Vendée Militaire et Grand Ouest

24 juillet 2017

Lux Adam

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Adam Lux

 

Adam Lux

AdamLux

Biographie
Naissance
27 décembre 1765
Obernburg am Main
Décès
4 novembre 1793(à 27 ans)
Paris
Formation
Université Johannes Gutenberg de Mayence
Activité
Philosophe

Adam Lux (né le 27 décembre 1765 à Obernburg am Main et mort guillotiné le 4 novembre 1793 à Paris) est un philosophe, docteur de l'université de Mayence et membre de la Convention rhéno-germanique.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Œuvre
  • 3 Bibliographie
  • 4 Notes et références
  • 5 Liens externes

Biographie

Adam Lux adhère avec enthousiasme aux idées révolutionnaires françaises. Il demande et obtient la nationalité française et il devient député extraordinaire de l’éphémère République de Mayence.

La Convention présidée par Hoffmann, s'ouvrit le 17 mars 1793. Elle proclama sa séparation du Saint-Empire romain germanique, l'abolition des privilèges du clergé ainsi que ceux de la noblesse, mais ne put assurer une assise suffisante pour créer la république de Mayence. Sur la motion de Georg Forster, la Convention demanda sa réunion à la France, et chargea Lux, Forster et le commerçant Potocki d’une mission en France pour le demander.

Ne connaissant rien aux intrigues politiques françaises pendant la Révolution française, Adam Lux se range du côté des Girondins au moment où ils sont proscrits et il ose prendre la défense de Charlotte Corday : il est condamné à mort et guillotiné le 4 novembre 1793.

« Un autre (il était député extraordinaire de Mayence, et s'appelait Adam Lux), pénétré d'admiration, fit à la hâte un petit discours sur l'action de Charlotte Corday, et poussa le courage jusqu'à imprimer cette apologie, en proposant d'élever à cette héroïne une statue, avec cette inscription : Plus grande que Brutus. Aussitôt on le jeta à l'Abbaye. En y entrant, il s'écria, dans un transport de joie : « Je vais donc mourir pour Charlotte Corday »1. »

Œuvre

  • Avis au citoyens Français, 13 juillet 1793 (jour de l'assassinat de Marat)

Bibliographie

  • Stefan Zweig, Adam Lux 1993. – 88 p. (ISBN 978-2-87775-065-3)
  • Jean Mondot et Alain Ruiz, Interférences franco-allemandes et révolution française, Presses universitaires de Bordeaux, Université Bordeaux III, 1994, (ISBN 978-2-86781-152-4)

Notes et références

  1. Note de Jean-Baptiste Louvet de Couvray, Charlotte de Corday, essay historique, Paris, Imprimairie Historique de la Révolution, 1838

Liens externes


23 juillet 2017

d'Halancourt François-Guillaume

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François-Guillaume d'Halancourt

 

 

Sommaire

  
  • 1 Biographie
  • 2 Voir aussi
  • 3 Notes et références
  • 4 Sources et bibliographie

 

Biographie

Né à Saint-Arnoult le 10 février 1768, François-Guillaume d'Halancourt fut envoyé en qualité d'adjudant-général dans la Mayenne, et finit par y contracter une alliance honorable avec Thérèse-Perrine-Françoise Guérin de la Roussardière, héritière de la terre de la Gendronnière en Saint-Sulpice.

Il ne se distingua ni par ses succès militaires, ni par la noblesse de ses sentiments. Ce ne sont pas seulement les royalistes, comme Tercier et Gaullier, qui se plaignent des brigandages commis par ses soldats et encouragés par lui ; les documents officiels l'accusent aussi expressément 1 . Dans le Loir-et-Cher et dans la Sarthe, en 1798, il ne tient pas une conduite différente. Il fut obligé de quitter cette subdivision où, disent les administrateurs, son autorité était avilie par suite de ses excès.

Il revint dans la Mayenne et se fit battre au bourg de Bouère par les chouans de Tercier le 10 fructidor an VII (26 août 1799). « L'adjudant général, sorti de Château-Gontier, lit-on dans "le Démocrate" du 16 fructidor, a été rencontré par une bande de brigands. La colonne républicaine s'est battue avec courage, mais elle a été forcée de céder en nombre. L'adjudant général s'est replié sur Ballée, où il est rentré avec 30 hommes. On ignore encore ce que le reste de la colonne est devenu. »

La conduite des Bleus conduits par ce général n'ayant pas été meilleure à Ballée qu'ailleurs, Tercier se donna le plaisir d'écrire au ministre de la guerre, au nom du maire de Ballée, que d'Halancourt, après avoir fui devant des forces trois fois moindres que les siennes, s'était encore déshonoré par ses procédés indignes vis-à-vis des patriotes de Ballée. Tercier ajoute que cette lettre fut suivie d'une réponse adressée au maire, et de l'envoi de d'Halancourt devant un conseil de guerre à Nantes. Les rapports officiels disent que le ministre Bernadotte ordonna au général Vimeux 2 de le traduire en conseil de guerre le 8 septembre pour être resté bloqué à Ballée pendant 6 jours, version qui ne contredit pas les autres versions des faits.

Mis à la réforme en l'an X, d'Halancourt rentra au service en 1806 et mourut à Orléans en 1808.

Voir aussi

  • Jean-Daniel Œhlert
  • Claude-Augustin Tercier

Notes et références

  1.  Exemple : « 9 messidor : lettre du général Vimeux sur les nouveaux incidents survenus entre l'adjudant-général d'Halancourt et la municipalité ». 29 prairial an VI : lettre au général Vimeux relative à la discorde qui existe entre le général d'Halancourt et la municipalité du Mans.Guerre et armée dans le département de la Sarthe sous la Révolution, Archives de la Sarthe, L 196. - Liasse, 258 pièces papier. [1] [archive]
  2.  Commandant la 22e Division militaire.

Sources et bibliographie

  • « François-Guillaume d'Halancourt », dans Alphonse-Victor Angot, Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Goupil, 1900-1910 [détail de l’édition]
  • Archives de la Sarthe.

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22 juillet 2017

Lecomte René François

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René François Lecomte

 

René François Lecomte

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Naissance 14 mai 1764
Fontenay-le-Comte (Vendée)
Décès 15 octobre 1793 (à 29 ans)
Bressuire (Deux-Sèvres)
Mort au combat
Origine Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 1779 – 1793

René François Lecomte, né le 14 mai 1764 à Fontenay-le-Comte (Vendée), mort le 15 octobre 1793 à Bressuire (Deux-Sèvres), est un général de division de la Révolution française.

États de service

Il entre en service en 1779, comme pilotin à bord du « Saint-Michel », il devient timonier l’année suivante, et il fait partie de l’expédition de Suffren aux Indes. Il passe au Régiment d'Austrasie, et il est nommé sergent-major en 1782, pour être le premier à entré dans les retranchements de l’île de Gandelour défendus par les anglais.

De retour en France, il obtient son congé en 1785, et il devient régisseur des biens de Maynard, baron de Langon. En 1790, il remplit les fonctions de chef de bureau à l’administration départementale de la Vendée, et il s’enrôle le 19 septembre 1791. Le mois suivant, il est élu lieutenant du 3bataillon de volontaires des Deux-Sèvres.

En septembre 1792, il commande provisoirement ce bataillon et en novembre, il reçoit le grade de chef de bataillon. Le 27 février 1793, il est élu chef du bataillon « le Vengeur », il acquit ainsi que sa troupe une réputation légendaire de bravoure. Le 28 juin 1793, il décide la victoire à la bataille de Luçon, et il est récompensé par le brevet adjudant général chef de brigade en juillet 1793.

Le 24 du même mois, il se distingue au combat de Pont-Charron, et il est promu général de brigade le 30 juillet 1793. Le 5 septembre suivant, il soutient à Chantonnay, avec 4 000 hommes, une lutte inégale contre 20 000 Vendéens et il se repli sur Luçon, après avoir été blessé.

À peine rétabli, il vient reprendre sa place à l’armée, et il est proposé pour le grade de général de division le 8 octobre 1793 par les représentants en mission.

Le 11 octobre, il montre la plus grande valeur à la bataille de Châtillon, et il est blessé d’une balle dans le corps. Transporté par ses soldats à Bressuire, il meurt le 15 octobre 1793, des suites de sa blessure.

Sources

21 juillet 2017

Thierry de Ville-d'Avray Marc-Antoine

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Marc-Antoine Thierry de Ville-d'Avray

 

Marc Antoine Thierry

Marc_Antoine_Thierry_baron_de_Ville_d_Avray_(1732-1792)_par_Roslin


portrait du baron de Ville d'Avray, intendant du Garde Meuble par Roslin en 1790

Titre baron de Ville d'Avray (1er)
(Juillet 1784-2 septembre 1792)
Grade militaire colonel du Régiment Dauphin-Dragons
Distinctions chevalier de Saint Louis
Biographie
Naissance 29 décembre 1732
Versailles
Décès 2 septembre 1792 (à 59 ans)
Paris, Prison de l'Abbaye
Père François Christophe Thierry (1699-1782)
Mère Marie Martine Capet
Conjoint Cécile Marguerite Lemoine (1734-1813)

Armoiries du baron de Ville d'Avray.svg

Marc-Antoine Thierry, baron de Ville-d'Avray né le 29 décembre 1732 à Versailles, mort en 2 septembre 1792, tué à la prison de l'Abbaye (sur le boulevard Saint-Germain dans le quartier Saint-Germain-des-Prés) à Paris.

 

Sommaire

   
  • Biographie
    • 1.1 Origine et jeunesse
    • 1.2 Marc-Antoine Thierry, baron de Ville-D'Avray
    • 1.3 Premier valet de chambre du Roi
    • 1.4 Premier maire de Versailles
      • 1.4.13 août 1789 - 8 septembre 1790 : six maires éphémères
    • 1.5 Intendant du Garde-Meuble
  • Notes et références
  • Voir aussi
    • 3.1 Bibliographie

 

Biographie

Origine et jeunesse

Marc-Antoine Thierry est issu d'une famille de serviteurs de la royauté depuis quatre générations 1.
Son père François Christophe Thierry (1699-1782) fut huissier ordinaire de la chambre du roi jusqu'en 1767 puis premier valet de chambre (en) du duc de Berry.
Son grand-père Nicolas François Thierry (1670-1739) était écuyer de la bouche du roi, maréchal des logis au régiment des gardes Suisses.
Son arrière grand-père François Thierry fut écuyer de la Bouche du Roi et contrôleur de la Maison de la duchesse du Maine.
Son quadrisaïeul François Tierry, né vers 1613 était déjà écuyer ordinaire de la Bouche du Roi.

La famille Thierry est anoblie en 1769. Marc Antoine Thierry est fait baron de Ville d'Avray en 1784 2, peu après son acquisition de la seigneurie de Ville d'Avray.
Après avoir fait campagne dans les mousquetaires gris, il est Colonel du régiment Dauphin-Dragons en 1770 et entre dans la charge de premier valet de chambre du duc de Berry. Charge commuée en celle de premier valet de chambre du roi, quand Louis XVI accède au trône. En 1782 il obtient la surintendance des petits cabinets et est nommé intendant chargé du garde-meubles et des joyaux 3.

Marc-Antoine Thierry, baron de Ville-D'Avray

En 1775, il acheta le manoir de la Brosse à Ville-d'Avray qu'il fit démolir pour édifier le château qu'il entoura d'un vaste parc. Il céda des terres et des bois au Roi en échange de la seigneurie de Ville-d'Avray avec ses droits utiles et honorifiques, la ferme de 68 arpents de terre et 18 arpents de prés, l'ancien parc des Célestins. Cet échange fut enregistré au Parlement en 1783. Il obtient l'érection de son domaine en baronnie en juillet de l'année suivante. Il fit beaucoup pour cette commune pratiquant le mécénat avec notamment la construction de l'église qui débuta le 11 juillet 1789, soit trois jours avant la prise de la Bastille. Aujourd'hui la commune de Ville-d'Avray à adopté les armoiries de son célèbre mécène.

Premier valet de chambre du Roi

Au xviiie siècle, la charge de premier valet de chambre a peu à voir avec une fonction de domestique. C'est une charge honorifique, qui s'achetait contre de fortes sommes d'argent, et qui pouvaient être revendue à un successeur. Ces charges de commensaux étaient chargées de l'organisation des services de la maison des princes et permettaient aux familles de leurs titulaires de bénéficier des protections de la famille royale.

Marc-Antoine Thierry résidait au cœur des petits appartements du Roi, au second étage du corps central, dans un logement donnant sur la cour des cerfs, créé à partir du démembrement du spacieux appartement affecté par Louis XV à la comtesse du Barry. Cette dernière ayant dû quitter le palais versaillais dès le décès de son royal amant. Ses voisins directs étant le mentor de Louis XVI : le comte de Maurepas et le marquis de Villequier, qui obtinrent, les autres parties de l'appartement de Madame du Barry. Louis XVI avait ainsi accès à tout moment, et discrètement (grâce au secret des petits cabinets intérieurs), à son plus proche collaborateur et à son ministre principal.

Premier maire de Versailles

Ce n'est qu'en 1787 que Versailles devint municipalité indépendante du pouvoir royal. En effet, jusqu'en 1787, Versailles était dirigé par des intendants nommés par le Roi. La ville étant divisée en huit quartiers, il doit être désigné un syndic de huit députés par quartier. Marc-Antoine Thierry de Ville d’Avray est l'un de ces syndics élu en décembre 1787.

Mais ce nouveau « Conseil municipal » est fantoche, symbolique, sans budget, sans aucun pouvoir et même sans aucune salle pour se réunir. Le futur maire de Versailles dut prêter deux salles de l’hôtel du Garde-Meuble. Durant près de dix-huit mois, jusqu'en mai 1789, ce « Conseil municipal » est divisé et l'un des conflits porte sur la désignation d'un représentant de ce conseil ; ce n'est que le 28 mai 1789 que Marc-Antoine Thierry de Ville d’Avray devint le premier maire de Versailles nommé par ses pairs. Il ne reste que 67 jours dans cette fonction car il démissionne le 3 août 1789. Le « Conseil municipal » est dissout en attendant de nouvelles élections le 21 août 1789, mais Versailles restera sans maire jusqu'au 8 septembre 1790, date des premières élections municipales.

3 août 1789 - 8 septembre 1790 : six maires éphémères

Durent cette période, il y aura une succession de maires par intérim et ce sont Étienne Ménard, notaire versaillais, Georges-Nicolas Clausse, procureur au bailliage, Jean Loustaunau, chirurgien du Roi, Rivière de Gray, commis de la Marine, Jean-Baptiste Bougleux, marchand drapier puis Étienne-Rémy Guillery, procureur au bailliage qui deviennent des Maires éphémères.

Intendant du Garde-Meuble

Intendant du Garde-Meuble de l'Hôtel de la Marine de 1784 à 1792, il y loge avec sa famille. Fraîchement anobli ayant fait rapidement fortune, son arrivisme attise la jalousie autour de lui, d'autant plus que sa gestion du Garde-Meuble est remise en question : le 17 juin 1791, l’Assemblée constituante décide de faire procéder à l’inventaire complet du Garde-Meuble. La fuite de la famille royale fait craindre qu'elle n'ait emportée son trésor avec elle ou qu'elle ait missionné des proches pour le récupérer afin de payer les armées contre-révolutionnaires. Le rapport d’inventaire ne révèle aucune disparition des joyaux de la Couronne mais un manque de portions d’or. Le baron Thierry est soupçonné, à raison. Appelé à la barre de l’Assemblée Nationale, il lui est enjoint de se tenir « aux ordres des commissaires ». Désormais surveillé, lors des troubles du printemps 1792, il aménage un meuble dans ses appartements pour cacher neuf coffrets comprenant les trois quarts des joyaux (dans quel but ? Les protéger d'éventuels pillages ? Aider la contre-révolution ? Simple vénalité ?). Après la prise des Tuileries, des scellés sont posés sur les administrations pour éviter les vols. Le baron Thierry est arrêté et emprisonné, son beau-frère Lemoine-Crécy qui a la charge de garde général de la Couronne, remet les coffrets aux autorités de la Commission des Monuments 4. Le procès-verbal de récolement mentionne qu'ils n'ont pas été ouverts, d'où la rumeur semble-t-il fondée qui veut que Thierry ait, sous le prétexte d'opérations de retaille ou de réparation, vendu en secret des diamants à des joailliers hollandais, par l’intermédiaire des banquiers Vandenyver 5.

Il est assassiné à la prison de l'Abbaye lors des massacres de septembre 6.

Notes et références

  1.  Philippe d'Allemagne « La Petite Cour : Services et serviteurs à la Cour de Versailles au XVIIIe siècle »
  2.  Régis Valette, Catalogue de la noblesse française subsistante au xxie siècle, année 2002, page 181.
  3.  Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, éd. Perrin 2010, t.1 p. 302
  4.  Franck Ferrand, « le casse du millénaire » dans Sans l'ombre d'un doute, 4 décembre 2011
  5.  Échange entre Lemoine-Crécy et le banquier Vandenyver : note détaillée des Archives Nationales : AN T 399
  6.  Gleizes 1988, p. 179-184.

Voir aussi

Bibliographie

  • Henri GleizesThierry de Ville d'Avray, 1732-1792 : premier maire de Versailles, Paris, Tallandier, coll. « Figures de proue »,‎ 1988, 219 p.

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20 juillet 2017

Blin François-Pierre

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François-Pierre Blin

 

François-Pierre Blin

Francois_Pierre_Blin


« M. Blin, médecin, député de Nantes », détail du portrait par Charles Toussaint Labadye.
Fonctions
Député à l'Assemblée constituante
17 juin 1789 – 30 septembre 1791
Groupe politique Club breton,
puis Jacobin
Député aux États généraux
18 avril 1789 – 17 juin 1789
Groupe politique Tiers état,
puis Club breton
Député aux États de Bretagne
décembre 1788 – janvier 1789
Député en cour
6 novembre 1788 – décembre 1788
Biographie
Date de naissance 8 juin 1756, Rennes
Date de décès 4 novembre 1834 (à 78 ans), Chantenay (Loire-Inf.)
Profession Médecin
Résidence Nantes
Liste des députés de la Loire-Atlantique

François-Pierre Blin ou Pierre-François Blin, né à Rennes le 8 juin 1756, mort le 4 novembre 1834 à Chantenay-sur-Loire, est un médecin et homme politique, député aux États généraux de 1789.

Jeune médecin diplômé à Montpellier, il lutte avec succès pour faire admettre son droit d'exercer à Nantes. En 1788-1789, il est choisi pour présenter à Versailles les revendications du tiers état de la région, et participe à la rédaction des cahiers de doléances. Il est ainsi élu député de Nantes aux États de Bretagne, puis aux États généraux de 1789 et à l'Assemblée constituante. Il est un des membres fondateurs du club breton qui devient le club des Jacobins.

Jacobin à l'origine, Blin intervient vigoureusement à l'Assemblée. Il propose des motions pour la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, intervient sur la Constitution et les colonies, et en faveur des hommes de couleur. Il s'oppose à Mirabeau en se prononçant pour une véritable séparation des pouvoirs. Il s'élève contre la dictature et la répression. Intervenant contre les établissements religieux, il admet cependant ceux pour l'éducation et les œuvres de charité, et reste favorable à l'exercice du culte. Il modère ensuite sa participation, tempère ses opinions.

Après la session parlementaire, il reprend la médecine, appartient à la faction des Girondins. Prisonnier de l'armée royaliste, libéré par les républicains, il participe l'année suivante aux pourparlers de paix entre les Vendéens et la Convention. Plusieurs fois destitué et arrêté, il est libéré et réintégré en raison du manque de médecins. Il calque ses idées sur les changements politiques, devenant partisan du nouveau régime sous le Consulat et le Premier Empire puis royaliste réactionnaire sous la Restauration.

Médecin réputé, il exerce à Nantes où il bénéficie d'une bonne clientèle. Il devient médecin en chef aux armées sous le Consulat et chef de service en hôpital. Il écrit et traduit des ouvrages de médecine. Il est ensuite professeur puis directeur de l'école de médecine de Nantes, où son passé versatile lui est parfois reproché.

 

Sommaire

   
  • 1 Biographie
    • 1.1 Jeune médecin
    • 1.2 Député en cour et aux États de Bretagne, cahiers de doléances
    • 1.3 Député aux États généraux
      • 1.3.1 Fondateur du Club breton, Jacobin, orateur actif
      • 1.3.2 Modération de ses idées, moindre participation
    • 1.4 Médecin girondin
    • 1.5 Médiateur auprès des chefs royalistes, puis suspect
    • 1.6 Consulat et Empire
    • 1.7 Royaliste, directeur de l'École de médecine
    • 1.8 Décès, postérité
  • 2 Iconographie
  • 3 Hommages
    • 3.1 Distinctions
    • 3.2 Autres hommages
  • 4 Œuvres
    • 4.1 Livres et brochures
    • 4.2 Contributions diverses
  • 5 Notes et références
  • 6 Bibliographie
    • 6.1 Histoire politique
    • 6.2 Histoire de la médecine
    • 6.3 Biographies générales et régionales
    • 6.4 Catalogues
  • 7 Voir aussi
    • 7.1 Articles connexes
    • 7.2 Liens externes

 

Biographie

Jeune médecin

Tableau représentant un médecin et un chirurgien militaire, en grande tenue avec manteau bleu à parements dorés et bicorne noir à bordure dorée.
Médecin et chirurgien inspecteurs sous Louis XVI.

François-Pierre Blin, ou Pierre-François-Lazare Blin, est né à Rennes en Bretagne le 8 juin 1756. Fils et petit-fils de chirurgiens, il est un des trois fils de « noble homme » Jacques Blin, maître en chirurgie de Rennes et démonstrateur royal en chirurgie, conseiller général d'Ille-et-Vilaine en 1790, et de Françoise-Yvonne Forestier de Villeneuve, fille de l'architecte François Forestier de Villeneuve. Il est le petit-fils du maître chirurgien Pierre Blin. Ses deux frères sont le futur médecin Jean-Charles Blin et le futur député Joseph Blin (1764-1834). Le père destine François-Pierre à la médecine 1234.

Le jeune Blin part faire ses études à l'université de Montpellier, où les droits d'inscription universitaires sont moins chers ; il publie sa thèse en 1778 et y est reçu docteur en médecine le 8 mars 1779. Il veut ensuite s'installer à Nantes. Mais l'université de Nantes veut l'obliger, comme deux de ses condisciples, à y repasser leurs épreuves pour être admis à y exercer la médecine. Les deux condisciples dans le même cas que Blin sont Guillaume François Laënnec, l'oncle de l'inventeur du stéthoscope, et Lefebvre de la Chauvière. Les trois jeunes se lancent dans un long procès pour faire valoir leurs droits. Le Parlement de Bretagne, à Rennes, donne raison aux jeunes médecins qui sont admis à Nantes à condition de soutenir une thèse probatoire aux écoles de Rennes 256. Le Parlement de Bretagne profite de cette occasion pour « humilier la faculté de Nantes » 7.

Le condisciple de Blin, Guillaume Laënnec, soutient donc une thèse devant le collège des médecins de Rennes, réuni au Parlement de Bretagne sous la présidence d'un conseiller au parlement 8. À sa suite, François-Pierre Blin publie en 1782 9 et soutient à Rennes une nouvelle version de sa thèse. Il est agrégé en 1784, et exerce comme médecin ordinaire de l'Hôtel-Dieu de Nantes 1011. Il se lie avec le savant américain Benjamin Franklin 12. Avec Cottin, Laënnec, Baco et d'autres, il fait partie de l'intelligentsia nantaise qui se réunit dans les loges maçonniques 13.

Député en cour et aux États de Bretagne, cahiers de doléances

François-Pierre Blin est élu « député en cour » le 6 novembre 1788. Il a mission notamment de demander une représentation du tiers état équivalente à celle des deux autres ordres, une répartition égale des impôts, la liberté de réunion 114. Il reçoit un mandat spécial pour la défense des droits du tiers état 15.

Il est un des deux médecins qui dans la région prennent le plus de part à la rédaction des cahiers de doléances 16. Selon Michel Dupont et Gaston Blandin, il est de plus un des auteurs, ou l'auteur unique 1016, des Charges d'un bon citoyen de campagne, ouvrage d'origine citadine, publié anonymement, qui a influencé la rédaction de 163 cahiers de doléances de la région 17.

Blin est ensuite élu député de Nantes aux États de Bretagne qui se tiennent à Rennes de décembre 1788 à janvier 1789. Entre les sessions des États de Bretagne, il est réélu « député en cour ». Blin va ainsi plusieurs fois à Versailles transmettre les réclamations du tiers état 15. En février 1789, il écrit que « la révolution aura certainement lieu en Bretagne », avec ou sans troubles, selon l'attitude du gouvernement 118. Pendant cette période de six mois, de novembre 1788 à avril 1789, où il est tour à tour député aux États et en cour, il est le principal fer de lance des revendications bretonnes auprès du ministère 15.

Élu le 4 avril 1789 mandataire à l'Assemblée générale de la sénéchaussée de Nantes 15, il est élu le 18 avril 1789 député aux États généraux 21.

Député aux États généraux

Fondateur du Club breton, Jacobin, orateur actif

Signature de Blin écrite en lettres penchées à droite, d'une écriture ample et liée, avec soulignement en boucle allongée.
Blin signe le serment du Jeu de paume, 20 juin 1789.

Aux États généraux réunis à Versailles, Blin défend ardemment les idées nouvelles. Il est l'un des principaux fondateurs du Club breton 21915 qui devient ensuite la Société des amis de la Constitution et le club dit des Jacobins. Il intervient avec une forte violence verbale 10. Le 20 juin, il signe le serment du Jeu de paume pour l'élaboration d'une constitution 1.

Tableau représentant la Déclaration des droits, inscrite en lettres d'or sur un support noir de forme similaire aux Tables de la Loi, avec l'allégorie de la Monarchie tenant les chaînes brisées de la Tyrannie, et le génie de la Nation tenant le sceptre du pouvoir, sous l'œil de l'Être suprême.
Blin intervient sur la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

À l'Assemblée constituante, il manifeste ses idées avancées ; très actif, il est un des 96 principaux orateurs 119. Il s'oppose au projet de constitution dont Mounier est le rapporteur. Il publie une brochure sur le sujet 20, et y écrit notamment que « presque toujours la monarchie s'est convertie en despotisme, et rarement, pour ne pas dire jamais, en démocratie » 15.

Il participe activement aux débats sur la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, et dépose le 20 août plusieurs motions pour cette Déclaration, avec Boisgelin, Target, Mounier et Salle. Il réclame le 1er septembre une définition précise de la monarchie. Il intervient aussi sur les impôts et sur des questions d'éligibilité 221. Le 15 octobre, il préconise un conseil du roi suffisamment puissant pour contrer les parlements régionaux 1.

Blin contredit Mirabeau le 6 novembre à propos de la séparation des pouvoirs, et le met en contradiction avec lui-même, rappelant qu'en août précédent, celui-ci avait réclamé le départ des ministres de l'Assemblée pour débattre 22. Blin ajoute :

« On s'est appuyé sur l'exemple de l'Angleterre... La présence du Lord chancelier dans le parlement a toujours été plus nuisible à la liberté, qu'utile à l'administration publique (...) En admettant les ministres, la liberté devient une chimère (...) Ainsi, ni d'après l'exemple de l'Angleterre, ni d'après nos principes, les ministres ne peuvent être admis 23. »

Par ce discours il fait décréter que les ministres ne pourront pas siéger à l'Assemblée ni être choisis parmi ses membres 224.

Il intervient sur différentes questions en débat, dépose le 24 novembre 1789 un amendement à propos des événements de Cambrai. Le 26 novembre il fait un long discours sur Saint-Domingue. Il s'oppose le 1er décembre à la création d'un comité colonial, conteste les droits donnés aux colonies et leur droit d'avoir des députés. Selon lui, les « colonies doivent être pour la France une bonne ferme pour un riche propriétaire et rien au-delà » 225 ; se basant sur le principe de la liberté civile, il émet l'avis que les colonies doivent avoir leur propre constitution, et ne pas intervenir sur la constitution française 126. Ses boutades ont du succès ; le 8 décembre, lorsqu'il est question en cas d'égalité de suffrages aux élections, de donner la préférence aux hommes mariés non séparés de leur femme, Blin fait rire l'Assemblée en demandant que les hommes mariés se retirent pendant que la question est débattue 24.

Il s'oppose à la suppression de l'impôt des aides demandée par l'abbé Maury en janvier 1790. Il prend fortement parti en février pour la suppression des établissements religieux 227, mais à l'exception des établissements d'éducation ou de charité qui pourront rester ouverts 28 ; il estime que le clergé n'est pas un « ordre séparé », mais une « profession publique », le culte pouvant « devenir l'objet de la sollicitude générale » 1.

Le 22 février, lorsqu'il est question de déclarer la dictature et d'envoyer des représentants en province pour la répression des troubles, il refuse, proteste vivement et s'écrie qu'on veut envoyer « des assassins pour réprimer des assassinats », ce qui choque l'Assemblée 2930. Rappelé à l'ordre, il doit s'excuser de sa violence verbale 30. Il se justifie par le souvenir de meurtres effectués par les gardes nationaux dans sa province 28.

Les chansons satiriques de l'époque brocardent ses apostrophes et sa voix nasillarde, un refrain clame : « Blin le nason hurle du nez ! » 30. De son côté, le pamphlétaire Rivarol affirme de Blin que « son éloquence a guéri beaucoup de monde de la liberté 31 ».

Modération de ses idées, moindre participation

Blin adopte ensuite des idées plus modérées et abandonne le parti des intransigeants. Il participe notamment à la rédaction de l'Ami des patriotes, le journal de Regnaud de Saint-Jean d'Angély financé par la liste civile 23230. En mars 1790 il présente une délégation de la fédération de Pontivy et doit la défendre devant l'Assemblée en expliquant leur projet de« pacte fédératif ». En juillet, il demande d'accorder aux savants, aux artistes et aux écrivains un traitement digne d'une nation célèbre sur ce plan 33. Lorsqu'un comité de santé est créé par la Constituante en septembre 1790, il est un des médecins qui y sont commissaires 34.

Pendant plusieurs mois, il continue à écrire dans les journaux mais participe peu aux débats de l'Assemblée. Il y intervient de nouveau pour défendre la cause des noirs contre Malouet le 11 mai 1791, et continue à prendre la défense des hommes de couleur aux différentes séances où il en est question. Le 16 août, il approuve le projet d'organisation de la marine présenté par Champagny. Il présente une adresse de Nantes contre le décret sur les colonies, et dépose le 24 septembre un projet pour remplacer ce décret. Le même jour, il prend la défense des journaliers, pour leur assurer les « moyens d'exister ». Il vote pour les assignats, mais il s'oppose à l'annexion d'Avignon 228,  35. Par ailleurs membre du Comité de salubrité publique, il s'oppose à la peine de mort 10.

Médecin girondin

La session parlementaire se termine le 30 septembre 1791. François-Pierre Blin reprend à Nantes l'exercice de la médecine, sans faire parler de lui pendant deux ans 36. Il compte parmi les médecins modérés 37.

Devant les excès de la Terreur, il prend énergiquement parti en 1793 contre la radicalisation de la République 29 et se range du côté des modérés, les « Girondins », contre les « Montagnards ». Après la proscription des Girondins, il doit fuir le représentant en mission Carrier, et se réfugie en septembre à Noirmoutier 3629.

Détail de tableau avec Charette en costume noir à parements rouges, avec ceinture blanche et chapeau à panache blanc.
Blin est prisonnier de Charette fin 1793, puis émissaire de paix auprès de lui en décembre 1794.

D'après Mercier, Blin agit plutôt sur ordre en se rendant à Noirmoutier : il est incorporé le 9 mai 1793 dans les hôpitaux de l'armée républicaine, et le 14 août il est envoyé dans l'île pour y créer un hôpital, par ordre du général en chef de l'armée de l'Ouest 11. Il y organise un hôpital 10, et il y est encore lorsque le chef royaliste Charette s'empare de l'île en octobre 1793 36. Il est prisonnier de Charette 10, qui le fait conduire à l'île de Bouin, alors appelée l'île Marat, avec les autres prisonniers, dont 180 sont exécutés 1138.

Ensuite libéré en décembre suivant par les Républicains après la bataille de l'île de Bouin 10, il réside jusqu'en mai 1794 à Croix-de-Vie, alors appelée Havre-de-Vie, adhère à la Société populaire locale, soigne les malades et les blessés. Il prend à sa charge l'achat et l'acheminement des remèdes 11. Revenu à Nantes, il exerce à l'hôpital de la Fraternité, se dévoue pour combattre une épidémie de typhus, et attrape lui-même la maladie 1011.

Médiateur auprès des chefs royalistes, puis suspect

Blin est l'un des deux émissaires républicains choisis pour entamer les pourparlers de pacification de la Vendée : il accompagne le 24 décembre 1794 Bureau de la Batardière au quartier général de la Roberie qui les conduit dans le bocage auprès de Charette 39. Leurs pourparlers permettent les négociations et le traité de La Jaunaye, signé le 12 février 1795 entre les chefs vendéens et chouans, et les représentants de la Convention. Le 28 février, Charette projette d'envoyer Blin et Bureau porter ses drapeaux en hommage à la Convention 39. Mais le traité reste sans lendemain 10.

Soupçonné de fédéralisme, Blin est emprisonné pendant plusieurs mois, puis libéré par manque de médecins 1039. Après le coup d'État du 9 thermidor, il favorise la réaction thermidorienne 40. Il fait partie du premier jury de santé à Nantes en l'an IV (1795) 41.

Sous le Directoire, il est surveillé par le ministère de la Police générale dont un rapport le 11 germinal an V, assorti d'une lettre de plusieurs députés, provoque son remplacement une semaine après, le 18 germinal (7 avril 1797), pour avoir favorisé les Vendéens en leur octroyant des délais 42. Après le coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797), Blin est de nouveau arrêté, à la suite d'une « vague dénonciation », puis réintégré 39.

À la création de la Société académique de la Loire-Inférieure en 1798, il en est l'un des premiers membres 29. Il est également correspondant de la Société de médecine de Paris, qui rend compte de ses travaux qu'elle publie parfois 43. Il fait paraître ainsi en 1799 Quelques remarques sur l'épidémie varioleuse qui a régné à Nantes ; l'année suivante, il publie leRapport sur la maladie épidémique de Cadix 32.

Consulat et Empire

Sous le Consulat, médecin réputé pour son habileté, il possède en 1800 la « plus belle clientèle de Nantes » 3844. Il est connu également pour sa culture, et considéré comme un disciple de Brillat-Savarin 38. Il est nommé en nivôse an X (1801) médecin en chef de l'armée de l'Ouest 129. En décembre, il est aussi nommé responsable du service médical de l'hôpital militaire de la Visitation, à Nantes 45.

En juin 1801, il écrit au préfet sur la nécessité d'encourager la vaccination « dans un tems où toutes les vues de bien public demandent ä être encouragées, afin de réparer les maux qui ont affligé le département de la Loire-Inférieure » ; un comité de vaccine est formé, où neuf médecins nantais se relayent pour vacciner gratuitement les démunis 46. En 1803, à la demande du préfet, il publie une Instruction sur la vaccine 45, qui est diffusée par l'autorité départementale à tous les curés 44, mais avec un succès mitigé 46.

Page de titre du
Blin traduit des ouvrages médicaux comme celui-ci, où figurent ses titres.

Sous le Premier Empire, il devient un ardent partisan du nouveau régime 3. Pour répondre à un concours lancé par Napoléon à la mort de son neveu le prince Napoléon-Charles de Hollande, il écrit en 1807 un mémoire sur le croup 44. Il est nommé en 1808 professeur d'hygiène et de thérapeutique à l'École de médecine de Nantes 1047. Il est chargé en 1810 de prononcer le discours de rentrée de l'école ; il l'intitule Compte rendu des cours d'instruction médicale de l'Hôtel-Dieu de Nantes 48. Il est aussi administrateur des hôpitaux 32.

Royaliste, directeur de l'École de médecine

Sous la Restauration, Blin devient royaliste militant et conserve son poste de professeur jusqu'en 1822 403. Il devient directeur de l'École de médecine de 1816 à 1820 49. Il cumule ces emplois avec celui de conseiller de préfecture, de 1815 à 1830 503.

Il prend part à des mesures jugées réactionnaires. Il insiste ainsi personnellement pour la fermeture de l'institut départemental des sciences et arts de la Loire-Inférieure, bien qu'étant lui-même membre de cet institut depuis son origine ; il agit ainsi parce qu'il trouve cet institut trop libéral. Son ancien condisciple Guillaume François Laënnec qu'il avait évincé de son poste de directeur, lui reproche alors d'avoir retourné son bonnet rouge de révolutionnaire ; Blin reconnaît que c'est vrai et ajoute en riant qu'il aurait « bien mérité d'être pendu » 294751.

Familier du latin, de l'italien, de l'anglais et de l'espagnol, Blin traduit des ouvrages de médecine 10 ; il traduit aussi Horace 52. Il reçoit la Légion d'honneur en 1821 53.

Décès, postérité

Blin se retire à Chantenay en 1830. Âgé, il témoigne « d'un aimable scepticisme ». Il meurt de la dysenterie à Chantenay le 4 novembre 1834 50, 3529. À cette époque, ses revenus sont estimés à 800 livres 32.

Il avait épousé Marie-Pélagie Roysard, dont il a eu cinq enfants : trois filles restées à Nantes, et deux fils partis pour l'Inde française. L'aîné des deux fils, Théophile Blin (1797-1847), devient négociant à Pondichéry. Il y épouse en 1819 Éléonore-Joséphine-Thérèse Bartro (1797-1859). Ils ont deux enfants, dont un fils adoptif 5455.

Le second fils de François-Pierre, Amédée ou Henri Blin, né en 1799, part à Pondichéry comme son frère. Il y est officier de cipahis, puis capitaine d'infanterie de marine. Il épouse à Pondichéry en 1824 Marie-Louise Blin de La Mairie, fille d'un magistrat. Ils ont trois enfants 5455.

 Portrait, dessin au crayon noir montrant le profil de Blin avec un long nez et une perruque blanche ; en bas, inscription manuscrite identifiant Blin avec sa qualité de médecin, de député, et sa date de naissance.
Portrait de François-Pierre Blin vers 1790, par Labadye, avec légende manuscrite.

Iconographie

Blin est un des seuls députés des États généraux qui n'aient pas été représentés au physionotrace 56.

Mais son portrait existe, avec un dessin exécuté en 1789 ou 1790 par Charles Toussaint Labadye (1771-1798), un des peintres ayant représenté le plus de députés de l'Assemblée. Blin est figuré en buste et de profil. Le dessin est au crayon noir, inscrit dans un cercle de7,5 cm de diamètre, et accompagné de la légende manuscrite « M. Blin médecin – député de Nantes – né à Rennes le 8 juin 1756 » 5758. Ce dessin fait partie des originaux réalisés pour la collection de portraits de députés éditée par Dejabin 57.

Hommages

Distinctions

Blin est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1821 53.

Autres hommages

La « Rue des Frères Blin », à Rennes, est nommée en 1923 en l'honneur de François-Pierre Blin et de ses frères, le médecin Jean-Charles Blin et le député Joseph Blin 59.

L'exposition « Médecine et médecins à Nantes », qui s'est tenue à la bibliothèque de l'Université de Nantes, du 12 septembre au 12 octobre 1998, a rappelé « le souvenir de ces médecins du xviiie siècle qui se sont battus pour défendre la liberté et la tolérance tels François-Pierre Blin ou Guillaume François Laënnec » 60.

Œuvres

Livres et brochures

Les écrits de Blin sont surtout des libelles politiques et des œuvres médicales. Les articles parus dans la presse ne sont pas indiqués individuellement, sauf s'ils ont fait l'objet d'un tirage à part.

  • Dissertatio obstetricio-medica, De sectione symphyseos ossium pubis, Avignon, Joseph Guichard, 1778, 21 p., in-4°, thèse soutenue à Montpellier.
  • Cours de matière médicale extrait des leçons de Mr Barthez..., avec Paul-Joseph Barthez, Jean-Charles Blin et Sylvestre, s.d. (vers 1781).
  • Dissertatio obstetricio-medica, Questio physiologica pro baccalaureatu discutienda. An in animalibus vivis calor causa motus ?, Nantes, Querro, 1782, in-4°, 10 p. Thèse dédiée à Pierre Lévêque, devenu ensuite membre de l'Académie des sciences.
  • Mémoire contre la Faculté de Médecine de l'Université de Nantes, avec Guillaume François Laënnec, Nantes, Malassis, 1784.
  • Charges d'un bon citoyen de campagne, 1789, anonyme, attribué à Blin 1016.
  • À messieurs les généraux des paroisses, projet d'adresse au roi, avec Giraud du Plessis et Varsavaux, s.l.n.d. [Nantes, 1789], in-8°, p.
  • Lettre à M. Mounier, député du Dauphiné, sur l'ouvrage intitulé : « Considérations sur les gouvernemens, et principalement sur celui qui convient à la France », par M. Blin, député de Nantes, Paris, Baudouin, 1789, in-18, 46 p.
  • Opinion de M. Blin, député de Nantes, sur la motion de M. le comte de Mirabeau, relative à l'admission des ministres dans l'Assemblée nationale, 6 novembre 1789, Paris, Baudouin, s.d. [1789], in-8°, 16 p.
  • Opinion de M. Blin, sur la proposition, faite par MM. les députés des colonies réunies, d'établir un Comité colonial, etc.,1er décembre 1789, Paris, Baudouin, s.d. [1789], in-8°, 11 p.
  • Opinion de M. Blin, député de Nantes, sur les réclamations adressées à l'Assemblée nationale par les députés extraordinaires du commerce et des manufactures de France, relativement aux colonies1er mars 1790, s.l.n.d. [Paris, 1790], in-8°, 39 p.
  • Réflexions sur les colonies, extrait de L'Ami des patriotes, Paris, Demonville, 1791, in-8°.
  • Lettre de M. Blin, suivi de Réflexions sur les colonies, tiré à part de L'Ami des patriotes n° XLIV, 10 septembre 1791, s.l.n.d [Paris, Demonville, 1791], in-8°, 26 p.
  • Réflexions sur la nécessité de la discipline militaire, discours à la Société populaire de Nantes le 1er nivôse an III, Nantes, Hérault, an III [1795], in-8°, 28 p.
  • Quelques remarques sur l'épidémie varioleuse qui a régné à Nantes en l'an VIRecueil périodique de la Société de Médecine de Paris, VI, p. 436 et suivantes, an VII [1799].
  • Rapport sur la maladie épidémique de Cadix, trad., suivi de quelques réflexions sur la nature de cette maladie, et sur les dangers présumés de sa communication, Nantes, Hérault, s.d. [1800 ou 1801], in-8°, iv-54 p.
  • Rapport présenté à la Société des sciences et arts du département de la loire-Inférieure, sur une nouvelle analyse de l'eau minérale de l'Ebeaupin, s.l.n.d. [Nantes, vendémiaire an XI - 1803], in-4°, 16 p.
  • Instruction sur la vaccine, rédigée à la demande du préfet de la Loire-Inférieure (...), Nantes, Hérault, frimaire an XII [1803], in-8°, 16 p.
  • Mémoire sur le croup, 1807 44.
  • Compte rendu des cours d'instruction médicale de l'Hôtel-Dieu de Nantes, discours de rentrée de l'École de médecine, Nantes, Brun, s.d. [1810], in-4°, 19 p.
  • (trad.) Traité complet du choléra-morbus de l'Inde (...), par William Scot, Nantes, Merson, 1831, in-8°, xx-252 p.

Contributions diverses

Divers discours et écrits de Blin sont parus dans les publications suivantes :

  • Journal de la correspondance de Nantes, Nantes, 1789 et 1790.
  • Journal des États-Généraux, Rennes.
  • Le Moniteur universel, Paris, 1789 à 1791.
  • L'Ami des patriotes, publié par Regnaud de Saint-Jean d'Angély, Paris, 1790 et 1791.
  • Recueil périodique de la Société de Médecine de Paris.

Notes et références

  1. ↑ a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Lemay, Constituants, 1991, t. I, p. 103.
  2. ↑ a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Robert et Cougny, Parlementaires, 1889, t. 1, p. 347.
  3. ↑ a, b, c et d Kerviler, Bio-bibliographie bretonne, 1890, t. 4, p. 2-5.
  4.  Kerviler, Députés de Bretagne, 1885, p. 82.
  5.  Kerviler, Députés de Bretagne, 1885, p. 82-83.
  6.  Revue historique de l'Ouest, vol. 1, 1885, p. 266.
  7.  Léonard, Médecins de l'Ouest, 1978, t. 1, p. 161.
  8.  Léonard, Médecins de l'Ouest, 1978, t. 1, p. 138.
  9.  (la) Dissertatio obstetricio-medica, Questio physiologica pro baccalaureatu discutienda. An in animalibus vivis calor causa motus ?, Nantes, Querro,‎ 1782, in-4°, 10 p., thèse dédiée à Pierre Lévêque, futur membre de l'Académie des sciences.
  10. ↑ a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Dupont, Médecins, 1999, p. 84.
  11. ↑ a, b, c, d et e Mercier, Monde médical, 1939, p. 99.
  12.  (en) The Papers of Benjamin Franklinvol. 39, Yale University Press,‎ 2009, p. 46.
  13.  Gérard Emptoz, Guy Saupin et al.Histoire de l'université de Nantes : 1460-1993, Presses universitaires de Rennes,‎ 2002.
  14.  Kerviler, Députés de Bretagne, 1885, p. 83.
  15. ↑ a, b, c, d, e et f Kerviler, Députés de Bretagne, 1885, p. 84.
  16. ↑ a, b et c Gaston Blandin, Médecine et médecins pendant la guerre de Vendée, Éditions du Choletais,‎ 1990, p. 12.
  17.  Philippe Grateau, « Les Bretons et l'utopie : les Cahiers de doléances de 1789 », Motsno 35,‎ juin 1993, p. 5-18 (DOI 10.3406/mots.1993.1829lire en ligne [archive]).
  18.  Revue historiquevol. 213,‎ 1955, p. 215.
  19. ↑ a et b Jean Pascal, Les députés bretons de 1789 à 1983,Presses universitaires de France,‎ 1983, p. 48.
  20.  Lettre à M. Mounier, député du Dauphiné, sur l'ouvrage intitulé : Considérations sur les gouvernements et particulièrement sur celui qui convient à la France, Paris, Baudouin,‎ 1789.
  21.  Kerviler, Députés de Bretagne, 1885, p. 84-85.
  22.  Jean-Jacques Chevallier, Mirabeau: un grand destin manqué, Librairie Hachette,‎ 1947, p. 108.
  23.  Luchet, Contemporains, 1790, p. 115.
  24. ↑ a et b Kerviler, Députés de Bretagne, 1885, p. 85.
  25.  Kerviler, Députés de Bretagne, 1885, p. 85-86.
  26.  Levot, Biographie bretonne, 1852, v. 1, p. 107-108.
  27.  Kerviler, Députés de Bretagne, 1885, p. 86-87.
  28. ↑ a, b et c Levot, Biographie bretonne, 1852, v. 1, p. 108.
  29. ↑ a, b, c, d, e, f et g Dict. de biographie française, 1954, t. 6, col. 673.
  30. ↑ a, b, c et d Kerviler, Députés de Bretagne, 1885, p. 87.
  31.  Rivarol, Petit Dictionnaire des grands hommes de la Révolution,‎ 1790 ; rééd. Paris, 1999 [extraits en ligne [archive]].
  32. ↑ a, b, c et d Lemay, Constituants, 1991, t. I, p. 104.
  33.  Kerviler, Députés de Bretagne, 1885, p. 87-88.
  34.  Léonard, Médecins de l'Ouest, 1978, t. 1, p. 211-212.
  35. ↑ a et b Lemay, Constituants, 1991, t. I, p. 103-104.
  36. ↑ a, b et c Kerviler, Députés de Bretagne, 1885, p. 88.
  37.  Léonard, Médecins de l'Ouest, 1978, t. 3, p. 1202.
  38. ↑ a, b et c Jacques Bernard, Médecine et remèdes en France auxviiie siècle, VPTC,‎ 2001, p. 237.
  39. ↑ a, b, c et d Mercier, Monde médical, 1939, p. 100.
  40. ↑ a et b Robert et Cougny, Parlementaires, 1889, t. 1, p. 347-348.
  41.  Joseph Corroller et Jean Cuny, « L'enseignement de la médecine à Nantes sous la Révolution », dans Histoire des sciences médicalest. 27, no 2,‎ 1993 (lire en ligne [archive]),p. 121.
  42.  Les procès-verbaux du Directoire exécutif, an V-an VIII, Centre historique des Archives nationales,‎ 2000 : 16 pluviôse-10 prairial an V [4 février-29 mai 1797]p. 168 ; et vendémiaire-frimaire an VI [22 septembre-20 décembre 1797]p. 96 note 1.
  43.  Recueil périodique de la Société de médecine de Parist. VI,Société de médecine (lire en ligne [archive])p. 426.
  44. ↑ a, b, c et d Léonard, Médecins de l'Ouest, 1978, t. 1, p. 374.
  45. ↑ a et b Kerviler, Députés de Bretagne, 1885, p. 90 et note.
  46. ↑ a et b Léonard, Médecins de l'Ouest, 1978, t. 1, p. 345.
  47. ↑ a et b Kerviler, Députés de Bretagne, 1885, p. 90.
  48.  Revue historique de l'Ouestvol. 1,‎ 1885, p. 273.
  49.  Médecine et médecins à Nantes, exposition, 1998, p. 54.
  50. ↑ a et b Robert et Cougny, Parlementaires, 1889, t. 1, p. 348.
  51.  Jules Roger, Les Médecins bretons du xvie au xxe siècle, Baillière,‎ 1900, p. 18 [extraits en ligne [archive]].
  52.  Léonard, Médecins de l'Ouest, 1978, t. 3, p. 1439.
  53. ↑ a et b Michaud, Biographie universelle, t. 4, p. 443-444.
  54. ↑ a et b Michel Gaudart, Généalogie des familles de l'Inde française,‎ s.d. [1976], p. 37.
  55. ↑ a et b Agnès de Place, Dictionnaire généalogique et armorial de l'Inde française,‎ 1997, p. 98-99.
  56.  Mémoires de la Société académique d'agriculture, des sciences, arts et belles-lettres du département de l'Aube,vol. 92-93,‎ 1929, p. 254.
  57. ↑ a et b « M. Blin médecin [Image fixe] : député de Nantes » [archive], sur Bibliothèque nationale de France(consulté le 2 février 2015).
  58.  (en) « Images de la Révolution française - M. Blin médecin : député de Nantes né à Rennes le 8 juin 1756 : [dessin] » [archive], sur Stanford University Libraries(consulté le 2 février 2015).
  59.  « Rue des Frères Blin » [archive], sur Wiki-Rennes(consulté le 3 août 2014).
  60.  Médecine et médecins à Nantes, exposition, 1998.

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Histoire politique

  • « Blin, Pierre-François », dans Edna Hindie Lemay, Dictionnaire des constituants 1789-1791vol. 1 (A-F), Paris, Universitas,‎ 1991, p. 103-104Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • « Blin (François-Pierre) », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français,‎ 1889 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore], t. 1, p. 347-348Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • « François-Pierre Blin », dans René Kerviler, Recherches et notices sur les députés de Bretagne aux États généraux de 1789 et à l'Assemblée nationale constituante de 1789t. 1, Nantes, Forest et Grimaud,‎ 1885 (lire en ligne)p. 82-91Document utilisé pour la rédaction de l’article

Histoire de la médecine

  • « Blin, Pierre François », dans Michel Dupont, Dictionnaire historique des médecins dans et hors de la médecine, Paris, Larousse-Bordas,‎ 1999 (ISBN 2035143101 et 9782035143105)p. 84Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jacques LéonardLes Médecins de l'Ouest au xixe sièclevol. 1 et 3, Lille, Université de Lille III,‎ 1978 (ISBN 2729500820 et9782729500825)p. 125, 138, 161, 212, 321, 345, 374, 1198, 1202, 1439Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Raoul Mercier, Le monde médical dans la guerre de Vendée, Arrault,‎ 1939, p. 71, 73, 98-101, 118 – notamment « François-Pierre Blin, ex-constituant », p. 99 et suivantes [extraits en ligne]Document utilisé pour la rédaction de l’article

Biographies générales et régionales

  • M. Beau, « Blin (François-Pierre) » dans Dictionnaire de Biographie Françaisevol. 6, Paris,‎ 1954 [détail des éditions] , col. 672-673Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • « Blin, François-Pierre », dans Jean-Loup Avril, 500 bretons à connaître, Saint-Malo, Éditions L'Ancre de marine,‎ 1989(ISBN 2-905970-17-0)p. 25-26.
  • « François-Pierre Blin », dans Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne...t. 4, Paris, Thoisnier Desplaces,‎1843 (lire en ligne)p. 443-444Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Prosper Levot« Blin (François-Pierre) », dans Prosper Levot, Biographie bretonne, recueil de notices sur tous les bretons qui se sont fait un nomvol. 1, Vannes, Cauderan,‎ 1852, p. 107-110 [lire en ligne]Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • « Blin », dans René Kerviler, Répertoire général de bio-bibliographie bretonnet. 4 [BLI-BOU], Rennes, Plihon et Hervé,‎1890 (lire en ligne)p. 2-6 – « Pierre-François Blin » p. 2-5. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • « Blin, député de Bretagne », dans Jean-Pierre Luchet, Les contemporains de 1789 et 1790t. 1, Paris, Lejay,‎ 1790,p. 113-115 [lire en ligne]Document utilisé pour la rédaction de l’article

Catalogues

  • Médecine et médecins à Nantes à la fin du 18ème siècle et au début du 19ème siècle : Regards sur le patrimoine écrit, exposition à la bibliothèque universitaire, 12 septembre - 20 octobre 1998, Nantes, Université de Nantes,‎ 1998, p. 2, 3, 54-61, 95 [PDF] [lire en ligne (page consultée le 28 janvier 2015)]Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Bibliothèque nationale de France, Catalogue généralDocument utilisé pour la rédaction de l’article

Voir aussi

Articles connexes

  • États généraux de 1789
  • Liste des députés aux États généraux de 1789
  • Club breton

Liens externes

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19 juillet 2017

Lecointre Laurent

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Laurent Lecointre

 

Laurent Lecointre

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Laurent Lecointre de Versailles (Album du Centenaire)
Fonctions
Député de Seine-et-Oise
2 septembre 1791 – 20 septembre 1792
(1 an et 18 jours)
Gouvernement Assemblée législative
Député à la Convention nationale
6 septembre 1792 – 26 octobre 1795
(3 ans 1 mois et 20 jours)
Biographie
Date de naissance 1er février 1742
Lieu de naissance Versailles (Seine-et-Oise)
Date de décès 4 août 1805 (à 63 ans)
Lieu de décès Guignes (Seine-et-Marne)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Gauche
Montagne
Profession Marchand de toiles
députés de Seine-et-Oise

Laurent Lecointre ou Le Cointre, né à Versailles le 1er février 1742 et est mort à Guignes en Seine-et-Marne le 4 août 1805 Il est connu aussi sous le nom de Lecointre de Versailles.

Sous la Révolution

Contrairement à la quasi-totalité de ses collègues de la Convention nationale, Laurent Lecointre n’était pas un juriste de formation. C’était un simple marchand de toiles à Versailles. Élu commandant d’un bataillon de la garde nationale de cette ville, il dénonce au comité militaire de l’Assemblée nationale constituante l’attitude des officiers qui ont porté la cocarde noire (signe distinctif des aristocrates anti-révolutionnaires) et piétiné la cocarde tricolore lors du banquet donné en leur honneur le 1er octobre 1789.

Lors des journées des 5 et 6 octobre 1789, il est le commandant de la garde nationale chargée de contrôler la foule qui avait envahi le palais de Versailles. Il fut élu président de l’administration de Seine-et-Oise en juin 1791. Il est élu député à l’Assemblée législative la même année puis député à la Convention nationale par le département de Seine-et-Oise en 1792. Laurent Lecointre s’occupe de la dénonciation ; il dénonce l’ancienne administration de Versailles ainsi que les ministres Louis Le Bègue Duportail, Louis Marie Narbonne Lara et Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais. Le 15 septembre 1792, il propose que le dauphin et sa sœur soient séparés de leurs parents. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort du roi. Il est ensuite chargé de mission à Rouen et dans le département de la Manche. Le jour de la cérémonie de la Fête de l’Être suprême le 8 juin 1794, il qualifie Maximilien de Robespierre de tyran. Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), il se réjouit de la chute de Maximilien de Robespierre et par la suite devient le dénonciateur le plus acharné des « terroristes » vaincus.

Changeant encore d’opinions, Laurent Lecointre participe à l’Insurrection du 12 germinal an III (1er avril 1795). Il est décrété d’arrestation le 16 germinal an III et d’accusation le 2 prairial an III (21 mai 1795). Il bénéficie de l’amnistie générale votée lors de la séparation de la Convention nationale le 26 octobre 1795. Laurent Lecointre adhère ensuite aux idées de Gracchus Babeuf puis dément tout lien avec lui.

Sous le Consulat et le Premier Empire

Laurent Lecointre est le seul Versaillais à avoir voté contre la Constitution de l’an VIII qui met en place le Consulat à vie. Il est exilé à Guignes où il possède une propriété, il y finit ses jours.

Sources

  • « Laurent Lecointre », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]
  • Histoire et dictionnaire de la Révolution française 1789-1799, Jean Tulard, Jean-François Fayard, Alfred Fierro.

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18 juillet 2017

Traité de Beauregard

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Traité de Beauregard

 

Traité de Beauregard
Traité de pacification de la Bretagne
Signé le 14 février 1800
(Château de Beauregard, Saint-Avé,France)
Parties
 Partie 1Partie 2
Parties Drapeau de la France République française Royal Standard of King Louis XIV.svg Chouans
Ratifieurs Guillaume Brune Georges Cadoudal

Le traité de Beauregard est signé le 14 février 1800 entre les généraux républicain Guillaume Brune et chouan Georges Cadoudal mettant fin à la troisième chouannerie dans le Morbihan.

 

Sommaire

  • 1Contexte
  • 2Derniers affrontements
  • 3Signature du traité
  • 4Suites
  • 5Notes et références

 

Contexte

La loi des otages de juillet 1799 relance les hostilités en Bretagne. La troisième chouannerie débute avec la réunion de quelques 200 chefs chouans au château de la Jonchère le 14 septembre 1799. Georges Cadoudal y reçoit le commandement de la colonne du Morbihan forte de 18 000 hommes.

Le Coup d'État du 18 brumaire (9 novembre 1799) propulse Napoléon Bonaparte à la tête de la république. Le premier consul nomme alors Gabriel de Hédouville commandant en chef de l'armée de l'Ouest pour pacifier la région 1. Il obtient de la part des principaux chefs chouans (à l'exception de Louis de Bourmont et Louis de Frotté) une trêve jusqu'au 15 janvier 1800 1. Mais Bonaparte ne peut se contenter d'une cessation des hostilités et souhaite une victoire contre ces contre-révolutionnaires. Son pouvoir définitivement affermi, il nomme alors, le 14 janvier 1800, le général Brune au commandement d'une armée de 60 000 hommes 2 - le général d'Hédouville devenant ainsi son chef d'état-major.

Derniers affrontements

Article détaillé : Bataille du pont du Loc'h.

Brune décide aussitôt de scinder son armée pour l'amener sur trois théâtres d'opération différents : le premier groupe opère dans le secteur de Vitré et Fougères, le deuxième tient la côte depuis Nantes, le troisième, commandé par Olivier Harty, opère sur le territoire morbihannais 1.

Le 22 janvier 1800, Harty sort de la ville de Vannes avec3 500 à 4 000 hommes et s'empare de Grand-Champ sans combattre pour se ravitailler sur les terres tenus par Cadoudal. Les chouans les attaquent le 25 janvier au Pont du Loc'h. À cause d'un manque de coordination des chefs chouans et alors que la victoire leur semblait acquise, Harty parvient à rejoindre la sécurité des remparts de Vannes. Les deux camps y perdent chacun 300 à 400 hommes 3.

Le lendemain, Bourmont échoue à prendre Ballée où il perd près de 300 hommes 4. Le même jour, Aimé Picquet du Boisguy essuie également un échec à la bataille des Tombettes et perd environ 500 hommes 5. Bourmont signe la paix avec les républicains le 4 février suivant, Frotté le suit de 4 jours, mais Boisguy continue la lutte.

Signature du traité

Constatant que la lutte était terminée en Anjou et Normandie, d'une part, et que, d'autre part, elle s'essoufflait en Ille-et-Vilaine, Cadoudal devine que les armées républicaines vont alors concentrer leurs efforts sur le Morbihan et qu'il n'a plus alors les moyens de combattre ni de vaincre. Craignant de plus une réédition des colonnes infernales sur son territoire, il préfère négocier la paix avec son ennemi 1.

Début février, Cadoudal rencontre Brune. Selon son neveu, le général Debelle aurait engagé ainsi les pourparlers : « Je suis chargé de la part du Premier Consul de vous offrir le grade de général de division et un commandement dans l'armée de Moreau ; en cas de refus, de lui envoyer votre tête, » ce à quoi Cadoudal aurait répondu « Ma tête ! pour cela, il faudrait l'avoir, et je ne suis pas disposé à la céder 6. »

Cadoudal gagne le château de Beauregard, à Saint-Avé le 10 février où il accepte de capituler. Le traité est signé le 14 février : en échange de leurs armes, les Chouans obtiennent la protection du clergé catholique 6.

Suites

Le traité met fin à la chouannerie dans le seul département du Morbihan. Elle perdure toutefois de manière très sporadique dans l'ancienne province de Bretagne. Demeuré seul à la lutte, Boisguy capitule à son tour le 17 février 7. Le lendemain, Frotté est exécuté à Verneuil-sur-Avre.

Notes et références

  1. ↑ a, b, c et d Henri Poisson et Jean-Pierre Le Mat, Histoire de Bretagne, Coop Breizh,‎ 2000p. 404-405.
  2.  Patrick Huchet, Georges Cadoudal et les Chouans, Éditions Ouest-France,‎ 1997p. 308-309.
  3.  François Cadic, Histoire populaire de la chouanneriet. II, éditions Terre de Brume,‎ 2003p.  285-292.
  4.  Roger Dupuy, Les Chouans, Hachette Littérature, coll. « La Vie Quotidienne »,‎ 1997p. 225.
  5.  Toussaint du Breil de Pontbriand, Mémoire du colonel de Pontbriand,‎ 1897p. 430-435.
  6. ↑ a et b Patrick Huchet, Georges Cadoudal et les Chouans, Éditions Ouest-France,‎ 1997p. 317.
  7.  Marie-Paul Du Breil de Pontbriand, Un chouan, le général du Boisguy, édition Honoré Champion,‎ 1904

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17 juillet 2017

Camus Armand-Gaston

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Armand-Gaston Camus

Armand-Gaston Camus

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Armand-Gaston Camus.
Fonctions
Député de Paris
13 mai 1789 – 30 septembre 1791
(2 ans 4 mois et 17 jours)
Gouvernement Assemblée constituante de 1789
Groupe politique Tiers état
Député de la Haute-Loire
5 septembre 1792 – 26 octobre 1795
(3 ans 1 mois et 21 jours)
Gouvernement Convention nationale
Député au Conseil des Cinq-Cents
15 octobre 1795 – 26 décembre 1799
(4 ans 2 mois et 13 jours)
Président de l'Assemblée constituante
28 octobre 1789 – 12 novembre 1789
(15 jours)
Président du Conseil des Cinq-Cents
21 janvier 1796 – 19 février 1796
(29 jours)
Biographie
Date de naissance 2 avril 1740
Lieu de naissance Paris
Date de décès 2 novembre 1804 (à 64 ans)
Lieu de décès Montmorency (Seine-et-Oise)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Gauche
Profession Avocat
députés de la Haute-Loire
Armand-Gaston Camus.

Armand-Gaston Camus, né le 2 avril 1740 à Paris et mort le 2 novembre 1804 à Montmorency (Seine-et-Oise), est un avocat, jurisconsulte et homme politique français, qui joua un rôle important dans le déclenchement de la Révolution.

Proche du mouvement janséniste, il participe activement à la Fronde parlementaire, contribue à la fondation du Club breton avec Le Chapelier, devient député du Tiers-état pour Paris avec Bailly et Guillotin, puis prend l'initiative de rédiger et de faire voter la Constitution civile du clergé, avec l'aide de Lanjuinais.

 

Sommaire

   
  • 1Biographie
  • 2Œuvres
  • 3Sources partielles
  • 4Notes et références
  • 5Liens externes

 

Biographie

Il est le fils de Pierre Camus, procureur au parlement de Paris.

Membre du Société des amis de la constitution, Armand-Gaston Camus est rédacteur avec Bailly et Guillotin du Cahier de doléances de Paris où il demande la démolition de La Bastille, puis élu député du tiers état aux États généraux par la ville de Paris, le 13 mai 1789, l'un des premiers à prêter le serment du Jeu de paume. Élu président de l'assemblée constituante le 28 octobre 1789, il conserve cette fonction jusqu'au 11 novembre de la même année.

Nommé, dès le 14 août 1789, archiviste à la Commission des archives de l'Assemblée constituante, il est à l'origine de la création des Archives nationales. Il conserve ces fonctions d'archiviste national et de bibliothécaire du corps législatif jusqu'à sa mort.

C'est lui qui collationne, fait imprimer et communique à ses collègues de la Convention nationale une liste de pensions secrètes payées par le Trésor royal appelée le Livre rouge.

Armand-Gaston Camus se fait haïr par ses anciens clients, en rédigeant et en faisant voter la Constitution civile du clergé. Il fait également supprimer les annates versées à la papauté, et pousse à l'annexion du comtat Venaissin. Le 30 juillet 1791, il obtient la suppression des titres de noblesse.

Élu à la Convention par le département de la Haute-Loire le 5 septembre1792, il est en mission lors du jugement de Louis XVI, mais il écrit, le 13 janvier 1793, qu'il vote « la mort sans appel et sans sursis ». Dès son retour, il est nommé membre du comité de salut public.

Il est envoyé en Belgique comme commissaire de la Convention près l'armée du Nord, commandée par le général Dumouriez, qui le fait arrêter ainsi que ses collègues, et les livre aux Autrichiens, le 3 avril 1793. Transférés à Mons, où est le quartier général du prince de Cobourg, ils sont avertis par le baron de Mack qu'ils sont retenus en otages pour sauver la reine Marie-Antoinette et son fils, et que leurs têtes en répondent ; détenus par la suite à Maastricht, Coblence et Olmütz, ils sont échangés à Bâle le 4 nivôse an IV (vendredi 25 décembre 1795) contre la fille de Louis XVI, Madame Royale, et rentrent en France après trente-trois mois de captivité.

Élu au Conseil des Cinq-Cents, il refuse le ministère des Finances et de la Police qu'on lui propose.

Œuvres

Armand-Gaston Camus a publié :

  • Lettres sur la Profession d'avocat, 1772, qu'il compléta en 1777 par saBibliothèque de droit, et qui ont été reproduites par M. André Dupin sous le titre deManuel de l'avocat en 1832, et beaucoup d'écrits sur les matières ecclésiastiques et juridiques comme son Code matrimonial de 1770.

Camus cultivant aussi avec succès la littérature grecque, on lui doit :

  • des traductions de l'Histoire des animaux d'Aristote, Paris, 1783, première traduction publiée en français,
  • du Manuel d'Épictète,
  • du Tableau de Cébès, 1796, travail réalisé en prison en Autriche).

S’intéressant aux techniques de l’imprimerie, il publie aussi en 1801 :

  • Histoire et procédés du polytipage et de la stéréotypie, Paris, Brumaire an X

et sur les voyages dans le monde :

  • Mémoire sur la collection des grands et petits voyages, et sur la collection des voyages de Melchisedech Thevenot, Paris, 1802 (sur Archive).

Sources partielles

  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Armand-Gaston Camus » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, 1878 (Wikisource)
  • « Armand-Gaston Camus », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]

Les papiers personnels d'Armand-Gaston Camus sont conservés aux Archives nationales sous la cote 163AP 1.

Notes et références

Liens externes

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16 juillet 2017

de Cambacérès Étienne

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Étienne de Cambacérès

 
Étienne de Cambacérès
Fonction
Député
 
Biographie
Naissance
5 décembre 1804
Boulogne-sur-Mer
Décès
20 décembre 1878
Paris
Nationalité
Français
Activité
Homme politique
Autres informations
Distinction
Officier de la Légion d'honneur

Étienne-Armand-Napoléon, comte de Cambacérès (5 décembre 1804, Boulogne-sur-Mer - 20 décembre 1878, Paris), est un homme politique français.

Biographie

Fils du général Jean-Pierre-Hugues Cambacérès, il était propriétaire à Montgobert, dans le département de l'Aisne.

Il se rangea, sous Louis-Philippe, parmi les bonapartistes mécontents qui faisaient cause commune avec l'opposition, et, tandis que son frère siégeait dans la majorité dynastique de la Chambre des pairs, lui se fit, le 9 juillet 1842, envoyer à la Chambre des députés, par les électeurs indépendants du 3e collège de l'Aisne (Saint-Quentin), face à Benoît Fould, député ministériel sortant.

Il vota constamment avec l'opposition, et, réélu, le 1er août 1846, il s'associa au mouvement réformiste, prononça au banquet de Saint-Quentin un discours où il but « à la vérité du gouvernement représentatif ! » et signa la mise en accusation du ministère Guizot.

Le comte Étienne de Cambacérès ne fit pas partie de l'Assemblée constituante. Mais, le 13 mai 1849, le département de l'Aisne l'élut représentant du peuple à la Législative. Il observa tout d'abord une attitude très réservée, attendit les événements, et soutint la politique du ministère Barrot ; puis il appuya celle du prince-président.

Il fit partie de la commission consultative nommée après le coup d'État du 2 décembre 1851, et reparut au Corps législatif du 29 mars 1852, comme député de l'Aisne. Il vota, jusqu'à la fin de la législature, avec la majorité impérialiste, et se retira en 1857, pour faire place à son fils.

Le comte de Cambacérès vit dès lors à l'écart de la politique militante, mais redevient actif dans la vie publique en 1868 en tant que maire de Montgobert.

Gendre du maréchal Davout, il est le père de Louis de Cambacérès.

Sources

  • « Étienne de Cambacérès », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]

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15 juillet 2017

Pichegru Jean-Charles

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Jean-Charles Pichegru

 

Jean-Charles Pichegru

Pichegru


Naissance 16 février 1761
Les Planches-près-Arbois (Jura)
Décès 6 avril 1804 (à 43 ans)
Paris
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Arme Artillerie
Grade Général de division
Années de service 1780 – 1797
Conflits Guerre d'indépendance des États-Unis
Guerres de la Révolution française
Commandement Armée du Rhin
Armée du Nord
Armée de Sambre-et-Meuse
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 3ecolonne.
Autres fonctions Député du Jura
Président du Conseil des Cinq-Cents

Jean-Charles Pichegru, né aux Planches-près-Arbois le 16 février 1761et mort à Paris le 6 avril 1804, est un général français des guerres de la Révolution française.

 

Sommaire

 
  • 1Origine
  • 2La Révolution française
  • 3La trahison
  • 4Le complot
  • 5Notes et références
  • 6Source partielle
  • 7Sources
  • 8Bibliographie

 

Origine

Né au sein d’une famille de paysans 1, il fait ses premières études au collège d’Arbois, et sa philosophie à l’École militaire de Brienne, tenue par les Minimes. Il reçoit une solide éducation puis devient répétiteur de mathématiques au Collège militaire de Brienne, où il donne des leçons à Napoléon Bonaparte 2. Il s’engage ensuite au 1er régiment d’artillerie où il devient sergent. Il prend part à la guerre d'indépendance des États-Unis et en revient adjudant.

La Révolution française

Portrait du général Pichegru vers 1796. Gravure de Pierre-Charles Coqueret, d'après Jean-Baptiste Hilaire Le Dru.
Article détaillé : Révolution française de 1789.

Adjudant sous-officier en 1789, il va offrir ses services aux émigrés de Coblence et en est dédaigné. Alors il se fait républicain et président du club révolutionnaire de Besançon en 1791, il se fait élire commandant d’un bataillon de volontaires du Gard qui rejoignait l’armée du Rhin. Dès les premières batailles, son habileté manœuvrière et son esprit de décision se révèlent.

Employé dans les états-majors en 1792, l’appui de Saint-Just et de Robespierre l’aide également à franchir les échelons : général de brigade le 22 août 1793, général de division le 4 octobre 1793, puis commandant en chef de l'Armée du Rhin la même année.

En février 1794, il remplace Jourdan à la tête de l’armée du Nord. Il la réorganise et mène une très belle campagne en Flandre, entre le 7 juillet à Anvers, à Amsterdam le 20 janvier 1795 : il bat l’ennemi à Cassel, à Courtrai, à Menin, et s’empare de Bois-le-Duc, de Venlo, de Nimègue, passe la Waal sur la glace. Il conclut la campagne deux jours après par la capture de la flotte hollandaise au Helder : il envoie sur le Zuyderzée un escadron de hussards charger la flotte hollandaise prise par les glaces. Le 14 février 1795, il entre à Groningue, dans le nord des Pays-Bas : l’ensemble du pays est occupé.

Il réprime l’insurrection du 12 Germinal an III (1er avril 1795), et reçoit alors le titre de Sauveur de la Patrie, et est alors nommé général en chef des armées du Rhin, du Nord et de Sambre-et-Meuse.

Là encore il se couvre de gloire ; le Rhin est audacieusement franchi, et la place de Mannheim tombe entre ses mains en septembre, mais c'est le terme de ses succès et de sa gloire.

La trahison

Jean-Charles Pichegru

Général en chef des armées de Sambre-et-Meuse en 1795, c’est à cette époque que Pichegru entretient des relations amicales avec les monarchistes 3. Il est contacté par un agent royaliste Louis Auguste Victor de Ghaisne de Bourmont, et trahit. Il accueille les propositions qui lui sont faites au nom du prince de Condé, chef de l’émigration.

Le parti blanc lui promet un million au comptant, une rente de 200 000 francs, le maréchalat, le gouvernement d’Alsace et le château de Chambord 4. Son inertie contraint Jourdan qui marchait sur Düsseldorf à repasser sur la rive gauche du Rhin 5. Rappelé par le Directoire, soupçonné de trahison, il doit démissionner en Ventôse an IV (mars 1796). Restant populaire, il obtient l’ambassade de Suède.

Député des Cinq-Cents en 1797, et président de ce corps, Pichegru convaincu de collusion avec le prince de Condé, est arrêté par la garde même du corps législatif après le coup d’État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797).

Condamné le lendemain à être déporté à Cayenne, en Guyane, il est conduit dans les déserts de Sinnamary. Au bout de quelque temps il s’évade au Suriname et gagne Londres en Prairial an VI (juin 1798) où il reçoit l’accueil le plus distingué, et passe de là en Allemagne.

Le complot

Exposition du cadavre de Pichegru dans la salle des pas perdus après son suicide au Temple (gravure parue dans Les Prisons de l'Europe de Jules Édouard Alboise du Pujol et Auguste Maquet en 1845).

Il participe à la conspiration de Cadoudal, débarque en Normandie en janvier 1804, mais est livré par un de ses anciens officiers, Le Blanc 6. Il est arrêté dans la nuit du 28 février 1804 et emprisonné au Temple, où, le matin du 6 avril 7, on retrouve son corps sans vie, une cravate noire serrée autour du cou en tourniquet à l'aide d'une cheville de bois. La thèse officielle parle de suicide 8. Transféré au greffe du tribunal, son corps est inhumé le même jour au cimetière des suppliciés, le cimetière Sainte-Catherine 9, situé près du cimetière de Clamart 1011 à Paris.

Notes et références

  1.  Pichegru est de la Franche-Comté et d’une famille de cultivateurs.
  2.  « Pichegru, répétiteur à Brienne, m’apprit les mathématiques lorsque je n’avais que dix ans. Je possédais cette science au plus haut degré. Comme général, Pichegru était un homme d’un talent peu ordinaire, infiniment supérieur à Moreau, bien qu’il n’eût rien fait de véritablement remarquable, le succès des campagnes de Hollande étant, en grande partie, la conséquence de la bataille de Fleurus. » (O’Meara.)
  3.  « Quand Pichegru se fut livré au parti royaliste, consulté pour savoir si on ne pourrait pas aller jusqu’au général en chef de l’armée d'Italie : « N’y perdez pas votre temps, dit-il, je l’ai connu dans son enfance, ce doit être un caractère inflexible : s’il a pris un parti, il n’en changera pas. » (Las Cases.)
  4.  « Pichegru s’était engagé à réunir son armée à celle des émigrés, à proclamer Louis XVIII et à marcher sur Paris. De son côté, le prince de Condé prenait l’engagement, au nom du prétendant, et par l’intermédiaire de Franche-Boul, Roque de Montgaillard, etc., à donner à Pichegru le gouvernement de l’Alsace, le château de Chambord, 1 million en argent, 200 000 livres de rentes, la terre d’Arbois, qui prendrait le nom de Pichegru ; enfin douze pièces de canon, le grand cordon rouge de Saint-Louis, celui du Saint-Esprit et la dignité de maréchal. En attendant la réalisation de ces promessess on lui envoyait jusqu’à 900 louis à la fois, qui lui étaient fournis par le ministre britannique en Suisse.»
  5.  . « Pichegru, disait Napoléon, auquel on parle d’élever une statue, fut pourtant coupable des plus grands crimes que l’on connaisse ; un général qui s’est fait battre exprès, qui a fait tuer ses soldats de connivence avec l’ennemi ! »
  6.  « En 1803, à l’époque de la fameuse conspiration, Pichegru fut victime de la plus infâme trahison : c’est vraiment la dégradation de l’humanité. Il fut vendu par un ami intime, qui vint offrir de le livrer pour cent mille écus. La nuit venue, l’infidèle ami conduisit les agents de la police à la porte de Pichegru, leur détailla la forme de sa chambre, ses moyens de défense. Pichegru avait des pistolets sur sa table de nuit ; la lumière était allumée, il dormait. On ouvrit doucement la porte à l’aide de fausses clefs que l’ami avait fait faire exprès. On renversa la table de nuit, la lumière s’éteignit, et l’on se colleta avec Pichegru, réveillé en sursaut. Il était très-fort, et il fallut le lier et le transporter nu ; il rugissait comme un taureau. » (Las Cases.)
  7.  Henri LambertAccusé Pichegru, levez-vous: gloire et misère d'un grand soldat : Jean-Charles Pichegru, 1761-1804, Les Dossiers d'Aquitaine,‎ 2004, 414 p. (ISBN 9782846220996)
  8.  « Quant à l’inculpation relative à la mort de Pichegru, qu’on assurait avoir été étranglé par les ordres du premier Consul, Napoléon disait qu’il serait honteux de s’en défendre, que c’était par trop absurde. Que pouvais-je y gagner ? faisait-il observer. Un homme de mon caractère n’agit pas sans de grands motifs. M’a-t-on jamais vu verser le sang par caprice ?… Ceux qui me connaissent savent que mon organisation est étrangère au crime. Tout bonnement, Pichegru se vit dans une situation sans ressources ; son âme forte ne put envisager l’infamie du supplice ; il désespéra de ma clémence ou la dédaigna, et il se donna la mort. » (Las Cases.)
  9.  Le cimetière Sainte-Catherine à Paris sur tombes-sepultures.com [archive]
  10.  Le cimetière de Clamart se trouvait à l'angle des rues du Fer-à-Moulin et des Fossés Saint-Marcel dans le 5e arrondissement de Paris
  11.  Le cimetière de Clamart à Paris sur tombes-sepultures.com [archive]

Source partielle

« Jean-Charles Pichegru », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition]

Sources

  • Alain de Jenlis : Pichegru, un bon général perdu par la politique.

Bibliographie

  • Philippe de LadebatSeuls les morts ne reviennent jamais : les pionniers de la guillotine sèche en Guyane française sous le Directoire, Nantes, Amalthée,‎ 2008, 411 p. (ISBN 978-2-35027-894-0lire en ligne)
  • Henri LambertAccusé Pichegru, levez-vous !, Les Dossiers d'Aquitaine,coll. « Littérature »,‎ 2004, 414 p. (ISBN 2-84622-099-9lire en ligne)
  • Quelques papiers personnels du général Pichegru sont conservés aux Archives nationales sous la cote 207AP 1.

14 juillet 2017

Vernier Théodore

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Théodore Vernier

 

Théodore Vernier

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Fonctions
Député à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés
 
Pair de France
 
Membre du Sénat conservateur 
 
Biographie
Naissance 28 juillet 1731
Lons-le-Saunier
Décès 3 février 1818 (à 86 ans)
Paris
Activités
Homme politique, avocat 
Autres informations
Membre de
Conseil des Cinq-Cents  

Après avoir refusé l'état ecclésiastique auquel son père le destinait, il entra dans la gendarmerie, pour quelques années. Avocat en Parlement de Franche-Comté, Théodore Vernier joua un rôle politique important dans cette période charnière de l’histoire de France. En 1788 il publiaLe Cri de la Vérité, pamphlet dans lequel il s'attaquait aux ordres privilégiés, demandait le doublement du Tiers et le vote par tête. Élu en 1789 député aux États généraux par le bailliage d'Aval en Franche-Comté, il présida l'Assemblée constituante du 27 août au 10 septembre 1791. Le 7 juillet il avait proposé des restrictions aux déplacements, de façon à empêcher l'émigration après Varennes. Membre des Jacobins il y joua un rôle de second plan. Il présida par la suite le tribunal de Lons-le-Saulnier.

Vernier s'intéressa beaucoup au problème des finances publiques et défendit l'idée d'un impôt juste et équitable. C'est pour cela qu'il fut l'un des plus intelligents et ardents défenseurs du principe de la progressivité de l'impôt. Ses écrits dans ce domaine eurent une grande influence et furent parmi les meilleurs écrits sur le sujet pendant cette période. En 1790, il publia un texte de 46 pages, Nouveau plan de finances et d'impositions, formé d'après les décrets de l'Assemblée nationale (Paris : Imprimerie nationale), considéré par certains commentateurs (Stourm) comme un « grand travail (...) passant en revue tout le système fiscal, l'impôt territorial et la subvention personnelle, leurs bases, ainsi que les anciens impôts à conserver. » Il défendit également l'Assignat.

En 1792, dans un autre texte, de 26 pages, Impôt sur le luxe et les richesses, établi d'après les principes qui doivent diriger des législateurs républicains, publié également par l'Imprimerie nationale, il proposait un système d'imposition très progressif, ressemblant à celui que nous connaissons de nos jours, dont il s'était toujours fait l'ardent défenseur. Sa proposition était celle qui allait le plus loin et était la mieux argumentée dans le débat. Ces écrits ont eu une influence certaine sur la mise en place du système fiscal de la Révolution.

Théodore Vernier fut ensuite député du Jura à la Convention nationale, qu'il présida du 5 au 24 mai 1795, puis pendant 24 heures du 3 au 4 juin de la même année; lors des journées de Prairial il se montra hésitant face à la foule des faubourgs. Il siégeait avec les Girondins. Du 5 mai au 1er septembre 1795, il fut membre du Comité de salut public où il fut chargé du commerce et de l'approvisionnement.

Sous le Directoire, il fut membre du Conseil des Cinq-Cents. Il devint sénateur après le 18 Brumaire, puis tomba en disgrâce par suite de son opposition à Bonaparte.

Il fut élevé à la pairie par Louis XVIII, à titre personnel le 4 juin 1814 et, à titre héréditaire le 19 août 1815. Le souverain le fit comte-pair le 31 août 1817.

Publications

  • Nouveau plan de finances et d'impositions, formé d'après les décrets de l'Assemblée nationale; Paris : Imprimerie nationale, 1790, 46 p.
  • Impôt sur le luxe et les richesses, établi d'après les principes qui doivent diriger des législateurs républicains, Paris : Impr. nationale, 1792, 26 p.
  • Rapport et projet de décret sur la vente des bestiaux destinés à la consommation, par Vernier, au nom du Comité de salut public, imprimés par ordre de la Convention nationale, Paris : Impr. nationale, 1795, in-8°, 14 p.
  • Abrégé analytique de la vie et des ouvrages de Sénèque, 1812

Bibliographie

  • Colette Merlin, Un Jurassien à Paris : choix de lettres du député Théodore Vernier, Archives départementales du Jura, 1989
  • Jean-Marie Thiébaud, Les Députés des villes et villages de Franche-Comté aux assemblées du Tiers état en 1789, Besançon : CEGFC, 1989. ISBN 2-9504264-0-9
  • « Théodore Vernier », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français,‎ 1889 [détail de l’édition]
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13 juillet 2017

Renault Cécile

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Cécile Renault

 

Cécile Renault

Cécile-Renault

Cécile Renault, estampe de François Bonneville, fin du XVIIIe siècle.

Biographie
Naissance
1774
Paris
Décès
17 juin 1794
Paris

Cécile-Aimée Renault (1774-1794) est une jeune femme guillotinée sous la Terreur. Accusée d'avoir voulu assassiner Robespierre, elle fut exécutée avec les siens le 17 juin 1794 (29 prairial an II).

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Accusation de tentative de meurtre
  • 2 Annexes
    • 2.1 Sources et bibliographie
    • 2.2 Notes et références

Biographie

Fille d'un papetier de Paris, Aimée Cécile Renault, née à Paris en 1774, vivait sous le toit familial et n'avait pas d'activité professionnelle, son père lui donnant de temps à autre un peu d'argent de poche. Son instruction avait été sommaire et, si elle savait un peu lire, elle ne savait pas écrire ou du moins, son procès-verbal d'interrogatoire par la police a été signé d'une croix. Très surveillée par son père et sa tante qui remplaçait sa mère décédée, elle ne sortait seule que pour des courses rapides dans l'île de la Cité (le domicile familial, rue de la Lanterne se trouvant alors à l'emplacement du Marché aux Fleurs). D'après les témoignages des voisins et riverains, on peut reconstituer son emploi du temps entre le moment où elle quitta la maison paternelle avec un paquet contenant « un déshabillé et ses festons » destiné à sa couturière, et celui où elle s'est retrouvée entre les mains de la police, dont quelques membres du Comité de sûreté générale, qui l'ont interrogée, puis placée au secret, sans avocat jusqu'au procès expéditif pour tentative d'assassinat sur Robespierre.

Accusation de tentative de meurtre

Cécile Renault arrêtée devant le domicile de Robespierre
(détail d'une estampe, Paris, BnF, département Estampes et photographie).
Cécile Renault au Tribunal révolutionnaire, médaillon d'après un dessin par Pajou fils.
Cécile Renault arrêtée devant le domicile de Robespierre
(Paris, BnF, département Estampes et photographie).

Le 22 mai 1794, elle avait quitté son logis avec son déshabillé enveloppé. Il était, de l'avis des témoins qui la virent partir, un peu plus de dix-sept heures trente. Elle se dirigea chez la couturière qui demeurait dans l'île Saint-Louis (rue des deux-Ponts, no 25), c'est-à-dire une direction opposée à celle de la rue Saint-Honoré, domicile de Robespierre. Cécile atteignit la rue des Deux-Ponts où elle fit l'emplette d'un petit miroir chez la citoyenne Julle, une commerçante de la rue des deux-Ponts, puis, un peu avant dix-huit heures, elle disparut. À partir de ce moment, on ne peut que s'en remettre aux suppositions des membres du Comité de sûreté générale qui ont essayé d'établir que Cécile Renault avait prémédité un projet meurtrier et qu'elle avait été arrêtée à vingt-et-une heures, dans la cour de Robespierre (témoignage du citoyen Châtelet, un des témoins du Comité de sûreté générale et du Tribunal révolutionnaire) : c'est sur ce témoignage renforcé par celui de deux autres personnes que fut validée la supposée tentative de meurtre de Cécile Renault.

Elle est enfermée dans un local du Comité de sûreté générale. Aux dires du citoyen Monnel, elle « n'avait rien d'exalté dans son regard, mais de la résignation. Elle semblait surprise, pourtant, de ce qui lui arrivait. J'eus compassion d'elle car je ne pus douter un moment qu'elle ne fût la victime d'un crime imaginaire ». Elle donne alors des aveux selon lesquels elle se serait rendue chez Robespierre pour, aurait-elle déclaré, « voir comment était fait un tyran ».

L'une des techniques utilisée pour essayer de faire parler, sans succès, la jeune fille fut de l'humilier en remplaçant ses habits (jugés trop élégants pour son rang) par des haillons. Cette méthode infantilisante est déjà citée par Rousseau comme un moyen de punir les enfants bien avant la Révolution1.

Cécile Renault, avec son père, ses frères et sa tante, eux-mêmes arrêtés et placés au secret, fut exécutée le 17 juin 1794 (29 prairial an II) recouverte de la chemise rouge des assassins (considérés comme parricides), incendiaires et empoisonneurs2, en même temps que cinquante-trois prétendus complices, dont son père, Antoine Renault, son frère Antoine-Jacques Renault, et sa tante ex-religieuse, Edmée-Jeanne Renault.

Annexes

Sources et bibliographie

  • Olivier Blanc, Les hommes de Londres, Paris Albin Michel, 1989.
  • Bonnemain, les Chemises rouges, Mémoires pour servir à l'Histoire du règne des anarchistes, Paris, l'an VII, tome II.
  • Alexandre Tuetey, Répertoire général des sources manuscrites de l'Histoire de Paris pendant la Révolution, Paris, 1895, Volume XI.
  • Nicole Pellegrin, Les Vêtements de la Liberté, Aix-en-Provence, Alinéa, 1989.

Notes et références

  1. Les Vêtements de la Liberté, Nicole Pellegrin, article Punitions vestimentaires, p. 149
  2. article 4, titre Ier, 1re partie, Code pénal de 1791 https://criminocorpus.org/sources/12816/ [archive]

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12 juillet 2017

Nourry Pierre

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Pierre Nourry

 

Pierre Nourry

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Portrait de Pierre Nourry
Biographie
Naissance 1743
Lauzach (Bretagne, France)
Ordination sacerdotale 1767
Décès 1804
Vannes (Morbihan, France)
Prêtre de la cathédrale de Vannes
1802 – 1804
Recteur de Bignan
1770 – ...
Recteur de La Chapelle-Neuve
1767 – 1770
Autres fonctions
Fonction laïque
Écrivain et traducteur

Pierre Nourry est un prêtre catholique breton, traducteur de la Bible en breton, né en 1743 à Lauzach, village de Kerglérec, mort en 1804 à Vannes, inhumé à Bignan.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Voir aussi
    • 2.1 Articles connexes
    • 2.2 Lien externe
    • 2.3 Notes et références
  • 3 Bibliographie
  • 4 Sources

Biographie

Fils de petits paysans, les capacités intellectuelles de Pierre Nourry lui permirent de suivre des études au collège des jésuites de Vannes.

Il devient prêtre en 1767 à La Chapelle-Neuve, puis recteur de Bignan. « C'est depuis sa nomination à la place de recteur de Bignan qu'il s'occupa d'architecture et de poésie bretonne »1. Il s'occupa de la construction de l'église de Bignan.

La Révolution l'oblige à s'exiler comme prêtre réfractaire en Espagne et au Portugal. De retour en 1802, il fut nommé curé de Saint-Pierre de Vannes.

Il a traduit la Bible en breton (Vannetais) ; il est l'auteur de textes sur la religion et de textes insérés dans le Barzaz Breiz et de cantiques dont le plus connu est Pe trouz ar en douar.

Voir aussi

Articles connexes

Filles de Jésus (de Kermaria)

Lien externe

Photos [archive]

Notes et références

  • En Bretagne, au moins quatre rues portent son nom, d'après Les Noms qui ont fait l'histoire de Bretagne, 1997.
  1. Bulletin de la Société archéologique du Morbihan, 1857. p. 11.

Bibliographie

  • Erlannig Nourry, Pierre Nourry, Recteur de Bignan (1743-1804), Saint-Brieuc, Les Presses Bretonnes, 1978.

Sources

  • Bulletin de la Société archéologique du Morbihan, 1857.
  • Les noms qui ont fait l'histoire de Bretagne, Coop Breizh et Institut culturel de Bretagne, 1997, p. 294.

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11 juillet 2017

du Bellay Jean

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Jean du Bellay (1492-1560)

 

 

Jean du Bellay

JeanDuBellay

Biographie
Naissance 1492 ou 1498
à Souday
Décès 16 février 1560
à Rome
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
21 mai 1535
par le pape Paul III
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de S. Cecilia
Cardinal-prêtre de S. Pietro in Vincoli
Cardinal-prêtre de S. Adriano al Foro
Cardinal-prêtre de S. Crisogono
Cardinal-évêque d'Albano
Cardinal-évêque de Frascati
Cardinal-évêque de Porto e Santa Rufina
Cardinal-évêque d'Ostie
Évêque de l’Église catholique
Administrateur de l'archevêché de Bordeaux
1 juillet 1559 – 16 février 1560
Précédent   François de Mauny   Antoine Prévost de Sansac   Suivant
Évêque d'Ostie
29 mai 1555 – 16 février 1560
Précédent   Gian Pietro Carafa   François de Tournon   Suivant
Évêque du Mans
1 novembre 1542 – 27 juillet 1556
Précédent   René du Bellay   Charles d’Angennes de Rambouillet   Suivant
Administrateur de l'archevêché de Bordeaux
17 décembre 1544 – 3 juillet 1551
Précédent   Charles de Gramont   Jean de Monluc   Suivant
Administrateur de l'évêché de Limoges
22 aout 1541 – 13 août 1544
Précédent   Jean de Langeac   Antoine Sanguin de Meudon   Suivant
Évêque de Paris
12 février 1532 – 16 mars 1551
Précédent   François Poncher   Eustache du Bellay   Suivant
Évêque de Bayonne
12 février 1524 – 16 septembre 1532
Précédent   Hector d'Ailly-Rochefort   Étienne Poncher   Suivant
Autres fonctions
Fonction religieuse
Abbé de Pontigny
Abbé de Fontaine-Daniel
Abbé des Écharlis
Abbé de La Trappe
Doyen du Collège des cardinaux
Fonction laïque
Ambassadeur auprès du Roi d'Angleterre

Ornements extérieurs Cardinaux.svg
Blason fam fr Bellay (du).svg
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org [archive]

Jean du Bellay, né en 1498 à Souday et mort le 16 février 1560 à Rome, est un ecclésiastique et diplomate français. Les armoiries de Jean du Bellay étaient d'argent à la bande fuselée de gueules, accompagnée de six fleurs de lis d'azur, mises en orle, 3 en chef, 3 en pointe..

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Origine
    • 1.2 Ambassadeur
    • 1.3 Evêque
    • 1.4 Rome
    • 1.5 Les lettres
    • 1.6 La cupidité ?
  • 2 Publications
  • 3 Notes et références
  • 4 Sources partielles

Biographie

Origine

Il est le troisième enfant de Louis du Bellay et de Marguerite de La Tour-Landry, frère de Guillaume du Bellay (l’aîné de cinq enfants) et de Martin du Bellay.

Il jouit de la faveur de François Ier qui l’éleva aux plus hautes dignités, et lui confia ses plus grandes affaires. Il fut d’abord évêque de Bayonne en 1526, puis évêque de Paris en 1532. Il fut aussi abbé commendataire de Pontigny à partir de 1545 et de Fontaine-Daniel à partir de 1552, et ce jusqu'à sa mort.

Ambassadeur

Il avait été, en 1527, ambassadeur auprès d'Henri VIII, et il y retourna en 1533. Ce prince alors menaçait d’un schisme ; il promit cependant à du Bellay de ne pas rompre avec la cour de Rome, pourvu qu’elle lui donnât le temps de se défendre par procureur. Du Bellay se rendit sur-le-champ à Rome pour demander un délai au pape Clément VII ; il l’obtint, et envoya au roi d'Angleterre un courrier pour avoir la procuration qu’il avait promise ; mais le courrier n’ayant pu être de retour auprès du pape le jour qu’on lui avait fixé, les agents de l’empereur Charles Quint firent tant de bruit, qu’on fulmina l’excommunication contre Henri VIII, et l’interdit sur ses États, malgré les protestations de l’évêque de Paris. Le courrier arriva en effet deux jours après ; mais la bulle avait été lancée ; ce qui décida le schisme de l’Angleterre.

Du Bellay continua d’être chargé des affaires de France auprès de Paul III, successeur de Clément, et qui le fit cardinal, le 21 mai 1535. L’année suivante, il assista à un consistoire, où l’empereur Charles-Quint s’emporta tellement contre François Ier, que du Bellay crut devoir se rendre immédiatement auprès de ce monarque pour l’en prévenir.

Charles-Quint ayant bientôt après débarqué en Provence avec une armée nombreuse, François Ier marcha à sa rencontre, laissant à Paris le cardinal du Bellay, avec le titre de lieutenant général, et le commandement de la Picardie et de la Champagne. Les impériaux ayant, au mois d’août, assiégé Péronne, dont le maréchal de Fleuranges était commandant, pour calmer la fermentation des habitants de Paris, du Bellay leur persuada d’abord de défendre leur ville par l’élévation d’un rempart, puis d’envoyer des secours aux assiégés.

Evêque

Ses services lui méritèrent de nouveaux bienfaits de François Ier, qui le nomma, en 1541, évêque de Limoges; en 1544 archevêque de Bordeaux ; en 1546, évêque du Mans. Il se servit de sa faveur pour l’avancement des lettres, et se joignit au savant Guillaume Budé pour décider le roi à fonder le Collège de France ; mais après la mort du père des lettres, en 1547, le cardinal du Bellay fut privé de son rang et de son crédit, par les intrigues du cardinal de Lorraine.

Rome

Il se retira à Rome, où, par le privilège de son âge, il fut fait évêque d'Ostie, et tint rang de doyen du Collège des cardinaux, pendant l’absence de ceux de Tournon et de Bourbon, ses anciens. Il s’était démis de l’évêché de Paris en faveur d’Eustache du Bellay, son cousin, et de l’archevêché de Bordeaux.

Il fit construire un superbe palais à Rome, où il était si estimé, qu’on parla de le faire pape, après la mort de Marcel II. À la mort de ce pape, il recueillit huit voix du conclave lors de l’élection du nouveau pape Jules III. Il mourut dans cette ville, le 16 février 1560. Il fut inhumé dans l’église de la Trinité du Mont, au couvent des Minimes, auquel il léguait 30 000 écus d’or et la moitié de sa riche vaisselle1.

Les lettres

Le cardinal du Bellay protégea et cultiva les lettres : c’est sur sa proposition que fut fondé le Collège de France. Brantôme a dit :

« que le cardinal du Bellay fut un des plus savants, éloquents, sages et avisés de son temps ; qu’il était pour tout, et un des plus grands personnages en tout et de lettres et d’armes qui fût. »

C’est au cardinal du Bellay que François Rabelais fut attaché, suivant les uns, comme domestique (nom qu’on donnait alors à tous ceux qui faisaient partie de la maison d’un grand), suivant d’autres en qualité de médecin2. Rabelais accueillit également le neveu de celui-ci, Joachim du Bellay, en 1553, dans son palais romain comme intendant.

La cupidité ?

Dom Piolin a fait un portrait à charge de Jean du Bellay, en insisant sur sa cupidité supposée  : « A cette date il était admis que l'Eglise paierait les dettes de l'Etat. Jean du Bellay reçut donc, au mois d'août 1541, un troisième évêché, celui de Limoges. Mais ce n'était pas assez encore : Paris, Bayonne. et Limoges, le fief de Saint-Cloud, les abbayes de Saint-Maur des Fossés, de Fontaine-Daniel, de Lerins, des Eschcalis, au diocèse de Sens, de Pontigny, de Tiron3, de la Trappe4, de l'Aumône5, de Saint-Pierre à Châlons-sur-Saône, du Gué de Launay6, d'Aniane7, de Saint-Denis de Reims, de Longpont8, de Breteuil9, le prieuré de Saint-Pourçain et une foule d'autres bénéfices, ne satisfaisaient pas encore l'avidité du cardinal ; il eut un long procès pour s'emparer des abbayes de Saint-Vincent du Mans et de Saint-Martin de Séez, dans lesquelles notre pieux cardinal Philippe de Luxembourg avait rétabli la régularité avec un admirable dévouement. Jean du Bellay n'ayant pu venir à bout de son entre« prise, malgré tout son crédit, fit éprouver aux reli« gieux toutes sortes de vexations. Il faut remarquer que ce fut à la sollicitation de ce prélat que la régularité fut abolie dans le plus grand nombre de ces monastères ; on désarmait la milice la plus active, au moment où le danger devenait le plus pressant. Par un aveuglement inconcevable, on ne voulait plus laisser aux hommes de prière et d'étude la possibilité de se livrer à la défense de l'Eglise et aux œuvres de la prière, plus puissante que tous les autres moyens pour détourner les malheurs de la société. Ces simples considérations, que la foi inspire à tout chrétien instruit des principes de sa croyance, n'étaient guère familières à la cour de François Ier, où l'avidité pour les bénéfices était poussée au dernier scandale ».

Publications

Nous avons de du Bellay :

  1. trois livres de poésies latines, imprimées à la suite de trois livres d’odes de Salmon Macrin, Paris, Robert Estienne, 1546, in-8°.
  2. Francisci (primi) Francorum régis Epistola apologetica, imprimée avec d’autres pièces, en 1542, in-8° ; traduit en français, 1545, in-8°.
  3. Joannis cardinalis Bellaii, Francisci Olivarii et Africani Mallcii, Francisci I legatorum, Orationes duce, nec non pro eodem rege Defensio adversus Jacobi Omphalii maledicta, imprimés en latin et en français, Paris, Robert Estienne, 1544, in-4°. La traduction française de la Défense du roi, imprimée à part la même année, est de Pierre Bunel.
  4. Un grand nombre de lettres, dont l’édition est en cours par Rémy Scheurer et Petris Loris pour la Société de l’Histoire de France. Deux volumes avaient été publiés en 1969 et 1973, et cinq autres commencent à paraître en 2008. Une base de données [archive] avec les références de toutes les lettres est accessible depuis 2007 sur le site de l’université de Neuchâtel.
  5. une Apologie de François Ier, publiée en 1546.

Notes et références

  1. L’abbé Charles Pointeau a publié un extrait de son testament, daté de la cité Léonine, le 25 mai 1555.
  2. Il l’avait accompagné à Rome, deux fois en 1534 et en 1547 ; il lui fit donner à son retour la cure de Saint-Martin de Meudon, et de Saint-Christophe du Jambet, dans le Maine.
  3. Tiron, Diocèse de Chartres.
  4. La Trappe de Soligny, près Mortagne.
  5. L'Aumône, Diocèse de Blois.
  6. Le Gué de Launay, diocèse du Mans.
  7. Aniane, diocèse de Montpellier.
  8. Longpont, diocèse de Soissons.
  9. Breteuil, diocèse de Beauvais.

Sources partielles

  • * (en) catholic-hierarchy.org Jean Cardinal du Bellay [archive]
  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Jean du Bellay » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, 1878 (Wikisource)
  • « Jean du Bellay (1492-1560) », dans Alphonse-Victor Angot, Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Goupil, 1900-1910 [détail de l’édition]
  • « Jean du Bellay (1492-1560) », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition, 1843-1865 [détail de l’édition]

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10 juillet 2017

des Monstiers de Mérinville René

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René des Monstiers de Mérinville

 

Réné des Monstiers de Mérinville

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Portrait de Mgr des Monstiers de Mérinville, évêque de Chambéry, v.1800, anonyme, musée des beaux-arts de Chambéry.
Biographie
Naissance 1er juillet 1742
Auby (France)
Décès 12 novembre 1829
Versailles (France)
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 13 mai 1787
Dernier titre ou fonction Évêque émérite de Chambéry
Évêque de Chambéry et Genève
12 avril 1802 – 7 février 1805
Précédent   Mgr François-Thérèse Panisset   Mgr Irénée-Yves de Solle   Suivant
Évêque de Dijon
25 février 1787 – 2 décembre 1801
Précédent   Mgr Jacques de Vogüé   Mgr Henri Reymond   Suivant
Autres fonctions
Fonction religieuse
aumônier de la Reine, chanoine de Saint-Denis
Fonction laïque
Conseiller d'honneur au parlement de Bourgogne, député du clergé aux États généraux

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

René des Monstiers de Mérinville (parfois Moustiers de Mérinville), né le 1er juillet 1742, à Auby, et mort le 11 juillet 1829, à Versailles, est un homme d'Église, de Loi et politique français. Il est évêque de Dijon, député du clergé aux États généraux de 1789. Ayant refusé le serment constitutionnel, il émigre, puis revient comme évêque concordataire de Chambéry et Genève.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Notes et références
    • 2.1 Sources
  • 3 Voir aussi
    • 3.1 Articles connexes
    • 3.2 Lien externe

Biographie

René des Monstiers de Mérinville est né le 1er juillet 1742, à Auby, en Limousin.

Il occupe la charge d'aumônier auprès de Marie-Antoinette de Habsbourg-Lorraine, reine de France, jusqu'à ce qu'il soit nommé évêque de Dijon, le 25 février 17871.

Il est confirmé à ce siège le 23 avril 1787, consacré le 13 mai 1787, et installé, à Dijon, le 21 juillet 17872.

Parallèlement à son épiscopat, il occupe la charge de conseiller d'honneur au parlement de Bourgogne, à Dijon, puis est élu député du clergé aux États généraux, pour le bailliage de Dijon, du 7 avril 1789 au 30 octobre 1791.

Toutefois, refusant de prêter serment à la Constitution civile du clergé, en 1790, il émigre dans le Royaume de Prusse, et ne revient qu'en 18001.

Durant cette période, il conserve son titre épiscopal mais, étant émigré et réfractaire, l'administration du diocèse de Dijon revient à un évêque constitutionnel, Mgr Jean-Baptiste Volfius3.

Mgr des Monstiers de Mérinville démissionne de l'évêché de Dijon, le 2 décembre 1801, et devient le premier évêque concordataire de Chambéry et Genève4, confirmé à ce siège le 4 mai 18022.

Il démissionne le 7 février 18054, reçoit, du pape Pie VII, le titre d'évêque émérite de Chambéry et prend possession d'une stalle au chapitre de Saint-Denis. Il s'éteint le 11 juillet 1829, à Versailles1.

Notes et références

  1. a, b et c André Palluel-Guillard, L'aigle et la croix : Genève et la Savoie, 1798-1815, Éditions Cabedita, 1999, 662 p. (ISBN 978-2-8829-5260-8), p. 611.
  2. a et b Fiche de Mgr des Monstiers de Mérinville sur le site catholic-hierarchy.org [archive]
  3. La Grande encyclopédie, inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts, volume quatorzième, p. 560 - Paris (1885-1902).
  4. a et b Article p.269, in Dictionnaire d'Amboise. Pays de Savoie. Éditions Amboise. 1989. 2e édition

Sources

Voir aussi

Articles connexes

  • Diocèse de Dijon
    • Liste des évêques de Dijon
  • Diocèse de Chambéry et Genêve
    • Liste des évêques de Chambéry
  • Liste des députés des États généraux de 1789, par ordre, bailliage et sénéchaussée
  • Chapitre de Saint-Denis
  • Histoire de la Savoie de 1792 à 1815
  • Familles subsistantes de la noblesse française (L à Z)

Lien externe

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09 juillet 2017

Ganteaume Honoré Joseph Antoine

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Honoré Joseph Antoine Ganteaume


Honoré Joseph Antoine Ganteaume

250px-Ganteaume


Naissance 13 avril 1755
La Ciotat
Décès 28 juillet 1818 (à 63 ans)
Aubagne
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme  Marine royale française
Pavillon de la Marine de la République française Marine de la République
Pavillon de la Marine du Premier Empire Marine impériale française
Grade Vice-amiral
Conflits Guerre d'indépendance des États-Unis
Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes
Distinctions Commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis
Pair de France
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile : 23e colonne

Honoré Joseph Antoine Ganteaume, né le 13 avril 1755 à La Ciotat et mort le 28 juillet 1818 à Pauligne près d'Aubagne, est un officier de marine français. Il sert pendant la guerre d'indépendance des États-Unis, les guerres de la Révolution et de l'Empire et termine sa carrière avec le grade de vice-amiral.

 

Sommaire


 
  • 1 Biographie
  • 2 Jugements, opinions, épitaphe
  • 3 Voir aussi
    • 3.1 Liens externes
  • 4 Source partielle
  • 5 Notes et références

 

Biographie

Il se destina de bonne heure au service de la marine et débuta dans la guerre d'indépendance des États-Unis. Il était officier auxiliaire en 1778, et devint sous-lieutenant de vaisseau en 1786. Élevé au grade de capitaine de vaisseau après sa sortie des prisons d'Angleterre, où il avait été conduit au commencement de 1793, il est chef de division en 1795 ; contre-amiral sous le Directoire.

Il est le chef d'état-major sur l’Orient lors de la bataille d'Aboukir (1798) et échappe à la destruction du navire en feu dont il ordonne l'évacuation.

Il part alors à Brest, où il prend la tête d'une escadre de secours devant porter des renforts à l'armée d'Égypte. Il appareille en janvier 1801, mais ses hésitations lui valent de rester enfermé deux mois dans Toulon, et d'arriver près des côtes égyptiennes sans oser faire débarquer ses troupes. En cela, il a une lourde part de responsabilité dans la perte de l'Égypte.

Conservant cependant la confiance du Premier consul, Ganteaume poursuit une belle carrière, puisqu'il commande l'escadre de Méditerranée de 1800 à 1802. En février 1802, il emmène les troupes de l'expédition de Saint-Domingue. La même année, il est nommé préfet maritime de Toulon en remplacement de Vence, et enfin vice-amiral le 30 mai 1804. Il commande les flottes de l'Atlantique jusqu'en 1806 (il n'ose pas sortir de Brest pour rejoindre Villeneuve avant Trafalgar) et celles de la Méditerranée de 1808 à 1810. Dans le cadre de cette dernière fonction il commande l'expédition de ravitaillement de Corfou en février 1808, avec notamment Cosmao, Lhermite et Dubourdieu sous ses ordres, mais est incapable d'apporter la moindre aide à l'armée d'Espagne. Il est nommé en 1808 inspecteur général des côtes de l'Océan.

Comte d'Empire en 1810, Napoléon le nomme « colonel commandant le bataillon des marins de la Garde » le 1er août 1811.

Sous la Restauration, il est aussi pair de France en 1815 puis Inspecteur des classes. Il vote la mort du maréchal Ney lors de son procès. Le roi le nomma pair de France le 17 août 1815.

Il mourut à Pauligne le 28 novembre 1818 et repose au cimetière d'Aubagne.

Jugements, opinions, épitaphe

Abandon du vaisseau l’Orient en feu à Aboukir. Ganteaume fait partie des survivants du drame.

Napoléon en a porté un jugement sévère quand il a dit à Sainte-Hélène : « Ganteaume n'était qu'un matelot, nul et sans moyens. »

Une épitaphe lui a été faite qui reste vivante dans la mémoires des élèves de l'école navale de Brest :

« Ci-gît l'amiral Ganteaume
Qui s'en fut de Brest à Bertheaume 1
Et poussé par un fort vent d'Ouest
S'en revint de Berthaume à Brest 2. »

Voir aussi

  • Marins d'Empire
  • Histoire de la marine française sous Louis XVI
  • Histoire de la marine française depuis 1789

Liens externes

  • Ganteaume
  • Archives nationales (CARAN) – Service historique de l’Armée de Terre – Fort de Vincennes – Dossier S.H.A.M. Côte : CC7 ALPHA 955.
    • Côte S.H.A.M., état de services, distinctions sur « web.genealogie.free.fr : Les militaires » (Archive • Wikiwix • Archive.is• Google • Que faire ?), consulté le 2014-08-24

Source partielle

« Honoré Joseph Antoine Ganteaume », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition]

Notes et références

  1.  Berthaume est un petit fort sur un récif au large de Brest.
  2.  Amiral Arnaud d'Antin de Vaillac, Sous la flamme de guerre, Paris, Presse de la Cité, 1968, p. 118.

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08 juillet 2017

Coffinhal Jean-Baptiste

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Jean-Baptiste Coffinhal

 

Jean-Baptiste Coffinhal
Biographie
Naissance
7 novembre 1762
Vic-sur-Cère
Décès
6 août 1794(à 31 ans)
Paris
Activité
Juriste
Fratrie
Autres informations
Membre de
Tribunal révolutionnaire

Pierre-André Coffinhal-Dubail, dit Jean-Baptiste Coffinhal, né à Vic-sur-Cère, en Auvergne, le 7 novembre 1762, guillotiné à Paris le 18 thermidor an II (6 août 1794), est un juriste et un révolutionnaire français, membre du Conseil général de la Commune de Paris et du Tribunal révolutionnaire.

Sommaire

  • 1 Jeunesse
  • 2 Juge au tribunal révolutionnaire
  • 3 Le 9 thermidor et la fuite
  • 4 Bibliographie
  • 5 Notes
  • 6 Références

Jeunesse

Pierre-André Coffinhal-Dubail1 de son vrai nom, est le plus jeune des six fils d'Annet-Joseph Coffinhal (né à Pailherols le 22 septembre 1705, mort à Vic-sur-Cère le 6 décembre 1767), avocat au bailliage de Vic-en-Carladez, et de Françoise Dunoyer, avec laquelle il s'est marié à Aurillac le 18 mai 17452. Il est issu du milieu des anciennes familles bourgeoises de robe, jouissant d'un patrimoine et d'un pouvoir déjà plus important que la noblesse locale à laquelle ils sont en passe d'être agrégés.

Deux de ses frères aînés, Jean-Baptiste et Joseph (né le 11 février 1757 à Aurillac, mort vers 1832), étudient la jurisprudence. Jean-Baptiste succède à son père comme avocat au bailliage et rachète d'importants biens nationaux vendus au tribunal criminel, où siège son frère Joseph pendant la Révolution. Ce dernier, qui est un ami de Pierre Hébrard, devient ensuite conseiller à la Cour de cassation, puis baron de l'Empire, sous le nom de baron Dunoyer et conseiller d'État. En effet, ils ont tous deux obtenu, la permission de changer de nom pour prendre celui de leur mère3.

Coffinhal commence par entreprendre des études de médecine, comme son autre frère aîné Pierre Coffinhal (1747), mais abandonne très vite. Il se rend à Paris, où il trouve une place de clerc de procureur4.

Juge au tribunal révolutionnaire

no 6 de la rue Le Regrattier : maison où habita Coffinhal en 1793 (plaque).

Il s'enthousiasme pour la Révolution, prend une part active à l'agitation politique qui secoue la capitale, mais sans succès. Électeur de la section de l'Île-Saint-Louis en 1791 et en 1792, il est nommé ensuite commissaire de police de la section de la Fraternité. Membre du club des Jacobins, il participe à la journée du 10 août 1792 et devient juge du tribunal criminel extraordinaire créé le 17 août suivant.

Pierre-André Coffinhal est nommé juge du Tribunal révolutionnaire, lors de sa création, le 10 mars 1793. Ami de Fouquier-Tinvillen 1, lié politiquement à Maximilien de Robespierre, il fait montre dans son action d'un zèle et d'une intransigeance qui contribuent autant à la hargne de ses adversaires que ses « formules sans nuance et le goût pour les mots d'esprit déplacés » qu'on lui prête1,5.

Sa carrière de juge révolutionnaire prend de l'importance lors du procès de Jacques-René Hébert et des Hébertistes, lors duquel il est chargé avec d'autres juges de l'instruction du procès et de rédiger un journal du procès. Écrit en collaboration avec trois collègues, son travail ne reflète guère la réalité des débats. En 1795, sous la Convention thermidorienne, la découverte des documents concernant l'instruction des divers procès qu'il a eu à charge d'instruire révèle maintes suppressions et des « rectifications » faites par Jean-Baptiste Coffinhal, selon la déposition du juge Féral à la date du 9 vendémiaire an III (30 septembre 1794).

Remplaçant René-François Dumas, il préside les audiences du procès des fermiers généraux, parmi lesquels se trouve Antoine Lavoisier, au cours duquel aurait été prononcée la phrase apocryphe : « La République n'a pas besoin de savants ni de chimistes », attribuée tantôt à Coffinhal, tantôt à Dumas6. Le 11 juin 1794, lors de la réorganisation du tribunal révolutionnaire, Coffinhal est nommé premier des trois vice-présidents1.

Le 9 thermidor et la fuite

Lors de la chute de Maximilien de Robespierre, Jean-Baptiste Coffinhal a une attitude hésitante. Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), il se réfugie à l'Hôtel de Ville, y entraînant Robespierre et ses partisans. Étant parvenu à prendre la fuite lors de l'invasion du bâtiment par les troupes de la Convention, il longe les berges de la Seine et gagne l'île des Cygnes, non loin du quai de Grenelle, où des bateliers cantaliens le cachent. Forcé par la faim, il quitte son refuge le 5 août, hésite à regagner son domicile et va frapper à la porte de sa maîtresse, Mme Nègre, qui habite rue Montorgueil, mais celle-ci refuse de l'héberger. Il fait la rencontre d'une personne qui lui doit encore de l'argent. L'homme accepte de le cacher, puis se précipite à la police pour le dénoncer.

Jean-Baptiste Coffinhal est incarcéré à la Conciergerie vers deux heures du matin. Son voisin de cellule, Fouquier-Tinville, l'entend hurler jusqu'au petit matin, accablant de reproches François Hanriot et les autres Robespierristes. Il est condamné à mort le 18 thermidor an II (6 août 1794) sur simple vérification de son identité par le tribunal criminel du départementn 2. Condamné no 2742 du Tribunal révolutionnaire, il est le dernier de la liste officielle, avant la réorganisation du 10 août 1794 sous la présidence du citoyen d'Obsent, avec parmi les vice-présidents, "Dajoux, citoyen d'Aurillac". Le jour même de sa condamnation, la charrette le transporte seul de la Conciergerie à la place de Grève, où il est guillotiné. Il est la cent-cinquième victime des purges de Thermidor.

Bibliographie

  • François Wartelle et Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, PUF, coll. « Quadrige », 2005, « Coffinhal-Dubail, Pierre-André », p. 246.

Notes

  1. L'Intermédiaire des chercheurs et curieux narre un incident. Suivant cet article, de temps en temps, on peut l'apercevoir, dans le quartier du Palais-Royal à des heures tardives. Un jour, il est arrêté et mené au poste avec Fouquier-Tinville, le fils de ce dernier, et un des jurés du tribunal. Ils refusent de montrer leurs cartes civiques à une patrouille.Dans un état d'ivresse très avancée, il est, selon les témoignages, dans un état d'excitation extrême. Toujours selon les témoignages de ses contemporains, Jean-Baptiste Coffinhal apprécie les bons vins, sa cave, si l'on se réfère à l'inventaire dressé après son exécution, est bien approvisionnée (237 bouteilles pleines, 300 vides, plus une feuillette pleine, soit 225 litres de vin en fût).
  2. Le Tribunal révolutionnaire où avait siégé Jean-Baptiste Coffinhal était provisoirement suspendu.

Références

  1. a, b et c François Wartelle (2005), p. 246.
  2. Albert Révérend, Titres, anoblissements et pairies de la restauration 1814-1830, vol. 2, Chez l'auteur et chez H. Champion, 1902, p. 466.
  3. « Coffinhal Dunoyer (Joseph) » [archive], Biographie universelle, ancienne et moderne, vols 5-6, 1847, p. 96.
  4. Bulletin de la Société française d'histoire de la médecine, Paris, Alphonse Picard & fils, 1903, chap. 2, p. 239.
  5. Ernest Desplaces, Joseph-François Michaud, Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne, Madame C. Desplaces, 1854, vol. 8, p. 529-530 [archive].
  6. Jean-Clément Martin, Violence et Révolution: essai sur la naissance d'un mythe national, Le Seuil, 2006, p.  250 parle de « la phrase apocryphe attribuée à un des juges du tribunal qui le condamne ». En fait, selon le « Dictionnaire de pédagogie de Ferdinand Buisson » [archive], c'est Fourcroy qui a prononcé le premier cette phrase dans un discours au Lycée des Arts, le 14 thermidor an IV, dont il avait trouvé l'idée première dans le rapport sur le vandalisme de Grégoire du 24 frimaire an III, sous cette autre forme : « Nous n'avons plus besoin de chimistes » (voir Jean Tild, L'Abbé Grégoire, Nouvelles Éditions Latines, 1946 (lire en ligne [archive]), p. 158). De même, Édouard Grimaux, Lavoisier, 1743-1794, Ayer Publishing, 1888, 398 p. (lire en ligne [archive]), p. 376, signale que la phrase a été attribuée, selon les auteurs, au président Dumas, à Coffinhal ou à Fouquier-Tinville, mais que Jérôme Lalande n'en fait pas état dans sa Notice sur la vie et les ouvrages de Lavoisier (1795) et que Fourcroy n'évoque aucune demande de sursis de la part de Lavoisier.

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07 juillet 2017

Jourdan Jean-Baptiste

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Jean-Baptiste Jourdan

 

Jean-Baptiste Jourdan

Jourdan


Le maréchal Jean-Baptiste Jourdan (peinture d'école française).

Surnom « Le Vainqueur de Fleurus »
« Le Père-conscrit »
Naissance 29 avril 1762
Limoges
Décès 23 novembre 1833 (à 71 ans)
Paris
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau du Royaume de Naples Royaume de Naples
Drapeau de l'Espagne Royaume d'Espagne
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Empire français pendant les Cent-Jours Empire français (Cent-Jours)
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Cavalerie
Infanterie
Grade Général de division
Maréchal d'Empire
Années de service 1778 – 1813
Conflits Guerre d'indépendance des États-Unis
Guerres de la Révolution
Commandement Armée de la Moselle
Armée de Sambre-et-Meuse
Armée du Danube
Armée d'Italie
Faits d'armes Bataille de Jemmapes
Bataille de Neerwinden
Bataille d'Hondschoote
bataille de Wattignies
bataille de Fleurus
Bataille de Sprimont
Bataille de Vitoria
Distinctions Grand-croix de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile (3ecolonne)
Autres fonctions Membre du Conseil des Cinq-Cents
Pair de France
Voir la section « Autres fonctions »

Jean-Baptiste, comte Jourdan, né le 29 avril 1762 à Limoges, dans la Haute-Vienne et mort le 23 novembre 1833 à Paris, est un militaire français, qui commence sa carrière sous l'Ancien Régime, participe avec le marquis de La Fayette à la guerre d'indépendance des États-Unis et devient un brillant général de la Révolution, vainqueur notamment de la bataille de Fleurus (26 juin 1794). En 1798, il fait par ailleurs voter la loi Jourdan-Delbrel qui met en place la conscription. Il est élevé à la dignité de maréchal d'Empire en 1804 mais, tenu à l'écart par Napoléon Ier en raison de son attachement aux valeurs de la République, Jourdan n'obtiendra jamais de titre ducal et ne recevra aucune pension ou dotation autre que sa solde de maréchal. Nommé chef d'état-major du roi Joseph à Naples puis major général des armées en Espagne, il est présent à la bataille de Talavera, en 1809, et à celle de Vitoria en 1813. Sa position, toutefois, est mal définie par l'Empereur qui n'en a jamais fixé l'étendue, et est en outre affaiblie par l'insubordination répétée de ses camarades maréchaux. Après la chute de l'Empire, il se rallie aux Bourbons et devient gouverneur des Invalides jusqu'à sa mort, en 1833.

À Sainte-Hélène, l'Empereur rendra hommage à son ancien subordonné :« En voilà un que j'ai fort maltraité assurément. Rien de plus naturel sans doute que de penser qu'il eût dû m'en vouloir beaucoup. Eh bien, j'ai appris avec un vrai plaisir, qu'après ma chute, il est demeuré constamment bien. Il a montré là cette élévation d'âme qui honore et classe les gens. Du reste, c'est un vrai patriote ; c'est une réponse à bien des choses. »

 

Sommaire


  • 1Biographie
    • 1.1Carrière militaire
    • 1.2Combats au sein de l'armée du Nord
    • 1.3Destitué de ses fonctions
    • 1.4Retour à l'armée
    • 1.5Carrière politique
    • 1.6Passage à l'armée du Danube
    • 1.7Face à l'archiduc Charles
    • 1.8Le Consulat
    • 1.9Maréchal d'Empire
      • 1.9.1Jourdan en Italie
      • 1.9.2Major-général des armées d'Espagne
    • 1.10Chute de l'Empire et Restauration
  • 2Titres
  • 3Décorations
  • 4Hommage, honneurs et mentions,…
  • 5Autres fonctions
  • 6Famille
  • 7Armoiries
  • 8Publications
    • 8.1Notes et références
    • 8.2Notes
    • 8.3Références
  • 9Annexes
    • 9.1Articles connexes
    • 9.2Liens externes
    • 9.3Bibliographie

 

Biographie

La maison natale de Jourdan, à Limoges.

Carrière militaire

Fils de M. Roch Jourdan, maître-chirurgien à Meyrargues et Limoges, il est d'abord commis en soieries chez un de ses oncles à Lyon 1 ; puis il s'engage en 1778 comme simple soldat et rejoint l'île de Ré où, après un entraînement de huit mois, il incorpore le régiment d'Auxerrois qui combattait dans la guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique 2. Après avoir participé aux opérations de cette campagne et notamment au siège de Savannah (1779), il est réformé en 1784 et revient à Limoges où il se marie et s'établit comme mercier en 1788 3.

Ayant adhéré avec enthousiasme aux idées révolutionnaires et du fait de son expérience militaire, il devient capitaine d'une compagnie de chasseurs de la Garde nationale en 1790 4. En 1791, il est chargé de l'organisation des volontaires de la Haute-Vienne et est élu lieutenant-colonel du 2e bataillon qu'il conduit à l'armée du Nord 5.

Combats au sein de l'armée du Nord

Jean-Baptiste Jourdan en uniforme de général de la Révolution.

Il fait la campagne de Belgique sous Dumouriez. Avec l'armée du Nord, il participe aux batailles de Jemmapes (6 novembre 1792) et de Neerwinden (18 mars 1793) 6.

Il se distingue notamment aux environs de Namur, lors de la retraite de l'armée. Le 27 mai 1793, il est élevé au grade de général de brigade, et à celui de général de division le 30 juillet suivant. Il commande à la bataille d'Hondschoote, où il est blessé en enlevant les retranchements ennemis à la tête de ses troupes. Le 26 septembre, il remplace Houchard au commandement de l'armée. Il est bientôt commandant de l’armée des Ardennes, puis de l'armée du Nord et bat le prince de Cobourg à Wattignies (15-16 octobre 1793), disputée avec acharnement dans un combat de 48 heures, et le força à lever le blocus de Maubeuge. De nouvelles recherches de l'historien régional Henri Fremaux de Aix Noulette permettent de mettre en lumière le rôle décisif du principal général sous les ordres de Jourdan, le jeune général Florent Joseph Duquesnoy, qui désobéit aux ordres reçus pour pouvoir s'approcher de la colline de Wattignies contrairement aux deux autres généraux qui sacrifient leurs troupes dans des manœuvres maladroites. C'est Duquesnoy qui lance ses hommes le matin du 16 octobre, poussant les nouveaux canons de Gribeauval sur une pente jugée inaccessible par les Autrichiens. Ce faisant, il prend le camp retranché de Wattignies et est en mesure de tourner tous les canons vers les lignes autrichiennes qui se trouvent prises en tenaille. Clerfayt n'a d'autre solution que de fuir vers le nord et repasser la Sambre. Duquesnoy, considéré à l'époque comme le vrai vainqueur de Wattignies, est pour cette raison nommé commandant en chef des armées du nord en lieu et place de Jourdan.

Destitué de ses fonctions

Voulant prendre l'offensive, le Comité de salut public appelle Jourdan à Paris. Celui-ci fait valoir que l'armée n'est composée que de nouvelles recrues, la plupart sans armes ni habits, et qu'il vaut mieux passer l'hiver sur la défensive, pour être en état d'attaquer au printemps. Ses plans sont adoptés, mais sa réticence n'est pas oubliée, et dès que les troupes sont en état d'agir, il est remplacé par Jean-Charles Pichegru.

Le Comité de salut public prend même un arrêté par lequel il ordonne la destitution et l'arrestation du général Jourdan, mais des représentants du peuple près de l'armée prennent sa défense, et le Comité se borne de proposer à Barère de le mettre à la retraite. Destitué en janvier 1794, il reprend son commerce à Limoges.

Retour à l'armée

Lors de la bataille de Fleurus, Jourdan remporte une victoire éclatante sur les Autrichiens.

Cependant, il est employé de nouveau et obtient le commandement de l'armée de la Moselle. Il ouvre la campagne de 1794 par le combat d'Arlon, où les Autrichiens, forts de 16 000 hommes, sont complètement battus. Il reçoit ensuite l'ordre de traverser les Ardennes et de réunir 40 000 hommes devant Charleroi et l'aile droite de l'Armée du Nord, ce qu'il exécute avec habileté. Ses troupes reçoivent le nom d'Armée de Sambre-et-Meuse.

Jourdan passe la Sambre et remporte la victoire décisive de Fleurus (26 juin 1794), permettant à la France révolutionnaire d'annexer la Belgique. Pour la première fois sur un champ de bataille, un ballon captif informe Jourdan des mouvements et des attaques de l'armée autrichienne, ce dernier pouvant alors concentrer ses canons sur le point menacé 7. Le « vainqueur de Fleurus » gagne ensuite la bataille de Sprimont le 18 septembre, et celle de La Roèr le 2 octobre suivant. Il bat l'ennemi dans plusieurs combats, reprend les places de Landrecies, Le Quesnoy, Valenciennes et Condé, fait la conquête de celles de Charleroi, Namur, Juliers et Maestricht, et plante ses drapeaux sur le Rhin depuis Clèves jusqu'à Coblentz. Il est néanmoins battu par l'archiduc Charles à Wurtzbourg le 3 septembre 1796. Le même mois, Jourdan quitte l'armée de Sambre-et-Meuse où il est remplacé par le général Hoche 8.

Carrière politique

Jean-Baptiste Jourdan (gravure tirée de l'« Album du Centenaire »).

Jourdan ayant quitté le commandement de l'armée est nommé en mars 1797, par le département de la Haute-Vienne, au conseil des Cinq-Cents 8. Le 23 septembre, il est élu président, et le 21 janvier 1798 secrétaire. Réélu président le 24 septembre, il donne sa démission en octobre, annonçant que le Directoire le destine au commandement des armées.

Dans l'exercice de ses fonctions législatives, il fait adopter la loi sur la conscription du 5 septembre 1798, qui rend le service militaire obligatoire pour les hommes de vingt à vingt-cinq ans. Ces derniers sont répartis selon leur âge en cinq classes appelées successivement à la guerre. Cette loi, rédigé par Jourdan conjointement avec le député Pierre Delbrel, prend le nom de loi Jourdan-Delbrel.

Passage à l'armée du Danube

Général de l'armée autrichienne, l'archiduc Charles bat Jourdan à Ostrach et Stockach, forçant l'armée française à repasser le Rhin (peinture de Johann Seele, 1800).

En 1798, il est nommé commandant de l'armée du Danube. Il prend possession de la forteresse de Luxembourg qui capitule. En septembre, il passe le Rhin de vive force, en présence d'un corps de 20 000 Autrichiens et s'empare de Dusseldorf. L'armée de Clerfayt réunie sur la Lahn n'ose pas courir le risque d'une bataille et se replie au-delà du Main. Jourdan la poursuit, prend position entre Mayence et Höchst, où passe la ligne de neutralité convenue avec la Prusse.

Pichegru, qui a traversé le Rhin à Mannheim, et aurait dû s'avancer avec la majeure partie de ses forces sur le Main pour couper la retraite à Clerfayt et opérer sa jonction avec l'Armée de Sambre-et-Meuse, se borne à porter sur Heidelberg un corps de 10 000 hommes, qui est complètement battu en quelques jours. Clairfayt, rassuré par l'inaction de Pichegru, tire des renforts de l'armée autrichienne du Haut-Rhin, franchit la ligne de neutralité au-dessus de Francfort, et manœuvre pour envelopper l'Armée de Sambre-et-Meuse entre la Lahn, le Main et le Rhin.

Ces circonstances contraignent Jourdan à la retraite. Peu après, ayant forcé les lignes de Mayence, Jourdan marche au secours de l'Armée de Rhin-et-Moselle. Après une courte mais brillante campagne dans le Hunsrück, il convint d'un armistice, et la guerre ne reprend qu'au printemps suivant. Il passe alors de nouveau le Rhin, force le général Wartensleben à battre en retraite, s'empare de Francfort et de Wurtzbourg et se porte sur Ratisbonne. Attaqué par l'archiduc Charles Louis d'Autriche qui recule devant Moreau et vient au secours de Wartensleben avec 40 000 hommes, il se replie sur le Rhin. Sa retraite est surtout causée par les mauvaises consignes donnée aux armées par le gouvernement, et par le parti-pris de Moreau qui préfère une victoire facile sur le Lech au lieu de poursuivre l'archiduc Charles.

Face à l'archiduc Charles

Par ses prétentions exagérées à Rastadt, et ses entreprises en Italie et en Suisse, le Directoire, qui arme toute l'Europe contre lui, néglige néanmoins de lever des armées capables de tenir tête à l'orage, et ouvre les hostilités avant d'avoir réuni tous les moyens dont il dispose. Lorsque l'Armée du Danube, commandée par Jourdan, franchit le Rhin le 1er mars 1799 et entre en Souabe, elle ne compte que 38 000 hommes et ne tarde pas à se trouver en présence de l'archiduc Charles qui réunit, lui, plus de 65 000 hommes sous ses ordres. Il est battu à Ostrach le 21 mars 1799 et Stockach le 25 mars 1799 note 1. L'avantage remporté n'est pas été aussi considérable que l'espérait Jourdan, il continue sa retraite et se porte vers les débouchés de la Forêt-Noire. Le général Moreau doit alors effectuer une retraite célèbre, et Jourdan est disgracié. Le 10 avril, il est remplacé par André Masséna.

Le 14 juillet 1799, pour l'anniversaire de la prise de la Bastille, le général Jourdan porte un toast « à la résurrection des piques » 9. La même année, il achète le château du Coudray (dans l'actuel département de l'Essonne) 10.

Le Consulat

Réélu au Conseil des Cinq-Cents en mai 1799, il tente en vain de s'opposer au coup d'État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799). Parce qu'il ne marche pas sous la bannière du général Bonaparte, il est exclu du corps législatif, et momentanément condamné à être détenu dans la Charente-Inférieure. Le général Lefebvre s'interpose et plaide la cause de Jourdan devant Napoléon 8. Ce dernier le nomme alors le 21 janvier 1800 inspecteur général de l'infanterie et de la cavalerie 8, 11, puis ambassadeur en république cisalpine 8, 12, administrateur général du Piémont 13, conseiller d'État (1802) 14. En janvier 1804, élu candidat au Sénat conservateur par le collège électoral de la Haute-Vienne, il est appelé au commandement en chef de l'armée d'Italie en remplacement de Joachim Murat 15.

Maréchal d'Empire

Jourdan en Italie

Portrait en pied du maréchal Jean-Baptiste Jourdan, par Eugène-Louis Charpentier. Jourdan pose ici près d'une borne indiquant la route de Fleurus, rappelant sa victoire de 1794.

Le 19 mai 1804, il est toujours en Italie lorsqu'il apprend son élévation à la dignité de maréchal d'Empire (quatrième dans l'ordre des préséances) 16 et escorte à ce titre le carrosse de l'Empereur lors de la cérémonie du Sacre 17. Cette dignité tient plus du désir de l'Empereur de rallier autour de lui les officiers jacobins que de ses réels talents militaires 8:

« Le général Jourdan était très brave un jour de combat, en face de l'ennemi et au milieu du feu ; mais il n'avait pas le courage de tête au milieu du calme de la nuit, à deux heures du matin. Il ne manquait pas de pénétration, de facultés intellectuelles, mais il était sans résolution et imbu des plus faux principes de la guerre 18. »

— Napoléon Ier à Sainte-Hélène

Il était parmi les maréchaux francs-maçons 19.

Il est fait grand aigle de la Légion d'honneur le 2 février 1805 17. En juin 1805, il reçoit l'ordre de Saint-Hubert de Bavière, et le nouveau gouverneur de Lombardie commande les manœuvres du camp de Castiglione, lors du couronnement de Napoléon, comme roi d'Italie 20. Remplacé à l'armée par Masséna au moment où la guerre éclate, il se plaint amèrement à l'Empereur, et en 1806 est envoyé à Naples en qualité de gouverneur de cette ville, où il se lie d'amitié avec le roi Joseph. L'invasion de la Sicile sous les ordres du maréchal est envisagée mais l'idée est finalement abandonnée 21. Le souverain, apprenant qu'il devenait roi d'Espagne, décore Jourdan de l'ordre des Deux-Siciles auquel s'ajoutent 300 000 ducats 22.

Major-général des armées d'Espagne

En 1808, il passe en Espagne en qualité de major général sous le roi Joseph qu'il suit constamment à titre de conseiller militaire. Ses ordres se heurtent toutefois à l'hostilité des autres maréchaux qui entendent n'obéir qu'aux ordres de l'Empereur 18, 23. Joseph, de son côté, peu au fait de la stratégie, n'en prend pas moins à plusieurs reprises le commandement en chef, ce qui aboutit à des conséquences néfastes 18. C'est dans ces conditions difficiles que Jourdan s'attelle à sa tâche : sa première préoccupation est alors l'armée anglo-espagnole des généraux Wellesley et la Cuesta, qui viennent de repousser Soult au Portugal 24. Jourdan parvient à convaincre le roi de laisser s'avancer les soldats adverses vers Madrid, pour les encercler avec l'aide des troupes de Soult arrivant du nord 25. Le jour de la bataille de Talavera, les directives du major général sont cependant bafouées par l'impatience du maréchal Victor qui obtient de Joseph l'autorisation d'attaquer les Anglais retranchés sur une colline 26. Après avoir résisté pendant trois jours aux assauts français, Wellesley se retire, échappant à la destruction 27.

Dégoûté d'avoir l'apparence du commandement sans la réalité, Jourdan sollicite son rappel qu'il obtient en octobre 1809, et se retire dans sa terre du Coudray (Seine-et-Oise). Il vit au sein de sa famille lorsque l'Empereur, déterminé à faire la guerre à la Russie, lui ordonne en 1811 de retourner en Espagne avec sa première qualité, répondant ainsi à la requête de son frère dont la mésentente avec Soult est flagrante 28. C'est pendant cette seconde période qu'a lieu la retraite de Madrid où il était gouverneur depuis le 11 juillet 1811 et qu'est donnée la bataille de Vitoria. Joseph, qui désire affronter l'ennemi, ignore Jourdan qui lui conseille d'attendre des renforts et d'envoyer le convoi transportant sa cour et son trésor vers la France 29. Le maréchal, malade, ne peut assurer aucun commandement lors du combat 29, qui s'achève sur une défaite décisive des troupes françaises. Jourdan perd son bâton de maréchal lorsque la voiture du roi est attaquée par les Anglais 30. À Napoléon qui fait peser sur lui l'entière responsabilité de la défaite, il demande sa mise à la retraite 31.

On a longtemps imputé au maréchal Jourdan le mauvais succès de cette journée, mais il n'y commande ni de droit ni de fait, et ses conseils éprouvent de nombreuses contradictions.

Chute de l'Empire et Restauration

Après la bataille de Vitoria, il rentre en France et reste sans activité jusqu'à l'année suivante, où il est néanmoins nommé à la tête de la 19e division militaire, commandement qui est confirmé à la Restauration 18.

Le 3 avril 1814, il envoie de Rocou son adhésion à tous les actes du gouvernement provisoire, est créé chevalier de Saint-Louis le 2 juin, et se retire à la campagne après le 26 mars 1815. Napoléon l'appelle à la Chambre des pairs au mois de juin 32 et l'envoie à Besançon en qualité de gouverneur de cette place et de la 6e division militaire 18, 33. Sous la seconde Restauration, il se rallie à nouveau à la monarchie. Il préside le conseil de guerre qui doit juger le maréchal Ney, et qui se déclare incompétent. Il refuse par la suite la présidence du nouveau tribunal qui doit juger et condamner son ancien frère d'armes. En 1817, il est nommé gouverneur de la 7e division militaire, et le 5 mars 1819 le roi l'appelle à la Chambre des pairs après l'avoir créé comte (majorat non constitué). À la chambre haute, il se montre le défenseur des libertés octroyées par la Charte de 1814 et vote avec le parti constitutionnel. Lors de la révolution de 1830, il est ministre des Affaires Étrangères 6. Il est ensuite nommé gouverneur des Invalides 6. Il meurt à Paris le 23 novembre 1833.

Les obsèques du maréchal eurent lieu à l'église des Invalides et ses restes furent déposés dans les caveaux de l'Hôtel.

Les papiers personnels de Jean-Baptiste Jourdan sont conservés aux Archives nationales sous la cote 194AP 34.

Titres

  • Comte Jourdan et Pair de France le 5 mars 1819, sans constitution de majorat 35, 36.

Toute sa vie, Jourdan aura espéré, en vain, le titre de « duc de Fleurus », mais Napoléon se méfiait de ce général républicain auréolé de sa victoire de Fleurus. L’Empereur fait remarquer à Lannes au sujet de ce titre convoité par Jourdan :

« qu’il [Jourdan] aurait un titre plus beau que le mien car je n’ai jamais remporté une victoire ayant sauvé la France 37 »

.

Décorations

Statue du maréchal Jourdan à Limoges.
  • Légion d'honneur :
    • Légionnaire le 2 octobre 1803, puis,
    • Grand officier et chef de la 16e cohorte le 14 juin 1804, puis,
    • Grand-croix de la Légion d'honneur le 2 février 1805 ;
  • Chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis le 2 juin 1814 ;
  • Commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit le 30 mai 1825 ;
  • Chevalier de l'Ordre de Saint-Hubert (Bavière) ;
  • Grand dignitaire de l'Ordre royal des Deux-Siciles (vers 1811 38).

Hommage, honneurs et mentions,…

  • Le nom de « JOURDAN » est gravé au côté Nord (3e colonne) de l’arc de triomphe de l’Étoile, à Paris.
  • Ont été nommés en son honneur :
    • le boulevard Jourdan (14e arrondissement de Paris),
    • la place Jourdan à Limoges.
  • Il y a une grande statue de lui en pied du lycée militaire de Saint-Cyr.
  • Le nom de l'Athénée de Fleurus lui rend hommage : Athénée Royal Jourdan à Fleurus, d'ailleurs, celle-ci lui a consacré une reconstitution (week-end du 10 mars 2007).

Autres fonctions

  • Député de la Haute-Vienne au conseil des Cinq-Cents (12 avril 1798 - 14 octobre 1798, 13 avril 1799) ;
  • Président du conseil des Cinq-Cents (19 septembre 1797, 23 septembre 1798 - 14 octobre 1798) ;
  • Ambassadeur auprès de la République cisalpine (24 juillet 1800 - 2 avril 1801) ;
  • Administrateur général du Piémont (2 avril 1801 - 26 janvier 1804) ;
  • Conseiller d'État le 1er décembre 1802 ;
  • Gouverneur de Naples (17 mars 1806 - 8 juin 1808) ;
  • Chef d'état-major du roi de Naples puis roi d'Espagne Joseph Bonaparte (1806 - 17 juillet 1808, 28 octobre 1811 -16 mars 1812) ;
  • Chef d'état-major de l'armée d'Espagne (17 juillet 1808 - 2 octobre 1809, 16 mars 1812 - 12 juillet 1813) ;
  • Gouverneur de Madrid (8 juillet 1811 - 28 octobre 1811) ;
  • Pair de France :
    • 2 juin 1815 (Cent-Jours),
    • Comte-pair le 5 mars 1819 ;
  • Président du conseil de guerre chargé de juger le Maréchal Ney (1er septembre 1815) ;
  • Commissaire au ministère des Affaires étrangères août 1830 ;
  • Gouverneur des Invalides où il est inhumé (11 août 1830 - 23 novembre 1833).

Famille

Jean-Baptiste Jourdan épouse, le 22 janvier 1788 à Limoges, Jeanne Nicolas (morte le 9 octobre 1840 à Limoges) dont il a cinq filles 6 :

  • Angélique Catherine (1791-7 mars 1879 à Naples)
  • Camille (morte en 1842)
  • Jeanne Madeleine Delphine (1797-1839)
  • Sophie Catherine (morte en 1820)
  • Nina (1800-1833)

Camille se marie en 1808 avec Paul Félix Ferri-Pisani, comte de Saint-Anastace et de l'Empire 39, note 2.

Delphine épouse en 1815 Jean-Joseph Pougeard du Limbert (1786-1848), général de brigade et député de la Charente 40.

Armoiries

Jean-Baptiste Jourdan ne semble pas avoir reçu de blason, toutefois, le maréchal utilisait un blason directement construit autour de son monogramme 35.

ImageNoms et blasonnement
Blason Jean Baptiste Jourdan (1762-1833).svg Sous le Premier Empire :

D'azur, aux lettres JBJ enlacées d'or ; à la bordure d'argent, besantée de sable 35, 36.

Orn ext maréchal-comte et pair OSE.svg
Blason Jean Baptiste Jourdan (1762-1833) (Restauration).svg
Sous la Restauration française, membre de la Chambre des pairs, chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit,

Publications

  • Opérations de l'armée du Danube (1799) ;
  • Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1796 (1819).

Notes et références

Notes

  1.  Les hostilités commencèrent le 20 mars. Le lendemain, trois divisions françaises soutinrent à Ostrach, contre toute l'armée autrichienne, le combat le plus opiniâtre, et n'abandonnèrent leur position qu'après avoir fait éprouver une perte considérable aux ennemis. Jourdan, convaincu qu'en persistant à lutter contre des forces aussi supérieures, il compromettrait son armée, prit la détermination de se rapprocher du Rhin, dans l'espérance d'y recevoir les secours dont il avait besoin pour reprendre l'offensive. Il fit sa retraite en bon ordre et fut suivi mollement par l'archiduc. S'étant aperçu le 24 que ce prince avait mal disposé ses troupes aux environs de Stokach, il espéra que cette circonstance balancerait la disproportion de ses forces avec celles de ses adversaires ; il attaqua donc l'archiduc le lendemain à Liebtingen, lui fit 4 000 prisonniers, prit 2 pièces de canon, coucha sur le champ de bataille et y séjourna le jour suivant.
  2.  L'aîné de ses petits-enfants fut autorisé à prendre le nom de Ferri-Pisani-Jourdan par ordonnance du 29 août 1834.

Références

  1.  Hulot 2010, p. 29
  2.  Hulot 2010, p. 34
  3.  Hulot 2010, p. 38 et 41
  4.  Hulot 2010, p. 47
  5.  Hulot 2010, p. 50 et 54
  6. ↑ a, b, c et d Capelle et Demory 2008, p. 21
  7.  Guy 2012, p. 81
  8. ↑ a, b, c, d, e et f Capelle et Demory 2008, p. 22
  9.  Soboul 1962, p. 456
  10.  Hulot 2010, p. 160
  11.  Hulot 2010, p. 172
  12.  Hulot 2010, p. 174
  13.  Hulot 2010, p. 180
  14.  Hulot 2010, p. 184 et 185
  15.  Hulot 2010, p. 186 et 188
  16.  Hulot 2010, p. 192
  17. ↑ a et b Hulot 2010, p. 194
  18. ↑ a, b, c, d et e Capelle et Demory 2008, p. 27
  19.  Les Francs-maçons de la Grande armée [archive] sur le site Histoire pour tous
  20.  Hulot 2010, p. 196
  21.  Valentin 1956, p. 322
  22.  Hulot 2010, p. 213
  23.  Hulot 2010, p. 218
  24.  Hulot 2010, p. 222
  25.  Hulot 2010, p. 224
  26.  Hulot 2010, p. 229
  27.  Hulot 2010, p. 231
  28.  Hulot 2010, p. 236
  29. ↑ a et b Hulot 2010, p. 253
  30.  Hulot 2010, p. 255
  31.  Hulot 2010, p. 257
  32.  Hulot 2010, p. 268
  33.  Hulot 2010, p. 269
  34.  Archives nationales [archive]
  35. ↑ a, b et c Source : www.heraldique-europeenne.org [archive]
  36. ↑ a et b Source : Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) sur www.heraldica.org [archive]
  37.  Hulot 2010, p. 212
  38.  Almanach impérial, Testu,‎ 1811 (lire en ligne [archive])
  39.  Valynseele 1957, p. 71
  40.  Valynseele 1957, p. 116

Annexes

Articles connexes

  • Liste des généraux de la Révolution et du Premier Empire ;
  • Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile ;
  • Liste des chevaliers et commandeurs de l'ordre du Saint-Esprit.

Liens externes

Bibliographie

  • « Jean-Baptiste Jourdan », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition] ;
  • « Jean-Baptiste Jourdan », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français,‎ 1889 [détail de l’édition]  ;
  • Frédéric HulotLe Maréchal Jourdan, Pygmalion,‎ 2010, 333 p. (ISBN 9782756402994).
  • Béatrice Capelle et Jean-Claude DemoryMaréchaux d'Empire, E/P/A,‎ 2008, 287 p. (ISBN 978-2-85120-698-5), « Jourdan, le maréchal non anobli ».
  • René ValentinLe Maréchal Jourdan (1762-1833), Paris, Charles-Lavauzelle et cie,‎ 1956.
  • Joseph ValynseeleLes maréchaux du Premier Empire, leur famille et leur descendance, Paris et La Roche-sur-Yon, Imprimerie centrale de l'Ouest,‎ 1957.
  • Pascal Guy, « Ballons : la République met un œil dans le ciel », Guerres & Histoireno 5,‎ février 2012, p. 80-84(ISSN 2115-967X)
  • Albert SoboulPrécis d'histoire de la Révolution française, Paris, Éditions Sociales,‎ 1962, 530 p.

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06 juillet 2017

Carbon François-Joseph

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François-Joseph Carbon

François-Joseph Carbon, dit Le Petit-François (Paris, 1756-Paris, 20 avril 1801), est un chef de chouans.

Biographie

Célèbre autant pour ses cruautés que pour son courage d'après les biographies du XIXe siècle 1, il refuse de profiter de l'amnistie consulaire et passe en Angleterre.

En 1800, il conduit la charrette lors de l'attentat de la rue Saint-Nicaise. Véritable inventeur de la bombe, il est arrêté le 18 janvier 1801. Sous la torture, il donne le nom de ses complices, Joseph Picot de Limoëlan et Pierre Robinault de Saint-Régeant et est condamné à mort.

Il est exécuté avec Saint-Régeant en place de Grève.

Bibliographie

  • Dezobry et Bachelet, Dictionnaire de biographie, t.1, Ch.Delagrave, 1876, p. 459 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Biographie universelle, Vol.4, 1843, p. 39Lire en ligne
  • Étienne Psaume, Biographie moderne, 1816, p. 355

Notes et références

  1.  Voir bibliographie

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05 juillet 2017

Comtesse Dash

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

 

 

Comtesse Dash

 

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Carl von Steuben, portrait de la Comtesse Dash, 1844
Comtesse Dash, ca.1860
Sépulture de Gabrielle de CISTERNES (Comtesse DASH) - Cimetière Montmartre

Gabrielle Anna de Cisternes de Courtiras, vicomtesse de Saint-Mars est née à Poitiers le 1er août 18041 et est morte le 9 septembre 18727 à Paris.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Œuvres
  • 3 Notes
  • 4 Références
  • 5 Liens externes

Biographie

Elle était issue d'une noble et riche famille. Elle est la fille d'Antoine Cisternes et d'Anne-Marie Horens, à sa naissance son père était directeur des domaines, son père décède le 6 octobre 1826 à Vendôme2. On la maria jeune, le 9 octobre 1822 à Poitiers3 avec le vicomte Eugène-Jules de Poilloüe de Saint-Mars, capitaine au 8e régiment de dragons. Mais la vie de garnison n'était pas pour elle, le couple se sépare.

Elle connut bientôt de terribles revers de fortune. Ruinée, elle songea à vivre de sa plume. Pour cela, elle prit le pseudonyme de Comtesse DashN 1. Elle publia sous ce nom un nombre considérable de romans qui dépeignaient le plus souvent — avec une nostalgie certaine — les mœurs du grand monde, ainsi que les vicissitudes de l'amour.

Elle fut aussi la collaboratrice d'Alexandre Dumas et publia, sous le nom de cet écrivain, plusieurs romans dont les Mémoires d'un aveugle (1856), La Dame de volupté (1863). En 1855, Dumas publie Marie Giovanni, journal de voyage d'une Parisienne4, ouvrage dont il affirme dans l'introduction n'être que le rédacteur, la matière provenant de notes et documents que lui aurait confiés Marie Giovanni5. Nombreux sont ceux aujourd'hui qui s'accordent à reconnaître la vicomtesse de Saint-Mars dans cette Parisienne, de retour d'un voyage dans le Pacifique effectué avec son mari entre 1846 et 18506.

« Son style facile, limpide, n'offrant aucune résistance, fut parfois — et quelque peu injustement — décrié ».

Elle mourut le 9 septembre 18727 à son domicile, au 8 de la rue Nollet, Paris 17e.

Elle est inhumée au cimetière Montmartre, 23e division. Ses amis lui érigèrent un monument œuvre de l'architecte Maurice du Seigneur, avec médaillon en marbre blanc œuvre de Marquet de Vasselot. Une table en marbre blanc porte en lettres rouges l'inscription commémorative : « Ici repose Gabrielle de Cisternes Marquise de Saint-Mars Comtesse Dash 1er août 1804. 9 septembre 1872 PRIEZ POUR ELLE Ce monument a été élevé à sa mémoire PAR SES MEILLEURS AMIS »

De chaque côté de cette table s'élèvent deux pilastres à cannelures prismatiques, supportant un entablement sur lequel on lit : « Je dors, mais mon cœur veille. » 8

 

Œuvres

  • La Chaîne d'or, 1840.
  • Sépulture de Gabrielle de CISTERNES (Comtesse DASH) - Cimetière Montmartre - Le médaillon œuvre de Marquet de Vasselot
    Les Amours de Bussy Rabutin, 1850.
  • La Pomme d'Eve, 1853.
  • La Marquise de Parabère, 1859.
  • La Poudre et la neige, 1859.
  • Le Salon du Diable, 1860.
  • Les Galanteries de la cour du roi Louis XV, 1861.
  • Le Jeu de la reine, 1861.
  • Le Parc aux cerfs, 1863.
  • Les Derniers Amours de Madame Du Barry, 1864.
  • La Marquise sanglante, 1864.
  • La Duchesse de Lauzun, 1864.
  • Le Chien qui sème des perles, Achille Faure, 1866 (chroniqué par Zola le 14/04/1866)
  • Les Vacances d'une Parisienne, Michel Lévy, 1866 (idem ibidem)
  • La Bohème au XVIIe siècle, 1867.
  • La Princesse de Conti, 1868.
  • Les Soupers de la Régence, 1869.
  • Les Aventures d'une jeune mariée, 1870.

Cette liste est loin d'être exhaustive.

Notes

  1. Dash était un nom de chien en vogue à l’époque. Cf. Notes de Lamiel, Gallimard, Coll Folio, P. 332.

Références

  1. Acte de naissance de Gabrielle-Anna Cisternes 14 thermidor an 12 à Poitiers [archive]
  2. Acte de décès du père de la comtesse Dash à Vendôme en 1826 [archive]
  3. Acte de mariage de Gabrielle-Anna Cisternes à Poitiers le 9 octobre 1822 [archive] et page suivante [archive]
  4. Ouvrage en quatre volumes consultables [archive] sur le site Gallica de la BNF
  5. Notice d'autorité [archive] de Marie Giovanni à la BNF
  6. Jean-Jo Scemla, Le Voyage en Polynésie : anthologie des voyageurs occidentaux de Cook à Segalen, Robert Laffont, 1994, 1344 p. (ISBN 2-221-06703-7), p. 1157-1158
  7. Acte de décès de Gabrielle-Anna de Cisternes sur le site des Archives de Paris 17e le 10 septembre 1872, acte n° 1394 [archive]
  8. Le monument de la comtesse Dash au cimetière Montmatre ; « Le Figaro » 1er juin 1873 [archive]

Liens externes

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