'Augsbourg, rapporte qu'il a utilisé le Télégraphe de Chappe pour spéculer à la Bourse26.

Touchant à beaucoup de sujets différents, il écrit dans le même temps sur l'art (Salon de 1822, Salon de 1824), sur la littérature (notice sur la vie et les lettres de Madame du Deffand) et la finance (Law et son système de finance)a 22. Il est l'un des premiers journalistes à révéler le talent de Delacroix, faisant l'éloge du jeune peintre dans le Constitutionnel du 11 mai 1822. Sa curiosité l'amène à rencontrer des personnalités de divers horizons, tels Joseph-Dominique Louis et les généraux de l'Empire ; il fréquente de nombreux salons littéraires, comme ceux de Madame de La Fayette, Madame de Dino (nièce de Talleyrand), Madame Aubernon et Madame Pomareta 23 ; la maison de François Gérard qui lui permet de rencontrer Stendhal, Lizinska de Mirbel, Wilhelm von Humboldt, Prosper Mérimée et Louis François Bertin de Vauxa 24. Deux rencontres marquent un tournant dans la vie de Thiers : celle de Rémusat (avec qui il réanime La France chrétienne) et celle de Talleyrand. Également curieux de connaître son pays, il obtient difficilement un visa de circulation puis part à la fin de l'année 1822 en direction de Genève, puis vers la Savoie et ensuite la Provence, avant de continuer vers les Pyrénées27.

De 1824 à 1830, Thiers collabore à la Gazette d'Augsbourg, journal allemand au sein duquel il représente le correspondant français, signant ses articles Der französische Correspondent. Cette activité lui donne des revenus supplémentaires et lui permet de s'exprimer plus librement que dans la presse française. Il y donne ses analyses concernant la politique intérieure (notamment la mort de Louis XVIII et l'avènement de Charles X) et la politique étrangère (indépendance des colonies espagnoles, indépendance de la Grèce). Cette collaboration permet au jeune homme d'accroître son influence professionnelle et sociale, et d'élargir ses contactsb 23.

Thiers est convaincu que la question constitutionnelle est ce qui sépare la branche aînée des Bourbons de l’opinion. Pour lui, la société française est avant tout dominée par la crainte du gouvernement des prêtres : « La France, écrit-il, est incrédule encore plus que libérale »28. Il soutient que « le joug de l'Église est le plus abhorré de tous en France » et que c'est à cette époque « qu'on peut vérifier que la France est incrédule plus que libérale. [...] Le dégoût est universel, on rencontre une foule de gens qui disent : Pourquoi ne nous faisons-nous pas protestants ? »a 25.

Avec le républicain Armand Carrel, son ancien condisciple et ami François-Auguste Mignet et le libraire éditeur Auguste Sautelet, il fonde ensuite, au tout début de 1830, un journal d’opposition au régime de Charles X, Le National, dans lequel il développe ses conceptions politiques.

Historien
Thiers historien, caricature d'André Gill (1867).

Thiers ne se contente pas du journalisme : en février 1822, il traite avec les éditeurs Lecointe et Duret pour publier une Histoire de la Révolution française ; les deux premiers volumes paraissent à l'automne de 1823 et les deux suivants en 1824a 26. Dans l'ensemble, le succès est vif et l'auteur est notamment salué par Chateaubriand, Stendhal et Sainte-Beuvea 27. L'œuvre est traduite en anglais (1838) et en espagnol (1889) et connaît de nombreuses éditionsa 28. Quand Thiers est reçu à l’Académie française le 13 décembre 1834 au fauteuil 38, il reconnaît que c'est comme historien et non comme ministre qu'il entre chez les Immortels : « J’ai consacré dix années de ma vie à écrire l’histoire de notre immense révolution ; je l’ai écrite sans haine, sans passion, avec un vif amour pour la grandeur de mon pays ; et quand cette révolution a triomphé dans ce qu’elle avait de bon, de juste, d’honorable, je suis venu déposer à vos pieds le tableau que j’avais essayé de tracer de ses longues vicissitudes »29. La publication de l'ouvrage s'avère être en outre une affaire lucrative et accroît les connaissances de l'auteur sur la politique, l'administration, la guerre et les financesa 29.

Il fréquente avec son ami François-Auguste Mignet la goguette des Frileux30. De 1845 à 1862, il publie en 20 tomes Le Consulat et l’Empire, récit chronologique et très détaillé de la période correspondante.

Ses contributions à la Monarchie de Juillet

Lors des Trois Glorieuses (1830), il est de ceux qui poussent Louis-Philippe d’Orléans à prendre le pouvoir. Vers la fin de 1830, il est tenté d’évoluer nettement vers la gauche, mais il est épouvanté par la mollesse de Jacques Laffitte face à l’agitation, particulièrement après le sac de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois en février 1831, et rejoint alors le parti de la résistance. L'énergique Casimir Perier, qui succède à Laffitte, le subjugue et reste son modèle en politique.

Après la mort de celui-ci, il entre, le 11 octobre 1832, dans le premier ministère Soult au poste clé, en ces temps troublés, de ministre de l'Intérieur. Avec Guizot et le duc de Broglie, il forme une triade de « talents supérieurs » qui domine le ministère.

En avril 1834, il réprime dans le sang la seconde Révolte des Canuts à Lyon.

À cette époque, Thiers plaît à Louis-Philippe, qu’il sait divertir et flatter. Mais la famille royale le déteste. La reine Louise, qui le surnomme « le poney blanc », s’exclame après sa nomination au ministère de l’Intérieur : « Un homme sans tenue, sans probité politique ! »31.

Premier gouvernement (1836)

Portrait gravé d'Adolphe Thiers.

Insensiblement, alors que la monarchie de Juillet se stabilise, la menace républicaine étant définitivement éliminée avec les lois de septembre 1835, Thiers évolue vers le centre gauche, puis vers la gauche. Cette évolution est encouragée par le roi, qui cherche à le détacher de ses amis doctrinaires Guizot et Broglie pour mieux affirmer son propre pouvoir. Après que la Chambre des députés a renversé le ministère Broglie, Louis-Philippe nomme Thiers président du Conseil du 22 février 1836 au 6 septembre 1836.

Talleyrand encourage Thiers à accepter : « Monsieur, l’Europe vous attend »32, non sans mettre en garde le roi33. Thiers sait que les relations risquent de devenir rapidement difficiles avec le roi, qui veut gouverner, alors que lui-même a frappé, en janvier 1830, la fameuse maxime : « Le roi règne mais ne gouverne pas ». Mais, après avoir montré ses talents d’homme à poigne au ministère de l’Intérieur et soigné sa popularité au ministère des Travaux publics, il veut être ministre des Affaires étrangères et président du Conseil pour recueillir le mérite de la grande affaire diplomatique à laquelle songe Louis-Philippe : une alliance avec l’Autriche, permettant à la monarchie de Juillet de ne plus être l’otage de l’Angleterre et réglant, dans le même mouvement, la question de l’établissement matrimonial du duc d’Orléans.

Mais, en dépit du zèle mis par Thiers à seconder les désirs de Metternich, le projet de mariage autrichien est rejeté par la cour de Vienne. Sur le plan intérieur, Thiers est également fragilisé par la reprise de l’agitation républicaine à la suite de l’attentat d’Alibaud (25 juin 1836) contre Louis-Philippe.

Désireux de se venger de l’affront infligé par l’Autriche et de rétablir sa popularité en conquérant un peu de gloire militaire, Thiers voudrait envoyer des troupes françaises dans la péninsule ibérique, qui sombre progressivement dans la guerre civile en raison de la rébellion carliste contre la reine-régente Marie-Christine. Il croit pouvoir faire annoncer une intervention militaire imminente le 13 août, au lendemain du pronunciamiento de la Granja, qui contraint la reine régente à accepter la Constitution libérale de 1812. Il est aussitôt désavoué par Louis-Philippe, viscéralement hostile à une intervention militaire dans la péninsule ibérique, et conforté dans son refus par Talleyrand et par Soult, qui en a fait l’expérience malheureuse sous l’Empire. Aussi, le 16 août, Thiers envoie sa démission au roi, « se réservant de le servir utilement quand ils seront tout à fait d’accord »34.

Dans les jours suivants, le roi et Thiers ont plusieurs entretiens pour régler la succession. D’après la duchesse de Maillé, « il y a eu une scène, où Thiers a été assez insolent et ils se sont mal quittés. M. Thiers lui a dit qu’il reviendrait au ministère malgré lui, comme l’homme du peuple ; qu’il avait en cette qualité plus de pouvoir que lui. C’est un ennemi dangereux que M. Thiers »35. « Thiers, commentera Louis-Philippe, a été excellent jusqu’à la rupture du mariage ; après cela, il a complètement perdu la tête »36.

Pendant les années 1837 à 1839, Thiers cherche ardemment sa revanche et combat sans relâche son successeur, le comte Molé. Âme de la « coalition » formée pour le renverser, il s’évertue à faire échouer, une fois ce but atteint, toutes les combinaisons imaginées par Louis-Philippe pour le remplacer. Le roi cherche même à l’écarter en lui offrant une grande ambassade, que Thiers refuse avec indignation tandis que ses amis poussent de hauts cris. Son opportunisme trop évident lui est violemment reproché par Balzac dans la Chronique de Paris le 12 mai 1836 : « Monsieur Thiers n’a jamais eu qu’une seule pensée : il a toujours songé à Monsieur Thiers (…) »37.Son attitude n’est cependant pas du goût de tous ses partisans, et Thiers subit un premier camouflet avec l’élection à la présidence de la Chambre des députés, le 14 avril 1839, d’un dissident du centre gauche, Hippolyte Passy, alors qu’il soutenait Odilon Barrot. Un mois plus tard, lorsque Louis-Philippe parvient enfin à constituer un gouvernement sous la présidence du maréchal Soult, Thiers y voit entrer avec fureur deux de ses ex-amis, Passy et Jules Dufaure, alors qu’il leur avait demandé de n’accepter aucun portefeuille sans son aval. Il tente alors, mais en vain, de se faire élire à la présidence de la Chambre des députés mais n’obtient que 206 voix, le 14 mai, contre 213 à Sauzet, candidat du Tiers Parti. Mortifié et ivre du désir de se venger, il entreprend, à la fin de 1839, de se rapprocher de Molé, et prévient à tout hasard le roi et Soult qu’il accepterait d’entrer dans n’importe quelle combinaison ministérielle à condition de n’y retrouver ni Passy, ni Dufaure.

Deuxième gouvernement (1840)

Thiers caricaturé par Honoré Daumier.
Lithographie publiée dans Le Charivari, 2 juin 1833.

De nouveau président du Conseil du 1er mars au 29 octobre 1840, il est finalement écarté en 1840 en faveur de François Guizot après la crise de politique étrangère que provoque l'affaire égyptienne. Sa politique étrangère visait à soutenir Mehmet Ali dans sa rupture avec l'Empire ottoman soutenu par les autres puissances européennes (Grande-Bretagne, Russie, Autriche et Prusse). Non seulement Louis-Philippe ne voulait pas rompre avec la Grande-Bretagne, mais en plus, la Prusse ferma sa frontière sur le Rhin ce qui conduisit à une tension très forte et à une explosion de nationalisme allemand antifrançais en Rhénanie. Le roi arbitre en sa défaveur, et, affaibli par son renoncement, Thiers retourne à l'opposition. Il continue à siéger à la chambre des députés dans l’opposition centre gauche où il prend peu la parole, rédigeant la suite de son histoire de la Révolution (Le Consulat et l’Empire, 1845) sur le terrain même de son adversaire Guizot, l'historien. Il encourage la campagne des Banquets qui demande la baisse du cens et dont l'interdiction conduit à la révolution de 1848.

Le 13 janvier 1841 Adolphe Thiers présente sa « Loi tendant à ouvrir un crédit de 140 millions de francs pour les fortifications de Paris »38, connues comme l'enceinte de Thiers39. Afin de rassurer ceux qui s'inquiétaient de voir les postes de batteries installées à la fois vers l'extérieur, et vers l'intérieur de la capitale, il répondit : « c'est calomnier un gouvernement, quel qu'il soit, de supposer qu'il puisse un jour chercher à se maintenir en bombardant sa capitale »38. C'est pourtant ce qu'il fit en 1871.

Sur les questions sociales, il s'oppose à la légalisation des syndicats ouvriers et au droit du travail40.

De la monarchie constitutionnelle à la République

Deuxième République

Caricature de Charles Vernier: Les modernes Cyclopes occupés à forger de nouvelles entraves à la Liberté : - par suite d'une singulière bizarrerie de la nature, ces Cyclopes ne voient clair que de l'œil droit

Le 23 février 1848, quand enfin Louis-Philippe ouvre les yeux sur la gravité de la situation et accepte la démission de Guizot, il charge le Comte Molé puis Thiers, de former un nouveau ministère, mais tous deux ont déjà compris qu'il était trop tard. « Adolphe Thiers, bourgeois orléaniste chimiquement pur » selon Maurice Agulhon41, est écarté des affaires pendant les premiers mois de la révolution de 1848.

Trop marqué par ses responsabilités passées, Thiers ne peut siéger au Gouvernement provisoire de la Deuxième République, ni dans la Commission exécutive de mai. Battu aux élections d'avril, il commence à prendre sa revanche en juin, élu avec la droite réactionnaire qui relève la tête. Il apporte alors son appui à une République conservatrice, dans laquelle les classes les plus populaires sont exclues du droit de vote et où l'Église catholique conserve une forte influence morale en particulier dans l'enseignement. Il préside la Commission sur l'assistance et la prévoyance publiques, rendant son rapport en janvier 185042.

Il appuie la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence, avec le groupe du parti de l'Ordre contre celle de Lamartine.

Second Empire

Opposé au coup d'État du 2 décembre 1851 du futur Napoléon III, durant lequel son arrestation est ordonnée, il fuit en Suisse, revient en 1852 mais se tient dans un premier temps à l’écart de la vie politique sous le Second Empire auquel il est opposé.

Le régime devient plus libéral dans les années 1860. Il est élu député de Paris en 1863. Il fait un discours remarqué sur les « libertés nécessaires » et devient le chef de l’opposition libérale. Il attire l'attention de l'opinion publique sur les dangers que représente l'unification de l'Allemagne par la Prusse mais avertit aussi du risque de la guerre en lançant un « vous n'êtes pas prêts » au gouvernement.

Vers la IIIe République (1871-1873)

Article détaillé : Commune de Paris (1871).
Adolphe Thiers photographié par Nadar.
La Commune de Paris tenant Thiers sous forme d’un nouveau-né chétif : « Et dire qu’on voudrait me forcer à reconnaître ce crapaud-là !... »
Caricature parue dans Le fils du père Duchêne Illustré no 2 le 6 Floréal 79.

Après la défaite de Sedan (2 septembre 1870) et la chute de l'Empire (révolution du 4 septembre à Paris), le gouvernement de la Défense nationale veut continuer la guerre engagée contre la Prusse par Napoléon III. Thiers est pressenti pour devenir ministre des Affaires étrangères mais n'accepte pas le poste. C'est Jules Favre qui est nommé. Il confie à Thiers la mission d'aller rechercher des appuis dans les capitales européennes. Thiers est à Londres du 13 au 20 septembre alors même que Favre rencontre Bismarck à Ferrières du 18 au 19. Thiers passe ensuite deux jours à Vienne puis est à Saint-Pétersbourg du 28 septembre au 9 octobre. Il revient par Vienne et Florence et arrive à Tours le 21 octobre, sans résultat. Grâce à un sauf-conduit obtenu par les Russes, il regagne, le 30 octobre, Paris assiégé. Convaincu qu'il faut reprendre des négociations avec les Prussiens, il obtient l'accord de Favre et, du 31 octobre au 5 novembre, il rencontre Bismarck installé à Versailles. Le gouvernement ne se sent pas en position, après l'émeute du 31 octobre à Paris, de faire accepter aux Parisiens des concessions territoriales et met un terme aux négociations.

L'armistice du 28 janvier 1871, est signé par Favre. La France n'ayant plus d'Assemblée depuis le 4 septembre 1870, l'armistice prévoit qu'en trois semaines, une Assemblée doit être élue et des préliminaires de paix signés et ratifiés par cette Assemblée.

Des élections se tiennent donc le 8 février, après une campagne d'une brièveté unique dans l'histoire française. Dans les départements occupés, elles ont lieu sous un contrôle des armées allemandes[réf. souhaitée]. Thiers est élu « chef du pouvoir exécutif de la République française » — c’est-à-dire à la fois chef de l’État et du gouvernement — le 17 février 1871 par l’Assemblée nationale, réunie à Bordeaux43 et un gouvernement est constitué. Thiers conclut avec Bismarck le traité préliminaire de paix le 26 février, ratifié par l'Assemblée le 1er mars, puis le traité de Francfort le 10 mai 1871.

Mais la crainte d'une restauration monarchique, la déception liée aux conditions de paix ainsi que des mesures maladroites comme la suppression de la solde de certains gardes nationaux ou l’enlèvement des canons de Montmartre, contribuent à provoquer, le 18 mars, un soulèvement à Paris, où est proclamée la Commune. Apprenant les événements, Victor Hugo écrit dans son journal : « Thiers, en voulant reprendre les canons de Belleville, a été fin là où il fallait être profond. Il a jeté l’étincelle sur la poudrière. Thiers, c’est l’étourderie préméditée »44.

Depuis Versailles, où s’est replié le gouvernement, Thiers organise le siège de Paris, qui se solde par l'écrasement de l’insurrection, dotée de moindres capacités militaires. La répression qui s'ensuit - nombreuses exécutions sommaires, procès expéditifs condamnant des communards à la mort, au bagne ou à la déportation - ont terni durablement la réputation de Thiers dans une partie de l'opinion, illustrée dans le « portrait » qu'en fit Georges Clemenceau, maire de Montmartre lorsque la Commune se déclenche : « Thiers, le type même du bourgeois cruel et borné, qui s’enfonce sans broncher dans le sang »45.

Les réformes de Thiers

Adolphe Thiers, photographie de Disdéri.

Chef du Pouvoir exécutif, Thiers se lance dans des réformes financières, administratives et militaires.

D'abord, il reste à payer l'indemnité de guerre de 5 milliards de francs exigées par l'Allemagne, somme correspondant à deux ou trois budgets annuels à cette époque46. Certains députés républicains jugent le moment opportun de réaliser l'un des idéaux du programme de Belleville, à savoir le vote d'une loi établissant l'impôt sur le revenu. Mais Thiers et la majorité de l'Assemblée sont fermement opposés à une réforme financière aussi révolutionnaire et le projet est repoussé. L'idée d'une souscription par des emprunts nationaux, placés dans le public, lui est préférée. Ce grand emprunt public décidé par Thiers, voté le 21 juin 1871, permet de réunir dans la seule journée du 27 juin plus de 4 milliards de francs. Les Allemands évacuant au fur et à mesure des paiements, Thiers demande que les quatre départements parisiens soient d’abord évacués, et en septembre 1873, les derniers fonds sont versés alors que les dernières troupes d'occupation quittent le pays.

Ensuite, Thiers entreprend de réformer la carte administrative par deux grandes lois :

  • Celle du 14 avril 1871 revint sur la loi du 7 juillet 1852, adoptée sous le Second Empire : le maire est élu par le conseil municipal (lui-même élu au suffrage universel), sauf dans les villes de plus de 20 000 habitants où le maire est nommé à la discrétion du gouvernement. Cette défiance à l'égard des grandes municipalités s'explique par les événements de la Commune. Par ailleurs, Paris « bénéficie » d'un régime spécial, sans maire.
  • Celle du 10 août 1871 maintient le préfet comme unique représentant de l'État dans le département ; le Conseil général de préfecture est, comme sous le Second Empire, élu au suffrage universel masculin, mais, et c'est une nouveauté, le département obtient le statut de collectivité territoriale.

Enfin, est votée la loi du 27 juillet 1872 sur l'armée, refusant aux militaires, souvent républicains, le droit de vote. L'armée devint ce qu'on appela « la Grande Muette ».

Adolphe Thiers premier président de la IIIe République

Thiers, président de la République. Image d'Épinal, 1877.
Adolphe Thiers, portrait peint par Léon Bonnat, 1876.

Thiers est considéré indispensable à l'Assemblée monarchiste pour négocier le départ anticipé des troupes allemandes. Les monarchistes ne sont pas fâchés de laisser la répression de la Commune afin de préserver « les Princes d'un pareil fardeau en pareil temps »47. Par ailleurs, il faut éviter que le Roi ne rentre « dans les fourgons de l'étranger » comme en 1814, c'est-à-dire que les Français assimilent le retour du roi à l'humiliation de la défaite et à l'occupation de la France par une armée étrangère. Il vaut mieux donc conforter Thiers dans sa position de chef de gouvernement, en attendant que la Restauration puisse se faire.

Celui-ci, critiquant son titre de « chef », lui préfère celui de « président de la République », et l'Assemblée lui accorde, par la loi Rivet du 31 août 1871, ce qu'il demandait, précisant ses pouvoirs : le président est révocable à tout instant et son mandat dure tant qu'existe l’Assemblée. Il nomme et révoque les ministres, responsables tout comme lui devant l’Assemblée, et ses actes sont contresignés par un ministre.

La paix signée, le savant Joseph-Charles d'Almeida remit à Adolphe Thiers son rapport pour le Gouvernement de la Défense Nationale ayant pour objectif d'établir des communications entre la province et Paris48. Par décret du 2 septembre 1871, Jules Dufaure, le Garde des Sceaux est nommé vice-président du Conseil. La formule de vice-président du Conseil est appropriée, car c'était le président de la République qui présidait le Conseil des ministres, cumulant ainsi les fonctions de chef de l'État et celle de chef du gouvernement (en plus de celle de député).

Jean-Marie Mayeur explique les méthodes de gouvernement de Thiers : usant perpétuellement de la menace de démissionner, se sachant absolument nécessaire, le président de la République impose son autorité à une majorité de plus en plus réticente49. Le basculement de ses convictions entraîne sa chute.

Les monarchistes sont divisés en deux familles, deux obédiences n'acceptant pas le même héritage :

  • Les légitimistes, prônant un retour à la monarchie de droit divin, ne s'appuyant ni sur le peuple, ni sur le Parlement, détestant la Révolution et son héritage, sont réunis autour de la personne du comte de Chambord, pour eux « Henri V » depuis la mort de son oncle le « comte de Marnes », ou même depuis l'abdication de son grand-père Charles X.
  • Les orléanistes, voulant réconcilier royauté et Révolution, et adoptant le drapeau tricolore comme le fit le Roi-citoyen, ont pour prétendant le comte de Paris.

La Chambre étant divisée en trois grands blocs, les légitimistes, les orléanistes et les républicains, les monarchistes doivent s'allier pour espérer le retour d'un roi. Or, cette alliance ne se fait pas. En effet, par le manifeste du 5 juillet 1871, le comte de Chambord, prétendant légitimiste, refuse d'adopter le drapeau tricolore pour lui préférer le drapeau blanc. Ce refus, empêchant la Restauration, sépare les orléanistes des légitimistes, et le 7 juillet, une déclaration de 80 députés légitimistes libéraux entraîne une scission au sein du Cercle des Réservoirs50.

Devant les échecs d'une restauration, Thiers semble se tourner de plus en plus vers le régime républicain, et dans un discours du 13 novembre 1872, il affirme son ralliement à la République, qu'il voulait socialement conservatrice et politiquement libérale. Dans son message présidentiel à l'Assemblée, il dit : « la République existe, c’est le gouvernement légal du pays. Vouloir autre chose serait une nouvelle révolution et la plus redoutable de toutes ».

Inquiets de la montée des groupes parlementaires républicains aux élections partielles et des mouvements de gauche, notamment radicaux, les monarchistes attendent de Thiers qu'il s'y oppose. Celui-ci se contente de leur répondre :

« Puisque vous êtes la majorité, que n'établissez-vous la monarchie ? »

Comprenant que Thiers ne les aiderait plus, la « loi chinoise » est votée, le 13 mars 1873, portant sur « les attributions des pouvoirs publics et les conditions de la responsabilité ministérielle ». Désormais, si le président peut toujours s'exprimer au sein de l'Assemblée nationale, son allocution n'est pas suivie de débats. Cela limite son temps de parole et le transforme en monologue. Cette loi est importante en ce qu'elle établit définitivement les relations entre le Parlement et le président de la République sous la IIIe République. Le 15 mars 1873 est signée la convention d'évacuation des troupes allemandes, Thiers n'est plus indispensable à la majorité monarchiste. Une « Union des droites » se forme autour d'Albert de Broglie afin de faire « prévaloir dans le gouvernement une politique résolument conservatrice ». Le 23 mai 1873, Thiers prononce un discours de deux heures, signifiant à la majorité monarchiste que la République serait le seul régime viable :

« J’ai pris mon parti sur la question de la République, oui, je l’ai pris. Ce qui m’y a décidé, c’est qu'aujourd’hui pour vous, pour nous, la monarchie est impossible. On n’occupe pas un trône à trois51 !  »

Lors d'une élection partielle, Rémusat, candidat de la majorité, est battu par Désiré Barodet, ce qui entraîne une forte activité à la Bourse de Paris, durant la journée de dimanche, sur le trottoir devant le Palais Brongniart52. Cet échec, très suivi, fut une des raisons de la chute de Thiers, qui démissionne le 24 mai, persuadé qu'il serait rappelé puisque trop indispensable. Patrice de Mac-Mahon, légitimiste, général ayant réprimé la Commune, est alors élu président de la République, le soir même.

Fin de carrière politique

Après sa démission, Adolphe Thiers retrouve son siège de député. En 1876, il est candidat aux élections sénatoriales et législatives qui ont lieu lors de la mise en place des institutions de la Troisième République. Il est élu sénateur le 30 janvier 1876 mais démissionne le 11 mars 1876, préférant rester député, ayant été réélu le 20 février 1876.

Après sa mort

Article détaillé : Tombe d'Adolphe Thiers.
Le mausolée d'Adolphe Thiers au Père-Lachaise

En 1877, l'année de sa mort, Gambetta le proclame « libérateur du territoire ». Il repose dans un énorme mausolée à côté de la chapelle au Père-Lachaise, division 55. Sur l'épitaphe apposée, on lit : « Patriam dilexit - Veritatem coluit ». Près d'un million de parisiens assistent à ses obsèques et une centaine de villes de France lui consacrent une place ou une avenueb 24.

Vie privée

En 1827, Adolphe Thiers se lie d'amitié avec la famille Dosne. Alexis Dosne est un riche agent de change. Thiers est très vite l'amant de la maîtresse de maison, Eurydice (elle a alors 32 ans et lui 30). En novembre 1833, il épouse Élise Dosne fille aînée de sa maîtresse. Balzac fait une référence caustique à ce mariage dans La Maison Nucingen en écrivant : « Après quinze ans de liaison continue et, après avoir essayé son gendre, la baronne Delphine de Nucingen avait marié sa fille à Rastignac ». Ce mariage lui apporte une très grande fortune, mais ne lui donne aucune position sociale solide. Élise apporte en dot un hôtel particulier situé place Saint-Georges, qui abrite aujourd'hui la fondation Dosne-Thiers. Il s'entiche également de la seconde fille de la famille, Félicie.

La presse parle alors des « trois moitiés de M. Thiers ». En 1871, Eurydice décède. Adolphe Thiers continue sa relation avec les deux sœurs.

Place dans l'histoire

Dans les premiers jours qui suivent sa mort, Thiers laisse une image plutôt positive et les éloges ne tarissent pas à son sujet53. Par exemple, le quotidien Le Temps du 5 septembre 1877 résume ainsi sa carrière : « Il avait quatre-vingt ans, mais sa ferme et lucide intelligence, son incroyable activité de corps et d'esprit, la vivacité de sa conversation et de ses allures, tout nous ôtait jusqu'à l'idée d'une fin prochaine. Ce vieillard, dont l'histoire était celle du pays depuis près de soixante ans, apparaissait déjà comme un personnage légendaire et, cependant, avec le passé, il représentait pour nous, pour la France républicaine et libérale, un avenir long et utile... Il avait encore des services à rendre, des conseils à donner, des hommes à éclairer... ; sa grande expérience, sa clairvoyance inaltérable, sa passion du bien public donnaient à ses avis une autorité tout à fait unique ».

Puis, très vite, cette image se ternit, si bien que le duc d'Aumale n'hésite pas à affirmer que « M. Thiers est le plus grand ennemi que la France ait jamais eu »54. L'historien Pierre Guiral explique que Thiers s'est fait beaucoup d'ennemis au cours de sa vie : les bonapartistes pour son opposition à l'Empire, les monarchistes pour la fondation de la République, et enfin les « républicains avancés » pour l'écrasement de la Communea 30. Les Communards l'avaient appelé le « sinistre vieillard »55. Le député socialiste Clovis Hugues s'insurge à l'idée d'édifier une statue à son effigie : « Eh ! parlons-en de ce petit grand homme. Si toutes les victimes qu'il a faites en formaient le socle, sa tête irait toucher le ciel ! »a 31. Les Nancéiens qui ont eu cette statue n'en veulent pas55.

En mai 1968 s'installe en France une haine anti-Thiers : à Marseille, certains étudiants veulent rebaptiser le lycée Thiers en lycée Pythéas ou encore en lycée de la Commune de Marseille. La rue Thiers est débaptisée à Vernon et sa tombe à Paris est profanéea 32. La même année, l'article consacré à Adolphe Thiers dans le Dictionnaire des littératures énonce qu'« il noya dans le sang la Commune »56.

En 1990, l'historien François Roth écrit : « Il faut débarrasser la mémoire de Thiers des légendes qui l’obscurcissent. La plupart de ses contemporains l’ont porté aux nues et n’ont pas tari d’éloges sur « l'illustre négociateur », sur l'éminente sagesse de « l'illustre homme d’État ». Les historiens du début du [XXe] siècle ont baissé un peu le ton tout en l’approuvant. Puis un courant d'opinion amorcé par les ouvrages d'Henri Guillemin l'a rejeté. Pour les insurgés de 1968 et les célébrants intellectuels du centenaire de la Commune, le cas de Thiers n’est même plus plaidable. [...] Il faut toujours revenir au contexte de février 1871. Avec ce qui restait d'armée, la reprise de la guerre était une totale illusion. […] Thiers a été suivi, la mort dans l'âme, par l'immense majorité de ses compatriotes »57.

Synthèse des mandats électifs

  • 1848 : élu député de la Seine (Paris) à l'Assemblée nationale constituante (élu dans 3 autres départements)
  • 1863 : réélu député de la Seine
  • 8 février 1871 : élu député dans plusieurs départements (dont le Loiret, mais aussi de la Vienne), il opte (à une date non connue, avant le 2 juillet 1871) pour le mandat de député de la Seine

Décorations

  • Légion d'honneur :
    • Chevalier : 1831
    • Officier : 1833
    • Commandeur : 1835
    • Grand Officier de la Légion d'honneur en 1837
    • Grand-croix de la Légion d'honneur en 1871 en tant que président de la République
  • Chevalier de l'ordre de la Toison d'or (Espagne) le 14 septembre 187158

Portrait

Portrait physique

D'une petite taille (1,55 m)59 et le teint noir, Adolphe Thiers ressemblait physiquement à son pèreb 25. Sa voix est aiguë et nasillardeb 26.

Iconographie

Une aquarelle de Paul Louis Léger Chardin (1833-1918) datée de 1872, intitulée Vue prise dans l'atelier de Melle Nélie Jacquemart peintre (...) des grands hommes représentant Thiers en train d'être peint par la portraitiste mondaine - plus tard Mme Jacquemart-André - qui en fait un empereur romain couronné de laurier, dans un cadre portant les mots « Caesar.Adolphus.Tertius Imp(erator) ». Cela est un élément d'un album de 36 aquarelles qui sont des caricatures et des scènes de la vie politique et sociale des années 1870-1890 et qui a figuré dans la vente aux enchères publiques du contenue de la Quinta do Anjinho au Portugal, ayant appartenu à Henri d'Orléans, comte de Paris et à son épouse à Monaco les 14 et 15 décembre 1996 (reproduit au numéro 97 du catalogue).

Personnalité

Citations

Citations d'Adolphe Thiers

  • « Le roi n’administre pas, ne gouverne pas, il règne. » (« Du gouvernement par les chambres », Le National - 4 février 1830).
  • « La république est le gouvernement qui nous divise le moins. » (Discours à l’Assemblée législative - 13 février 1850)
  • « Nul ne doit faire peser sur la société le fardeau de sa paresse ou de son imprévoyance. »
  • « La République sera conservatrice ou ne sera pas ! »
  • « Il n’y a qu’un trône et l’on ne peut l’occuper à trois. » (Message de Thiers lu à l’Assemblée nationale le jour de sa démission de la présidence de la République le 24 mai 1873. Il y affirme qu’un retour à la monarchie est impossible car il y a trois prétendants : les comtes de Chambord et de Paris et le prince impérial, fils de Napoléon III.)
  • « Je veux rendre toute-puissante l'influence du clergé, parce que je compte sur lui pour propager cette bonne philosophie qui apprend à l'homme qu'il est ici-bas pour souffrir et non cette autre philosophie qui dit au contraire à l'homme : "Jouis" » (Discours prononcé au sein de la Commission sur l'instruction primaire de 1849)
  • « Les droits politiques soutiennent la démocratie, les droits publics sont les libertés nécessaires à celle-ci. »
  • « C'est un crétin qu'on mènera. » (à propos de Louis-Napoléon Bonaparte ; cité par A. Dansette, 184860)
  • « Un peuple instruit est un peuple ingouvernable » (dans une réponse à Victor Hugo)

Citations sur Adolphe Thiers

  • « M. Thiers est le maître de ces farceurs libéraux, très démoc, dans l'opposition, et très réac, dès qu'ils ont pu escalader le pouvoir » Études politiques et critiques ; Les derniers scandales par Aristophane, Éditions Armand, Paris, 1869.
  • « Eh ! parlons-en de ce petit grand homme. Si toutes les victimes qu'il a faites en formaient le socle, sa tête irait toucher le ciel ǃ »a 33 (Clovis Hugues, sur un projet de statue à son effigie).
  • « Personne n'a résumé comme lui la France »b 27 (Gustave Flaubert).

Victor Hugo tenait en piètre estime l'écrivain Thiers. La lecture de Histoire du Consulat et l'Empire, dont il cite une phrase, lui inspire la réflexion suivante :

  • « -On introduit l'Empereur dans un caveau simple jusqu'à la négligence, disant ainsi d'un caveau ce qu'il faudrait dire de son style »61.

Karl Marx a été extrêmement virulent contre Thiers, notamment dans le premier chapitre de La guerre civile en France :

  • « Thiers, ce nabot monstrueux, a tenu sous le charme la bourgeoisie française pendant plus d'un demi-siècle, parce qu'il est l'expression intellectuelle la plus achevée de sa propre corruption de classe »62
  • « Napoléon Ier dont il [Thiers] était devenu le cireur de bottes historique »
  • « Thiers n'a été conséquent que dans son avidité de richesse, et dans sa haine des hommes qui la produisent »

La guerre civile en France, Karl Marx, 1871.++

Dans la fiction

  • Thiers a servi de modèle à Eugène de Rastignac, personnage romanesque et arriviste d'Honoré de Balzac dont les aventures débutent dans Le Père Goriot et dont l'évolution va se poursuivre dans un nombre considérable de romans de La Comédie humaine.
  • Dans la série animée japonaise Isabelle de Paris, l'héroïne en titre vit les événements du siège de Paris puis de l'insurrection de la commune de 1871, rencontrant des personnages historiques comme Adolphe Thiers et Léon Gambetta.
  • Dans La Commune (Paris, 1871), film historique de Peter Watkins diffusé en 2000 sur Arte, Adolphe Thiers est joué par Jean Giacinti.

Œuvres

  • Salon de Mil huit cent vingt-deux, ou collection des articles insérés au Constitutionnel, sur l'exposition de cette année, Paris, Maradan, 1822. 5 lithographies hors-texte.
  • Les Pyrénées et le Midi de la France, pendant les mois de novembre et décembre 1822, Paris, Ponthieu, 1823.
  • Histoire de la Révolution française, Paris, Lecointre et Durey, 1823-27 (10 volumes).
  • Law et son système de finance, Paris, 1826.
  • La Monarchie de 1830, par A. Thiers, député des Bouches-du-Rhône, Paris, Alexandre Mesnier, 1831.
  • Histoire de la Révolution Française. Précédée d'un Précis de l'histoire de France, par M. Michelet, Bruxelles, Société des bibliophiles belges, 1841 (2 volumes).
  • Rapport de M. Thiers sur la loi d'instruction secondaire fait au nom de la Commission de la Chambre des députés dans la séance du 13 juillet 1844, Paris, Paulin, 1844.
  • Histoire du Consulat et l'Empire faisant suite à l'Histoire de la Révolution française, Paris, Paulin (volumes 1 à 16) - Paulin, Lheureux et Cie (volumes 17 & 18) - Lheureux et Cie (volumes 19 & 20), 1845-62. 74 planches gravées sur acier par Eugène Beyer, T. Doherty, Charles Geoffroy, Paul Girardet, Tony Goutière, Jean-Jacques Outhwaite, etc., d’après Horace Vernet, Karl Girardet, Eugène Charpentier, etc.
  • De la Propriété, Paris, Paulin, Lheureux et Cie, 1848 (réédition : Paris, Éditions du Trident, 2011).
  • De la propriété. Édition augmentée des Discours sur le droit au travail et sur le crédit foncier, Bruxelles, Méline, Cans et Compagnie, 1848.
  • Du communisme, Paris, Paulin, Lheureux et Cie, 1849.
  • Rapport général présenté par M. Thiers au nom de la Commission de l'Assistance et de la Prévoyance Publiques. Dans la séance du 26 janvier 1850, Paris, Paulin, Lheureux et Cie, 1850.
  • Histoire de Law, Paris, Michel Lévy frères, 1858.
  • Discours de M. Thiers député de la Seine sur l'expédition du Mexique prononcés dans la discussion de l'adresse au corps législatif, Paris, Lheureux et Cie, 1864.
  • Discours de M. Thiers député de la Seine sur les finances prononcés au corps législatif dans la discussion du budget - Séances de 2 et 6 juin, Paris, Lheureux et Cie, 1865.
  • Histoire de la Révolution française, Paris, Furne, 1865 (2 volumes). Illustrations par Yan' Dargent.
  • Discours de M. Thiers député de la Seine sur la politique extérieure de la France spécialement en ce qui concerne l'Allemagne et l'Italie prononcés au corps législatif dans les séances des 14 & 18 mars 1867, Paris, Lheureux et Cie, 1867.
  • Déposition dans l'enquête ouverte sur les banques et la circulation fiduciaire, Paris, 1867.
  • Discours prononcés au corps législatif (janvier et février 1868) par M. Thiers sur la liberté de la Presse, Tours et Paris, 1868.
  • De la propriété. Nouvelle édition augmentée d'un choix de maximes et pensées extraites de L'histoire du Consulat et de l'Empire, Paris, 1868.
  • Discussion du projet de loi relatif à un emprunt de 2 milliards. Séance du 20 juin 1871. Discours de M. A. Thiers, Paris, Imprimerie et Librairie du Journal Officiel, Wittersheim, 1871.
  • Déposition sur le 18 mars, Paris, 1872.
  • Histoire de la révolution du 4 septembre et de l'insurrection du 18 mars : dépositions de M. Thiers devant les commissions d'enquête parlementaire, Paris, 1873.
  • Manifeste de M. Thiers aux électeurs du IXe arrondissement de Paris, Paris, Marpon et E. Flammarion, 1877.
  • Discours parlementaires (1830-1877), publiés par M. Calmon, Paris, Calmann-Lévy, 1879-1883 (15 volumes).
  • Notes et souvenirs de M. Thiers. 1848. Révolution du 24 février, Paris, Calmann-Lévy, 1902.
  • Notes et Souvenirs - Voyage diplomatique. Proposition d'un Armistice. - Préliminaires de la Paix. Présidence de la République, Paris, Calmann-Lévy, 1903.
  • Occupation et libération du territoire 1871-1873 - Correspondances, Paris, Calmann-Lévy, 1903.
  • Discours prononcé à l’Académie Française par M. Thiers pour la réception de M. Stendhal et recueilli par André Billy, Paris, Éditions du Trianon, 1932. Frontispice gravé par Joseph Hémard.

Bibliographie

  • John M. S. Allison, Thiers and the French Monarchy, Boston, Houghton Mifflin, 1926.
  • Ignacio Manuel Altamirano, À la Mémoire de l'Illustre Républicain Adolphe Thiers, 1877.
  • J. d'Arcay, Notes inédites sur M. Thiers. L'homme privé - l'homme politique, Paris, 1888.
  • Jean Aubert, De quoi vivait Thiers, Paris, Éditions Deux-Rives, 1952.
  • Benoît Yvert (dir.), Premiers ministres et présidents du Conseil. Histoire et dictionnaire raisonné des chefs du gouvernement en France (1815-2007), Paris, Perrin, 2007, 916 p..
  • (en) John Patrick Bury et R. P. Tombs, Thiers, 1797-1877 : a political life, London Boston, Allen & Unwin, 1986, 307 p. (ISBN 9780049440135)
  • Robert Christophe, Le Siècle de Monsieur Thiers, Paris, Librairie Académique Perrin, 1966.
  • Jules Claretie, Histoire de la révolution de 1870-71, Paris, Aux bureaux du journal L’Éclipse, 1872-74 (2 volumes).
  • Pierre Descaves, Monsieur Thiers, Paris, La Table Ronde, 1960.
  • Robert Dreyfus, Monsieur Thiers contre l'Empire, la guerre, la Commune 1869-1871, Paris, Grasset, 1928.
  • Henri Guillemin, L’avènement de Monsieur Thiers, suivi de Réflexions sur la Commune, Paris, Gallimard, 1971.
  • Pierre Guiral, Adolphe Thiers ou De la nécessité en politique, Paris, Fayard, 1986. (ISBN 2-21301-825-1)
  • Gabriel Hanotaux, Histoire de la France contemporaine. Tome 1 - le gouvernement de M. Thiers, Paris, Ancienne librairie Furne société d'édition contemporaine
  • Jean Lucas-Dubreton, Aspects de Monsieur Thiers, Paris, Arthème Fayard, 1948 (réédition : Lausanne, Éditions Rencontre, 1966. Préface par André Billy).
  • Émile de Marcère, L’assemblée nationale de 1871 - gouvernement de M. Thiers, Paris, Librairie Plon, 1904.
  • Robert Marquant Thiers et le Baron Cotta - Étude sur La Collaboration de Thiers a La Gazette d`Augsbourg, Paris, Presses universitaires de France, 1959.
  • Charles Henri Pomaret, Monsieur Thiers et son siècle, Paris, Gallimard, 1948.
  • Louis Réau, M. Thiers critique d'art et collectionneur, Paris, Lahure, 1921.
  • Maurice Reclus, Le roman des grandes existences. Monsieur Thiers, Paris, Plon, 1929.
  • Paul de Rémusat, A. Thiers, Paris, Librairie Hachette, 1889. (ISBN 978-0543777966)
  • Georges Valance, Thiers : bourgeois et révolutionnaire, Paris, Flammarion, 2007, 440 p. (ISBN 2082100464)
  • Edgar Zevort, Thiers, Paris, Lecerne, Oudin, 1892. (ISBN 978-1246927634)
  • Maurice Agulhon, Monsieur Thiers : d'une République à l'autre : colloque tenu à l'Académie des Sciences, lettres et arts de Marseille, le 14 novembre 1997, Paris, Publisud, 1998 (ISBN 2866007034).
  • Alfred Colling, La Prodigieuse Histoire de la Bourse, Société d'Éditions Économiques et Financières, 1949. 

Notes et références

  1. Le patronyme Thiers désigne celui qui est un descendant de Thiers, ancien prénom (nom de personne) en Provence, qui correspond à Saint Thyrse, patron de la ville de Sisteron, nom porté par plusieurs martyrs. Le nom tiendrait aussi son origine dans le Queyras, plus spécialement de Veynes (cf. Pierre Guiral, Adolphe Thiers ou De la nécessité en politique, Fayard, 1986, p. 13). On rencontre le nom dans diverses régions, mais c'est dans l'Aveyron et en Provence qu'il a toujours été le plus répandu. On trouve aussi des variantes du patronyme avec la même signification : Thier, Tier (Sources : Généanet.org/onomastique [archive]).
  2. Chobaut et Servières, op. cit., p. 23.
  3. Duc de Castries, Monsieur Thiers, Paris, Librairie académique Perrin, 1983, page 17.
  4. Chobaut et Servières, op. cit., page 90.
  5. Chobaut et Servières, op. cit., page 120.
  6. B. Bareilles, « Les origines d'André Chénier », Mercure de France, 1er avril 1924.
  7. Michel Sementéry, Les Présidents de la République française et leur famille, éditions Christian, 1982.
  8. H. Gastaldy, Adolphe Thiers, Maurice Dreyfous, 1878, p. 21.
  9. Archives communales de Marseille.
  10. Gastaldy, op. cit., p. 23.
  11. Hyacinthe Chobaut et Jean de Servières, Les origines de M. Thiers, p. 77-78.
  12. « Si je souffrais quelquefois, l'étude me faisait oublier mes privations, et je trouvais un allègement à mes peines en un lieu où les enfants ne le cherchent guère, je veux dire au collège dont le régime tout militaire me donna une santé inébranlable et aussi l'habitude que j'ai toujours conservée de me lever à cinq heures du matin. » (Adolphe Thiers, Plan d'un ouvrage de philosophie, Paris, 1905, p. 2-3).
  13. Sébastien Berteaut, M. Thiers, souvenirs d'un vieux Marseillais, p. 14.
  14. D. Halévy, Le Courrier de M. Thiers, Payot, 1921, p. 17.
  15. Sébastien Berteaut, op. cit., p.15.
  16. Henri Malo, Thiers (1797-1877), Paris, 1932, p.22.
  17. Louis Méry, Les Boucles d'oreille, souvenirs de l'école de droit, p. 104.
  18. Franck Morin Pons, « Thiers avocat aixois (1818-1821) », Provence historique, octobre-décembre 1959, page 239.
  19. Franck Morin Pons, op. cit., p. 228.
  20. Louis Méry, op. cit., p. 104.
  21. Franck Morin Pons, op. cit., p. 236.
  22. Joseph d'Arçay, Notes inédites sur M. Thiers, Paris, 1888.
  23. Cinq lettres sur Monsieur Thiers, Archives de la Bibliothèque historique de la ville de Paris, p. 6-12.
  24. Ibid.
  25. A. Laya, M. A. Thiers, 1846, p. 20.
  26. "Histoire de France de 1792 à 1849 (élection du président de la République)", par Germain Sarrut,Roux [1] [archive]
  27. Fabricio Cardenas, « Adolphe Thiers en admiration devant le Canigou en 1822 » [archive], sur Vieux papiers des Pyrénées-Orientales, 14 décembre 2014 (consulté le 2 décembre 2016)
  28. Cité par Guy Antonetti, Louis-Philippe, Paris, Fayard, 1994, p. 547
  29. Discours de réception sur le site de l'Académie française [archive]
  30. Émile de Labédollière, Le Nouveau Paris, Gustave Barba Libraire-Éditeur, Paris 1860, page 222.
  31. cité par Guy Antonetti, Op. cit., p. 750. En octobre 1835, elle écrit encore : « Je le déteste. Il n’a d’autre Dieu que son intérêt personnel, il est toujours le même, sans principes, sans dignité. […] C’est un bavard infatué, dont la faconde et la facilité, qui n’est appuyée ni d’un principe ni d’une conviction, fait (sic) tout le mérite. C’est de plus un brouillon intéressé et l’un des êtres qui ont le plus contribué à déconsidérer et avilir le gouvernement. Malheureusement, nous en sommes venus au point qu’il est presque impossible d’avoir d’autres ministres. » (Ibid.) Elle lui reconnaît toutefois de l’esprit : « Si je ne méprisais pas tant cet homme, il m’amuserait, car ce n’est pas l’esprit qui lui manque. » (ibidem) Le lendemain, elle écrit encore : « J’ai trouvé l’odieux petit nain engraissé et tout fringant. Il m’a fait de grandes protestations d’admiration et de dévouement pour le Père, mais je sais ce qu’en vaut l’aune. […] C’est un pantin d’esprit, sans tenue morale, qui joue à tout venant. » (Ibid.)
  32. cité par Guy Antonetti, Op. cit., p. 751
  33. Selon Victor Hugo, le roi lui aurait rapporté en 1844 que Talleyrand lui avait dit : « Vous ne ferez jamais rien de Thiers, qui serait pourtant un excellent instrument. Mais c’est un de ces hommes dont on ne peut se servir qu’à la condition de le satisfaire. Or il ne sera jamais satisfait. Le malheur, pour lui comme pour vous, c’est qu’il ne puisse plus être cardinal. » (cité par Guy Antonetti, Op. cit., p. 751)
  34. cité par Guy Antonetti, Op. cit., p. 765
  35. cité par Guy Antonetti, Op. cit., p. 765. L’entrevue est rapportée en détail par Camille de Montalivet dans ses Mémoires.
  36. cité par Guy Antonetti, Op. cit., p. 764
  37. André Maurois, 1965, p. 309.
  38. a et b « discours de M. Adolphe Thiers sur sa Loi tendant à ouvrir un crédit de 140 millions de francs pour les fortifications de Paris, le 13 janvier 1841 » [archive]
  39. « La question des fortifications de Paris - 1840 » [archive], Chemins de mémoire
  40. « Microentreprise, une machine à fabriquer des pauvres », Le Monde diplomatique,‎ 1er décembre 2017 (lire en ligne [archive])
  41. "1848 ou l'apprentissage de la république" Éditions du Seuil 1973, coll Points Histoire.
  42. Thiers, De l'assistance et de la prévoyance publiques. Rapport présenté au nom de la Commission le 26 janvier 1850, Ve Wouters, 1850 (accessible sur books.google.fr)
  43. Dictionnaire d’histoire de France, p. 992, Alain Decaux et André Castelot (dir.), Librairie Académique Perrin, 1981.
  44. Victor Hugo, Choses vues, 1870-1885, Paris, Gallimard, Folio, 1972, 529 p. (ISBN 2-07-036141-1), p.159
  45. Le dernier défi de Georges Clemenceau, p. 159, Gilbert Prouteau, France-Empire, 1979.
  46. [Guy Antonetti, Histoire contemporaine politique et sociale, p. 316]
  47. François Chevalier, Droit constitutionnel
  48. Rapport sur une mission confiée à Mr Charles D'ALMEIDA par le Gouvernement de la Défense Nationale ayant pour objectif d'établir des communications entre la Province et Paris au cours de la Guerre 1870-71 -Imprimerie Deslis Frères et Cie, 6 rue Gambetta Tours - côte n°116521 Année 1913
  49. Jean-Marie Mayeur, La Vie politique sous la IIIe République, p. 44
  50. [Jean-Marie Mayeur, La Vie politique sous la IIIe République, p. 39-41]
  51. Le comte de Chambord, le comte de Paris et le prétendant bonapartiste alors prince impérial.
  52. Alfred Colling, La Prodigieuse histoire de la Bourse, Paris, Société d'éditions économiques et financières, 1949, p. 290
  53. Le Petit Journal du 5 septembre 1877 [archive].
  54. Pauline de La Ferronnays, Mémoires de Mme de la Ferronnays, p. 89. consultable ici [archive]
  55. a et b Jean Micque, « Déboulonnons la statue de Thiers », L'immeuble et la construction dans l'Est, vol. 22e année, no 35,‎ 31 décembre 1905 (lire en ligne [archive])
  56. Dictionnaire des littératures, tome III, p.3907.
  57. François Roth, La guerre de 70, Fayard 1990 (ISBN 2-213-02321-2), page 476-477.
  58. Duplicata du greffe de l'Insigne Ordre de la Toison d'Or [archive]
  59. Gambetta l'avait surnommé foutrique (voir Jean Micque, « Déboulonnons la statue de Thiers », L'immeuble et la construction dans l'Est, vol. 22e année, no 35,‎ 31 décembre 1905 (lire en ligne [archive])).
  60. Paroles de Présidents, Jean Lacouture, 2011, p. 14
  61. Victor Hugo, Choses vues, 1847-1848, Paris, Gallimard, 1972, 505 p. (ISBN 2-07-036047-4), p. 54
  62. La Guerre civile en France, éd. Mille et une nuits, 2007, p. 16.
  • Pierre Guiral, Adolphe Thiers ou De la nécessité en politique, Paris, Fayard, 1986, 622 p. (ISBN 2213018251) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  1. p. 11.
  2. p. 13.
  3. p. 14-15.
  4. p. 16.
  5. p. 16.
  6. p. 17-18.
  7. p. 18.
  8. p. 18.
  9. p. 13-14.
  10. p. 11.
  11. p. 14.
  12. p. 20.
  13. p. 21.
  14. p. 21
  15. p. 25.
  16. p. 27-28.
  17. p. 32.
  18. p. 33.
  19. p. 36.
  20. p. 37.
  21. p. 37.
  22. p. 37.
  23. p. 38.
  24. p. 38.
  25. p. 50
  26. p. 39
  27. p. 41
  28. p. 42.
  29. p. 42.
  30. p. 7-8.
  31. p. 8.
  32. p. 8.
  33. p. 8.
  • Georges Valance, Thiers, bourgeois et révolutionnaire, Paris, Flammarion, 2007, 450 p. (ISBN 9782082100465) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  1. p. 20.
  2. p. 21.
  3. p. 27.
  4. p. 27.
  5. p. 13.
  6. p. 18.
  7. p. 19.
  8. p. 20.
  9. p. 17.
  10. p. 16.
  11. p. 28.
  12. p. 32.
  13. p. 36.
  14. p. 33.
  15. p. 34.
  16. p. 35.
  17. p. 37.
  18. p. 37.
  19. p. 43.
  20. p. 44.
  21. p. 47.
  22. p. 44.
  23. p. 45.
  24. p. 10.
  25. p. 24.
  26. p. 39.
  27. 1re de couverture.

Voir aussi

Articles connexes

  • Second Empire
  • Commune de Paris
  • Troisième République
  • Léon Gambetta
  • Fondation Dosne-Thiers

Liens externes

Ressources relatives à la vie publique : Base Léonore [archive] • Présidence de la République française [archive] • Sénat [archive] • Base Sycomore [archive]

Ressources relatives à la littérature : Académie française (membres) [archive] • Lord Byron and his Times [archive] • Online Books Page [archive]

 

13 juin 2019

Le Carlier d'Ardon Marie Charles Henri Philibert

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Marie Charles Henri Philibert Le Carlier d'Ardon

11758

Marie Charles Henri Philibert Le Carlier d'Ardon
Fonction
Député
 
Biographie
Naissance
19 septembre 1778


Laon

Décès
25 janvier 1860

(à 81 ans)
Presles-et-Thierny

Activité
Homme politique

Marie-Charles-Henri-Philbert Le Carlier d'Ardon est un homme politique français né le 19 septembre 1778 à Laon (Aisne)1 et mort le 25 janvier 18602 à Presles (Aisne)3.

Fils de Marie-Jean-François-Philbert Le Carlier d'Ardon, il est conseiller général et député de l'Aisne en 1815, pendant les Cent-Jours, puis de 1819 à 1824 et de 1827 à 1834, siégeant avec les libéraux sous la Restauration et signant l'adresse des 221. Il soutient la Monarchie de Juillet.

Notes et références

  1. Acte de naissance (p. 175) [archive], registre des baptêmes, mariages et sépultures (1761-1791) de la ville de Laon-Saint-Rémy-Porte sur le site des Archives départementales de l'Aisne.
  2. Acte décès [archive] sur AD02 (p. 4/199)
  3. A. Robert et G. Cougny, « Marie-Charles-Henri-Philibert Le Carlier d'Ardon [archive] », Dictionnaire des parlementaires français sur le site de l'Assemblée nationale.

Bibliographie

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12 juin 2019

de Maistre Rodolphe

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Rodolphe de Maistre


Rodolphe de Maistre
Рудольф Осипович де Местр

Rdemaistre

 
Rodolphe de Maistre en uniforme d'officier des chevaliers-gardes, portrait daté de 1809, Russie.

Naissance 22 septembre 1789
Chambéry (Savoie).
Décès 5 février 1866 (à 76 ans)
Borgo-Cornalese (Piémont).
Allégeance Drapeau de l'Empire russe Empire russe, Drapeau du Royaume de Sardaigne. Royaume de Sardaigne
Grade Général

Rodolphe de Maistre (Anne André Rodolphe, 3e comte de Maistre) (Rodolfo de Maistre) né le 22 septembre 1789 à Chambéry, mort au château de Borgo, près de Turin, le 5 février 1866, est un militaire et fonctionnaire sujet du Royaume de Sardaigne. Lieutenant-colonel au service du tsar de Russie, colonel, puis général, au service du roi de Sardaigne, gouverneur de la ville et du comté de Nice.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Décorations et distinctions
  • 3 Citations
  • 4 Union et Postérité[11]
  • 5 Œuvres
  • 6 Bibliographie
  • 7 Notes et références
  • 8 Articles connexes

Biographie

Le comte Rodolphe de Maistre est savoisien. Sa famille était originaire du comté de Nice1. Son grand-père paternel, François-Xavier de Maistre (1705-1789), s'est fixé définitivement en Savoie comme président du souverain sénat de Savoie. Rodolphe est le fils de Joseph de Maistre (1753-1821) et de Françoise de Morand de Saint-Sulpice (1759-1839). Son grand-père maternel, Jean-Pierre de Morand (1703-1759) était colonel du régiment de Chablais. Il a deux sœurs, Adèle, l'aînée et Constance, la cadette2.

Né le 22 septembre 1789, place Saint-Léger à Chambéry, baptisé à Saint-François par son oncle, le chanoine André de Maistre, cet enfant, fils unique du sénateur Joseph de Maistre, était destiné à vivre une jeunesse paisible en pays de Savoie, éloigné des orages de la Révolution française qui ne concernait pas le royaume de Sardaigne, gouverné par Victor-Amédée III, auquel appartenaient le Piémont, le duché de Savoie et le comté de Nice. Et pourtant, l'invasion de la Savoie en 1792 par les révolutionnaires français, aux ordres de MontesquiouNote 1, va bouleverser sa vie ainsi que celle de toute sa famille.

Dès sa naissance, il est placé en nourrice à Vimines, sous la surveillance de sa tante, Thérèse de Maistre, qui habitait Les Echelles. Le 20 septembre 1792, à l'approche de l'ennemi, la comtesse Joseph de Maistre, emmenant avec elle Adèle et Rodolphe, âgés respectivement de 5 ans et de 3 ans, part pour Moûtiers où elle va rejoindre son beau-frère, le chanoine André de Maistre, en attendant son mari3. C'est le début d'un périple qui va durer plus de vingt ans. La famille de Maistre va se réfugier dans la cité d'Aoste, puis revenir à Chambéry en passant en plein hiver, sous la neige, par le col du Grand Saint-Bernard. Les enfants sont transportés à dos d'homme, enveloppés dans une couverture à l'intérieur d'une hotte de vigneron. Les Maistre vont tenter en vain en 1793, sous le régime de la Terreur imposé aux Savoyards par les révolutionnaires français, de sauver leur patrimoine qui sera vendu comme bien national. Entretemps naîtra à Chambéry un troisième enfant, Constance, qui sera confiée à sa grand-mère maternelle Anne de Morand. Cette dernière subira deux années de prison en tant que mère d'émigré, cependant que le ménage de Maistre reprend son exode avec les deux aînés en direction de Turin, puis de Lausanne.

De retour à Turin en 1797Note 2 , la famille de Maistre doit à nouveau s'exiler devant l'invasion française et se dirige vers Venise en s'embarquant sur un petit bateau pour descendre le Pô. Vers Casal, l'embarcation fut déportée vers un poste militaire français de contrôle : les soldats menaçaient de faire feu sur Rodolphe et sur sa sœur qui jouaient sur le pontNote 3. Libérée de cet embarras, la famille de Maistre parvient à Venise où elle passe un an. Puis, Joseph de Maistre rejoint Cagliari en 1798 avec sa femme et ses enfants, pour exercer les fonctions de régent de la chancellerie. Il est envoyé en 1803 à Saint-Pétersbourg comme ministre plénipotentiaire du roi de Sardaigne et doit se séparer, la mort dans l'âme, de sa femme et de ses enfants qui repartent en SavoieNote 4.En 1805, Joseph de Maistre obtient de faire nommer son frère, Xavier de Maistre comme directeur du musée de l'Amirauté à Saint-Pétersbourg.

Au cours de la même année 1805, Joseph de Maistre fait venir, depuis Turin, son fils Rodolphe alors âgé de 16 ans, pour exercer les fonctions de secrétaire de l'ambassade de Sardaigne. En 1807, Rodolphe de Maistre devient officier de l'armée du Tsar Alexandre Ier, dans le régiment des chevaliers-gardes. Il participera à plusieurs grandes bataillesNote 5: Friedland ( 1807), Smolensk, La Moskova, La Bérézina (1812), Dresde, Leipzig( 1813) 4. Lors de la bataille de la Moskova (bataille de Borodino en Russie) les 5 à 7 septembre 1812 (24 au 26 août du calendrier julien), il était lieutenant de cavalerie dans la 2e armée de l'ouest sous le général prince Galitzine 5. Après ce début de carrière dans l’armée russe, il revient au Piémont en octobre 1817, au service du roi de Sardaigne, Charles-Félix, puis de son successeur Charles-Albert6. Il entre dans l'armée du gouvernement de Novare à son arrivée, et en devient le chef d'état major. Il commande la citadelle d'Alexandrie (Italie) après 1821, puis, il est appelé au secrétariat royal des Affaires Étrangères à Turin dont il sera nommé premier officier le 19 décembre 1825. En 1838 il commande les troupes sardes de la garnison de Gênes. Puis il est nommé gouverneur du comté de Nice, fonction qu’il exerça entre 1838 et 1848.

Au moment des "moti" du Piémont de 1847-48Note 6, son intervention dans les polémiques du moment, et en particulier sa lettre au rédacteur du journal l'Écho des Alpes-MaritimesNote 7 le rendent impopulaire auprès des libéraux7. Il est remplacé en février 1848 par le comte Hippolyte Gerbaix de Sonnaz comme gouverneur du comté. En effet, Rodolphe de Maistre avait été prié dès octobre 1847 de donner sa démission, comme la plupart des conservateurs restés fidèles à l'ancien régime royal, opposés à la promulgation d'une nouvelle constitution. On savait très bien dans les ministères turinois dirigés par les libéraux que le comte de Maistre, en tant que gouverneur de Nice, ne se serait jamais prêté à l’expulsion des Jésuites ordonnée par décret, puis objet d'une loi votée le 21 juillet 1848, adoptée par le Sénat en août. C'est donc son successeur qui fut chargé de l'expulsion des religieux et de la réquisition de leurs biens qui tombèrent dans l'escarcelle de l'ÉtatNote 8. Il est mis en disponibilité et promu général par patentes du 9 février 1848. Une dépêche ministérielle du 26 octobre 1849 le met à la retraite8.

Il entreprend des publications de lettres et écrits inédits9,10 de son père, Joseph de Maistre.

Il termine ses jours le 5 février 1866 au château de Borgo (commune de Villastellone, hameau de Borgo-Cornalese, près de Turin), résidence de sa sœur, Constance de Maistre, duchesse de Montmorency-LavalNote 9.

Décorations et distinctions

  • Chevalier de l'ordre suprême de la Très Sainte Annonciade
  • Chevalier de l'ordre de Saint-Louis
  • Grand-croix de l'ordre des Saints-Maurice-et-Lazare
  • Chevalier l'ordre de Saint-Vladimir
  • Chevalier de l'ordre de Sainte-Anne de Russie
  • Grand Croix de la couronne de Fer d'Autriche
  • Épée d'or pour le courage

Citations

« Le comte Rodolphe de Maistre est gouverneur militaire du comtat de Nice. Madame de Maistre est la femme forte de l'Écriture, parce que la femme forte est douce et modeste, qu'elle soigne son ménage, élève ses enfants, honore son mari. Et son mari l'aime tendrement et fait son éloge avec quelque peu de faste: tous, ils appartiennent au dévouement des Jésuites pour la gloire de Dieu et du catholicisme. »

- Comtesse Praskovia Nikolaïevna Fredro, née Golonia. Minutes Pétersbourgeoises. Citée par Philippe Barthelet dans Joseph de Maistre.

Union et Postérité11

Il épouse le 5 juin 1820 Charlotte Espérance Azélie de Sieyes, née en 1799, morte au château de Beaumesnil (Eure) le 9 mars 1881, fille de François Frédéric de Plan, marquis de Sieyes de Veynes, contre-amiral, (1762-1836) et d'Azélie de Laurencin (1775-1805).

Rodolphe de Maistre et Charlotte Espérance Azélie de Siéyes eurent onze enfants :

  • Emmanuel, 1822-1823
  • Céline-Françoise, 1821-1861 (Sans alliance).
  • Marie, 1823-1905 (comtesse Dominique Fassati Roero di San Severino).
  • Bénédicte, 1824-1851 (comtesse Jérôme Medolago Albani).
  • Joseph, 1825-1861. Il épouse en 1860 Marguerite-Christine Mary O'Byrne, dont il a un fils.(Branche Maistre de Savoie).
  • Élisabeth, 1828-1829
  • Charles, 1832-1897 Charles de Maistre hérite le château de Beaumesnil (Eure). Il épouse Marie-Françoise Asselin de Villequier, dont il a 11 enfants.(Branche Maistre de Normandie).
  • Eugène, 1834-1908, capitaine des zouaves pontificaux au service du Saint-Siège, hérite le château de Borgo près de Turin (Héritage d'Eugène de Montmorency, son oncle, dont il fut fils adoptif) . Il épouse Bernardine Marie Valérie de Menthon, ( Maison de Menthon) château d'Allerey en Bourgogne, dont il a 9 enfants.(Branche Maistre de Borgo).
  • Philomène, 1836-1924. Elle épouse le comte Jérôme Medolago Albani, veuf de sa sœur Bénédicte. Veuve, elle se retire au couvent.
  • Xavérine, 1838-1871. Religieuse carmélite.
  • François, 1840-1926, capitaine des zouaves pontificaux au service du Saint-Siège, il épouse en premières noces, Henriette de Lamoricière, fille aînée du général Christophe Louis Léon Juchault de Lamoricière, décédée en 1869, sans postérité. Il épouse en secondes noces, Roselyne de Villeneuve-Bargemon, dont il a 7 enfants. (Branche Maistre de Vendeuil).

Œuvres

  • Maistre, Rodolphe de : Simple Récit des événements arrivés en Piémont dans les mois de mars et d'avril 1821, par un officier piémontais éditeur-date Paris : Méquignon, 1822, In-8°, 206 p.
  • Charles-Albert, roi de Sardaigne et Rodolphe, comte de Maistre, Gli scritti di Carlo Alberto sul moto piemontese del 1821, pubblicata da T. Casini e V. Fiorini, BIBLIOTECA STORICA DEL RISORGIMENTO ITALIANO
  • Maistre, Rodolphe de : derniers jours de Joseph de Maistre (Les ). Revue universelle, 1921
  • Maistre, Rodolphe de: Les Trente jours de la Révolution piémontaise, en mars 1821, par un Savoyard, Publication : A Lyon, chez Rusand, libraire, imprimeur du roi. In-8°, 59 p.

Bibliographie

  • Anne de Maistre-Petit: Rodolphe de Maistre et les siens. Mémoire de Maitrise, Université de Nice. 1993.
  • François Epée: "Un officier savoyard dans l'armée russe, Rodolphe de Maistre (1807-1814)". CONGRES DES SOCIETES SAVANTES DE SAVOIE - 1985 in Congrès de sociétés savantes de Savoie, XXXe congrès - La Savoie, identité et influences. (La Savoie dans son environnement européen). (1985)

Notes et références

  • Notes :
  1. Marquis Anne-Pierre de Montesquiou-Fézensac (1739-1798), général en chef de l'armée du midi en 1792.
  2. Joseph est très attentif à l'éducation de son fils et lui prodigue des leçons suivies. Le 1er avril 1797, il note sur son carnet : Aujourd'hui, j'ai 44 ans. J'ai beaucoup respiré mais point du tout vécu ; et pour moi tout est dit en ce monde.- A vous Mr Rodolphe !-
  3. Depuis la Polisela, la rive gauche du Pô était occupée par les Autrichiens, et la rive droite par les Français. À chaque instant la barque était appelée à obéissance, tantôt sur une rive, tantôt sur l'autre. Les glaçons empêchaient d'arriver, et les menaces qui partaient des deux bords alternativement ne facilitaient pas la manœuvre. La voiture de M. de Karpoff était sur le pont, et les deux enfants s'y étaient juchés... Le poste prend les armes et couche en joue les matelots. Enfin on aborde avec peine… Un des soldats, apostrophant le comte de Maistre : citoyen, vous dites que vous êtes sujet du roi de Prusse; cependant vous m'avez un accent... je suis fâché de n'avoir pas envoyé une balle dans cette voiture d'aristocrate! - Vous auriez fait une belle action, lui répondit M. de Maistre, vous auriez blessé ou tué deux jeunes enfants et je suis sûr que cela vous aurait causé du chagrin". Extrait de la notice biographique sur Joseph de Maistre, par son fils, le comte Rodolphe de Maistre. Paris. Emile Vaton.1851.
  4. Des circonstances impérieuses de famille m'obligent à me séparer de moi-même. Aujourd'hui, ma femme et mes deux enfants me quittent pour rentrer en Savoie. Depuis le commencement de la Révolution, je ne me rappelle pas d'avoir éprouvé un moment si amer; - mes enfants, qui lirez ceci quand je ne serai plus, vous savez bien que je n'exagère pas. Ressouvenez-vous de cette cruelle séparation sur le môle. Ressouvenez-vous des larmes de votre mère, des vôtres, des miennes. Il me semblait que nous nous séparions pour jamais. Je ne puis vaincre les noirs pressentiments qui s'élèvent dans mon cœur. Devons-nous nous revoir tous les quatre ? Grand Dieu !-Les Carnets du comte Joseph de Maistre. 25 octobre 1802.Vitte. Lyon. 1923.
  5. Le 13 janvier 1807. Joseph de Maistre note dans son livre-journal:Mon fils est parti pour l'armée à 6h.1/2 du matin. Quelle séparation! Mais s'il revient, quels transports. Il était né pour être sénateur au Sénat de Savoie.
  6. En 1847, le roi Charles-Albert, sous l'influence des libéraux et des démocrates, réforme la censure et autorise la publication de journaux politiques. Le 4 mars 1848, il accorde à son peuple le statut fondamental de la monarchie de Savoie, dit Statut Albertin ou Statuto, qui institue une monarchie de type constitutionnel. L'entrée au pouvoir des Libéraux entraîne le départ du ministre Clemente Solaro della Margarita et, à sa suite, celui d'un grand nombre de monarchistes conservateurs.
  7. L'Écho des Alpes Maritimes, fondé le 16 janvier 1848 par le banquier Augusto Carlone, exprime les idées libérales. Augusto Carlone en rédige les principaux articles. Lorsque le roi Charles-Albert promulgue le 8 février 1848 les premiers articles de la Constitution, L'Écho se fait enthousiaste : Le roi aime son peuple. Il nous fait libres. Le périodique loue le pragmatisme de son roi. Mais le journal proclame le 5 mars 1848, le lendemain de la publication du Statuto, que le mouvement constitutionnel étant une révolution, il faut substituer aux hommes anciens des hommes nouveaux et de réclamer que notre gouvernement s'étant débarrassé des influences austro-jésuites, mette entre lui et elles une ligne de démarcation franche et nette . D'après l'étude de Thierry Cousin, docteur en Histoire de l'université de Nice. La pensée d'Auguste Carlone : De l'engagement politique à la Réflexion historique sur le Comté de Nice.
  8. Comme le lendemain de son arrivée à Gênes, Charles-Albert voulait aller à la messe chez les Jésuites, dont la chapelle était voisine du palais Durazzo, la foule se précipitait à sa rencontre en criant:Non ci vada, Maesta...Non ci vada...Viva Gioberti...Abassoi Gesuiti ! (N'y allez pas, Sire... N'y allez pas... Vive Vincenzo Gioberti... À bas les Jésuites ! "Jamais position plus extrême que la nôtre, écrivait Sonnaz; pour justifier l'infâme expulsion des Jésuites, on a imaginé un complot de ceux-ci contre la sûreté de l'État, contre la vie même du Roi... Ai-je à vous dire que toutes ces lâchetés n'ont d'autre but que de calmer des gens dont on ne sait plus que faire ? On accuse le roi, et le Roi est malade de désespoir. J'ai dîné à la cour, le jour de la lamentable exécution des Jésuites, le Roi faisait pitié. J'ai entendu un ministre, pour le consoler, lui souffler à l'oreille que c'était un sacrifice nécessaire". Les Dernières Années du Roi Charles-Albert par le marquis Costa de Beauregard. Plon 1895.
  9. Veuve d'Eugène-Alexandre de Montmorency-Laval, (1773-1851), dernier duc de Laval, mort sans postérité.
  • Références :
  1. La parenté de la famille de Maistre savoyarde avec la famille de Maistre languedocienne originaire de Toulouse n'a jamais existé
  2. Philippe Barthelet, Joseph de Maistre, L'Âge d'Homme, 2005 (ISBN 2-82511-871-0 et 9782825118719), p. 854.
  3. Joseph de Maistre avant le Révolution. Souvenirs de la société d'autrefois (1753-1793). par François Descostes. Alphonse Picard et fils, éditeurs à Paris.1893.
  4. Anne de Maistre-Petit, Rodolphe de Maistre et les siens. Mémoire de Maîtrise, Université de Nice, 1993.
  5. Alexei Vasiliev "cavalerie russe régulière à la bataille de Borodino. Horaire Martial." Magazine "Zeughaus" № 3. 1993.
  6. Saint-Pétersbourg, le 23 septembre 1817… Rodolphe me quitte aujourd'hui, c'est lui qui portera ma lettre. Il a passé chez moi des jours bien tristes et je n'ai pu jouir de lui comme j'aurais voulu. C'est un jeune homme qui a beaucoup d'esprit et de solidité de caractère. Le voilà lieutenant-colonel ; il fera son chemin suivant toutes les apparences. Lettre de Xavier de Maistre à son frère Nicolas.
  7. Nice Historique, Organe officiel de l'Academia nissarda, 17e année, N° 4-5, avril-mai 1914 , & 16ème année Mars 1913, N°3, "LA MESSE DU GOUVERNEUR" par M.-L.
  8. Indicatore Generale Militare dell' Esercito Piemontese par Matteo Dho, s.segretaro al Ministero di Guerra, 1852, Turin, page 33 (Ufficiali Generali in Ritiro).
  9. Lettres et opuscules inédits du comte J. de Maistre, précédés d'une notice biographique par son fils le comte Rodolphe de Maistre, 2 vol., A. Vaton, Paris 1851. Quatre chapitres inédits sur la Russie, par le comte Joseph de Maistre, publiés par son fils, le comte Rodolphe de Maistre, A. Vaton, Paris 1859, VII + 196 p.
  10. Rodolphe de Maistre, « Les derniers jours de Joseph de Maistre », La Revue universelle, t. IV, n. 22, 15 II 1921, p. 413-419.
  11. Armorial et nobiliaire de Savoie par le comte Amédée de Foras, 3e volume, p. 317-319.

Articles connexes

  • Familles subsistantes de la noblesse française
  • Famille de Maistre (Savoie)

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11 juin 2019

Lacoste Jean-Baptiste

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Jean-Baptiste Lacoste

jean_baptiste

Jean-Baptiste Lacoste
Fonctions
Député du Cantal
5 septembre 1792 – 26 octobre 1795
(3 ans, 1 mois et 21 jours)
Gouvernement Convention nationale
Biographie
Date de naissance 30 août 1753
Lieu de naissance Mauriac (Cantal)
Date de décès 13 août 1821 (à 67 ans)
Lieu de décès Mauriac (Cantal)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Montagne
Profession Avocat
Préfet
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur
députés du Cantal

Jean-Baptiste Lacoste était avocat à Mauriac dans le département du Cantal avant la Révolution française, né le 30 août 17531 et mort le 13 août 18212.

Sommaire

  • 1 Sous la Révolution
  • 2 Sous le Consulat et le Premier Empire
  • 3 Sous la Restauration
  • 4 Sources
  • 5 Références

Sous la Révolution

En 1789[Information douteuse] [?], il est juge de paix. En 1792, il est élu député à la Convention par le département du Cantal, constamment en mission il y siégea peu. En Alsace, il crée une commission révolutionnaire qui fut présidé par Euloge Schneider. Cela lui valut une longue captivité qui finit grâce à l'amnistie du 3 brumaire an IV (25 octobre 1795).

Après le 9 thermidor, il avait pourtant fait libérer le général Étienne de la Bruyère, emprisonné à Strasbourg pour une prétendue trahison, obtenant du Comité de Salut Public le 22 Thermidor (10 août 1794) un arrêté ainsi conçu :

« Le Comité de Salut Public arrête que La Bruyère, ci-devant Général de Division, en état d’arrestation, sera mis sur le champ en liberté. Signé au registre Carnot, Bréard, Barrère, Billaud-Varenne, Prieur, Lindet, Tallien, Thuriot, Treillard. Pour extrait : Barrère, Carnot, Treillard, Echasériaux »

Le jeune représentant lui annonça cette bonne nouvelle dans la lettre autographe ci-dessous :

« Paris, 28 Thermidor l’an 2 de la République Une et Indivisible J. B. Lacoste, Représentant du Peuple à La Bruyère

Citoyen, comme j’ai toujours reconnu en toi un vrai Républicain et approuvé, je ne t’ai jamais perdu de vue. J’ai sollicité auprès du Comité de Salut Public ta liberté ; il vient de me l’accorder par un arrêté que j’enverrai demain au Général de Division du Haut-Rhin.

Cet acte de justice est encore un des bienfaits de la chute des Tyrans. Si tu viens à Paris, tu me trouveras toujours disposé à rendre sur ton compte un témoignage analogue à ta bonne conduite et à la pureté de tes principes. Salut et Fraternité. Signé : J. B. Lacoste »

Sous le Consulat et le Premier Empire

Il fut nommé préfet du Département des Forêts (Luxembourg). Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le 14 juin 1804. Pendant les Cent-Jours, il est nommé par l'Empereur préfet de la Mayenne, mais il n'est pas installé3. En 1816, il est banni par le roi.

Sous la Restauration

Louis XVIII de France l'exila mais lui permit assez rapidement de rentrer en France.

Sources

  • « Jean-Baptiste Lacoste », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
  • Révolution française de Jules Michelet et Mémorial manuscrit de la famille de La Bruyère
  • « Cote LH/1426/7 » [archive], base Léonore, ministère français de la Culture

Références

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10 juin 2019

Bonaparte Roland

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Roland Bonaparte

 

Roland Bonaparte

Roland_Bonaparte_02

Biographie
Naissance
19 mai 1858
Paris
Décès
14 avril 1924 (à 65 ans)
Paris
Abréviation en botanique
Bonap.
Nationalité
Français
Activités
Botaniste, géographe, spéléologue, écrivain, espérantiste
Famille
Famille Bonaparte
Père
Pierre-Napoléon Bonaparte
Conjoint
Marie-Félix Blanc
Enfant
Marie Bonaparte
Autres informations
Membre de
Société philomathique de Paris
Société botanique de France
Académie roumaine
Académie des sciences
Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France

Roland Napoléon Bonaparte, dit prince Bonaparte, est né le 19 mai 1858 à Paris et est décédé dans cette même ville le 14 avril 1924. Descendant de Lucien Bonaparte, c'est un géographe et un botaniste français.

Sommaire

  • 1 Famille
  • 2 Biographie
    • 2.1 Carrière militaire
    • 2.2 Carrière scientifique
  • 3 Fonds Roland Bonaparte
  • 4 Publications
  • 5 Bibliographie
  • 6 Notes et références
  • 7 Voir aussi
    • 7.1 Liens externes

Famille

Fils du prince Pierre-Napoléon Bonaparte et d'Éléonore-Justine Ruffin, Roland Bonaparte est le petit-fils de Lucien Bonaparte, prince de Canino, dont il est le dernier descendant mâle.

Prince Bonaparte comme les autres descendants de Lucien Bonaparte, il devint prince de Canino et de Musignano à la mort de son cousin Napoléon-Charles Bonaparte, toutefois, du fait de la non-reconnaissance du mariage de ses parents1, Roland Bonaparte n'avait pas la qualité de prince impérial.

Il épousa le 18 novembre 1880 Marie-Félix Blanc, fille du richissime François Blanc, fondateur du casino de Monte-Carlo et de la Société des bains de mer de Monaco. Marie-Félix Blanc décéda en 1882 en mettant au monde une fille, la princesse Marie Bonaparte, qui épousa en 1907 le prince Georges de Grèce et devint femme de lettres et psychanalyste, amie et protectrice de Gustave Le Bon et de Sigmund Freud.

Biographie

Carrière militaire

Bien sorti de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr dans la promotion de Novi-Bazar (1877-1879)2, il sert comme sous-lieutenant dans l'infanterie. Le prince résida à Guyancourt vers 1880 en tant que sous-lieutenant, au 36e régiment d'infanterie, de la batterie de Bouviers3. Mais il doit renoncer à la carrière militaire après l'adoption de la loi du 4 juin 1886 interdisant aux membres des familles ayant régné sur la France de servir dans l'armée.

À cette époque, sa famille réside à Guyancourt dans le hameau de Bouviers : sa femme Marie-Félix Blanc, Jeanne Bonaparte (la sœur de Roland), et Éléonore-Justine Ruflin (veuve du prince Pierre Bonaparte, décédée à Versailles en 1881, et mère de Roland). Selon les registres communaux de nombreux serviteurs accompagnaient la famille Bonaparte4.

Carrière scientifique

Il se tourne alors vers la géographie, la géologie, la spéléologie et l'ethnologie.

Grand voyageur, il essaie d'utiliser la photographie pour réaliser un inventaire anthropologique des populations humaines. Projet qu'il abandonne par la suite pour se consacrer à la botanique et à la constitution du plus grand herbier privé du monde. Il recueille lui-même de nombreux échantillons, mais fait aussi travailler de nombreux collecteurs à travers le monde.

En 1895, il fait partie des 121 membres fondateurs, en tant membre donateur, de la Société de spéléologie5, association dont il est élu président pour l'année 1896 lors de l'assemblée générale du 26 décembre 18956.

Ce prince fut également le fondateur et Président d'honneur de la Société des peintres de Montagne (Paris) en 1898. Il fut membre de nombreuses autres sociétés savantes (Académie de Versailles, des Yvelines et de l'Île-de-France, Académie des sciences, Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, Comité des travaux historiques et scientifiques, Société botanique de France, Société d'histoire littéraire de la France, Société de géographie, Société des américanistes, Société des amis des monuments parisiens, Société des lettres, sciences et arts « La Haute-Auvergne »)7. Il est président de la Société botanique de France en 1919.

Hôtel particulier du Prince, devenu aujourd'hui un palace de la chaîne Shangri-La.

Grâce à la fortune considérable héritée de sa femme, il installe l'herbier dans l'hôtel particulier qu'il fait construire en 1896 à Paris au no 10 avenue d'Iéna (ensuite siège de la Société de géographie jusqu'en 1943, puis siège d'Ubifrance, agence française pour le développement international des entreprises, l'hôtel est transformé en palace de la chaîne d'hôtels Shangri-La, fin 2010). Il y renferme également une riche collection de souvenirs napoléoniens, et une bibliothèque de 150 000 volumes abritée dans quatre salles ornées de riches boiseries.

« Le Prince, écrit André de Fouquières, était de belle stature, avec des épaules massives, un visage large, aux traits quelque peu empâtés, la moustache et les sourcils épais et noirs : un physique apparenté, en quelque sorte, aux cariatides de la cheminée de pierre blanche de sa salle à manger et qui figuraient deux grenadiers de la Garde, d'après Raffet. »

Reconnu par ses pairs, Roland Bonaparte fut président de la Société de géographie de 1910 à sa mort et, en 1907, membre de l'Académie des sciences, dont il devient président en 1919. Il fut également un ardent propagandiste de l'aviation naissante : en octobre 1905 il préside la conférence constitutive de la Fédération aéronautique internationale. Il était également membre de l'Académie roumaine.

L'herbier de Roland Bonaparte rassemble plus de 2 500 000 échantillons concernant près de 100 000 espèces. Proposé après sa mort au Muséum national d'histoire naturelle de Paris, qui le refuse faute de place, à l'exception des Ptéridophytes groupe dans lequel Bonaparte s'était illustré, il est transporté à Lyon à l'initiative d'Édouard Herriot. Cet herbier, augmenté d'autres collections, est aujourd'hui hébergé par l'université Claude Bernard sur le Campus de la Doua à Villeurbanne et constitue le deuxième herbier de France et le septième dans le monde.

Roland Bonaparte laisse aussi à sa mort un fonds important qui enrichira la bibliothèque de la Société de géographie comme celle de la ville d'Ajaccio. Il laisse le souvenir d'un homme de culture et d'un mécène de la science. N'ayant pas laissé de postérité mâle, Roland Bonaparte fut le dernier représentant de la branche de Lucien.

Il eut un moment pour secrétaire l'accompagnant dans ses voyages Dominique Bonnaud, qui devint par la suite un célèbre chansonnier.

L’Amiral Henri Rieunier, esprit éclairé, était régulièrement convié par le Prince Roland Bonaparte aux réunions savantes qu’il organisait régulièrement dans son luxueux et fastueux hôtel particulier. En juillet 1913, Il lui offrira une édition originale, avec dédicace, d’un ouvrage intitulé : « Les habitants de Suriname » dans une reliure habillée de percaline brune, décorée de l’aigle impérial avec des lettres dorées à l’or fin, 227 pages, d’un poids de 6 kilos ½ de dimensions : 46 cm de hauteur – 33 cm de largeur – 5 cm d’épaisseur. Ce livre hors du commun (notes recueillies à l’exposition coloniale d’Amsterdam en 1883 – Justicia Pietas Fides – Paris – Imprimerie de A. Quantin) contient notamment des photographies ethnographiques, des clichés et de superbes aquarelles des collections privées du Prince Roland Bonaparte.

Fonds Roland Bonaparte

Collection photographique du Muséum de Toulouse

Roland Bonaparte constitue sa bibliothèque d'abord dans sa résidence du Cours La Reine, puis la transfère dans son hôtel de l’avenue d'Iéna en 1896.

La salle de lecture, sous la responsabilité d’un bibliothécaire, est ouverte à un public de savants et d’universitaires. Les collections, dont le noyau est formé par la bibliothèque de son père Pierre-Napoléon, s’accroissent rapidement grâce à des dons (bibliothèque de Louis Vivien de Saint-Martin en 1894) mais surtout par achat en vente publique (bibliothèque de San Donato en 1880, collections de Charles Schefer en 1899) et chez des libraires français et étrangers (Frederick Müller à Amsterdam).

En 1884, Roland Bonaparte est admis à la Société de géographie. Élu président de la Commission centrale en 1900, il est un des membres les plus actifs et devient président de la Société de Géographie à partir de 1909 jusqu’à sa mort en 1924. La bibliothèque du prince Bonaparte d’une richesse considérable est alors éclatée. Sa fille Marie de Grèce procède à la répartition des collections entre le Muséum national d'histoire naturelle, l’Institut de France, le Musée de l’Homme et, pour la partie géographique, la Société de Géographie.

L’importance en volume de ce legs oblige cette dernière à déménager ses propres collections et à les installer à côté de celles du prince, dans les locaux de l’avenue d’Iéna, loués au nouveau propriétaire, la Compagnie du Canal de Suez. 40 000 ouvrages, 17 000 photographies (dont plus de 200 albums anthropologiques), gravures, aquarelles et dessins, 9 000 cartes et 500 titres de périodiques constituent le fonds Bonaparte de la bibliothèque de la Société de Géographie [archive]. En 1942, ces collections ont été déposées à la Bibliothèque nationale de France et sont conservées depuis au département des cartes et plans [archive].

Publications

  • Les Habitants de Suriname, notes recueillies à l'Exposition coloniale d'Amsterdam en 1883, Paris, 1884
  • Les Derniers voyages des Néerlandais à la Nouvelle-Guinée, Paris, 1885
  • Le Premier établissement des Néerlandais à Maurice, Paris, 1890
  • Une excursion en Corse, Paris, 1891
  • Le Prince Bonaparte. Notes ptéridologiques, 14 fascicules, Paris, 1915-1924
  • Nombreux articles dans le Bulletin du Muséum d'histoire naturelle et dans le Bulletin de la Société botanique de France, ainsi que dans d'autres publications.

Bibliographie

  • France Duclos, « Un collectionneur, sa bibliothèque et la Société de géographie : Roland Bonaparte (1858-1924) », dans Acta geographica, n°107, 1996
  • Gérard Joly, « Bonaparte (Prince Roland) », in Dictionnaire biographique de géographes français du XXe siècle, aujourd'hui disparus, PRODIG, Paris, hors-série Grafigéo, 2013, p. 39 (ISBN 9782901560838)

Notes et références

  • Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Fonds Roland Bonaparte » (voir la liste des auteurs).
  1. Le mariage de ses parents ne fut dans un premier temps que béni par un ancien précepteur des enfants de Lucien Bonaparte, l'abbé Casanova, sans mariage civil préalable. Le 2 octobre 1867, dans leur villa des Epioux en Belgique, le maire belge de Lacuisine procéda au mariage civil des deux amants, mais Napoléon III refusa d'en reconnaître la validité.
  2. Source : Annuaire de la Saint-Cyrienne. Les Promotions de Saint-Cyr de 1818 à 1912, Librairie militaire universelle, Paris, p. 268.
  3. Source : Société géologique de France, Bulletin de la Société géologique de France, 1882, p. 340 [1] [archive]
  4. Ralf Woodal, Isabelle Gourmelin Quand les Bonaparte vivaient à Bouviers [archive] Bulletin municipal de Guyancourt de juin 2012, page 15,
  5. (fr) Martel, E.-A. (1895) - « Liste des membres (150) » [archive], Spelunca 1re série tome I no 1, Société de spéléologie, Paris, p. 15,20
  6. (fr) Martel, E.-A. (1895) - « Assemblée générale du 26 décembre 1895 » [archive], Spelunca 1re série tome I no 4, Société de spéléologie, Paris, p. 113
  7. (fr) « BONAPARTE Roland (prince) » [archive], sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques (C.T.H.S.) (consulté le 10 juillet 2013)

Voir aussi

Liens externes

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09 juin 2019

Moreau Jean-Michel

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Jean-Michel Moreau

 

 

Jean-Michel Moreau

Jean-Michel_Moreau_le_Jeune,_peinture_de_François_Gounod

Portrait de Moreau le Jeune par François-Louis Gounod.

Biographie
Naissance
26 mars 1741


Paris

Décès
30 novembre 1814

(à 73 ans)
Paris

Domicile
Palais du Louvre
Lieu de travail
Académie russe des beaux-arts (1758-1760)
Activités
Peintre, illustrateur, collaborateur de l'Encyclopédie
Fratrie
Louis-Gabriel Moreau
Parentèle
Carle Vernet (gendre)
Autres informations
A travaillé pour
Cabinet du roi
Chaire
École centrale
Membre de
Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen
Neuf Sœurs (1778)
Académie royale de peinture et de sculpture (1788)
Maîtres
Louis-Joseph Le Lorrain, Jacques-Philippe Le Bas
Le Gâteau des rois, gravure de Le Mire d'après Moreau le Jeune.
Esclaves conduits par des marchands. Estampe de Nicolas de Launay d'après Moreau tirée de : Guillaume-Thomas Raynal, "Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes", Genève, 1780.

Jean-Michel Moreau, dit Moreau le Jeune1, né le 26 mars 1741 à Paris où il est mort le 30 novembre 1814, est un dessinateur et graveur français.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Œuvres
  • 3 Notes et références
  • 4 Annexes
    • 4.1 Bibliographie
    • 4.2 Liens externes

Biographie

Très jeune, il illustre déjà un livre : Le voyage de Mantes, ou les vacances de 17.., de Jean-Baptiste Gimat de Bonneval, publié à Amsterdam en 1753. En tant qu'apprenti, il n'a que 12 ans, le fait est donc notable, même si on peut voir dans ces gravures bien des lacunes artistiques.

Élève de Louis-Joseph Le Lorrain, qu’il accompagna en 1758 à Saint-Pétersbourg lorsque ce dernier devint le premier directeur des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg, il revint, après y avoir brièvement enseigné le dessin, à Paris au bout de deux ans à la mort subite de celui-ci et suivit les leçons du graveur Jacques-Philippe Le Bas, reproduisant les peintures contemporaines et celles des maîtres anciens. Il devint bientôt, par la souplesse et l'étonnante fertilité de son talent, le dessinateur en renom des planches de toutes les éditions de luxe des classiques français.

Au cours des années 1760, il a également fourni des dessins destinés à être gravés pour le Recueil d’antiquités du comte de Caylus, qui a pris soin de lui. Il a également fourni aux graveurs l’Encyclopédie de Diderot et d'Alembert des lavis et des dessins illustrant les processus artisanaux. Comme graveur, il a collaboré avec Boucher, Gravelot et une trentaine d’autres sur des illustrations pour une édition des Métamorphoses2 d’Ovide.

En 1765, il épouse la petite-fille du patriarche d’une famille d’éditeurs privilégiés du Roi, Pierre Prault. En 1770, il succède à Cochin comme dessinateur des menus plaisirs du roi en sur la recommandation de ce dernier, ce qui lui donne l’occasion de produire des épreuves célébrant le mariage du Dauphin et son couronnement. En 1781, la force de ces productions lui vaut en partie d’être nommé au poste de dessinateur et graveur du Cabinet du Roi, ce qui lui apporte une pension annuelle et un logement au Palais du Louvre.

Il a désormais besoin des services d’autres graveurs pour reproduire ses propres dessins comme les illustrations pour les Chansons de Jean-Benjamin de Laborde (1773), le recueil des œuvres de Rousseau - Arrivée de Jean-Jacques Rousseau aux Champs-Élysées interprétée par Charles-François-Adrien Macret, Les dernières paroles de Jean-Jacques Rousseau interprétée par Heinrich Guttenberg - et de Voltaire (imprimé à Bruxelles, 1782-9) - Pandore, interprété par Jean-Jacques Le Veau et Philippe Trière. Très souvent, Moreau travaille en société avec le graveur Jean-Baptiste Blaise Simonet à partir des années 17803.

En 1778, son nom apparaît dans le registre de la loge maçonnique des Neuf Sœurs fondée, deux ans auparavant, par l’astronome Jérôme Lalande.

Au retour d’un voyage de six mois fait à Rome en 1785, Moreau le Jeune donna à ses compositions un caractère élevé et grandiose, qui contraste avec le genre un peu maniéré de ceux qui l’ont précédé. Il est agréé à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1780, puis reçu membre en 1788.

Favorable à la Révolution, il est nommé membre de la commission temporaire des arts en 1793 et, en 1797, professeur aux écoles centrales. À la Restauration en 1814, Louis XVIII lui donne un nouveau poste royal.

Les œuvres les plus connues de la carrière prolifique de Moreau le Jeune, dont l’œuvre dépasse les 2 000 pièces, sont les vingt-quatre illustrations transcrivant les costumes et les intérieurs à la mode dans les dernières années de l’Ancien Régime, ses contributions au Monument du costume physique et morale commandité par le financier et graveur amateur strasbourgeois Jean-Henri Eberts, Suite d'estampes pour servir à l’histoire des mœurs des François au dix-huitième siècle, 1776 et 1777, et douze autres dans la Troisième Suite d’estampes pour servir à l’Histoire des Mœurs et du Costume..., 1783, édité par son oncle par alliance, L.-F. Prault, et fréquemment réédité dans divers formats, notamment un recueil de 1789 sur un texte de Restif de la Bretonne.

La première douzaine de ces vignettes dépeint la vie contemporaine élégante tandis que la deuxième série contient quelques « vignettes vertueuses », fournissant un monde rural contrastant à la façon de Greuze.

Sa fille a épousé l’artiste Carle Vernet, fils de Joseph Vernet. Tombé dans l’oubli, Moreau le Jeune en fut sorti à la fin du XIXe siècle par les connaisseurs du XVIIIe siècle Edmond et Jules Goncourt.

Œuvres

  • Projet d'illustration pour la Henriade de Voltaire, Musée des Beaux-Arts de Pau.
  • Henri IV chez Michau, Musée des Beaux-Arts de Pau.
  • Mornay arrache Henri IV à l'amour de Gabrielle, Musée des Beaux-Arts de Pau.
  • Sensibilité de Henri IV, Musée des Beaux-Arts de Pau.
  • Charlotte Corday dans la belle Normande, Musée Lambinet de Versailles.
  • Le mort de Brutus (?), Musée Magnin, Dijon.
  • Le Code noir, gravure de Moreau le Jeune, XIXe siècle.

Notes et références

  1. En référence à son frère aîné Louis-Gabriel Moreau (1740-1806).
  2. Les Métamorphoses d’Ovide, en Latin et en François, de la traduction de M. l’Abbé Banier, ..., Paris, Laurent-François Prault, 1767-1771.
  3. Les graveurs du dix-huitième siècle, 1883, pp. 549-560.

Annexes

Bibliographie

  • Edmond et Jules Goncourt, L’Art du XVIIIe siècle ( Gravelot, Cochin, Eisen, Moreau, Debucourt, Fragonard, Prudhon, Watteau), Tome II, Paris, Rapilly, 1874
    Chapitre consacré à Moreau : pages 151 à 232.
  • Jean Chrétien Ferdinand Hoefer, Nouvelle Biographie générale, t. 36, Paris, Firmin-Didot, 1861, p. 495-497
  • Dorothy P. Arthur et David Smith, « Sur un collaborateur énigmatique de l'Encyclopédie : Jean-Michel Moreau dit le Jeune », Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie, 2008, no 43, p. 145-157(lire en ligne [archive])

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08 juin 2019

Desmarest Anselme Gaëtan

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Anselme Gaëtan Desmarest

 

Anselme Gaëtan Desmarest

260px-Anselme_Gaetan_Desmarest_1784-1838

Anselme Gaëtan Desmarest.

Biographie
Naissance
6 mars 1784
Paris
Décès
4 juin 1838 (à 54 ans)
Maisons-Alfort
Sépulture
Cimetière du Père-Lachaise
Abréviation
Desmarest
Activités
Zoologiste, médecin, ornithologue, entomologiste, carcinologiste
Père
Nicolas Desmarest
Enfant
Eugène Anselme Sébastien Léon Desmarest
Autres informations
Membre de
Société philomathique de Paris
Académie nationale de médecine

Anselme Gaëtan Desmarest (6 mars 1784 à Paris – 4 juin 1838 à Alfort) est un zoologiste français, fils du géologue Nicolas Desmarest (1725-1815).

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Hommages
  • 3 Source
  • 4 Notes et références
  • 5 Liens externes

Biographie

Il fait ses études à l’École centrale, puis au Prytanée. Protégé par Lacépède (1756-1825), élève de Georges Cuvier (1769-1832) et Alexandre Brongniart (1770-1847), il consacre ses loisirs à l’histoire naturelle. À partir de 1814, il enseigne la zoologie à l'École vétérinaire d'Alford. En 1820, il devient membre de l’Académie de médecine.

Anselme Gaëtan Desmarest fait paraître de nombreuses publications sur les fossiles. Il est également l'auteur d’Histoire Naturelle des Tangaras, des Manakins et des Todiers (1805), de Considérations générales sur la classe des crustacés (1825) et d'un Dictionnaire des Sciences Naturelles (1816-1830), avec André Marie Constant Duméril (1774-1860).

Il meurt le 4 juin 1838 ety est inhumé au cimetière du Père-Lachaise1.

Il est le père de l'entomologiste Eugène Anselme Sébastien Léon Desmarest (1816-1889).

Hommages

Le genre d'algue brune Desmarestia est nommé en honneur de Desmarest. Indirectement, la famille des Desmarestiaceae et l’ordre des Desmarestiales dont fait partie le genre d’algues sont également dérivés de son nom.

Source

  • Article de St. Le Tourneur dans Roman D’Amat et R. Limouzin-Lamothe (dir.) (1962), Dictionnaire de biographie française, tome dixième : Dallier – Desplagnes, Librairie Letouzey et Ané (Paris) : 1437.

Notes et références

  1. « Variétés », Journal des vétérinaires du midi,‎ janvier 1838, p. 340 (lire en ligne [archive]).

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07 juin 2019

Dreux d'Aubray Marie-Madeleine

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Marie-Madeleine Dreux d'Aubray

 

Marie Madeleine Dreux d'Aubray, marquise de Brinvilliers

260px-MarieMadeleinedAubray

Charles Le Brun, Portrait de la marquise de Brinvilliers (1676), Paris, musée du Louvre.
Dessin réalisé le jour de son exécution.

Biographie
Naissance
2 juillet 1630


Paris

Décès
17 juillet 1676

(à 46 ans)
Paris

Nom dans la langue maternelle
Marie Madeleine Dreux d'Aubray
Activité
Tueuse en série
Autres informations
Condamnée pour
Meurtre
Condamnation
Peine de mort

Marie-Madeleine Anne Dreux d'Aubray, marquise de Brinvilliers, née le 2 juillet 1630, rendue célèbre par l'Affaire des poisons, fut jugée le 16 juillet 1676 et décapitée le lendemain pour crime de fratricide1 par empoisonnement.

Sommaire

  • 1 Des années brillantes
  • 2 Le secret des poisons découvert à la Bastille
  • 3 La cassette au contenu accusateur
  • 4 Le mystère de la popularité d'une parricide
  • 5 Après sa mort, une réputation de sainte
  • 6 Le poison utilisé plusieurs fois au même moment
  • 7 Crimes
  • 8 Notes et références
  • 9 Ascendance
  • 10 Annexes
    • 10.1 Bibliographie
    • 10.2 Filmographie
    • 10.3 Articles connexes

Des années brillantes

Entrée actuelle de l'ancien hôtel de Brinvilliers (ou d'Aubray), 12 rue Charles-V (Paris IVe), ancienne rue Neuve Saint-Paul.

La marquise est l'aînée des cinq enfants d'Antoine Dreux d'Aubray (1600-1666), seigneur d'Offémont et lieutenant civil du Châtelet de Paris à l'époque de la Fronde (il apparaît à ce titre dans les Mémoires du cardinal de Retz), et de Marie Olier (1602-1666). Elle est par sa mère la nièce de Jean-Jacques Olier, membre éminent du parti des dévots, car fondateur de la compagnie des prêtres de Saint-Sulpice2.

Orpheline de mère morte en couches, elle est violée par un domestique à sept ans3. Sa réputation sulfureuse lui prête ensuite, sans la moindre preuve, des relations incestueuses avec un de ses frères dès l'âge de dix ans4.

Richement dotée de deux cent mille livres, elle épouse le 20 décembre 1651 Antoine Gobelin, marquis de Brinvilliers, mestre de camp, qui a commandé le régiment d'Auvergne, et joueur. Des témoignages contemporains nous la présentent à l’époque comme un joli brin de femme avec un air d’innocence désarmant4. Issue de la noblesse de robe[réf. nécessaire], elle reçoit une bonne éducation : Marie-Madeleine devient une femme assez instruite si l'on regarde son écriture d'après certaines sources d'époque. Elle fait peu de fautes d'orthographe et possède une bonne syntaxe. Elle deviendra mère de sept enfants, dont quatre illégitimes5. Les époux Brinvilliers vivent dans un hôtel particulier 10, rue Saint-Paul à Paris6.

La marquise devient l'amie de Pennautier, trésorier des états de Languedoc, homme d'affaires, qui devient en 1669 receveur général du clergé7.

Puis elle devient la maîtresse de Godin de Sainte-Croix, un officier de cavalerie passionné par l'alchimie, qui lui est présenté par son mari. Dépensant sans compter pour satisfaire ses goûts de luxe et ceux de son amant, se lançant dans des placements aventureux conseillés par Pennautier, elle vit alors des années brillantes sans cesser d'être au bord de la ruine. Antoine de Brinvilliers ne se soucie guère de la relation de sa femme avec Sainte-Croix, entretenant lui-même plusieurs maîtresses et dépensant sa fortune au jeu8.

Le secret des poisons découvert à la Bastille

Dreux d'Aubray, irrité par la conduite de sa fille, fait emprisonner en 1663 le séducteur à La Bastille par une lettre de cachet. Sainte-Croix y devient l'ami de son compagnon de cellule, l'empoisonneur italien Exili, qui avait déjà commis de nombreux empoisonnements4. Le chevalier a déjà été formé à cet art en suivant les cours de Christophe Glaser au Jardin royal des plantes9.

À sa sortie au bout de six semaines d'embastillement, il retrouve sa maîtresse et lui enseigne l'art qu’il vient d’apprendre. Devenue experte, et certainement sous l'influence de son amant, la marquise achète des fioles chez Glaser et, selon la légende, aurait exercé ses « talents » sur des malades de l'Hôtel-Dieu et sur sa femme de chambre, notant tout (doses, symptômes, longueur de l'agonie), constatant avec satisfaction que les médecins concluent toujours à des morts naturelles. Elle réussit à empoisonner successivement son père (le 10 septembre 1666), puis ses deux frères et sa sœur, à six mois d'intervalle, (en 1670) afin de faire disparaître les obstacles à sa liaison4 et de toucher seule l'héritage qui se révèle dérisoire8. L'empoisonnement du premier frère en 1670 coïncide avec la mort d'Henriette d'Angleterre, qui ne fut pas empoisonnée, contrairement à ce qu'en pensa l'opinion (porphyrie aiguë intermittente probable10 ou péritonite biliaire11).

Son mari, soupçonneux et craignant pour sa vie, préfère se retirer sur ses terres en 1670 12.

La cassette au contenu accusateur

Afin de faire chanter la marquise et de continuer à lui soutirer de l'argent13, Sainte-Croix enferme des preuves de la culpabilité (confession écrite de sa main dans son journal intime, les trente-quatre lettres d'amour de la marquise, deux obligations d'argent souscrites par elle après l'assassinat de son père et de ses deux frères, ainsi que des fioles de poison) de sa maîtresse dans une cassette « à n'ouvrir qu'en cas de mort antérieure à celle de la Marquise ». Et malheureusement pour elle, Godin de Sainte-Croix meurt accidentellement le 31 juillet 1672. Criblé de dettes, ses créanciers écrivent au procureur du roi pour réclamer leur dû, si bien qu'un inventaire de ses biens est ordonné. C'est à cette occasion que le coffret de cuir rouge est trouvé et ouvert le 8 août. La marquise est recherchée et s'enfuit successivement à Londres, d'où Colbert tente de la ramener de force en France, puis aux Provinces-Unies et dans un monastère de chanoinesses régulières de Saint-Augustin, le manoir de Melkhause près de Liège14.

Le valet de Sainte-Croix, La Chaussée, qui avait aidé la marquise, est arrêté. Soumis à la question, il passe une confession complète4.

Elle-même, condamnée par contumace en 1673, est retrouvée dans un couvent près de Liège et ramenée en France en 1676 par la ruse d'un exempt de police déguisé en prêtre, François Desgrez. Sa tentative de suicide échoue. Au cours de son long procès (29 avril - 16 juillet 1676), elle refuse tout aveu malgré la question. Elle est condamnée à une amende honorable, c'est-à-dire que son exécution est rendue publique.
Conduite en place de Grève en robe de bure, elle est décapitée, les yeux bandés, à l'épée, par le bourreau de Paris André Guillaume, qui porte ensuite son corps jusqu'au bûcher. Puis le bourreau prend la tête encore bandée et la jette dans le brasier devant la foule qui se bouscule. Les valets du bourreau dispersent ses cendres dans la Seine ainsi que l'ensemble des fioles et poudres trouvées, tandis que ses biens sont confisqués4.

Le mystère de la popularité d'une parricide

Les raisons avancées pour ces assassinats répétés, de sang-froid, furent variées, sans qu'aucune d'entre elles ne suffise : prise de l'héritage familial, volonté de s'émanciper de sa famille, énorme besoin d'argent pour son train de vie, ou tout simplement le goût du meurtre. Sa vindicte contre sa famille et son terrible passé furent évoqués : dès l'âge de sept ans, elle est violée par un de ses domestiques et vers l'âge de dix ans se « donne » à ses jeunes frères Antoine et François, comme elle le raconte dans une confession manuscrite15.

L'usage du poison est commun à la plupart des meurtrières qui évitent l'acte physique. La marquise a utilisé des mélanges incluant de nombreux produits, dont l'arsenic, qu'elle sut habilement doser, selon le temps dont elle disposait. C'est le temps pris pour empoisonner son père qui épouvanta le plus. Mme de Sévigné écrira plus tard : « Assassiner est le plus sûr (...) ; c’est une bagatelle en comparaison d’être huit mois à tuer son père, et à recevoir toutes ses caresses et toutes ses douceurs, où elle ne répondoit qu’en doublant toujours la dose. »16

En même temps, son courage sous la torture (gavée d'eau à l'aide d'un entonnoir) et son extraordinaire piété en prison émurent nombre de ses contemporains, qui virent en elle une « sainte ».

La marquise de Brinvilliers torturée.

Après sa mort, une réputation de sainte

Son avocat, maître Nivelle, plaida le manque de preuves et l'absence d'aveu. Ce n'est qu'après son procès, dans l'attente de son exécution, qu'elle accepte de se confier à un confesseur, l'abbé Pirot. Edmond Pirot, théologien, fut désigné par le président de Lamoignon pour assister la Brinvilliers afin d'obtenir les renseignements que la justice n'avait pu obtenir. Elle fut impressionnée par l’homme de Dieu  et osa cette question : « Mon Père,  y a-t-il des crimes irrémissibles ? – Non, répondit-il, tant est grande la miséricorde de Dieu ». Sur cette parole elle se convertit et mourut sur l’échafaud dans la foi et la paix17. Pirot dira qu'il avait eu en face de lui une sainte et qu'il aurait souhaité avoir été à la place de la marquise.

Lors de l'exécution, le 17 juillet 1676, sa piété impressionne la foule pourtant son corps sera brûlé et ses cendres dispersées.

Son procès, sa condamnation et son exécution sont rapportés dans les Crimes Célèbres d'Alexandre Dumas et dans la correspondance de madame de Sévigné qui écrit : « Le lendemain on cherchoit ses os, parce que le peuple disoit qu’elle etoit sainte. »18,19. Une sainte dont on a dit qu'elle aurait voulu punir l'alliance franco-anglaise de 1670 en empoisonnant Madame Henriette d'Angleterre, tout comme on avait tenté en 1658 d'empêcher l'alliance de Mazarin avec une puissance hérétique19. Actuellement, nombre d'auteurs, dont Agnès Walch, ont reconsidéré le procès de madame de Brinvilliers. Sans lui enlever la responsabilité de ses crimes, ils pensent d'une part que le chevalier de Sainte-Croix avait pris l'initiative des meurtres, et d'autre part, que la marquise ne put guère se défendre au cours de son procès. Si l'on reprend les témoignages de l'abbé Pirot, ses juges voulurent surtout connaître le nom de ses complices. En prenant en compte les intrigues politiques de l'époque, certains auraient par exemple souhaité voir le receveur du clergé Pennautier compromis. Mais jamais Marie-Madeleine de Brinvilliers ne l'accusa de complicité. Par ailleurs, certains témoignages abusifs de ses anciens domestiques ont contribué à renforcer une légende noire autour du personnage.

Le poison utilisé plusieurs fois au même moment

Selon l'historien Michel Vergé-Franceschi, il est très probable que les poisons de la marquise aient servi à assassiner Madame Henriette d'Angleterre à son retour d'Angleterre, ce qui semble infirmé par la découverte récente d'une maladie sanguine rare (voir supra), treize jours après que la marquise assassine son frère, sans pouvoir prétendre à l'héritage familial car l'autre frère et sa sœur sont encore en vie.

Cousine du roi Louis XIV, Henriette d'Angleterre contribua au traité de Douvres, scellant le rapprochement entre son frère Charles II (restauré en 1660) et Louis XIV et empêchant la France d'appuyer l'Espagne. Deux semaines après son retour de Londres Madame, âgée de 26 ans, fut saisie de violentes douleurs après avoir bu un verre de chicorée, ce qui ne prouve évidemment pas la signature du poison. Son agonie dura à peine quelques heures, dans la nuit du 30 juin 1670, au château de Saint-Cloud (voir supra).

Les poisons de la marquise auraient un an plus tôt également été commandés par les Vénitiens, lors de deux tentatives d'empoisonner Colbert :

  • juste avant que le roi ne le nomme secrétaire d'État à la Marine, le 18 février 1669
  • au cours de son passage à Marseille avec le roi, le 5 mai 1669. Au même moment, le 2 mai 1669, l'ami de la marquise, Pennautier, est accusé d'avoir empoisonné l'ancien receveur du Clergé de France pour pouvoir prendre possession de sa charge, ce qu'il fit effectivement le 12 juin 1669, soit seulement un mois après20. C'est en tout cas ce dont l'accusa au procès Mme Hanivel de Saint-Laurens, la veuve du receveur.

Dans les deux cas, selon l'historien, la proximité chronologique des empoisonnements s'explique par l'utilisation du même produit, difficile à fabriquer et conserver, le premier assassinat permettant à chaque fois de vérifier si le dosage est suffisant20.

La première tentative d'empoisonnement de Colbert daterait du 17 février 1669, veille de sa nomination et date du document liant Pennautier et la marquise. La seconde, opérée par le vénitien Giafferi, selon les correspondances de Madame de Sévigné, se traduit par des maux de ventre du ministre pendant plusieurs mois21.

Colbert était déjà soupçonné de trahir la papauté et son alliée Venise dans leur long combat contre les Turcs, le clergé réclamant avec force l'expédition de Candie (Crète) pour rétablir l'autorité de la papauté, mais aussi renforcer l'influence des Français à Rome.

Louis XIV envoie 6 000 hommes et 42 navires qui combattent à Candie sous la bannière du pape pour dissimuler son double jeu à ses alliés ottomans, mais le 21 août 1669, la flotte française et les alliés lèvent l'ancre pour le retour. Le 6 septembre, signature d'un traité entre le chef militaire vénitien Morosini et le grand vizir Ahmed Köprülü : les Vénitiens sont vaincus et perdent la Crête, dernière possession hors de l'Adriatique.

À la fin juin 1669, aux débuts de l'expédition, le parti des dévots commença ensuite à orchestrer une campagne pour faire de Colbert le commanditaire de la mort au combat du duc de Beaufort22François de Vendôme.

Crimes

  • Pour se débarrasser de la surveillance de son père sur ses mœurs, la marquise se mit à tester divers poisons à la faveur de la nuit dans les hôpitaux, selon des rumeurs non avérées : les malades dont elle s'approchait et à qui elle distribuait des biscuits plus ou moins imprégnés de poison, n'auraient pas tardé à succomber en d'horribles souffrances. Rien ne prouve cependant la véracité de ces faits, qui semblent tenir de la fabulation. Le procès de la marquise vit défiler de nombreux témoins dont le témoignage n'est pas toujours crédible.
  • Le 13 juin 1666, son père souffrait depuis plusieurs mois de maux étranges. Priant sa fille de le rejoindre à son château d'Offémont, il fut pris d'affreux vomissements qui continuèrent jusqu'à sa mort, le 10 septembre à Paris, malgré les meilleurs médecins. La marquise avouera qu'il fut empoisonné vingt-huit ou trente fois, par elle ou par le laquais de son amant, godin de sainte croix, La Chaussée, qu'elle fit embaucher chez son père.
  • En 1670, ses deux frères furent empoisonnés par le même La Chaussée, le premier le 17 juin 1670, soit treize jours seulement avant la mort d'Henriette d'Angleterre, et le second en novembre 1670. À l'autopsie, des « traces suspectes » furent décelées, mais l'affaire en resta là. La marquise avait une sœur, qui avait sagement choisi de ne plus la revoir après les morts des frères.
  • Elle tenta de s'en prendre à son mari, nous dit son confesseur, en multipliant les doses infimes pour que l'on croie qu'il souffrait d'une fluxion dans les jambes. Mais son amant, sentant qu'il était lui-même en danger, administra au mari un antidote pour le sauver.
  • La marquise n'avait pas intérêt à tuer son ex-amant, mais à récupérer les preuves conservées par ce maître-chanteur, qui s'éloigna d'elle et enferma dans une cassette les reconnaissances de dettes, les lettres d'amour de la marquise, plusieurs fioles de poison et une lettre accusatrice.

Notes et références

  1. Registre d'écrou de la Conciergerie du 6 avril 1673
  2. Luc-Normand Tellier, Face aux Colbert : les Le Tellier, Vauban, Turgot et l'avènement du libéralisme, PUQ, 1987 (lire en ligne [archive]), p. 718.
  3. Jean-Christian Petitfils, La marquise aux poisons in Dans les secrets de la police.
  4. a, b, c, d, e et f « 16 juillet 1676. Cette poison de marquise de Brinvilliers est décapitée pour avoir tué père et frères » [archive], sur Le Point.fr, 15 juillet 2012.
  5. Ibid.
  6. Rue Saint-Paul [archive].
  7. La Marquise des ombres - La vie de Marie-Madeleine d'Aubray, marquise de Brinvilliers [archive].
  8. a et b Marie-Madeleine d’Aubray, marquise de Brinvilliers [archive].
  9. La Marquise de Brinvilliers [archive].
  10. « Histoire de la médecin » in Le Quotidien du médecin 20 février 2003.
  11. Thèse Doct.en médecine de Robert Marchesseau, Bordeaux 1947.
  12. Jacques Pradel, « L'affaire des Poisons », émission L'heure du crime sur RTL, 3 janvier 2013.
  13. Jean Imbert, Quelques procès criminels des XVIIe et XVIIIe siècles, Presses universitaires de France, 1964, p. 122.
  14. Jean-Christian Petitfils, Affaire des poisons. Alchimistes et sorciers sous Louis XIV, Albin Michel, 1977, p. 24.
  15. Jean-Christian Petitfils, Affaire des poisons. Alchimistes et sorciers sous Louis XIV, Albin Michel, 1977, p. 20
  16. Madame de Sévigné, Lettre du 29 juillet 1676, adressée à Madame de Grignan, consultable sur Wikisource.
  17. Frantz Funk Brentano, Le Drame des Poisons, 1928, Les Presses de Protat.
  18. Madame de Sévigné, Lettre du 22 juillet 1676, adressée à Madame de Grignan, consultable sur Wikisource. Cette phrase est rapportée avec de légères variations par Michel Vergé-Franceschi : « Le lendemain, on cherchait ses os, parce que le peuple disait qu'elle était une sainte. »
  19. a et b Colbert, la politique du bon sens, Michel Vergé-Franceschi, Petite Bibliothèque Payot (2003), page 293.
  20. a et b Colbert, la politique du bon sens, Michel Vergé-Franceschi, Petite Bibliothèque Payot (2003), page 291.
  21. Colbert, la politique du bon sens, Michel Vergé-Franceschi, Petite Bibliothèque Payot (2003), page 244.
  22. Colbert, la politique du bon sens, Michel Vergé-Franceschi, Petite Bibliothèque Payot (2003), page 2.

Annexes

Bibliographie

En langue française
  • Madame de Sévigné, Lettre du 17 juillet 1676, Correspondance, II, Pléiade (Duchêne éd.), p.342-343.
  • Alexandre Dumas, La Marquise de Brinvilliers, 1856.
  • Paul Olivier, Le Calepin d'Amour de la Brinvilliers, préface de Jean Richepin, Paris, Librairie moderne, 1922.
  • Armand Praviel, Le Secret de la Brinvilliers, 1933.
  • Irène Stecyk,Une petite femme aux yeux bleus, 1973, Fayard, 1973, La Renaissance du livre, 2002 [prix Rossel 1972].
  • Catherine Hermary-Vieille, La Marquise des ombres, 1983.
  • Nadine Monfils, Les Fleurs brûlées, 2001, Éditions Labor, Collection « Espace Nord, Zone J », (ISBN 2-8040-2083-5).
  • Jeanine Huas, Madame de Brinvilliers, la marquise empoisonneuse, Fayard, 2004.
  • Jean-Christian Petitfils, « La marquise aux poisons » in Dans les secrets de la police, Éditions l'Iconoclaste 2008 (ISBN 978-2-913366-20-6).
  • Agnès Walch, La Marquise de Brinvilliers, Perrin, 2010 (ISBN 978-2-262-03121-3).
  • Guillaume Lenoir, La Marquise aux poisons, Evidence Editions, 2017 (ISBN 979-1034801671).
Autres langues
  • (en) Conan Doyle: The Leather Funnel Tales of Terror and Mystery, 1922 (en ligne [archive]).
  • (de) Eckart von Naso, Die Chronik der Giftmischerin, Potsdam, Gustav Kiepenheuer Verlag, 1926.
  • (de) Henri Robert, Ryktbara kvinnogestalter, 1926.
  • (de) Louis Lewin, Die Gifte in der Weltgeschichte - Toxikologische allgemeinverständliche Untersuchungen der historischen Quellen. Reprographischer Nachdruck der Ausgabe von Springer, Berlin, 1920. Gerstenberg, Hildesheim, 1984, (ISBN 3-8067-2013-4).
  • (de) Arthu (de) Brigitte Luciani, Die Marquise de Brinvilliers und das Erbschaftspulver – oder wie schaffe ich mir meine Familie vom Hals? Aviva, Berlin 1997, (ISBN 3-932338-01-4).
  • (de) Maximilian Jacta (alias Erich Schwinge), Berühmte Strafprozesse. Sonderausgabe. Orbis-Verlag, München 2001, (ISBN 3-572-01242-2).
  • (de) François Gayot de Pitaval, Unerhörte Kriminalfälle. Eine Sammlung berühmter und merkwürdiger Kriminalfälle. Nach der 1792-1794 von Friedrich Schiller herausgegebenen Auswahl und Übersetzung, neu bearb. und zsgest. Voltmedia, Paderborn 2005, (ISBN 3-937229-03-5).

Filmographie

Marie-Madeleine de Brinvilliers a été incarnée par plusieurs actrices, principalement à la télévision.

  • Une mini-série franco-allemande réaliséee en 1970, avec Heidelinde Weis dans le rôle de la marquise.
  • Un téléfilm adapté du roman d'Irène Stecyk, Une petite femme aux yeux bleus a été tourné en 1978 par la RTBF. Réalisateur : Teff Erhat avec Danièle Denie dans le rôle de la marquise et Roger Van Hool dans celui de François Desgrez.
  • Sur une idée d'Anne Parillaud, un téléfilm, mettant en scène la vie de la marquise de Brinvilliers, a été tourné et diffusé à la télévision belge (La Une), en 2010, et française (France 2) le 9 février 2011. Ce téléfilm, inspiré du livre éponyme de Catherine Hermary-Vieille, La Marquise des ombres a été réalisé par Édouard Niermans avec Anne Parillaud dans le rôle-titre.
  • Un court métrage français, Les condiments irréguliers, est réalisé par Adrien Beau en 2011. Avec Mélodie Richard (la marquise), Erwan Ribard (le marquis), Coline Veith (Martine, la servante), Anne Blanchard (Toinette, la servante empoisonnée), Agathe Cury (la gouvernante). Sur le point de mettre fin à ses jours, une marquise se découvre une passion pour l'empoisonnement, qu'elle envisage comme un art et exerce sur son entourage, et finit dans la folie. L'histoire muette et très expressive, assez anticléricale et caricaturale, est librement inspirée par la vie de la marquise de Brinvilliers. Ce court métrage d'une grand beauté photographique et aux maquillages expressifs se rapprochant de l'art du mime, a été diffusé sur France 2 la nuit du 19 février 2012, dans un cycle d'histoires courtes les Extravagants.

Musique

En 1976, Marie-Paule Belle enregistre la chanson "La Brinvilliers", composée par elle-même et écrite par Françoise Mallet-Joris et Michel Grisolia, qui raconte la vie de la marquise, à la première personne du singulier, et de manière humoristique et paraît sur son second album chez Polydor, comprenant le titre à succès "Quand nous serons amis".

Elle interprète cette chanson déguisée en marquise de Brinvilliers à la télévision le 19 mars 1977, lors de l'émission "N°1" que lui consacrent Maritie et Gilbert Carpentier.

Articles connexes

  • Violence féminine
  • Marie Besnard, la « Brinvilliers de Loudun »

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06 juin 2019

de Broglie Victor-François

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Victor-François de Broglie (1718-1804)


Victor-François de Broglie
Duc de Broglie

Victor-François,_duc_de_Broglie


Le maréchal Victor-François de Broglie. Huile sur toile anonyme, château de Versailles.

Naissance 19 octobre 1718
Paris
Décès 30 mars 1804 (à 85 ans)
Münster
Origine Royaume de France Royaume de France
Arme Infanterie
Grade Maréchal de France
Feld-maréchal de Russie
Années de service 1734-1792
Conflits Guerre de Succession de Pologne
guerre de Succession d'Autriche
guerre de Sept Ans
Première Coalition
Faits d'armes Bataille de Hastenbeck
Bataille de Bergen
Autres fonctions Gouverneur des Trois-Évêchés, puis d'Alsace
Gouverneur de Metz et du Pays messin
Secrétaire d’État français à la Guerre
Famille Maison de Broglie
Signature de Victor-François de Broglie

Victor-François, duc de Broglie, né le 19 octobre 1718 à Paris, à l'hôtel de Broglie, rue Saint-Dominique, mort le 30 mars 1804 à Münster, en Allemagne, est un aristocrate et militaire français sous l'Ancien Régime, maréchal général des camps et armées du roi1. Il participe ensuite aux combats dans l'armée contre-révolutionnaire du prince de Condé.

Sommaire

  • 1 Famille
  • 2 Biographie
  • 3 États de service
  • 4 Décorations, titres, honneurs,…
  • 5 Biographies
  • 6 Références
  • 7 Voir aussi

Famille

Fils aîné de François-Marie de Broglie (1671-1745), il a épousé en premières noces en 1736, Marie Anne du Bois de Villiers, dont il a trois enfants, tous morts en bas âge. En secondes noces, il épouse en 1752 Louise Crozat, qui lui donne douze autres enfants, dont Auguste (1762-1795 ; le prince de Revel, père d'Alphonse-Gabriel-Octave (1785-1865)), Aglaé (1762-1795), Maurice Jean Madeleine (1766-1821), Amédée (1772-1852), et Victor (1756-1794).

Biographie

Portrait équestre du maréchal de Broglie.

Après avoir combattu, âgé de quinze ans, en Italie comme capitaine de cavalerie en 1734 aux batailles de Parme et de Guastalla, il commande le régiment d'infanterie de Luxembourg jusqu'en 1736. En 1741, il participe à la campagne de Bohême sous les ordres du maréchal de Saxe et est fait le 1er mars de cette année aide-major général de l'infanterie. Promu brigadier le 26 avril 1742, puis major général de l'infanterie le 1er avril 1743, à la suite de deux blessures, il sert dans les armées de Bavière, de Haute-Alsace, et du Rhin, pour être finalement promu maréchal de camp le 1er mai 1745. À la mort de son père, il lui succède au titre de duc de Broglie, s'étant fait appeler jusque-là comte de Broglie. Il sert ensuite en Flandres et, la paix revenue, il est nommé lieutenant-général le 10 mai 1748.

Au début de la guerre de Sept Ans, il combat sous les ordres du maréchal d'Estrées à Hastenbeck, pour être ensuite détaché dans l'armée du prince de Soubise, où il a l'infortune d'être battu au désastre de Rossbach, mais, ayant pu garder ses troupes réunies, il peut se retirer à Hanovre. Bien qu'il commande à Hesse et qu'il est à la tête de l'avant garde de Soubise, l'inimitié du maréchal de Belle-Isle l'empêche de recevoir le commandement d'une armée. Bien au contraire, il sert sous les ordres du marquis de Contades en Allemagne où il remporte la victoire de Bergen le 3 avril 1759. À la suite de la seconde bataille de Minden où Contades est battu, le roi le remplace par Broglie, et il est fait maréchal de France le 16 décembre 1759.

L’empereur François Ier le fait prince du Saint-Empire romain germanique en 1759, titre qui s’est conservé dans la famille, en reconnaissance des services qu'il lui a rendus dans la guerre contre la Prusse. Il est néanmoins disgracié à la suite de la défaite de Vellinghausen le 13 juillet 1761. Durant les années 1770, Broglie est gouverneur des Trois-Évêchés, puis d'Alsace2. Il commande les troupes que Louis XVI a rassemblées autour de Versailles au début de la Révolution. Louis XVI le nomme secrétaire d'État à la Guerre le 11 juillet 1789. Il n'y reste que quelques jours. Il émigre lors du rappel de Jacques Necker le 16 juillet 1789 et commande l'armée contre-révolutionnaire de Condé en 1792 qui opère en Champagne pendant l'invasion austro-prussienne.

En 1797 il se rend en Russie, puis à Rīga en 1798, et finalement à Münster où il meurt, ayant refusé de retourner en France.

États de service

  • 13 octobre 1734 : colonel du régiment de Luxembourg
  • 26 avril 1742 : brigadier
  • 1er mai 1745 : maréchal de camp
  • 10 mai 1748 : lieutenant-général
  • 16 décembre 1759 : maréchal de France
  • février 1771 : gouverneur de Metz et du Pays messin
  • 1789 : maréchal général des camps et armées du roi
  • 1797 : feld-maréchal de Russie

Décorations, titres, honneurs,…

  • 1er janvier 1759 : chevalier des Ordres du roi (Saint-Michel et Saint-Esprit)
  • 9 mai 1759 : prince de Broglie et du Saint-Empire romain germanique

Biographies

  • J. Balteau, Dictionnaire de biographie française, 1933.
  • Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes..., 1843.
  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Victor-François de Broglie » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, 1878 (Wikisource)
  • Étienne Badier, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la chronologie des familles nobles de la France, l'explication de leurs armes et l'état des grandes terres du royaume ..., Volume 4, Schlesinger frères,, 1864, p. 273.
  • Alex Mazas, Histoire de l'ordre royal et Militaire de Saint-Louis depuis son institution, jusqu'en 1830, Tome 2, Firmin Didot frère, Paris, 1860, p. 406.
  • Ludovic Lalanne, Dictionnaire historique de la France, Hachette, 1843, p. 390.

Références

  1. Bien que les lettres patentes aient été signées par le roi, Broglie émigra le même jour. Il n'a donc jamais exercé les fonctions de maréchal général et a été rayé de la liste des maréchaux de France en 1792. Fadi El Hage, « Comment la Révolution abolit la dignité de maréchal de France », Annales historiques de la Révolution française, 354 | 2008, 51-75 [archive]
  2. La place de Broglie, à Strasbourg, lui rend hommage.

Voir aussi

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