Vendée Militaire et Grand Ouest

25 avril 2018

Trémolières Pierre Charles

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Pierre Charles Trémolières

 

Pierre Charles Trémolières

Attributed_to_Pierre-Charles_Trémolières_The_Birth_of_Venus

La Naissance de Vénus attribuée à Trémolières.

Naissance
1703
Cholet
Décès
11 mai 1739
Paris
Activité
Peintre
Maître
Jean-Baptiste van Loo
Distinctions
Second prix de Rome en 1726

Pierre Charles Trémolières, né à Cholet en 1703 et mort à Paris le 11 mai 1739, est un peintre français.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Œuvres
  • 3 Reconnaissance
  • 4 Notes et références
    • 4.1 Notes
    • 4.2 Références
  • 5 Annexes
    • 5.1 Bibliographie
    • 5.2 Liens externes

Biographie

Pierre Charles Trémolières est le fils d'un gentilhomme d'épée protestant, Pierre Trémolières qui a dû quitter la France au moment de la révocation de l'édit de Nantes et y laissant sa jeune épouse, apparentée à la famille du comte de Caylus. Pierre Trémolières est originaire d'Auvergne et ses biens, importants, ont été saisis et donnés à des maisons religieuses des environs de Saint-Flour. Il a probablement abjuré pour pouvoir rentrer en France mais l'on ne sait pas pourquoi il s'est établi à Cholet. Il signe Tremollière, comme témoin d'un mariage, en 1706, avec des membres de la famille de Beauvau. La seigneurie de La Trémolière se trouve près de Vabres (Cantal). Il meurt peu après 1706 et sa femme se remarie avec un homme dont le nom est inconnu. La perte des registres de la paroisse de Saint-Pierre de Cholet entre 1700 et 1711 ne permet de préciser les dates de la naissance de Pierre Charles Trémolières et de décès de son père.

Pierre Charles Trémolières est envoyé à Paris où il est reçu dans la maison du comte de Caylus et devient l'élève de Jean-Baptiste van Loo. Il obtient le deuxième prix de Rome en peinture en 17261. Il est envoyé à Rome comme pensionnaire de l'Académie de France à Rome, en mars 1728, grâce à la protection du comte de Caylus. Il rentre en France après six années passées à Rome mais six jours avant de partir, le 4 septembre 1734, il se marie avec Isabelle Antoinette Laure Tibaldi (1712-1773)N 1, fille du musicien Giovanni Battista Tibaldi, dont il a trois enfants : deux sont morts en bas-âge, un seul a survécu, Louis Pierre TrémolièresN 2.

À son retour en France, il s'arrête pendant dix-huit mois à Lyon où il peint plusieurs portraits et quatre tableaux religieux : une Adoration des rois, une Adoration des bergers, une Présentation au temple, pour les Carmes, et une Assomption pour les Pénitents blancs. Avant de quitter Lyon, il signe un marché de deux tableaux avec les Chartreux, une Ascension et une Assomption qu'il leur a envoyés de Paris, en 1737, après les avoir exposés au salon.

En 1737, il travaille à la décoration de l'église Saint-Bruno-les-Chartreux, la seule église baroque de Lyon, bâtie par l'architecte Ferdinand-Sigismond Delamonce. Il peint deux grands tableaux, représentant L'Ascension et L'Assomption, pour orner les parois de part et d'autre du maître-autel. Toujours en place en 2016, ces deux toiles sont mises en valeur par d'exubérants cadres de goût rocaille conçus par Jacques-Germain Soufflot.

Pierre Charles Trémolières est chargé d'une partie de la décoration de l'hôtel de Soubise, de la famille de Rohan, à Paris qui abrite aujourd'hui les Archives nationales.

Il est agréé par l'Académie royale de peinture et de sculpture en 1736 et reçu le 25 mai 1737 après la réception du tableau dont le sujet est Ulysse sauvé du naufrage par Minerve. Il est nommé professeur adjoint à l'Académie.

Il expose au Salon de 1738 un paysage réalisé pour l'hôtel de Soubise, deux esquisses (Diane au bain et Le triomphe de Galatée) et trois tableaux : Vénus embrassant l'Amour, La comédie, La musique.

Il meurt pendant qu'il réalise l' Âge d'or qui est une commande pour une suite de tapisseries sur les Quatre âges du monde à réaliser par les Gobelins. Cette toile, terminée par Nicolas Delobel, est déposée au musée d'art et d'histoire de Cholet.

Œuvres

Outre ses toiles, Trémolières est l'auteur de délicats dessins, de plusieurs sanguines et d'eaux-fortes, dont plusieurs sont conservés au musée du Louvre. Parmi les principales on peut citer :

  • La Vierge à l'Enfant avec saint Paul ermite et saint Antoine abbé (1730), huile sur toile, 288 x 187 cm, au musée de Grenoble ;
  • L'Ascension (1737) et L'Assomption (1737) dans l'église Saint-Bruno-les-Chartreux de Lyon ;
  • Portrait d'homme (vers 1737), au musée des beaux-arts de Quimper ;
  • L'Âge d'or (1739) au musée du Louvre.

Plusieurs de ses toiles sont exposées au musée d'art et d'histoire de Cholet, sa ville natale : Vénus allongée tirant l'amour à elle, L’Âge d’Or, Scène champêtre, La musique, La poésie, La tragédie, La comédie, Le petit gourmand de pomme, Jeux d’enfants, Le chocolat.

Reconnaissance

La municipalité de Cholet a donné le nom de Trémolières à une rue et à un collège de sa ville natale.

Notes et références

Notes

  1. sœur de la miniaturiste Maria Felice Tibaldi mariée à Pierre Subleyras
  2. Louis Pierre Trémolières est né le 3 octobre 1736 à Paris, baptisé le lendemain dans l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, mort le 13 juillet 1785 à Paris, marié le 1er août 1768 à Pondichéry, où il est secrétaire du comptoir pour la Compagnie française des Indes orientales, avec Geneviève du Trévou (1750-1769) née à l'île Bourbon.

Références

  1. Augustin Jeanneau 1974, p. 24

Annexes

Bibliographie

  • Léon Pissot, Nouveaux détails biographiques sur le peintre Trémolières, p. 102-131, Réunion des sociétés savantes des départements à la Sorbonne. Section des beaux-arts, Ministère de l'instruction publique, 1892, 16e session (lire en ligne) [archive]
  • Augustin Jeanneau, Cholet et les Choletais après la belle époque, Cholet, Les Éditions du Choletais, 1974, 250 p., dépôt légal : IV-1974 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-François Méjanès, Jacques Vilain, Pierre-Charles Trémolières (Cholet, 1703-Paris, 1739). Musée de Cholet, 29 juin-30 septembre 1973, Musée Dobrée, 1973 ; p. 55

Liens externes

Posté par blonjacky à 00:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


24 avril 2018

Thuriot Jacques Alexis

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Jacques Alexis Thuriot

 

Jacques Alexis Thuriot
Fonctions
Membre du Comité de salut public
10 juillet 1793 – 23 septembre 1793
31 juillet 1794 – 5 décembre 1794
Député de la Marne
2 septembre 1791 – 20 septembre 1792
Législature Assemblée législative
Groupe politique Gauche
Président de la Convention nationale
27 juin 1793 – 11 juillet 1793
Député de la Marne
5 septembre 1792 – 21 mai 1795
Législature Convention nationale
Groupe politique Montagne (Dantoniste)
Biographie
Nom de naissance Jacques Alexis Thuriot de la Rozière
Date de naissance 1er mai 1753
Lieu de naissance Sézanne
Date de décès 30 juin 1829 (à 76 ans)
Lieu de décès Liège
Nationalité Français
Enfants Alexis-Eugène Thuriot
Profession Magistrat

Jacques Alexis Thuriot de la Rozière, chevalier d'Empire, né à Sézanne le 1er mai 1753 et mort à Liège le 30 juin 1829, était un homme politique français qui fut député de la Marne à la Convention nationale.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Jeunesse et début de carrière révolutionnaire
    • 1.2 À la Législative
    • 1.3 La chute du roi
    • 1.4 Thuriot conventionnel
      • 1.4.1 Un fervent montagnard
      • 1.4.2 Dans la mouvance dantoniste
      • 1.4.3 La réaction thermidorienne
      • 1.4.4 Avec les derniers Montagnards
    • 1.5 Fin de carrière politique
    • 1.6 Retour à la magistrature
    • 1.7 Exil et fin de vie
  • 2 Règlement d'armoiries
  • 3 Notes et références
  • 4 Annexes
    • 4.1 Articles connexes
    • 4.2 Liens externes
    • 4.3 Bibliographie

Biographie

Jeunesse et début de carrière révolutionnaire

Fils d’un maître charpentier de Sézanne, Thuriot fait des études de droit et devient avocat à Reims puis à Paris.

Partisan des idées révolutionnaires, il est électeur des députés du Tiers état aux États généraux. Le 14 juillet 1789, il participe activement à la prise de la Bastille. Membre du Comité permanent de l’Hôtel de ville, il est envoyé avec Louis Éthis de Corny à la tête d'une délégation chargée de demander la reddition de la vieille forteresse, mais il échoue.

En 1790, il revient dans la Marne et est nommé juge au tribunal du district de sa ville natale.

À la Législative

En 1791, Thuriot est élu député à l’Assemblée législative par le département de la Marne, par 225 voix sur 381 votants. D'abord neutre, il se range au début de 1792 aux côtés de la gauche. Il fait ainsi voter en mars des mesures de rigueurs contre les émigrés et les prêtres réfractaires. Il dénonce également le ministre Narbonne, accusé d'avoir envoyé aux armées un régiment de sa propre autorité.

Le 2 juillet 1792, il prononce à la tribune un violent discours dans lequel il demande le licenciement de l'état-major de la garde constitutionnelle du Roi. Il réclame aussi que la patrie soit déclarée en danger, que les sections se mettent en état de permanence et que l'on vende les biens des émigrés. Enfin, il obtient l'arrestation de l'ancien ministre feuillant Tarbé.

La chute du roi

Devenu proche de Danton et membre assidu du Club des Jacobins, il participe à la journée du 10 août 1792. Avocat de la Commune de Paris auprès de la Législative, il fait arrêter les ministres d'Abancourt et Laporte, mis à mort peu après. Il fait aussi décréter les visites domiciliaires.

Le 11 août, il prône la destruction des statues des rois de France. Il participe à la création du "tribunal du 17 août", auquel il permet de juger sans appel les suspects. Preuve de sa montée en puissance, il est le dernier vice-président de la Législative, le 17 septembre.

Thuriot conventionnel

Un fervent montagnard

Le 3 septembre 1792, il est élu à la Convention nationale, toujours par le département de la Marne, avec 344 voix sur 412 votants.

Il siège sur les bancs Montagnards. Comme ses collègues de gauche, il s'en prend violemment aux Girondins et aux royalistes. Le 12 décembre 1792, il demande que Louis XVI soit jugé "dans les trois jours" et souhaite le voir "porter sa tête à l'échafaud." Le même jour, il est l'un des quatre commissaires délégués auprès du l'ancien monarque pour lui demander quels défenseurs il a choisis.

Il vote évidemment la mort de Louis XVI et accuse les chefs girondins Brissot, Vergniaud et Louvet d'intriguer pour sauver le roi. Le 21 janvier 1793, il attaque Pétion pour avoir laissé faire les massacres de Septembre. Peu de temps après, c'est Dumouriez qui est l'objet de ses foudres, même si ce général avait eu bien des accointances avec son mentor Danton.

Lors des journées du 31 mai et du 2 juin 1793 qui voient la chute des Girondins, Thuriot est en première ligne pour attaquer ces derniers.

Grâce à l'appui de Danton, il est élu président de la Convention pour un mandat du 27 juin au 11 juillet 1793.

Thuriot entre au Comité de salut public le 10 juillet, dont il est le seul membre dantoniste. Il s'oppose très vite à la Terreur et se trouve en désaccord avec Robespierre. En effet, il traite étonnamment ce dernier de "modéré". De plus en plus minoritaire, opposé à l'arrestation de Houchard, il démissionne du "Grand Comité" le 20 septembre 1793.

Dans la mouvance dantoniste

Il poursuit néanmoins son activité parlementaire, en demandant la destruction des plaques de cheminées marquées d'empreintes royales ou nobiliaires, puis fait décréter que la Convention irait au « Temple de la Raison » chanter l'hymne de la liberté.

À partir de l'automne 1793, Thuriot prend part à la lutte des factions et rejoint le mouvement des Indulgents mené par Danton. Dès le 25 septembre 1793, soit seulement cinq jours après sa sortie du Comité, il attaque la politique terroriste: « Il faut arrêter ce torrent impétueux qui nous entraîne à la barbarie ! Il faut arrêter les progrès de la tyrannie. » Le 10 novembre, il obtient avec Chabot que tous les députés arrêtés soient entendus par la Convention. Deux jours plus tard, il condamne comme arbitraire l'arrestation d'Osselin. Ce modérantisme lui vaut d'être exclu le 13 novembre du Club des Jacobins sous la pression des Hébertistes, en compagnie de Chabot et de Basire.

Fin novembre, Thuriot soutient avec Danton l'idée de créer des Procureurs Départementaux qui seraient les agents du gouvernement révolutionnaire en province. Barère et Billaud-Varenne font rejeter cette proposition, qui est pourtant à l'origine de la création des agents nationaux quelques jours plus tard.

Il est ensuite bien plus discret, ce qui lui permet de ne pas être exécuté avec ses amis Danton et Desmoulins le 5 avril 1794.

Haïssant désormais l'Incorruptible, Thuriot est l'un des artisans de la chute des Robespierristes, le 9 thermidor (27 juillet 1794). Ce jour-là, ayant pris la place de Collot d’Herbois à la présidence de l’assemblée, il empêche Robespierre de parler et favorise ainsi sa mise en accusation et sa chute. Le lendemain, 10 thermidor, il intervient à la tribune pour demander l'exécution immédiate de Robespierre.

La réaction thermidorienne

Symbole des Dantonistes ralliés à la politique des Thermidoriens, Thuriot revient au Comité de Salut public dès le 31 juillet 1794. Il en profite pour faire nommer son ami Dobsen à la tête du Tribunal révolutionnaire à la place de Dumas. Réintégré par les Jacobins, il est même élu président du club le 13 août 1794. Il reste au Comité jusqu'en décembre, mais ne s'associe pas à la politique de réaction qui est menée.

En effet, contrairement à d’autres Dantonistes comme Tallien, Merlin de Thionville ou Fréron, Thuriot ne rejoint pas les bancs de la droite. Lorsque Lecointre dénonce en fructidor les Comités de l’an II, il fait voter une motion de flétrissure contre celui-ci. Pour lui cette attaque était en fait dirigée contre la Convention nationale tout entière. Thuriot se retrouve alors à la tête d’un groupe de députés « centristes »1, partisans de la conciliation entre les thermidoriens « réacteurs » et les Montagnards de l’an III. Son action politique dans les derniers mois de 1794 est donc peu cohérente. D’un côté il appelle à l’écrasement de la révolte jacobine de Marseille, mais de l’autre il craint que le procès de Carrier n’ouvre une boîte de Pandore permettant de juger tous les Montagnards. Il abandonne à leur sort Barère, Collot d’Herbois et Billaud-Varenne mais est très réticent à l’idée de réintégrer les Girondins.

Avec les derniers Montagnards

À l’hiver de l’an III, face à la montée de la réaction, Thuriot évolue de plus en plus vers la gauche. Il demande la suppression des comités révolutionnaires qu’il accuse de mener des actes de vengeance contre les patriotes depuis la chute de Robespierre. Il est l’un des principaux initiateurs de l’insurrection du 12 germinal, dirigée par une de ses créatures, Van Eck. Quelques jours plus tard, le Comité de sûreté générale découvre un prétendu complot dont il serait le chef avec Cambon et Maribon-Montaut, la « conjuration des œufs rouges ».

Il soutient et participe à l’insurrection du 1er prairial avec les députés de la Crète. Il est même proclamé procureur de la Commune de Paris par les insurgés. L’échec de cette journée manque de peu de causer sa perte. Dès le 2 prairial, il est décrété d'accusation par André Dumont mais parvient à s'enfuir. Il se cache pendant plusieurs mois, jusqu’à l’amnistie votée en octobre 1795.

Fin de carrière politique

Thuriot quitte alors la vie politique et devient commissaire du Directoire auprès des tribunaux de la Marne. Peut-être proche de Babeuf, il est inquiété dans l'affaire de la Conjuration des Égaux mais n'est finalement pas arrêté.

Toujours fidèles à ses idéaux jacobins, il est élu député au Conseil des Cinq-Cents en 1798, mais son élection est annulée lors du Coup d'État du 28 floréal an VI (11 mai 1798).

Retour à la magistrature

Un an plus tard, grâce à l'appui de Sieyès, il est nommé suppléant auprès du tribunal criminel de la Seine. Après le Coup d'État du 18 brumaire, Thuriot est nommé juge titulaire de ce même tribunal. C'est ainsi lui qui en 1804 procède à l'interrogation de Pichegru, Moreau et Cadoudal. Durant la procédure ce dernier ne cesse de le railler, l'appelant avec mépris « Tue-Roi »2, par allusion à son vote régicide. Lorsqu'un jour il demande à Cadoudal ce qu'est devenu un portrait de Louis XVI autrefois en sa possession, le royaliste lui répond brutalement: « Et toi, citoyen Tue-Roi, qu'as-tu fait de l'original ? »3 Thuriot rédige ensuite le rapport du procès.

L'ancien conventionnel est ensuite membre de la Commission des émigrés, puis en 1805 substitut du procureur général de la Cour de Cassation. Il obtient après quelque temps une promotion comme avocat général. Le 15 mai 1813, il est fait chevalier d'Empire par Napoléon Ier.

Exil et fin de vie

Révoqué lors de la Première Restauration, Thuriot récupère sa charge durant les Cent-Jours. Considéré comme persona non grata après le retour de Louis XVIII sur le trône, il est banni du royaume en 1816 comme régicide.

Après avoir vendu ses biens dans la Marne, il s'exile à Liège. Il s'y installe comme avocat et meurt en 1829, un an seulement avant les Trois Glorieuses qui lui auraient permis de retrouver la France.

Son fils Alexis-Eugène Thuriot sera député en 1849.

Règlement d'armoiries

« D'argent, à la croix d'azur chargée en abîme d'une étoile à douze rais d'or, signe distinctif des chevaliers de l'Ordre impérial de la Réunion, cantonnée à dextre en chef d'un œil ouvert au naturel, à sénestre d'une balance de sable; en pointe, à dextre d'un coq aussi de sable, crêté et barbé de gueules, et à sénestre d'une quintefeuille de gueules.4 »

Notes et références

  1. Albert Mathiez, La Réaction thermidorienne, Paris, Armand Colin, 1929
  2. Laurent Boscher, Histoire de la répression des opposants politiques: La justice des opposants politiques (1792-1804), Paris, 2006. [archive]
  3. Ibid.
  4. Source : Armorial des Chevaliers de l'Ordre Impérial de la Réunion créés par Napoléon Ier en 1813 et 1814 - par M. Alcide Georgel - 1869. Texte téléchargé depuis le site de la Bibliothèque Nationale de France. [archive]

Annexes

Articles connexes

  • Liste des membres de l'Assemblée législative par département
  • Liste alphabétique des membres de l'Assemblée législative de 1791-1792
  • Liste des présidents et vice-présidents de l'Assemblée législative
  • Montagne
  • Liste des membres de la Convention nationale par département
  • Comité de salut public
  • Substitut du procureur

Liens externes

  • (fr) Une émeute à Orléans [archive] par Alexis Thuriot de la Rozière.
  • Portrait de Thuriot [archive]

Bibliographie

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

23 avril 2018

Duhem Pierre Joseph

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Pierre Joseph Duhem

 

 

Pierre Joseph Duhem
Naissance 8 juillet 1758
Lille (France)
Décès 24 mars 1807 (à 48 ans)
Mayence (France au terme du traité de Campo-Formio)
Nationalité Drapeau de la France France
Diplôme
Doctorat en médecine
Profession
Médecin
Autres activités
Membre de l'Assemblée nationale

Pierre Joseph Duhem (né à Lille le 8 juillet 1758 - mort à Mayence le 24 mars 1807) était un médecin et homme politique français.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Médecin à Lille
    • 1.2 Carrière à la Législative
    • 1.3 Le conventionnel montagnard
    • 1.4 Chef de la Crête
    • 1.5 Fin de carrière
  • 2 Sources
  • 3 Références

Biographie

Médecin à Lille

Né à Lille, Duhem est le fils d'un maître-tisserand. Il fait ses études au collège d'Anchin de Douai. Après l'université, il devient médecin et exerce dans les hôpitaux militaires de Lille et de Douai. Il se fixe finalement dans sa ville natale en 1787.

Carrière à la Législative

Partisan des idées révolutionnaire, Duhem est le 11 novembre 1789 un des fondateurs de la Société des amis de la Constitution de Lille. En 1790, les citoyens lillois l'élisent juge de paix.

En septembre 1791, il est élu à l'Assemblée législative pour le département du Nord. Il se situe alors du côté de la gauche démocratique.

Le 17 novembre 1791, il se fait remarquer en prononçant un violent discours contre les prêtres réfractaires.

Le 30 mars 1792, Duhem demande la destitution et l'assignation à résidence du ministre Narbonne Lara, accusé d'avoir laissé les départements méridionaux sans défense. Cette proposition suscite une violent réprobation de la part de la majorité de l'Assemblée, si bien que Duhem est rappelé à l'ordre par le président Gensonné. Le 2 avril, alors que Narbonne est applaudi à la tribune par les députés, il déclare que l'Assemblée "s'est avilie" par cet acte, ce qui créé un nouveau tumulte contre sa personne. Il est en revanche applaudi par les tribunes, acquises à la gauche.

Duhem devient à cette époque un des plus ardents fers de lance du mouvement républicain, attaquant sans relâche la monarchie dans les sections populaires.

En juillet, alors que la patrie a été déclarée en danger, il soutient la pétition demandant la déchéance de Louis XVI. Le 25 juillet, il obtient la libération de deux républicains emprisonnés pour avoir colporté des propos séditieux. Il fait même voter des poursuites contre les responsables de l'arrestation. Le lendemain, il déclare sans ambiguïtés: "Le roi ou le peuple doit périr."

Dans la nuit du 10 au 11 août 1792, après la chute de Louis XVI, il présente les décrets suspendant le roi et demandant la réunion d'une Convention. Il est aussi envoyé calmer le peuple qui crie vengeance contre la famille royale.

Le 20 août, il fait décréter que le général Dillon "a perdu la confiance de la nation". Le 21, il est élu secrétaire de l'Assemblée puis est envoyé en mission auprès de l'armée du Nord. Il annonce ainsi que Maubeuge est menacée par les armées étrangères.

Le conventionnel montagnard

En septembre 1792, il est réélu à la Convention nationale par son département et se joint immédiatement aux Montagnards. Le 30 septembre, il est envoyé en mission aux armées et y reste un peu moins de deux mois.

Le 26 décembre 1792, il demande l'éloignement de Roland, suspecté de trahison, puis exige un vote nominal pour le procès de Louis XVI. Il se prononce d'ailleurs pour la mort sans sursis de ce dernier. Le jour de l'exécution (21 janvier 1793), il entre au Comité de sûreté générale où il siège jusqu'en juin. Il profite de cette position pour devenir un adversaire résolu des Girondins, pilotant en mars l'expédition menée contre l'imprimerie de Gorsas.

Du 4 avril au 20 juillet 1793, il repart en mission aux armées. Toujours impliqué dans la vie politique lilloise, il dénonce certains girondins comme le représentant Varlet. Il soutient en revanche des généraux suspects comme Custine et La Marlière contre des jacobins comme Lavalette qu'il destitue.

Robespierre et Jeanbon Saint-André ayant pris la défense énergique de Lavalette, Duhem devient lui-même quelque peu suspect. Le 12 décembre 1793, Robespierre prononce aux Jacobins un discours en faveur des généraux montagnards destitués par certains représentants en mission. Se retrouvant visé, Duhem est exclu du club quatre jours plus tard.

Afin de sauver sa tête, il ne fait ensuite plus parler de lui jusqu'au 9 Thermidor.

Chef de la Crête

Sous la Convention thermidorienne, Duhem appartient au groupe des Crêtois, des Montagnards de l'an III. Il fait notamment décréter comme fête nationale la date anniversaire de la mort de Louis XVI. Fin 1794, il combat la réaction qui s'annonce, notamment à l'occasion du vote sur la mise en accusation de Carrier. Il s'en prend aux thermidoriens comme « une nouvelle faction fondée sur un infâme système de calomnie et de crimes, faction soudoyée par l'étranger, faction dictatoriale de l'opinion publique »1, et attaque leurs chefs Fréron et Tallien. Surtout, il prend la défense de Barère, Collot d'Herbois et Billaud-Varenne accusés de terrorisme.

Proche des derniers sans-culottes parisiens, il tente de s'en faire le porte-voix. Lors de l'Insurrection du 12 germinal an III (1er avril 1795), il fraternise avec les manifestants. Cela lui vaut d'être décrété d'arrestation. Il est emprisonné à Ham puis à Sedan, mais évite de passer en jugement.

Fin de carrière

Libéré par l'amnistie de frimaire an IV, il devient médecin auprès de l'Armée du Nord.

Il reste cependant impliqué en politique et soutient les principaux mouvements néo-jacobins sous le Directoire, étant ainsi membre du Club du Panthéon en 1795-1796. Licencié en 1797, il est réintégré grâce le Coup d'État du 18 fructidor an V. Il est accusé en 1798 d'avoir fait l'apologie des "martyrs de prairial an III".

Transféré à l'armée d'Italie puis à celle de l'Ouest, il est affecté en 1802 à l'hôpital militaire de Mayence.

C'est là qu'il meurt en 1807 à l'âge de 48 ans2.

Sources

Albert Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 2005

Références

  1. François Brunel, Les derniers Montagnards et l'unité révolutionnaire, AHRF no 229, 1977 [archive]
  2. François Xavier de Feller, Supplément au Dictionnaire historique des grands hommes: Aarhusius-Gyllenborg Lyon, 1829, p. 362 en ligne [archive]

Posté par blonjacky à 00:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

22 avril 2018

Huguet Marc-Antoine

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Marc-Antoine Huguet

 
Marc-Antoine Huguet
Fonctions
Député de la Creuse
3 septembre 1791 – 20 septembre 1792
(1 an et 17 jours)
Gouvernement Assemblée législative
Député à la Convention nationale
4 septembre 1792 – 26 octobre 1795
(3 ans 1 mois et 22 jours)
Biographie
Date de naissance 27 mars 1757
Lieu de naissance Moissac (Cantal)
Date de décès 9 octobre 1796 (à 39 ans)
Lieu de décès Paris
Nature du décès Fusillé
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Montagne
Profession Homme d'Église
députés de la Creuse

Marc-Antoine Huguet, né le 27 mars 1757 à Moissac (Cantal), fusillé le 9 octobre 1796 à Paris, est un homme d'Église et un révolutionnaire français.

Sommaire

  • 1 Carrière
  • 2 Mandats de député
  • 3 Sources
  • 4 Bibliographie
  • 5 Notes et références

Carrière

Fils de Joseph Huguet, notaire royal, et de Julienne Dumas1, Huguet entre dans les ordres dès sa jeunesse et devient curé de la paroisse de Bourganeuf, dans la Creuse2. Favorable aux idéaux de la Révolution, il est élu membre de la municipalité de Bourganeuf et président du directoire de ce district en 1790, et les Amis de la Société et de la Constitution, société populaire de cette ville, le choisissent pour président3. En tant que curé de Bourganeuf, il adhère à la Constitution civile du clergé, avant d'être élu le 9 mai 1791 évêque constitutionnel de la Creuse après la démission de Jean-François Mourellon4,5.

Le 3 septembre 1791, il est élu député de la Creuse, le 7e et dernier, avec 154 voix sur 286 votants à l'Assemblée législative, où il siège parmi les députés patriotes. Lors des séances du 24 juillet et du 15 août 1792, il dénonce les ministres de Louis XVI, en particulier Dejoly, ministre de la justice6.

Après la chute de la royauté, il est réélu le 4 septembre 1792, le 1er sur 7, avec 187 voix sur 370 votants, à la Convention nationale, où il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il explique, durant l'appel nominal : « Louis est coupable de haute trahison ; je vais au fait, je vote la mort, avec l'amendement de Mailhe. Je demande ensuite que vous portiez la peine de mort contre ceux qui insulteront les non-votants pour la peine capitale. »

Par arrêté du Comité des inspecteurs de la salle du 26 prairial an II (14 juin 1794), il est nommé avec Antoine Dominique Chabanon représentant en mission en Seine-Inférieure et dans le Calvados pour l'approvisionnement de la Convention en papier. Puis il est envoyé en Charente, Haute-Vienne, Puy-de-Dôme et départements circonvoisins avec Augustin Chenadeau par arrêté du Comité des inspecteurs de la salle de la 3e sans-culottide an II (19 septembre 1794) pour s'occuper des papeteries et rentre à Paris au plus tard le 23 frimaire an III (13 décembre 1794)7.

Après le 9-Thermidor, il fait partie des Montagnards de l'an III. Lors de l'insurrection du 12 germinal an III (1er avril 1795), il prend parti pour les sectionnaires qui envahissent la convention, lui criant : « Peuple, n'abandonne pas tes droits! » Dénoncé par André Dumont pour ces mots, il est arrêté le soir même avec Amar, Duhem et Foussedoire. Emprisonné au fort de Ham, il est libéré grâce à l'amnistie générale votée le 4 brumaire an IV (26 octobre 1795), après la ratification de la constitution de l'an III.

Toutefois, compromis dans l'affaire du camp de Grenelle, qui avait pour but de soulever l'armée contre le Directoire, dans la nuit du 24 fructidor an IV (10 septembre 1796), il est arrêté avec ses compagnons au milieu du camp. Jugé par une commission militaire, il est condamné à mort et fusillé.

Ayant renoncé au sacerdoce en 1793, il s'est marié et laisse une veuve enceinte de sept mois8,9. Le 1er frimaire an VI (21 novembre 1797), le Journal de la Marne publie un entrefilet intitulé : « Cri de l'humanité! » en faveur de celle-ci10.

Mandats de député

  • Creuse : 3 septembre 1791-20 septembre 1792
  • Creuse : 4 septembre 1792-26 octobre 1795

Sources

  • Adolphe Robert, Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, Paris, Bourloton, 1889, tome 3, de Hugues à Ichon [archive], p. 371 à 380
  • Ferdinand Hoefer (dir.), Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, p. 466 [archive]

Bibliographie

  • Louis Pérouas, La Révolution vécue en Limousin, 140 pages
  • René Boudard, « Un ancien curé de Bourganeuf, le conventionnel Marc-Antoine Huguet », Mémoires de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse, tome 33, 1957, p. 100-108
  • Pierre Bliard, Les conventionnels régicides d'après des documents officiels et inédits, Perrin et cie, 1913, 539 pages, p. 499
  • Adolphe Robert, Julien Le Chaplain, Dictionnaire historique de la Révolution et de l'Empire, Librairie historique de la Révolution et de l'Empire, 1899, p. 187
  • Jean-Chrétien Ferdinand Hoefer, Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Paris, Firmin Didot frères, fils et Cie, tome 25, 1858, p. 466

Notes et références

  1. Edna Hindie Lemay, Dictionnaire des législateurs 1791-1792, Centre international d'étude du XVIIIe siècle, 2007, vol. 2, 821 pages, p. 402 (ISBN 2845590253).
  2. « Huguet, Marc-Antoine » [archive], Le robert des noms propres
  3. Louis Duval, Archives révolutionnaires du département de la Creuse, 1789-1794, chez l'auteur, 1875, 392 pages, p. 183.
  4. Gaëlle Pirot, « 45L-51L. Tribunaux de district. Aubusson, Bourganeuf, Boussac, Évaux, Felletin, Guéret et La Souterraine. Fin 1790-brumaire an IV (civil et criminel) » [archive], Archives départementales de la Creuse, 2005, p. 58, note 1
  5. Valérie Aubaisle (professeur d'histoire-géographie au collège Jeanne d'Arc), « Histoire » [archive] sur le site du diocèse de Limoges
  6. Voir le compte-rendu des séances du 24 juillet [archive] et du 15 août 1792 [archive].
  7. Michel Biard, Missionnaires de la République, Paris, CTHS, 2002, p. 525.
  8. « Huguet, Marc-Antoine » [archive], Le Robert des noms propres
  9. L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, n° 508-518, 1994, p. 677.
  10. Annales historiques de la Révolution française, Paris, Didot et Cie, 1923, II, p. 492.

Posté par blonjacky à 00:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

21 avril 2018

Agricol Viala Joseph

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Joseph Agricol Viala

 

Joseph Agricol Viala

250px-Agricol_Joseph_Viala


Naissance 22 septembre 1780
Avignon
Décès 8 juillet 1793 (à 12 ans)
Caumont-sur-Durance
Mort au combat
Origine Drapeau de la France France

Joseph Agricol Viala, né le 22 septembre 1780 à Avignon et mort le 6 juillet 1793 à Caumont-sur-Durance (Vaucluse) est une figure de la Révolution française.

 

Sommaire


  • 1Biographie
  • 2Postérité
  • 3Notes et références
  • 4Sources
  • 5Compléments
    • 5.1Articles connexes
  • 6Bibliographie
    • 6.1Lien externe

 

Biographie

Viala habite Avignon quand, en 1793, éclate dans le Midi une insurrection fédéraliste, après la chute des Girondins à Paris. Soutenus par les Anglais, les royalistes s'allient aux Fédéralistes, prenant le contrôle de Toulon et de Marseille. Face à ce soulèvement, les soldats de la Première République française sont obligés de se replier vers Avignon, abandonnant Nîmes, Aix, Arles, aux insurgés provençaux. Les habitants de Lambesc, de Tarascon, réunis aux Marseillais rebelles, se dirigent vers la Durance pour marcher sur Lyon, elle aussi en insurrection contre le pouvoir parisien. Ils espèrent briser la Convention et mettre ainsi un terme à la Révolution.

Neveu d'Agricol Moureau, Jacobin avignonnais, rédacteur du Courrier d'Avignon et administrateur du département de Vaucluse, Viala est devenu commandant de l'« Espérance de la Patrie », garde nationale des jeunes avignonnais1.

À la nouvelle de l’approche des insurgés marseillais, au début de juillet 1793, les républicains, principalement ceux d’Avignon, se réunissent pour leur interdire le franchissement de la Durance. Viala se joint aux gardes nationaux avignonnais. En infériorité numérique, la seule solution est de couper, sous le feu des insurgés, les cordages du bac de Bonpas. Pour cela, il faut traverser une chaussée entièrement exposée à la mousqueterie des rebelles, et derrière laquelle les républicains se sont retranchés. Les républicains hésitent néanmoins, jugeant l'opération périlleuse.

Selon les récits consacrés à l'événement, Viala, alors âgé de treize ans, s'élance vers le câble et l'attaque à coups d'une hache dont il s'est emparé. Plusieurs décharges de mousqueterie sont dirigées contre lui. Atteint d'une balle, il est mortellement blessé 2.

La tentative de Viala n'empêche pas les insurgés de passer la Durance. Toutefois, elle permet aux républicains d'opérer une retraite, sans pouvoir emmener le corps de l'enfant. Un de ses camarades, qui aurait recueilli ses dernières paroles, essaie, selon la tradition, de ramener son corps, mais il doit reculer devant les royalistes qui s’avançaient. Ceux-ci, traversant la Durance, auraient insulté et mutilé le cadavre de Viala, avant de le précipiter dans la rivière. Apprenant la mort de son fils, la mère de Viala aurait dit : « Oui [...], il est mort pour la patrie ! ».

Postérité

La mort de Viala, de Pierre-Paul Prud'hon.

Viala est, avec Bara, l'une des plus connues des figures de héros-enfants de la Révolution française, mais à un degré moindre, car plus tardive. De fait, la presse jacobine ne l'évoque pas avant pluviôse an II. C'est surtout le discours prononcé par Robespierre devant la Convention le 18 floréal qui contribue à la faire connaître 3. À la demande de Barère, l'assemblée vote les honneurs du Panthéon : la cérémonie, qui doit se tenir d'abord le 30 messidor, est repoussée au 10 thermidor. Mais le 9 Thermidor empêche la cérémonie parisienne, qui n'aura jamais lieu. Toutefois, en prairial, Payan publie un Précis historique sur Agricol Viala qui contribue à populariser sa figure. À Avignon, une fête civique est organisée le 30 messidor « en l'honneur de Bara et Viala » 1. Une gravure représentant ses traits est distribuée dans toutes les Écoles primaires.

Le graveur Pierre-Michel Alix (1762-1817) a réalisé un portrait en buste de Viala. Louis Emmanuel Jadin (1768-1853) a composé un Agricol Viala, ou Le jeune héros de la Durance, fait patriotique et historique en un acte, joué le 1er juillet 1794 à Paris.

On trouve dans l’hymne que Marie-Joseph Chénier a intitulé le Chant du départ, la strophe suivante qu’il a placée dans la bouche d’un enfant :

De Barra, de Viala le sort nous fait envie ;
Ils sont morts, mais ils ont vaincu.
Le lâche, accablé d’ans n’a point connu la vie :
Qui meurt pour le peuple a vécu !
Vous êtes vaillants, nous le sommes ;
Guidez-nous contre les tyrans :
Les républicains sont des hommes,
Les esclaves sont des enfants.

Dans le cadre de la lutte des mémoires entre les républicains et leurs adversaires, les érudits locaux hostiles à la Révolution ont tenté d'établir que l'enfant aurait provoqué les insurgés par des gestes grossiers. À travers Viala, c'est, semble-t-il, surtout son oncle, « l'homme rouge », qui aurait été visé 1.

En 1822, le sculpteur Antoine Allier a réalisé un monument grandeur nature en bronze, représentant Joseph Agricol Viala nu renversé, la main droite posée sur une hache, le bras gauche agrippé à un poteau avec anneau et morceau de corde. À la suite d'un don du Musée du Louvre au musée de la ville, il a été érigé place Gustave-Charpentier, dans le faubourg de Boulogne-sur-Mer, en juin 1993.

Sous la Troisième République, l'historiographie et la littérature scolaire contribuent au retour des figures de Viala et de Bara 1.

La rue Viala, dans le XVe arrondissement de Paris, porte son nom 4. Avignon, sa ville natale, a sa rue Viala, parfois appelée aussi place de la Préfecture.

Le poète Victor Hugo fait référence à Viala dans L'Année Terrible quand il compare le courage d'un jeune communard à celui de Viala  : « Mais le rire cessa, car soudain l'enfant pâle,/ Brusquement reparu, fier comme Viala, /Vint s'adosser au mur et leur dit : Me voilà ! »

Notes et références

  1. ↑ a, b, c et d Michel Vovelle, « Viala, Agricol Joseph », in Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989 (rééd. Quadrige, 2005, p. 1087)
  2.  « En vain on veut le retenir ; il brave le péril, et l’on ne peut s’opposer à son audacieux projet. Il saisit la hache d’un sapeur, il tire sur les ennemis plusieurs coups du mousquet dont il est armé, puis, malgré les balles qui sifflent autour de lui, il parvient au rivage, et, saisissant sa hache, frappe le câble avec vigueur. Le hasard semble d’abord le seconder, il a presque achevé sa tâche périlleuse sans être atteint, quand, à ce moment, une balle lui perça la poitrine. Il se soulève encore ; mais il retombe sans force en s’écriant : « M’an pas manqua ! Aquo es egaou ; more per la libertat. » (Ils ne m’ont pas manqué ! cela est égal ; je meurs pour la liberté.) Puis il expira après ce sublime adieu, sans proférer une plainte ou un regret ». in Charles MulliéBiographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition]
  3.  Dans ce discours, Robespierre affirme : « Par quelle fatalité ou par quelle ingratitude a-t-on laissé dans l'oubli un héros plus jeune encore et plus digne de la postérité [...]? »
  4.  [1] [archive]

Sources

Compléments

Articles connexes

  • Insurrections fédéralistes
  • Convention
  • Révolution française
  • Rue Viala (Lyon) et Rue Viala (Paris)

Bibliographie

  • Albert des Étangs, Études sur la mort volontaire. Du suicide politique en France depuis 1789 jusqu'à nos jours, Paris, Librairie Victor Masson,‎ 1860, 531 p.
  • Victorin Laval, Joseph-Agricol Viala: sa naissance, sa mort, sa glorification, d'après des documents contemporains, Seguin,‎ 1903, 61 p.
  • A. de Ray, Réimpression de l'ancien moniteur, seule histoire authentique et inaltérée de la Révolution française depuis la réunion des États généraux jusqu'au Consulatvol. 21, Paris, Henri Plon,‎ 1861, p. 186-187

Lien externe


20 avril 2018

Bernier François

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

 

François Bernier (philosophe)

 

François Bernier (philosophe)

BernierVoyageMogol

Édition de 1830 des Voyages dans les États du Grand Mogol.

Naissance
25 septembre 1620
Joué-Étiau
Décès
22 septembre 1688 (à 67 ans)
Paris
Langue maternelle
Français
Formation
Lycée Louis-le-Grand

François Bernier, né le 25 septembre 1620 à Joué et mort le 22 septembre 1688 à Paris, est un voyageur, médecin et philosophe épicurien français.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Jeunesse
    • 1.2 Voyages en Orient
    • 1.3 Retour en France
    • 1.4 Œuvre littéraire
  • 2 Ouvrages
  • 3 Notes et références
    • 3.1 Source
  • 4 Voir aussi
    • 4.1 Bibliographie
    • 4.2 Articles connexes

Biographie

Jeunesse

Bernier ayant perdu son père, qui tenait des terres du chapitre de Saint-Maurice d’Angers à ferme à l’âge de quatre ans, il fut, ainsi que ses deux sœurs, Antoinette et Jeanne B, confié à la tutelle de son oncle paternel François Bernier, curé de Chanzeaux, qui l’avait tenu sur les fonts de baptême. Il dut, un peu plus tard, à la protection de deux magistrats, Bochard de Champigny, intendant de Provence en 1637, et d’un allié de celui-ci, Luillier, maître des requêtes et conseiller au Parlement de Metz qui s’étendit sur sa jeunesse d’être entrainé hors de sa province natale pour faire ou pour achever ses études.

Ce fut par ses deux bienfaiteurs que Bernier fut mis en relation avec le philosophe Gassendi, prévôt de la cathédrale de Digne, qui avait combattu la doctrine d’Aristote et allait renouveler celle d’Épicure. Cette relation eut une influence considérable sur sa vie entière. En 1642, Gassendi, nouvellement arrivé à Paris, enseignait la philosophie à Chapelle, fils naturel de François Luillier chez qui il habitait ; il admit à partager ses leçons plusieurs amis du jeune homme, Molière, Hesnault, Cyrano de Bergerac, Bernier. Celui-ci suivit en outre, en 1645, le cours public d’astronomie de son maître nommé professeur au Collège Royal, et se mit en état d’instruire les autres à son tour. Il fut même quelque temps précepteur et répétiteur de philosophie.

L’oncle de Bernier le destinait à l’église et lui faisait entrevoir qu’il lui transmettrait son bénéfice. Mais le titulaire devait garder longtemps sa place et sa vocation était autre. Les circonstances, qui déjà l’avaient préparé à être un philosophe, en firent de plus un voyageur. De 1647 à 1650, il préluda, par une longue course à travers l’Europe, à l’entreprise qui devait plus tard illustrer son nom. Il accompagna à Dantzig et en Pologne un de ses amis, peut-être son ancien élève, M. de Merveilles, chargé par le gouvernement d’une mission diplomatique. Le retour se fit, avec des pauses nombreuses, par l’Allemagne du sud et l’Italie. Les voyageurs visitèrent particulièrement Rome et Venise.

Bernier rapporta de sa longue absence un vif désir de voir le monde et aspira dès lors à une expédition plus lointaine, mais différentes causes, et surtout l’état de santé de Gassendi, qu’il avait retrouvé malade en Provence, retardèrent l’exécution de son dessein de plusieurs années. Bernier se fit, dans l’intervalle, recevoir docteur de la Faculté de Montpellier le 26 août 1652, et soutint, de 1651 à 1654, une guerre de plume contre un professeur royal, mathématicien et astrologue, Jean-Baptiste Morin. Non content de critiquer les ouvrages que Gassendi son collègue avait composés pour la défense d’Épicure, Morin avait prédit la mort de l’auteur pour une époque déterminée, au risque de la provoquer. Dans une dissertation latine qui traitait d’ailleurs le fond de la dispute, Bernier ridiculisa Morin, comme Ménage avait fait de Montmaur. Il y eut réplique sur réplique, vives et injurieuses de l’une et de l’autre part. Mais Morin, qui était le protégé de Mazarin et avait du crédit en cour de Rome, ayant, en fin de compte, dénoncé son adversaire aux deux puissances et réclamé à la fois contre lui une lettre de cachet et l’excommunication, Bernier, quoiqu’il eût en les rieurs de son côté, céda au désir du pacifique Gassendi en cessant la dispute.

En 1653, Bernier, qui avait ramené son maitre à Paris dans une maison amie, prodigua à ce dernier les soins les plus assidus jusqu’à sa mort et, dit un biographe, il lui ferma les yeux comme un fils à son père.

Voyages en Orient

Une fois Gassendi mort, Bernier fit ses préparatifs de départ, et dans les premiers mois de 1656, il s’embarqua pour l’Orient. Il visita d’abord la Palestine et séjourna plus d’un an en Égypte, où il fut malade de la peste. Il s’était proposé de pénétrer par l’Éthiopie, c’est-à-dire par l’Abyssinie, dans l’intérieur de l’Afrique. Les informations qu’il eut pendant sa descente de la mer Rouge l’ayant fait renoncer à ce plan, il alla aborder à Surat, sur la côte de l’Inde et les confins de l’empire moghol.

Les fils de l’empereur Shâh Jahân se disputaient alors l’exercice de la souveraineté au nom de leur père affaibli par l’âge. Ayant assisté à une partie de la lutte et vu la défaite de l’aîné des quatre frères, Dârâ Shikôh, et le triomphe du troisième, Aurangzeb, Bernier consacra la première partie de ses Mémoires au récit de cette « sanglante tragédie ».

Déterminé à demeurer quelques années dans le pays, Bernier se fit attacher en qualité de médecin à la cour de l’empereur. L’amitié particulière qu’il contracta avec l’agah Danechmend-Khan, son favori, le fit admettre, comme faisant partie de sa suite, à visiter le royaume de Cachemire où Aurangzeb se rendit en 1664-65, pour la première fois après son couronnement. Il a décrit son séjour dans cette contrée, sorte de paradis terrestre longtemps interdit d’accès aux Européens par ses souverains et où on n’arrivait qu’après des fatigues énormes, causées par une excessive chaleur, mettant en péril les jours du voyageur le plus déterminé. La constitution de Bernier ayant résisté à l’épreuve du climat, il acheva de parcourir l’Inde et, après y avoir passé huit ans, il revint par la Perse et la Turquie.

Retour en France

Arrivé à Marseille à la fin de l’été 1669, Bernier était resté douze ans éloigné de sa patrie qu’il avait quittée presque au lendemain des troubles de la Fronde et avait été soutenu dans son entreprise, tant par les largesses de M. de Merveilles, que par les encouragements du poète Chapelain, qui protégeait en lui le disciple aimé de son ami Gassendi.

Il publia, sous les auspices de Louis XIV et de son ministre des Mémoires, où il passe en revue l’histoire contemporaine de l’Inde, les différentes parties de son administration, ses mœurs, sa religion, ses sciences et sa philosophie, en même temps qu’il décrit les principales villes et provinces de la contrée. Cette publication, qui remplit les deux années qui suivirent son retour, attira sur lui l’attention du public et lui valut le surnom de « Bernier-Mogol », sous lequel Voltaire le désignera encore, soixante ans plus tard. Une traduction de son ouvrage le fit connaitre presque aussitôt à l’Angleterre ; c’est à elle que John Dryden doit avoir emprunté le sujet de sa tragédie d’Aureng-Zebe.

À partir de 1672 toutefois, Bernier semblant avoir épuisé son portefeuille de voyage, se livra à peu près exclusivement à la littérature, aux sciences, à la philosophie. Peu de temps après son retour, il vit disparaître les vieux amis de Gassendi qui, les premiers, s’étaient intéressés à ses aventures, La Mothe Le Vayer, La Chambre, Guy Patin, Chapelain lui-même. Sous les auspices de Chapelle, son ami de jeunesse qui lui restait, son correspondant pendant ses longues absences, que Bernier forma de nouvelles amitiés avec Gilles Boileau, Jean Racine et Jean de La Fontaine, en même temps qu’il renouait son ancienne liaison avec Molière. On pense qu’il a fourni à La Fontaine les détails techniques de son Poème sur le Quinquina. Il a certainement suggéré à celui-ci le sujet de plusieurs fables. Quant à Racine et Boileau, il a participé avec eux à la rédaction de l’Arrêt burlesque qui eut, un moment, la signature du premier président Lamoignon, et il a rédigé seul la Requête qui est censée servir de base à l’arrêt.

D’un caractère enjoué et aimable Bernier est, à cette époque, très répandu dans le monde littéraire, fréquentant les salons littéraires de l’époque, comme ceux de Marguerite de La Sablière ou de Ninon de Lenclos. Il est assidu au cours du chimiste Lémery, que fréquentent aussi Renault, Régis, Tournefort et plusieurs dames. Il fait partie des réunions hebdomadaires qui se tiennent chez le médecin Denis et chez Ménage. À mesure que se multiplièrent les journaux littéraires et savants, qui datent presque tous de ce temps, il leur accordera sa collaboration et y traitera les questions du jour.

La principale occupation de Bernier, en 1674 et les années suivantes, c’est la publication, en 1678, d’un Abrégé de la philosophie de Gassendi, dont il avait, à regret et vu son absence, laissé publier les œuvres complètes par d’autres. Une traduction libre du Syntagma totius philosophia parue en 1678 acquitta sa dette et lui donna en même temps l’occasion d’affirmer sa propre doctrine, en exposant bientôt après, en 1682, ses Doutes sur quelques chapitres de l'Abrégé dans un ouvrage séparé dédié à Marguerite de La Sablière Celle-ci, qui fut pendant vingt ans la protectrice de La Fontaine, avait aussi reçu dans son opulent hôtel Bernier, habitué à vivre chez les autres. En retour, il l’initiait au système de Gassendi, aux opinions de Descartes et la tenait par ses entretiens ou ses lettres au courant du mouvement des sciences. Après que Mme de La Sablière, à peu près retirée du monde, se fut réfugiée aux Incurables, ne gardant dans sa maison que le seul La Fontaine, Bernier continua de correspondre avec elle, et elle demeura jusqu’à la fin de sa vie l’âme ses écrits. II lui adressait annuellement, sons le titre d’Étrennes, différentes pièces qu’il donnait ensuite aux journaux.

Au milieu de ses nombreux travaux et malgré les séductions de la vie parisienne, Bernier n’avait pas perdu le goût des voyages. Il allait habituellement passer plusieurs mois de l’année en Languedoc et en Provence où il avait conservé des amis et il faisait des courses dans les provinces voisines. C’est ainsi qu’il fut l’un des premiers à décrire le canal du Midi.

En 1685, il se laissa attirer jusqu’en Angleterre par Saint-Évremond, qu’il avait connu en France avant son exil. La petite cour que tenait à Londres Hortense de Mazarin le retint quelque temps. Revenu par la Hollande, où s’imprimait un de ses ouvrages, il y rencontra avec Bayle, qui s’est souvenu plusieurs fois de lui dans ses publications. Il songeait à finir ses jours dans sa province natale, où il avait des neveux, nés d’Antoinette B., sa sœur alliée, V. Bourigault (René et Philippe), mais il mourut, sans en avoir eu le temps, après quelques jours de maladie. Une plaisanterie qu’il essuya de la part du procureur-général de Harlay, étant à sa table, fut, dit-on, la cause de sa mort.

II n’existe pas de portrait gravé de François Bernier mais, après son voyage d’Angleterre, Saint-Évremond rendant compte de cette visite à Ninon de Lenclos, le qualifiait de « joli philosophe » : « Joli philosophe ne se dit guère, mais sa figure, sa taille, sa manière, sa conversation, l’ont rendu digne de cette épithète-là. » Il avait été nommé membre de l’Académie des belles-lettres d’Angers dès sa fondation.

Œuvre littéraire

La diversité des occupations de François Bernier et le nombre de ses ouvrages rendent difficile à résumer l’œuvre de cet esprit curieux et observateur. Comme voyageur, il a été le premier à décrire une contrée jusque-là inconnue aux Européens, remplissant à peu près pour l’Inde l’ensemble du programme que lui traçait la science de son temps par la plume de l’académicien Chapelain et ses Mémoires ont généralement été mis au-dessus de ceux de Jean-Baptiste Tavernier, de Jean de Thévenot, de Jean Chardin même. Comme littérateur, il a été mêlé au mouvement du Grand Siècle, dont il a connu et goûté les écrivains les plus célèbres, qui ont accepté sa collaboration. Comme philosophe, il a soutenu les titres du gassendisme et, sans se joindre aux ennemis des cartésiens persécutés1, il a quelque peu contrebalancé le crédit de leur doctrine, étant, à peu près comme eux, spiritualiste dans sa Lettre à Chapelle, ce qui l’a fait qualifier de « cartésien sans le savoir » quoique Bernier indique très nettement les points sur lesquels il se sépare du cartésianisme : il n’admet pas avec Descartes que nous ayons une idée plus claire de l’âme que du corps ; il reste fidèle au système des atomes et du vide qui lui paraît seul propre à expliquer le mouvement ; il se prononce contre la confusion de la liberté avec la volonté, il est contraire à l’animal-machine, à la preuve de l’existence de Dieu par son idée, aux causes occasionnelles. Ses doutes sur la doctrine de Gassendi ne sont pas plus d’un adversaire passé dans un autre camp, qu’ils ne sont d’un sceptique. Ils portent sur les questions les plus ardues de la métaphysique, l’espace et le lieu, l’éternité et le temps, la nature et la cause du mouvement. Les explications de Bernier font moins songer à Descartes qu’à Leibnitz.

François Bernier publie en 1684 la première tentative théorique de diviser l’humanité en « races », notamment en fonction de la couleur de peau des individus. Il publie sans nom d’auteur dans le Journal des sçavans un article intitulé « Nouvelle Division de la Terre par les différentes Espèces ou races d’homme qui l’habitent, envoyé par un fameux Voyageur à M. l’abbé de la *** à peu près en termes ». Il y considère la couleur de la peau comme un attribut physique immuable, à la différence de Boulainvilliers qui assimile les races aux familles ou de Buffon, qui les attribue au climat. Bernier a ainsi été le premier à élargir le concept de race à l’humanité tout entière et, même s’il n’établit pas clairement une hiérarchie ouverte entre lesdites « races » qu’il a distinguées, les qualités qu’il attribue à chacune place les Européens loin devant les autres comparés à de « vilains animaux »2, et pose les fondations modernes du racisme. Il écrit par exemple : « Les Lappons composent la 4e espèce. Ce sont des petits courtaux avec des grosses jambes, de larges épaules, le col court, et un visage je ne sais comment tiré en long, fort affreux et qui semble tenir de l'ours. Je n'en ai jamais vu que 2 à Dantzig, mais selon les portraits que j'en ai vu et le rapport qui m'en ont été fait par quantité de personnes qui ont été dans le pays ce sont de vilains animaux »3.

En 1869, la ville d’Angers a nommé l’une des nouvelles rues de la ville à son nom. Sa ville natale, désormais dénommée Valanjou a fait de même.

Ouvrages

  • Anatomia ridiculi Muris, hoc est dissertatiunculæ J.-B. Morini astrologi adversus expositam a P. Gassendo philosophiam. Itemque obiter prophetiæ falsæ a Morino ter evulgatæ de morte ejusdem Gassendi ; per Franciscum Bernerium Andegavum, Paris, Michel Soly, 1651, in-4°4 ;
  • Favilla ridiculi Muris, hoc est dissertatiunculæ ridicule defensæ a Joan. Bapt. Morino astrologo aduersus expositam a Petro Gassendo Epicuri philosophiam ; per Franciscum Bernerium Andegavum, doctorem medicum Monspeliensem, Paris, Edm. Martin, 1653, in-4° 5;
  • Mémoires du sieur Bernier sur l’empire du grand Mogol, Paris, Claude Barbin, 1670-1671, 4 vol. in-12 édités séparément ;
  • Voyage dans les États du Grand Mogol, Paris, Claude Barbin, 1671 ; Paris, Fayard, 1981 (ISBN 9782213009544)
  • Requeste des maîtres ès-arts, professeurs et régents de l’Université de Paris, présentée à la Cour souveraine du Parnasse, ensemble l’Arrest intervenu sur ladite requeste contre tous ceux qui prétendent faire enseigner ou croire de nouvelles découvertes qui ne soient pas dans Aristote ;
    L’Arrêt burlesque est dans tontes les éditions complètes de Boileau. La Requête s’y trouve jointe dans celle de Lefêvre de Saint-Marc et elle est donnée toute seule dans le Ménagiana. Les deux pièces sont signalées dans les Lettres de Madame de Sévigné des 6 et 20 septembre 1671 et elles furent, paraît-il, publiées la même année à La Haye en Hollande. Le Dictionnaire des anonymes de Barbier décrit en outre et il existe une plaquette de 24 pages in-12 de ce titre, imprimée en 1702 à Libreville chez Jacques Lefranc (sic).
    6
  • Abrégé de la philosophie de M. Gassendi, Lyon, 1678, en 8 tomes in-12
    Cette édition est la première qui soit complète, mais l’auteur avait déjà donné des parties séparées de l’ouvrage à Paris d’abord, 1674 et 1675, dans le format in-4°, et aussi à Lyon, 1676. En 1684, Bernier publia de nouveau à Lyon une édition remaniée et plus étendue que celle de 1678, en ce qu’elle contient en sus tout on partie des trois opuscules qui suivent.
  • Éclaircissement sur le livre de M. de La Ville (le Père Le Valois, jésuite) intitulé : Sentimens de M. Descartes touchant l’essence et les propriétés des corps, etc. ;
    Bayle a compris cet ouvrage en 1684 dans son : Recueil de quelques pièces concernant la philosophie de M. Descartes. Il dit dans sa préface que le livre de Bernier, tiré à peu d’exemplaires, avait paru quelques années auparavant ; ce doit être en 1680 ou 1681.
  • Doutes de M. Bernier sur quelques-uns des principaux chapitres de son Abrégé de Gassendi, Paris, 1682, in-12 7;
  • Traité du libre et du volontaire, Amsterdam, 1685, in-12
  • Lettre sur le Café, adressée à Phil.-Sylv. Dufour et publiée par cet auteur dans ses Traités nouveaux et curieux du Café, du Thé et du Chocolate, Lyon, 1685 ;
    Cette pièce a été réimprimée en 1864 par le docteur Mabille, ainsi que l’importante Lettre à Chapelle, qui, bien que son contenu soit plus philosophique qu’historique, fait partie des Voyages de Bernier comme ayant été envoyée de Shiraz en Perse.
  • Nouvelle division de la terre par les différentes espèces ou races d’hommes qui l’habitent, envoyée par un fameux voyageur à M. l’abbé de La ***, le Journal des Savants, avril 1684, et le Mercure de France de 1722 ;
  • Extrait de diverses pièces envoyées pour étrennes à Mme de La Sablière (dans le Journal des Savants des 7 et 14 juin 1688)
  • Introduction à la lecture de Confucius ;
  • Description du canal de jonction des deux mers ;
  • Combat des vents ;
  • Maximes touchant le mouvement ;
  • Des Réfractions ;
  • Épitaphe de Chapelle (mort en 1686) ;
  • Observations médicales communiquées par un professeur de Montpellier (Pierre Chirac) ;
  • « Description du canal du Languedoc », Mercure galant, février 1688 ;
    Elle y donna lieu à une polémique à laquelle a mis fin la mort de Fr. Bernier.
  • Mémoire sur le Quiétisme des Indes, dans l’Histoire des ouvrages des Savants de Basnage, septembre 1688.

Notes et références

  1. Il fut sur le point d’être emprisonné, en 1671, pour sa défense de Descartes.
  2. «L'idée de réintégrer l'homme dans la série des animaux s'accorde pleinement avec la philosophie antichrétienne (Bayle, Fontenelle, etc.) qui naît à son époque, et qui va s'épanouir au siècle des Lumières». Christian Delacampagne, Une histoire du racisme, Le Livre de Poche, p.148.
  3. « Nouvelle Division de la Terre par les différentes Espèces ou races d'homme qui l'habitent, envoyé par un fameux Voyageur à M. l'abbé de la *** à peu près en termes », Journal des sçavans, 24 avril 1684, p. 13, en lien sur [gallica.bnf.fr gallican].
  4. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k109677k.r=fran%C3%A7ois%20bernier [archive]
  5. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63134h.r=fran%C3%A7ois%20bernier [archive]
  6. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k860978.r=fran%C3%A7ois%20bernier [archive]
  7. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k755825.r=fran%C3%A7ois%20bernier [archive]

Source

  • Célestin Port, Dictionnaire historique géographique et biographique de Maine-et-Loire, v. 1, Paris, J.-B. Dumoulin ; Angers, Lachèse et Dolbeau, 1878, p. 325-8. - L'édition originale ainsi que la seconde édition augmentée, publiée de 1965 à 1996 (Bernier, p. 351-352) sont disponibles en ligne sur le site des archives départementales de Maine-et-Loire [1] [archive] [2] [archive]

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

  • Védisme
  • Littérature française : Moyen-Âge - XVIe siècle – XVIIe siècle - XVIIIe siècle - XIXe siècle - XXe siècle - XXIe siècle

 

Posté par blonjacky à 00:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

19 avril 2018

Brémond de Saint-Christol Jacques-François

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Jacques-François Brémond de Saint-Christol

 

Jacques-François Brémond, baron de Saint-Christol, né le 17 octobre 1748 à Tulette (Drôme), mort le 7 octobre 1819 à Beaumes-de-Venise (Vaucluse), est un agent royaliste et un émigré sous la Révolution et l'Empire.

Il passe son enfance dans le Comtat Venaissin et se fait nommer président de l'assemblée représentative siégeant à Carpentras en 1790. Opposé au rattachement de ce territoire à la France, il devient major-général de la milice constituée avec l'agrément du pape pour combattre les patriotes. Tandis qu'il revient d'un voyage à Paris où il avait, en vain, présenté une adresse à Louis XVI et à l'Assemblée constituante pour empêcher l'annexion, ses hommes sont battus le 19 avril 1791 à Sarrians.

Après le rattachement du Comtat à la France (14 septembre 1791), il passe en Savoie avec son fils, Antoine-Jacques-Jules, né le 17 octobre 1771 à Tulette, et intègre la légion formée par le vicomte de Mirabeau, qui rejoint les princes à Coblence. Dans cette ville, il fait imprimer Mes sentiments politiques, qui reçoivent l'approbation des princes et de l'électeur de Trêves et dans lesquels il appelle les émigrés et les souverains étrangers à combattre la Révolution.

Après l'exécution de Louis XVI, son frère, l'abbé de Saint-Christol, vicaire général et archiprêtre d'Alais, meurt dans l'émigration à Rome. En reconnaissance des services du baron, le pape Pie VI fait exposer son cercueil dans la chapelle des martyrs. Engagé dans la campagne d'Alsace menée par le prince de Condé face aux troupes de Custine, il rentre en France après la signature d'un armistice, mais, arrêté par un groupe de paysans, il est conduit à Altkirch, où le tribunal du district le condamne à mort comme émigré. Ayant réussi à s'évader lors de son transfert, il rejoint Nyon, en Suisse, avant de retrouver l'armée de Condé, au sein de laquelle il participe à la prise, le 13 octobre 1793, des lignes de Wissembourgcomme sergent-major d'une des deux compagnies de la légion de Mirabeau, composée d'officiers. Le 1er décembre 1793, il est blessé d'un coup de feu au côté à Berchem, puis une seconde fois le lendemain. Forcé de quitter l'armée, il part en convalescence en Suisse. De retour à l'armée après l'hiver 1794, la guerre n'ayant pas encore recommencé, il part en voyage en Italie, avant de rejoindre les princes à Baden-Baden. Lorsqu'en septembre 1796 Moreau est contraint de se replier à travers la Forêt-Noire pour repasser le Rhin, il participe avec l'armée des émigrés aux combats qui opposent l'armée française aux Autrichiens du prince Charles à Huningue, en octobre ; il est blessé d'un coup de feu au cœur, ne devant la vie qu'au fait qu'il avait passé son surtout en sautoir.

Sous la Convention thermidorienne, profitant de la complaisance des nouvelles autorités, il fait partie des émigrés qui rentrent en France et rejoint Lyon, avant de passer dans son pays natal. Toutefois, engagé dans les réseaux royalistes, il participe à la Terreur blanche. En l'an V, il rassemble une bande avec Dominique Allier et s'empare avec elle de la citadelle de Pont-Saint-Esprit. Puis, le lendemain, armé de canons, il marche sur Orange et Avignon. Mais l'annonce du coup d'État du 18 fructidor an V ruine ses espoirs, il se retire à Tulette avec les débris de son armée, atteinte par de nombreuses désertions.

Article détaillé : Histoire de la Suisse sous domination française.

Après s'être caché durant un mois, il rejoint par les montagnes la Suisse, bientôt envahie par les armées républicaines, et se voit adjoindre avec son fils à l'agence royale de Souabe, au sein de laquelle il tente de convaincre les princes et les Autrichiens de soutenir l'insurrection suisse. Mais la défaite des Russes à Zurich (1799) le contraint à quitter Wursac pour Augsbourg.

Par la suite, il envoie son fils auprès du comte d'Artois, mais le gouvernement britannique interdit alors l'entrée des émigrés français sur son territoire. Sa sœur l'ayant engagé à passer en France, avec l'espoir de retrouver une partie de ses biens, il rentre dans son pays en 1801. Mais, aussitôt arrêté et jeté en prison, il est jugé à Nancy et condamné à la déportation, avant de mourir dans son cachot de la tour du Temple le 14 thermidor an XI.

À l'annonce de cette nouvelle, le baron passe à Munich puis, après avoir fait paraître des protestations lors du couronnement de Napoléon, à Bamberg, où il manque d'être arrêté. À Berlin lors du passage de la Grande Armée en 1812, il aperçoit aussi ses débris au retour de la campagne de Russie.

Sous la Première Restauration, malade des suites d'une chute, Louis XVIII et le duc d'angoulême lui font parvenir des secours à Berlin. Arrivé à Paris peu après le 5 mai 1814, il retourne au bout de six mois dans son pays natal.

Apprenant le débarquement de Napoléon, il se rend auprès du duc d'Angoulême, qui rassemble une armée dans le Midi, et tente d'assurer sa retraite par Pont-Saint-Esprit et Avignon. Contraint lui-même de s'enfuir, il se cache durant les Cent-Jours dans le bois de valeguières.

Sous la Seconde Restauration, il est fait chevalier de l'Ordre de Saint-Louis, avant de mourir en 1819.

Œuvres

  • Adresse de M. de Bremond-St-Christot aux États du Comté Venaissin, contenant les faits justificatifs contre la conduite du peuple et de la municipalité de Carpentras, 34 pages.
  • Adresse du président de l'Assemblée représentative du Comté Venaissin à l'Assemblée nationale (par J.-L. de Brémond-S.-Christol. 22 février 1791), Imprimerie de Lefort, 1791, 16 pages.
  • Précis des Mémoires de M. le baron de Saint-Christol, adjoint à l'agence royale de Souabe, depuis 1796 jusqu'en 1805, Avignon, Guichard aîné, 1818, 88 pages.

Source

  • Casimir François Henri Barjavel, Dictionnaire historique, biographique et bibliographique du département de Vaucluse, Carpentras, 1841, tome I, p. 288-292

Lien externe

Précis des Mémoires de M. le baron de Saint-Christol disponible sur Gallica

 

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

18 avril 2018

Lalligand-Morillon

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Lalligand-Morillon

 

200px-Lalligand-Morillon


Pierre-Bénigne Lalligand (ou Laligant), dit Morillon est un révolutionnaire français, né à Autun le 23 mai 1759 et guillotiné à Paris le 19 messidor an II (7 juillet 1794). Agent du Comité de sûreté générale, il a joué un rôle dans le démantèlement de l'Association bretonne.

Biographie

Né à Autun le 23 mai 1759, Pierre Laligant est le fils de Louis, Henry, Alexandre Laligant, médecin marié à Jeanne François, il est baptisé le 28 mai 1759 son parrain est Pierre,Vincent Bourgeois, commissaire aux (archives illisibles) en cette ville et sa marraine, Bénigne Jacotot, veuve de François Laligant 1. Vers 1778, Pierre Laligant entre dans la compagnie des Gendarmes rouges. Mais une affaire de fausses lettres de change le contraint à prendre la fuite. En 1782, il se marie à Nantes avec Marie-Anne Laisant, fille d'Antoine Laisant, fournisseur des bois de la marine, et semble s'occuper du commerce du bois. Après avoir dissipé la fortune de son épouse, il l'abandonne et part s'installer dans une maison de campagne au Mont, près de Paray-le-Monial. Ayant appris la gravure, il se livre à la fabrication de fausse monnaie, mais, dénoncé, il est arrêté, de même que son père, sa maire, Jacques Brigaud, notaire à Paray, et le chef d'escadron Mayneaud de Bisfranc de Laveaux, et emprisonné à Autun. Le 20 octobre 1791, le tribunal le condamne, avec son père, à quinze ans de fers tous les autres prévenus étant acquittés. La veille de sa condamnation, toutefois, il s'évade, grâce à la complicité du geôlier qu'il a soudoyé, de même que son père, et passe à l'étranger 2.

En septembre 1792, il rejoint Coblence, où il entre en relation avec les chefs de l'émigration et découvre des secrets 2. Rapidement déçu du peu de confiance qu'on lui accorde, il retourne en France et passe dans le camp révolutionnaire ; il propose un plan visant à faire enlever les fils du comte d'Artois, mais ne reçoit aucun soutien. Cependant, son zèle pousse les patriotes à lui offrir d'autres missions.

Avec Pierre-Jean-Baptiste Nougaret, il est envoyé à Grenoble, où il démantèle une organisation royaliste et fait arrêter le chef, Monnier de La Carré 3.

Sur les conseils de Fabre d'Églantine, il est adjoint à Valentin Chevetel, dit Latouche, pour faire arrêter les membres de l'Association bretonne dirigée par Armand Tuffin de La Rouërie. Laligant et Chevetel se détestent, mais ce dernier, qui a infiltré l'association, souhaite agir discrètement, et avec son accord, Lalligand est choisi pour chef de l'expédition contre les conjurés bretons. Pendant que Chevetel continue d'espionner, Laligant reste presque inactif à Saint-Servan, en Bretagne, jusqu'à la fin de février 1793 Puis, sur les indications de Latouche, il se rend la 24 à Lamballe, où il réquisitionne la gendarmerie, un détachement de la garde nationale, et se porte vers La Guyomarais, où il lance une enquête avec le juge de paix Plédéliac. Ayant réussi à faire parler le jardinier Perrin, le 26, il fait exhumer le cadavre de La Rouërie, mort au manoir le 30 janvier 1793 2 et le fait décapiter. Puis il pénètre dans le château, dans la soirée, mène une perquisitionne et arrête les suspects, qui sont emmenés à Rennes. 27 associés bretons sont arrêtés et envoyés en avril à Paris où, au terme du jugement, douze d'entre eux sont guillotinés.

Le 4 octobre, son cousin Claude Basire prend la parole pour évoquer les dessous de la conjuration et vante son habileté, obtenant par décret l'arrêt de toutes les poursuites antérieures menées à son encontre. Le 23 brumaire an II (13 novembre 1793), un autre décret lui alloue une indemnité de 50 000 livres 2.

Lalligand est ensuite envoyé à Digoin, Paray-le-Monial et Charolles, en Bourgogne. Muni des pleins pouvoirs, il s'enrichit en faisant arrêter de prétendus suspects qu'il ne faisait libérer qu'en échange d'argent. Cependant, à la suite de la mort de ses protecteurs Claude Basire et Fabre d'Églantine, guillotinés avec les dantonistes le 5 avril 1794, il est dénoncé à la Convention par les comités populaires de Digoin et Charolles. Rappelé à Paris, il y est arrêté, jugé puis guillotiné le 7 juillet 1794 sur la place du Trône renversé (aujourd'hui place de la Nation), et inhumé comme les autres victimes, dans les fosses communes du cimetière de Picpus.

Son nom figure sur la liste des victimes dans le chœur de l'église du couvent.

Bibliographie

  • Christian Bazin, Le marquis de la Rouerie « Colonel Armand » de la guerre américaine à la conjuration bretonne, Perrin,‎1990
  • Charles-Louis Chassin, La préparation de la guerre de Vendée, 1789-1793t. 3, Paris, Imprimerie de P. Dupont,‎ 1892, 628 p. (lire en ligne)p. 166-182
  • Paul Montarlot, « Les Accusés de Saône-et-Loire aux tribunaux révolutionnaires (suite) », Mémoires de la Société Éduenne, Autun, Société Éduenne des Lettres, Sciences et Arts, vol. 27,‎ 1899, p. 117-142 (lire en ligne)
  • G. Lenotre, Le Marquis de la Rouërie et la Conjuration bretonne, Librairie Académique Perrin,‎ 1927

Notes et références

  1.  Registre paroissiaux d'Autun, col. com GG17
  2. ↑ a, b, c et d Paul Montarlot (1899), p. 117-142.
  3.  Charles-Louis Chassin (1892), p. 166-182.

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

17 avril 2018

Clary François

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

François Clary


François Clary

François_Clary_(1725-1794)

Naissance 24 février 1725
Marseille
Décès 20 janvier 1794 (à 68 ans)
Marseille
Pays de résidence Drapeau du Royaume de France Royaume de France
70, rue de Rome (Marseille)
Profession
Armateur
Activité principale
Commerce maritime
Autres activités
Échevin de Marseille
Marguillier de Saint-Ferréol
Famille
Famille Clary

François Clary né le 24 février 1725 à Marseille et mort dans la même ville le 20 janvier 1794 fut un grand négociant marseillais de la fin du XVIIIe siècle dont la valeur a été éclipsée par la fortune de deux de ses filles, Julie et Désirée.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Ascendance & postérité
  • 3 Notes et références
  • 4 Annexes
    • 4.1 Articles connexes
    • 4.2 Liens externes
    • 4.3 Bibliographie

Biographie

François Clary descendait d'une famille des Hautes-Alpes venue à Marseille vers 1680 qui s'enrichit dans le commerce maritime. Armateur et commerçant éclairé, ses affaires se partageaient entre « les échelles » (le Levant) et « les isles » (le Ponant).

En 1759, il épousa en secondes noces Françoise Rose Somis.

Il représentait sans doute une des plus grosses fortunes de Marseille au moment de la révolution de 1789. Il fut deuxième échevin de la ville en 1764-1765, puis personnalité marquante de la chambre de commerce de 1771 à 1776 et de 1780 à 1782.

Marguillier de sa paroisse, l'église Saint-Ferréol, il vécut difficilement la période de l'insurrection fédéraliste de 1793 pendant laquelle son gendre et son petit-fils furent jetés en prison et mourut au milieu des angoisses de la Terreur sans soupçonner la fortune prodigieuse de ses deux dernières filles.

Ascendance & postérité

  • François Clary était le fils de Joseph Clary (1693-1748) et Françoise-Agnès Amaurric (1705-1776).

Il épousa1 le 13 avril 1751 à Notre-Dame-des-Accoules, Marseille) Gabrielle Fléchon (1732 - 3 mai 1758), dont postérité

    • François-Joseph (31 janvier 1752 - 4 janvier 1757) ;
    • Marie-Jeanne (24 avril 1754 - mai 1815), mariée le 3 octobre 1775) avec Louis Honoré Lejeans (1734-1794), négociant à Marseille, député aux États généraux de 1789, sans postérité ; puis avec Emmanuel Mathieu Pézenas, baron de Pluvinal (1754-1841), baron de l'Empire (1813), député de Vaucluse (1815), sans postérité ;
    • Marie Thérèse Catherine (2 septembre 1755 - 1er novembre 1818), mariée, le 9 octobre 1781 avec Lazare Lejeans (1738-1803), frère cadet de Louis Honoré (1734-1794), négociant à Marseille, membre du Sénat conservateur, dont Postérité ;
    • Étienne François (8 août 1757 - 25 mars 1823), député des Bouches-du-Rhône, marié, le 3 octobre 1785 à Saint-Loup (Marseille), avec Marcelle († 19 septembre 1804), fille de Joseph Guey, échevin de Marseille, dont Postérité ;

Après la mort de sa première épouse, le 3 mai 1758, François Clary épouse le 26 juin 1759 à Saint-Ferréol, Marseille, Françoise Rose Somis (1737-1815), dont postérité :

    • Nicolas Joseph (Marseille, 26 mars 1760 - Paris, 6 juin 1823), 1er comte Clary et de l'Empire (4 juin 1815), marié, à Marseille, avec Malcy Anne Jeanne (vers 1791 - Paris 29 août 1820), fille de Marie François, baron Rouyer (1765-1824), général de division, dont Postérité ;
    • Joseph Honoré (Marseille, 11 juin 1762 - 23 juillet 1764) ;
    • Marie Anne Rose (Marseille, 25 avril 1764 - Marseille, 19 avril 1835), mariée, le 31 janvier 1786, avec Antoine-Ignace Anthoine (1749-1826), maire de Marseille (1805-1813), baron de Saint-Joseph et de l'Empire, dont Postérité ;
    • Marseille (née le 25 avril 1764 - Marseille, 22 mars 1784) ;
    • Justinien François (Marseille, 15 avril 1766 - Marseille, 12 novembre 1794) ;
    • Catherine Honorine (Marseille, 19 février 1769 - Florence, 18 mars 1843), mariée, le 2 mai 1791 à Marseille, avec Henri Joseph Gabriel Blait de Villeneufve (né le 1er mars 1748), administrateur général des postes et relais de France, dont :
      • Baptistine Julie Blait de Villeneufve († 27 mai 1840 - Paris), mariée, le 29 octobre 1833, avec son cousin Napoléon Clary (1802-1856), fils d'Étienne François, dont Postérité ;
    • Marie Julie (Marseille, 26 décembre 1771 - Florence, 7 avril 1845), reine consort de Naples puis reine d'Espagne, mariée, le 1er août 1794 à Cuges-les-Pins (Bouches-du-Rhône), avec Joseph Bonaparte (1768-1844), roi de Naples (1806-1808) puis roi d'Espagne (1808-1813), dont :
      • Julie Joséphine Bonaparte (mars 1796 - mars 1796) ;
      • Zénaïde Laetitia Julie Bonaparte (Paris, 8 juillet 1801 - Naples, 8 août 1854), mariée, le 29 juin 1822 à Bruxelles (Belgique), avec Charles Lucien Bonaparte (1803-1857), prince de Canino, dont Postérité ;
      • Charlotte-Napoléone Bonaparte (Paris, 31 octobre 1802 – Sarzana (Italie), 3 mars 1839), princesse française et altesse impériale (1804), infante d'Espagne (1808), mariée, le 10 novembre 1826 à Florence, Italie, avec son cousin Napoléon Louis Bonaparte (1804-1831), grand-duc de Berg, sans postérité ;
    • Basile (Marseille, 12 janvier 1774 - Marseille, 16 juin 1781) ;
    • Eugénie Bernardine Désirée (Saint-Ferréol (Marseille), 8 novembre 1777 - Stockholm (Suède), 17 décembre 1860), princesse de Pontecorvo puis reine de Suède et de Norvège, mariée, le 17 août 1798 à Sceaux, avec Jean-Baptiste Jules Bernadotte (1763-1844), maréchal d'Empire, roi de Suède et de Norvège (1818-1844) sous le nom de Charles XIV Jean, dont :
      • Oscar Ier de Suède (1799-1859), roi de Suède et de Norvège, marié, le 22 mai 1823 à Munich, avec Joséphine de Beauharnais, princesse de Leuchtenberg (1807-1876), d'où sont issus les rois de Suède de la Maison Bernadotte.

Notes et références

  1. Roglo 2012.

Annexes

Articles connexes

  • Rue de Rome (Marseille)

Liens externes

  • « François Clary : précisez » [archive], François Clary 1725-1794, & Gabrielle Fléchon, Françoise Somis, sur roglo.eu (consulté le 11 mai 2012) ;

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Académie de Marseille, Dictionnaire des marseillais, Edisud, Marseille, 2003 (ISBN 2-7449-0254-3) Document utilisé pour la rédaction de l’article ;
  • Adrien Blés, Dictionnaire historique des rues de Marseille, Ed. Jeanne Laffitte, Marseille, 1989 (ISBN 2-86276-195-8) Document utilisé pour la rédaction de l’article ;

Posté par blonjacky à 12:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

16 avril 2018

Perrin Claude-Victor

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Claude-Victor Perrin

 

Claude-Victor Perrin
Duc de Bellune

Claude-Victor_Perrin


Claude-Victor Perrin, duc de Bellune, maréchal de France. Huile sur toile d'Antoine-Jean Gros, 1812, château de Versailles.

Surnom Victor
Naissance 7 décembre 1764

 

, Vosges
Décès 1er mars 1841 (à 76 ans)
Paris
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Artillerie
Infanterie
Grade Maréchal d'Empire
Années de service 1781-1841
Conflits Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Commandement 10e corps de la Grande Armée
1er corps de l'armée d'Espagne
9e corps de la Grande Armée
2e corps de l'armée d'Allemagne
Faits d'armes Toulon
Rovereto
Marengo
Friedland
Medellín
La Bérézina
Montereau
Craonne
Distinctions Grand-croix de Saint-Louis
Chevalier commandeur de l'ordre du Saint-Esprit
Grand officier de la Légion d'honneur
Commandeur de l'Ordre de la Couronne de fer
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile
Boulevard Victor
Autres fonctions Président du collège électoral du département de Maine-et-Loire
Ministre plénipotentiaire auprès du roi de Danemark
Ministre de la Guerre
Famille Voir « Mariage et descendance »

Ministre de la Guerre

Claude-Victor Perrin, dit Victor, né le 7 décembre 1764 à Lamarche dans les Vosges et mort à Paris le 1er mars 1841, est un général français de la Révolution et un maréchal d'Empire.

Enfant turbulent dans sa jeunesse, quoique joueur de violon, le jeune Perrin s'engage comme tambour dans l'artillerie en 1781, puis devient grenadier dans la Garde nationale. Son ascension est alors rapide : nommé général de brigade à l'âge de 29 ans, il fait avec brio la campagne d'Italie et est remarqué par Bonaparte. Il gagne ensuite ses galons de général de division et obtient le commandement en chef de l'armée de Batavie sous le Consulat. En 1804, il est envoyé en ambassade au Danemark et reste sur place pendant deux ans.

Rappelé en 1806, son intervention décisive à la bataille de Friedland, le 14 juin 1807, détermine l'Empereur à élever Victor à la dignité de maréchal d'Empire. L'ancien tambour, bientôt fait duc de Bellune, part inaugurer son commandement dans la péninsule espagnole à la tête du 1er corps. Il y alterne les succès — Espinosa, Uclès, Medellín — et les revers — Talavera et Cadix. Napoléon le rappelle à ses côtés en 1812 pour lui confier le 9e corps d'armée en vue de la campagne de Russie. En dépit de quelques échecs face aux forces russes, Victor s'illustre lors du passage de la Bérézina en résistant pied à pied aux attaques russes pour protéger la retraite de l'armée. Après avoir servi pendant les campagnes d'Allemagne en 1813 puis de France en 1814, il est grièvement blessé à la bataille de Craonne et n'exerce plus aucun rôle jusqu'à la fin des hostilités.

À la Première Restauration, Victor se rallie à Louis XVIII et le suit à Gand pendant les Cent-Jours. En récompense de sa fidélité, il est couvert d'honneurs et de décorations, et en 1821, fait son entrée au gouvernement en qualité de ministre de la Guerre. Il continue à servir sous Charles X mais refuse de prêter serment à Louis-Philippe en 1830. Le maréchal Victor meurt le 1er mars 1841 à Paris et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Napoléon a émis ce jugement à son propos : « Victor est meilleur qu’on le suppose. Au passage de la Bérézina, il avait tiré très bon parti de son corps ».

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Origines et début de carrière
    • 1.2 Sous la Révolution
    • 1.3 Passage à l'armée d'Italie
    • 1.4 Général de division
    • 1.5 En France puis retour en Italie
    • 1.6 Sous le Consulat
    • 1.7 Au service de l'Empire
      • 1.7.1 Campagne d'Espagne
      • 1.7.2 Les dernières campagnes de l'Empire
        • 1.7.2.1 En France
    • 1.8 Première Restauration
    • 1.9 Cent-Jours
    • 1.10 Seconde Restauration
  • 2 Personnalité
  • 3 Mariage et descendance
  • 4 Notes et références
  • 5 Annexes
    • 5.1 Bibliographie
    • 5.2 Articles connexes
    • 5.3 Lien externe

Biographie

Origines et début de carrière

Victor est issu d'une famille bourgeoise native du plateau de Langres. Il est le fils de Charles Perrin, tenant d'une charge de fermier des domaines du roi (fils de Charles Perrin, huissier royal au bailliage de Lamarche, et de Gabrielle Guérin) et de Marie-Anne Floriot, fille d'un fermier des domaines du roi. Le 16 octobre 1781, il entre, à dix-sept ans, comme tambour dans le 4e régiment d'artillerie de Grenoble. Rachetant son congé absolu le 1er mars 1791, moyennant la somme fixée par les ordonnances, il quitte l'armée, se fixe à Valence où il se marie et devient employé à la municipalité de Valence où travaille son beau-père.

Sous la Révolution

Claude-Victor Perrin, lieutenant-colonel du 5e bataillon de volontaires des Bouches-du-Rhône en 1792, Georges Rouget, 1835.

Il fait partie de la Garde nationale de cette ville comme grenadier et le 21 février 1792, il est nommé adjudant du 3e bataillon de volontaires de la Drôme. Il y sert jusqu'au 4 août, quand il est promu au grade d'adjudant-major capitaine dans le 5e bataillon de volontaires des Bouches-du-Rhône. La déclaration de la patrie en danger le conduit aux frontières. Il s'élève en peu de temps au grade de chef de bataillon au même corps le 15 septembre. Il rejoint l'armée d'Italie pour les campagnes de 1792 et 1793. Victor fait ses premières armes sous les ordres du général d'Anselme, dans le comté de Nice et au combat de Coaraze, culbutant avec son seul bataillon un corps de 3 000 Piémontais1.

Après ces deux campagnes, Victor est envoyé au siège de Toulon. À son arrivée, on lui donne le commandement d'un bataillon de chasseurs à la tête duquel il rend d'importants services au sein de la division Lapoype. Il rencontre Napoléon Bonaparte. Le 2 octobre, il est nommé provisoirement au grade d'adjudant-général. Le 1er décembre il se distingue lors de la prise du fort du Mont Faron2. Sa conduite dans cette journée est appréciée par les représentants du peuple Salicetti et Gasparin, qui le nomment adjudant-général chef de brigade sur le champ de bataille. Il est immédiatement chargé du commandement des troupes formant l'aile droite de l'armée de siège. Quelques jours plus tard, le 17 décembre, il est grièvement blessé au ventre en s'emparant de la redoute britannique l'Éguillette, dite le « Petit Gibraltar »3. Il est promu général de brigade à titre provisoire le 20 décembre 1793, avec Bonaparte, Brûlé, sur demande des représentants Salicetti, Barras, Fréron et Ricord.

À peine guéri de ses blessures, il est employé à l'armée des Pyrénées orientales, où il fait les campagnes de l'an II et III. Sous les ordres de Pérignon, il s'illustre à la Bataille de la Sierra Negra : chargé d'une fausse attaque sur Espolla, par le col de Banyuls, le 27 brumaire an III, il la dirige avec une grande habileté et concourt à la prise des retranchements de cette place et de ceux de Saint-Clément. Il assiste aux sièges et aux diverses attaques du fort Saint-Elme et de Collioure. Il est ensuite chargé de surveiller les travaux de réparation de ces places, de l'établissement des batteries côtières et de la garde des frontières d'Espolla et de Roses. Il commande une brigade au siège de cette dernière ville, et se trouve à sa capitulation le 2 janvier 1795.

Passage à l'armée d'Italie

Confirmé dans son grade de général de brigade, par arrêté du gouvernement du 13 juin de la même année, il passe à l'armée d'Italie en l'an IV. Le 2 octobre 1795, l'avant-garde piémontaise a pris position sur un mamelon, en face de Borghetto, et a commencé à s'y retrancher pour y élever des batteries de gros calibre. Le général Masséna ordonne au général Victor, commandant la 1re subdivision de droite, de détruire ces ouvrages. Dans la nuit du 2 au 3, Victor fait entourer le mamelon par deux colonnes, tandis que 100 grenadiers et 200 chasseurs, placés en observation, devaient empêcher les secours d'arriver. Le mamelon est enlevé, les soldats français sautent dans les retranchements et tuent tout ce qui s'y trouve. Quelques hommes seulement se sauvent à la faveur de la nuit. Les retranchements sont abattus, et quelques prisonniers sont ramenés.

Les 22, 23 et 24 novembre 1795, il contribue à la défaite des Autrichiens et des Piémontais à Loano et sur le Tanaro, le 14 avril 1796, à celle du général Provera, au château de Cosseria, et le 15 avril, à la déroute du général Vukasović (en) à Dego.

Scène de combat entre Français et Autrichiens, sur un terrain encaissé séparé par une rivière, en contrebas d'un château entouré de murailles.
La bataille de Rovereto, 4 septembre 1796. Gravure de l'époque, tirée de l’Histoire de l'armée française du colonel Revol.

Le 6 août 1796, au combat de Peschiera, le général Victor, à la tête de la 18e demi-brigade, culbute les Austro-Piémontais, leur enlève 12 pièces de canon. Le 4 septembre 1796, au combat de Ponte San Marco, avec la même demi-brigade, il perce la ligne ennemie par le grand chemin ; la résistance est longue et opiniâtre ; pendant ce temps, le général Vaubois attaque le camp de Mori ; après deux heures d'un combat acharné, le général Victor peut entrer, au pas de charge, dans la grande rue de Roveredo, et les Autrichiens évacuent la place, en laissant une grande quantité de morts et de prisonniers.

Le 11 septembre, il est envoyé avec sa brigade, pour compléter sur la rive droite de l'Adige l'investissement de Porto-Legnago, que le général Augereau cerne déjà sur la rive gauche et qui capitule le 13 septembre. À l'affaire qui eut lieu le 15 septembre, le général Victor culbute les troupes qui couvrent Saint-Georges et entre dans ce faubourg pêle-mêle avec elles. Un bataillon de la 18e y est chargé par deux escadrons de cavalerie autrichienne ; non seulement les soldats français soutiennent avec beaucoup de résolution cette charge impétueuse, mais ils poussent à leur tour les cavaliers avec tant de vigueur que tous ceux qui ne sont pas tués ou blessés mettent bas les armes et se rendent prisonniers. À l'affaire de Cerea, l'armée française est vigoureusement pressée par le général Wurmser ; Victor, avec un bataillon de grenadiers, rétablit le combat, dégage l'armée, repousse les Autrichiens, fait un grand nombre de prisonniers et reprend les canons qui ont été enlevés aux Français. Le 15 février 1797, il partage la gloire de l'armée et le succès qu'elle obtient à la bataille de Saint-Georges, où il est blessé, et il contribue puissamment, à la tête des 18e et 57e demi-brigades, au gain de celle de la Favorite, où il fait mettre bas les armes à la division Provera, forte de 7 000 hommes.

Général de division

Le général en chef Napoléon Bonaparte, qui apprécie son audace, le nomme provisoirement général de division sur le champ de bataille, et en rend compte au Directoire qui confirme cette nomination par son arrêté du 18 janvier 1797. Le général Victor marche ensuite sur Bologne avec un corps de troupes suivi d’une réserve de grenadiers sous les ordres du général Lannes. Il s'empare d'Imola et se porte ensuite sur le Senio où se sont retranchés 3 à 4 000 hommes des troupes du pape. Les Pontificaux sont culbutés et mis en déroute au premier choc et perdent 4 à 500 hommes, huit drapeaux, 14 pièces de canon et plusieurs caissons de munitions. Ils se réfugient dans Faënza, mais ouvrent les portes aux Français dès qu'ils se présentent. Le général Victor continue sans obstacles sa marche sur Ancône. Il parait devant la place et s'en empare sans coup férir, le 9 février 1797, y prenant 120 bouches à feu et plus de 4 000 fusils. Lors de l'insurrection des États de Venise, il rejoint le général Kilmaine qui est à Vérone. Il se porte ensuite sur Vicence, et le 28 avril, ses troupes campent devant Trévise et Padoue. Lorsque l'armée se trouve réunie dans les provinces de terre ferme, Victor rétrograde sur l'Adige et prend position le long de la rivière.

En France puis retour en Italie

Pendant que ces événements se passent à l'extérieur, le coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797) permet au Directoire de mettre à l'écart les royalistes du club de Clichy. Des adresses de félicitations arrivent de toutes parts au gouvernement. Après le traité de Campo-Formio, le 17 octobre 1796, le général Victor rentre en France. Il est employé à l'armée d'Angleterre le 12 janvier 1797, passe au commandement de la 2e division militaire (Nantes) le 17 mars, en remplacement du général Grouchy, et retourne à l'armée d'Italie le 3 mai 1797.

Il est renvoyé en Italie, où il prend part à la reconquête du Piémont, se trouve avec sa division aux batailles de Sainte-Lucie le 26 mars 1799, de Villafranca le 5 avril, jour de la bataille de Magnano), d'Alexandrie le 12 mai. Il est blessé à la bataille de la Trebbia, les 17 et 19 juin 1799. Le lendemain, 20 juin, la division Victor défend, avec une grande énergie, le poste de Sainte-Marguerite qui est attaqué, par les Autrichiens, et il les contraint à se retirer après avec des pertes considérables. Le 4 novembre suivant, à Fossano, il doit se retirer du champ de bataille sur ordre du général en chef Championnet, qui a remplacé Joubert mort à Novi. Il évacue également Valdigi, où il se maintenait avec succès, que sur l'invitation réitérée qui lui est faite par le même général.

Sous le Consulat

Scène de bataille entre Français et Autrichiens sous la Révolution.
La bataille de Marengo, le 14 juin 1800. Huile sur toile de Louis-François Lejeune.

Il s'illustre lors de la deuxième campagne de Bonaparte en Italie. Appelé le 17 mars 1800, au commandement d'une division de l’armée de réserve, il contribue aux succès remportés sur le Tessin et sur le Pô pendant les mois de mai et juin. Le 9 juin, il détermine le succès de la bataille de Montebello. Le 14 juin, à Marengo, placé en première ligne, il soutient pendant quatre heures les efforts de l'armée autrichienne, et contribue à la prise du village de Marengo. Il reçoit un sabre d'honneur le 6 juillet suivant.

Le 25 juillet 1800, il est nommé lieutenant général en chef de l'armée de Batavie, et exerce ces fonctions jusqu'au 9 août 1802. Il est nommé pour préparer une expédition en Louisiane, avec titre de capitaine général, mais ne part pas du fait de la perte de Saint-Domingue, des menaces de reprise des hostilités des Britanniques et de l'immobilisation de son escadre, prise dans les glaces à Berg-op-Zoom (Pays-Bas). Il conserve ce titre jusqu'au 6 juin 1803, lorsqu'il est rappelé au commandement en chef de l'armée de Batavie.

Au service de l'Empire

Compris comme légionnaire de droit dans la 5e cohorte, il est mis en disponibilité le 23 avril 1804. Il est créé grand officier de la Légion d'honneur le 14 juin 1804, puis est nommé président du collège électoral du département de Maine-et-Loire. Envoyé comme ministre plénipotentiaire auprès du roi de Danemark le 19 février 1805, il reçoit la décoration de grand cordon de la Légion d'honneur le 6 mars de la même année.

Il est chargé d'observer les mouvements de troupes et de vaisseaux en mer Baltique. En 1806, lors de la rupture avec la Prusse, il quitte Copenhague vers la fin de septembre pour rejoindre la Grande Armée. Il est nommé chef de l'état-major général du 5e corps, commandé par le maréchal Lannes. Le 10 octobre, il participe à la bataille de Saalfeld, puis le 14 octobre, à la bataille d'Iéna. Il est blessé par un biscaïen. Le 25 octobre, Victor reçoit, comme fondé de pouvoirs du maréchal Lannes, la capitulation de la forteresse de Spandau lors de la poursuite de l'armée prussienne. Le 26 décembre, il est à Pultusk. Puis, le 4 janvier 1807, il reçoit le commandement de la division polonaise de Dombrowski, ainsi que le commandement du Xe corps, nouvellement formé. Il se met aussitôt en marche pour aller faire le siège de Colberg et de Dantzig. Le 20 janvier 1807 alors qu'il se rend en voiture à Stettin, en compagnie de son aide-de-camp et d'un domestique, il est enlevé par un parti de 25 chasseurs prussiens commandés par Schill qui bat le pays. Échangé presque aussitôt contre Blücher le 8 mars 1807, par les soins de l'Empereur Napoléon, il est chargé le 23 mai du siège de Graudenz.

Le 6 juin, Victor remplace Bernadotte, blessé dans une escarmouche, à la tête du Ier corps d'armée. 8 jours plus tard le 14 juin 1807, il est à Friedland, où il dirige victorieusement la charge contre le centre russe. Il est fait maréchal d'Empire le 13 juillet 1807. Gouverneur de la Prusse et de Berlin le 9 août 1807 après la paix de Tilsitt, il devient duc de Bellune en septembre 1808, avant de partir pour l'Espagne. Pour le remercier de sa gestion honnête, les Berlinois lui offrent 2 millions or qu'il refuse, n'acceptant que 4 chevaux poméraniens pour ses attelages. Ce fait, gravé dans le marbre à Lamarche, permet de sauver 5 otages de Lamarche en 1870.

Campagne d'Espagne

Appelé au mois d'août suivant au commandement en chef du 1er corps destiné à opérer en Espagne4, il se dirige aussitôt sur Bayonne. Il entre par brigades sur le territoire espagnol les 22, 23, 25, 27 et 29 du même mois. Son armée se trouve entièrement réunie à Vittoria et ses environs dans les cinq premiers jours de novembre. Il est vainqueur de Joaquin Blake à Espinosa les 10 et 11 novembre 1808. Cependant, il manœuvre mal à Somosierra, le 30 novembre, et il faut la charge des chevau-légers polonais de la Garde pour débloquer la situation. Le 2 décembre de la même année, le duc de Bellune concourt à la prise de Madrid et il se dirige sur Tolède. Lorsque Napoléon repart, il reste avec Joseph Bonaparte. Il est vainqueur à Uclès le 13 janvier 1809. Napoléon décide de l'entrée des troupes françaises en Portugal. Le 1er corps est envoyé sur les frontières de l'Estrémadure. Le 15 mars, il passe le Tage à Talavera de la Reina et à El Puente del Arzobispo. Le 16, il marche sur l'armée du général Cuesta et la rencontre, le 17, retranchée sur la Ybor5. Le 18, la division Leval suit les Espagnols sur Valdecañas de Tajo et les force encore. Il est vainqueur à Medellín le 29 mars, où il bat le général Cuesta qui était parvenu à rallier son armée. Les Espagnols laissent près de 10 000 hommes sur le champ de bataille et perdent neuf drapeaux, 19 canons et 7 000 prisonniers. Il remporte également la bataille d'Alcabon le 26 juillet.

Combat à la baïonnette entre soldats français de Napoléon et fantassins britanniques en Espagne, au milieu d'un paysage exotique.
La bataille de Chiclana, 5 mars 1811. Huile sur toile de Louis-François Lejeune, 1822, château de Versailles.

Malgré ses succès décisifs, le maréchal Victor ne peut prendre part à l'invasion du Portugal. L'arrivée de nombreuses troupes anglo-portugaises rend sa présence indispensable sur la ligne de la Guadiana au Tage. Il est repoussé à Talavera, le 27 et 28 juillet6. L'Empereur, reconnaissant des services rendus par le duc de Bellune, déjà richement doté par lui, ne l'oublie pas dans la distribution qu'il fait à ses généraux, en juillet 1809, des domaines du Hanovre, et lui fait don des terres de Harpstedt et d'Heiligenrode, d'un revenu de 23 045 francs 87 centimes de rentes. Après la victoire d'Ocaña, remportée par les Français le 18 novembre, le maréchal pénètre en Andalousie et traverse sans obstacles la Sierra depuis Almaden. Après avoir envoyé quelques reconnaissances sur Santa Eufemia et Belalcazar, il marche sans artillerie et sans bagages sur Andigar, où il rejoint les autres corps. Poursuivant son mouvement en avant, il entre le 23 dans Cordoue où il s'arrête quelques jours. De là, il se porte sur Séville, arrive en vue de ses murailles vers la fin de janvier 1810, y entre le 1er février et prend aussitôt la route de l'île de Léon dont il atteint les environs et forme le blocus le 5 du même mois. Il commence ensuite le siège de Cadix, et pendant trente mois il fait échouer toutes les tentatives de l'ennemi mais ne peut, faute de moyens, occuper la ville. Il est victorieux à Chiclana7. Le duc de Bellune ne voit pas la fin du siège de Cadix, puisqu'il est appelé à faire partie de la Grande Armée le 3 avril 1812, pour prendre le commandement du 9e corps de réserve, chargé de garder la voie Smolensk-Vilna.

Les dernières campagnes de l'Empire

Portrait en pied d'un militaire français de Napoléon, en grand uniforme, sabre haut, avec en fond l'attaque d'une ville par des soldats.
Le maréchal Victor, duc de Bellune. Gravure de Charon d'après Martinet, XIXe siècle.

Au mois d'août suivant, le 9e corps fort de 30 000 hommes, et destiné à former la réserve, part de Tilsitt pour se rendre à Vilnius, lors de la campagne de Russie. Victor est à sa tête, à l'arrière garde. Lors de la retraite de Moscou, il enlève, le 14 novembre, la position de Smoliani et s'y maintient malgré les efforts d'un corps de 45 000 Russes. Le 25, à la bataille de la Bérézina, il reçoit l'ordre de suivre le mouvement du duc de Reggio sur le pont de Studianka, de couvrir la retraite en formant l'arrière-garde et de contenir l'armée russe de la Dwina qui le suit. Il s'illustre en assurant le passage de la Bérézina, en gardant l'accès Est aux deux ponts et le sauvetage de ce qui reste de la Grande Armée, en retenant avec quelques milliers d'hommes les armées russes, à un contre cinq.

Repassant le Niémen avec les rescapés de son corps, le duc de Bellune est nommé commandant en chef du 2e corps de l'armée d'Allemagne le 12 mars 1813. Lors de la campagne d'Allemagne, il est chargé de défendre la ligne de l'Elbe. Le 27 août, il est à Dresde, mettant en déroute l'aile gauche des Alliés et permettant à Murat de faire de nombreux prisonniers autrichiens. À Wachau, le 16 octobre, il commande au centre et au sud du front français, poste qu'il occupe également, le 18 octobre, à Probstheida, durant la bataille de Leipzig. Le 30 octobre, enfin, il est à Hanau, où l'armée française se défait de son ancien allié, le Bavarois de Wrede.

En France
Panorama d'une bataille avec, au premier plan, à gauche, au centre et à droite, des soldats français progressant vers la ville, au deuxième plan.
La bataille de Brienne, 29 janvier 1814. Peinture de Jean-Antoine Siméon Fort.

Après cette campagne, il prend le commandement du 2e corps destiné à protéger les frontières de l'Est contre l'invasion étrangère. Le territoire français est de nouveau envahi. D'abord chargé de défendre le Haut-Rhin à Strasbourg, Victor doit se replier par Saint-Dié, Baccarat, Lunéville, Nancy et Toul le 17 janvier 1814, sur Saint-Dizier le 25. Trop faible pour s'opposer efficacement aux masses qui se présentent, il se replie successivement sur la Moselle, sur la Meuse, sur l'Ornain et sur la Marne. Il est de toutes les batailles de la campagne de France, et participe au succès de la journée de Brienne, le 29 janvier 1814. Il prend le commandement du centre de l'armée, le 1er février suivant, à la bataille de La Rothière, où 36 000 Français luttent désespérément contre 106 000 hommes de l'armée de Silésie. Le 17 février, à Mormant, il met en déroute le corps du comte Piotr Petrovitch Pahlen (de), et bat le général bavarois Lamotte près de Valjouan. Il fait dans cette journée 3 000 prisonniers et enlève 16 pièces d'artillerie.

Il se voit cependant reprocher par l'Empereur son arrivée tardive à Montereau le 18 février 1814, et est remplacé par le général Gérard8,9. Pardonné par l'Empereur, il est mis à la tête de deux divisions de la Jeune Garde le même jour. Le 7 mars, à la bataille de Craonne, il est atteint d'un coup de feu qui le met hors de combat pendant trois mois, sur des béquilles.

Première Restauration

Après l'abdication de l'Empereur, le duc de Bellune est nommé chevalier de Saint-Louis le 2 juin 1814, et Louis XVIII lui confie le gouvernement de la 2e division militaire le 6 décembre de la même année. Comme la plupart des autres maréchaux, il fait donc allégeance au roi Louis XVIII auquel il reste fidèle pendant les Cent-Jours, le rejoignant à Gand.

Cent-Jours

Lors de la rentrée en France de l'Empereur, le maréchal se rend dans son gouvernement, et le 10 mars 1815, il est à Sedan, restant fidèle aux Bourbons. Le maréchal part ensuite pour Châlons-sur-Marne, où il arrive le 16. De là il se dirige sur Paris où il passe les journées des 17 et 18. Quittant Paris le 19, le maréchal arrive le 20 à Châlons, où il trouve toutes ses troupes rassemblées. Le bruit de l'arrivée de l'Empereur à Paris l'engage à porter une partie de son corps d'armée sur la rive droite de la Marne, dans les diverses directions de Paris. Mais les troupes, informées de la marche triomphale de l'Empereur, prennent tour à tour les couleurs nationales avec le général Rigau et manifestent leur peu de sympathie pour le gouvernement des Bourbons. Le duc de Bellune, voyant son autorité discutée, craignant d'être arrêté, prend la fuite et rejoint le roi.

Seconde Restauration

Tombe du maréchal Victor au cimetière du Père-Lachaise.

Le 8 juillet 1815, Victor revient à Paris, avec Louis XVIII. Le 8 septembre, il est nommé major-général de la Garde royale (commandement en alternance avec Macdonald, Oudinot et Marmont), puis le 17 août, pair de France. Il vote la mort de Ney au procès de son ancien compagnon d'armes : il dira regretter ce vote, et pendant 26 ans, fait de chaque 7 décembre un jour de pénitence10. Il est également nommé le 12 octobre 1815, président de la commission chargée d'examiner les services des officiers ayant servi Napoléon durant les Cent-Jours. Le 10 janvier 1816, le duc de Bellune est pourvu du gouvernement de la 16e division militaire, commandeur de l'ordre de Saint-Louis, et grand-croix après le mariage du duc de Berry, dont il signe le contrat, puis enfin chevalier commandeur de l'ordre du Saint-Esprit.

Ministre de la Guerre du 14 décembre 1821 au 19 octobre 1823, il prépare l'expédition d'Espagne de 1823. Il est nommé major-général de l'armée d'Espagne le 17 mars. Cependant, le duc d'Angoulême ne l'agréant pas, il reprend son portefeuille et entre dans le conseil privé. Commandant en chef du camp de Reims au sacre de Charles X, membre du conseil supérieur de la guerre en 1828, il ne prête pas serment en 1830 au nouveau gouvernement et est exclu de la Chambre des pairs. Légitimiste jusqu'en 1830, il s'oppose à Louis-Philippe, mais, miné par ses blessures, il s'éteint en 1841, trois mois après le retour des cendres de l'Empereur. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (17e division)11. Son nom figure sur l'Arc de triomphe de l'Étoile à Paris et un des boulevards des Maréchaux de Paris porte son nom (le boulevard Victor).

Des papiers personnels du maréchal Claude-Victor Perrin sont conservés aux Archives nationales sous la cote 217AP12.

Personnalité

Brave et intrépide, il n'était pas un grand stratège et devait beaucoup de sa carrière à l'amitié que lui portait Napoléon depuis le siège de Toulon. Il ne se priva pourtant pas d'adresser ses opinions critiques à l'Empereur10.

Mariage et descendance

Il épousa à Valence en 1791 Jeanne-Joséphine Muguet, avec laquelle il eut :

  • Victorine de Bellune (née en 1792), qui épousa Louis Huguet-Chataux
  • Charles de Bellune (1795-1827)
  • Napoléon-Victor-François Perrin de Bellune, duc de Bellune (1796-1853), qui épousa Maria da Penha de Lemos Willoughby da Silveira de Lacerda
  • Napoléon-Victor-Eugène de Bellune (1799-1852)

Il se remaria en 1803 avec Julie Vosch van Avesaat, de qui il eut :

  • Stéphanie-Joséphine-Louise de Bellune (1805-1832)

Notes et références

  1. Il est avec son bataillon, fort de 600 hommes environ, au village de Coaraza, dans le comté de Nice, lorsque 3 000 Piémontais et un régiment d'émigrés l'attaquent furieusement. Il se défend courageusement et à la suite d'un combat de plusieurs heures, force l'ennemi à se retirer, non sans avoir éprouvé des pertes considérables. Ce fait d'armes remarquable est mis à l'ordre de l'armée.
  2. Dans la nuit du 10 au 11 frimaire an II, avec 800 hommes, il enlève les redoutes et les retranchements qui couronnent la montagne du Faron et passe au fil de l'épée la plus grande partie des troupes qui les défendent. Le 11 frimaire, il soutient avec succès un combat de six heures contre 6 000 hommes, et malgré son infériorité numérique, il conserve le poste qui lui a été confié.
  3. Il marche à la tête des grenadiers le 28 frimaire an II, y pénètre avec eux et, bien que blessé grièvement de deux coups de feu, s'en rend maître. La prise de ce poste important, défendu avec intrépidité par les Anglais, contribue beaucoup à celle de Toulon.
  4. À son passage à Paris, le 22 septembre, avec une colonne du 1er corps, le préfet de la Seine, à la tête du Conseil municipal, vint à sa rencontre jusqu'à la barrière de Pantin. Après une allocution dans laquelle il énumérait les services éclatants de la Grande Armée ; ce magistrat remit au 1er corps des couronnes d'or offertes par la ville de Paris. Le maréchal duc de Bellune répondit en ces termes : « Monsieur le Préfet, messieurs les maires de la ville de Paris, les couronnes triomphales que vous venez d'offrir au 1er corps de la grande armée, au nom de la ville de Paris, orneront désormais ses aigles victorieuses ; les officiers, sous-officiers et soldats qui le composent ne verront jamais ces témoignages distingués de la considération et de la reconnaissance publique qu'ils ont tâché de mériter, sans se promettre de justifier le sentiment qui les a donnés. L'occasion s'en présentera bientôt, et là, comme sur les rives du Danube et de la Vistule, les soldats de la grande armée se montreront dignes de leur nom et des honneurs qu'ils reçoivent aujourd'hui. Ils acquerront, n'en doutez pas, de nouveaux droits à l'estime du grand peuple et à la bienveillance paternelle de notre auguste souverain, Napoléon le Grand. Vive l'Empereur ! » Ce cri fut répété de toutes parts ; alors au son d'une musique brillante et au milieu des plus vives acclamations, le préfet fixa sur les aigles les couronnes d'or votées par la capitale. Les troupes entrèrent ensuite dans Paris et se rendirent au jardin de Tivoli, où un banquet leur avait été préparé.
  5. L'ennemi est forcé trois fois successivement dans ses diverses positions pendant la journée. La fatigue des troupes empêche d'aller au-delà du dernier champ de bataille.
  6. où on lui impute un défaut de coordination avec les autres corps. Son avant-garde étant attaquée, le 22 juillet, en avant de Talavera de la Reina, elle dut évacuer cette position pour ne point se compromettre dans une lutte trop disproportionnée. Le 1er corps se retire donc sur Tolède et fait sa jonction, le 23, avec les troupes amenées à Madrid par le roi Joseph. L'armée française présente alors sur ce point une force d'environ 40 000 hommes, tandis que celles des Anglais, des Portugais et des Espagnols réunis, sous le commandement de sir Arthur Wellesley (depuis duc de Wellington), n'étaient pas de moins de 80 000 combattants. Le 27 juillet, à la pointe du jour, parti de Santa Olalla, le roi Joseph met ses colonnes en mouvement. L'ennemi occupe le terrain qui s'étend depuis Talavera de la Reina jusqu'au-delà des coteaux de Medelin, et qui embrasse un développement de 3 kilomètres environ. Les Français arrivèrent vers une heure sur les hauteurs de Salinas, à la gauche d'Alberche. Le 1er corps passe cette rivière à gué et surprend la division du général Alexander Mackenzie-Fraser (en), postée à la tour de Salinas, qui est obligée de se replier précipitamment. L'attaque du duc de Bellune a été si soudaine que sir Arthur Wellesley, qui se trouve dans cette position d'où il observe les mouvements de ses adversaires, est sur le point d'être fait prisonnier. Le maréchal attaque vigoureusement la colline de Medelin, clef de la position, qui est occupée par le général Hill, mais il ne peut s'en emparer malgré les efforts des divisions Ruffin et Villatte. Le lendemain 28, il renouvelle ses tentatives. Le combat est long et opiniâtre, et le succès longtemps indécis. Finalement, foudroyés par l'artillerie que les Anglais ont amenée sur ce point pendant la nuit, les Français sont obligés de revenir à leur première position. Cette journée, connue sous le nom de bataille de Talavera de la Reina, où le duc de Bellune se signale et où chaque armée conserve ses positions, coûte aux Anglo-Espagnols 7 500 hommes. Les pertes français sont à peu près équivalentes. Le 29, l'armée impériale repasse l'Alberche, et Joseph, n'espérant plus vaincre une armée dont l'effectif est double de la sienne, opère sa retraite sur Madrid.
  7. La junte de Cadix, ayant conçu le projet d'éloigner de cette place les forces dont se compose la ligne assiégeante, et même d'obliger les Français à se retirer entièrement. Des troupes partent de Cadix et débarquent à Algésiras où elles se réunissent à celles de don Antonio Begines de los Rios. Elles forment un effectif d'environ 20 000 hommes, et 24 pièces de canon, et mettent à la voile le 26 janvier 1811. Elles arrivèrent le lendemain, 27, à Tarifa, d'où elles se portent, le 28, sur Chiclana. Leur marche est retardée par les obstacles de toute nature qu'elles rencontrent et surtout par le mauvais état des routes qui permet difficilement le passage de l'artillerie. Sitôt avisé de ce mouvement, le maréchal Victor se porte vers l'ennemi avec environ 6 000 hommes. Le 5 mars, les Anglo-Espagnols se présentent sur la route de Chiclana. Dissimulant son infériorité numérique par l'habileté de ses manœuvres, le maréchal Victor culbute l'avant-garde ennemie et l'accule à la mer. Peu après, une action sanglante s'engage sur le coteau de la Cabeza del Puerco, autrement dit de la Barrosa. L'ennemi perd 1 500 hommes, et est obligé de rentrer à Santi-Pietri, laissant entre les mains des Français trois drapeaux et quatre canons.
  8. Dans sa marche sur Montereau, il s'arrête à Salins (Seine-et-Marne) pour y prendre quelques heures de repos, et ce retard fait manquer, dit-on, l'occupation des ponts, et lui attire de vifs reproches de la part de l'Empereur. L'amour-propre du maréchal en est profondément blessé. On prétend que c'est à ce motif seul que sont dus l'empressement qu'il met à accueillir les Bourbons et la conduite étrange qu'il tient plus tard envers son bienfaiteur. in « Claude-Victor Perrin », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail de l’édition]
  9. Le Coustumier 2004, p. 245-255, et annexe 14 p. 367
  10. a et b Le Coustumier 2004
  11. Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier, 1908 (lire en ligne [archive]), p. 66
  12. Archives nationales [archive]

Annexes

Bibliographie

  • « Claude-Victor Perrin », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]
  • « Claude-Victor Perrin », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail de l’édition]
  • Jacques Le Coustumier, Le Maréchal Victor, Paris, Nouveau Monde, 2004, 425 p. (ISBN 978-2-847360-49-3, OCLC 419243657).

Articles connexes

  • Maréchal d'Empire
  • Guerres napoléoniennes
  • Boulevard Victor

Lien externe

 

15 avril 2018

Rabaut Saint-Étienne Jean-Paul

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Jean-Paul Rabaut Saint-Étienne


Jean-Paul Rabaut Saint-Étienne

117766777

Naissance 14 novembre 1743
Nîmes
Décès 5 décembre 1793 (à 50 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Homme politique

Jean-Paul Rabaut Saint-Étienne dit Rabaut-Saint-Étienne, né à Nîmes le 14 novembre 1743 et guillotiné à Paris le 5 décembre 1793, député de l’Aube à la Convention nationale.

 

Sommaire


 
  • 1 Mission pastorale (juillet 1765-1786)
  • 2 L’émancipation des protestants (1786-1789)
  • 3 Le révolutionnaire
  • 4 Voir aussi
    • 4.1 Bibliographie
    • 4.2 Articles connexes
    • 4.3 Liens externes
  • 5 Notes et références

 

Mission pastorale (juillet 1765-1786)

Rabaut Saint-Étienne, fils du pasteur Paul Rabaut, est né à Nîmes. Il a passé toute son enfance dans l’atmosphère d’insécurité et d’angoisse qui entourait les familles de pasteurs du Désert.

En raison de l’insécurité, le pasteur Rabaut envoie son fils à Lausanne en pension pour y poursuivre son éducation. Il y fait des études de théologie.

Il est consacré pasteur à Lausanne le 11 novembre 1764 Il est aussitôt appelé à Nîmes où il sera en poste, adjoint de son père.

L’émancipation des protestants (1786-1789)

Rabaut Saint-Étienne se consacre à une tâche essentielle : améliorer le sort de ses coreligionnaires. Pour ce faire, il se rend à Paris, entre en contact avec le marquis de La Fayette, désireux de mettre fin à la proscription des protestants français. Par l’intermédiaire de La Fayette, il rencontre le ministre Malesherbes, lui aussi favorable à la cause protestante. Obtenir pour les protestants un statut légal est un projet soutenu par plusieurs personnalités autour du roi Louis XVI, qui rédigent des mémoires à cet effet. À la fin de 1786, Rabaut Saint-Étienne en rédige un lui-même et tente de faire pression pour que le mémoire adopté soit le plus libéral possible.

Finalement, l’Édit des non-catholiques, dit Édit de Tolérance, est signé par le Roi Louis XVI le 7 novembre 1787. Il est limité à l’état civil. Tout en regrettant ses limites, Rabaut Saint-Étienne se réjouit de la signature du texte et affirme : « La reconnaissance n’exclut point l’espérance, elle l’autorise ».

Le révolutionnaire

Extrait du tableau du Serment du Jeu de Paume de David, représentant dom Gerle, l'abbé Grégoire et le pasteur Jean-Paul Rabaut de Saint-Étienne. Il allégorise la réconciliation des religieux lors de la Révolution française.

Député du tiers état de la sénéchaussée de Nîmes et de Beaucaire aux États généraux, il prêta le serment du Jeu de Paume et fut nommé commissaire pour les conférences.

Participant aux débats de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, il fut élu président de l’Assemblée constituante du 15 au 28 mars 1790 et participa à l’élaboration de la constitution de 1791. Il proposa plusieurs décrets relatifs à l’organisation de la garde nationale et de la gendarmerie nationale.

On retiendra et réutilisera une maxime qu’il dit à la Constituante : « Notre histoire n’est pas notre code 1 »

L’Assemblée constituante ayant décrété qu’aucun de ses membres ne pourrait faire partie de l’Assemblée législative, il se consacra à l’écriture et rédigea un Précis de l’histoire de la Révolution.

Élu dernier député de l’Aube à la Convention nationale, où il siégea sur les bancs des Girondins, il devint membre du Comité de l’agriculture. À la Convention, il dénonça la violation de la loi par la Commune de Paris et proposa de déclarer le roi Louis XVI coupable et de renvoyer au peuple l’application de la peine. Lors du procès du roi, il vota pour la culpabilité, pour la ratification du jugement du peuple, pour la détention pendant la guerre et le bannissement à la paix et pour le sursis.

Rabaut Saint-Étienne devint président de l’Assemblée du 24 janvier au 7 février 1793. Il fut élu, le 15 mars 1793, membre de la Commission des Six chargée de surveiller le tribunal extraordinaire. Il se prononça pour la mise en accusation de Marat. Le 21 mai, il fut nommé à la Commission extraordinaire des Douze, instituée pour la recherche des complots et des conspirations menaçant la représentation nationale et établit un rapport le 28 mai, justifiant l’arrestation d’Hébert.

Mis en état d’arrestation le 2 juin avec les Girondins, il fut déclaré traître à la patrie le 28 juillet, s’étant soustrait au décret d’arrestation, et fut guillotiné le 15 frimaire an II (5 décembre 1793).

Voir aussi

Bibliographie

  • C. Borello, Du Désert au Royaume : parole publique et écriture protestante (1765-1788) - Édition critique du Vieux Cévenol et de sermons de Rabaut Saint-Étienne, préface de Philippe Joutard, Paris, Honoré Champion, collection «La vie des Huguenots» no 65, 2013.
  • A. Dupont, Rabaut Saint-Étienne, 1743-1793 : un protestant défenseur de la liberté religieuse, Genève, Labor et Fides, 1989 [1946].
  • A. Lods, Essai sur la vie de Rabaut Saint-Étienne, pasteur à Nîmes, membre de l’Assemblée constituante et de la Convention nationale (1743-1793), Paris, Fischbacher, 1893.

Articles connexes

  • Jacques Antoine Rabaut-Pommier, son frère cadet
  • Pierre-Antoine Rabaut-Dupuis, son frère puîné

Liens externes

Notes et références

  1.  La phrase complète est : "(...)l'ancienneté d'une loi ne prouve autre chose, sinon qu'elle est ancienne. On s'appuie de l'histoire ; mais l'histoire n'est pas notre code. Nous devons nous défier de la manie de prouver ce qui doit se faire par ce qui s'est fait, car c'est précisément de ce qui s'est fait que nous nous plaignons", dans Considérations sur les intérêts du Tiers-Etat.

 

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

14 avril 2018

Cadic François

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

François Cadic

cadic

François Cadic
Biographie
Naissance 29 septembre 1864
Noyal-Pontivy (Morbihan,France)
Ordination sacerdotale 1889
Décès 27 juillet 1929 (à 64 ans)
Saint-Jean-Brévelay (Morbihan, France)
Autres fonctions
Fonction laïque
Écrivain et folkloriste
Professeur d'Histoire à l'Institut catholique de Paris
Fondateur de La Paroisse Bretonne de Paris

L'abbé François Cadic, né le 29 septembre 1864 à Noyal-Pontivy (Morbihan)1 et mort le 27 juillet 1929 à Saint-Jean-Brévelay (Morbihan), est un prêtre, écrivain et folkloriste breton.

 

Sommaire

  
  • 1Biographie
  • 2Œuvres
  • 3Notes et références
  • 4Voir aussi
    • 4.1Bibliographie
    • 4.2Article connexe
    • 4.3Lien externe

 

Biographie

François Cadic est le onzième et dernier enfant d'une famille de cultivateurs enracinée dans le pays de Noyal-Pontivy. Les Le Bihan et les Cadic vivent en effet depuis plusieurs siècles à Noyal-Pontivy 1.

Sa famille a également été mêlée aux événements de la période révolutionnaire. Un grand-oncle de François Cadic, l'abbé Jean Le Bihan a recueilli des témoignages de chouans que François Cadic a utilisés pour son ouvrage Histoire populaire de la chouannerie 2. Il recueille aussi les chants populaires armoricains se rapportant à la Chouannerie, d'où naît l'ouvrage Chants de Chouans qui contient 34 pièces écrites en langue bretonne (dialecte vannetais) avec version française, dont douze seulement sont accompagnées de leur air 3.

François Cadic entre au petit séminaire de Sainte-Anne-d'Auray en 1880. Plusieurs de ses professeurs jouent un rôle dans la mise en valeur de la langue et de la culture vannetaise, tels l'abbé Jérôme Buléon, l'abbé Pierre Le Goff ou encore l'abbé Adolphe Duparc 2.

Il intègre le grand séminaire de Vannes qu'il quitte à la suite d'incidents que son biographe l'abbé Jean Le Moing, neveu de François Cadic, ne précise pas 4.

Diacre dans un collège de Blois, bachelier en théologie, il est ordonné prêtre en 1889. Il s'inscrit la même année à l'Institut catholique de Paris où il obtient en 1891 une licence d'histoire et suit en parallèle une première année de droit 4.

De 1891 à 1893, il est élève-titulaire à l'École pratique des hautes études de Paris où il suit notamment l'enseignement d'Henri Gaidoz 4.

Il enseigne l'histoire dans le collège de Jésuites de la rue de Madrid à Paris, puis occupe en 1897 la chaire d'histoire de l'Institut catholique de Paris laissée vacante par Paul Pisani 4.

François Cadic est influencé par les idées chrétiennes démocrates qui se développent à la fin du xixe siècle à la suite de l'encyclique Rerum novarum (1891) du pape Léon XIII sur la condition ouvrière, relayées notamment par l'abbé Jules Lemire, que François Cadic rencontre à plusieurs reprises 5.

Le jeune prêtre décide de s'engager et de se mettre au service des parias de la capitale que sont alors les Bretons 5.

En mai 1897, il crée à Notre-Dame-des-Champs, La Paroisse Bretonne de Paris qui est déclarée officiellement à la préfecture en mai 1898 5.

L'association comptera jusqu'à 40 000 personnes, avec centre de culte, foyer d'accueil et office de placement, et en 1899, il en fonde la revue du même nom qui apporte de nombreuses informations utiles aux Bretons de la capitale et aussi des légendes propres au pays de Vannes.

En novembre 1901, François Cadic crée l'Institut Brizeux-Chateaubriand, destiné aux « femmes du monde » 6.

Il est journaliste dans l'âme et signe en 1899 et en 1900 quelques articles dans L'Ouest-Éclair, journal créé en 1899 par l'abbé Trochu. Mais c'est surtout dans le journal "La Paroisse Bretonne de Paris", qu'il crée en avril 1899, que son talent va s'exprimer 7.

Il a écrit de nombreux ouvrages sur la Bretagne, rassemblant ses contes et légendes, et il est considéré, à l'image de Luzel, comme un des meilleurs collecteurs de la tradition orale de Basse-Bretagne, recueillant plus de 200 contes et légendes et 150 chansons 8.

Œuvres

Une bibliographie a été faite par Fañch Postic dans l'ouvrage de 2012 consacré à François Cadic 9.

Éditions du vivant de l'auteur
  • François CadicL'Émigration bretonne vers Paris et l'Œuvre de la Paroisse Bretonne de Paris, Paris, Imprimerie des pauvres du Sacré-Cœur,‎ 1899 (réimpr. 1901)
  • François CadicLes Bretons, considérations sur leur passé et leur situation présente, Aurillac, Imprimerie Moderne,‎1902
  • François CadicDans la campagne bretonne : étude sur les métiers, les habitudes et les travers des paysans bretons, Paris, Maison du peuple breton,‎ 1902
    Fañch Postic indique 1903 et comme éditeur Aurillac, Imprimerie Moderne
  • François CadicÇà et là à travers la Bretagne, Paris, Maison du peuple breton,‎ 1905
  • François CadicContes et légendes de Bretagne : Les puissances inférieures - Les revenants - Les puissances supérieures, Paris, Maison du peuple breton, Hennebont, Imprimerie Ch. Norman,‎ 1914
  • François CadicContes et légendes de Bretagne (avec commentaires explicatifs) : deuxième série, Paris, Maison du peuple breton,‎ 1919
  • François CadicContes et légendes de Bretagne (avec commentaires explicatifs) : Nouvelle série, Paris, Maison du peuple breton,‎ 1922
  • François CadicNouveaux Contes et Légendes de Bretagne (avec commentaires explicatifs) : deuxième série, Paris, Maison du peuple breton,‎ 1925, 247 p.
  • François Cadic (préf. de l'auteur), Contes et légendes de Bretagne (avec commentaires explicatifs), Paris, éd. SPES,‎1929, 199 p.
Éditions posthumes
  • François Cadic (avant-propos Mgr Eugène Le Bellec, notice biographique abbé J. Le Moing, ill. N. Gérard), Contes Bretons sur douze métiers, Paris, Librairie Celtique,‎ 1943, 284 p.
  • François Cadic (introduction Yves Le Diberder, présentation Donatien Laurent), Chants de Chouans, Paris, Librairie Celtique,‎ 1949, 264 p.
  • François Cadic (introduction Yves Le Diberder et préface de l'édition de 1914), Contes et légendes de Bretagnevol. 1, Vannes, Librairie Galles,‎ 1950, 242 p.
  • François Cadic (textes choisis par Paul Delarue en accord avec M. l'abbé Le Moing, neveu et héritier de François Cadic, ill. hors-texte en couleurs et figures in-texte en noir par Claude Verrier), Contes de Basse-Bretagne, Paris, éd. Érasme,‎1955, 222 p.
  • François Cadic (introduction Yves Le Diberder, présentation Donatien Laurent), Chants de Chouans, Genève-Paris, éd. Slatkine, coll. « Bretagne et monde celtique »,‎ 1981, 264 p. (ISBN 978-2-05-100332-2présentation en ligne)
    Réimpression de l'édition de Paris, 1949
  • François CadicContes et légendes de Bretagne, Nantes, éd. J. M. Williamson,‎ octobre 1994, 191 p.(ISBN 978-2-90952512-9)
  • François CadicContes et légendes de Bretagne : Croyances - Superstitions - Revenants, éd. L’Ancre de Marine,‎février 2000, 240 p. (ISBN 978-2-84141146-7)
  • François CadicChansons populaires de Bretagne : publiées dans La Paroisse Bretonne de Paris (1899-1929), Presses universitaires de Rennes, Dastum et Centre de recherche bretonne et celtique, coll. « Patrimoine oral de Bretagne »,‎mai 2010, 635 p. (ISBN 978-2-7535-1141-5présentation en ligne)
Édition des œuvres de François Cadic par les Presses universitaires de Rennes et les Éditions Terre de Brume
  • Contes et légendes de Bretagne : Les Contes populaires (préf.Donatien Laurent, textes réunis et présentés par Fañch Postic)t. 1, Dinan, Terre de Brume et Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Les œuvres de François Cadic »,‎ 1997, 352 p. (ISBN 2-84362-006-6 et 2-86847-282-6présentation en ligne)
    Contient un texte de Fañch Postic : La vie et l'œuvre de l'abbé François Cadic, 103 p.
  • Contes et légendes de Bretagne : Les Contes populaires (textes réunis et présentés par Fañch Postic)t. 2, Rennes,Presses universitaires de Rennes et Dinan, Terre de Brume, coll. « Les œuvres de François Cadic »,‎ 1998, 336 p.(ISBN 2-84362-020-1présentation en ligne)
  • Contes et légendes de Bretagne : Les Contes populaires (textes réunis et présentés par Fañch Postic)t. 3, Rennes,Presses universitaires de Rennes et Dinan, Terre de Brume, coll. « Les œuvres de François Cadic »,‎ 1999, 308 p.(ISBN 2-84362-038-4présentation en ligne)
  • Contes et légendes de Bretagne : Les Récits légendaires (textes réunis et présentés par Fañch Postic)t. 1, Rennes,Presses universitaires de Rennes et Dinan, Terre de Brume, coll. « Les œuvres de François Cadic »,‎ 2000, 400 p.(ISBN 2-84362-071-6présentation en ligne)
  • Contes et légendes de Bretagne : Les Récits légendaires (textes réunis et présentés par Fañch Postic)t. 2, Rennes,Presses universitaires de Rennes et Dinan, Terre de Brume, coll. « Les œuvres de François Cadic »,‎ 2001, 424 p.(ISBN 2-84362-108-9présentation en ligne)
  • Çà et là à travers la Bretagne : Traditions populaires (textes réunis et présentés par Fañch Postic), Rennes, Presses universitaires de Rennes et Dinan, Terre de Brume, coll. « Les œuvres de François Cadic »,‎ 2002, 432 p.(ISBN 2-84362-137-2présentation en ligne)
  • Histoire populaire de la chouannerie : Traditions populaires (textes réunis et présentés par Fañch Postic)t. 1, Rennes,Presses universitaires de Rennes et Dinan, Terre de Brume, coll. « Les œuvres de François Cadic »,‎ 2003, 608 p.(ISBN 2-84362-206-9présentation en ligne)
  • Histoire populaire de la chouannerie : Traditions populaires (textes réunis et présentés par Fañch Postic)t. 2, Rennes,Presses universitaires de Rennes et Dinan, Terre de Brume, coll. « Les œuvres de François Cadic »,‎ 2003, 608 p.(ISBN 2-84362-207-7présentation en ligne)

Notes et références

  1. ↑ a et b François Cadic, un collecteur vannetais, « recteur » des Bretons de Paris, p. 11
  2. ↑ a et b François Cadic, un collecteur vannetais, « recteur » des Bretons de Paris, p. 12
  3.  Robert Marot, La Chanson populaire bretonne: reflet de l'évolution culturelle, Grassin, 1987, p. 79
  4. ↑ a, b, c et d François Cadic, un collecteur vannetais, « recteur » des Bretons de Paris, p. 13
  5. ↑ a, b et c François Cadic, un collecteur vannetais, « recteur » des Bretons de Paris, p. 14
  6.  François Cadic, un collecteur vannetais, « recteur » des Bretons de Paris, p. 15
  7.  François Cadic, un collecteur vannetais, « recteur » des Bretons de Paris, p. 16
  8.  Notice des Presses universitaires de Rennes [archive]
  9.  François Cadic, un collecteur vannetais, « recteur » des Bretons de Paris, p. 20-22

Voir aussi

Bibliographie

  • Fañch Postic, « La Paroisse Bretonne de Paris : l'œuvre de l'abbé Cadic », ArMenno 103,‎ mai 1999
  • Fañch Postic, « François Cadic : le folklore, entre tentation scientifique et moyen d'apostolat », Port Acadie : revue interdisciplinaire en études acadiennes, n°24-25-26, 2014, Université Sainte-Anne, p. 181-191
  • Collectif (sous la dir. de Fañch Postic)François Cadic (1864-1929) : un collecteur vannetais, « recteur » des Bretons de Paris (actes du colloque de Pontivy des 8 et 9 avril 2010), Brest, CRBC, Vannes, Archives départementales du Morbihan et Rennes, Dastum,‎ mars 2012, 232 p. (ISBN 978-2-901737-91-9présentation en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Article connexe

  • La Paroisse Bretonne de Paris

Lien externe

Posté par blonjacky à 14:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

13 avril 2018

Guillotin Joseph Ignace

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

 

Joseph Ignace Guillotin

 

Joseph-Ignace Guillotin

220px-Joseph-Ignace_Guillotin_cropped

Joseph Ignace Guillotin, Musée Carnavalet

Naissance 28 mai 1738
France monarchie Saintes
Décès 26 mars 1814
Drapeau de la France Paris
Nationalité Française
Profession
Médecin, homme politique, inventeur de la guillotine

Joseph Ignace Guillotin (né le 28 mai 1738 à Saintes et mort le 26 mars 1814 à Paris) est un médecin et homme politique français. Il est connu pour avoir fait adopter, sous la Révolution française, la guillotine comme mode unique d’exécution capitale.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 L'homme politique
    • 1.2 Guillotin et la « guillotine »
  • 2 Œuvres et publications
  • 3 Notes et références
  • 4 Annexes
    • 4.1 Bibliographie
    • 4.2 Liens externes

Biographie

Joseph Ignace Guillotin est le neuvième des treize enfants de Joseph-Alexandre Guillotin, avocat girondin et de Catherine-Agathe Martin. Une légende familiale veut qu'il soit né près d'une place à Saintes où avaient lieu les exécutions : l'émotion provoquée par les cris d'un condamné fit Madame Guillotin se sentir prise des douleurs de l'enfantement et elle le mit au monde1.

Il fait des études théologiques pendant sept ans dans le collège des jésuites de Bordeaux et y obtient son baccalauréat. Jésuite, il est d'abord professeur du Collège des Irlandais à Bordeaux. En 1763, il choisit les études de médecine d'abord à Reims (où les études sont moins onéreuses) puis en 1768 à Paris, pendant trois ans grâce aux bourses d'étude. Il devient pupille à la Faculté de Médecine de Paris, obtient un doctorat de régent en 1770 et enseigne l'anatomie, la physiologie et la pathologie dans cette même Faculté (de 1778 à 1783). En même temps, il exerce en cabinet2 et effectue des expériences scientifiques sur le vinaigre ou les caractéristiques de la rage. Le 14 juillet 1787, il se marie avec Elise Saugrain3.

L'homme politique

Bien avant la Révolution française, Guillotin est célèbre pour avoir publié plusieurs ouvrages politiques et avoir proposé un certain nombre de réformes. Dans son livre Pétition des six corps (ou Pétition des citoyens domiciliés à Paris) rédigé le 8 décembre 1788, il réclame le vote par tête (et non par ordre aux États généraux) et que le nombre des députés du Tiers état soit au moins égal à celui des députés des deux autres ordres. Cette proposition lui vaut au départ la réprobation du roi (plusieurs personnes avaient déjà adressé ce genre d'écrit au souverain, mais dans une correspondance personnelle et non en appelant à lui publiquement par voie de requêtes) et il passe en jugement. Le Parlement de Paris la condamne le 20 décembre 1788 pour la forme et non pour le fond, comme le fait remarquer le conseiller Lefebvre : « Ce jugement concerne la forme de votre écrit et son mode de diffusion. Quant au fond, le Parlement, dont je suis ici l'interprète, n'y trouve rien à redire ». La pétition est alors interdite de diffusion. Le 27 décembre 1788, sur la demande de Necker, elle est acceptée par le Conseil d'État du roi.

Il fut médecin du comte de Provence. Initié en 1772 à la loge la Parfaite Union d’Angoulême, il devint en 1776 Vénérable de la loge la Concorde fraternelle à l’Orient de Paris et en 1778 membre affilié à celle des Neuf sœurs (côtoyant les peintres Jean-Baptiste Greuze ou Claude Joseph Vernet, Voltaire, le duc d’Orléans ou le duc de Chartres)4. Il fréquenta tout au long de sa vie ces ateliers empreints de rationalité et de liberté et joua un rôle prépondérant dans la formation du Grand Orient de France.

Élu député du Tiers-État de la ville et des faubourgs de Paris aux États Généraux de 1789, c'est lui qui proposa la réunion dans la salle du Jeu de paume, lorsque les députés trouvèrent leur salle fermée le 20 juin. C'est également lui qui fut chargé d'aménager la salle des séances. il fut chargé d'organiser les séances parlementaire souvent chahutées. S'inspirant des théâtres anatomiques, il imagina de réunir les élus du peuple dans une salle en demi-cercle, afin que tous puissent se voir et s'entendre, donnant naissance à l'hémicycle du Palais Bourbon, ce qui lui valut des attaques malveillantes de la presse parlementaire déçue par la mise en discipline des séances5.

Mort le 26 mars 1814 dans sa maison de la rue Saint-Honoré à Paris, il fut enterré deux jours plus tard dans une concession temporaire au cimetière du Père-Lachaise. Sa tombe, dans l'actuelle 8ème division, a depuis longtemps disparu6.

Guillotin et la « guillotine »

Avec l'appui de Mirabeau, député et secrétaire de l’Assemblée nationale constituante, Guillotin propose le 9 octobre 1789 un projet de réforme du droit pénal dont le 1er article dispose que « les délits de même genre seront punis par les mêmes genres de peines, quels que soient le rang et l'état du coupable. » Il demanda dans la séance du 1er décembre 1789 que « la décapitation fût le seul supplice adopté et qu'on cherchât une machine qui pût être substituée à la main du bourreau. » L’utilisation d’un appareil mécanique pour l’exécution de la peine capitale lui paraît une garantie d’égalité, qui devait selon lui ouvrir la porte à un futur où la peine capitale serait finalement abolie. En effet, jusqu’alors, l'exécution de la peine capitale différait selon le forfait et le rang social du condamné : les nobles étaient décapités au sabre, les roturiers à la hache, les régicides et criminels d'État écartelés, les hérétiques brûlés, les voleurs roués ou pendus, les faux-monnayeurs bouillis vifs dans un chaudron. La proposition de Guillotin vise également à supprimer les souffrances inutiles. Son idée est adoptée en 1791 par la loi du 6 octobre et, malgré ses protestations, on attribue son nom à cette machine, qui existait pourtant depuis le XVIe siècle. Après plusieurs essais sur des moutons puis trois cadavres à l'Hospice de Bicêtre le 15 avril 1792, la première personne guillotinée en France fut un voleur, du nom de Nicolas Jacques Pelletier, le 25 avril 1792.

L’appareil est mis au point en 1792 par son confrère Antoine Louis, secrétaire perpétuel de l'Académie de chirurgie (d’où son premier nom de Louison), et se voit rapidement affublé du nom de guillotine, contre la volonté du docteur Guillotin qui en manifesta le regret jusqu'à sa mort en 1814, appelant sa fameuse machine « la tache involontaire de [sa] vie »4.

Guillotin espérait instaurer une exécution plus humaine et moins douloureuse. Mais, pendant la Terreur, celle qui est désormais affublée de nombreux surnoms (comme le rasoir national, le moulin à silence, la veuve, puis la cravate à Capet après son emploi sur Louis XVI), a largement contribué à multiplier les exécutions capitales.

Emprisonné durant la Terreur, Guillotin est remis en liberté après la mort de Robespierre. Il passa le restant de ses jours loin de la vie politique et ne se consacra plus qu'à la médecine, s’activant à propager la pratique de la vaccination contre la variole et, sous le Consulat, il est chargé d’installer le premier programme cohérent de santé publique en France à l’échelle de la nation. Il est nommé médecin chef de l'hôpital Saint-Vaast d'Arras. Guillotin est également le fondateur de la Société des premiers médecins de Paris, ancêtre de l'actuelle Académie nationale de médecine.

Par pure coïncidence, un médecin lyonnais, J.M.V. Guillotin (pas de relation) fut exécuté par la guillotine. ce qui contribua à répandre la rumeur selon laquelle Guillotin aurait lui-même été exécuté par « sa » machine. Joseph Ignace Guillotin est en réalité mort de causes naturelles.

« Il y a des hommes malheureux. Christophe Colomb ne peut attacher son nom à sa découverte ; Guillotin ne peut détacher le sien de son invention. »

— Victor Hugo7

Œuvres et publications

  • Articles sur les lois criminelles, dont l'Assemblée nationale a ordonné l'impression le premier décembre 1789, pour être discutés dans la séance du 2., Paris : Impr. nationale, (s. d.), In-8° , 3 p.
  • Pétition des citoyens domiciliés à Paris, du 8 décembre 1788 ([Reprod.]), chez Clousier, imprimeur du Roi, & des Six-corps (Paris), 1788, 1 microfiche ; 105*148 mm, disponible [archive] sur Gallica.
  • Projet de décret sur l'enseignement et l'exercice de l'art de guérir, présenté au nom du Comité de salubrité par M. Guillotin, Paris : Impr. nationale, 1791, In-8° , 39 p.
  • Présentation du rapport du Comité central de vaccine au Premier consul, par le citoyen Guillotin, Paris, impr. de Plassan, (s. d.), In-8° , 3 p.

 

En collaboration
  • avec Docteur Salle: Le Grand spécifique, ou L'ordonnance de MM. Guillotin et Salle, docteurs en médecine, sur la maladie et le traitement de très-haut et très-puissant seigneur, monseigneur, le haut clergé de l'église gallicane ([Reprod.]) [s.n.], 179., 1 microfiche ; 105*148 mm, disponible [archive] sur Gallica.

Notes et références

  1. Henri Pigaillem, Le docteur Guillotin. Bienfaiteur de l'humanité, Pygmalion, 2004, p. 11
  2. Il se partage avec son confrère Jean-Paul Marat la clientèle des maisons des frères du roi, le comte de Provence, futur Louis XVIII et le comte d'Artois.
  3. Malheureux Guillotin, philanthrope incompris ! [archive] Entretien avec Jacques Battin, auteur de Médecins et malades célèbres, Édit. Glyphe, 2009.
  4. a et b Guillotin, frère du peuple, L'Express, 3 février 2009.
  5. Bruno Fuligni, Si le palais-Bourbon m'était conté. 150 ans de vie parlementaire vus pas les députés, Moment, 2011, p. 61
  6. (fr) Marie Beleyme, « Mais où fut donc inhumé le bon Docteur Guillotin ? », Père-Lachaise : 1804-1824,‎ 24 mars 2016 (lire en ligne [archive])
  7. Littérature et philosophie mêlées, 1834 (lire sur Wikisource), « Journal des idées et des opinions d’un révolutionnaire de 1830 ».

Annexes

Bibliographie

  • Henri Pigaillem, Le Docteur Guillotin, bienfaiteur de l'humanité, Pygmalion, 2004, 247 p.
  • Edmond-Jean Guérin,« Le docteur Joseph-Ignace Guillotin », in: Bulletin de la Société des Archives Historiques de Saintonge et d'Aunis, tome 28, 1908, disponible [archive] sur Gallica.
  • Alphonse Cordier, Le docteur Guillotin : épisode du régime de la Terreur, Bibliothèque populaire (Paris), 1869, 1 vol. (188 p.) ; 18 cm, disponible [archive] sur Gallica.
  • « Le Docteur Guillotin », in: Le progrès médical, [supplément illustré], 1938, n°3, p. 17-24 , Texte intégral [archive]
  • André Soubiran, Jean Théodoridès, « Guillotin et la rage: un mémoire inédit. », in: Histoire des sciences médiales, 1982, 16 (4), pp. 227-238, Texte intégral [archive].

Liens externes

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

12 avril 2018

Joubert Joseph (moraliste)

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Joseph Joubert (moraliste)

 

Joseph Joubert

117755822

Joseph Joubert

Naissance 7 mai 1754
Montignac, France
Décès 4 mai 1824 (à 69 ans)
Paris, France
Activité principale Moraliste
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres Essai, aphorisme

Joseph Joubert, né à Montignac (Périgord) le 7 mai 1754 et mort à Paris le 4 mai 1824, est un moraliste et essayiste français.

 

Sommaire


  • 1Biographie
  • 2Société des Amis de Joseph Joubert
  • 3Citations
  • 4Principales éditions
  • 5Références
  • 6Voir aussi
    • 6.1Bibliographie

 

Biographie

À partir de l'âge de 14 ans, il suivit les cours du collège religieux de l'Esquile de Toulouse, où il enseigna lui-même par la suite, jusqu'en 1776.

En 1778, il se rendit à Paris où il se lia avec Louis de Fontanes et Chateaubriand, rencontra D'Alembert et devint le secrétaire de Diderot. Il vécut entre Paris, auprès de ses amis, et sa maison de Villeneuve-sur-Yonne en voisin du comte et de la comtesse de Sérilly dont il dira qu'elle a eu "le plus beau des courages, le courage d'être heureuse"

Pendant la révolution, il recueillit la jeune comtesse de Beaumont dont la famille avait été victime de la Terreur et qui survivait cachée par une famille de paysans les Paquereau. Il lui voua toute sa vie une amitié amoureuse. Après la chute de Robespierre, la comtesse retourna à Paris où elle devint le grand amour de Châteaubriand. Délaissée par l'écrivain et usée par les épreuves, elle s'éteignit à Rome en 1803 à l'âge de 35 ans. En apprenant sa mort, Joseph Joubert écrivit : "Châteaubriand la regrette sûrement autant que moi mais elle lui manquera moins longtemps". 1

Il apporta son soutien à sa voisine Anne-Louise de Sérilly dont le mari avait péri sur l'échafaud. S'étant remariée avec son cousin François de Pange, elle s'était retrouvée veuve une seconde fois quelques mois plus tard. Mère de quatre enfants, elle accepta de convoler une troisième fois avec un ami, le vieux marquis Anne-Pierre de Montesquiou-Fézensac ce qui suscita les critiques de son entourage et notamment de Germaine de Staël.

"Que puis-je vous dire Madame ? lui écrivit Joubert, Monsieur de Pange avait un grand mérite; Monsieur de Montesquiou a de plus une grande réputation. Je veux que vous soyez heureuse; je crois que vous n'avez pu l'être et je crois que vous le serez... J'aimais celui que vous aimiez : je l'aimais à cause de lui et surtout à cause de vous ; il vit toujours dans les pensées. Je respecterai sa mémoire, je garderai son souvenir. Je serai fidèle au passé mais j'honore votre avenir..." 2

De son vivant, Joubert ne publia jamais rien, mais il écrivit de nombreuses lettres, ainsi que des notes et des journaux où il reportait ses réflexions sur la nature de l'homme, sur la littérature, et sur d'autres sujets, dans un style poignant, volontiers aphoristique.

À sa mort, sa veuve confia ses notes à Chateaubriand, qui en fit publier un choix sous le titre Recueil des pensées de M. Joubert en 1838. Des éditions plus complètes allaient suivre, ainsi que celles de la correspondance. La tombe de Joseph Joubert se trouve au cimetière de Montmartre.

Sa bibliothèque se trouve désormais dans des archives privées où se trouve une petite partie des archives du prince François-Xavier de Saxe.

Société des Amis de Joseph Joubert

Article détaillé : Maison Joseph-Joubert.

En 1985, dans le cadre du LVIe Congrès de l'Association Bourguignonne des Sociétés Savantes, à l'initiative des Amis du Vieux Villeneuve, a eu lieu à Villeneuve-sur-Yonne le premier colloque consacré à Joseph Joubert, sa vie, ses amitiés, sa pensée ainsi que ses influences sur le travaux d'autres intellectuels, au terme duquel fut proposée par Rémy Tessonneau et accepté par les participants la fondation des Amis de Joseph Joubert 3. Le but de cette association est de « faciliter la publication authentique et intégrale des écrits de Joubert, et de conduire une recherche progressive, concertée et solidaire, afin d'en exprimer toutes les significations 3 ». Depuis lors, la Société des Amis de Joseph Joubert a déjà organisé 4 colloques, dont le dernier s'est tenu les 2 et 3 octobre 2010 3.

Citations

  • « L'art est de cacher l'art. »
  • « Enseigner, c'est apprendre deux fois. »
  • « La parole entraîne, l'exemple enseigne. »
  • « Quand mes amis sont borgnes, je les regarde de profil. »
  • « Il n'y a plus aujourd'hui d'inimitiés irréconciliables, parce qu'il n'y a plus de sentiments désintéressés : c'est un bien né d'un mal. »
  • « Tous les hommes viennent de peu, et il s'en faut de peu pour qu'ils ne viennent de rien. »
  • « L'ambition est impitoyable : tout mérite qui ne la sert pas est méprisable à ses yeux. »
  • « Il faut ne choisir pour épouse que la femme qu'on choisirait pour ami, si elle était un homme. »
  • « Ce n'est pas l'abondance, mais l'excellence qui fait la richesse »
  • « Les enfants ont plus besoin de modèles que de critiques. »
  • « Le but de la discussion ne doit pas être la victoire, mais l'amélioration. »
  • « Il y a des sciences bonnes dont l'existence est nécessaire et dont la culture est inutile. Telles sont les mathématiques. »
  • « La raison peut nous avertir de ce qu'il faut éviter, le cœur seul nous dit ce qu'il faut faire. »
  • « Le plus beau des courages, celui d'être heureux. »
  • « Il est indigne des grandes âmes de faire part des tourments qu'elles éprouvent. »
  • « Quiconque s'agenouille devant Dieu se façonne à se prosterner devant un roi. »
  • « On ne sait ce qu’on voulait dire que lorsqu’on l’a dit. »
  • « Il faut quand on agit, se conformer aux règles, et quand on juge, avoir égard aux exceptions »
  • « Tout s'apprend, même la vertu. »
  • « Ces insupportables parleurs qui vous entretiennent toujours de ce qu'ils savent et ne vous entretiennent jamais de ce qu'ils pensent. »
  • « Le soir de la vie apporte avec soi sa lampe. »
  • « Les révolutions sont des temps où le pauvre n'est pas sûr de sa probité, le riche de sa fortune, et l'innocent de sa vie. »
  • « Le génie commence les beaux ouvrages, mais le travail seul les achève. »
  • « L'éducation se compose de ce qu'il faut dire et de ce qu'il faut taire. »

Principales éditions

  • Recueil des pensées de M. Joubert, publié par Chateaubriand, Le Normant, Paris, 1838 Texte en ligne
  • Pensées, essais, maximes et correspondance de J. Joubert, précédés d'une notice sur sa vie, son caractère et ses travaux, recueillis et mis en ordre par M. Paul Raynal, Le Normant, Paris, 1850 ; 1861 Texte en ligne
  • Pensées, introduction et notes par Victor Giraud, avec la Notice historique du frère de Joubert [Arnaud Joubert], Bloud, Paris, 1909
  • Carnets, textes recueillis sur les manuscrits autographes par André Beaunier, Gallimard, Paris, 1938 ; 1994
  • Pensées et Lettres, organisation par Raymond Dumay et Maurice Andrieux, Grasset, 1954
  • Correspondance de Louis de Fontanes et de Joseph Joubert : (1785-1819), texte intégral publié pour la première fois d'après les documents autographes avec une introduction et des notes par Rémy Tessonneau, Plon, Paris, 1943
  • Essais : 1779-1821, édition intégrale et critique de textes en partie inédits recueillis et présentés par Rémy Tessonneau, A.G. Nizet, Paris, 1983
  • Correspondance générale : 1774-1824, édition établie par Rémy Tessonneau, William Blake and Co., Bordeaux, 3 volumes, 1996-1997
  • Quatre carnets, édition établie et annotée par David Kinloch et Philippe Mangeot, University of London, Institute of romance studies, Londres, 1996,
  • Edith de PangeLe chevalier de Pange ou la tragédie des trois frères, Metz, Editions Serpenoise,‎ 2011.

Références

  1.  Pange 2011, p. 348.
  2.  Pange 2011, p. 347.
  3. ↑ a, b et c Origines de l'association "Les Amis de Joseph Joubert" [archive]

Voir aussi

Bibliographie

  • Actes du colloque Joseph Joubert; [publié par L'Association bourguignonne de Soc. sav.] 56e Congrès, Villeneuve-sur-Yonne, Amis du Vieux-Villeneuve, 1986
  • Actes du colloque Joseph Joubert, Vallée-aux-Loups, Amis du Vieux-Villeneuve, 1988
  • Actes du colloque Joseph Joubert, Montignac, Amis du Vieux-Villeneuve, 1991
  • Actes du 4° colloque Joseph Joubert, Sens, Amis de Joseph Joubert, 2010
  • « Georges Perros / Joseph Joubert », Europeno 983, mars 2011
  • James Condamin, Essais sur les pensées de J. Joubert, 1877.

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

11 avril 2018

Clément de Ris Dominique

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

 

Dominique Clément de Ris

 

Dominique Clément de Ris

220px-Suvée_-_Dominique_Clément_de_Ris_(1750-1827)


Comte Clément de Ris, sénateur de l'Empire (1750-1827), Joseph-Benoît Suvée (1743–1807), 1795, Musée de l'Histoire de France (Versailles)
Fonctions
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Administrateur (1791) puis membre du Conseil général d'Indre-et-Loire (1792)
Membre du Sénat conservateur
4 nivôse an VIII – avril 1814
Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Empire français pendant les Cent-Jours Empire français (Cent-Jours)
Membre de la Chambre des pairs
4 juin 1814 – 24 juillet 1815
Élection 4 juin 1814
Réélection 2 juin 1815 (Cent-Jours)
(Révoqué par l'ordonnance du 24 juillet)
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Membre de la Chambre des pairs
21 novembre 1819 – 21 octobre 1827
Successeur Athanase Clément de Ris
(À titre héréditaire)
Biographie
Date de naissance 1er février 1750
Lieu de naissance Paris
Date de décès 21 octobre 1827
Lieu de décès Château de Beauvais,
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Avocat

Dominique Clément de Ris
Liste des conseillers généraux d'Indre-et-Loire
Liste des membres du sénat conservateur

Dominique, comte Clément de Ris, baron de Mauny (1er février 1750 -Paris ✝ 22 octobre 1827 - château de Beauvais, commune d'Azay-Sur-Cher (Indre-et-Loire), est un homme politique français.

 

Sommaire


  • 1Biographie
    • 1.1Révolution française
    • 1.2Consulat et Empire
      • 1.2.1Une ténébreuse affaire
    • 1.3Restauration française
  • 2Union et postérité
  • 3Titres
  • 4Distinctions
  • 5Armoiries
  • 6Annexes
    • 6.1Bibliographie
    • 6.2Notes et références
    • 6.3Articles connexes
    • 6.4Liens externes

 

Biographie

Clément de Ris était fils d'un procureur au Parlement, Louis Nicolas Clément de Ris (1714-1786) 1. Il devint avocat, et venait d'acheter une charge de maître d'hôtel de la reine (1787 2), quand éclata la Révolution française, dont il adopta avec enthousiasme les idées.

Révolution française

Administrateur (1791) puis membre du Conseil général d'Indre-et-Loire (1792), il fut, comme suspect de modérantisme, enfermé à la Conciergerie de Paris, en 1798, et n'en sortit que par l'intervention de Sieyès qu'il avait connu « grand-vicaire à Tréguier 3 » (Sieyès était, à Tréguier, chanoine).

Nommé, en l'an III, chef de division dans les bureaux de l'instruction publique, il fit partie, avec Garat et Ginguené de la commission de réorganisation qui provoqua la création de l'École normale.

Consulat et Empire

Démissionnaire en 1795, il se retira dans ses prorietés de Touraine et fut appelé par Bonaparte (4 nivôse an VIII) à faire partie du Sénat conservateur.

Ce fut quelques mois après, en vendémiaire an IX, que Clément de Ris, étant dans une de ses terres de Touraine, fut enlevé en plein jour par, un parti de chouans pour certains 3, qui l'enfermèrent pendant dix-neuf-jours dans un souterrain. Cette disparition, qui parut avoir le vol pour mobile, fit alors beaucoup de bruit, mais ne fut jamais vraiment expliquée ; trois des auteurs présumés furent condamnés à mort, et Mme Lacroix, dans le château de laquelle la détention avait eu lieu, subit plusieurs années de prison.

Nommé questeur 3, 4 du Sénat 5, Clément de Ris dirigea les embellissements du palais du Luxembourg, et la reconstruction de l'Odéon, qui appartenait au Sénat, et qui avait été détruit par un incendie.

Il devint membre de la Légion d'honneur (9 vendémiaire an XII), commandant du même ordre (25 prairial), comte de Mauny et de l'Empire (26 avril 1808), grand officier de la Légion d'honneur (30 juin 1811), et grand-croix de l'ordre de la Réunion (3avril 1813).

Une ténébreuse affaire

Ce fut le 23 septembre 1800 que lui arriva l'aventure singulière qui donna lieu à tant de conjectures et de fables. Enlevé en plein jour 6 par des agents de Fouché, il fut enfermé dans un souterrain, et ne fut rendu à la liberté qu'après une captivité de dix-neuf jours (sur ordre du Ministre de la Police).

En effet, il n'était pas dans l'intention de Fouché de faire enlever le sénateur, ses agents auraient commis un excès de zèle, mais de faire cambrioler son château pour récupérer des documents compromettants naguère confiés à Clément de Ris.

Le drame de cette affaire réside dans la mesure où Bonaparte informé de l'enlèvement, demande à son Ministre d'arrêter et de condamner sévèrement les coupables de cette indélicatesse. Fouché se souvenant de l'existence d'Auguste de Canchy, qu'un différend personnel avait dressé contre lui et dont le passé de chouan était un excellent prétexte, le fit arrêter en compagnie de son beau frère Mauduison et d'un chouan, Gaudin, malgré des alibis incontestables.

Après un jugement rapide, et le manque de courage du sénateur qui n'a pas voulu témoigner au procès des royalistes, et qui aurait pu les disculper, ceux-ci sont condamnés à mort et exécutés à Angers le 3 novembre 1801. Le seul membre de la cour spéciale qui eut le courage de protester, le capitaine Viriot, fut mis d'office à la retraite 2. L'éloquence habituelle de MeChauveau-Lagarde lui permit d'obtenir des acquittements pour certains des ravisseurs de Clément de Ris.

Honoré de Balzac s'est inspiré de cet épisode pour son roman Une ténébreuse affaire 7, ce qui lui a été reproché, d'autant plus que Clément de Ris avait été le protecteur de son père : Bernard-Francois Balssa.

D'autre part, ce fait divers fut le sujet d'un épisode de la série La caméra explore le temps.

Restauration française

Il fut des premiers (avril 1814) à adhérer à la déchéance de Napoléon Ier, et reçut de la Restauration le titre de pair de France (4 juin 1814), et une pension viagère de 36 000 francs.

Au retour de l'île d'Elbe, l'Empereur le comprit pourtant dans la promotion des pairs des Cent-Jours (2 juin 1815).

Atteint, à la seconde Restauration, par l'ordonnance d'exclusion du 24 juillet 1815, il rentra de nouveau à la Chambre haute, le 21 novembre 1819, lors de la fournée de pairs nommés par le ministère Decazes : il siégea jusqu'à sa mort parmi les défenseurs des libertés constitutionnelles.

Il était le cousin du général Clément de la Roncière, autre figure de l'Empire et de la Restauration.

Union et postérité

La Comtesse Clément de Ris, Joseph-Benoît Suvée (1743–1807), 1795, Musée de l'Histoire de France (Versailles).

Fils de Louis Clément (1714-1786), sieur de Ris et de Marie-Jeanne Auvray de La Tour (1712-1773), Clément de Ris épousa, le 9 février 1777 à Tréguier, Catherine Chevreux du Miny ( ✝ 1829), dont il eut :

  • Ange Louis (14 septembre 1779 - Tréguier ✝ 27 mars 1799 - Paris), polytechnicien (X1795), décédé à l'École 8 ;
  • Athanase (1782-1857), chevalier Clément de Ris et de l'Empire (1808), 2e comte Clément de Ris (1828), pair de France, colonel de cavalerie ;
  • Emile (1786 - Chateaudun ✝31 octobre 1837 - Paris), colonel, conseiller général d'Indre-et-Loire ;
  • Paul (26 décembre 1787 - Paris ✝ Tué le 14 juin 1807 - bataille de Friedland), sous-lieutenant de carabiniers.

Les papiers et lettres de Dominique Clément de Ris sont conservés aux Archives nationales sous la cote 58AP 9.

Titres

  • Comte Clément de Ris et de l'Empire (lettres patentes du 26 avril 1808, Bayonne 10) ;
  • Institution de majorat attaché au titre de baron de Mauny, accordée par lettres patentes du 21 novembre 1810, à Paris 10) ;
  • Pair de France 11 :
    • Pair « à vie » par l'ordonnance du 4 juin 1814 ;
    • 2 juin 1815 (Cent-Jours) ;
    • Révoqué par l'ordonnance du 24 juillet 1815) ;
    • Baron-pair héréditaire (21 novembre 1819, lettres patentes en 1820) ;

Distinctions

  • Légion d'honneur 12 :
    • Légionnaire (9 vendémiaire an XII : 2 octobre 1803), puis,
    • Commandant (25 prairial an XII : 14 juin 1804), puis,
    • Grand officier de la Légion d'honneur (30 juin 1811) ;
  • Grand-croix de l'Ordre de la Réunion (3 avril 1813).

Armoiries

Figure Blasonnement
Orn ext comte sénateur de l'Empire GCOR.svg
Blason Dominique Clément de Ris (1750-1827).svg
Armes du comte Clément de Ris et de l'Empire

D'azur au chevron versé d'argent accompagné d'une colombe d'argent en cœur, portant au bec une branche d'olivier de sinople et surmontée de deux étoiles d'or posées en fasce ; franc-quartier des Comtes sénateurs. 10

  • Livrées : les couleurs de l'écu 10.
Orn ext Comte (baron-pair) GOLH.svg
Blason fam fr Clément de Ris.svg
Armes de Clément de Ris, « comte de Mony 11 », Baron-pair héréditaire

D'azur, au chevron d'argent, acc. en chef de deux étoiles d'or et en pointe d'une colombe d'argent, tenant en son bec une branche d'olivier de sinople. 11, 13

Annexes

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article« Clément de Ris (Dominique), comte de Mauny », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]  ;
  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia. ;
  • Document utilisé pour la rédaction de l’articlePhilippe Le BasDictionnaire encyclopédique, Firmin Didot frères, 1841 :
    • On y lit de façon erronée 1837 comme date de décès au lieu de 1827. ;
  • Récit de l’enlèvement du sénateur Clément de Ris, Paris, Vernarel et Tenon, 1825. — Relation anonyme d'un témoin oculaire ; Alphonse de Beauchamp l’a publiée dans Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 2, pp. 345-363.
  • L'enlèvement du sénateur Clément de Ris : se référer à l'ouvrage de G. Lenotre, Vieilles maisons, vieux papiers, éditions Perrin, 2e série, le colonel Viriot ;
  • Jacques-Xavier Carré de BusserolleLa Vérité et curieuses révélations sur l’enlèvement du sénateur Clément de Ris,Niort, Mercure Poitevin, 1899 ;
  • Ernest d’HauteriveL’Enlèvement du sénateur Clément de Ris, Paris, éditions Perrin, 1926 ;
  • Charles RinnUn mystérieux enlèvement : l’Affaire Clément de Ris, Paris, A. Lefrançois, 1920.

Notes et références

  1.  Généalogie de la famille [archive]
  2. ↑ a et b « Dominique Clément de Ris » [archive], sur roglo.eu (consulté le 30 juin 2011)
  3. ↑ a, b et c « Dominique Clément de Ris », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]
  4.  Jean Tulard (dir.), Dictionnaire Napoléonvol. A-H, Fayard, octobre 1999 (ISBN 2-213-60485-1)p. 447
  5.  on le trouve plus souvent qualifié de « préteur »
  6.  Madame Bruley assiste à l'enlèvement de Dominique Clément de Ris, au moment où elle arrivait au château de Beauvais, près Tours. Sa voiture servit même à la perpétration de ce crime. Elle dépose aux tribunaux en 1800 dans cette affaire demeurée célèbre.
  7.  Une ténébreuse affaire, Dictionnaire des œuvres Laffont-Bompiani, t. VI, p. 366.
  8.  « Ange Louis Clément de Ris » [archive], sur roglo.eu (consulté le 30 juin 2011)
  9.  Archives nationales [archive]
  10. ↑ a, b, c et d « Centre historique des [[Archives nationales (France)]] » [archive], sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr (consulté le4 juin 2011)
  11. ↑ a, b et c François Velde, « Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) » [archive]Lay Peers, sur www.heraldica.org,‎ 27 2005(consulté le 18 juin 2011)
  12.  « Notice no LH/550/67 » [archive], base Léonore, ministère français de la Culture
  13.  Jean-Baptiste RietstapArmorial généralt. (tome 1 [archive] et 2 [archive]), Gouda, G.B. van Goor zonen, 1884-1887

Articles connexes

  • Liste des membres de la noblesse d'Empire ;
  • Chambre des pairs ;
  • Attentat de la rue Saint-Nicaise ;
  • Liste de personnalités ayant exercé la profession d'avocat ;
  • Suprême Conseil Grand Collège du Rite écossais ancien accepté ;

Liens externes

  • Notice sur le site de la Maison de Balzac par Bernard Leuilliot : [1]
  • « Dominique Clément de Ris », sur roglo.eu (consulté le 29 juin 2011) ;
  • « BB/29/974 page 26. »Titre de comte accordé à Dominique Clément de Ris. Bayonne (26 avril 1808)., surchan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (France) (consulté le 4 juin 2011) ;
  • « BB/29/1002 pages 172-176. », Institution de majorat attaché au titre de baron de Mauny au profit de Dominique Clément de Ris, accordée par lettres patentes du 21 novembre 1810, Paris., sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (France) (consulté le 4 juin 2011) ;
  • Notices d'autorité : Fichier d'autorité international virtuel • Système universitaire de documentation • Base Léonore

 

Posté par blonjacky à 00:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

10 avril 2018

Tocip Grigny Achille Claude Marie

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Achille Claude Marie Tocip Grigny

 

Achille Claude Marie Tocip
dit Grigny
Image illustrative de l'article Achille Claude Marie Tocip Grigny

Naissance 7 avril 1766
Paris
Décès 10 février 1806 (à 40 ans)
Gaète (Drapeau de l'Italie Italie)
Mort au combat
Origine Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade Général de brigade
Années de service 1792 – 1806
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 28e colonne.


Achille (Claude Marie) Tocip, dit Grigny (né à Paris le 7 avril 1766, mort à Gaète le 10 février 1806), est un général français de la Révolution et de l’Empire. Il a fait les guerres de la Révolution et du Premier Empire.

Carrière

Il s'engage comme volontaire en 1792. Comme lieutenant, il se voit nommé chef d'État-Major de l’Armée de la Moselle, sous le général Hoche, en remplacement du général Hédouville.

À sa prise de fonction, il est promu adjudant-général, puis nommé, le 13 janvier 1794, général de brigade après la bataille de Wissembourg. Il poursuit sa carrière sous Hoche, en 1798 à l’armée de l'Ouest, où il se voit attribuer des armes d’honneur.

En non activité en 1801, il reprend du service en 1805 à l’armée d'Italie, dans laquelle il trouve la mort devant Gaète le 10 février 1806.

Son nom est gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 28e colonne.

 

Posté par blonjacky à 00:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

09 avril 2018

Siméon Joseph Jérôme

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Joseph Jérôme Siméon

 

Joseph Jérôme Siméon

117791626

Le comte Siméon.

Fonctions
Député
 
Pair de France
 
Pair de France
 
Biographie
Naissance
30 septembre 1749
Aix-en-Provence
Décès
19 janvier 1842 (à 92 ans)
Paris
Activités
Homme politique, juge
Autres informations
Membre de
Conseil des Cinq-Cents, Académie des sciences morales et politiques
Distinction
Grand-croix de la Légion d'honneur‎
signature de Joseph Jérôme Siméon

signature

Caricature par Honoré Daumier, 1835.

Joseph Jérôme, comte Siméon, né à Aix-en-Provence (aujourd'hui dans les Bouches-du-Rhône) le 30 septembre 1749 et mort le 19 janvier 1842, est un juriste et homme politique français.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Titres et distinctions
  • 3 Vie familiale
  • 4 Sources
  • 5 Article connexe

Biographie

Professeur de droit à l’université d’Aix-en-Provence en 1778, assesseur de Provence en 1783, il perd sa chaire sous la Révolution et prend part au mouvement fédéraliste du Midi en 1793.

Mis hors la loi en août, il se réfugie en Italie. De retour à Marseille après prairial an III, il est député au Conseil des Cinq-Cents en 1795. Il proteste vivement, lors du coup d'État du 18 fructidor an V, contre l’envahissement, par la force armée, du conseil qu’il présidait.

Condamné à la déportation, il se cache puis se constitue prisonnier. Libéré lors du coup d'État du 18 brumaire, il est alors nommé tribun (an VIII) et prend une part importante dans la préparation du Code civil français. Conseiller d'État (1804), il devient membre du conseil de régence en 1807 puis ministre de l'Intérieur et président du Conseil d'État du roi Jérôme de Westphalie.

De retour en France en 1813, il accepte la préfecture du Nord lors de la Première Restauration (1814), siège à le Chambre des représentants des Cent-Jours, puis à la « Chambre introuvable » à la Seconde Restauration et reprend place au Conseil d’État en 1815.

Comte en 1818, il est nommé sous-secrétaire d'État au département de la Justice le 24 janvier 1820, puis devient le 21 février suivant ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Richelieu jusqu'à la fin de celui-ci en décembre 1821. Il préside également la commission de l’Instruction publique.

Pair de France en octobre 1821 et ministre d'État, il se rallie à la Monarchie de Juillet en 1830. Il devient l'un des premiers membres de l'Académie des sciences morales et politiques en 1832. Enfin, il exerce les fonctions de premier président de la Cour des comptes de mai 1837 à mars 1839.

Titres et distinctions

  • Chevalier Siméon et de l'Empire (10 septembre 1808) ;
  • Baron Siméon et de l'Empire (1813) ;
  • 1er comte Siméon (3 juillet 1818) ;
  • Pair de France (octobre 1821, majorat de baron-pair héréditaire) ;
  • Grand-croix de la Légion d'honneur Grand-croix de la Légion d'honneur (1821).

Vie familiale

Fils de Joseph Sextius Siméon (1717 - Aix-en-Provence ✝ 1788), avocat au Parlement, professeur à la Faculté de droit d'Aix, secrétaire du Roi, syndic de la noblesse de Provence et de Madeleine Brossier, Joseph-Jérôme épousa, le 1er septembre 1778 à Aix, Françoise Garcin ( ✝ 3 février 1815 - Lille). Ensemble, ils eurent :

  1. Joseph-Balthazard (6 janvier 1781 - Aix-en-Provence ✝ 14 septembre 1846 - Dieppe), baron Siméon (1815), vicomte Siméon (1826), 2e comte Siméon (1842), ministre plénipotentiaire, préfet du Var (1815), et du Pas-de-Calais (1818), conseiller d'État (1829), pair de France (1835), membre de l'Institut de France (Académie des beaux-arts), membre libre, 23 août 1828), marié, dont postérité ;
  2. Éléonore Madeleine Sexte (10 avril 1784 - Aix-en-Provence ✝ 9 janvier 1847 - Brescia), mariée le 10 mai 1800, avec, Jean Aulay de Launay, général d'Empire.

Sources

  • Notice biographique sur Bora [archive]
  • Notice biographique dans Dictionnaire des ministres de Benoît Yvert, Librairie Académique Perrin, 1990.
  • Joseph-Jérôme Siméon sur roglo.eu [archive] ;
  • « Joseph Jérôme Siméon », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]

Article connexe

Posté par blonjacky à 13:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

08 avril 2018

Bontemps François

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

François Bontemps (militaire français)

 
François Bontemps

francois


Naissance 1er juin 1753
Saumur (Maine-et-Loire)
Décès 29 octobre 1811 (à 58 ans)
Saumur (Maine-et-Loire)
Origine Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade Général de brigade
Années de service 1772 – 1801
Distinctions Baron de l'Empire
Commandeur de la Légion d'honneur

François Bontemps, baron d'Abaumont, né le 1er juin 1753 à Saumur, mort le 29 octobre 1811 à Saumur (Maine-et-Loire), est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Biographie

Il est né dans une famille d'artisans (ils travaillent le cuivre et le bronze) de Saumur, dans une maison situé à l'actuelle 11, rue Jean Jaurès. Le jeune François est destiné par ses parents à la prêtrise et fera donc ses études au collège de l'Oratoire de Saumur, puis le séminaire d'Angers.

À 19 ans, en 1772, François Bontemps qui n'a pas la vocation pour devenir prêtre décide de s'engager dans l'armée, dans le régiment Roi-Infanterie. En 1784, ayant atteint le grade de Fourier-écrivain depuis deux ans et voyant qu'il ne peut plus progresser, il donne son congé le 4 mai et reprend les chemins de l'église.

En 1789 à la veille de la Révolution, il est confesseur des religieuses fontevristes à proximité de Meaux. Il accueille favorablement les idées de cette république naissante s'engage en 1792 comme aumônier dans le bataillon de volontaires de l'Eure. Une anecdote veut qu'un des officiers du bataillon lui ait crié en le voyant : À bas la calotte ! ce à quoi François répondit : Le prêtre vous pardonne, mais le citoyen demande raison.. Il s'ensuit un duel remporté par François Bontemps, qui tue son adversaire. Quoi qu'il en soit quelques mois plus tard il est élu lieutenant par ses hommes.

Il continue à charger avec ses hommes et à être de tous les combats ce qui lui vaut le surnom de Bayard par ses hommes. Le 3 mai 1800, il est blessé par un boulet aux alentours d'Engen, mais malgré cela, il continue à se battre et deux jours plus tard participe à la bataille de Mooskirch mais sa blessure s'aggrave et il tombe malade. Il doit alors être mis à la suite de l'armée.

Finalement mis à la retraite après un court retour dans la division Molitor, il rentre à Saumur ou il achète un hôtel particulier sur l'actuelle place Allain-Targé.

Il meurt le 29 octobre 1811 et est inhumé dans le cimetière de Varrains où la commune fait édifier une pyramide à sa gloire.

État de service

  • Caporal au régiment Roi-Infanterie le 21 septembre 1773 ;
  • Sergent le 1er octobre 1774 ;
  • Sergent de chasseurs le 13 août 1778 ;
  • Fourier-écrivain le 21 mai 1782 ;
  • Démission le 4 mai 1784 ;
  • Aumônier du bataillon de volontaire de l'Eure début 1792 ;
  • Lieutenant du bataillon affecté à l'armée du Nord) le 1er octobre 1792 ;
  • Lieutenant-colonel du 11e bataillon des Vosges en avril 1793 ;
  • Chef de brigade de la 175e Demi-Brigade de bataille à l'armée de Sambre-et-Meuse le 12 mars 1794 ;
  • Chef de Brigade de la 67e Demi-Brigade d'Infanterie le 5 mai 1796 ;
  • Affecté à l'armée d'Allemagne en septembre 1797 ;
  • Affecté à l'armée de Mayence en 1798 ;
  • Affécté à l'armée du Danube en 1799 ;
  • Général de brigade, nommé sur le champ de bataille de Stockach, le 26 mars et officialisé le 20 avril 1799 ;
  • Affecté à l'armée du Rhin fin 1799 ;
  • Mis en non-activité pour cause de blessure grave le 23septembre 1801.

Décorations, titres et distinction

  • Commandeur de la Légion d'honneur le 14 juin 1804 ;
  • Cadeau d'une tabatière en argent par Napoléon en août 1809 ;
  • Fait Baron d'Empire sous le titre de baron d'Abaumont (titre que le décoré ne porta jamais) en août 1809.

 

07 avril 2018

Collenot d'Angremont Louis

A identifier Votre aide est la bienvenue !

 

Louis Collenot d'Angremont

 

Louis-David Collenot d’Angremont, dit aussi Dangremont, né en 1748, littérateur et chef du Bureau militaire des Brigades des gardes nationaux de Paris. Il fut un royaliste célèbre pour avoir été le premier guillotiné pour ses idées politiques, le 21 août 17921.

On connaît peu de sa vie : il serait originaire de Dijon et petit-fils d’un geôlier, voire d’un bourreau provincial. Mais pour certains, il serait issu de la petite noblesse et chevalier de Saint-Louis. Parfois donné pour un parent de Calonne, il est d'abord maître de langues et précepteur auprès de la jeune Marie-Antoinette. On le suit à travers divers documents et registres : secrétaire du roi de Pologne, franc-maçon initié en 1772, avocat au Parlement, président du Musée national et étranger (rue Mazarine); enfin «agent d’émigration».

À partir de juillet 1789, il apparaît dans son dernier rôle, qui allait sceller son destin : responsable du Bureau militaire des Gardes nationaux, à l’Hôtel de ville de Paris2.

Il fut accusé d'avoir dirigé pour le compte de la Cour une conspiration d'agents contre-révolutionnaires cherchant à prévenir la prise des Tuileries et le renversement de la monarchie le 10 août 17923; selon Olivier Blanc, il «avait constitué de véritables bandes organisées de provocateurs qui infiltraient toutes les manifestations publiques pour les faire déraper» (La Corruption sous la Terreur, Robert Laffont, 1992, p. 19).

À la date du ler septembre 1792 dans son Journal durant un séjour en France, le médecin écossais John Moore le dépeint comme le chef d'une «nombreuse troupe d'environ 1 500 hommes divisée en détachements de dix hommes chacun, dirigés par un capitaine et un lieutenant» et aimant à jouer d'un bâton plombé appelé ironiquement « la Constitution ».

Après 30 heures de procès, il fut guillotiné à la lueur des torches, au soir du 21 août 1792, sur la place du Carrousel.

Publications

On lui attribue quelques écrits, non-publiés :

  • une Grammaire française (soumise à l’Assemblée) ;
  • une Grammaire anglaise ;
  • une Méthode pour apprendre l’anglais ;
  • un Discours sur l’éducation ;
  • un drame : Ariane à Naxos ;
  • une correspondance ;
  • des Essais poétiques.

Notes et références

  1. Bernard Lerat, Le Terrorisme révolutionnaire : 1789-1799, Éditions France-Empire, 1991, 276 pages, p. 95.
  2. Bibliothèque d'histoire révolutionnaire, Société des études robespierristes, 1969, sér. 3, no 10, p. 88.
  3. Haim Burstin, Une révolution à l'œuvre: le faubourg Saint-Marcel (1789-1794), Champ Vallon, 2005, 923 pages, p. 417-418 (ISBN 2876733706).

Bibliographie et sources

  • H. A. Wallon : Histoire du Tribunal révolutionnaire et le journal de ses actes, 1880.
  • Charles Monselet : Histoire anecdotique du Tribunal révolutionnaire, 1853.

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

06 avril 2018

Affaire du collier de la reine

Clic pour voir sa notice sur son nom couleur orange

 

Affaire du collier de la reine

 

300px-Collier_de_la_Reine


Le Collier de la Reine (reconstitution en zircone, château de Breteuil) et portrait de Marie-Antoinette

L’affaire du collier est une escroquerie qui eut pour victime, en 1785, le cardinal de Rohan, évêque de Strasbourg, et qui éclaboussa la réputation de la reine Marie-Antoinette.

Sommaire

  • 1 Le contexte
  • 2 Les protagonistes
  • 3 L’escroquerie
  • 4 Le scandale
  • 5 Le procès
  • 6 Retentissement
  • 7 Culture Populaire
  • 8 Notes et références
  • 9 Voir aussi
    • 9.1 Mémoires des protagonistes
    • 9.2 Bibliographie
  • 10 Lien externe

Le contexte

Les joailliers parisiens Paul Bassange et Charles Auguste Bœhmer

En 1772, Louis XV souhaita faire un cadeau à Madame du Barry. Il demanda aux joailliers parisiens Bœhmer et Bassange de créer un collier de diamants inégalable1. Cela prit aux bijoutiers un temps certain, du fait de la qualité des pierres à collecter ; Louis XV mourut entre-temps.

Le collier se composait de nombreux gros diamants disposés selon un dessin élaboré : des festons (guirlandes), des pendentifs et des panicules font partie de la composition. Les bijoutiers, n'ayant plus de commanditaire, espéraient le vendre à Marie-Antoinette. En 1778 le nouveau roi, Louis XVI, souhaita lui offrir le collier, mais elle le refusa1. Selon madame Campan, la Reine aurait déclaré que l'argent serait mieux dépensé pour l'équipement d'un navire de guerre. Certains prétendent que Marie-Antoinette aurait refusé le collier parce qu'elle n'avait pas envie de porter un bijou qui avait été conçu pour Madame du Barry dont elle se considérait l'ennemie. Selon d'autres, Louis XVI lui-même aurait changé d'avis. Après avoir vainement essayé de placer le collier en dehors de la France, les bijoutiers tentèrent encore une fois de le vendre à Marie-Antoinette après la naissance du dauphin Louis-Joseph en 1781. La Reine refusa à nouveau.

Les protagonistes

Jeanne de Valois-Saint-Rémy, comtesse de La Motte.
Nicolas de La Motte, entre 1787 et 1789

L’instigatrice de cette affaire fut Jeanne de Valois-Saint-Rémy, qui descendait par son père du roi de France Henri II et de sa maîtresse Nicole de Savigny. En tant que descendante des Valois, fait attesté officiellement par Cherin, généalogiste du Roi, elle touchait d’ailleurs une pension de Louis XVI.

Article détaillé : Jeanne de Valois-Saint-Rémy.

Son enfance cependant avait été des plus misérables. Depuis Henri II, la lignée était descendue au plus bas selon les mémoires du comte Beugnot. Son père avait épousé une paysanne, qu’il laissa bientôt veuve. Jeanne était envoyée mendier sur les chemins par sa mère, en demandant « la charité pour une pauvre orpheline du sang des Valois ». Une dame charitable, la marquise de Boulainvilliers, étonnée par cette histoire, prit des renseignements, et vérifications faites, entreprit les démarches pour lui obtenir une pension du roi, et lui fit donner une bonne éducation dans un couvent situé près de Montgeron.

En 1780, Jeanne épouse à Bar-sur-Aube, un jeune officier, Nicolas de La Motte. Le ménage, peu après, usurpe le titre de comte et comtesse de La Motte. Jeanne ne se fait plus désormais appeler que comtesse de La Motte-Valois. À cette date, elle fait un voyage à Saverne, pour rejoindre Mme de Boulainvilliers qui lui présente son ami le cardinal Louis de Rohan-Guéméné, à qui elle fait appel financièrement pour sortir de la misère avec laquelle elle continue de se débattre plus ou moins, puis devient sa maîtresse. C’est là aussi qu’elle rencontre le mage Joseph Balsamo, qui se fait appeler comte de Cagliostro. Celui-ci gravite aussi autour du cardinal de Rohan, en lui soutirant de l’argent en échange de prétendus miracles.

Mme de La Motte tente de se mêler à la Cour. Elle parvient à convaincre le cardinal qu’elle a rencontré la reine Marie-Antoinette dont elle dit être devenue l’amie intime. L’amant de Mme de La Motte, Marc Rétaux de Villette (un ami de son mari), possédant un talent de faussaire, imite parfaitement l’écriture de la reine. Il réalise pour sa maîtresse de fausses lettres signées « Marie-Antoinette de France » (alors que la reine ne signait que Marie-Antoinette, les reines de France ne signant que de leur prénom, et Marie-Antoinette n’étant pas de France mais de Lorraine ou d’Autriche). La comtesse commence ainsi d'entretenir une fausse correspondance, dont elle est la messagère, entre la reine et le cardinal.

Le cardinal de Rohan.
Joseph Balsamo

La reine et le cardinal ont un vieux contentieux : en 1773 le cardinal, qui était alors ambassadeur de France à Vienne, s’était aperçu que l’Impératrice Marie-Thérèse, la mère de Marie-Antoinette, jouait un double jeu et préparait en sous-main le démantèlement de la Pologne, de concert avec la Prusse et la Russie. Il avait écrit une lettre à Louis XV pour l’en avertir, lettre qui avait été détournée par le duc d’Aiguillon, ministre des Affaires Étrangères, qui l’avait remise à la comtesse du Barry, favorite de Louis XV, détestée par Marie-Antoinette. La comtesse l’avait lue publiquement dans un dîner, et le ton de cette lettre était ironique et très irrespectueux envers l’Impératrice, et prêtait à Marie-Antoinette un caractère volage.

D’autre part, la vie dissolue du cardinal à Vienne, ses dépenses effrénées, ses maîtresses affichées, ses parties de chasse fastueuses en tenue laïque, avaient scandalisé Marie-Thérèse. L'impératrice avait demandé à Versailles le rappel de cet ambassadeur et l’avait obtenu.

Depuis ces épisodes, la reine, fidèle à la mémoire de sa mère, était plus qu’en froid avec le cardinal. Ce dernier se désespérait de cette hostilité. La comtesse de La Motte fit espérer au cardinal un retour en grâce auprès de la souveraine. Ayant de gros besoins d’argent, elle commença par lui soutirer au nom de la reine 60 000 livres (en deux versements), qu’il lui accorda tandis que la comtesse lui fournissait des fausses lettres reconnaissantes de la reine, annonçant la réconciliation espérée, tout en repoussant indéfiniment les rendez-vous successifs demandés par le cardinal pour s’en assurer.

Le comte de la Motte avait découvert par l'entremise de Cagliostro qu’une prostituée, Nicole Leguay2 que la Motte fait appeler Mlle d'Essigny ou baronne d’Oliva pour l'introduire dans son salon), opérant au Palais-Royal, s'était forgé une réputation due à sa ressemblance avec Marie-Antoinette. Mme de La Motte la reçoit et la convainc de bien vouloir, contre une somme de 15 000 livres, jouer le rôle de la reine recevant en catimini un ami, dans le but de jouer un tour3.

La nuit du 11 août 1784, le cardinal se voit confirmer un rendez-vous au Bosquet de Vénus dans les jardins de Versailles à onze heures du soir. Là, Nicole Leguay « l’obligeante hétaïre », déguisée en Marie-Antoinette dans une robe de mousseline à pois (copiée d'après un tableau d'Élisabeth Vigée Le Brun4), le visage enveloppé d’une gaze légère noire, l’accueille avec une rose et lui murmure un « Vous savez ce que cela signifie. Vous pouvez compter que le passé sera oublié ». Avant que le cardinal ne puisse poursuivre la conversation, Mme de La Motte apparaît avec Rétaux de Villette en livrée de la reine avertissant que les comtesses de Provence et d’Artois, belles-sœurs de la reine, sont en train d’approcher. Ce contretemps, inventé par Mme de La Motte, abrège l’entretien. Le lendemain, le cardinal reçoit une lettre de la « reine », regrettant la brièveté de la rencontre. Le cardinal est définitivement conquis, sa reconnaissance et sa confiance aveugle en la comtesse de La Motte deviennent plus que jamais inébranlables.

Jouant sur la réputation de passion de la reine pour les bijoux, Mme de La Motte va entreprendre le coup de sa vie, en escroquant cette fois le cardinal pour la somme de 1,6 million de livres (qui équivaut pour l'époque à trois châteaux entourés chacun de 500 ha de terres).

L’escroquerie

Le 28 décembre 1784, se présentant toujours comme une amie intime de la reine, elle rencontre les joailliers Bœhmer et Bassange qui lui montrent le collier de 2 840 carats5 qu'ils souhaitent rapidement vendre car ils se sont endettés pour le constituer6. Tout de suite elle imagine un plan pour entrer en sa possession. Elle déclare au joaillier qu’elle va intervenir pour convaincre la reine d’acheter le bijou, mais par le biais d’un prête-nom. De fait, le cardinal de Rohan reçoit en janvier 1785 une nouvelle lettre, toujours signée « Marie-Antoinette de France »7, dans laquelle la reine lui explique que ne pouvant se permettre d’acquérir ouvertement le bijou, elle lui fait demander de lui servir d’entremetteur, s’engageant par contrat à le rembourser en versements étalés dans le temps — quatre versements de 400 000 livres — et lui octroyant pleins pouvoirs dans cette affaire.

En outre la comtesse s’est ménagé la complicité de Cagliostro, dont le cardinal est fanatique (il ira jusqu’à déclarer « Cagliostro est Dieu lui-même ! »). Devant le cardinal, le mage fait annoncer par un enfant médium un oracle dévoilant les suites les plus fabuleuses pour le prélat s’il se prête à cette affaire : la reconnaissance de la reine ne connaîtra plus de bornes, les faveurs pleuvront sur la tête du cardinal, la reine le fera nommer par le roi premier ministre. Le 1er février 1785, convaincu, le cardinal signe les quatre traites et se fait livrer le bijou qu’il va porter le soir même à Mme de La Motte dans un appartement qu'elle a loué à Versailles. Devant lui, elle le transmet à un prétendu valet de pied portant la livrée de la reine (qui n’est autre que Rétaux de Villette). Pour avoir favorisé cette négociation, l’intrigante bénéficiera même de cadeaux du joaillier.

Immédiatement les escrocs ont desserti maladroitement le collier en abîmant les pierres précieuses et commencé à revendre les pierres. Rétaux de Villette a quelques ennuis en négociant les siennes. Leur qualité est telle, et, pressé par le temps, il les négocie si en dessous de leur valeur, que des diamantaires soupçonnent le fruit d’un vol et le dénoncent. Il parvient à prouver sa bonne foi et part à Bruxelles vendre ce qu'il lui reste. Le comte de La Motte part de son côté proposer les plus beaux diamants à deux bijoutiers anglais de Londres. Ceux-ci, pour les mêmes raisons que leurs collègues, flairent le coup fourré. Ils envoient un émissaire à Paris : mais aucun vol de bijoux de cette valeur n’étant connu, ils les achètent, rassurés. Les dernières pierres sont donc vendues à Londres.

Pendant ce temps, la première échéance est attendue par le joaillier et le cardinal pour le 1er août. Toutefois, l’artisan et le prélat s’étonnent de constater qu’en attendant, la reine ne porte pas le collier. Mme de La Motte les assure qu’une grande occasion ne s’est pas encore présentée, et que d’ici là, si on leur parle du collier, ils doivent répondre qu’il a été vendu au sultan de Constantinople. En juillet cependant, la première échéance approchant, le moment est venu pour la comtesse de gagner du temps. Elle demande au cardinal de trouver des prêteurs pour aider la reine à rembourser. Elle aurait, en effet, du mal à trouver les 400 000 livres qu’elle doit à cette échéance. Mais le bijoutier Bœhmer va précipiter le dénouement. Ayant eu vent des difficultés de paiement qui s’annoncent, il se rend directement chez la première femme de chambre de Marie-Antoinette, Mme Campan, et évoque l’affaire avec elle8. Celle-ci tombe des nues et naturellement va immédiatement rapporter à la reine son entretien avec Boehmer. Marie-Antoinette, pour qui l’affaire est incompréhensible, charge le baron de Breteuil, ministre de la Maison du roi, de tirer les choses au clair. Le baron de Breteuil est un ennemi du cardinal de Rohan, ayant notamment convoité en vain son poste d'ambassadeur à Vienne. Découvrant l’escroquerie dans laquelle le cardinal est impliqué, il se frotte les mains, et compte bien lui donner toute la publicité possible.

Le scandale

Photocopie de la lettre de Louis XVI ordonnant l'embastillement du cardinal de Rohan adressée au gouverneur de Launay

La prétendue comtesse, sentant les soupçons, s’est entre-temps arrangée pour procurer au cardinal un premier versement de 35 000 livres, grâce aux 300 000 livres qu'elle a acquis de la vente du collier et dont elle s'est déjà servie pour s'acheter une gentilhommière. Mais ce versement, d’ailleurs dérisoire, est désormais inutile. Parallèlement, la comtesse informe les joailliers que la prétendue signature de la reine est un faux, afin de faire peur au cardinal de Rohan et l'obliger à régler lui-même la facture par crainte du scandale. L’affaire éclate. Entre-temps, les mêmes aigrefins, menés par l'ex-inspecteur des mœurs, agent secret et escroc Jean-Baptiste Meusnier, en profitent pour soutirer 60 000 autres livres à d'autres bijoutiers9.

Le roi est prévenu de l'escroquerie le 14 août 1785. Le 15 août, alors que le cardinal — qui est également grand-aumônier de France — s’apprête à célébrer en grande pompe la messe de l’Assomption dans la chapelle du château de Versailles, il est convoqué dans les appartements du roi en présence de la reine, du garde des sceaux Miromesnil et du ministre de la Maison du roi Breteuil10.

Il se voit sommé d’expliquer le dossier constitué contre lui. Le prélat comprend qu’il a été berné depuis le début par la comtesse de La Motte. Sur le coup, il ne peut s'expliquer. Le roi lui prête son bureau afin qu'il écrive ce qu'il a à dire. Pendant ce temps, Marie-Antoinette, très en colère et impulsive, sans penser aucunement aux conséquences, demande à Louis XVI que le cardinal de Rohan soit le soir même à la Bastille. Rohan, revenu avec son « écrit », commence à subir les questions du roi. « Avez-vous le collier ? », lui demande-t-il. Stupéfait, Rohan répond non en regardant la Reine qui se détourne dédaigneusement. La reine ajoute : « Et comment avez-vous pu croire que moi, qui ne vous ai pas adressé la parole depuis dix ans, j’aurais pu m’adresser à vous pour une affaire de cette nature ? ». Le cardinal tente de s’expliquer. « Mon cousin, je vous préviens que vous allez être arrêté », lui dit le roi. Le cardinal supplie le roi de lui épargner cette humiliation, il invoque la dignité de l’Église, le nom des Rohan, le souvenir de sa cousine la comtesse de Marsan qui a élevé Louis XVI. Le roi hésite mais devant la pression de Marie-Antoinette à ses côtés, le roi se retourne vers lui : « Je fais ce que je dois, en tant que roi, et en tant que mari. Sortez »11. Au sortir des appartements du roi, il est arrêté dans la galerie des Glaces, au milieu des courtisans médusés. Alors que tout le monde est sous le choc, il demande à un ecclésiastique s'il a du papier et un crayon, puis d'aller trouver son grand Vicaire pour lui remettre cette missive écrite à la hâte, afin que ce dernier brûle les lettres que Marie-Antoinette lui aurait fait parvenir. Par cette extraordinaire arrestation, car le nom de Rohan est de grande noblesse, la cour est scandalisée mais Marie-Antoinette croit que l'on va la féliciter. Cependant, le soir même, devant la froideur de la cour à son égard (également la gêne de ses amies), elle sent « confusément » qu'elle vient de commettre une erreur12.

Le cardinal est emprisonné à la Bastille. Il commence immédiatement à rembourser les sommes dues, en vendant ses biens propres, dont son château de Coupvray (jusqu'en 1881, les descendants de ses héritiers continueront de rembourser les descendants du joaillier). La comtesse de La Motte est arrêtée, son mari s’enfuit à Londres (où il bénéficie du droit d'asile) avec les derniers diamants, Rétaux de Villette étant déjà en Suisse. On interpelle aussi Cagliostro. Le 20 octobre, c'est au tour de Nicole Leguay d'être arrêtée, à Bruxelles, avec son amant dont elle est enceinte.

Le procès

Le roi laisse au cardinal le choix de la juridiction qui aura à se prononcer sur son cas : ou bien s’en remettre directement au jugement du roi en huis clos, ou être traduit devant le Parlement de Paris. Ceci s’avère fort malhabile de la part de Louis XVI : le cardinal décide de mettre l’affaire dans les mains du Parlement qui est toujours, plus ou moins, en fronde contre l’autorité royale.

Le 22 mai 1786, le procès public s’ouvre devant les 64 magistrats de la Tournelle et la Grand-chambre du Parlement présidée par le marquis Étienne François d'Aligre assisté de conseillers honoraires et maîtres des requêtes.

De son côté le peuple se gargarise de cette histoire, avec la Reine en toile de fond, et en parlant de Rohan : « le Saint-Père l'avait rougi, le roi l'a noirci, le parlement le blanchira, alléluia... ».

De fait, le cardinal ayant été reconnu innocent du vol du collier, il ne restait plus qu'une seule chose reprochée et jugée : « le crime de lèse-majesté" pour avoir cru que la reine pouvait lui donner des rendez-vous galants dans le parc de Versailles, avoir cru à ses lettres.... Ce qui nous amène à la conclusion : si le cardinal est acquitté, c'est la reine qu'on aura "jugée" ».

Le 30 mai, le parlement rend son verdict, face à une presse qui se déchaîne. Le cardinal est acquitté (aussi bien pour l'escroquerie que pour le crime de lèse-majesté envers la reine et ce malgré un mémoire à charge réalisé par un homme d'intrigue, sieur Bette d'Etienville, et le réquisitoire du procureur Joseph Omer Joly de Fleury) à 26 voix de conseillers contre 23. La prétendue comtesse de La Motte, elle, est condamnée à la prison à perpétuité à la Salpêtrière, après avoir été fouettée et marquée au fer rouge sur les deux épaules du « V » de « voleuse » (elle se débattra tant que l’un des « V » sera finalement appliqué sur son sein). Son mari est condamné aux galères à perpétuité par contumace, et Rétaux de Villette est banni, il s'exile à Venise où il écrit en 1790 Mémoire historique des intrigues de la Cour, et de ce qui s'est passé entre la Reine, le comte d'Artois. Enfin, Nicole Leguay est déclarée « hors de cours » (mise hors de cause après avoir ému le tribunal avec son bébé dans les bras). Quant à Cagliostro, après avoir été embastillé puis soutenu par Jacques Duval d'Eprémesnil, et défendu par le brillant avocat Jean-Charles Thilorier, il est bientôt expulsé de France (1786).

Marie-Antoinette est au comble de l’humiliation. Elle prend l’acquittement du cardinal comme un camouflet. De la part des juges, cet acquittement signifie qu’on ne saurait tenir rigueur au cardinal d’avoir cru que la reine pouvait lui envoyer des billets doux, lui accorder des rendez-vous galants dans le parc de Versailles et acheter des bijoux pharaoniques par le biais d’hommes de paille en cachette du roi. C’était sous-entendre que de telles frasques n'auraient rien eu d'invraisemblable de la part de la reine. Et c’est bien dans cet esprit que le jugement fut rendu, et pris dans l’opinion.

La reine, désormais consciente que son image s'est dégradée auprès de l'opinion, obtient donc du roi qu’il exile le cardinal de Rohan à l'abbaye de la Chaise-Dieu, l’une des abbayes en commende du cardinal, après l’avoir démis de son poste de grand aumônier - on entendit dans Paris "le Parlement l'a lavé, le Roi l'envoie à la chaise".... Il restera trois mois dans cette abbaye, après quoi il ira sous des cieux plus cléments, à l’abbaye de Marmoutier près de Tours. Ce n’est qu’au bout de trois ans, le 17 mars 1788, que le roi l’autorisera à retrouver son diocèse de Strasbourg.

Retentissement

Le résultat de cette affaire fut résumé par l'exclamation, au lendemain du verdict, de Fréteau de Saint-Just, magistrat du Parlement de Paris : « Un cardinal escroc, la reine impliquée dans une affaire de faux ! Que de fange sur la crosse et le sceptre ! Quel triomphe pour les idées de liberté ! »13

Bien que Marie-Antoinette ait été étrangère à toute l'affaire (Michelet dans son livre sera plus mitigé), l’opinion publique ne voulut pas croire à l’innocence de la reine.

Accusée depuis longtemps de participer, par ses dépenses excessives, au déficit du budget du royaume, elle subit à cette occasion une avalanche d’opprobres sans précédent. Les libellistes laissèrent libre cours aux calomnies dans des pamphlets où « l’Autrichienne » (ou « l'autre chienne ») se faisait offrir des diamants pour prix de ses amours avec le cardinal. Mme de la Motte qui a nié toute implication dans l'affaire, reconnaissant seulement être la maîtresse du cardinal, est parvenue à s'évader de la Salpêtrière et publie à Londres un récit, dans lequel elle raconte sa liaison avec Marie-Antoinette, la complicité de celle-ci depuis le début de l'affaire et jusqu'à son intervention dans l'évasion.

Par le discrédit qu'il jeta sur la Cour dans une opinion déjà très hostile et le renforcement du Parlement de Paris, ce scandale aura directement sa part de responsabilité dans le déclenchement de la Révolution française quatre ans plus tard et dans la chute de la royauté. « Cet évènement me remplit d'épouvante, comme l'aurait fait la tête de Méduse », écrit Goethe dans sa correspondance. Peu après, il ajouta : « Ces intrigues détruisirent la dignité royale. Aussi l’histoire du collier forme-t-elle la préface immédiate de la Révolution. Elle en est le fondement… »14.

Culture Populaire

  • Le collier, dépouillé de ses diamants originaux, est volé par Arsène Lupin enfant dans la nouvelle de Maurice Leblanc le Collier de la reine (publiée par la suite dans le recueil Arsène Lupin gentleman cambrioleur).
  • L’Affaire du collier, bande dessinée de la série Blake et Mortimer (1967), imagine la réapparition du collier à l’époque moderne.
  • Les faits et les personnages de l’affaire du collier apparaissent dans un manga contant la vie de Marie Antoinette, la Rose de Versailles, et dans ses adaptations en série anime, Lady Oscar
  • L’Affaire inspire en outre les romans historiques :
    • Le Collier de la reine à Alexandre Dumas,
    • The Queen's Necklace à Frances Mossiker (en),
    • Un collier pour le diable de Juliette Benzoni,
    • Les Diamants de la guillotine, de Pierre Combescot.
  • L’Affaire est le thème des films suivants :
    • L'Affaire du collier (The Affair of the Necklace) de Charles Shyer en 2001
    • L'Affaire du collier de la reine de Marcel L'Herbier en 1946
    • L'Affaire du collier de la Reine de Guy Lessertisseur - INA -La caméra explore le temps en 1962
  • L’Affaire est relatée dans les films suivants :
    • Lady Oscar réalisé par Jacques Demy en 1978
    • Si Versailles m'était conté... en 1954, (narration de Sacha Guitry)
  • Goethe en fait le sujet d'une pièce de théâtre, Le Grand Copthe (de).
  • Dans le 1er tome de Les Misérables, Victor Hugo y fait allusion dans le 1er chapitre du livre III, Marius, Le grand-père et le petit-fils.

Notes et références

  1. a et b Fraser 2001, p. 226–228
  2. Marie Nicole Leguay (1758/1760-1786), modiste ou actrice selon les biographies.
  3. Webster 1981, p. ??
  4. Delorme 1999, p. 187
  5. Une reproduction en zircon est visible dans le château de Breteuil.
  6. Louis XV envisagea un moment de l'acheter pour la comtesse du Barry
  7. Ce qui est manifestement un faux, la reine signant toujours de son nom de baptême.
  8. Une autre version raconte que Louis XVI a acheté à Bœhmer un bracelet pour la reine, le joaillier livre lui-même le bijou à Versailles et glisse un billet à la reine la félicitant pour son acquisition du collier. Marie-Antoinette brûle le billet et demande à Mme Campan de tirer l'affaire au clair.
  9. Muchembled 2011, chapitre « La double affaire du collier de la reine »
  10. Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin 2005, coll. Tempus, T.I p. 586
  11. Funck-Brentano 1901, p. ??
  12. Stefan Zweig, Marie-Antoinette: (*), Grasset, 10 mai 2002 (ISBN 9782246802044, lire en ligne [archive])
  13. Petitfils, Op. Cit. p. 616
  14. Le Grand Cophte (1790), pièce inspirée à Goethe par l’histoire de Cagliostro.

Voir aussi

Mémoires des protagonistes

  • Lamotte-Valois, Affaire du Collier, Mémoires inédits du Comte de Lamotte-Valois sur sa vie et son époque (1754-1830), publiés d’après le manuscrit autographe avec un historique préliminaire, des pièces justificatives et des notes de Louis Lacour, Paris, Poulet-Malassis et De Broise, 1858.
  • Cagliostro, Mémoire Pour Le Comte de Cagliostro, Accusé : Contre M. Le Procureur-General, Accusateur, Kessinger Publishing, 1786 (lire en ligne [archive])
  • Nicole d'Oliva, Mémoire pour la demoiselle Le Guay d'Oliva, fille mineure émancipée d'âge, accusée, contre M. le Procureur-Général, accusateur : En présence de M. le Cardinal Prince de Rohan, de la Dame de La Motte-Valois, du Sieur de Cagliostro, & autres ; tous co-accusés, Paris, P. G. Simon & N. H. Nyon, imprimeurs du Parlement, 1786 (lire en ligne [archive])
  • Jean-François Georgel, Memoires pour servir à l'histoire des evenemens de la fin du dix-huitième siècle depuis 1760 jusqu'en 1806-1810, Paris, 1817 (lire en ligne [archive])
  • Mme Campan, Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette, Baudouin, 1823.

Bibliographie

La plupart des ouvrages couvrant les dernières années de la monarchie française comportent des développements plus ou moins long sur l'Affaire. Il en est de même naturellement des nombreuses biographies de Louis XVI et de Marie-Antoinette. La bibliographie ci-après recense les ouvrages essentiellement centrés sur le sujet.

  • Louis Combes, Marie-Antoinette et l'affaire du collier, G. Decaux 1876, Un des rares historiens à croire en la culpabilité de la reine
  • Frantz Funck-Brentano, L’affaire du collier, d’après de nouveaux documents recueillis en partie par A. Bégis, Paris, 1901
  • Frantz Funck-Brentano, Marie-Antoinette et l'Énigme du collier, J.Tallandier 1926
  • Louis Hastier, La Vérité sur l'affaire du collier, Fayard 1955
  • Alexander Lernet-Holenia, La Comtesse de Lamotte et l'Affaire du collier, Paris-Bruxelles, Elsevier-Séquoia 1974
  • Jacques de Boistel, Un Faux-mystère : l'Affaire du collier, éd. du Trident, 1986
  • Éric de Haynin, Louis de Rohan, le cardinal "Collier", Perrin 1997
  • Jean Poggi, L'Affaire du collier de la reine, De Vecchi 2001
  • Évelyne Lever, L’Affaire du collier, éditions Fayard, 2004.
  • Jean-Claude Fauveau, Le prince Louis cardinal de Rohan-Guéméné ou les diamants du roi, L’Harmattan, 2007
  • Philippe Delorme, Marie-Antoinette : épouse de Louis XVI, mère de Louis XVII, Pygmalion, 1999
  • (en) Antonia Fraser, Marie Antoinette, The Journey, Anchor, 2001 (ISBN 0-7538-1305-X)
  • Abbé Jean-François Géorgel, Mémoires pour servir à l’histoire des événemens [sic] de la fin du dix-huitième siècle, Paris, Librairies Alexis Eymery et Delaunay, 1817-1818, 6 vol. — L’abbé Georgel fut un proche du cardinal de Rohan, un des principaux protagonistes de l’Affaire du collier. Il donne une relation détaillée de cette affaire dans le tome 2 [archive] de ses Mémoires (pp. 1-220).
  • (en) Nesta Webster, Marie-Antoinette in time, Paris, La Table ronde, 1981 (ISBN 2710300613)
  • Robert Muchembled, Les Ripoux des Lumières, éditions du Seuil, 2011, « La double affaire du collier de la reine »
  • Annie Duprat, « L'affaire du collier de la Reine », dans Christian Delporte et Annie Duprat (dir.), L'événement : images, représentations, mémoire, Grânes, Créaphis, 2003, 265 p. (ISBN 2-913610-29-3).

Lien externe

Posté par blonjacky à 00:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,