Vendée Militaire et Grand Ouest

19 février 2018

d'Apcher Jean-Joseph

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Jean-Joseph de Châteauneuf-Randon
Marquis d'Apcher

200px-JeanJosephd'Apchier


Portrait du marquis d'Apcher.

Naissance 3 juin 1748
Charraix, Haute-Loire
Décès 2 novembre 1798 (à 50 ans)
Barcelone, Espagne
Origine Drapeau de la France France
Grade Colonel de la Gendarmerie de France (Lunéville), Maréchal de camp (armées du Roi)
Distinctions Chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis
Famille Châteauneuf-Randon

Jean Joseph de Châteauneuf-Randon d'Apchier, ou Jean-Joseph d'Apchier, né le 3 juin 1748 au château de Besque à Charraix (Haute-Loire)1 et mort le 2 novembre 1798 à Barcelone, est un noble français, député démissionnaire de la noblesse du Gévaudan lors de l'élection de l'Assemblée Constituante.

Il est principalement connu pour avoir organisé la chasse du 19 juin 1767, durant laquelle Jean Chastel tue la bête du Gévaudan.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 La Bête du Gévaudan
    • 1.2 Vie et carrière militaire
  • 2 Cinéma et télévision
  • 3 Annexes
    • 3.1 Notes
    • 3.2 Sources et références
    • 3.3 Articles connexes
    • 3.4 Lien externe

Biographie

Jean-Joseph de Châteauneuf-Randon est le fils de Joseph de Châteauneuf-Randon, comte d'Apchier, et d'Antoinette de La Rochefoucauld (la sœur du cardinal de La Rochefoucauld).

Il porte le titre de marquis d'Apchier, comte de Besque, baron de Saint-Vidal, baron de la Garde, de Thoras, de CenaretN 1, seigneur de la Clauze, de Saint-Préjet, de VerdunN 1, de ClavièreN 1. Il a eu un frère, Dominique Claude, chevalier de l'Ordre Souverain de Malte, décédé en 1756.

La Bête du Gévaudan

Article connexe : Bête du Gévaudan.
Des enfants affrontent la Bête du Gévaudan. Bibliothèque nationale, Histoire de France, 17642.

En 1764 apparaît en Gévaudan un animal inconnu qui attaque les paysans. La Bête sème la terreur dans le pays, principalement dans les montagnes de la Margeride. L'antique château d'Apcher, fief de cette puissante baronnie, est à égale distance de Saint-Chély-d'Apcher et du Malzieu. Le jeune marquis d'Apchier n'a que 17 ans. Et pourtant, en voyant toutes ces familles endeuillées, il va montrer une grande détermination à chasser le monstre3.

Le 18 juin 1767, apprenant que la Bête a été vue dans les paroisses de Nozeyrolles et de Desges, le marquis décide de mener une battue sur le mont Mouchet, dans le bois de la Ténazeyre (Ténazeire ou Ténezère). Dans la nuit, il poste un groupe de chasseurs pour encercler la forêt. Parmi eux Jean Chastel, paysan réputé excellent chasseur. Le 19, à 10 heures du matin, Chastel abat un animal de grande taille ressemblant à un loup, au lieu dit la « Sogne d’Auvers » (Auvers)4. « (Jean Chastel) tomba (la Bête) d’un coup de fusil qui le blessa à l’épaule. Elle ne bougea guère et d’ailleurs fut assaillie de suite d’une troupe de bons chiens de chasse de M. d’Apcher  ». Depuis, les attaques cessèrent entièrement5.

La Bête est alors portée au château de Besque6, vers Charraix, résidence du jeune marquis d'Apcher. De nombreux témoignages de victimes d'attaques reconnaissent l'animal. Jean-Joseph d'Apcher mande alors un domestique, le dénommé Gilbert, de l'emporter à Versailles pour la montrer au Roi. La légende veut que Jean Chastel l'accompagnait, et que Louis XV l'aurait dédaigneusement chassé devant la puanteur dégagée par la charogne empaillée (l’apothicaire s'étant en effet juste contenté de vider les entrailles et de les remplacer par de la paille). Cette histoire est remise en cause par une récente étude sur le témoignage du domestique du marquis d'Apcher, datant de 1809 :

« Gibert arrive enfin à Paris, va séjourner à l’hôtel de M. de la Rochefoucault à qui il remit en même temps une lettre dans laquelle M. d’Apchier priait le seigneur d’informer le roi de la délivrance heureuse du monstre (…) Le roi se trouvait pour lors à Compiègne et, d’après la nouvelle qu’on lui apprenait, il donna ordre à M. de Buffon de visiter et d’examiner cet animal. Ce naturaliste, malgré le délabrement où l’avaient réduit les vers et la chute de tous les poils, suite des chaleurs de la fin de juillet et du commencement d’août, malgré encore la mauvaise odeur qu’il répandait, après un examen sérieux, jugea que ce n’était qu’un gros loup (…) Dès que M. de Buffon eut fait l’examen de cette bête, Gibert se hâta de la faire enterrer à cause de sa grande puanteur et il dit en avoir été tellement incommodé qu’il en fut malade à garder le lit pendant plus de 15 jours à Paris. Il se ressentit de cette maladie plus de 6 ans et il attribua même à cette mauvaise odeur qu’il respira pendant si longtemps la mauvaise santé dont il a toujours joui depuis cette époque ».

L'ancien hôtel de la Rochefoucault (situé rue de Seine), où a donc été enterrée la Bête du Gévaudan, a été démoli en 18257,8,9.

Vie et carrière militaire

Le donjon de l'antique château d'Apcher

Quelques mois après la mort de la Bête du Gévaudan, Jean-Joseph de Châteauneuf-Randon épouse, à Langeac, Marie-Marguerite-Henriette de Rochefort d'Ally, alors âgée de 17 ans10,11. De leur union naissent trois enfants :

  • Joseph Elzéar Charles (1775-1813).
  • Barbe Françoise Irène (1777-?), mariée en 1795 avec un commissaire-ordonnateur des guerres (René-Denis le Maugin, ordonnateur en chef de la 27e division militaire)12.
  • Charles Nicolas Auguste (1780-1836).

Le marquis d'Apcher devient colonel du régiment de gendarmes de Lunéville, puis obtient le grade de maréchal de camp et devient Chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis. À la mort de son père, il hérite du titre de comte d'Apcher. Son épouse, Marie-Marguerite, décède en 1782. En mars 1789, Jean-Joseph est élu député du Gévaudan pour représenter la noblesse à l'Assemblée Constituante. Il démissionne rapidement, et c'est son suppléant, et (lointain) cousin, Alexandre de Chateauneuf-Randon du Tournel qui le remplace. Une nuit, il est arrêté durant la Terreur et conduit en prison. Mais il est libéré sur pression des communes de Saugues et de Cubelles.

Révolté par la nouvelle politique de la France13, Jean-Joseph d'Apcher s'exile pour s'installer en Espagne avec son premier fils, Joseph Elzéar. Après un second mariage, il y décède le 2 novembre 1798 à 50 ans. Il est enterré à la basilique Santa Maria del Pi.

Cinéma et télévision

  • Jérémie Renier et Jacques Perrin prêtent leur traits au marquis d'Apcher, à deux périodes différentes de sa vie, dans Le Pacte des loups de Christophe Gans (2001). Jean-Joseph est renommé « Thomas ».
  • Dans le téléfilm La Bête du Gévaudan de Patrick Volson (2003), c'est Maxime Leroux qui incarne le « Marquis d'Apché ». Le comédien avait 52 ans à l'époque du tournage; ce qui ne correspond avec le vrai marquis qui n'avait pas encore ses 20 ans en 1767.

Annexes

Notes

  1. a, b et c Titre acquis de par son mariage

Sources et références

  1. Registres paroissiaux catholiques de Charraix en Haute-Loire (cote 6E65/1)
  2. François Fabre, La bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, table des illustrations
  3. La première implication du marquis d'Apcher dans les chasses à la Bête date du 07/02/1765 (Lettre de Mr Lafont, syndic du diocèse).
  4. [image] Photo de la Sogne d'Auvers [archive]
  5. La Bête du Gévaudan à travers 250 ans d'images, Éric Mazel/Pierre-Yves Garcin
  6. Besque ou Besques
  7. La Bête du Gévaudan, Chronologie et documentation raisonnées, Alain Bonnet, 2008.
  8. La Gazette de la Bête - Numéro 11 (2010)
  9. Massif Central Magazine, numéro 98, avril-mai-juin 2011 p. 26
  10. Mémoires de la Société Éduenne, Volume 43, 1919
  11. Jean-Joseph de Châteauneuf-Randon et Marie-Marguerite-Henriette de Rochefort d'Ally se sont mariés le 3 septembre 1767.
  12. Arbre généalogique de la famille Châteauneuf-Randon d'Apcher, le Maugin
  13. Mémoires d’exil : l’émigrante noblesse auvergnate, Philippe Bourdin

Articles connexes

  • Apcher
  • Château d'Apcher
  • Bête du Gévaudan
  • Jean Chastel
  • Jean-François-Charles de Molette (comte de Morangiès)
  • Alexandre Paul Guérin

Lien externe

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18 février 2018

Moreau Jean Victor Marie

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Jean Victor Marie Moreau

 

Victor Moreau

280px-Jean-Victor_Moreau


Naissance 13 février 1763
Morlaix
Décès 2 septembre 1813 (à 50 ans)
Laun (Drapeau de la Bohême Bohême)
Mort au combat
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Grade Général de division
Feld-maréchal
Maréchal de France
(à titre posthume)
Années de service 1791 – 1813
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes
Commandement Armée du Nord
Armée du Rhin
Faits d'armes Bataille de Tourcoing
Bataille de Cassano
Bataille de Novi
Bataille d'Höchstädt
Bataille de Hohenlinden
Bataille de Dresde
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 13ecolonne.

Jean Victor Marie Moreau, né le 14 février 1763 1 à Morlaix (Finistère) et mort le 2 septembre 1813 à Laun (parfois orthographié Lahn) en Bohême, fut un général français de la Révolution, également feld-maréchal de Russie et maréchal de France à titre posthume.

 

Sommaire

 
  • 1Famille
  • 2Études
  • 3Débuts de la Révolution française
  • 4Carrière militaire
  • 5Général en chef sur le Rhin
  • 6Guerre en Italie
  • 7Consulat et Empire
  • 8Notes et références
  • 9Annexes
    • 9.1Source partielle
    • 9.2Article connexe

 

Famille

Son père, Gabriel-Louis Moreau, sieur de Lizoreux (1730-1794), conseiller du roi, était juge, et sa mère, Catherine Chapperon de L'Isle, était la fille d'un négociant et la petite-fille de Pierre Bernard de Basseville, un corsaire morlaisien fameux. Sur les quinze enfants nés du mariage, huit survécurent. Le père fut décapité à Brest le 13 juillet 1794, après avoir été condamné pour avoir caché des prêtres réfractaires, avoir été l'agent d'émigrés et avoir fait passer de l'argent au marquis de Lescoët.

Le frère cadet de Victor, Joseph, né à Morlaix le 6 octobre 1764, mort (à 85 ans) à Morlaix le 22 novembre 1849, fut d'abord avocat ; membre du Tribunat le 24 pluviôse an VIII (13 février 1800), il protesta contre l'accusation portée contre son frère. Sous la Restauration, il fut administrateur des Postes, député d'Ille-et-Vilaine le 4 novembre 1816, préfet de Lozère le 6 août 1817, puis préfet de Charente.

Le plus jeune des frères, Pierre-Marie-Lubin, fut aide de camp de Victor, puis colonel et baron sous la Restauration. La famille était apparentée à Maupertuis (1698-1759), le célèbre savant, mathématicien, physicien et philosophe.

Études

Malgré le désir de son fils, Gabriel Moreau n'avait pas voulu qu'il entre dans l'armée et lui avait imposé d'étudier le droit à l'Université de Rennes, après avoir passé 4 ans au Collège du Léon, à Saint-Pol-de-Léon. L'école de droit de Rennes était réputée et parmi ses professeurs on trouvait Jean-Denis Lanjuinais, Isaac Le Chapelier et Gohier. Moreau fut un étudiant prolongé qui resta sept ans à l'école et devenant le « prévôt du droit », c'est-à-dire celui qui était chargé de faire régner l'ordre et la discipline.

Le romancier et folkloriste, Émile Souvestre, se faisant le scribe de son père, Baptiste, étudiant à Rennes lui-aussi, décrit Moreau dans les Mémoires d'un sans-culotte bas-breton :

« Il était renommé pour son coup d'œil et son heureuse humeur. Il exerçait sur ses compagnons une sorte de magistrature : c'était lui qui jugeait les querelles, essayait de les apaiser ou, au contraire, autorisait le duel. Il mettait aux voix l'expulsion des étudiants qui avaient pu forfaire à l'honneur. Son autorité s'étendait jusqu'au théâtre où il décidait du rejet ou de l'acceptation des acteurs. Simple de goûts, généreux, dévoué, Moreau était chéri de ses compagnons. »

Débuts de la Révolution française

En 1788, peu avant la Révolution, le Parlement de Rennes refusa d'enregistrer les édits de Brienne qui bouleversaient l'organisation judiciaire de la Bretagne et instituaient les mêmes droits et impôts qu'ailleurs, dont les droits sur le sel (la gabelle) au mépris des clauses de l'édit d'Union.

Des troubles éclatèrent pour défendre les magistrats et des soldats furent envoyés pour les obliger à obéir. Moreau, en tant que prévôt du droit, organisa les étudiants en une milice qui prit part aux échauffourées entre les jeunes nobles et le peuple, devenant ainsi célèbre en Bretagne sous le nom de « général du Parlement ». Ce fut son premier acte notable, à la fois politique et militaire.

L'arrestation de deux magistrats provoqua l'émeute à Rennes et les corps constitués s'insurgèrent. Moreau écrivit à toutes les universités du royaume pour les informer que l'ordre des avocats de Rennes « suspendait ses fonctions devant des magistrats qui seraient assez lâches pour renoncer au plus beau de leur droit : l'enregistrement. À l'exemple de la Cour [de justice] de Rennes, nous avons cru devoir nous refuser à prêter serment aux lois de notre pays, devant des hommes qui concouraient à leur destruction, après avoir juré d'en être les défenseurs. »

Le 26 janvier 1789, lors de la journée des bricoles une troupe d'agitateurs, composée pour une grande part de domestiques de nobles, s'attaqua à des étudiants devant la porte d'un café. Moreau organisa la résistance, fit enlever les armes de la milice bourgeoise de leur magasin et appela à la rescousse 400 étudiants de Nantes. Le lendemain, les étudiants se rendirent maîtres du pavé sur lequel on trouva de nombreuses bricoles (cordes qui servaient aux chaises à porteurs), d'où le nom de « journée des bricoles » qui est resté. Les affrontements continuèrent le jour suivant, car toute la jeunesse qui soutenait les idées nouvelles vint se mettre sous les ordres de Moreau 2.

Alors que les États-Généraux s'étaient ouverts le 20 mai 1789, Victor Moreau se faisait initier, le 13 août, comme franc-maçon, dans la même loge (la Parfaite union) où officiait Isaac Le Chapelier. Des compagnies de gardes nationaux ayant été formées dans les villes, il réunit une compagnie de canonniers de la garde nationale de Rennes et fut élu capitaine. En 1790, il présida la confédération de la jeunesse bretonne et angevine réunie à Pontivy à partir du 19 janvier 1790. Il dépose l'acte fédératif sur l'autel de l'église où ont eu lieu les réunions et improvise un serment solennel :

« Nous jurons par l'honneur de rester à jamais unis par les liens de la plus étroite fraternité ; nous jurons de combattre les ennemis de la Révolution, de maintenir les droits de l'homme et du citoyen, de soutenir la nouvelle constitution du Royaume et de prendre, au premier signal du danger, pour cri de ralliement, vivre libre ou mourir. »

Quelque temps après, il passe ses examens d'avocat, mais il n'exercera jamais ce métier.

Carrière militaire

Jean Victor Marie Moreau, lieutenant-colonel du 1er bataillon d'Ille-et-Vilaine en 1792, François Bouchot, 1835.

En septembre 1791, il est élu lieutenant-colonel du 1er bataillon de volontaires d'Ille-et-Vilaine qui part immédiatement pour la frontière Est. Avec eux, il sert en 1792 à l'armée du Nord de Dumouriez. Le 9 février 1793, il s'empare du fort de Stephenswerth. En mars, il se signale à Neerwinden. Sous les ordres de Joseph Souham, il se distingue dans la défense de Dunkerque encerclée par les Anglais et reçoit le grade de lieutenant-colonel, puis celui d'adjudant général. À la fin de l'année 1793 le 20 décembre, la bonne conduite de son bataillon, son caractère martial et ses principes républicains lui assurent une promotion comme général de brigade, en même temps que Napoléon Bonaparte qui venait de se montrer comme l'artisan principal de la reprise de Toulon aux Anglais.

Carnot, réputé pour avoir bon œil quant aux qualités d'un chef, le promeut général de division le 14 avril 1794 et lui donne le commandement de l'aile droite de l'armée dans les Flandres. Il prend Courtrai et Menin et contribue à la victoire de Mouscron le 29 avril 1794. D'abord sous les ordres de Souham, il passe sous ceux de Pichegru et prend successivement Ypres, Bruges, Ostende, Nieuport et L'Écluse. Sous le commandement de Pichegru, la Hollande est prise. Le 3 mars 1795, il est nommé commandant en chef de l'armée du Nord, en remplacement de Pichegru. Son principal rôle est de maintenir le bon fonctionnement de la convention passée entre la République française et la République batave (ex-République des Provinces-Unies) sans interférer dans les affaires de celle-ci.

Général en chef sur le Rhin

La bataille de Tourcoing établit sa célébrité militaire, et, l'année suivante, il obtint la direction de l’armée de Rhin-et-Moselle en remplacement de Desaix le 21 avril 1795, avec laquelle il franchit le Rhin et avança en Allemagne. Au début, il fut victorieux, prise de Mayence et de Kehl, victoire de Heydenheim), mais il se heurta aux Russes et aux Autrichiens qui le forcèrent à la retraite. Celle-ci fut considérée comme un modèle du genre d'autant qu'il ramena plus de cinq mille prisonniers. Le 25 décembre 1795, il fut désigné commandant en chef des Armées réunies de Rhin-et-Moselle et de Sambre-et-Meuse. Il commanda en chef, pour la première fois, au mois de mai 1796, à l'armée du Rhin. Il passa ce fleuve au mois de juillet, alors que Napoléon Bonaparte se rendait maître toute l'Italie 3.

En l'an V (1797) après des difficultés prolongées par le manquede d'argent et de matériel, il traversa à nouveau le Rhin mais ses opérations furent interrompues par les préliminaires de la paix de Leoben. Ce fut à cette époque qu'il trouva la correspondance de trahison entre son ancien camarade et chef Pichegru et l'émigré prince de Condé. Il avait été le témoin de Pichegru contre des dénonciations de déloyauté, mais il découvrit alors que son attitude le rendait lui-même suspect de complicité. En 1797, il s'empara d'Offenbourg.

Guerre en Italie

Jean Victor Moreau, général (1764-1813), François Gérard.
Article détaillé : Campagne d'Italie (1799-1800).

Il fut démis et ce n'est qu'en l'absence de Bonaparte et l'avance victorieuse de Souvorov qui rendait nécessaire l'emploi d'un général d'expérience qu'il reçut le commandement de l'armée d'Italie. Le 21 avril 1799, il fut nommé commandant en chef de l'armée d'Italie à la place de Schérer. Le 22 juin 1799, il remporta la victoire de San-Giuliano.

Il resta avec son successeur Joubert jusqu'à la bataille de Novi où ce dernier fut tué. Il mena alors la retraite et remit les troupes entre les mains de Championnet 4

En 1799, Moreau ne semblait plus jouir d'aucun crédit, ni dans l'armée, ni au sein la nation 5. Sa conduite, en fructidor de l'an V, l'avait discrédité dans tous les partis 6.

Quand Bonaparte revint d'Égypte, il trouva Moreau à Paris, très mécontent du Directoire, autant comme militaire que comme républicain 7.

Lors du coup d'État du 18 brumaire 8, il prêta main forte à Bonaparte en bloquant deux des directeurs dans le Luxembourg et les obligeant à signer leur démission.

Le nouveau Premier Consul Bonaparte lui confia l'armée du Rhin 9.

Consulat et Empire

Pendant l'armistice de Pahrsdorf (en), Moreau, ayant fait un voyage à Paris, descendit aux Tuileries alors qu'il n'y était pas attendu. Comme il était avec le premier Consul, le ministre de la guerre, Carnot, arriva de Versailles avec une paire de pistolets, couverts de diamants d'un très-haut prix, destinés au premier Consul, qui les prit et les remit à Moreau, en disant : « Ils viennent fort à propos. » Cette scène n'était pas arrangée, et cette générosité frappa le ministre.

Ayant repoussé les offres de Bonaparte de le marier avec sa sœur, puis, avec la fille d'un de ses obligés, Moreau épousa, sans prévenir, Mlle Hulot d'Osery, une riche créole du cercle de Joséphine de Beauharnais, dont la famille prit une ascendance complète sur lui 10. C'est alors qu'il commença à critiquer vivement Bonaparte et ses institutions 11.

Il se conduisait toujours très simplement, ne recevant que des anciens militaires.

Bataille de Hohenlinden, Henri-Frédéric Schopin, vers 1835.

Mis à la tête de l'armée française du Rhin pendant l'année 1800, il commence par remporter une victoire sur les Autrichiens de Kray à la bataille d'Engen. Dans le même temps, le général Lecourbe, son lieutenant, remporte un succès complet sur un corps autrichien à la bataille de Stockach. Deux jours après, Moreau livre une nouvelle bataille assez sanglante à Moëskirch et réussit encore à vaincre les Autrichiens de Kray.

S'ensuit alors une série ininterrompue de succès pour l'armée française du Rhin. Moreau et Lecourbe réussissent notamment à forcer le passage du Danube après une nouvelle victoire à Höchstadt. Le général autrichien Kray signe alors un armistice. L'armée française du Rhin, sur sa lancée, s'établit en Bavière.

Quelques mois plus tard, l'armistice est rompu. L'armée autrichienne, commandée dorénavant par l'archiduc Jean, lance une offensive en direction de Moreau pour le refouler jusqu'au Rhin. Le général français prépare alors la riposte. Il évacue son quartier général de Haag, en avant de la forêt de Hohenlinden, à l'Est de Munich, et feint la retraite. Il installe son corps d'armée sur la lisère Nord de la forêt pour tendre une embuscade dans une large clairière qu'il a repérée.

Le 3 décembre 1800, sous la neige, s'engage ainsi la bataille d'Hohenlinden. Le commandant autrichien, trop confiant et les croyant en train de s'effondrer, fait manœuvrer son armée en direction des Français. Trois colonnes autrichiennes s'avancent par les seules routes existantes, dont une seule est empierrée. C'est alors que la contre-offensive française débute. Grouchy, Ney et Richepanse attaquent la colonne autrichienne du centre par le flanc, de front, et par les arrières. Les 48e57e76e et 46e demi-brigades chargent la baïonnette en avant et culbutent tout ce qu'elles rencontrent sur leur passage. Les bataillons autrichiens et bavarois sont culbutés les uns sur les autres, des milliers de prisonniers sont capturés en peu de temps, car, la colonne autrichienne du centre est écrasée.
Dans le même temps, Grenier, Decaen repoussaient quant à eux les deux autres colonnes autrichiennes et leur faisaient aussi bon nombre de prisonniers. La victoire des français est décisive et donc stratégique. Les généraux français Richepanse et Lecourbe se mettent immédiatement à la poursuite des Autrichiens, capturant encore de nombreux prisonniers.

Vienne, capitale de l'Empire autrichien est bientôt menacée. Les Autrichiens capitulent et demandent la paix. C'est la fin de la guerre et les Français de Moreau l'ont terminé victorieusement. C'est aussi la dernière bataille des guerres de la Révolution française. C'est le traité de Lunéville qui confirmera quelque temps après la défaite de l'Autriche12.

Moreau revint ensuite en France pour jouir de la fortune obtenue pendant ses campagnes, bien qu'il n'ait jamais rien pris de biens étrangers pour son compte. Il aménagea l'Hôtel d'Anjou et acheta à Barras le château de Grosbois (Val-de-Marne), où il allait souvent pour chasser.

Article détaillé : Bataille de Hohenlinden.

Sa femme rassembla les opposants à la montée du pouvoir de Napoléon, lequel fit arrêter les conspirateurs 13.

Pichegru fut retrouvé étranglé dans sa prison. Moreau fut d'abord déclaré innocent par ses juges, puis fut condamné à deux ans de prison après une seconde délibération exigée par Bonaparte, peine qui mécontenta tout le monde y compris Bonaparte qui, quand il prit connaissance, laissa sans retenue éclater sa colère et s'écria : « Ils me l'ont condamné comme un voleur de mouchoir ! » 14. Bonaparte, heureux d'être débarrassé d'un opposant, commua la peine en bannissement et fera rayer Moreau des cadres de l'armée le 6 juillet 1804.

Moreau partit pour les États-Unis d'Amérique en passant par l'Espagne. À son débarquement à Philadelphie, le général fut accueilli avec enthousiasme. Une foule se pressait sur les quais et plusieurs députés et sénateurs étaient venus le saluer. À leurs paroles de bienvenue, il répondit en s'inclinant, car à ce moment, il ne parlait pas un mot d'anglais. Il vécut tranquillement à Morrisville (en), près de Trenton (New Jersey) jusqu'à ce qu'il apprenne la destruction de la Grande Armée en Russie.

La Mort du général Moreau, par Auguste Couder

Alors, probablement à l'instigation de son épouse, mais aussi après plusieurs visites de l'ambassadeur de Russie aux États-Unis lui proposant un poste de conseiller du tsar Alexandre Ier 15, il se rallia aux Alliés.

Bernadotte qui commandait alors une armée contre Napoléon, l'introduit auprès du tsar Alexandre Ier. Dans l'espoir de revenir en France pour établir un régime républicain, il donna aux Alliés des conseils sur la conduite de la guerre 16.

Le 27 août 1813 a lieu la bataille de Dresde. Moreau se tient au milieu de l'État-Major des alliés coalisés. Un boulet lui fracasse le genou droit et la jambe inférieure gauche. Amputé et transféré à Laun, où il arrive le 30 août, il y décède trois jours plus tard, le 2 septembre 17. Le tsar Alexandre Ier le fait inhumer dans la cathédrale catholique de Saint-Pétersbourg.

Son tombeau se trouve sur la perspective Nevski, dans la crypte de l'église Sainte-Catherine, l'une des cinq églises catholiques de Saint-Pétersbourg. À la suite d'un incendie en 1947, la crypte n'est plus accessible au public, seule à l'entrée une plaque commémorative (en russe et en français) indique que sa dépouille y repose. L'historien Valynseele cité par Pierre Savinel dans son ouvrage paru en 1988 Moreau, rival républicain de Bonaparte, obtint des clichés du cercueil de la part de l'ambassade soviétique : sur le couvercle supérieur, on y voit des restes d'un revêtement de velours avec des galons et des ornements de bronze. En tête et au pied du cercueil subsistent des plaques ouvragées en métal doré, avec des inscriptions en langue française ; sur la plaque au pied, il est gravé :

Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Est, 13eet 14e colonnes.

« Guide de l'éternité, il ne vécut sur cette terre que pour mourir dans la carrière qui mène à l'immortalité. »

Sa veuve reçut une pension du tsar et Louis XVIII le fera maréchal à titre posthume. Le cœur du général sera enterré au cimetière de la Chartreuse de Bordeaux, auprès de la maréchale Moreau, sa veuve.

Notes et références

  1.  L'acte de baptême commence ainsi : Ce jour vingt-huit d'Aoust 1763, les cérémonies du baptême d'Anonime, fils légitime de Maître Gabriel-Louis Moreau, sieur de Lisoreux, conseiller du Roy, lieutenant de Morlaix et Lanmeur, et de dame Catherine Chapperon, son épouse, ondoyé le 14 février dernier par le recteur de cette paroisse, ont été supplées dans l'église paroissiale de Saint-Mathieu par le sous signant curé, qui a donné audit Anonime le nom de Jean Victor Marie….
  2.  Rapporté par Pitre-Chevalier
  3.  Pour Charles Mullié, la campagne d'Allemagne en 1796 ne fait honneur ni aux talents militaires de ceux qui conçurent le plan, ni au général qui en a eu la principale direction et qui commanda la principale armée :
    • Il passa sur la rive droite du Danube et du Lech, après la bataille de Heresheim, le 11 août, tandis qu'en marchant devant lui sur l'Atmuhl, par la rive gauche du Danube, il se fût joint en trois marches avec l'armée de Sambre-et-Meuse, qui était sur la Redwitz, et eût, par ce mouvement, décidé de la campagne;
    • Il resta inactif six semaines, pendant août et septembre, en Bavière, pendant que l'archiduc battait l'armée de Sambre-et-Meuse et la rejetait au-delà du Rhin ;
    • Il laissa assiéger Kehl pendant plusieurs mois par une armée inférieure, à la vue de la sienne, et il laissa prendre cette place. Mullié est cependant tenu pour un observateur partial qui tordait les faits pour servir son maître, Napoléon.
  4.  Pour Charles Mullié, il ne fit que des fautes, et ne montra pas plus de connaissances du grand art de la guerre, qu'il n'en avait montré en 1796 :
    • II se fit battre à Cassano par Souvorov ; il y perdit la plus grande partie de son artillerie et laissa cerner et prendre la division Sérurier ;
    • Il fit sa retraite sur le Tessin, tandis qu'il eût dû la faire sur la rive droite du Pô, par le pont de Plaisance, afin de se réunir à l'armée de Naples que commandait Macdonald, et qui était en marche pour s'approcher du Pô : cette réunion faite, il était maître de l'Italie ;
    • du Tessin il fit sa retraite sur Turin, laissant Souvorov maître de se porter sur Gênes et de le couper entièrement de l'armée de Naples. Il s'aperçut à temps de cette faute, revint en toute hâle, par la rive droite du Pô, sur Alexandrie ; mais quelques jours après, il commit à nouveau la même faute, en marchant sur Coni, en abandonnant entièrement l'armée de Naples et les hauteurs de Gênes ;
    • pendant qu'il marchait à l'Ouest, Macdonald arrivait avec l'armée de Naples sur La Spezia ; au lieu d'opérer sa jonction avec ce général sur Gênes, derrière l'Apennin, et de déboucher, réunis sur la Bocchetta, pour faire lever le siège de Mantoue, Moreau prescrivit à Macdonald de passer l'Apennin et d'entrer dans la vallée du Pô pour opérer sa jonction sur Tortone. Restée isolée, l'armée de Naples eut à supporter tous les efforts de l'ennemi sur les champs de la bataille de la Trebbia, et l'Italie alors fut véritablement perdue.
  5.  « Il ne faisait autre chose dans son quartier général que de s'étendre sur un sofa, ou se promener dehors, la pipe à la bouche ; il lisait peu. Ce fut moi qui engageais Moreau à se marier (...) La conduite de Moreau envers Pichegru lui a fait perdre beaucoup dans l'estime publique. » (O'Meara.)
  6.  Il avait gardé pour lui les papiers trouvés dans le fourgon de Klinglin, qui prouvaient les correspondances de Pichegru avec le duc d'Enghien et les Autrichiens, ainsi que les trames des factions de l'intérieur, pendant que Pichegru, masqué par la réputation qu'il avait acquise en Hollande, exerçait une grande influence sur la législature. Moreau trahit son serment, et viola son devoir envers son gouvernement, en lui dérobant la connaissance de papiers d'une haute importance, et auxquels pouvait être attaché le salut de la République. Si c'était son amitié pour Pichegru qui le portait à ce coupable ménagement, il fallait alors ne pas communiquer ces papiers au moment où leur connaissance n'était plus utile à l'État, puisqu'après la journée du 18 fructidor le parti était abattu et Pichegru dans les fers. La proclamation de Moreau à l'armée et sa lettre à Barthélemy furent un coup mortel qui priva Pichegru et ses malheureux compagnons de la seule consolation qui reste aux malheureux, l'intérêt public.
  7.  Pour Mullié, Moreau n'avait aucun système, ni sur la politique, ni sur l'art militaire. Il était excellent soldat, brave de sa personne, capable de bien remuer sur un champ de bataille une petite armée, mais absolument étranger aux connaissances de la grande tactique. S'il se fût mêlé dans quelques intrigues pour faire un 18 brumaire, il eût échoué, il se serait perdu, ainsi que le parti qui se serait attaché à lui. Lorsqu'au mois de novembre 1799, le corps législatif donna un dîner à Napoléon, un grand nombre de députés ne voulurent point y assister, parce que Moreau devait y occuper un rang distingué, et qu'ils ne voulaient rendre aucun témoignage de considération au général qui avait trahi la République en fructidor. Ce fut dans cette circonstance que ces deux généraux se virent pour la première fois. Quelques jours avant le 18 brumaire, pressentant qu'il se tramait quelques changements, Moreau se mit à la disposition de Napoléon, et lui dit qu'il suffisait de le prévenir une heure d'avance, qu'il viendrait à cheval près de lui, avec ses officiers et ses pistolets, sans autre condition. Il ne fut pas dans le secret du 18 brumaire. Il se rendit le 18, à la pointe du jour, chez Napoléon, comme un grand nombre d'autres généraux et officiers qu'on avait prévenus dans la nuit et sur l'attachement desquels on croyait pouvoir compter.
  8.  Le 18 brumaire à midi, après que Napoléon eut pris le commandement de la 17e division militaire et des troupes qui étaient à Paris, il donna celui des Tuileries à Lannes, celui de Saint-Cloud à Murat, celui de la chaussée de Paris et Saint-Cloud à Sérurier, celui de Versailles à Macdonald et celui du Luxembourg à Moreau. 400 hommes de la 96e furent destinés à marcher sous ses ordres pour garder ce palais ; ils s'y refusèrent ; disant qu'ils ne voulaient pas marcher sous les ordres d'un général qui n'était pas patriote. Napoléon dut s'y rendre lui-même et les haranguer pour lever ces difficultés.
  9.  Après Brumaire, les Jacobins continuèrent à ramener et à chercher des appuis dans les armées de Hollande. Masséna était plus propre que personne pour commander dans la rivière de Gênes, où il n'y avait pas un sentier qu'il ne connût. Brune, qui commandait en Hollande, fut envoyé dans la Vendée ; on rompit ainsi toutes les trames qui pouvaient exister dans ces armées. D'ailleurs le premier Consul n'eut jamais qu'à se louer de Moreau jusqu'au moment de son mariage qui eut lieu pendant l'armistice de Pahrsdorf, en juillet1800.
  10.  « L'Impératrice Joséphine maria Moreau avec mademoiselle Hulot, créole de l'Île-de-France. Cette demoiselle avait une mère ambitieuse, elle dominait sa fille et bientôt domina son gendre et changea son caractère. Ce ne fut plus le même homme ; il se mêla à toutes les intrigues ; sa maison fut le rendez-vous de tous les malveillants ; non seulement il fit de l'opposition, mais il conspira contre le rétablissement du culte et le concordat de 1801 ; il tourna en ridicule la Légion d'Honneur. Plusieurs fois le premier Consul voulut ignorer ces inadvertances ; mais enfin il dit : « Je m'en lave les mains ; qu'il se casse le nez contre les piliers du palais des Tuileries. » Cette conduite de Moreau était contraire à son caractère ; il était breton, détestant les Anglais, avait les chouans en horreur, une grande répugnance pour la noblesse : c'était un homme incapable d'une grande contention de tête ; il était naturellement loyal et bon vivant ; la nature ne l'avait pas fait pour les premiers rôles ; s'il eût fait un autre mariage, il eût été maréchal, duc, eût fait les campagnes de la Grande Armée, eût acquis une nouvelle gloire ; et si sa destinée était de tomber sur le champ de bataille, il eût été frappé par un boulet russe, prussien ou autrichien ; il ne devait pas mourir par un boulet français. » (Napoléon à Sainte-Hélène.)
  11.  « Moreau se moquait de l'institution de la Légion d'honneur. Quelqu'un lui disait qu'on avait dessein de donner la croix, non-seulement à ceux qui se seraient distingués par la gloire des armes, encore à ceux qui se seraient fait remarquer par leur mérite et par leur savoir. Il s'écria : « Eh bien ! je vais demander la croix de commandeur de l'Ordre pour mon cuisinier, car il a un mérite supérieur dans l'art de la cuisine. » (O'Meara.)
  12.  Le récit le plus complet de la campagne de Moreau en 1800, parce qu'il prend en compte les archives des ennemis est dans Marcel Coz, Victor Moreau, général, citoyen de France et d'Europep. 215-246.
  13.  « La conspiration de Georges me fut révélée par un chouan qui exerçait la profession d'apothicaire. Moreau, Pichegru et Georges avaient eu une entrevue dans une maison du boulevard. On convint que Georges m'assassinerait, que Moreau serait premier Consul et Pichegru second Consul ; mais Georges insistait pour être le troisième ; sur quoi les deux autres observèrent que, comme il était connu pour un royaliste, s'ils se l'adjoignaient pour collègue, ils seraient perdus dans l'esprit du peuple ; là-dessus Georges répliqua : Si ce n'est pas pour les Bourbons que je travaille, je veux au moins que ce soit pour moi ; et si ce n'est ni pour eux ni pour moi, bleus pour bleus, j'aime autant Bonaparte que vous. Quand cette conversation fut répétée à Moreau dans un de ses interrogatoires, il s'évanouit. Si j'avais été sanguinaire, comme on l'a prétendu, j'aurais fait fusiller Moreau, car, après qu'on l'avait convaincu d'avoir communiqué avec Georges, il ne pouvait plus lui rester aucune popularité. » (Napoléon à Sainte-Hélène.)
  14.  « Lors du jugement, la fermeté des complices, le point d'honneur dont ils ennoblirent leur cause, la dénégation absolue, recommandée par l'avocat, sauvèrent Moreau. Interpellé si les confédérés, les entrevues qu'on lui reprochait, étaient vraies, il répondit non ; mais le vainqueur de Hohenlinden n'était pas habitué au mensonge ; une rougeur soudaine parcourut tous les traits de sa figure ; aucun des spectateurs ne fut dupe, toutefois il fut absous. » (extrait de Las Cases.)
  15.  « Moreau, livré à lui-même, était un fort bon homme qu'il eût été facile de conduire : c'est ce qui explique ses irrégularités. Il sortait du palais tout enchanté, il y revenait plein de fiel et d'amertume, c'est qu'il avait vu sa belle-mère et sa femme. » (Las Cases.) « Moreau n'avait pas naturellement un mauvais cœur, c'était un bon vivant ; mais il avait peu de caractère, il se laissait conduire par sa femme et une autre créole, sa belle-mère. » (O'Meara.)
  16.  « Au mois d'octobre 1813, lorsque plusieurs corps de l'armée française descendaient de Dresde, vis-à-vis de Wittenberg et passèrent l'Elbe, un courrier du quartier général de l'armée de Bohême se rendant en Angleterre fut intercepté, et tous les papiers de Moreau furent pris. Le général Rapatel, son aide-de-camp et son compatriote, renvoyait à Mme Moreau des papiers ; elle était très bourbonniste ; elle lui reprochait dans toutes ses lettres son éloignement pour les Bourbons, son laisser-aller, ses préjugés révolutionnaires, son défaut d'intriguer, et lui donnait des conseils sur les moyens dont il devait se faire valoir à la cour de Russie et d'Autriche. Moreau répondait à toutes : « Vous êtes folle avec vos Bourbons ;… au surplus, vous connaissez mes sentiments ; quant à moi, je ne demande pas mieux de les aider ; mais au fond de mon cœur, je vous assure, je crois cet ordre de choses fini à jamais. » La première idée de l'Empereur fut de faire imprimer cette correspondance ; mais il se reprochait d'avoir laissé exister des phrases dans un bulletin relatif à la mort de ce général ; il lui semblait que des mots de regret qu'il avait prononcés, en apprenant cette mort, eussent dû être recueillis de préférence ; il jugea inconvenant de troubler sa cendre, en dévoilant des sentiments secrets, écrits d'abandon à sa femme, et dans une correspondance confidentielle. Moreau avait rendu des services et avait de belles pages dans l'histoire de la guerre de la Révolution. Ses opinions politiques avaient toujours été fort sages, et quelquefois Napoléon a laissé percer des regrets de sa fin déplorable… Les femmes l'ont perdu ! (Montholon.)
  17.  D'après le récit détaillé de Svinine, secrétaire d'ambassade russe : P. Svinine, Details concerning General Moreau, Willis, Boston, 1814.

Annexes

Source partielle

  • Marcel Coz, Victor Moreau, général, citoyen de France et d'Europe. S. l. (Cloître imprimeurs) : 2008. (ISBN 978-2-74466-0155-0[à vérifier : ISBN invalide])

Article connexe

  • Familles subsistantes de la noblesse française (L à Z)

17 février 2018

Clavière Étienne

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Étienne Clavière

 

Étienne Clavière

Etienne_Claviere

Naissance 27 janvier 1735
Genève
Décès 8 décembre 1793 (à 58 ans)
Paris
Nationalité Canton de Genève

Étienne Clavière, né à Genève, le 27 janvier 1735, et suicidé dans la prison de la Conciergerie à Paris, le 8 décembre 1793, est un banquier, un homme d'affaires, un spéculateur et une personnalité politique de la Révolution française.

Lors de la « Révolution de Genève », en 1782, il fut membre du parti démocratique et prit une part active aux événements, puis s'investit en France dans les grandes spéculations boursières sous Louis XVI.

Il fut en 1790 à l'origine de la création des assignats, de la fabrication de faux assignats, et devint ministre des finances, une première fois imposé à Louis XVI jusqu'à sa révocation le 12 juin 1792, une seconde fois d'août 1792 dans le ministère girondin jusqu'à leur chute le 2 juin 1793.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Notes et références
  • 3 Bibliographie
  • 4 Liens externes

Biographie

Issu d'une famille calviniste, son père était un gros négociant en toile, originaire du Dauphiné et établi à Genève1. Avant la Révolution, Étienne Clavière était un financier genevois s’occupant de spéculations financières mais aussi de la propagande des idées nouvelles. Il se crée des liens utiles dans le milieu des finances de tous pays mais aussi dans le milieu des lettres, il côtoie philosophes et écrivains politiques.

Il fut membre du parti démocratique de la petite république genevoise dont il devint un des chefs. Ce parti obtint un grand succès, ce qui provoqua en 1782 l’intervention des troupes de l’État de Berne soutenu par la France et la Sardaigne qui ramenèrent l’ordre ancien. Étienne Clavière et une vingtaine de ses compatriotes furent exilés. Ils s’installèrent en Irlande avec le dessein de fonder une manufacture d’horlogerie.

À Paris, il connut un exil assez heureux, accumula une fortune considérable par des spéculations brillantes sur la Caisse d'Escompte, la Compagnie des Indes et la Compagnie des Eaux.

Mirabeau, qui s'était intéressé à cette dernière, le remarque et en fit son conseiller financier. Associé également avec Talleyrand, il était un des très grands « manieurs d'argent » de l'époque: il réussit des coups de bourse extraordinaires, spécialement sur les fonds de la dette américaine, et s'enrichit encore. En 1788, il fonda une société pour l’achat de terrains aux États-Unis, il suggéra à Jacques Pierre Brissot de se rendre dans le Nouveau Monde afin d’effectuer les transactions nécessaires.En même temps, il patronnait Jacques Pierre Brissot, le futur chef des Girondins, qui partagea un peu de sa fortune boursière, et fondait avec lui la Société des amis des Noirs.

Étienne Clavière s’établit en France et parvint à se faire nommer administrateur-gérant de la Compagnie d’assurance sur la vie. Il fit, en juin 1788, l’acquisition d’une belle propriété située aux environs de Paris à Suresnes, où il s’installa et vécut fort aisément. Il apporta sa collaboration au journal de Mirabeau, le Courrier de Provence, et se montra hostile envers Jacques Necker qu'il remplaça.

En 1789, Étienne Clavière, devenu membre du club des Jacobins, fit paraître un ouvrage où il explique comment remédier à la crise financière qui mine la France2. Il présenta des requêtes à l’Assemblée constituante, rédigea des lettres destinées aux ministres et aux députés. Il usa de tous les moyens que lui permettaient sa situation financière, qui était des plus confortables, pour se montrer à son avantage.

En 1791, il est élu député suppléant de l’Assemblée législative par le département de la Seine. Il n’est donc pas surprenant de voir figurer le nom d’Étienne Clavière sur la liste des ministres girondins que Brissot imposa à Charles François Dumouriez lorsque ce dernier eut à désigner les hommes qui composeraient son ministère.

En mars 1792, Étienne Clavière se voit remettre le portefeuille des Contributions. Ses attaques envers la Cour furent particulièrement violentes. Il réussit à convaincre rapidement le roi de sanctionner le décret du 24 mars accordant l'égalité aux blancs et au hommes de couleur libres ; décret qui devint ainsi la loi du 4 avril 1792. Il contribua aussi auprès de Brissot au choix des commissaires Sonthonax et Polverel pour l'application de la loi à Saint-Domingue 3

Mais il fut renvoyé par Louis XVI pour s'être permis d'écrire au roi une lettre dont le principe était peu respectueux de l'autorité royale4, en même temps que Joseph Servan (1741-1808) et Roland, le 13 juin 1792, et il est remplacé par Jules-Émile-François-Hervé de Beaulieu. Après la journée du 10 août 1792, il reprend sa place au sein du Conseil exécutif comme ministre des finances. Soupçonné, probablement à raison, d’être un agent de l’étranger, il partagea le sort des Girondins, mais ne figura pas parmi les vingt-deux inculpés du procès d’octobre 1793. Décrété d’arrestation le 2 juin 1793, il ne reçut son acte d’accusation que le 8 décembre 1793.

Le bilan de ses ministères fut désastreux. Il avait notamment détourné près de deux millions lors de la liquidation de la Compagnie d'assurance sur la vie, et une somme au moins égale de la Caisse d'Escompte et il est probable qu'une partie importante de ces sommes servirent à financer des missions occultes à l'étranger, surtout en Angleterre. Il participa aussi largement au trafic du baron de Breteuil et du baron de Batz, qui alimentaient les caisses des Émigrés à partir des fonds publics. Enfin, il faut noter qu'une des plus grosses fabriques de faux assignats de l'époque se trouvait près de chez lui à Suresnes.

On ignore pourquoi Étienne Clavière fut épargné le 31 octobre 1793, peut-être bénéficiait-il d’une mystérieuse protection. Il se faisait peu d’illusion sur l’issue de son procès. Ses camarades de cellule endormis, muni d’un couteau de table qu’il avait dissimulé lors de la prise de son repas, il se porta un coup mortel au cœur. Apprenant le suicide de son mari, sa femme s’empoisonna.

Notes et références

  1. Marcel Dorigny, « Clavière Étienne », dans Jean-René Suratteau et François Gendron (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Quadrige/PUF, 2005 (ISBN 2-13-053605-0), p. 226.
  2. Mirabeau en fit l’éloge dans un article de son journal le Courrier de Provence.
  3. Jean-Daniel Piquet, L'émancipation des Noirs dans la révolution française (1789-1795), Paris Karthala,2002.
  4. Aimé Cécile Renaud, Mémorial, ou Journal historique de la Révolution française, Paris, Duponcet, 1801, tome I. p. 188.

Bibliographie

  • Jean Tulard, Jean-François Fayard et Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française. 1789-1799, éd. Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 1987, 1998 [détail de l’édition]
  • Jules Michelet, Histoire de la Révolution française, Paris, A. Lemerre, 1856-1863
  • Comité pour l’histoire économique et financière de la France, Les Ministres des Finances de la Révolution française au Second Empire, 2007, 376 p. (ISBN 978-2-11-094805-2, lire en ligne [archive])
  • Richard Whatmore et James Livesey, « Étienne Clavière, Jacques-Pierre Brissot et les fondations intellectuelles de la politique des girondins » [archive], in Annales historiques de la Révolution française, n° 321, juillet-septembre 2000, p. 1-26.
  • « Étienne Clavière », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore [archive]]
  • *  « Clavière, Étienne » dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes, 2e éd., 1843-1865 [détail de l’édition]
  • (en)  « Clavière, Étienne », dans Encyclopædia Britannica, 1911 [détail de l’édition]
  • André Encrevé, « Étienne Clavière », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. 693-694 (ISBN 978-2846211901)

Liens externes

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16 février 2018

Régnier Claude Ambroise

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Claude Ambroise Régnier

 

 

Claude-Ambroise Régnier de Massa

220px-Robert_Lefèvre,_'Claude_Ambroise_Régnier,_Duc_de_Massa'_(1808)


Claude Ambroise Régnier, par Robert Lefèvre (1808).
Fonctions
Président du Corps législatif
23 novembre 1813 – 4 juin 1814
Prédécesseur Élisabeth-Pierre de Montesquiou-Fezensac
Successeur Joseph-Henri-Joachim Lainé
Garde des Sceaux
14 septembre 1802 – 13 juin 1813
Prédécesseur André-Joseph Abrial
Successeur Mathieu Louis Molé
Ministre de la Police
1802 – 1804
Prédécesseur Joseph Fouché
Successeur Joseph Fouché
Président du Conseil des Anciens
20 mai 1798 – 19 juin 1798
Prédécesseur Jacques Poisson de Coudreville
Successeur Jean-Antoine Marbot
20 février 1796 – 21 mars 1796
Prédécesseur Guillaume François Charles Goupil de Préfelne
Successeur Jacques Antoine Creuzé-Latouche
Biographie
Date de naissance 6 avril 1746
Lieu de naissance Blâmont
Date de décès 24 juin 1814 (à 68 ans)
Lieu de décès Paris

Claude Ambroise Régnier, duc de Massa, né à Blâmont (alors duché de Lorraine, actuellement Meurthe-et-Moselle) le 6 avril 1746 et mort à Paris le 24 juin 1814, est un homme politique français.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Famille
  • 3 Armoiries
  • 4 Annexes
    • 4.1 Sources
    • 4.2 Liens externes
  • 5 Notes et références

Biographie

Il est le fils d’Ambroise Régnier, receveur des Domaines du Roi. et de Marie-Françoise Thiry ; petit-fils de Jean-Antoine Régnier procureur au bailliage des Vosges et par sa mère, petit-fils de Jean-Baptiste Thiry, procureur du Roi en l'hôtel de ville de Blâmont1. Il commence ses études à Saint-Dié, sous la direction d'un oncle prêtre, l'abbé Régnier, curé de la paroisse principale, et il les termine à l'université de Strasbourg avec l'obtention du diplôme de licencié ès-droit. Inscrit au Parlement à compter de juillet 1765, il fait aussitôt l'apprentissage de la profession d'avocat au barreau de Lunéville. Il devient en 1769 à la demande du prince Louis de Salm-Salm (de) son conseiller et procureur général à Senones, lui confiant l'administration de la principauté2.

Devenu Français avec la réunion de la Lorraine à la France en 1766, il devient en 1773 avocat à Nancy où il est au premier rang des avocats de la chambre civile3. Enthousiasmé par la Révolution, il est élu le 6 avril 1789, par le bailliage de Nancy, député du tiers état aux États généraux, où il siège au comité de constitution. Après la fuite du roi, il est envoyé le 22 juin 1791 comme commissaire dans les départements du Rhin pour y recevoir le serment des troupes. Après s'être éloigné de la vie politique sous la Terreur, il est élu le 23 vendémiaire an IV (15 octobre 1795) député de la Meurthe au Conseil des Anciens, où il siège à gauche. La même année, il devient secrétaire le 2 frimaire an IV (23 novembre 1795), puis président de l'assemblée le 1er ventôse an IV (20 février 1796), et fait partie de plusieurs commissions : radiation de la liste des émigrés, successions, examen du nouveau pour les délits et peines des troupes de la République, délits de presse, vérification des pouvoirs des nouveaux députés. Sans soutenir le Directoire, il combat les royalistes du club de Clichy. Adversaire des néo-jacobins, de même, il soutient la proposition de Courtois, conduisant à la fermeture du club du Manège. Il est réélu le 23 germinal an VII (12 avril 1799).

Acquis au général Bonaparte, il est l'un des principaux coopérateurs du coup d'État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) ; il fait ainsi partie des membres du Conseil des Anciens qui se réunissent chez leur président, Lemercier, le soir du 17 brumaire (8 novembre), pour préparer la translation des conseils à Saint-Cloud, qui doit être votée le lendemain. Le 19 (10 novembre), il entre à la commission intermédiaire du Conseil des Anciens, dont il devient président quelques jours plus tard. Le 4 nivôse an VIII (25 décembre 1799), il est nommé au Sénat conservateur et au Conseil d'État. Il renonce conformément à la Constitution au premier poste de sénateur pour se consacrer au Conseil d'État. Marqué par une connaissance approfondie des questions juridiques, il devient l'un des principaux ennemis du Code civil.

Napoléon le nomme grand-juge et ministre de la justice (Garde des Sceaux) le 27 fructidor an X (14 septembre 1802), fonctions qu'il conserve pendant près de onze ans. Jusqu'au 10 juillet 1804, il dirige également le ministère de la Police. À ce poste, il découvre le complot de Cadoudal, dont il instruit le procès. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le 9 vendémiaire an XII (22 octobre 1803), grand officier le 25 prairial (14 juin 1804), grand aigle (grand-croix) le 13 pluviôse an XIII (2 février 1805), créé comte d'Empire le 24 avril 1808. Il devient duc de Massa le 15 août 1809. À son départ du ministère de la Justice, le 13 juin 1813 alors qu'il est âgé de soixante-sept ans, il reçoit le titre de ministre d'État et obtient la présidence du Corps législatif, dont il n'est pourtant pas membre. Napoléon lui fait cadeau, lors de son départ du ministère, d’un hôtel particulier, rue de Choiseul.

Néanmoins, en avril 1814, il adhère à la déchéance de Napoléon. Il meurt peu après, le 24 juin dans sa soixante-neuvième année, et est enterré au Panthéon.

Claude Ambroise Régnier est également connu pour avoir préparé pour Napoléon, la circulaire du 8 janvier 1803 prohibant en France, les mariages mixtes « entre des blancs et des négresses » et « entre des nègres et des blanches »4,5.

Famille

Son épouse Charlotte Lejeune, née à Lunéville le 27 juin 1748, est morte à Paris le 25 janvier 1835. Ils ont eu deux enfants : Catherine Charlotte (1775-1856), épouse du baron Thiry, et Nicolas (1783-1851)6, qui devient comte de Gronau en 1809, préfet de l'Empire (dans l'Oise puis le Cher) puis pair de France sous la Restauration. Louis Lejeune (le frère de Charlotte) avait perdu la raison.

Au nombre de ses descendants, figure Jean-Marie Bastien-Thiry (1927-1963), polytechnicien, ingénieur de l’armement et organisateur de l’attentat du Petit-Clamart contre le général de Gaulle, pour lequel il a été condamné à mort et été le dernier fusillé de la Ve République.

Armoiries

Figure Blasonnement
Orn ext comte de l'Empire GCLH.svg
Blason Claude Ambroise Régnier (1746-1814) Comte.svg
Armes du comte Régnier et de l'Empire

D'hermines à une fasce de sable chargée de trois alérions d'or, le franc-quartier de comte ministre brochant sur le tout.7,8

Orn ext Duc de l'Empire GCLH.svg
Blason Claude Ambroise Régnier (1746-1814) Duc de Massa.svg
Armes du duc de Massa et de l'Empire

D'hermines à la fasce de sable chargé de trois alérions d'or, chef des ducs d'Empire.7

  • Livrée : aux couleurs de l'écu7.

Annexes

Sources

  • Adolphe Robert, Gaston Cougny (dir.), Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, Paris, Edgar Bourloton, 1889, t. 5, de Reboul à Reille [archive], p. 107, sur le site de l'Assemblée nationale.
  • Les papiers personnels de Claude Ambroise Régnier sont conservés aux Archives nationales sous la cote 279AP9.

Liens externes

Notes et références

  1. Paul Delaval, Le grand juge Régnier, duc de Massa, Le Pays lorrain et le pays messin, 20 décembre 1909, no 12.
  2. Paul Delaval, Le grand juge Régnier, duc de Massa, Le Pays lorrain et le pays messin, 20 décembre 1909, no 12., p. 739.
  3. L. Adam, Étude sur trois gardes des sceaux nés en Lorraine : Régnier, duc de Massa ; Comte de Serre ; Henrion de Pansey, 1872.
  4. Alain-Jacques Tornare, La Révolution française, EDI8, 2012, p. 247
  5. Jean-Simon Loiseau, Dictionnaire des arrêts modernes [archive], Clament, 1809, volume 2, p. 449
  6. Daniel Baduel, Saint-Martin-du-Tertre : un village, une histoire, Syndicat d'initiative de Saint-Martin-du-Tertre, 2000.
  7. a, b et c « PLEADE CHAN » [archive], sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr (consulté le 29 avril 2011)
  8. Source : www.heraldique-europeenne.org [archive]
  9. Voir la notice dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales [archive].

 

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15 février 2018

Robert Hubert

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Hubert Robert

 

 

Hubert Robert

Élisabeth-Louise_Vigée-Le_Brun_-_Hubert_Robert_(1788)

Hubert Robert peint par Élisabeth Vigée Le Brun - Musée du Louvre

Naissance
22 mai 1733
Paris
Décès
15 avril 1808 (à 74 ans)
Paris
Activités
Conservateur de musée, peintre
Formation
Collège de Navarre (1745-1751)
Maître
Michel-Ange Slodtz
Mouvement
Préromantisme
Mécène
Étienne François de Choiseul
Œuvres réputées
Projet d'aménagement de la Grande Galerie du Louvre

Hubert Robert, (né le 22 mai 1733, à Paris - mort le 15 avril 1808, dans la même ville) est un des principaux artistes français du XVIIIe siècle qui s’illustra notamment comme dessinateur, peintre, graveur, professeur de dessin, créateur de jardins et conservateur au Muséum central des arts de la République, futur Musée du Louvre.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Le séjour à Rome
    • 1.2 Un peintre paysagiste
    • 1.3 La Révolution Française
  • 2 Œuvres
    • 2.1 Concepteur
    • 2.2 Peintures
  • 3 Bibliographie
  • 4 Expositions
  • 5 Références
  • 6 Articles connexes
  • 7 Liens externes

Biographie

Hubert Robert vient d'un milieu social privilégié, il est né le 22 mai 17331 d'un père qui est intendant de la famille de Stainville2. Son éducation poussée fait qu'il sait le latin et le grec et est formé aux usages sociaux du grand monde, ce qui lui permet de s'y intégrer et s'y sentir à l'aise2.

Durant ses études au Collège de Navarre, entre 1745 et 17513, l’un de ses professeurs, l’abbé Batteux, avait noté les facilités du jeune élève présentant un penchant pour le dessin, en le voyant dessiner un mousquetaire à l'arrière de sa copie de traduction de grec1. Après un premier apprentissage dans l’atelier du sculpteur Michel-Ange Slodtz3 (selon l’Abecedario de Pierre-Jean Mariette), Hubert Robert bénéficie de la protection du comte de Stainville (1719-1785), futur Étienne-François de Choiseul, alors nommé ambassadeur de France à Rome, qui lui offre de voyager en sa compagnie en Italie2.

Le séjour à Rome

L'atelier de l'artiste, 1760, Städelsches Kunstinstitut

Arrivé à Rome le 4 novembre 1754, Hubert Robert ne retourne en France que le 24 juillet 1765. Grâce à l'appui du comte de Stainville, Hubert Robert obtient une place de pensionnaire à l’Académie de France à Rome2, de 1759 à 1762, sans avoir remporté le prestigieux Prix de Rome. Il profite alors des cours de perspective donnés par le peintre Giovanni Paolo Panini (1691-1765) et du voisinage de Giovanni Battista Piranesi (1720-1778), dit Piranèse2, dont l’atelier de gravure est situé sur la via del Corso, face au Palais Mancini. Le jeune homme se lie d’amitié avec Jean-Honoré Fragonard2 (1732-1806), pensionnaire à l’Académie depuis décembre 1756. Ensemble, ils multiplient les dessins à la sanguine réalisés sur le motif, à Rome ou dans la campagne environnante, comme Ronciglione ou Tivoli, en privilégiant les vues des jardins et palais abandonnés par leurs riches propriétaires aux effets du temps et de la nature. Ce sont précisément ces sujets pittoresques qu’apprécient les amateurs du XVIIIe siècle et qu’Hubert Robert ne cesse d’exploiter en dessin comme en peinture tout au long de sa carrière.

À Rome, Hubert Robert rencontre Louis-Jacques Durameau, Étienne de La Vallée-Poussin et Jean-Robert Ango, ainsi que des amateurs influents. Parmi ces derniers, l’abbé de Saint-Non, membre honoraire de l'Académie royale de peinture et de sculpture, emmène Hubert Robert à Naples en avril 1760 pour visiter les sites les plus célèbres de Campanie, en particulier les temples doriques de Paestum, qui ne cesseront de le fasciner bien après son retour en France.

Un peintre paysagiste

Précédé par une excellente réputation de dessinateur d’architectures en ruines, Hubert Robert est de retour à Paris au mois d’août 1765. Quand il présente le 26 juillet 1766, à l'Académie royale de peinture et de sculpture, un caprice architectural, Le Port de Ripetta à Rome (Paris, Ensba, inv. MU 2625), il est agréé et reçu durant la même séance, en tant que « peintre d’architecture ». Obtenant ainsi le droit d’exposer au Salon, il présente en 1767 plusieurs peintures et dessins d’architectures en ruines salués par la critique, Diderot en tête. Sa participation sera constante au Salon jusqu’en 1798. L'artiste fréquente des « salons » plus intimes comme celui de Madame Geoffrin, tenu les lundis jusqu’en 1777, ou celui d'Elisabeth-Louise de Rohan-Chabot, au sein duquel Hubert Robert enseigne le dessin aux amateurs. Artiste à la mode, Hubert Robert développe très tôt un marché pour ses œuvres peintes et dessinées illustrant des paysages intégrant des architectures en ruines, qui se conjugue parfaitement avec la pratique du dessin en amateur. En effet, le paysage demeure un genre privilégié par les aristocrates, car son approche nécessite moins de métier que les sujets d’histoire. On notera qu’au Salon de 1787, le comte de Paroy et le marquis Turpin de Crissé, deux membres honoraires de l’Académie, exposent des œuvres imitant la manière d’Hubert Robert.

Hubert Robert prolonge son approche du paysage dans la création de jardins. Nommé successivement dessinateur des Jardins du Roi, garde des tableaux du Roi, garde du Museum et conseiller à l’Académie, il est chargé d’aménager certaines parties des résidences royales, comme le hameau de la Reine à Trianon. Ce dernier s'inspire du hameau du parc d'Ermenonville, premier jardin anglais d'envergure sur le continent, à la conception duquel Robert participe en tant que conseiller artistique du marquis René de Girardin. Le parc de Méréville, appartenant au marquis Jean-Joseph de Laborde, peut être considéré comme celui où l'influence de Hubert Robert est la plus importante.

La Révolution Française

Déclaré « suspect » par le Comité de surveillance révolutionnaire, Hubert Robert est emprisonné à Sainte-Pélagie le 29 octobre 1793, avant d’être transféré le 31 janvier 1794 à la prison de Saint-Lazare dont il est libéré le 4 août. Malgré ces vicissitudes, Hubert Robert produit des peintures sur assiettes et des dessins témoignant de la vie carcérale. Ce fut lui qui dessina le portrait de Jean-Antoine Roucher que cet infortuné poète envoya la veille de sa mort à sa femme et à sa fille. La Révolution a également entraîné la destruction de certains des travaux de Robert. Robert a conçu les décors d'un théâtre d’environ 500 places dans l’Aile neuve, à l'emplacement de l'escalier Gabriel actuel dans le Château de Versailles. Ce théâtre était destiné à servir de théâtre ordinaire de la cour, en remplacement du théâtre de la Cour des Princes, trop vétuste et trop petit. Le théâtre, construit à partir de l’été 1785 et inauguré début 1786 a été détruit sous Louis-Philippe. Une aquarelle de la conception de Robert se trouve dans les Archives nationales à Paris4.

Vue imaginaire de la galerie du Louvre en ruine - Musée du Louvre
Démolition de l'église Saint-Jean-en Grève (musée Carnavalet).

Libéré, après dix mois de détention, à la chute de Robespierre, il retrouve en 1795 son poste de conservateur au Museum, futur Musée du Louvre, qu’il ne quitte qu’à sa mise en retraite en novembre 1802. Il projette dans ses œuvres de réunir le Louvre aux Tuileries. C'est de cette période féconde que datent les nombreuses vues du Louvre, réelles ou imaginaires, où l'on peut voir, au milieu des débris d’édifices et d’arcs renversés, l’Apollon du Belvédère.

Le 15 avril 1808, il décède, sans héritiers, d’une apoplexie.

Durant les années passées en Italie, il a accumulé dessins et croquis de paysages en ruines, d’où son surnom de « Robert des ruines ». Ses peintures montrent des interprétations poétiques de paysages, des vues de Rome, de Paris et d’Île-de-France. Il a peint également des fantaisies, par exemple, la grande galerie du Louvre en ruines. Il fit aussi des croquis d’après nature (et des tableaux en atelier) de l’incendie de l’Hôtel-Dieu (en 1772), et de la démolition du pont Notre-Dame. Il exposait régulièrement aux Salons du Louvre, et aimait travailler pour les collectionneurs et les aristocrates.

Le musée de Valence, le musée du Louvre, la bibliothèque municipale de Besançon et le musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg conservent une importante collection de dessins et de peintures d’Hubert Robert.

Œuvres

Hubert Robert, Deux paysannes devant une statue. 25 avril 1771
Alexandre le Grand devant le tombeau d'Achille, vers 1754, Musée du Louvre
Alexandre le Grand devant le tombeau d'Achille, vers 1754, Musée du Louvre

Concepteur

  • Temple de la Philosophie Moderne au Parc Jean-Jacques-Rousseau d 'Ermenonville.
  • Laiterie de Rambouillet (concepteur du jardin anglais, de la laiterie, et du mobilier de style étrusque de la laiterie5).

Peintures

  • Galeries en ruines, au musée Jacquemart-André, Paris
  • Les Découvreurs d'antiques, vers 1765, huile sur toile, 81 × 67 cm, musée de Valence.
  • Intérieur de monument, La porte de la Chapelle Sixtine, Toulon, Musée d'art.
  • Le Port de Rome, orné de différents monuments d'architecture antique dit aussi Le Port de Ripetta à Rome, 1766, huile sur toile, 119 × 145 cm, École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, dépôt du musée du Louvre.
  • La Maison carrée, les arènes et la tour Magne à Nîmes, à Paris, musée du Louvre
  • L'Atelier du peintre, musée Boymans-van Beuningen, Rotterdam
  • Le Pont du Gard, 1787, huile sur toile, 242 × 242 cm, musée du Louvre, Paris
  • Les Sources de Fontaine du Vaucluse, 1783, huile sur toile, 95 × 127 cm, collection particulière.
  • Incendie du Théâtre de l'Opéra du Palais-Royal, 8 juin 1781, huile sur toile, 84,5 x 114 cm, Paris, musée Carnavalet.
  • La Bastille dans les premiers jours de sa démolition, Paris, Musée Carnavalet.
  • La Cascade de Tivoli, 1768, musée du Louvre
  • La Récréation des prisonniers à Saint-Lazare en 1794, Paris, musée Carnavalet
  • Le Ravitaillement des prisonniers à Saint-Lazare en 1794, Paris, musée Carnavalet
  • Vue de la cellule du baron de Besenval à la prison du Chatelet, 1790, huile sur toile, 37 × 45 cm, musée du Louvre6.
  • Projet d'aménagement de la Grande Galerie du Louvre, 1796, huile sur toile, 115 × 145 cm, musée du Louvre;
  • Vue imaginaire de la Grande Galerie du Louvre en ruine, 1796, huile sur toile, 114 × 146 cm, musée du Louvre ;
  • Alexandre le Grand devant le tombeau d'Achille, vers 1754, huile sur toile, 73 × 91 cm, musée du Louvre7;
  • Paysage montagneux, huile sur toile, 282 × 130 cm, Musée Nissim-de-Camondo, Paris ;
  • Pavillon rustique dans un parc, huile sur parc, 72 × 55 cm, Musée Nissim de Camondo, Paris ;
  • La Grotte du Pausilippe à Naples, musée Jeanne d'Aboville, La Fère8.
  • Le Vase Borghese, musée d'art et d'archéologie, Valence
  • L'Incendie de Rome, vers 1771, huile sur toile, 76 × 93 cm, musée d'art moderne André-Malraux, Le Havre
  • La Salle de l’Apollon du Belvédère, dans laquelle on reconnait la Vénus d’Arles et l'Aphrodite du Capitole, huile sur toile 64 × 82 cm, 1802-1803, Palais de Pavlovsk9
  • Bergers sous une grotte, huile sur toile, 198 × 104 cm, Fondation Bemberg
  • Château en ruines sur un rivage, huile sur toile, 198 × 104 cm, Fondation Bemberg
  • Paysage au pont, huile sur toile, 44,5 × 54 cm, Fondation Bemberg
  • Caprice architectural avec figures autour d'une fontaine, huile sur toile, 40,8 × 32,5 cm, Fondation Bemberg
  • Ruines romaines, huile sur toile, 75 × 89 cm, Musée du petit palais, Paris, 1776
  • Jeunes Filles dansant autour d'un obélisque, huile sur toile, 120 × 99 cm, Musée des beaux-arts de Montréal, 1798

Bibliographie

  • Marie-Catherine Sahut, Le Louvre d'Hubert Robert, dossier no 18 du Département des Peintures, Paris, RMN, 1979.
  • Jean de Cayeux, Les Hubert Robert de la collection Veyrenc au musée de Valence, Valence, 1985 (catalogue raisonné).
  • Jean de Cayeux et Michel Serres, Hubert Robert et les jardins, Herscher, 1987 (ISBN 978-2733501443)
  • Jean de Cayeux, Hubert Robert, Paris : Fayard, 1989.
  • Philippe Huisman, L'Aquarelle Française au XVIIIe Siècle
  • Sarah Catala, Les Hubert Robert de Besançon, Milan : Silvana Editoriale, 2013 catalogue raisonné des dessins, peintures et gravures de la bibliothèque municipale et du musée des beaux-arts et d'archéologie et de Besançon.
  • Guillaume Farout (dir.), Hubert Robert, 1733-1808 - Un peintre visionnaire, Somogy et Musée du Louvre éd., 2016 (ISBN 978-2757210642)10.
  • Guillaume Faroult, Catherine Voiriot et Sarah Catala, Hubert Robert (1733-1808) : Un peintre visionnaire; Album, Somogy éditions d'art, coll. « COEDITION ET MU », mars 2016 (ISBN 978-2757210659)

Expositions

Sa tombe au cimetière d'Auteuil.
  • Hubert Robert Drawings & Watercolors, Washington, National Gallery of Art, 1978-1979 par Victor Carlson.
  • J.H. Fragonard e H. Robert a Roma, Rome, Villa Médicis, 1990-1991 par Jean-Pierre Cuzin et Catherine Boulot.
  • Hubert Robert et Saint-Pétersbourg - Les commandes de la famille Impériale et des Princes russes entre 1773 et 1802, Valence, musée des beaux-arts, 1999 dir. : Hélène Moulin-Stanislas.
  • Hubert Robert, Paris, musée du Louvre, 2006 par Jean-François Méjanès.
  • Hubert Robert - Un orateur dans les ruines, Belfort, musée des beaux-arts, 2014-2015 par Sarah Catala.
  • Hubert Robert, 1733-1808 - Un peintre visionnaire [archive], Musée du Louvre, du 9 mars au 30 mai 2016.

Références

  1. a et b (en) André Rueff, « Hubert Robert », Art & Life, vol. 11, no 1,‎ juillet 1919 (lire en ligne [archive])
  2. a, b, c, d, e et f Guillaume Faroult et Manuel Jover, « Hubert Robert : Le retour au Louvre », Connaissance des Arts, no 748,‎ mai 2016, p. 72-77
  3. a et b Encyclopédie de l'art, Paris, Librairie générale française, 2005 (ISBN 978-2-253-13025-3), p. 871
  4. Une impression couleur d'un détail de la conception est montrée dans Huisman.
  5. Communiqué de presse de l'exposition consacrée au peintre au musée du Louvre [archive], du 9 mars au 30 mai 2016.
  6. Acquisition par le musée du Louvre en novembre 2012. Le tableau a appartenu à Joseph-Alexandre de Ségur, fils naturel de l'artiste ((source : Guillaume Faroult, Un Hubert Robert sans les ruines in Grande Galerie - Le Journal du Louvre, mars/avril/mai 2013, n° 23, page 12).
  7. Tableau peint vraisemblablement à Rome. L'œuvre est proche du tableau éponyme de Giovanni Paolo Panini, conservée au Musée d'art et d'histoire de Narbonne. Alexandre considérait Achille comme un modèle et se présentait comme son descendant par sa mère Olympias, princesse d'Egire (source :Grande Galerie - Le Journal du Louvre, sept./oct./nov./ 2011, no 17).
  8. Petit tableau traité dans un clair-obscur très rembranesque par un Hubert Robert peu habituel et plus connu pour ses vues de Paris ou ses paysages de ruines antiques.
  9. Bénédicte Savoy, Patrimoine annexé, Les biens culturels saisis par la France en Allemagne autour de 1800, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, Paris, 2003, t. I, p. 327 (En ligne [archive])
  10. Avec la collaboration de Catherine Voiriot (Catalogue de l'exposition éponyme au Musée du Louvre du 9 mars au 30 mai 2016).

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14 février 2018

Isabey Jean-Baptiste

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Jean-Baptiste Isabey

Jean-Baptiste Isabey

Isabey-autoportrait

Portrait de Jean-Baptiste Isabey d'après Horace Vernet, miniature sur ivoire signée de trois lettres "BEY" diamètre réel : 5 cm)

Naissance 11 avril 1767
Nancy
Décès 18 avril 1855 (à 88 ans)
Paris
Activité Portraitiste en miniatures sur ivoire
Maître Jean Girardet
Jean-Baptiste Claudot
François Dumont
Conjoint
Sophie Gay
Enfant
Eugène Isabey
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur‎ (1815)
Officier de la Légion d'honneur (1825)
Commandeur de la Légion d'honneur‎ (1853)
Œuvres réputées
Bonaparte à la Malmaison

Jean-Baptiste Isabey, né à Nancy le 11 avril 1767 et mort à Paris le 18 avril 1855 (à 88 ans), est un portraitiste et miniaturiste Français.

À l'époque de la grande peinture historique, Isabey pratique l’art de la miniature. Il connaît le succès, aussi bien sous le Premier Empire qu'auprès des diplomates du Congrès de Vienne. Il est le père d'Eugène Isabey, peintre, dessinateur et graveur tout aussi célèbre du Second Empire.

 

Sommaire

 
  • 1Biographie
  • 2Une robe dessinée par Isabey pour le sacre de Napoléon
  • 3Expositions récentes
  • 4Galerie
  • 5Notes et références
  • 6Sources
  • 7Liens externes

 

Biographie

Jean-Baptiste Isabey et sa fille, par François Gérard

À dix-neuf ans, après quelques leçons prises auprès de Jean Girardet, puis Jean-Baptiste Claudot et enfin François Dumont, peintre miniaturiste de Marie-Antoinette, il devient l'un des élèves de Jacques-Louis David. Employé à Versailles pour des portraits des ducs d'Angoulême et de Berry. La reine lui passe une commande qui est, à partir de ce moment, suivie de nombreuses autres par les rois de France successifs et jusqu'à sa mort.

Joséphine de Beauharnais et Napoléon Bonaparte ont été ses mécènes. Il a participé à la mise en scène de leurs sacres et les estampes qu'il fit pour la commémoration s'ajoutèrent au célèbre tableau de David, travail pour lequel il est payé par Louis XVIII en 1814.

Jean-Baptiste Isabey représente en Europe l'excellence de l’école française de miniaturistes, une renommée acquise notamment par la qualité de ses ivoires peints à la gouache, en règle générale entourés de cadres précieux ou sertis dans des boîtes d’or.

Bien qu'ayant été fidèle à Napoléon lors de son retour d'Elbe, il n'en est pas moins partie prenante à la Restauration, notamment en organisant le couronnement de Charles X qui le fait officier de la Légion d'honneur. La monarchie de Juillet lui confère un poste important en lien avec les relations royales. Napoléon III lui accorde une pension, et la cravate de commandeur de la Légion d'honneur.

Il est le père d'Eugène Isabey, peintre de marine de l'école romantique française et le beau-père du peintre décorateur Pierre-Luc-Charles Ciceri 1.

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris (20e division) 2 aux côtés de sa seconde épouse Eugénie Rose Maystre, décédée en 1857, de Eugène Louis Isabey (1803-1886), son fils et élève, et de Louis Isabey (son frère), décédé en 1813, musicien de la Chapelle du roi, premier violon de l'empereur de Russie.

 

Une robe dessinée par Isabey pour le sacre de Napoléon

La comtesse Bérenger (1773-1828), épouse du comte Jean Bérenger.

Au sacre de l'empereur, la comtesse Bérenger (1773-1828), épouse du Comte Jean Bérenger porte une robe dessinée par Isabey, comme toutes les tenues portées, ce jour-là, par les princes, princesses, ministres, sénateurs, conseillers d'État.

La robe est en tulle de soie ivoire, agrémentée de fines broderies métalliques et d'un double volant métallique au niveau de l'encolure. Les épaules sont soulignées par deux petits volants dentelés en tulle ivoire. Elle se ferme au dos au niveau de la poitrine, au moyen de deux liens coulissants. La traîne est en velours de soie rouge, ornée de broderies métallique dorée, avec un revers en satin blanc 3.

À part cette tenue des Bérenger, il n'existe plus dans le monde aucun vêtement du sacre de l'empereur : cette robe et cette traîne de cour en constituent les derniers vestiges. Elles ont été présentées pour l'exposition Les Trésors de la Fondation Napoléon. Dans l'intimité de la Cour impériale, qui s'est tenue pour le bicentenaire de la cérémonie, du 28 septembre 2004 au 24 avril 2005 au Musée Jacquemart-André à l'initiative de la Fondation Napoléon 3.

Depuis lors, elles sont régulièrement exposées dans divers musées en France comme à travers le monde.

Expositions récentes

  • Jean-Baptiste Isabey : portraitiste de l'Europe. Octobre 2005-janvier 2006, musée du château de Malmaison
  • Jean-Baptiste Isabey : portraitiste de l'Europe. 28 janvier 2006-18 avril 2006, musée des beaux-arts de Nancy.

Galerie

Notes et références

  1.  qui épousera la fillette du tableau.
  2.  Paul BauerDeux siècles d'histoire au Père-Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480)p. 429-430
  3. ↑ a et b Fiche de la robe et traîne de cour de madame bérenger [archive] sur napoleon.org.

Sources

  • Domenico GabrielliDictionnaire historique du cimetière du Père-Lachaise xviiie et xixe siècles, Paris, éd. de l'Amateur,‎2002, 334 p. (ISBN 978-2-85917-346-3, OCLC 49647223, notice BnF no FRBNF38808177)
  • Edmond Taigny, J.-B. Isabey : sa vie et ses œuvres, E. Panckoucke, 1859

Liens externes

 

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13 février 2018

William Wickham

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William Wickham

 

William Wickham
Fonction
Membre du Parlement du Royaume-Uni
 
Biographie
Naissance
11 novembre 1761
Décès 22 octobre 1840 (à 78 ans)
Formation Christ Church
Harrow School
Activités
Diplomate, homme politique
Autres informations
Membre de
2e Parlement du Royaume-Uni, 3e Parlement du Royaume-Uni

William Wickham, né le 11 décembre 1761 à Cottingley Hall (Yorkshire), mort le 22 octobre 1840 à Brighton (Sussex), est un homme politique britannique qui servit comme espion pendant la Révolution française, avant d'être nommé membre du Conseil privé et chef du Secrétariat d'Irlande (Chief Secretary for Ireland).

 

Sommaire

 
  • 1Vie
    • 1.1Origines
    • 1.2Carrière
  • 2Sources

 

Vie

Origines

Fils aîné du colonel Henry Wickham de Cottingley, né le 7 septembre 1731 et mort le 9 octobre 1804, et d'Elizabeth Lamplugh, morte le 23 avril 1813, mariés le 16 février 1761, William Wickham voit le jour en décembre suivant à Cottingley Hall. Élève à Harrow School puis Christ Church (Oxford), il étudie le droit à Genève en 1786, avant de s'inscrire au barreau de Lincoln's Inn. Marié le 10 août 1788 en la cathédrale Saint-Pierre de Genève à Éléonore Madeleine, fille aînée de Louis Bertrand, professeur à l'université de Genève, et d'Isabelle Sara Mallet née le 16 juillet 1763 et morte le 15 avril 1836, il commence une carrière diplomatique.

Carrière

En raison de sa bonne connaissance de la Suisse, Wickham est nommé envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire dans les cantons suisses en 1794, puis ambassadeur l'année suivante. Il sert alors principalement comme espion.

En 1795, l'Angleterre est en guerre contre la France révolutionnaire. Wickham établit un réseau d'espions en Suisse et en France. Avec ses agents, il favorise l'entrée de royalistes en France afin d'y organiser la subversion royaliste et de favoriser la restauration au profit de Louis XVIII, alors en exil.

Il s'efforce autant que possible de discréditer les révolutionnaires français, fomente des révoltes contre le gouvernement républicain et s'efforce de contrecarrer son action. Pour l'accomplissement de cette mission, le gouvernement britannique de William Pitt le Jeune dote secrètement Wickham de sommes très importantes. Une bonne partie de cet argent est engagée dans une vaste intrigue qui vise à rallier le général républicain Jean-Charles Pichegru à la cause royaliste et le convaincre de changer de camp avec l'ensemble de ses troupes. Elle comprend notamment prince de Condé, qui commande alors une armée sur le Rhin. L'agent de Condé est le comte de Montgaillard, qui utilise l'imprimeur Louis Fauche-Borel, sujet prussien de la principauté de Neuchâtel, dans ses relations avec Pichegru. Intrigant né, Fauche-Borel remet à Pichegru 8 000 livres avancés par Wickham pour lui permettre de nourrir et d'équiper son armée.

Après qu'il a reçu l'argent, cependant, Pichegru tergiverse et finit par affirmer que l'occasion a passé. Compris sur la liste des déportés après le coup d'État du 18 fructidor an V, Pichegru finit par s'engager aux côtés des royalistes en 1804, participant avec Georges Cadoudal à un complot contre Bonaparte. Mais le complot est découvert par la police de Joseph Fouché et il est arrêté. Emprisonné, on le retrouve peu après pendu dans sa cellule.

Wickham n'en continue pas moins à espionner la France, annonçant avec succès les positions de troupes, leurs mouvements et l'armement. Toutefois, les espions français finissent par mettre au jour son réseau. La France fait pression sur les autorités suisses pour chasser le chef des services secrets britanniques, et il est contraint de rentrer en Angleterre.

Wickham est nommé sous-secrétaire d'État à l'Intérieur en mars 1798, avant de retrouver en 1799 la Suisse, où il prend à nouveau la tête d'un réseau d'espionnage, cette fois contre le Consulat. Toutefois, découvert au bout de trois ans, le gouvernement français obtient son expulsion de Suisse, et il retourne une seconde fois en Angleterre.

Élu député de la circonscription de Cashel au Parlement britannique de 1802 à 1806, puis de celle de Callington, en Cornouailles, de 1806 à 1807, il est nommé membre du Conseil privé et chef du Secrétariat d'Irlande en 1802, fonctions qu'il occupe jusqu'en 1804. Confronté à la révolte de Robert Emmet (1803), qui fait suite à la rébellion irlandaise de 1798, il reconstitue un réseau de renseignement pour combattre le mouvement républicain irlandais.

Mort le 22 octobre 1840 à Norfolk Square, à Brighton, il est inhumé cinq jours plus tard à Brighton.

Sources

  • William Wickham, Masterspy
  • B. M. Walker, Parliamentary Election Results in Ireland, 1801-1922, Royal Irish Academy, 1978
  • Joseph Jackson Howard, Frederick Arthur Crisp, Visitation of England and Wales: Notes, Heritage Books, 1997, 140 pages, p. 82 (ISBN 078840668X)
  • Michael Durey, « William Wickham, the Christ Church Connection and the Rise and Fall of the Security Service in Britain, 1793–1801 », The English Historical Review, 2006, vol. CXXI, n° 492, p. 714-745

12 février 2018

Turgot Anne Robert Jacques

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Anne Robert Jacques Turgot


Anne Robert Jacques Turgot,
baron de l’Aulne

Graincourt,_attributed_to_-_Turgot

Anne Robert Jacques Turgot (école française, château de Versailles).

Naissance 10 mai 1727
Paris
Décès 18 mars 1781 (à 53 ans)
Paris
Nationalité Français
Pays de résidence Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Profession
Homme d'État et économiste
Activité principale
Contrôleur général des finances
Autres activités
Secrétaire d’État de la Marine
Distinctions
Hommes illustres (Louvre)
Ascendants
Michel-Étienne Turgot, prévôt des marchands de Paris (père)
Madeleine Françoise Martineau de Brétignolles (mère)

Anne Robert Jacques Turgot, baron de l'Aulnenote 1, souvent appelé Turgot, né le 10 mai 1727 à Paris, où il est mort le 18 mars 1781, est un homme politique et économiste français. Partisan des théories libérales de Quesnay et de Gournay, il est nommé Secrétaire d’État à la Marine, puis contrôleur général des finances du roi Louis XVI. Néanmoins, ses mesures pour tenter de réduire la dette nationale et d'améliorer la vie du peuple échouèrent ou furent révoquées par son successeur, le baron Jean Clugny de Nuits.

Sommaire

  • 1 Jeunesse
  • 2 Intendant
  • 3 Ministre
  • 4 Chute
  • 5 Personnalité
  • 6 Œuvres
  • 7 Notes et références
    • 7.1 Notes
    • 7.2 Références
  • 8 Voir aussi
    • 8.1 Bibliographie
      • 8.1.1 Ouvrages
      • 8.1.2 Articles
    • 8.2 Articles connexes
    • 8.3 Liens externes
      • 8.3.1 En anglais

Jeunesse

Il est le plus jeune fils de Michel-Étienne Turgot, prévôt des marchands de Paris, et de Madeleine Françoise Martineau de Brétignolles. Sa famille vient de Normandie. Le nom Turgot viendrait de Thor-Got (Dieu Thor) 1. Son grand-père paternel Jacques Étienne a été intendant successivement à Metz, Tours et Moulins. Son père Michel Étienne a été prévôt des marchands de Paris un poste important où il est en contact tant avec le Lieutenant général de Police, qu'avec l'intendant de la généralité de Paris ou avec le ministre chargé de l'ordre public1. Son frère ainé, Michel Jacques, sera magistrat au parlement de Paris, le second Etienne François fera une carrière dans l'armée et sa sœur épousera le Duc de Beauvillier de Saint-Aignan 2.

En tant que fils cadet Anne Robert Turgot est destiné à entrer dans les ordres. Jeune, il a un précepteur qui ne lui impose rien. La lecture le passionne et il observe, surtout il est doté dune bonne mémoire. A Dix ans il entre au collège du Plessis, puis étudie « la philosophie de Locke et la physique de Newton » au collège de Bourgogne 2. S'il étudie les auteurs classiques, il lit également des auteurs plus récents tels que Fénelon, Voltaire.

Il commence les études de théologie en 1746 et devient bachelier en 1747. Trop jeune pour commencer une licence de théologie, il passe un an au séminaire de Saint-Sulpice. Là, il étudie les œuvres de Descartes, Spinoza, Maupertuis et Buffon. C'est surtout John Locke qu'il loue pour être le premier à nous avoir appris « que les idées viennent des sens » 3. En 1749 il intègre « la maison de Sorbonne, annexe de la faculté de théologie » qui accueille des membres du clergé et douze bacheliers. Nombre de ses bacheliers occuperont plus tard des postes importants tel Étienne-Charles de Loménie de Brienne qui sera cardinal et contrôleur général des finances. Il s’appelle alors l’abbé de Brucourt. Il remet deux dissertations latines remarquées, Les avantages que la religion chrétienne a apportés à l’espèce humaine, et sur L'Histoire du progrès dans l’esprit humain.

Le premier signe de son intérêt pour l’économie est une lettre de 1749 sur le billet de banque, écrit à son camarade l’abbé de Cicé, et réfutant la défense par l’abbé Terrasson du système de Law. Il se passionne pour la poésie et tente d’introduire dans la poétique française les règles de la prosodie latine. Sa traduction du quatrième livre de l'Énéide est accueillie par Voltaire comme la seule traduction en prose où il ait trouvé le moindre enthousiasme.

En 1750, il décide de ne pas entrer dans les ordres et s’en justifie, selon Pierre Samuel Dupont de Nemours, en disant qu’il ne peut porter un masque toute sa vie. En 1752, il devient substitut, et plus tard conseiller au Parlement de Paris, et, en 1753, maître des requêtes. En 1754, il fait partie de la chambre royale qui siège pendant un exil du Parlement.

En 1755 et 1756, il accompagne Gournay, alors intendant de commerce, dans ses tournées d’inspection dans les provinces, et en 1760, pendant qu’il voyage dans l’est de la France et en Suisse, il rend visite à Voltaire, avec qui il se lie d’amitié. À Paris, il fréquente les salons, en particulier ceux de Françoise de Graffigny – dont on suppose qu’il a voulu épouser la nièce, Anne-Catherine de Ligniville (« Minette »), plus tard épouse du philosophe Helvétius et son amie à vie – Marie-Thérèse Geoffrin, Marie du Deffand, Julie de Lespinasse et la duchesse d’Envilie. C’est pendant cette période qu’il rencontre les théoriciens physiocrates, Quesnay et Gournay, et avec eux Dupont de Nemours, l’abbé Morellet et d’autres économistes.

Parallèlement, il étudie les diverses branches de la science, et des langues à la fois anciennes et modernes. En 1753, il traduit les Questions sur le commerce de l’anglais Josiah Tucker, et rédige ses Lettres sur la tolérance, et un pamphlet, Le Conciliateur, en défense de la tolérance religieuse. Entre 1755 et 1756, il compose divers articles pour l'Encyclopédie, et entre 1757 et 1760, un article sur les Valeurs des monnaies, probablement pour le Dictionnaire du commerce de l’abbé Morellet. En 1759, paraît son Éloge de Gournay.

Intendant

En août 1761, Turgot est nommé intendant de la généralité de Limoges, laquelle inclut certaines des régions les plus pauvres et les plus surtaxées de France. Il y resta 13 ans. Il est déjà profondément marqué par les théories de Quesnay et Gournay, et s’emploie à les appliquer autant que possible dans sa province. Sa première idée est de continuer le travail, déjà commencé par son prédécesseur Tourny, de faire un relevé du territoire (cadastre), afin d’arriver à une estimation plus exacte pour la taille. Il obtient également une large réduction dans la contribution de la province. Il publie un Avis sur l’assiette et la répartition de la taille (1762–1770), et comme président de la Société d’agriculture de Limoges, offre des prix pour des expérimentations sur le principe de taxation. Quesnay et Mirabeau ont eux proposé une taxe proportionnelle (« impôt de quotité »), mais c’est une taxe distributive (« impôt de répartition ») que propose Turgot. Une autre idée est la substitution en ce qui concerne les corvées d’une taxe en monnaie levée sur la province entière, la construction de routes étant donnée à des contracteurs, ceci afin d’établir un réseau solide tout en distribuant plus justement les dépenses de sa construction.

En 1769, il écrit son Mémoire sur les prêts à intérêt, à l’occasion de la crise provoquée par un scandale financier à Angoulême. Pour lui, il s'agit que la question du prêt soit traitée scientifiquement, et non plus seulement d’un point de vue dépendant des recommandations d'une morale du religieux, issue en partie de la scholastique et réprouvant le profit4.

Parmi les autres travaux écrits pendant l’intendance de Turgot figurent le Mémoire sur les mines et carrières et le Mémoire sur la marque des fers, dans lesquels il proteste contre les normes étatiques et l’intervention de l’État, et défend la libre concurrence. En même temps, il fait beaucoup pour encourager l’agriculture et les industries locales, entre autres les manufactures de porcelaine.

Pendant la famine de 1770–1771, il applique aux propriétaires terriens cependant l’obligation d’aider les pauvres et particulièrement leurs métayers, et organise dans tous les ateliers de la province des bureaux de charité pour fournir une activité à ceux capables de travailler, et un secours aux infirmes. Parallèlement, il condamne la charité non discriminatoire. Turgot fait des curés, quand il peut, les agents de ses charités et de ses réformes. C’est en 1770 qu’il écrit ses fameuses Lettres sur la liberté du commerce des grains adressées au contrôleur général des finances, l’abbé Terray. Trois de ces lettres ont disparu, ayant été envoyées à Louis XVI par Turgot plus tard et jamais récupérées, mais celles qui restent démontrent que le commerce libre est de l’intérêt du propriétaire foncier, du fermier et aussi du consommateur, et demandent énergiquement un retrait des restrictions.

L’un des travaux les plus connus de Turgot, Réflexions sur la formation et la distribution des richesses, est écrit au début de son intendance, au bénéfice de deux étudiants chinois.

En 1766, il rédige les Éphémérides du citoyen, qui paraissent en 1769–1770 dans le journal de Dupont de Nemours, et sont publiés séparément en 1776. Dupont, cependant, a altéré le texte pour le mettre plus en accord avec la doctrine de Quesnay, ce qui refroidit ses relations avec Turgot.

Après avoir tracé l’origine du commerce, Turgot développe la théorie de Quesnay selon laquelle le sol est la seule source de richesse, et divise la société en trois classes, les cultivateurs, les salariés ou les artisans, et les propriétaires. Après avoir discuté de l’évolution des différents systèmes de culture, de la nature des échanges et des négociations, de la monnaie, et de la fonction du capital, il choisit la théorie de l'« impôt unique », selon laquelle seul le produit net du sol doit être taxé. En conséquence, il demande encore une fois la liberté totale du commerce et de l’industrie.

Ministre

Statue de Turgot (Hôtel de Ville de Paris)

Turgot est nommé ministre sur proposition de Maurepas, le mentor du Roi, auquel il a été chaudement recommandé par l’abbé de Véry, un ami commun. Sa nomination comme ministre de la Marine en juillet 1774 est bien accueillie, notamment par les philosophes.

Un mois plus tard, il est nommé contrôleur général des finances. Son premier acte est de soumettre au roi une déclaration de principe : pas de banqueroute, pas d’augmentation de la taxation, pas d’emprunt. La politique de Turgot, face à une situation financière désespérée, est de contraindre à de strictes économies dans tous les ministères. Toutes les dépenses doivent désormais être soumises pour approbation au contrôleur. Un certain nombre de sinécures sont supprimées, et leurs titulaires sont dédommagés. Les abus des « acquis au comptant5 » sont combattus, cependant que Turgot fait appel personnellement au roi contre le don généreux d’emplois et de pensions.

Il envisage également une grande réforme de la ferme générale, mais se contente, au début, d’imposer ses conditions lors du renouvellement des baux : employés plus efficaces, suppression des abus des « croupes » (nom donné à une classe de pensions) – réforme que l'abbé Terray avait esquivée, ayant noté combien de personnes bien placées y étaient intéressées. Turgot annule également certains fermages, comme ceux pour la fabrication de la poudre à canon et l’administration des messageries, auparavant confiée à une société dont Antoine Lavoisier est conseiller. Plus tard, il modernise le service de diligences en remplaçant celles-ci par d’autres plus confortables qui sont surnommées « turgotines ». Il prépare un budget ordinaire.

Les mesures de Turgot réussissent à réduire considérablement le déficit, et améliorent tant le crédit national qu’en 1776, juste avant sa chute, il lui est possible de négocier un prêt à 4 % avec des banquiers, mais le déficit est encore si important qu’il l’empêche d’essayer immédiatement la mise en place de son idée favorite, le remplacement des impôts indirects par une taxe sur l’immobilier. Il supprime cependant bon nombre d’octrois et de taxes mineures, et s’oppose à l'entrée en guerre contre l'Angleterre pour le soutien de l'indépendance des colonies américaines, mais sans succès.

Turgot dès sa nomination aux finances s'était mis au travail pour établir le libre-échange dans le domaine des grains (suppression du droit de hallage), mais son décret, signé le 13 septembre 1774, rencontre une forte opposition dans le Conseil même du roi. Le préambule de ce décret, exposant les doctrines sur lesquelles il est fondé, lui gagne l’éloge des philosophes mais aussi les railleries des beaux esprits, aussi Turgot le réécrit-il trois fois pour le rendre « si purifié que n’importe quel juge de village pourrait l’expliquer aux paysans. »

Turgot devient la cible de tous ceux qui ont pris intérêt aux spéculations sur le grain sous le régime de l’abbé Terray, ce qui inclut des princes de sang. De plus, le commerce des blés a été un sujet favori des salons et le spirituel Galiani, l’adversaire des physiocrates, a de nombreux partisans. L’opposition de l’époque est le fait de Linguet et Necker, qui en 1775 a publié son Essai sur la législation et le commerce des grains.

Pourtant, le pire ennemi de Turgot s’avère être la médiocre moisson de 1774, qui mène à la hausse du prix du pain pendant l’hiver 1774 et le printemps 1775. En avril, les perturbations surgissent à Dijon, et, au début de mai, ont lieu les grandes émeutes frumentaires connues comme la « guerre des farines », qui peut être considérée comme le signe avant-coureur de la Révolution française. Turgot fait preuve d’une grande fermeté et d’un grand esprit de décision dans la répression des émeutes, et bénéficie du soutien de Louis XVI. Sa position est affermie par l’entrée de Malesherbes parmi les ministres en juillet 1775.

Pour ce qui est de ses relations avec Adam Smith, Turgot écrit : « Je me suis flatté, même de son amitié et estime, je n’avais jamais celui de sa correspondance », mais il n’y a aucun doute qu'Adam Smith a rencontré Turgot à Paris, et il est généralement admis que Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations doit beaucoup à Turgot6.

Enfin, Turgot présente au Conseil du roi en janvier 1776 les fameux Six Décrets de Turgot. Sur les six, quatre sont d’importance secondaire. Les deux qui ont rencontré une opposition violente sont le décret supprimant la corvée royale et la suppression des jurandes et maîtrises (corporations).

Dans le préambule, Turgot annonce courageusement son objectif d’abolir les privilèges et de soumettre les trois ordres à taxation — le clergé en a ensuite été exempté, notamment à la demande de Maurepas. Dans le préambule au décret sur les jurandes, il fixe comme principe le droit de chaque homme pour travailler, sans restriction.

Un mois de tractations infructueuses s’écoule au cours duquel le roi lui-même est contraint de subir les remontrances du Parlement, ce qui fait dire à Louis XVI : « Il n’y a que M. Turgot et moi qui aimions le peuple. 7»

Il obtient finalement l’enregistrement des décrets par le lit de justice du 12 mars, mais, à ce moment-là, presque tout le monde est contre lui. Ses attaques contre les privilèges lui ont gagné la haine de la noblesse et du Parlement ; sa réforme de la Maison du roi, celle de la Cour ; sa législation de libre-échange, celle « des financiers » ; ses avis sur la tolérance et sa campagne contre les serments du sacre vis-à-vis des protestants, celle du clergé ; enfin, son décret sur les jurandes, celle de la bourgeoisie riche de Paris et d’autres, comme le Prince de Conti, dont les intérêts sont engagés.

La reine Marie-Antoinette ne l’aime guère depuis qu’il s’est opposé à l’octroi de faveurs à ses favoris, comme la duchesse de Polignac.

Tout pouvait encore aller bien si Turgot conservait la confiance du roi, mais le roi ne manque pas de voir que Turgot n’a pas l’appui des autres ministres. Même son ami Malesherbes pense qu’il est trop impétueux. L’impopularité de Maurepas va également croissante. Que ce soit par jalousie de l’ascendant que Turgot a acquis sur le roi, ou par l’incompatibilité naturelle de leurs personnages, Maurepas bascule contre Turgot et se réconcilie avec la reine. C’est vers cette époque qu’apparaît une brochure, Songe de M. Maurepas, généralement attribué au comte de Provence (futur Louis XVIII), contenant une caricature acide de Turgot.

Avec les physiocrates, Turgot croit en l’aspect éclairé de l’absolutisme politique et compte sur le roi pour mener à bien toutes les réformes. Quant aux Parlements, il s’est opposé à toute intervention de leur part dans la législation, considérant qu’ils n’avaient aucune compétence hors la sphère de la justice. Il reconnaît le danger des vieux Parlements, mais se révèle incapable de s’y opposer efficacement depuis qu’il a été associé au renvoi du chancelier Maupeou et de l’abbé Terray et semble avoir sous-estimé leur pouvoir. Il s’oppose à la convocation des États généraux préconisée par Malesherbes le 6 mai 1775, probablement en raison de l’important pouvoir qu’y ont les deux ordres privilégiés. Son plan personnel se trouve dans son Mémoire sur les municipalités qui a été soumis d’une façon informelle au roi. Dans le système proposé par Turgot, les propriétaires seuls doivent former l’électorat, aucune distinction n'étant faite entre les trois ordres. Les habitants des villes doivent élire des représentants par zone municipale, qui à leur tour élisent les municipalités provinciales, et ces dernières une grande municipalité, qui n’a aucun pouvoir législatif, mais doit être consultée pour l’établissement des taxes. Il faut y combiner un système complet d’éducation, et de charité visant à soulager les pauvres.

Louis XVI recule devant l’ampleur du plan de Turgot. Il reste à Turgot à choisir entre une réforme superficielle du système existant et une réforme totale des privilèges — mais il aurait fallu pour cela un ministre populaire et un roi fort.

Avec l'aide de son conseiller, le banquier suisse Isaac Panchaud, il prépare à la fin de son mandat la création de la Caisse d'Escompte, ancêtre de la banque de France, qui a pour mission de permettre une baisse des taux d'intérêt des emprunts commerciaux, puis publics.

Chute

La cause immédiate de la chute de Turgot est incertaine. Certains parlent d’un complot, de lettres fabriquées de toutes pièces, et attribuées à Turgot, contenant des attaques sur la reine Marie-Antoinette, d’une série de notes sur le budget de Turgot préparée, dit-on, par Necker et montrée au roi pour prouver son incapacité. D’autres l’attribuent à la reine et il n’y a aucun doute sur sa haine de Turgot depuis qu’il a soutenu Vergennes dans l’affaire du comte de Guines.

D’autres l’attribuent à une intrigue de Maurepas. En effet, après la démission de Malesherbes en avril 1776, Turgot tente de placer l’un de ses candidats. Très mécontent, Maurepas propose au roi comme son successeur un nommé Amelot. Turgot, l’apprenant, écrit une lettre indignée au roi, et lui montre en termes énergiques les dangers d’un ministère faible, se plaint amèrement de l’indécision de Maurepas et de la soumission de ce dernier aux intrigues de cour.

Bien que Turgot ait demandé à Louis XVI de garder la lettre confidentielle, le roi la montre à Maurepas.

Avec tous ces ennemis, la chute de Turgot est certaine, mais il tente de rester à son poste assez longtemps pour finir son projet de la réforme de la Maison du roi, avant de démissionner. Cela ne lui est même pas accordé : le 12 mai, on lui ordonne d’envoyer sa démission8.

Il se retire dès le 13 mai 1776, partant pour La Roche-Guyon au château de la duchesse d’Enville, puis retourne à Paris, où il consacre le reste de sa vie aux études scientifiques et littéraires. En 1777, il est fait vice-président de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.

Son tombeau se trouve auprès de celui de son père Michel-Étienne Turgot, dans l'église consacrée en forme de croix de l’ancien hôpital Laennec, à Paris 7e.

Personnalité

Les commentateurs décrivent Turgot comme un homme simple, honorable et droit, passionné de justice et de vérité : un idéaliste, ou « un doctrinaire » ; les termes « des droits naturels », « la loi naturelle », se trouvent fréquemment sous sa plume. Ses amis parlent de son charme et de sa gaieté dans les relations intimes, tandis qu'entouré d’étrangers, silencieux et maladroit, il donne une impression de réserve et de dédain. Ainsi ses amis comme ses ennemis s’accordent sur un point : sa brusquerie et son manque de tact dans les relations humaines ; August Oncken9 relève et souligne le ton de « maître d’école » de sa correspondance, même avec le roi.

Les jugements sont partagés à propos de ses qualités d’homme d’État, mais on considère généralement qu’il est à l’origine d’un grand nombre des réformes et des idées de la Révolution française. Souvent ce ne sont pas ses idées propres, mais on lui doit de les rendre publiques. Concernant ses qualités d’économiste, les avis sont aussi partagés. Oncken, pour prendre le plus négatif des avis, le voit comme un mauvais physiocrate et un penseur confus, tandis que Léon Say considère qu’il est le fondateur de l’économie politique moderne et que « bien qu’il ait échoué au XVIIIe siècle, il a triomphé au XIXe siècle ».

Jugement partagé par Murray Rothbard, lequel y voit le plus grand économiste du XVIIIe siècle avec Cantillon et estime que, sur certains points, la théorie économique a perdu plusieurs dizaines d’années en ne s’inspirant pas de ses conceptions :

« c’était un génie unique, ce qu’il est quand même difficile de dire des Physiocrates. Sa compréhension de la théorie économique était incommensurablement supérieure à la leur, et la manière dont il traita le capital et l’intérêt est quasiment inégalée encore aujourd’hui. »

Pour Schumpeter, sa théorie de la formation des prix était

« presque irréprochable et, mis à part une formulation explicite du principe marginaliste, se trouve à une distance palpable de celle de Böhm-Bawerk. »

La théorie de l’épargne, de l’investissement et du capital était « la première analyse sérieuse de ces questions » et

« a tenu remarquablement longtemps. Il est douteux qu’Alfred Marshall soit parvenu à la dépasser, et certain que J.S. Mill ne l’a pas fait. Böhm-Bawerk y a sans doute ajouté une nouvelle branche mais, pour l’essentiel, il avait repris les propositions de Turgot. »

« La théorie de l’intérêt de Turgot est non seulement le plus grand exploit […] du XVIIIe siècle, mais elle préfigurait nettement une bonne partie des meilleures réflexions des dernières décennies du XIXe siècle. »

En somme,

« il n’y a pratiquement aucune erreur discernable dans ce tout premier traité de la valeur et de la distribution, traité dont la mode allait tellement se développer dans les dernières décennies du XIXe siècle. Ce n’est pas exagérer que de dire que l’analyse économique a pris un siècle pour se retrouver où elle aurait pu en être vingt ans après la publication du Traité de Turgot si son contenu avait été correctement compris et assimilé par une profession plus éveillée. »

Œuvres

  • Lettre à M. l’abbé de Cicé, depuis évêque d’Auxerre, sur le papier supplée à la monnaie, 1749.
  • Les avantages que la religion chrétienne a procurés au genre humain (Discours prononcé en latin, dans les écoles de la Sorbonne), 1750.
  • Tableau philosophique des progrès successifs de l’ésprit humain (Discours prononcé en latin, dans les écoles de la Sorbonne), 1750.
  • Plan de deux discours sur l’histoire universelle, 1751 (lire en ligne [archive]).
  • Plan d’un ouvrage sur la géographie politique, 1751 (lire en ligne [archive]).
  • Fragmens et pensées détachées pour servir à l’ouvrage sur la geographie politique, 1751 (lire en ligne [archive]).
  • Lettres sur la tolérance, 1753-1754.
  • « Étymologie », dans Denis Diderot et Jean le Rond D'Alembert, L'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, 1757.
  • « Existence », dans Denis Diderot et Jean le Rond D'Alembert, L'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, 1757.
  • « Expansibilité », dans Denis Diderot et Jean le Rond D'Alembert, L'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, 1757.
  • « Foires et Marchés », dans Denis Diderot et Jean le Rond D'Alembert, L'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, 1757.
  • « Fondation », dans Denis Diderot et Jean le Rond D'Alembert, L'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, 1757.
  • « Langues », dans Denis Diderot et Jean le Rond D'Alembert, L'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, 1757.
  • Éloge de Vincent de Gournay, Mercure de France, 1759.
  • Le commerce des grains: Projet de lettre au contrôleur général Bertin sur un projet d’édit, 1763.
  • Réflexions sur la formation et la distribution des richesses, 1766.
  • Circulaire aux officiers de police des villes, 1766 (lire en ligne [archive]).
  • Observations sur les mémoires de Graslin et Saint-Péravy, 1767.
  • Lettres sur les émeutes populaires que cause la cherté des bleds et sur les précautions du moment, 1768 (lire en ligne [archive]).
    Ouvrage attribué à Turgot
  • L’impôt indirect: Observations sur les mémoires récompensés par la Société d’Agriculture de Limoges, 1768.
  • Lettres à Hume, 1768.
  • Valeurs et Monnaies: Projet d’article, 1769 (lire en ligne [archive]).
  • Lettres à Dupont de Nemours, 1766-70 (lire en ligne [archive]).
  • Mémoire sur les prêts d’argent, 1770.
  • Lettres au contrôleur général sur le commerce de grains, 1770.
  • Extension de la liberté du commerce des colonies, 1772.
  • Lettre au contrôleur général sur la marque des fers, 1773.
  • Arrêt du Conseil établissant la liberté du commerce des grains et des farines à l’intérieur du royaume et la liberté de l’importation, 1774 (lire en ligne [archive]).
  • Mémoire sur les moyens de procurer, par une augmentation de travail, des ressources au peuple de Paris, dans le cas d’une augmentation dans le prix des denrées, 1775 (lire en ligne [archive]).
  • Des administrations provinciales : mémoire présenté au Roi, 1788 (lire en ligne [archive]).
  • Mémoires sur le prêt à intérêt et sur le commerce des fers, 1789 (lire en ligne [archive]).
  • Œuvres de Turgot, t. 1, Eugène Daire, Hippolyte Dussard, 1844 (lire en ligne [archive]).
  • Œuvres de Turgot, t. 2, Eugène Daire, Hippolyte Dussard, 1844 (lire en ligne [archive]).

 

Notes et références

Notes

  1. également orthographié « de Laune » ou « de Launes », selon les auteurs.

Références

  1. a et b Poirier 1999, p. 29.
  2. a et b Poirier 1999, p. 30.
  3. Poirier 1999, p. 32.
  4. René Taveneaux, Jansénisme et prêt à intérêt, Paris, Librairie Philosophique J. Vrin, 1977, 240 p. (ISBN 9782711606962), p. 77
  5. Ordonnances pour des dépenses dont le motif n'était pas connu de la cour des comptes. (http://www.blason-armoiries.org/institutions/c/comptant.htm [archive])
  6. séminaire autour d'A.C. Hoyng et J. Gallais-Hamonno sur la question "Adam Smith a-t-il plagié Turgot ?" [archive]
  7. Anne-Robert-Jacques Turgot (baron de l'Aulne), Œuvres de Turgot, avec les notes de Dupont de Nemours, Guillaumin, 1844 (lire en ligne [archive]), Notice historique sur Turgot
  8. Salles 1992, p. 130
  9. « Turgot and the six edicts. By Robert Perry Shepherd » [archive], sur Google Books (consulté le 30 juillet 2011)

Voir aussi

Bibliographie

Ouvrages

  • Jean-Pierre Poirier, Turgot, Perrin, 1999, 458 p.
  • Condorcet, Vie de Monsieur Turgot, Association pour la diffusion de l’économie politique, Paris, 1997. www.economiepolitique.net
  • (en) Douglas Dakin, Turgot and the Ancient Régime in France, London, Methuen & Co., 1939
  • Edgar Faure, La disgrâce de Turgot : 12 mai 1776, Paris, Gallimard, coll. « Trente journées qui ont fait la France » (no 16), 1961, 616 p. (ISBN 2-07-022347-7)
  • Lucien Laugier, Turgot, ou le mythe des réformes, Paris, Albatros
  • (en) Steven L. Kaplan, Bread, Politics and Political Economy in the Reign of Louis XV, 2 T. La Haye, Martinus Nijhoff, 1976.
  • Arnaud de Maurepas, Antoine Boulant, Les ministres et les ministères du siècle des Lumières (1715-1789). Étude et dictionnaire, Paris, Christian-JAS, 1996, 452 p.
  • (en) Ronald L. Meek, Social Science and the Ignoble Savage, Cambridge University Press, 1976
  • M. Monjean, « Turgot » in Charles Coquelin et Gilbert-Urbain Guillaumin, Dictionnaire de l'économie politique : contenant l'exposition des principes de la science. 2. J-Z / publié sous la direction de MM. Ch. Coquelin et Guillaumin, Paris, Guillaumin, 1852-1853 (lire en ligne [archive])
  • Jean-Pierre Poirier, Turgot, Perrin, 1999
  • G. Schelle, Léon Say (dir.) et Joseph Chailley (dir.), Nouveau dictionnaire de l’économie politique, t. 2 : I — Z, Paris, Guillaumin et Cie, 1900, 2e éd. (lire en ligne [archive]), « Turgot », p. 1122-1135
  • Luc-Normand Tellier, Face aux Colbert : les Le Tellier, Vauban, Turgot... et l'avènement du libéralisme, Presses de l'Université du Québec, 1987, 816 p. (lire en ligne [archive])
  • Turgot, Écrits économiques, Paris, Calmann-Lévy, 1994 (ISBN 9782702105368, présentation en ligne [archive])
  • Georges Weulersse, La Physiocratie sous les ministères de Turgot et de Necker, 1774-1781, Paris, Presses universitaires de France, 1950
  • Luc Bihl et Luc Willette, Une histoire du mouvement consommateur - Mille ans de luttes, Éd. Aubier, 1984, ISBN 9 782700 703498. Chapitre III et IV - Rééditions 1994 - 2003. Incontournable.
  • Jean-Philippe Zanco, Dictionnaire des Ministres de la Marine 1689-1958 [archive], S.P.M. Kronos, Paris 2011.
  • Catherine Salles, Le Siècle des Lumières : 1715-1789, Paris, Larousse-Sélection du Reader's Digest, 1992, 172 p. (ISBN 2-7098-0353-4)

Articles

  • Bernard Delmas, « Les Physiocrates, Turgot et Le grand secret de la science fiscale », Revue d’Histoire Moderne et Contemporaine, vol. 56, no 2,‎ avril-juin 2009, p. 79-103
  • Rabah Benkemoune, « Information et allocation efficace des ressources dans une économie décentralisée : Organisation des marchés chez Turgot et Gustave de Molinari », Cahiers d'économie Politique, no 50,‎ 2006, p. 87-101 (lire en ligne [archive]).
  • Sylvie Cieply et Nicolas Le Pape, « La théorie du rationnement du crédit a-t-elle négligé Anne Robert Jacques Turgot ? », Cahiers d'économie Politique, no 50,‎ 2006, p. 103-121 (lire en ligne [archive]).
  • Nikolas Promyslov, « Turgot en Limousin (d'apres les documents d'archives russes) », dans Les Historiens russes et française après le Communism, Société des études robespierristes, coll. « Étude révolutionnaires », 2003 (ISBN 2-908327-48-1), p. 13-24.
  • « Portrait : Turgot 1727-1781 », La nouvelle lettre, no 1062,‎ 15 janvier 2011, p. 8 (lire en ligne [archive])
  • Francisco Vergara, « Intervention et laisser-faire chez Turgot (Le rôle de l'État selon le droit naturel) », Cahiers d'économie Politique / Papers in Political Economy, no 54,‎ 1er semestre 2008, p. 149-169 (lire en ligne [archive]).
  • Francisco Vergara, [PDF] « Les individus, sont-ils les ‘meilleurs juges’ de leurs intérêts ? Le point de vue de Smith, Turgot et Mill [archive] », août 2016, in Économie et Philosophie, site de Francisco Vergara.

Articles connexes

  • Physiocrates
  • Préludes de la Révolution française
  • Édits de Turgot
  • Édit de Turgot de 1776 supprimant les corporations

Liens externes

En anglais

11 février 2018

Duquesnoy Florent Joseph

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Florent Joseph Duquesnoy

 


Florent Joseph Duquesnoy
Image illustrative de l'article Florent Joseph Duquesnoy

Naissance 27 février 1761
Bouvigny-Boyeffles (Pas-de-Calais)
Décès 1er juillet 1801 (à 40 ans)
Aix-Noulette (Pas-de-Calais)
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Grade Général de division
Conflits Guerres de la Révolution
Guerre de Vendée
Faits d'armes Bataille d'Hondschoote
Bataille de Wattignies
Colonnes infernales
Bataille de Saint-Colombin

Florent Joseph Duquesnoy, né le 27 février 1761 à Bouvigny-Boyeffles (Pas-de-Calais) et mort le 1er juillet 1801 à Aix-Noulette (Pas-de-Calais), est un général de la Révolution française.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Bataille de Wattignies
    • 1.2 En Vendée
    • 1.3 Mise à la retraite et décès
  • 2 Pour approfondir
    • 2.1 Bibliographie
    • 2.2 Articles connexes
    • 2.3 Liens externes
  • 3 Notes et références

Biographie

Frère du conventionnel Ernest Dominique François Joseph Duquesnoy (1749-1795), il sert à la gendarmerie royale à Nancy, puis devient capitaine au 4e bataillon des volontaires du Pas-de-Calais en 1792. Il se distingue à trois reprises sur une période de douze mois, de février 1793 à février 1794.

Il participe tout d'abord à la bataille d'Hondschoote près de Dunkerque : à la tête de ses cavaliers, il inaugure une nouvelle tactique consistant à passer derrière les lignes ennemies en jouant sur la vitesse et la surprise, au point d'inquiéter les représentants venus suivre la bataille. Ses actions sont considérées comme décisives et entraînent le 30 juillet 1793 sa promotion au grade de général de brigade par Carnot, malgré l'opposition de son frère Ernest, un conventionnel qui le considère comme un incapable.

Bataille de Wattignies

Le choix de Carnot se révèle judicieux, car l'action de Duquesnoy est à nouveau décisive à la bataille de Wattignies au sud de Maubeuge le 16 octobre 1793. Paris était tellement inquiet du sort de cette confrontation contre le meilleur général de l'époque, le maréchal Clairfayt, que la décision est prise de précipiter l'exécution de la reine Marie-Antoinette ce 16 octobre 1793. Napoléon considère cette bataille comme la principale de toute la Révolution.

L'originalité de Duquesnoy est d'abord sa parfaite maîtrise de son métier d'officier, son expérience des combats et sa connaissance du pays. Originaire des collines de l'Artois, fils de fermier, excellent cavalier, il connait les capacités du nouveau canon de Gribauval. Ceci va lui permettre de lancer une attaque dans la nuit du 16 octobre 1793, vers 5 heures du matin, en profitant du brouillard d'automne. Ses hommes se lancent dans la remontée du versant est du plateau de Wattignies en poussant/tirant les canons à la main, en faisant feu, puis en continuant leur progression, ce qui est totalement inattendu du côté autrichien.

Clairfayt considère sa position de Wattignies comme imprenable, se disant prêt à se faire sans-culotte si les Français parvenaient à prendre cette position. Vers 11 heures du matin, le camp autrichien est pris et leurs canons sont tournés par les Français vers les troupes adverses en contrebas. Clairfayt se trouve pris entre trois feux : Jourdan devant lui, Duquesnoy derrière lui à l'est et la garnison de la ville de Maubeuge à l'ouest. Il ne lui reste plus qu'à décrocher au plus vite pour remonter au Nord et repasser la Sambre ou l'attende les régiments hollandais qui refusent de se risquer. Il est à noter que ni Jourdan, ni les autres généraux n'ont d'expérience militaire du niveau de Duquesnoy. Sans la présence d'esprit de ses mouvements des 14, 15 et 16 octobre, l'armée révolutionnaire (constitué en majorité de jeunes recrues) n'avait aucune chance face aux soldats de métier de Clairfayt.

En Vendée

Le 27 novembre 1793, il forme une division de 10 000 hommes composée de plusieurs corps de l'armée du Nord1 commandant ainsi l'une des colonnes infernales en Vendée, sous les ordres du général Turreau. Le 10 février 1794, il est vainqueur de François de Charette à Legé et est blessé lors des combats. La même année, Duquesnoy est élevé au grade de général de division.

Selon Henri Mayeur, historien régional de Aix Noulette,dans sa monographie de Florent Duquesnoy, celui-ci est le seul général républicain à oser s'opposer au général Turreau (ex-noble "de Turreau"), ceci après étude détaillée des missives des archives nationales. Une missive de Turreau signale le général Duquesnoy comme traître pour n'avoir pas obéi à ses ordres. Ces documents sont contestés par l'historien Jean Clément Martin qui suit. Mayeur est le premier historien à signaler la faute grossière commise par Michelet qui situe le décés de Duquesnoy aux Invalides alors que sa tombe se trouve à Aix Noulette, ceci en conformité avec les archives municipales.

Selon Jean-Clément Martin, historien niant la notion de génocide vendéen, le cas du général Duquesnoy semble complexe et ses motivations ne sont pas claires :

« La logique du général Duquesnoy est particulière. Opposant déclaré à Turreau, il mène une guerre de terre brûlée pour disqualifier les ordres de ce dernier et obtenir d'être envoyé au nord de la Loire, échappant ainsi à son commandement. L'imprécision des ordres est soulignée par Duquesnoy, qui insiste sur le fait qu'il fait exécuter toutes les personnes qu'il rencontre. À l'évidence, il est responsable des tueries autour du village des Lucs en janvier 1794, ce qui a provoqué en retour la défense des habitants et le rassemblement des soldats vendéens qui n'étaient pas les cibles des troupes. Duquesnoy pratique la politique du pire, consciemment ; ses appuis politiques lui évitent la poursuite et certainement la guillotine2. »

Mise à la retraite et décès

On le met à la retraite en janvier 1796 et contrairement au livre historique de Michelet (souvent romancé), il ne meurt pas aux Invalides mais chez sa sœur, Marie-Antoinette Huret, à Aix-Noulette dans le Pas-de-Calais où il est enterré (acte de décès de la paroisse). Il se trouve alors dans la plus grande misère ne touchant pas sa pension de général malgré plusieurs demandes dont les originaux se trouvent aux Archives nationales. Son principal biographe est Henri Mayeur, historien régionaliste de Aix-Noulette.

Pour approfondir

Bibliographie

  • Antoine-Vincent Arnault, Antoine Jay, Étienne de Jouy, Jacques Marquet de Norvins (baron de Montbreton), Norvins (M. de), Biographie nouvelle des contemporains: ou Dictionnaire historique et raisonné de tous les hommes qui, depuis la révolution française, ont acquis de la célébrité par leurs actions, leurs écrits, leurs erreurs ou leurs crimes, soit en France soit dans les pays étrangers, Volume 6, p. 252, [lire en ligne [archive]]
  • Biographie publiée en décembre 1967 par l'historien Henri Mayeur (74 pages) comprenant toutes les sources d'archives, ministère de la guerre,archives nationales,archives départementales,bibliographie (en tout 14 sources différentes).
  • (en) « Generals Who Served in the French Army during the Period 1789 - 1814: Eberle to Exelmans » [archive].
  • Georges Six, Dictionnaire biographique des généraux & amiraux français de la Révolution et de l'Empire (1792-1814), Paris : Librairie G. Saffroy, 1934, 2 vol., p. 408-409

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. Parmi les unité on peut citer :
    2e bataillon de volontaires de Paris
  2. Jean-Clément Martin, La Vendée et la Révolution, Perrin, coll. « Tempus », 2007, 103-104 p.

 

10 février 2018

Mercier Thomas Louis

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Thomas Louis Mercier

 

Thomas Louis Mercier

220px-Album_des_députés_au_Corps_législatif_entre_1852-1857-Mercier

Naissance 16 décembre 1800
Paris
Décès 6 novembre 1882 (à 81 ans)
Paris
Nationalité Français
Profession
Manufacturier
Autres activités
député
Distinctions
Officier de la Légion d'honneur
Baron de l'Empire
Ascendants
Jacques Mercier, dit « La Haye »
Famille
Mercier, dit « La Haye »

Le baron Thomas Louis Mercier, 2e du nom, né le 16 décembre 1800 à Paris, où il est mort le 6 novembre 1882, est un industriel et homme politique français.

Biographie

Mercier était administrateur des manufactures de glaces de Cirey. Sous-préfet d’Alès (5 juin 1831), préfet de Vaucluse (14 juillet 1833), Préfet du Finistère (21 septembre 1834), la monarchie de juillet le fit successivement préfet de la Manche (21 octobre 1836), préfet de l'Oise (29 septembre 1842), préfet du Pas-de-Calais (4 janvier 1847). Dans la proclamation qu'il adressa, le 30 août 1848, aux électeurs du département de la Mayenne, où il avait créé la filature de Brives, il se prononçait nettement pour la république, en ajoutant toutefois : « La république, pour moi, c'est la liberté sans licence, le respect du droit, le règne absolu de la loi, la défense des grands principes religieux et sociaux. »

Le candidat républicain malheureux de 1848, fut en 1852 le Candidat officiel et fut élu député par la deuxième circonscription de la Mayenne contre Louis Bigot. Réélu aux élections suivantes jusqu'en 1869, où il obtint encore une forte majorité, le baron Mercier vota constamment avec la majorité gouvernementale. Il était membre du conseil général de la Mayenne.

Il fut nommé chevalier en octobre 1832, puis officier en février 1840, et enfin commandeur de la Légion d'honneur en août 1864.

Famille

Il est le fils du baron Jacques Mercier et d'Olympe Madeleine Le Couteleux de La Noray du Molay.

Il se marie le 20 mai 1826 avec Alexandrine Roederer (Spoleto, 14 février 1811-17 mai 1892, Senlis), fille du baron de l'Empire, préfet et pair de France Antoine-Marie Roederer, dont :

  • Pierre Louis Lucien (Alençon, 26 janvier 1827-18 avril 1887, Aignan), 3e baron Mercier, sous-préfet de Mortain (12 juillet 1850), sous-préfet d'Yvetot (9 mai 1852), sous-préfet de Langres (29 octobre 1853), sous-préfet de Châteaudun (8 avril 1856), sous-préfet de Saintes (10 avril 1858), secrétaire général de la préfecture de la Gironde (18 mai 1861), sous-préfet de Vienne (Isère) (24 mai 1862), sous-préfet de Saint-Denis (31 janvier 1870-8 avril 1870), Chevalier de la Légion d'honneur, marié avec Athénaïs Delecey de Récourt, dont :
    • Pierre Thomas Marie Antoine (27 novembre 1854, Langres), 4e baron Mercier, capitaine au 2e régiment de cuirassiers, Chevalier de la Légion d'honneur, marié le 23 octobre 1884 avec Charlotte Joséphine Marie Suzanne de Reyniac, dont :
      • Pierre Rieul Marie Joseph Antoine (né le 6 octobre 1886, Senlis) ;
      • Hubert Marie Joseph Lucien François (né le 10 janvier 1889, Cernay) ;
      • Jean Albert Marie Joseph Vincent (né le 28 février 1890, Lunéville) ;
      • ainsi qu'une fille et deux autres garçons.

Sources partielles

  • « Thomas Louis Mercier », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]  ;
  • « Thomas Louis Mercier », dans Alphonse-Victor Angot, Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Goupil, 1900-1910 [détail de l’édition]

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09 février 2018

Morellet André

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André Morellet

 

 
André Morellet

André_Morellet

André Morellet

Fonction
Député
 
Biographie
Naissance
7 mars 1727
Lyon
Décès
12 janvier 1819 (à 91 ans)
Paris
Sépulture
Cimetière du Père-Lachaise
Lieu de travail
Paris
Formation
Université de Paris
Activités
Homme politique, économiste, écrivain, traducteur, collaborateur de l'Encyclopédie
Autres informations
Religion
Catholicisme
Ordre religieux
Compagnie de Jésus
Membre de
Académie française (1785)
Réfutation de l'ouvrage qui a pour titre Dialogues sur le commerce des bleds, 1770

André Morellet, né le 7 mars 1727 à Lyon et mort le 12 janvier 1819 à Paris, est un homme d'Église, écrivain, encyclopédiste et traducteur français.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Œuvres
    • 2.1 Principaux ouvrages
    • 2.2 Traductions de l'anglais et de l'italien
  • 3 Références
  • 4 Liens externes

Biographie

Il étudie au sein de l'université de la Sorbonne où il a pour condisciples Loménie de Brienne, Jérôme Champion de Cicé et Turgot et fréquente les salons de Mesdames du Deffand, de Brienne et Necker.

Ami des philosophes, il contribue à l'Encyclopédie en rédigeant six articles de critique littéraire, de théologie et de philosophie, parmi lesquels l'article « foi ». Son esprit mordant lui vaut d'être appelé « l'Abbé Mords-les » par Voltaire1.

Il est emprisonné pendant deux mois à la Bastille pour avoir écrit un pamphlet insultant2 contre Les Philosophes, une comédie de Charles Palissot de Montenoy. À la suite des remous suscités par cette affaire, d'Alembert et Voltaire cesseront eux aussi de contribuer à l'Encyclopédie.

Il est élu membre de l'Académie française en 1785 et participe à la rédaction du Dictionnaire. Dans la préface de la cinquième édition de 1798, il écrit : « Le Dictionnaire de l'Académie est un témoin de l'usage qui gouverne la langue française, de celui qui est le plus général parmi les personnes qui parlent correctement et purement. » Pendant la Terreur, il sauve les archives de l'Académie mais perd tous ses bénéfices ; il devra, pour supplémenter ses ressources, se mettre à traduire des ouvrages de l'anglais.

Œuvres

Principaux ouvrages

  • Théorie du paradoxe (1775) et Réponse sérieuse à M. L**, par l'auteur de la théorie du paradoxe (Même année) - il s'agit d'une dispute littéraire avec l'avocat Simon-Nicolas-Henri Linguet rayé au même moment du Barreau.
  • Éloges de Madame Geoffrin, contemporaine de Mme Du Deffand, par MM. Morellet, Thomas et d'Alembert, suivis de lettres de Mme Geoffrin et à Mme Geoffrin, et d'un Essai sur la conversation (1818)
  • Mélanges de littérature et de philosophie du XVIIIe siècle (1818)
  • Mémoires de l'abbé Morellet, de l'Académie française, sur le dix-huitième siècle et sur la Révolution (1821). Réédition : Mercure de France, Paris, 1988. Texte en ligne (extraits annotés) : c18.net [archive]
  • Lettres inédites de l'abbé Morellet, sur l'histoire politique et littéraire des années 1806 et 1807, pour faire suite à ses Mémoires (1822)

Traductions de l'anglais et de l'italien

  • Prière universelle d'Alexander Pope (1760)
  • Manuel des inquisiteurs de Nicolaus Eymericus (1762). Réédition : Abrégé du manuel des inquisiteurs, Jérome Millon, 200.
  • Recherches sur le style de Cesare Beccaria (1771)
  • Legs d'un père à ses filles de John Gregory (1774)
  • Traité des délits et des peines de Cesare Beccaria (1765) V. Ph. Audegean, Genèse et signification des délits et des peines de Beccaria, Archives de philosophie du droit, Dalloz 2010, tome 53, p. 10.
  • Observations sur la Virginie de Thomas Jefferson (1786)
  • L'Italien, ou le Confessional des pénitens noirs d'Ann Radcliffe (1797)
  • Voyage de découverte à l'Océan pacifique du Nord de George Vancouver (1798)
  • Histoire de l'Amérique, livres IX et X contenant l'histoire de la Virginie jusqu'à l'année 1688 et celle de la Nouvelle-Angleterre jusqu'en 1652 de William Robertson (1798)
  • Extrait du sermon prêché en Irlande, le jour de la commémoration de la mort de Charles Ier, en 1725-1726 de Jonathan Swift (1811)
  • Les Enfants de l'abbaye de Regina Maria Roche (1812)
  • Le Moine de Matthew Gregory Lewis (1838)
  • Le Tombeau d'Ann Radcliffe (1850)

Références

  • « André Morellet », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]
  1. "L’abbé Morellet" in Biographie universelle ancienne et moderne. 45 tomes. Michaud, J. Fr. et Michaud, Louis Gabriel. (Graz, Austria: Akademische Druck und Verlagsanstalt, 1966-68 [réimpression])
  2. L'abbé insultait Mme de Robecq, maîtresse de Choiseul, et mesdames de Villeroi et du Deffand.

Liens externes

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08 février 2018

Dossonville Jean-Baptiste

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Jean-Baptiste Dossonville

 

Jean-Baptiste Dubois, dit Dossonville, né à Auneau le 1er janvier 1753 et mort aux Batignolles en 1833, est un policier français et agent provocateur, membre de la police politique du Comité de sûreté générale de l'an II, stipendié par la Grande-Bretagne jusqu’à son arrestation et sa déportation sous le Directoire1.

Employé par Lord Wyndham (en)2 pour maintenir le trouble en France en inventant et révélant de fausses conspirations, il fut un infatigable agent d’influence sous la Législative et la Convention, particulièrement sous la Terreur, puis sous le Directoire. Il fut plusieurs fois emprisonné, mais de puissantes protections lui permirent d’échapper à la guillotine3.

Sommaire

  • 1 Débuts
  • 2 Agent principal du Comité de sûreté générale
  • 3 Maître chanteur
  • 4 Après le 9 thermidor
  • 5 Sous le Consulat et le Premier Empire
  • 6 Notes et références
  • 7 Bibliographie

Débuts

Il commença sa « carrière » sous l’Ancien Régime comme valet de chambre et secrétaire du comte de Salaberry, président de la Chambre des comptes, période durant laquelle il acquit des connaissances financières qui le servirent toute sa vie.

S’étant marié, il s’établit cafetier à Paris en 1786, puis il se mêla aux événements politiques de la Révolution avec des principes politiques difficiles à définir mais plus certainement sans principes autres que pêcher en eaux troubles. Il fut cité dans des affaires aussi obscures que l’ont été l’affaire dite des Chevaliers du poignard, et celle, quelques mois plus tard, de la fusillade du Champ-de-Mars où, en tant qu’officier de paix, il accompagnait le maire Bailly. Il se fit élire officier de paix de la section Bonne-Nouvelle (novembre 1791) avec traitement annuel de 3 000 livres, chargé de traquer les contrefacteurs d’assignats dans la section de Bonne Nouvelle. Il émargea ensuite, comme agent provocateur, à la contre-police de Collenot d’Angremont, lui-même secrétaire de l’administration de la garde nationale, et chargé, pour le compte des Tuileries, de mystérieuses missions en Grande-Bretagne, il fut enrôlé par le Foreign Office après le 20 juin 1792. À son retour, le 8 juillet 1792, il semblait acquis à la monarchie des Bourbons qui, malgré la déclaration de guerre et ses conséquences, croyaient pouvoir se rétablir sur un territoire intact (confiant, Louis XVI l’appelait familièrement « M. de la Loi »).

Agent principal du Comité de sûreté générale

Le 22 août 1792, douze jours après la prise des Tuileries, Dossonville fut arrêté pour complicité avec Collenot d’Angremont, lui-même exécuté pour ses activités d’embauchage 4. Il plaida que s’il avait travaillé pour lui, c’était précisément pour déjouer ses manœuvres contre-révolutionnaires. Et pour preuve de sa bonne foi, il lança des accusations nouvelles contre ses employeurs de la veille, devenus témoins gênants5. Les jurés déclarèrent qu’« II est constant qu’il a été formé à Paris, dans les premiers jours d’août, présent mois, un complot d’embauchage ou levée d’hommes soldés, étranger aux autorités constituées, pour exécuter la conspiration qui a éclaté le 10, et allumer la guerre civile, en armant les citoyens contre les citoyens ; que le sieur Dossonville est convaincu d’avoir trempé dans ledit complot, mais qu’il n’est point convaincu de l’avoir fait à dessein de nuire. » Lorsque M. le président annonça à Dossonville qu’il était acquitté de l’accusation; que, conformément à la loi, son élargissement aurait lieu au bout de vingt-quatre heures, s’il ne survenait point d’autres charges contre lui (il était alors une heure du matin), de vifs applaudissements accueillirent la décision du tribunal en faveur de Dossonville, qui prononça d’une voix très faible : « Qu’il était vivement pénétré ; qu’à la vérité il avait commis une erreur, mais que son intention n’avait jamais été de nuire à la chose publique. » Lui-même s’attendait si peu au jugement rendu en sa faveur et croyait sa mort tellement inévitable, qu’avant de boire un verre de vin, pendant les délibérations, il dit à celui qui le lui donna : « Ah ! mon cher monsieur, ce verre de vin est le dernier que je boirai de ma vie 6! »

Relaxé le 28 août 1792 et sorti de la prison de l'Abbaye, il entra à la Trésorerie nationale pour, officiellement, réduire le trafic de fausse monnaie qui, au fil des mois, prenait de l’ampleur. Pour discréditer la monnaie nationale, des faux assignats furent fabriqués en Grande-Bretagne puis continûment introduits de l’étranger en France et distribués par des royalistes dans les maisons de jeu et ailleurs. Il fut envoyé à Londres par le ministre des finances Clavière du 8 décembre 1792 au 14 décembre 1793 au prétexte de « surprendre les faussaires d’Angleterre (sic)»7. Le premier Comité de sûreté générale issu de la Convention lui donna à son retour des pouvoirs d’investigation étendus et le chargea de perquisitionner chez les personnes suspectes de faux ou d’usage de faux. Il réussit à identifier et faire arrêter plusieurs faussaires et distributeurs, les fit déférer au Tribunal criminel du département où plusieurs d’entre eux furent condamnés à mort. À dessein, Dossonville fit suspendre l’exécution de quelques-uns et, pour prix d’une grâce, ils se firent indicateurs et devinrent par la suite les instruments de la politique de Terreur du Comité de sûreté générale refondé depuis septembre 1793. Ce sont ces condamnés en sursis, tels que Guillaume Armand, l’ex-comte Dulac ou l’ex-comte de Ferrières-Sauvebœuf qui inventèrent des conspirations chimériques et rédigèrent de fausses dénonciations contre tous ceux que Dossonville et ses employeurs désiraient éliminer.

Le fonctionnement du Comité de sûreté générale chargé de traquer les « suspects » était celui d’une police politique avec les mêmes fins et les mêmes moyens. Beaucoup de contemporains dont Napoléon, plusieurs historiens français ou anglo-saxons, ont soutenu, avec quelque vraisemblance, qu’il y eut, sous la Terreur, une faction désorganisatrice qui, poussant à la répression la plus aveugle au prétexte du salut public et de la guerre, faisait le jeu de la coalition, et de la Grande-Bretagne en particulier. Or, quand on observe le parcours de Dossonville depuis le début de la Révolution, que l’on examine attentivement les dossiers de police le concernant – ils ont à peine été regardés par M. d’Hauterive, biographe de Dossonville, qui voit en lui un aimable Figaro –, on ne peut douter que celui-ci ait été un des espions salariés du gouvernement britannique. Un dossier des Archives nationales conserve encore les reçus de fortes sommes d’argent remises par Lord Wyndham à l’épouse de Dossonville8.

À la suite d'une fausse manœuvre de sa part – un chantage contre des suspects ayant mal tourné pour lui –, Dossoville fut, à l’initiative du député Alquier, qu’il impliqua plus tard dans le prétendu « complot de l’étranger », incarcéré trois mois entre le 6 septembre 1793 et le 18 nivôse suivant où, sur intervention de Barère, il reprit du service comme agent secret. Le 18 pluviôse an II, le Comité de sûreté générale et en particulier Amar et Jagot l’autorisèrent à rechercher non seulement les faux monnayeurs mais tous les « autres ennemis de la fortune et du bonheur public sous quelques dénominations qu’ils existent. »9 Ils lui donnèrent des moyens illimités pour des missions en province et aussi à l’intérieur des prisons où il avait placé quelques-unes de ses créatures, des « moutons ».

Bien plus tard, Dossonville se vanta d’avoir sauvé la vie de quelques nobles qui l’avaient protégé dans son enfance. Il se vanta aussi d’avoir empêché l’incarcération de M. de Toulongeon et de sa femme, fille de Dufort de Cheverny. Dufort lui-même croyait lui devoir la liberté et probablement la vie : Dossonville prétendait avoir caché au fond d’un carton l’ordre d’arrestation le concernant. Peu après, voyant que Mme de Salaberry répondait de travers à son interrogatoire, il déclara qu’elle était folle et il la fit interner dans la maison de santé Montprin, rue Notre-Dame-des-Champs. Cependant, le comte de Salaberry, qui en savait long sur le personnage, fut exécuté.

Maître chanteur

Depuis 1793, la Terreur donnait lieu à toutes sortes de chantages des agents et administrateurs de police contre les suspects souvent riches, qui préféraient payer de fortes sommes plutôt que d’être arrêtés. Le « mémoire » publié par le comte de Mesnil-Simon et par quelques autres dont les langues se délièrent en l’an III, établissent clairement le chantage dont ils ont été l’objet sous la Terreur. On payait pour neutraliser un ordre d’arrestation, pour obtenir un passeport, un certificat de civisme ou de résidence, et sans garantie, comme beaucoup en firent l’amère expérience.

Le trafic de rançonnement s’exerçait bien entendu dans les prisons parisiennes où, contre argent, plusieurs détenus obtinrent d’être placés dans des maisons de santé. Dossonville ne manqua de profiter de l’aubaine : il avait, dans son portefeuille, des ordres d’arrestation signés par Amar, Vadier ou Jagot qu’il ne mettait pas à exécution si les gens concernés acceptaient un arrangement. Il aurait proposé à l’abbé d’Espagnac, puis au duc de Luynes de s’évader de prison, moyennant 200 000 livres, quitte à le rattraper trois jours après. Il fit la même offre aux frères Magon de la balue et de La Lande, richissimes banquiers malouins. Il se rendait fréquemment en prison pour consulter Ferrières-Sauvebeuf, qui, ayant vécu dans l’ancienne société des « ci-devants », lui servait d’indicateur sur le niveau de fortune des détenus10. il fit encore chanter le banquier Cottin et surtout Marie Babin de Grandmaison, jeune et jolie cantatrice, amie du baron de Batz, détenue de ce fait à la prison Sainte-Pélagie et qu’il fit envoyer à l’échafaud avec sa toute jeune servante de dix-huit ans, témoin de ce chantage. Dans la même fournée, celle dite des « chemises rouges », il amalgama les citoyens Burlandeux, Paumier, Caradec de Kerloury et Egré, qu’il avait inlassablement persécutés lorsqu’ils étaient en prison à la Force, également le comte de Mesnil-Simon et son ami le comte de Sartines. La loi du 22 prairial a ainsi permis à Dossonville et ses employeurs, au prétexte de conspirations imaginaires, d’éliminer à leur gré tous les témoins de leurs forfaits puisque les débats publics avaient été supprimés.

Ses employeurs Élie Lacoste, Amar, Jagot, Voulland et Vadier, principalement, lui ayant demandé de créer des conspirations contre-révolutionnaires, dans le but de se débarrasser pêle-mêle de leurs ennemis politiques et de déjouer les tentatives des royalistes de l’intérieur qui gênaient les plans des coalisés (le gouvernement britannique visait non pas le rétablissement de la monarchie des Bourbons mais la mainmise sur ses colonies et un morcellement du territoire français), Dossonville fut à l'origine du renvoi, devant le Tribunal révolutionnaire, de centaines de personnes. Ces hécatombes qui atteignirent leur apogée en prairial, messidor et thermidor aboutissaient à renforcer la coalition des puissances étrangères dans une même indignation, et d’empêcher la reconnaissance de la République par les états disposés à la neutralité. Ces manœuvres visaient enfin à jeter la discorde au sein de la Convention et par là, à l’avilir.

Dossonville est à l’origine, dès germinal an II, du montage et de la révélation du soi-disant complot de l’étranger, le grand procès truqué du 29 prairial au cours duquel on condamna cinquante quatre personnes - à la tête desquelles Henri Admirat et Cécile Renault -, qui pour certaines ne s’étaient jamais vues et qui allèrent à la mort revêtues de la même chemise rouge des assassins et empoisonneurs11 (la « procession des cardinaux » s’amusait Barère qui était probablement, avec son vieil ami Vadier, l’inspirateur de cette tragique mascarade).

Après le 9 thermidor

Le 9-Thermidor, Dossonville se glissa dans le camp des vainqueurs - c’est-à-dire les anciens terroristes et les députés à mauvaise conscience qui avaient renversé Robespierre -, fit main basse sur divers documents précieux dont les papiers de Couthon12, et il chercha à se faire bien voir en faisant arrêter un certain nombre de ses collègues policiers pour les livrer à la guillotine. En toutes circonstances, Dossonville rafle les papiers de ceux, arrêtés ou condamnés, qui peuvent servir ses intérêts et le protéger ultérieurement.

Le 3 fructidor an II, le Comité de sûreté générale, le fit arrêter pour le contrôler. Dans la nuit du 20 au 21 août 1794, Dossonville fut, paraît-il, surpris dans son lit, 12 rue des Fossés-Montmartre puis conduit à l’hôtel-prison de Talaru, un traitement de faveur. Officiellement, Tallien le soupçonnait « d’être au courant d’intrigues politiques ou financières le concernant, de tripotages dirigés par le journaliste Richer-Sérizy13. En réalité, Amar, chef du Comité de sûreté générale, avait reçu une dénonciation contre Dossonville, la veille même du 9 thermidor, selon laquelle ce dernier avait en main un dossier dans lequel étaient mis en cause Louis Legendre Tallien et Merlin de Thionville. Le coup d’État ayant réussi, ces conventionnels, anciens représentants en mission et suspects de prévarications, le firent écrouer pour le faire taire. Mais Amar et les membres des anciens comités, qui redoutaient les révélations qu’il pouvait articuler à leur encontre, avaient, eux, intérêt à le ménager: « La connaissance parfaite que vous avez des causes de ma détention et votre conscience, écrit-il avec une pointe de menace à Amar, doivent vous dire que je ne devrai pas y être ni même y avoir été ».

Emprisonné, Dossonville ne fut en définitive chargé que par trois de ses créatures, les « moutons » des prisons, Armand, Dulac et Dumonceaux, qui l’accusèrent d’avoir dévalisé ses victimes et de les avoir eux-mêmes obligé à rédiger de fausses accusations contre des innocents, notamment le jeune Sainte-Amaranthe âgé de seize ans et exécuté en chemise rouge avec sa mère et sa sœur de dix-huit ans. Le policier fut transféré à la prison Saint-Lazare, puis à Port-Libre, à la prison du Luxembourg et au Plessis. Ces accusations et celles de malheureuses victimes miraculeusement réchappées de l’échafaud ne furent pas relayées par les comités thermidoriens, sinon par le citoyen Lebois qui chercha vainement à le renvoyer devant un tribunal, Dossonville bénéficia de l’amnistie générale votée par la Convention après la ratification de la constitution de l'an III et il fut libéré au bout de quatorze mois, le 29 octobre 179514. Il reprit de l’emploi le 2 janvier 1796 dans la police sous le ministère Cochon de Lapparent, illusionnant les anciens jacobins et royalistes constitutionnels sur ses opinions réelles : tous ignoraient qu’il entretenait une correspondance avec Wickham, agent britannique en Suisse et agent recruteur d’espions à la solde de son gouvernement15. Sorte de Janus à trois visages, Dossonville serait au contraire intervenu pour arrêter les membres de la conspiration des Égaux : Gracchus Babeuf, Javogues - dont Fouché redoutait les indiscrétions sur sa mission à Lyon - et quelques autres, ce qui en dit long sur son attachement aux principes républicains et à la démocratie16. Il fut également cité dans la mystérieuse affaire de l’assassinat du banquier Petit du Petival et on commençait à le soupçonner d’être un agent de la Grande-Bretagne.

Les dénonciations, issues de citoyens de tous bords persécutés par lui, continuaient pourtant de pleuvoir. Un article de l'Ami du peuple relate une arrestation au cours de laquelle il avait mis dans sa poche une montre en or et divers objets précieux. Il était aussi question de ses liens avec les maisons de jeux et ses chantages exercés sur leurs tenanciers. Il fut accusé d’avoir fait chanter Mlle Bourgoin, sœur de l’actrice de ce nom, dont il avait cherché à se débarrasser en prétendant l’envoyer avec plusieurs de ses amies à la guillotine. Une déclaration de grossesse l’avait sauvée, elle et quatre autres jeunes femmes. Dossonville qui semblait plombé par les affaires louches paraissait pourtant jouir d’une étonnante impunité. À cette époque, on le vit en relation avec l’ex-général Miranda, alors agent secret à Paris du gouvernement britannique, et qui fut expulsé de France pour ce motif en 1798.

Impliqué après le coup d'État du 18 fructidor an V avec d’anciens députés et quelques agents des puissances étrangères, il fut déporté en Guyane. Il trouva là encore des complicités pour s’évader dans des conditions rocambolesques, avec le général Pichegru. Il parvint à Londres, où il retrouva Francisco de Miranda et où il eut des entretiens avec des membres du gouvernement. Il se fit charger d’une mission secrète en Allemagne, fut arrêté par les Autrichiens, et bien qu’il se retournât contre ses commanditaires, il passa tout de même neuf mois en prison.

Sous le Consulat et le Premier Empire

Sous le Consulat, Fouché, dont les positions par rapport à la Grande-Bretagne n’ont jamais été très claires, le chargea d’organiser à Paris, de concert avec Hyde de Neuville, une contre-police secrète avec les transfuges de l’émigration. Lorsque Hyde de neuville fut confondu, Dossonville fut arrêté et dans ses papiers, on trouva un récépissé indiquant qu’il était toujours payé par le gouvernement britannique 17. Libéré grâce à Fouché, il se mêla à nouveau d’intrigues.

Arrêté quatre ans plus tard, en pluviose an XII, à cause de ses liens avérés avec le général Pichegru et sa participation aux projets de Cadoudal contre la vie du premier consul, il s’en sortit à bon compte grâce à quelque haute protection. Détenu à Sainte-Pélagie, il eut l’idée de dénoncer à Napoléon Bonaparte les manigances de Fouché, mais passa quand même quelque temps en prison, et fut exilé à Melun. Radié de la police, discrédité, il sombra dans l’alcoolisme18.

Il dut attendre la chute de l’Empire pour obtenir un poste de commissaire dans l’île Saint-Louis19. Il fut mis à la retraite lors de la révolution de 1830.

Il a laissé des fragments de mémoires - ou ce qui en tient lieu - sous le nom d’« Ossonville », en restant très évasif sur ses activités policières, dont il ne pouvait rien tirer de glorieux. En revanche c’est lui qui, ayant récupéré le manuscrit des mémoires de Sénar, ancien agent du Comité de sûreté générale mort sous le Directoire, le conserva quelques années avant de le céder en 1823 à Alexis Dumesnil après l'avoir copieusement expurgé et réécrit. Il parut en 1824 sous le titre de Révélations tirées de cartons du Comité de sûreté générale.

Notes et références

  1. L'étude la plus récente et la plus documentée sur Dossonville est accessible dans Olivier Blanc, Les hommes de Londres, Histoire secrète de la Terreur, Paris, 1989, p. 121-157 et 224-227.
  2. Archives nationales, Papiers Hyde de Neuville.
  3. Un gros dossier le concernant, conservé aux Archives nationales sous la cote F/7/6318/B, a échappé à G. Lenotre (« Figaro policier » dans Vieilles maisons vieux papiers, 1929), Ernest d’Hauterive et aux rares historiens comme Albert Mathiez et Arnaud de Lestapis à avoir sérieusement étudié la police politique de la Terreur.
  4. l'Ami du Peuple du 20/2/1791, dossier AN, C202/160/ et les Annales révolutionnaires, 1910, III, 244-245.
  5. Chronique de Paris du 29 août 1792.
  6. Histoire parlementaire de la révolution française, Paris, Paulin, 1835, p. 58-9.
  7. Archives nationales, F//7/6318/B.
  8. Bibliothèque Thiers, papiers Grasilier.
  9. Bibl. Hist. de la Ville de Paris, Ms.177, f°168.
  10. Sur Louis-François de Ferrières-Sauvebeuf, voir Olivier Blanc, « Les indics de la Révolution », L’Histoire, septembre 1982.
  11. article 4, titre Ier, 1re partie, Code pénal de 1791.
  12. Couthon et Dubois-Crancé avaient été indignés de l’attitude de Fouché et de Collot d’Herbois à Lyon, et ceux-ci redoutaient les révélations que Georges Couthon s’apprêtait à faire sur leurs détournements et dilapidations: c’est probablement la cause principale du 9-Thermidor.
  13. Arnaud de Lestapis, « Tallien, le héros du neuf thermidor », Revue des deux Mondes, 1960.
  14. R.-F. Lebois, Plaidoyer de Lebois (l’Ami du peuple) contre Dossonville, Paris, l’an V.
  15. Lorsque Cochon de Lapparent voulut faire arrêter le sieur Allain de Labertonnière, un des agents d’influence du gouvernement britannique à Paris, il en chargea Dossonville qui, au lieu d’exécuter cet ordre, protégea efficacement Labertonnière.
  16. Dossonville, inspecteur général adjoint près le ministre de la police générale à ses concitoyens, Paris, impr. Laurens (l’an IV).
  17. « Payé de Windham : » 176 livres sterling, plus 100 livres sterling, plus 4 livres sterling, soit 280 livres (ou 6700 livres de France), le 7 pluviôse an VIII, Bibliothèque Thiers, papiers Léonce Grasilier, dossier Dossonville.
  18. Godefroy, « Journal inédit d’un musicien de vaudeville », Revue rétrospective, 1885, p. 213.
  19. An, F/7/9866.

Bibliographie

  • Olivier Blanc, Les Hommes de Londres, Paris, Albin Michel, 1989 (chapitre entier sur Dossonville, nombreuses références et documents: p. 121–157).
  • Olivier Blanc, La Corruption sous la Terreur, Paris, Laffont, 1992.
  • Olivier Blanc, Les Espions de la révolution, Paris, Perrin, 1995.
  • Ernest d’Hauterive, Figaro-policier, un agent secret sous la Terreur, Perrin 1928.
  • Voir les travaux d’Arnaud de Lestapis publiés dans les Annales historiques de la Révolution française et dans la Revue des deux Mondes.

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07 février 2018

de Châteauneuf-Randon Alexandre

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Alexandre de Châteauneuf-Randon

 
Alexandre Paul Guérin de Chateauneuf-Randon du Tournel

Alexandre_de_Châteauneuf-Randon_-_1757_-_1827


Naissance 18 octobre 1757
Tarbes
Décès 22 octobre 1827 (à 70 ans)
Épervans (Saône-et-Loire)
Origine Drapeau de la France France
Arme Cavalerie
Grade Général de brigade
Années de service -1811

Alexandre Paul Guérin de Chateauneuf-Randon du Tournel né le 18 octobre 1757 à Tarbes 1 et mort le 22 octobre 1827 à Épervans (Saône-et-Loire), est un général et homme politique français de la Révolution et de l’Empire.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Notes et références
  • 3 Voir aussi
    • 3.1 Bibliographie
    • 3.2 Liens externes

Biographie

Issu d'une des plus anciennes et puissantes familles du Gévaudan, celle des Châteauneuf-Randon qui a donné les marquis du Tournel, les marquis d'Apchier et les ducs de Joyeuse2. Il est le fils1 de Guillaume de Chateauneuf-Randon du Tournel, dit le comte de Chateauneuf-Randon3, et de Paule de Launay.

Il choisit une carrière militaire, qui le mène à Paris au service de la maison du comte d'Artois, (le futur Charles X de France). Il a été lieutenant-général des armées du Roi1. Puis, lors de la Révolution française, il devient député de la noblesse aux États Généraux pour le Gévaudan. Il remplace, en fait, son (lointain) cousin Jean Joseph de Chateauneuf-Randon d'Apchier, démissionnaire, en 1789. Député de gauche, il siége à la Convention nationale dans les rangs de la Montagne (Révolution française) et vote la mort du Roi. Il est rapidement surnommé le « marquis rouge », et se fait remarquer pour son zèle antireligieux. Représentant en mission, il installe à Joyeuse (Ardèche) le District du Tanargue.

Il est nommé par Bonaparte préfet des Alpes-Maritimes le 13 frimaire an X. Il est relevé à la suite de difficultés le 21 ventôse an XI (12 mars 1803). Il se retire à Ispagnac.

En 1808, il écrit au ministre de la Guerre Clarke pour offrir ses services, mais ses demandes sont restées sans réponse. Il est mis à la retraite en 1811.

Au retour de Louis XVIII, il demande la croix de chevalier de l'ordre de Saint-Louis, sans succès.

Il meurt criblé de dettes le 22 octobre 1827.

Notes et références

  1. a, b et c Nobiliaire Universel de France par Viton de Saint-Allais (tome 2-Ed.1872-1878)
  2. diverses études historiques et généalogiques
  3. il s'agit bien là d'un surnom et non d'un titre, qui n'a jamais existé dans l'histoire de cette maison et du Gévaudan, le Gévaudan étant lui-même un comté dont le titulaire était l'évêque de Mende depuis l'acte de paréage de 1307

Voir aussi

Bibliographie

  • Docteur Labougle, Chateauneuf-Randon (1757-1827), p. 9-12, Bulletin de la Société académique des Hautes-Pyrénées, année 1952 (lire en ligne) [archive]
  • « Alexandre de Châteauneuf-Randon », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]
  • Docteur Robinet, Jean-François Eugène et J. Le Chapelain, Dictionnaire historique et biographique de la révolution et de l'empire, 1789-1815, volume 1, Librairie Historique de la révolution et de l’empire, 900 p. (lire en ligne [archive]), p. 388.

Liens externes

06 février 2018

Maret Hugues-Bernard

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Hugues-Bernard Maret

 


Hugues-Bernard Maret

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Hugues-Bernard Maret, duc de Bassano. Portrait par Achille Devéria
Fonctions
Président du Conseil des ministres français
et Ministre de l'intérieur
10 novembre 1834 – 18 novembre 1834
(8 jours)
Monarque Louis-Philippe Ier
Gouvernement Maret
Législature IIIe législature
Prédécesseur Étienne Maurice Gérard
Adolphe Thiers
Successeur Édouard Mortier
Adolphe Thiers
Biographie
Date de naissance 22 juillet 1763
Lieu de naissance Dijon,
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Date de décès 13 mai 1839 (à 75 ans)
Lieu de décès Paris, Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Nationalité française
Parti politique Indépendant
Profession Avocat
Religion catholique

Hugues-Bernard Maret
Présidents du Conseil des ministres français

Hugues-Bernard Maret, duc de Bassano, né le 22 juillet 1763 à Dijon et mort le 13 mai 1839 à Paris, est un homme politique et diplomate français, pair de France, membre de l'Académie française et de l'Académie des sciences morales et politiques.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Vie familiale
  • 2 Fonctions
  • 3 Titres
  • 4 Distinctions
  • 5 Galerie de portraits
  • 6 Armoiries
  • 7 Annexes
    • 7.1 Bibliographie
    • 7.2 Notes et références
  • 8 Voir aussi
    • 8.1 Articles connexes
    • 8.2 Liens externes

Biographie

Fils d'Hugues Maret, médecin dont la famille est établie depuis longtemps à Dijon, et frère cadet de Jean Philibert, ingénieur des ponts et chaussées, Hugues-Bernard est avocat au parlement de Bourgogne, puis s'installe à Paris en 1788.

Fasciné par les événements du début de la Révolution, il suit avec attention les débats de l'Assemblée constituante, dont il publie, avec son confrère Étienne Mejan, un résumé objectif sous le nom de Bulletin de l'Assemblée qui est inséré dans Le Moniteur universel. Jacobin, il est l'un des fondateurs du Club des Feuillants. Protégé par Pierre Henri Hélène Tondu, dit Lebrun-Tondu, alors ministre des Affaires étrangères, il est envoyé en mission à Londres. En juillet 1793, il est nommé ambassadeur à Naples.

Arrestation des ambassadeurs français à Novate (Le Jeune & Couché fils).

En traversant le Piémont pour se rendre à Naples, il est fait prisonnier à Novate Mezzola par les Autrichiens en même temps que Charles-Louis Huguet de Sémonville. Il est libéré après une captivité très éprouvante. En 1795, ils sont échangés contre Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI. Négociateur à Lille avec la Grande-Bretagne, il est mis l'écart jusqu'au retour d'Égypte de Napoléon Bonaparte.

Il épouse en 1801 Marie Madeleine Lejeas (1780-1827), fille de Martin Lejéas-Carpentier, maire de Dijon, et sœur d'Antoine Martin comte Lejeas, directeur des contributions. Le couple a cinq enfants, dont l'aîné, Napoléon Maret de Bassano, est plus tard grand chambellan de l'empereur Napoléon III.

Nommé secrétaire d'État en 1799, sa tâche s'alourdit en 1802 de celle de chef de cabinet du Premier consul, celui-ci ayant rapidement apprécié l'intelligence, la discrétion et surtout la phénoménale puissance de travail de ce collaborateur.

Chaque semaine, Maret doit prendre connaissance des rapports des ministres et en faire un compte-rendu verbal, en tête à tête, au Premier consul. Il assiste à tous les conseils, reçoit les minutes des décrets, signées de Bonaparte, et les transmet aux ministres pour exécution. Tous les rapports de haute police lui sont adressés ainsi qu'un compte-rendu, heure par heure, de jour comme de nuit, de tout ce qu'il se passe à Paris. Après une analyse succincte par ses services, il les fait suivre au cabinet du chef d'État.

La proclamation de l'Empire ne change rien à ses attributions. Il accompagne l'Empereur partout, dans ses voyages comme dans ses campagnes militaires et les capitales conquises, se voyant à chaque fois confier des tâches importantes. En 1805, il participe à la négociation du traité avec l'Autriche. En 1806, il organise le gouvernement polonais. En 1808, il conduit les travaux de la junte de Bayonne. Plus tard, il rédige les constitutions du Portugal, de la Hollande et de la Westphalie. Napoléon 1er récompense de tous ces travaux par le titre de duc de Bassano (15 août 1809).

Ses choix en politique étrangère, s'ils ne sont pas toujours heureux, sont fréquemment suivis. C'est ainsi qu'il pousse Napoléon à s'emparer de l'Espagne et qu'il est le principal promoteur de l'alliance autrichienne et donc du mariage entre Napoléon et Marie-Louise. C'est donc très logiquement qu'il est nommé ministre des Relations extérieures en avril 1811. Il n'en suit pas moins Napoléon en Russie mais ne dépasse pas Wilna (l'actuelle Vilnius) où s'installent ses services et d'où il gouverne la Lituanie.

Rentré à Paris au début de 1813, il s'occupe de la mise sur pied de guerre de la garde nationale et de la levée de 350 000 hommes. Une campagne insidieuse, peut-être dirigée en sous-main par Fouché et Talleyrand, se met alors en place contre lui. Il s'agit de le présenter comme le principal responsable de la politique belliciste de l'Empereur et comme un obstacle à la paix. Finalement, en novembre 1813, le but recherché est atteint : Napoléon sacrifie le Maret ministre. Mais il conserve auprès de lui le Secrétaire d'État et le conseiller intime.

En 1814, Maret reste à Fontainebleau auprès de l'Empereur jusqu'à son départ pour l’île d'Elbe.

Ses armoiries sont : tiercé en pal : d'or, de gueules et d'argent ; coupé de gueules à la main ailée d'or ; écrivant avec une épée d'argent ; au franc quartier des comtes ministres : d'azur à la tête de lion arrachée d'argent ; au chef des ducs de l'Empire : de gueules semé d'étoiles d'argent, brochant. Sur le tout d'argent à la colonne de granit, sommée d'une colonne civique de chêne au naturel, et accostée de deux lions la queue fourchée, affrontés et contre rampants de gueules.

Durant les Cent-Jours, il retrouve son poste de secrétaire d’État. Après Waterloo il s'exile en Autriche où il reste jusqu'en 1820.

Le 19 novembre 1831, il fut créé pair de France dans la fournée de trente-six pairs viagers destinée à permettre l'adoption à la Chambre haute du projet de loi abolissant l'hérédité de la pairie. Il fut brièvement Président du Conseil en 1834.

Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord disait de lui : «Il n' y a qu'une personne plus bête que M. Maret, c'est le duc de Bassano. »

Il est élu en 1803 à l'Académie française où il occupe le dixième fauteuil en succédant à Jean-François de Saint-Lambert. En 1816, il est exclu de l'Académie où Joseph-Henri-Joachim Lainé le remplace. En 1829, après son retour en grâce, quand deux académiciens autrefois exclus (Antoine-Vincent Arnault et Charles-Guillaume Étienne) sont réélus membres de l'Académie, François Andrieux propose à Maret de se représenter. Il refuse. Il est cependant élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1832.

Tombeau du duc et de la duchesse de Bassano, Paris

Il meurt à son domicile 60, rue Saint Lazare (9e arrondissement) ; ses obsèques religieuses sont célébrés en l'église Notre-Dame de Lorette.

Marie Madeleine Lejéas, épouse Maret, duchesse de Bassano et Hugues Bernard Maret, duc de Bassano, sont inhumés au cimetière du Père-Lachaise à Paris (division 31).

Vie familiale

Article détaillé : Famille Maret de Bassano.

Hugues-Bernard épousa, le 21 mai 1801 à Dijon, Marie Madeleine (26 mars 1780 ✝ 21 mars 1827), fille de Martin Lejéas-Carpentier (maire de Dijon), dame du palais des impératrices Joséphine (1804-1810) et Marie-Louise (1810-1814), dont :

  • Napoléon Maret de Bassano (1803-1898) ;
  • Eugène, dit le comte (ou le marquis) de Bassano1 (1806-1867) ;
  • Marie Louise (1810-1845) ;
  • Hortense Eugénie Claire (1812-1882).

Fonctions

  • Ministre plénipotentiaire à Naples (juillet 1793) ;
  • Secrétaire d'État (sous le Consulat) ;
  • Ministre-secrétaire d'État (1804-1811) ;
  • Ministre des Relations extérieures (17 avril 1811 - 19 novembre 1813) ;
  • Ministre-secrétaire d'État (1813-1814) ;
  • Président du Conseil des ministres (10 novembre 1834 - 18 novembre 1834) ;
  • Pair de France (2 juin 1815 (Cent-Jours), 19 novembre 1831).

Titres

  • Comte Maret et de l'Empire (lettres patentes du 3 mai 1809) ;
  • 1er duc de Bassano et de l'Empire (lettres patentes des 15 août et 29 septembre 1809).
  • Donataire en Westphalie et Hanovre par lettres du 10 mars 1808 ; donataire en Ost-Frise et sur le Mont-de-Milan le 15 août 1809 ; donataire en Galicie, par lettres du 17 janvier 18102.

Distinctions

Drapeau de l'Empire français Empire français 
  • Légion d'honneur :
    • (9 vendémiaire an XII : 2 octobre 1803), puis,
    • Grand officier (25 prairial an XII : 14 juin 1804), puis,
    • Grand aigle de la Légion d'honneur (13 pluviôse an XIII : 2 février 1805)),
  • Chevalier de l'Ordre de la Réunion ;
Drapeau du Royaume d'Italie Royaume d'Italie 
  • Chevalier de l'ordre de la Couronne de fer ;
Drapeau du Royaume de Bavière Royaume de Bavière 
  • Membre de l'Ordre de Saint-Hubert (Bavière) ;
Drapeau du Royaume de Saxe Royaume de Saxe 
  • Membre de l'ordre de la Couronne de Saxe ;
Drapeau du Grand-duché de Bade Grand-duché de Bade 
  • Grand-croix de l'Ordre de la Fidélité de Bade ;
Drapeau de l'Autriche Empire d'Autriche 
  • Membre de l'ordre de Saint-Étienne de Hongrie ;
Drapeau de la Perse Perse 
  • Grand-croix de l'ordre du Lion et du Soleil de Perse.

Galerie de portraits

   
ImageBlasonnement
Orn ext comte de l'Empire GCLH.svg
Blason Hugues Bernard Maret (1763-1839) Comte.svg
Armes de Hugues-Bernard, comte Maret et de l'Empire (3 mai 1809),

De gueules, au dextrochère ailé d'or, écrivant avec une épée d'argent, garnie d'or ; au chef parti de deux traits : 1, des Comtes Ministres ; 2, tiercé en pal d'or, de gueules et d'argent ; 3, d'or, à une tour de sable, accostée de deux lions du même.3

Orn ext Duc de l'Empire GCLH.svg
Blason Hugues Bernard Maret (1763-1839) Duc de Bassano.svg
Armes de Hugues-Bernard Maret, duc de Bassano et de l'Empire (15 août 1809),

Coupé : un I, tiercé en pal d'or, de gueules et d'argent ; au franc-canton brochant des Comtes Ministres ; au II, de gueules, à une main ailée d'or écrivant avec une épée d'argent ; sur-le-tout d'argent, à la colonne de granit, accostée de deux lions de gueules, la queue fourchée, passée en sautoir et surmontée d'une couronne civique de chêne, au naturel ; au chef des Ducs de l'Empire brochant.3

Orn ext Duc et pair de France (Restauration) GCLH.svg
Blason Hugues Bernard Maret (1763-1839) Duc de Bassano.svg
Armes de Hugues-Bernard Maret, Pair de France (2 juin 1815 (Cent-Jours), 19 novembre 1831),

Coupé : un I, tiercé en pal d'or, de gueules et d'argent ; au franc-canton brochant des Comtes Ministres ; au II, de gueules, à une main ailée d'or écrivant avec une épée d'argent ; sur-le-tout d'argent, à la colonne de granit, accostée de deux lions de gueules, la queue fourchée, passée en sautoir et surmontée d'une couronne civique de chêne, au naturel ; au chef des Ducs de l'Empire brochant.3

la main ailée dans ses armes représente la célérité de son écriture qui a posé les jalons de la sténographie

Annexes

Bibliographie

  • « Hugues-Bernard Maret », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition] , MARCILLAC_MARIBON DE MONTAUT [archive] ;
  • Armorial Du Premier Empire ; Titres, Majorats Et Armoiries Concédés Par Napoléon Ier, de Albert Révérend, publié au Bureau de l'annuaire de la noblesse, Alphonse Picard, 1894-1897 ;
  • Charles Franquet de Franqueville, Le Premier siècle de l'Institut de France : 25 octobre 1795-25 octobre 1895, 2 vol., 1895-1896 Texte en ligne 1 [archive] 2 [archive] ;
  • Joseph Valynseele, Les princes et ducs du Premier Empire, non maréchaux : leur famille et leur descendance, préface de Marcel Dunan,, 1959, 323 p. ;
  • Jean Tulard, Napoléon et la noblesse d'Empire, 1979 ;
  • Histoire et dictionnaire de la Révolution française 1789-1799 de Jean Tulard, Jean-François Fayard, Alfred Fierro
  • Yvert Benoît (dir.), Premiers ministres et présidents du Conseil. Histoire et dictionnaire raisonné des chefs du gouvernement en France (1815-2007), Paris, Perrin, 2007, 916 p.

Notes et références

  1. Louis-Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains : contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers, L. Hachette, 1858, 920 p. (lire en ligne [archive])
  2. Armorial Du Premier Empire ; Titres, Majorats Et Armoiries Concédés Par Napoléon Ier, de Albert Révérend, publié au Bureau de l'annuaire de la noblesse, Alphonse Picard, 1894-1897
  3. a, b et c Source : www.heraldique-europeenne.org [archive]

Voir aussi

Articles connexes

  • Liste des membres de l'Académie française par fauteuil ;
  • Liste des membres de l'Académie française par date d'élection ;
  • Liste des ministres français de l'Intérieur ;
  • Liste des chefs du gouvernement français ;
  • Gouvernement Hugues-Bernard Maret ;
  • Liste des ministres français des Affaires étrangères ;
  • Liste des membres de l'Académie des sciences morales et politiques ;
  • Liste de personnalités enterrées au cimetière du Père-Lachaise ;

Liens externes


 

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05 février 2018

Augustin Jacques

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Jacques Augustin


Autoportrait (1796)
Bacchante (1799). Miniature sur ivoire (8 cm).
To

JacquesAugustinSelfportrait1796

re de l'académie de peinture en 1819, décoré de la légion d'honneur en 1820, il se voit cependant supplanter auprès du roi par une ancienne élève. Le public oublie alors le grand maître vieilli mais toujours productif.

Atteint de la goutte, soigné avec dévouement par son épouse, il décède dans sa 73e année, victime du choléra. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (58edivision) 1.

De nombreuses œuvres furent rachetées par sa veuve lorsqu'elles furent vendues aux enchères en 1839, soit sept ans après sa mort. Au décès de cette dernière en 1862, elles devinrent la propriété de la famille Coincy qui en vendit un certain nombre au grand collectionneur américain John Pierpont Morgan trente ans plus tard.

Liste de personnalités peintes par Augustin

  • Marie-Antoinette (1755-1793)
  • Napoléon Ier et sa famille
  • Louis XVIII, roi de France
  • Louis-Philippe d'Orléans, duc d'Orléans (1773-1850)
  • André Masséna, maréchal d'Empire (1758-1817)
  • Vivant Denon, égyptologue, fondateur du musée du Louvre
  • La marquise de Ségonzac
  • Madame Récamier (1777-1849)
  • Madame Van Hée née Dewinck, femme du banquier
  • Le général Laconpérie
  • Portrait du sculpteur Charles Antoine Callamard (1776-1821) (1801), miniature sur ivoire, Paris, musée du Louvre, département des arts graphiques
  • Louis Hector Chalot de Saint-Marc, évêque
  • Charles-Ferdinand, duc de Berry (1778-1820)
  • Antoine-Denis Chaudet (1763-1810), sculpteur
  • Madame de Kercado
  • Louis Joseph Auguste Coutan (1779-1830)
  • Marie Joseph Georges Rousse, ancien président de la Chambre des notaires de Paris
  • Anne de Dorat, comtesse Coiffier de Moret
  • Anne-Josèphe Théroigne de Méricourt (1762-1817), féministe révolutionnaire

Bibliographie

  • Henri Bouchot, La Miniature française de 1750 à 1825, Goupil, 1907.
  • (es) Maria Carmen Espinosa Martín, Iluminaciones, pequeños retratos y miniaturas, Madrid, Fundación Lázaro Galdiano, 1999, 362 p. (ISBN 84-923234-3-4)
  • Fleuriot de Langle et Schlumberger, « Les miniatures de Jacques Augustin », Connaissance des Artsno 69, novembre 1957
  • Camille Mauclair: Les Miniatures de l'Empire et de la Restauration, portraits de femmes, Paris, H. Piazza, 1913, 137 p.
  • Bernd Pappe, « Jean-Baptiste Jacques Augustin, peintre en miniature », Catalogue de l'exposition du 17 avril au 20 juin 2010 au musée Pierre Noël, Saint-Dié des Vosges, 2010.
  • Charles Peccatte, « Jean Baptiste Jacques Augustin », Bulletin de la Société philomatique vosgienne, t. XXXIX, p. 61-88
  • (en) J. L. Propert, History of Miniature Art, Londres, 1887.
  • Albert Ronsin (sous la direction de), Les Vosgiens célèbres. Dictionnaire biographique illustré, Éditions Gérard Louis, Vagney, 1990, 394 p. (ISBN 2-907016-09-1)
  • H. Roujon, « La Miniature », L'Illustration, Noël 1912
  • Gaston Save, « Jacques Augustin », Bulletin de la Société philomatique vosgienne, t. VI, p. 91-102, 120 ; t. VII,p. 103-111 ; t. IX, p. 253 ; t. XXII, p. 366-371. (articles publiés sur Gallica).
  • (en) G. C. Williamson, History of Portrait Miniatures, 1904.

Notes et références

  1.  Paul BauerDeux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480)p. 68

Liens externes

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04 février 2018

Fourcroy Antoine-François

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Antoine-François Fourcroy

 

Antoine-François Fourcroy

220px-Antoine_François,_comte_de_Fourcroy

Naissance 15 juin 1755
Paris (France)
Décès 16 décembre 1809 (à 54 ans)
Paris (France)
Nationalité Drapeau de France Français
Domaines Chimie
Institutions Jardin du roi
Renommé pour Travaux sur la nomenclature chimique
Codécouverte de l'iridium

Antoine François Fourcroy ou de Fourcroy, né le 15 juin 1755 à Paris et mort le 16 décembre 1809 à Paris, est un chimiste français et un député à la Convention nationale.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Travaux scientifiques
  • 3 Publications
  • 4 Bibliographie
  • 5 Liens externes
  • 6 Notes et références

Biographie

Fils d'un apothicaire de la maison du duc d'Orléans, il perd sa mère alors qu'il n'a que sept ans. Des difficultés financières dans le commerce de son père l'oblige à quitter le collège d'Harcourt. Il travaille alors comme « gratte-papier » chez un commis du Sceau et apprend à écrire à des enfants. Il fait des études de médecine auprès de l'anatomiste Félix Vicq d'Azir (1748-1794), dont il est chargé de répéter son cours dès 1776. Il obtient en 1780 le titre de docteur, décerné par la Faculté de médecine.

Il est remarqué par le chimiste Jean-Baptiste Bucquet (1746-1780), professeur de chimie à la faculté de médecine de Paris, et assiste aux cours de ce dernier. En 1784, il est choisi pour succéder à Pierre Joseph Macquer (1718-1784) comme lecteur de chimie au Jardin du roi, soutenu par Buffon qui le préfère à Berthollet. Ses cours lui valent une grande renommée.

En 1783, il devient membre de la Société d'Agriculture et collabore à l'Encyclopédie méthodique. En 1787, il devient associé chimiste à l'Académie des sciences et membre de la Société linnéenne de Paris.

Avec Berthollet, il est l'un des premiers à se convertir aux vues d'Antoine Lavoisier dont il aide à publier les écrits, notamment la Méthode rationnelle de nomenclature1. Bien que son nom apparaisse dans de nombreux écrits de chimie, de physiologie et de pathologie, seul ou comme coauteur, il est plutôt un enseignant et un administrateur qu'un véritable chercheur.

En 1789, favorable aux idées révolutionnaires, il participe à la rédaction des cahiers du tiers état, et, en 1791, publie un périodique : La médecine éclairée par les Sciences physiques. En novembre, il est élu adjoint au secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, Nicolas de Condorcet, et devient directeur de la Société de médecine, puis de la Société d'agriculture. En 1792, il est nommé régisseur des Poudres et des Salpêtres et, début 1793, celui d'administrateur du département de Paris.

En 1792, il est élu quatrième député suppléant de Paris à la Convention nationale. Selon Raynald Secher (Le Génocide Franco-français, Vendée-Vengé), Il participe aux études et mises au point des méthodes qui doivent aboutir au gazage des populations de la Vendée. Les moyens utilisés n'offriront que très peu de résultats et seront abandonnés. Le 25 juillet 1793, il remplace Marat, qui a été assassiné le 13 juillet, à la Convention nationale, et il est élu au Comité d'instruction publique. Il soutient le plan d'éducation de Le Peletier et soutient l'épuration des académies de médecine et des sciences. On ira jusqu'à l'accuser d'avoir provoqué la mort de Lavoisier ou, pour le moins, de n'avoir rien fait pour le sauver.

Le 1er septembre 1794, il est élu au Comité de salut public, où il siège jusqu'au 3 juin 1795. Il est chargé des Poudres et Salpêtres. Il développe un plan d'éducation et d'emblée milite pour la création de l'École centrale des travaux publics (qui deviendra en 1796, l'École polytechnique), de l'Institut national des sciences et arts (fin 1795) ainsi que de plusieurs écoles de médecine. Son discours en faveur de la création de l’École polytechnique est une attaque en règle contre les Montagnards :

« Tandis que les Conspirateurs voulaient faire disparaître de la France les Lumières, dont ils redoutaient l'influence, la Convention Nationale s'opposait de toute sa force aux efforts de ces barbares. Vos comités de Salut Public et d'Instruction Publique ont recueilli trop de preuves et rassemblé trop de faits pour qu'il soit permis de douter de l'existence d'une conjuration contre les progrès de la Raison humaine ; il leur est démontré qu'un des plans des conspirateurs était d'anéantir les sciences et les arts (...) avec la coupable espérance de priver la France d'ingénieurs et d'artilleurs instruits, de généraux éclairés, de marins habiles, de la faire manquer d'armes, de poudre et de vaisseaux, de laisser les places et les ports sans moyen de défense, et de donner ainsi à nos ennemis des avantages certains et des victoires faciles... »

C'est dans le laboratoire de Fourcroy que Bernard Courtois fait ses premières armes.

En novembre 1795, il est élu par la Sarthe au Conseil des Anciens, où il siège jusqu'en mai 1797. Après le 18 brumaire, le Premier Consul l'appelle à siéger au Conseil d'État le 25 décembre 1799. Le 20 septembre 1802, il est nommé directeur général de l'Instruction publique, succédant à Roederer. Secrétaire d'État, il se rend notamment en Vendée et rédige un compte rendu sur la situation de la région en janvier 1801, peu après la paix provisoire conclue par Napoléon Bonaparte. Il est fait membre de la Légion d'honneur le 2 septembre 1803, puis commandeur le 14 juin 1804. Il travaille à l'élaboration de l'Université impériale, décrétée le 10 mai 1806 mais qui ne prendra forme qu'en 1808. Espérant alors en être nommé grand maître, c'est finalement Louis de Fontanes qui acquiert ce poste.

Fourcroy a été très actif dans l'organisation de l'instruction publique et a pris une grande part dans l'établissement de programmes scientifiques pour les écoles primaires et secondaires.

Élevé au titre de comte d'Empire en avril 1808, il est nommé Directeur général des Mines. Mais il tombe malade et décède d'une crise cardiaque le 16 décembre 1809.

Travaux scientifiques

Hormis ses travaux sur la nomenclature chimique1, Fourcroy est considéré comme ayant participé à la découverte de l'iridium2. En 1803, il observe en compagnie de Louis-Nicolas Vauquelin qu'après dissolution du platine dans l'eau régale, un résidu noir insoluble et difficilement fusible apparaissait3,4. Malheureusement ils n'obtiennent pas assez de ce nouveau matériau, qui est découvert par Smithson Tennant en 18045.

Publications

Page titre de la dernière œuvre de Foucroy.
  • Antoine François Fourcroy, Élémens d'histoire naturelle et de chimie, Chez Cuchet, 1782
  • Antoine François Fourcroy, Philosophie chimique : Vérités fondamentales de la chimie moderne, disposées dans un nouvel ordre, Imprimerie de Cl. Simon, 1792, 128 p.
  • Discours sur l'état actuel des sciences et des arts dans la République française. Prononcé à l'ouverture du Lycée des arts le dimanche 7 avril 1793, l'an second de la République. Par A. F. Fourcroy, et imprimé par ordre du Conseil-général. - [Paris] [s.n.] 1793. [BM de Senlis]
  • Antoine François Fourcroy, Rapport fait au nom du comité de salut public sur les arts qui ont servi à la défense, et sur le nouveau procédé de tannage découvert par le citoyen Armand Séguin : à la Convention nationale, dans la séance du 14 nivôse an III, et imprimé par ordre de la Convention nationale, Paris, Imprimerie nationale, 1793, 36 p. (lire en ligne [archive])
  • Antoine François Fourcroy, Système des connaissances chimiques et de leurs applications aux phénomènes de la nature et de l'art, Baudouin, 1801 (11 volumes)

Bibliographie

Liens externes

Notes et références

  1. a et b Louis-Bernard Guyton de Morveau, Antoine Laurent Lavoisier, Claude-Louis Berthollet, Antoine François de Fourcroy, Jean-Henri Hassenfratz et Pierre-Auguste Adet, Méthode de nomenclature chimique, Chez Cuchet, 1787, 314 p. (lire en ligne [archive])
  2. (en) L. B. Hunt, « A History of Iridium », Platinum Metals Review, vol. 31, no 1,‎ janvier 1987, p. 32-41 (lire en ligne [archive])
  3. A. F. Fourcroy et L. N. Vauquelin, « ... », Ann. Chim., vol. 48,‎ 1803, p. 177-183[réf. incomplète]
  4. A. F. Fourcroy et L. N. Vauquelin, « ... », Ann. Chim., vol. 50,‎ 1804, p. 5-26[réf. incomplète]
  5. (en) S. Tennant, « On Two Metals, Found in the Black Powder Remaining after the Solution of Platina », Phil. Trans. R. Soc. Lond., vol. 94,‎ 1804, p. 411-418 (DOI 10.1098/rstl.1804.0018)

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03 février 2018

Delaborde (historien) Henri-François

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Henri-François Delaborde (historien)

 

800px-Sépulture_des_comtes_DELABORDE_et_d'Étienne_LANCEREAUX_-_cimetière_Montmartre_03

Biographie
Naissance 1er juillet 1854
Versailles
Décès 31 octobre 1927 (à 73 ans)
Lausanne
Nationalité
Français
Formation
École nationale des chartes
Activité
Historien
Père
Henri Delaborde
Autres informations
Distinction
Officier de la Légion d'honneur

Henri-François, comte Delaborde (né à Versailles le 1er juillet 1854, mort à Lausanne le 31 octobre 1927) est un historien français.

 

Sommaire

 
  • 1Biographie
  • 2Publications
  • 3Références biographiques
  • 4Note

 

Biographie

Né à Versailles dans une famille de la noblesse d'Empire, Henri-François Delaborde est le petit-fils de Henri-François Delaborde (général), général de la Révolution, et le fils du peintre Henri Delaborde.

Il entre à l'École nationale des chartes où il rédige une thèse sur les sires de Joinville, qui lui permet d'obtenir le diplôme d'archiviste paléographe (1877). Il est alors nommé membre de l'École française de Rome (1877-1879).

Sépulture des comtes DELABORDE et d'Étienne LANCEREAUX - cimetière Montmartre

Nommé archiviste aux Archives nationales en 1880, il devient sous-chef de la section historique (1897-1904). Il travaille particulièrement sur le Trésor des chartes, sur lequel il donne plusieurs articles. Mais ses travaux portent plus particulièrement sur les sources narratives de l'histoire de France des xiiie etxive siècles, avec des travaux marquants sur les Grandes Chroniques de France et Guillaume le Breton.

Également auteur de travaux sur Saint Louis, il est nommé à la chaire d'étude critique des sources de l'histoire de France de l'École des chartes, à la mort d'Auguste Molinier en 1904 1.

Il poursuit alors ses travaux historiques, se voyant notamment confier le Recueil des actes de Philippe-Auguste et est élu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1917.

Il est inhumé au cimetière Montmartre dans le mausolée de la famille Delaborde-Guillaume, 16e division près de la séparation 14e et 16e division, partie haute. Il repose avec son père, son épouse Marguerite-Félicie Petit (1860-1946),

Publications

  • Expédition de Charles VIII en Italie, Paris, 1888.
  • Jean de Joinville et les seigneurs de Joinville, suivi d'un catalogue de leurs actes, 1894.
  • Recueil des actes de Philippe II Auguste, 3 vol., Paris, 1916-1966.

Références biographiques

  • Maurice Prou, « François Delaborde », dans Bibliothèque de l'École des chartes, 1927, no 88, p. 368-374Lire en ligne
  • Alfred Coville, « Notice sur la vie et les travaux de M. le comte F. Delaborde » dans Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ; 1929. Lire en ligne.
  • L'acte de mariage de Bénigne-Marie-Henri-François Delaborde et de Marguerite-Félicie Petit sur le site des Archives de Paris 8e à la date du 19 juin 1882

Note

 Décret du 18 août 1904.

 

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02 février 2018

Thuriot de La Rosière Alexis Eugène

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Alexis Eugène Thuriot de La Rosière


Alexis Eugène Thuriot de La Rosière
Fonction
Député
 
Biographie
Naissance
10 novembre 1807
Sézanne
Décès
30 août 1876 (à 68 ans)
Connantre
Nationalité
Français
Lieu de travail
Paris
Activités
Homme politique, diplomate

Alexis Eugène Thuriot de La Rosière, né aux Tuileries, près Sézanne (Marne), le 10 novembre 1807, est mort à Connantre (Marne) le 30 août 1876.

Biographie

Fils du célèbre conventionnel Jacques Alexis Thuriot qui présidait la Convention nationale le 9 thermidor, il suivit son père exilé en Belgique sous la Restauration et ne prit part aux affaires publiques qu’après la révolution de juillet.

Secrétaire de la légation à Berne en 1831, au Brésil en 1833 et à La Haye 1838, il fut en 1842 chargé d’une mission temporaire en Espagne. Premier secrétaire d’ambassade à Turin en 1843 ; il était chargé d’affaires à Rome l’année suivante et retournait au Brésil comme ministre plénipotentiaire en 1846.

La Révolution française de 1848 le trouva ministre au Mexique, où son court passage laissa une trace durable dans cette colonie. La chute de la Monarchie de Juillet le laissa sans emploi.

Toujours en 1848, le gouvernement provisoire en la personne de Lamartine lui offrit une place qu’il refusa.

En 1849, il se présenta pour l’Assemblée législative dans l’arrondissement de Sézanne comme candidat du parti de l'Ordre; élu député par 36.230 suffrages il siégea au côté droit à l’assemblée. Durant deux ans, il resta fidèle à ses opinions monarchistes et vota avec la majorité. Après le Coup d'État du 2 décembre 1851, de la Rosière rentra dans la vie privée et pour toujours.

Le baron James de Rothschild l’attacha alors à l'affaire des chemins de fer Lombards.

Sources

  • Cet article contient tout ou partie d'un document provenant du site La Vie rémoise.
  • « Alexis Eugène Thuriot de La Rosière », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]

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01 février 2018

Duverne de Presle Thomas Laurent Madeleine

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Thomas Laurent Madeleine Duverne de Presle

 

Thomas Laurent Madeleine Duverne de Presle
Biographie
Naissance
21 juin 1763
Décès 13 décembre 1844 (à 81 ans)
Activité
Militaire

Thomas Laurent Madeleine Duverne du Presle, né le 25 septembre 1763, peut-être à Giverdy et mort le 13 décembre 1844 à Maubranches (Cher), est un militaire français.

Biographie

Avant la Révolution, Thomas Laurent Duverne du Presle est élève à l'École militaire de La Flèche en 1777, puis sert dans la marine, se bat en Amérique et y acquiert des sympathies pour les idées révolutionnaires.

Sous la Révolution, il est lieutenant de vaisseau de première classe en 1790, il est victime avec sa famille des persécutions contre les nobles du Nivernais et doit émigrer en 1791 vers la Suisse et l'Allemagne. En désaccord avec l'esprit des autres émigrés, il revient en France, repart en Angleterre, revient à la promulgation de la loi contre les émigrés du 26 octobre 1792, ce qui ne l'empêche pas d'être expulsé de Paris, le 11 novembre 1792,. C'est alors qu'il semble s'être mis au service de la lutte contre-révolutionnaire.

Il aurait servi d'intermédiaire dès 1794 entre la comte de Provence (futur Louis XVIII), François de Charette, les Vendéens et les chouans de Bretagne. Après l'échec du débarquement des émigrés à Quiberon en juillet 1795, il écrit à Louis XVIII pour lui suggérer de cesser de faire massacrer ses partisans dans les insurrections et d'agir davantage sur les plans politiques et électoral. À la fin de 1795, il prend contact avec l'abbé Charles Brottier et Charles Honoré Berthelot La Villeheurnois et organise tout un réseau royaliste, l'Agence royaliste de Paris.

Il rencontre le futur Louis XVIII à Zurich en avril 1796, le comte d'Artois (futur Charles X) à Londres en octobre et les met au courant des progrès de la cause royaliste. En effet, les élections aux conseils du Directoire amènent en 1796 bon nombre d'élus favorables à une restauration de la monarchie. Mais les conjurés sont trahis par un agent double et arrêtés, le 30 juin 1797. Condamné à mort, Thomas Laurent Duverne de Presle voit sa peine de mort commuée en dix ans de fer (bagne). Alors que les autres conspirateurs sont envoyés en Guyane, Thomas Laurent Duverne de Presle bénéficie d'une étrange mansuétude, qui a fait dire à certains qu'il avait livré tout ce qu'il savait sur les réseaux royalistes. On l'embarque en effet, le 21 mars 1798, avec un passeport suisse, sur un navire américain qui le conduit vraisemblablement aux États-Unis.

Il venait d'en revenir et de reprendre contact avec le comte d'Artois à Londres, lorsque la police de Napoléon Bonaparte l'arrête à Paris, le 6 octobre 1803. Il proteste de son dévouement au régime et obtient sa libération. On n'entend désormais plus parler de lui.

À son retour en France, sous la Restauration, Louis XVIII lui fait verser une retraite de capitaine de frégate, il meurt le 13 décembre 1844 à Maubranches.

  1.  Commune de Moulins-sur-Yèvre

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31 janvier 2018

Riouffe Honoré Jean

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Honoré Jean Riouffe

 

Honoré Jean Riouffe
Fonction
Député
 
Biographie
Naissance
1er avril 1764
Rouen
Décès
30 novembre 1813 (à 49 ans)
Nancy
Nom dans la langue maternelle
Honoré Riouffe
Lieu de travail
Paris
Activité
Homme politique
Autres informations
Membre de
Académie de Stanislas
Distinction
Chevalier de la Légion d'honneur‎

Honoré Jean Riouffe, né le 1er avril 1764 à Rouen et mort le 30 novembre 1813 à Nancy, est un homme politique français.

Sommaire

  • 1 Sous la Révolution
  • 2 Sous le Consulat et le Premier Empire
  • 3 Notes et références
  • 4 Source

Sous la Révolution

Né d'un famille originaire du Languedoc, il perd son père, chirurgien, de bonne heure. Il devient avocat et, porté vers la littérature, compose quelques poèmes dont l'un avait trait au centenaire de Corneille.

Il adopte les idées de la Révolution française et se lie d'amitié avec les Girondins. Il fait présenter le 11 octobre 1792, sur le théâtre de la Nation une pièce politique en collaboration avec Dugazon.

Il suivit les Girondins à Caen, puis à Bordeaux, après leur proscription en 1793. Il est arrêté le 4 octobre 1793 sur ordre de Tallien et est emprisonné. Ramené à Paris et enfermé à la Conciergerie, il est libéré après le 9 thermidor an II. Il fait paraître une relation de son incarcération, Mémoires d'un détenu, qui connaît un grand succès.

Seule la charité que Germaine de Staël lui accorde ce qui lui permet de vivre alors. Il s'attache à Napoléon Bonaparte, de retour d'Égypte.

Sous le Consulat et le Premier Empire

Bonaparte le nomme membre du Tribunat le 25 décembre 1799 (4 nivôse an VIII) ; il en devient secrétaire puis président.

Chevalier de la Légion d'honneur le 25 novembre 1803 (4 frimaire an XII), il est nommé le 8 février 1804 (19 pluviôse an XII) préfet de la Côte-d'Or. Il quitte brusquement ce poste au bout de peu de temps. Malgré cela, Napoléon le nomme préfet de la Vienne (1807), mais il préfère décliner l'offre pour raison de santé. Le 29 octobre 1808, il devient préfet de la Meurthe.

Il est fait baron de l'Empire le 9 mars 1810 (lettres patentes du 25 mars 1810).

Visitant les hôpitaux de Nancy où s'entassent les malades depuis la Campagne de Russie (1812), il contracte le typhus qui l'emporte le 30 novembre 1813.

Il fut membre de l'Académie de Stanislas1.

Notes et références

  1. (fr) « RIOUFFE Honoré, Jean » [archive], sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS) (consulté le 25 octobre 2013)

Source

 

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