Vendée Militaire et Grand Ouest

21 août 2018

Club des Feuillants

Clic pour voir sa notice sur son nom couleur orange

 

Club des Feuillants

 

320px-Feuillans1791


Adresse de la société aux sociétés qui lui sont affiliées, 1791.

La Société des Amis de la Constitution, séante aux Feuillants, est un groupe politique, de tendance monarchiste constitutionnelle qui ne conteste pas le pouvoir du roi Louis XVI, fondé le 18 juillet 1791. Il est né d'une scission du club des jacobins, en réaction à l'agitation républicaine qui a suivi la fuite du roi à Varennes en juin 1791 et la fusillade du Champ-de-Mars le 17 juillet 1791. Il a eu une influence déterminante sur le début de l'Assemblée nationale législative pour se trouver progressivement marginalisé par les jacobins.

Le club des Feuillants sur le plan de Turgot.

Sommaire

  • 1 Histoire
    • 1.1 Origine du mouvement
    • 1.2 Le couvent des Feuillants
    • 1.3 La présence des Feuillants au sein de la Législative
    • 1.4 L'évolution de leur influence
      • 1.4.1 Des défenseurs de la constitution
      • 1.4.2 Un parti bousculé par les sections populaires
      • 1.4.3 Un parti divisé sur la question de la guerre
  • 2 Notes et références
    • 2.1 Notes
    • 2.2 Références
  • 3 Voir aussi
    • 3.1 Sources
    • 3.2 Sources sur le Web

Histoire

Origine du mouvement

Le club des Feuillants est né en réaction à l'agitation républicaine qui a suivi la fuite du roi à Varennes en juin 1791. Cette agitation s'est amplifiée jusque mi-juillet. Une pétition mise en avant par Pierre Choderlos de Laclos, et rédigée par Danton et Brissot, proposant la déchéance du roi et son remplacement, échauffe les esprits le 16 juillet 1791 et provoque ce jour là l'implosion du club des Jacobins. Un nouveau club est constitué par les partants. Le lendemain, 17 juillet 1791, la fusillade du Champ-de-Mars renforce le clivage. Ce jour-là, une foule reprend une pétition plus énergique encore pour réclamer la déchéance du roi. La Fayette, qui commande la Garde nationale, est envoyé disperser la manifestation. La Garde nationale tire sur la foule causant la mort de 50 personnes. La scission est consommée. La très grande majorité des députés jacobins partent de ce club, sauf une dizaine, dont Robespierre et Pétion. Les autres sont effrayés des propositions révolutionnaires et des discours violents, entendus le 17 juillet1.

Décidé à contrebalancer l’influence de plus en plus grande des Républicains, le nouveau groupe inclut des personnalités comme Antoine Barnave ou Charles Malo et Théodore de Lameth.

Le couvent des Feuillants

Les membres de ce nouveau groupe se rassemblent dans l'église du couvent des Feuillants, situé rue Saint-Honoré, près des Tuileries, pour former une nouvelle Société des amis de la Constitution sise aux Feuillants, et à ce titre appelée communément le club des Feuillants. Ils sont rejoints rapidement par des membres du club de 17892.

Le local est très proche de la salle du Manège où siège alors l'Assemblée Nationale. Ceci permet aux députés de s'y réunir juste avant et immédiatement après les séances officielles. L’accès aux réunions du club des Feuillants est dans un premier temps réservé aux « citoyens actifs » c’est-à-dire aux contribuables payant l’impôt direct3.

En ville, dans l’hôtel particulier familial du Cul-de-sac Notre-Dame-des-Champs, paroisse Saint-Sulpice, le salon de Mme de Lameth devient lui aussi Feuillant, perdant du même coup définitivement certains habitués parmi lesquels Robespierre, qui le fréquentait les premières années de la Révolution4.

La présence des Feuillants au sein de la Législative

Caricature : un cocher feuillant tentant d’empêcher la voiture sortie du Manège constitutionnel d’aller se précipiter vers l’abîme.

En quittant les Jacobins, les membres de ce nouveau groupe des Feuillants s'emparent de copie des listes des sociétés correspondantes et s’en servent pour annoncer leur fondation aux sociétés des départements puis pour entrer aussitôt en relations avec elles.

Pour réagir contre cette division, Robespierre, l’abbé Grégoire et Rœderer s’empressent d’envoyer à l’Assemblée nationale une adresse rédigée avec beaucoup d’habileté et de dignité, dans laquelle ils exposent leur programme, protestent de leur respect pour la représentation nationale, de leur fidélité à la Constitution et de leur dévouement sans bornes à la Patrie et à la Liberté : « Voilà, disaient-ils en terminant, la devise sacrée qui doit rallier à nous tous les bons citoyens. » Cette adresse, unanimement adoptée le 18 juillet, est envoyée à tous les députés, à toutes les sociétés, aux 48 sections et aux 60 bataillons de la garde nationale. Une soixantaine de députés de la Constituante effectuent le chemin inverse, pendant l'été, de ce nouveau club des Feuillants vers leur ancien club des Jacobins1. Robespierre fait en outre décider que les Jacobins conservent leur titre de Société des amis de la Constitution, et avise dans chaque département les sociétés des Jacobins locales, les engageant à bien examiner et à bien réfléchir avant de prendre parti pour ou contre la scission.

Le 1er octobre 1791, l'Assemblée Législative, tout juste sortie des urnes, se réunit. Dans les rangs de cette nouvelle Assemblée nationale, 264 députés s'inscrivent aux Feuillants, 136 aux Jacobins, et 345 restent indépendants5. Parmi les Feuillants, Jean Antoine d'Averhoult, le baron Ramond de Carbonnières, le comte de Vaublanc, Bernard Germain de Lacépède, Bernard Journu-Auber, Jacques Claude Beugnot, Emmanuel de Pastoret, Mathieu Dumas, Joseph Vincent Dumolard. Une partie de ses personnalités les plus expérimentés sont également en dehors de l'Assemblée, du fait de la non-rééligibilité des Constituants6,note 1, notamment Antoine Barnave, Duport, La Fayette, Alexandre de Lameth, Le Chapelier, ou François Alexandre Frédéric de La Rochefoucauld-Liancourt.

L'évolution de leur influence

Caricature d'Antoine Barnave

Des défenseurs de la constitution

Décidés à appliquer strictement la Constitution de 1791, ils se refusent à amoindrir le pouvoir du roi, malgré la perte de confiance en celui-ci d'une partie significative de la population, à Paris et en province, après la fuite de Varennes, et se font les gardiens de la constitution de 1791. Mais ils sont souvent débordés par les initiatives inspirées par les Jacobins, Girondins ou Montagnards. Par ailleurs, l'entourage du roi les hait autant que les Jacobins. La reine, en particulier, les méprise, même s'ils ont la prétention de devenir les conseillers de la Cour de France7 et s'ils ont l'opportunité de pousser leurs hommes aux ministères, fin novembre et début décembre 17918. Louis XVI choisit ses ministres parmi eux, effectivement, mais leur cache ses correspondances avec les Cours étrangères et les princes émigrés9.

Un parti bousculé par les sections populaires

Le club des Feuillants, pour élargir son audience, et réagir sur les calomnies qui entourent ses séances aux accès limités, ouvre ses portes. Mais lorsque les réunions deviennent ainsi publiques, les sans-culottes décident de s'y rendre et y provoquent des tumultes. Fin décembre 1791, l’Assemblée législative en prend prétexte pour ordonner aux Feuillants de se transférer dans un autre local3. Ils se déplacent successivement à l'hôtel de Lusignan, rue des Bons-Enfants, à celui de Richelieu, et finalement à l'église du Cloître-Saint-Honoré, lieu un peu plus vaste que les précédents10. Mais ils n'y ont plus qu'une activité réduite, leur tribune devint déserte et leur influence décroît3.

Un parti divisé sur la question de la guerre

De novembre 1791 à avril 1792, la question de la guerre, fortement mise en avant par Brissot et les Girondins, divisent les membres du mouvement, entre le triumvirat constitué d'Antoine Barnave, Adrien Duport et Alexandre de Lameth, qui pensent que la guerre favorise les forces les plus extrêmes et les partis les plus révolutionnaires, et un général La Fayette, qui, influant au sein de l'armée, tergiverse sur ce thème de la guerre, s'inquiète des dangers extérieurs et espère peut être à l'occasion d'un conflit reprendre la main sur l'Assemblée nationale11. Jean Antoine d'Averhoult, Louis Ramond de Carbonnières, Jacques Claude Beugnot, Emmanuel de Pastoret, Louis Stanislas de Girardin appartiennent à la tendance menée par la figure du général La Fayette. Mathieu Dumas, Jean Antoine d'Averhoult, François de Jaucourt, Théodore de Lameth,Vincent-Marie Viénot de Vaublanc, Joseph Vincent Dumolard sont des proches du triumvirat5.

Barnave, attaché à la paix mais voyant le club des feuillants partagé sur la question, quitte Paris en janvier 1792.

En mars 1792, les Girondins dessaisissent les ministres feuillants de leur portefeuille en représailles à leur opposition à la guerre contre l’Autriche. Le 10 août, jour de l'arrestation du roi, 841 feuillants sont arrêtés et jugés pour trahison. Le 21 septembre 1792 l'abolition de la monarchie est prononcée par la Convention nationale. Les Feuillants sont alors définitivement balayés du jeu politique. Le 29 novembre 1793, leur chef Barnave monte à l’échafaud. Durant la Terreur, l'appartenance passée à ce mouvement est un motif de poursuite (accusation de « feuillantisme »). Leurs adversaires ayant donné le nom de « club monarchique » aux Feuillants, ce nom leur survécut quelques mois comme insulte synonyme de « modéré », « royaliste » et « aristocrate ».

Notes et références

Notes

  1. La non-rééligibilité des Constituants au sein de l'Assemblée Législative est une disposition obtenue par Robespierre dès le mois de mai 1791, et lourde de conséquence : la Constitution est privée d'avance de l'appui de ceux qui l'on faite, dans la nouvelle assemblée.

Références

  1. a et b Timothy Tackett - Le roi s'enfuit - 2004 - P.242
  2. Tulard et al - Histoire et dictionnaire de la révolution française - 1987
  3. a, b et c Étienne Cabet - Histoire populaire de la révolution française - 1839 - p.479.
  4. Olivier Blanc - Cercles politiques et « salons » du début de la Révolution - 2006
  5. a et b Albert Mathiez - La Révolution française - 1922 - p.179
  6. François Furet - La Révolution - 1999 - p.165
  7. Soboul, Suratteau et Gendron 2004, p. 452.
  8. François Furet - La Révolution - 1999 - p.190
  9. Étienne Cabet - Révolution de 1830 et situation présente expliquées et éclairées par les révolutions de 1789, 1792,... - p.28
  10. Edmond Biré - Journal d'un bourgeois de Paris pendant la Terreur - 1884 - volume II - p.176
  11. Encyclopédie Universalis - Club des Feuillants - 2011

Voir aussi

Sources

Sources du XXIe siècle et XXe siècle classées par date de parution.

  • David A. Bell (trad. Christophe Jaquet), La première guerre totale : l'Europe de Napoléon et la naissance de la guerre moderne [« The First Total War : Napoleon's Europe and the birth of warfare as we know it »], Seyssel, Champ Vallon, coll. « La chose publique », 2010, 401 p. (ISBN 978-2-87673-539-2, présentation en ligne [archive]).
  • Olivier Blanc, « Cercles politiques et « salons » du début de la Révolution (1789-1793) », Annales historiques de la Révolution française, no 344,‎ avril-juin 2006, p. 63-92 (lire en ligne [archive]).
  • Albert Soboul (dir.), Jean-René Suratteau (dir.) et François Gendron (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige. Dicos poche », 2004, XLVII-1132 p. (ISBN 2-13-053605-0, présentation en ligne [archive]), [présentation en ligne [archive]].
  • Timothy Tackett (préf. Michel Vovelle), Le roi s'enfuit : Varennes et l'origine de la Terreur, Éditions La Découverte, 2004, 286 p. (ISBN 978-2-7071-5075-2).
  • François Furet, La Révolution : 1770-1814, t. I, Éditions Hachette Littératures, coll. « Pluriel », 1999 (1re éd. 1965), 544 p. (ISBN 978-2-01-278881-7).
  • Anatoli Tirsenko, « Les Feuillants (à propos de l'histoire de la tradition libérale en France) », dans Jean-Paul Bertaud, Françoise Brunel, Catherine Duprat...[et al.] (dir.), Mélanges Michel Vovelle : sur la Révolution, approches plurielles / volume de l'Institut d'histoire de la Révolution française, Paris, Société des Études Robespierristes, coll. « Bibliothèque d'histoire révolutionnaire. Nouvelle série » (no 2), 1997, XXVI-598 p. (ISBN 2-908327-39-2), p. 201-206.
  • Frank Attar, La Révolution française déclare la guerre à l'Europe : 1792, l'embrasement de l'Europe à la fin du XVIIIe siècle, Éditions Complexe, 1992, 221 p. (ISBN 2-87027-448-3, présentation en ligne [archive]).
  • Jean Tulard, Jean-François Fayard, Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la révolution française, 1789-1799, Paris, Robert Laffont, 1987, 1212 p. (ISBN 2-221-04588-2).
  • Albert Mathiez, La Révolution française, Éditions Armand Colin (lire en ligne [archive]).
  • Jean Jaurès, Histoire socialiste de la Révolution française : La Législative, Éditions Rouff, 1901-1908 (lire en ligne [archive]).

Sources du XIXe siècle classées par date de parution.

  • Edmond Biré, Journal d'un bourgeois de Paris pendant la Terreur : 1793, vol. 2, J.Gervais, 1884, 392 p..
  • Étienne Cabet, Histoire populaire de la révolution française de 1789 à 1830 : précédée d'une introduction contenant le précis de l'histoire des Français depuis leur origine jusqu'aux États-généraux, Librairie Pagnerre, 1839.
  • Étienne Cabet, Révolution de 1830 et situation présente (nov. 1833) : expliquées et éclairées par les révolutions de 1789, 1792, 1799 et 1804 et par la restauration, Librairie Deville-Cavellin, 1833 (lire en ligne [archive]).

Sources sur le Web

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


20 août 2018

Dargent Yan'

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Yan' Dargent

 

Yan' Dargent

yan-dargent

260px-Lavandières

Yan' Dargent, Les Lavandières de la nuit, 1861, huile sur toile, 75 × 150 cm

Naissance
15 octobre 1824
Saint-Servais
Décès
19 novembre 1899 (à 75 ans)
Paris
Nom de naissance
Jean-Édouard Dargent
Nationalité
Français
Activités
Peintre, illustrateur
Enfant
Ernest Yan' Dargent
Distinction
Chevalier de la Légion d'honneur‎ (1877)

Jean-Édouard Dargent dit Yan' Dargent1 (Saint-Servais, 15 octobre 1824 – Paris, 19 novembre 1899) est un peintre et illustrateur français dont la majeure partie de l'œuvre picturale est consacrée à sa région natale, la Bretagne.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Les jeunes années
    • 1.2 Le peintre et l'illustrateur
    • 1.3 Histoire posthume
  • 2 Œuvres principales
    • 2.1 Œuvres picturales
    • 2.2 Illustrations de livres
  • 3 Bibliographie
  • 4 Notes et références
  • 5 Sources

Biographie

Les jeunes années

Son père, Claude Dargent, émigré lorrain, est tanneur, sa mère, Marguerite Perrine Clémentine Robée, fille de Pierre Robée aubergiste, tenait également le relais de poste et le débit de tabac ; à la Monarchie de Juillet, il devint maire. L'enfant n'a que deux ans quand sa mère décède. Son père se remarie à Saint-Pol-de-Léon2, et l'enfant est élevé par ses grands-parents. Pierre Robée, grand-père maternel, ancien marin, confie l'enfant à l'un de ses oncles, Thomas, vieux chouan, instituteur à Plouaret, où il aura comme condisciple François-Marie Luzel, poète, folkloriste, puis archiviste, qui restera son ami.

Il est d'abord élève au collège Saint-Joseph de Landerneau, puis en 1836 à l'institution Notre-Dame du Kreizker de Saint-Pol-de-Léon, où il fait des études médiocres, avant de rejoindre son père à Landerneau3.

Son grand-père voulait en faire un marin, mais Yan' préférait les mathématiques et le dessin.

En 1840, d'abord dessinateur à Brest dans l'entreprise de travaux publics Déniel, il entre après examen dans l'administration des Ponts et Chaussées, puis passe à la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest qui doit construire la ligne de chemins de fer entre Morlaix et Brest, où il est chargé de faire des relevés topographiques.

En 1846, alors inspecteur des travaux à la construction de chemin de fer de Montereau, sa rencontre avec Jules-Nicolas Schitz, professeur de dessin du lycée de Troyes, qui l'engage à développer ses talents, sera déterminante.
Considéré comme autodidacte, il n'a jamais fait partie d'une « école », ce qui a pu nuire à sa carrière.

Le peintre et l'illustrateur

En 1849, sa compagne, Aimée Louise Eulalie Crignou (ou Gignon), donne naissance à un fils, Ernest, que Yan' ne reconnaîtra qu'à la mort d'Aimée, en 1861.

En 1850, alors qu'il est pressenti par sa compagnie des chemins de fer pour la réalisation d'un chantier en Espagne, et, sur les instances réitérées du fils de l'éditeur Furne qui avait deviné ses talents, il donne sa démission pour se consacrer à son art d'illustrateur, et s'installe à Paris. Pendant dix ans il poursuit sa production artistique et expose tous les ans, sans succès, au Salon de Paris, à partir de 1851.

En 1861, aux côtés d'Évariste-Vital Luminais, Adolphe Leleux, Charles Fortin, Jules Noël, Octave Penguilly L'Haridon, il présente quatre tableaux (Les Lavandières de la nuit (ballade bretonne), Souvenir de collège, Les Pilleurs de Mer à Guissény, Pâtres des plaines de Kerlouan), ce que Maxime Du Camp, comme beaucoup d'autres, fait remarquer ironiquement : « Il y a à l'exposition une armée de Bretons qui bretonnent à qui mieux mieux »4. Au contraire, Théophile Gautier fait l'éloge des Lavandières de la nuit (aujourd'hui au musée des beaux-arts de Quimper)5,6. Sa renommée est faite.
À ce succès sans suite, il trouve, comme son ami et rival Gustave Doré, dans l'illustration de livres (au total environ 200), une rémunération plus régulière que la vente de ses toiles.

Il est aussi un illustrateur très fécond, pour des revues telles que le Magasin pittoresque, le Musée des familles, La vie à la campagne, ou La France illustrée.

Près de Saint-Pol-de-Léon, à Créac'h-André, il fait construire une villa, à l'endroit même où écolier à Saint-Pol, il venait en promenade le jeudi et le dimanche.

Le 3 juillet 1867, il épouse Eugénie Antoinette Stéphanie Mathieu, musicienne, fille du peintre Eugène Mathieu et directeur de la publication La France illustrée. De 1869 à 1878, il est chargé par le clergé de la décoration de plusieurs églises : Saint-Servais, Landerneau, Morlaix, Ploudalmézeau et surtout la cathédrale Saint-Corentin de Quimper dont il réalise l'ornementation de toutes les chapelles latérales, qui lui prendra sept ans.

Son œuvre est inégale, il connaît une période académique, mais il a aussi réalisé, en dehors des Lavandières de la nuit, son œuvre la plus célèbre, de superbes peintures comme la Petite Roscovite, qui se trouve exposée à la mairie de Saint-Pol-de-Léon. Il a également peint de magnifiques couchers de soleil sur les grèves de Roscoff, ainsi que de beaux tableaux sur les paysages du Léon.

Par décret du 8 février 1877, il est fait chevalier de la Légion d'honneur.

En décembre 1885, à la mort d'Eugénie Mathieu, il se fixe définitivement à Créac'h-André.

Lors de la création de l'Union régionaliste bretonne en 1898, il accepte d'être le premier président de la section des Beaux-Arts.

À la fin de sa vie, en proie à des difficultés financières, il sera accueilli par son fils.

Il meurt le 19 novembre 1899 à Paris, dit-on d'une embolie pulmonaire, et est enterré à Saint-Servais.

Histoire posthume

Tombe de Yan' Dargent à Saint-Servais

Avant sa mort, il avait demandé à être enterré à Saint-Servais, et que sa tête soit déposée dans l'ossuaire qu'il avait décoré, à côté des ossements de sa mère et de ses grands-parents, selon la pratique de l'époque. Un délai de cinq ans étant nécessaire pour les descendants, c'est le 8 octobre 1907 que son fils, Ernest Yan' Dargent, muni de l'approbation de l'évêque de Quimper et de Léon, fait ouvrir le cercueil afin de procéder à la décollation. Mais après huit ans, le corps est encore en bon état de conservation, et l'abbé Guivarc'h est obligé de trancher lui-même la tête. La belle-famille7, celle issue du second mariage de Claude Dargent, intente un procès, qui durera six mois, à Ernest et à l'abbé pour violation de sépulture, et abus de pouvoir de la part du fils, légataire universel. Le 26 juin, le tribunal correctionnel de Morlaix prononce l'acquittement, mais Ernest meurt quatre jours plus tard, sous le coup de l'émotion.

Le chef de Yan' Dargent est toujours enfermé dans un reliquaire en zinc, à droite de l'autel de l'ossuaire.

Un musée lui est consacré dans sa ville natale de Saint-Servais

De nombreux dessins du peintre sont conservés au musée départemental breton de Quimper (études préparatoires pour les fresques de la cathédrale de Quimper ; décors de céramiques). Le musée conserve également deux grands plats décorés par Yan' Dargent, exécutés à Quimper.

Il y a quelques années, toutes les fresques de la cathédrale de Quimper, réalisées par Yan' Dargent ont été restaurées. Cela a permis à ce peintre oublié de sortir de l'anonymat. Une étudiante de l'université de Brest lui a consacré sa thèse.

De nombreuses rues portent son nom en Bretagne.

Œuvres principales

Œuvres picturales

Poucette, illustration des Contes d'Andersen
Frontispice du Nouveau Robinson suisse, illustration de Yan' Dargent, gravée par Joliet.
  • Ancien calvaire de Killinen, près Quimper8
(huile sur toile, 99 × 60 cm - 1893)
  • Brizeux et Marie
  • Dahut enlevée par une lame
(huile sur toile, 202 × 160 cm, collection particulière)
  • Légende du Folgoët
  • La Falaise de Pen-Hir, Camaret
(fusain 96 × 57 cm, musée des beaux-arts de Brest)
  • Le Menhir
  • Le soir aux grèves de Roscoff
(huile sur toile, 49 × 80,5 cm, musée des beaux-arts de Brest - vers 1865-1870)
  • Le Travail8
(huile sur toile, 126 × 251 cm - 1875)9
  • Les Lavandières de la nuit8
(huile sur toile, 75 × 150 cm - 1861)
  • L'Intempérance8
(huile sur toile, 123 × 245 cm - vers 1870, musée des beaux-arts de Quimper)10
  • Mort du dernier barde breton
  • Saint Houardon (dans l'église Saint-Houardon de Landerneau)
(huile sur toile 253 × 487 cm - 1859)
  • Paysage à Goulven en Plounéventer
(huile sur toile, 88 × 120 cm, musée des Jacobins à Morlaix - 1899)
  • Soir en Plounéventer (huile sur bois, musée des beaux-arts de Vannes)
  • À la queue de l'étang de Brézal (1889, musée des beaux-Arts de Rennes)
  • Sauvetage à Guissény
  • Portrait de Prosper Proux8
(huile sur bois, 20 × 16 cm)
  • Un soir sur la lande
  • Vue de La Roche-Maurice
  • Tableaux dans l'église des Carmes, à Brest, et dans l'église de Ploudalmézeau
  • Fresques :
    • Landerneau, église Saint-Houardon
    • Quimper, cathédrale Saint-Corentin (fonds de dessins préparatoires au Musée départemental breton de Quimper)
   

Illustrations de livres

  • Christophe Colomb, éditions Palmer
  • Dante, éditions Garnier
  • Lourdes, éditions Lasserre
  • Contes des frères Grimm, éditions Garnier, 1921
  • Nouveaux contes bleus d'Édouard Lefebvre de Laboulaye, éditions Furne, Jouvet et Cie, 1868
  • Contes danois de Hans Christian Andersen, traduits par Ernest Grégoire et Louis Moland, éditions Garnier Frères, 1873
  • Nouveaux contes danois de Hans Christian Andersen, traduits par Ernest Grégoire et Louis Moland, éditions Garnier Frères, 1875
  • Les Souliers rouges et autres contes de Hans Christian Andersen, traduits par Ernest Grégoire et Louis Moland, éditions Garnier Frères, 1880
  • Le Robinson suisse, Le Nouveau Robinson suisse, éditions Hetzel, 1866
  • L'Espace céleste, par Emmanuel Liais, éditions Garnier
  • Histoire fantastique du célèbre Pierrot d'Alfred Assollant, éditions Furne et Boivin
  • La Révolution, par Adolphe Thiers, éditions Furne et Boivin
  • Vie des Saints, par Mgr Paul Guérin, éditions Victor Palmé, 1887
  • La Vie des fleurs et des fruits, Eugène Noël, Lévy frères, Paris, 1859
  • Histoire d'un bûche [archive], Jean-Henri Fabre, Garnier frères, 1867
  • Le monde des insectes, Samuel-Henri Berthoud, Garnier, 1869
  • Les Hôtes du logis, Samuel-Henri Berthoud, Garnier
  • L'Homme depuis cinq mille ans, Samuel-Henri Berthoud, Garnier, 1876
  • L'esprit des oiseaux [archive], Samuel-Henri Berthoud, Alfred Mame, 1867
  • Chasses dans l'Amérique du Nord, Bénédict-Henry Révoil, Alfred Mame, 1873

Bibliographie

  • Jean-Loup Avril, Mille Bretons, dictionnaire biographique, page 115, Les Portes du large, Saint-Jacques-de-la-Lande, 2002.
  • André Cariou, Dominique Radufe, Yan Dargent 1824-1899, monographie du musée des beaux-arts de Quimper, 1999.
  • Marcus Osterwalder (dir.), Dictionnaire des illustrateurs, 1800-1914 éditions Ides et Calendes, 1989. pages 284-285.
  • Georges Hanciau, Yan' Dargent – Peintre et dessinateur breton – Sa vie et ses œuvres, 1889.
  • Martine Plantec, Étude en noir et blanc, Yan' Dargent illustrateur de livres, Mémoire de maîtrise de l'histoire de l'art – Université de Rennes 2. Oct. 1986 (3 vol.)


Catalogues d'exposition :

  • Yan' Dargent, Bibliothèque municipale de Brest – sept.-oct. 1976.
  • Yan' Dargent, Landerneau – juin sept. 1989.
  • Yan' Dargent chez lui à Saint-Servais, Musée Yan' Dargent – été 1991.
  • Les lavandières de la nuit, Musée Yan' Dargent – été 1993.

Notes et références

  1. Plus tard, il préféra Yann, auquel l'élision d'un « n » oblige d'adjoindre une apostrophe, et signera Yan' Dargent. Son nom sera souvent orthographié « d'Argent » par les critiques d'art de son époque. Ce « D' » est sans raison.
  2. 1er décembre 1832 avec Marie Félicité Wangrevelynghe, âgée de 20 ans.
  3. N'ayant pas pu s'installer comme tanneur à Morlaix, Claude Dargent s'installe à Landerneau (1833-34).
  4. Le salon de 1861 [archive], Maxime Du Camp, A. Bourdilliat et Cie éditeurs, Paris, 1861.
  5. « Il y a un véritable sentiment fantastique dans Les Lavandières de la Nuit de M. Yan d'Argent. — On connaît cette légende bretonne de laveuses spectres, qui savonnent des linceuls avec du clair de lune sur la pierre des lavoirs et prient le passant égaré de les aider à tordre leur linge. C'est par ces nuits où des brumes blanches flottent au-dessus des prairies et des saulaies qu'on entend le bruit de leurs battoirs couper la note plaintive de la rainette dans le vaste silence de la campagne. — L'artiste a représenté, sur une toile de forme oblongue, les lavandières de nuit à la poursuite d'un pauvre paysan bas-breton, à qui la peur donne des ailes malgré ses grègues embarrassantes et ses lourds sabots. Mais l'haleine va bientôt lui manquer et il tombera mort dans une de ces flaques d'eau où, parmi les nénufars, flotte déjà un cadavre. L'essaim des laveuses nocturnes s'allonge derrière lui comme un banc de vapeurs, dessinant de vagues formes humaines, tendant de maigres bras armés de battoirs. Les vieux troncs de saules écimés se tortillent hideusement au bord de la route et prennent de monstrueuses apparences spectrales ; de leurs moignons informes, ils semblent vouloir retenir le fugitif ou le menacer. Cependant une lune blafarde jette son froid rayon sur cette scène de fantasmagorie, ébauchant çà et là, à travers l'obscurité des silhouettes inquiétantes ». Et Théophile Gauthier de conclure : « M. Yan d'Argent exprime le côté légendaire de cette Bretagne dont Adolphe Leleux, Luminais et Fortin rendent si bien le côté rustique ».
  6. Abécédaire du Salon de 1861 [archive], Théophile Gautier, E. Dentu éditeur, Paris, 1861.
  7. Félix et Hyacinthe Dargent, les demi-frères de Yan' Dargent.
  8. a, b, c, d et e Tableaux visibles au musée des beaux-arts de Quimper [archive]
  9. musée des beaux-arts de Quimper [archive]
  10. musée des beaux-arts de Quimper [archive]

Sources

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

19 août 2018

Daunou Pierre

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Pierre Daunou

 

Pierre-Claude-François Daunou

Daunou,_Pierre_-_1

Gravure représentant Pierre Daunou.

Fonctions
Député
 
Pair de France
 
Biographie
Naissance
18 août 1761
Boulogne-sur-Mer
Décès
20 juin 1840 (à 78 ans)
Paris
Sépulture
Cimetière du Père-Lachaise
Lieu de travail
Paris
Activités
Homme politique, archiviste, historien, professeur
Autres informations
A travaillé pour
Collège de France (1819-1830)
Membre de
Conseil des Cinq-Cents
Académie des sciences morales et politiques
Académie des inscriptions et belles-lettres
Distinction
Chevalier de la Légion d'honneur‎

Pierre Claude François Daunou est un homme politique, archiviste et historien français, secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, né à Boulogne-sur-Mer le 18 août 1761 et mort à Paris le 20 juin 1840.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Engagement politique
    • 1.2 Sous le Consulat et l'Empire
    • 1.3 Sous la Restauration
    • 1.4 Sous la monarchie de Juillet
  • 2 Œuvres
  • 3 Jugements et hommages
  • 4 Notes et références
  • 5 Sources
  • 6 Annexes
    • 6.1 Bibliographie
    • 6.2 Article connexe
    • 6.3 Liens externes

Biographie

Issu d’une famille qui fut protestante au XVIIe siècle, fils de Pierre Daunou, chirurgien de Boulogne-sur-Mer et de Marie-Antoinette-Péronne Sauzet, Pierre Daunou fut élève, puis professeur chez les Oratoriens. Ordonné prêtre en 1787, il enseigna les belles-lettres, la philosophie et la théologie dans plusieurs des collèges des Oratoriens. Il publia un discours sur l’Influence littéraire de Boileau (1787), qui fut couronné par l'Académie de Nîmes, et un Mémoire sur l'origine, l'étendue et les limites de l'autorité paternelle (1788), que distingua l'Académie de Berlin.

Engagement politique

À la Révolution française, il embrassa les idées nouvelles, et, ayant pris parti pour la constitution civile du clergé, devint grand-vicaire de l'évêque constitutionnel du Pas-de-Calais (1791). Le 9 septembre 1792, ce département l'envoya siéger à la Convention1, où il se distingua par sa modération. Opposé à la mise en jugement de Louis XVI, il publia des Considérations sur le procès de Louis XVI et, par esprit de modération, vota, le 20 janvier 1793, en faveur de la réclusion jusqu'à la paix suivie de la déportation2. Il traça un programme complet d'instruction publique et déposa une motion d'ordre sur le travail d'élaboration de la constitution (avril 1793).

Sa protestation contre l’arrestation des Girondins lui valut la prison – avec 72 autres conventionnels – le 3 octobre 1793. Il en sortit le 24 octobre 1794, après le 9-Thermidor. Libéré, il reprit sa place à la Convention thermidorienne où il figura parmi les onze députés chargés de la rédaction de la Constitution de l’an III (1795). Il présenta un rapport « sur les moyens de donner plus d'intensité au gouvernement », défendit le rapport sur la loi électorale, sur l'instruction publique et sur l'organisation de l'Institut de France. La loi du 3 brumaire an IV sur l'instruction publique est souvent désignée sous le nom de loi Daunou.

Secrétaire de la Convention le 1er nivôse an III (21 décembre 1794), président de l'Assemblée le 18 thermidor an III (5 août 1795), il fut nommé membre de l'Institut le 29 brumaire an IV (20 novembre 1795) et entra, le 23 vendémiaire suivant (14 octobre 1796), au Conseil des Cinq-Cents, dont il devint secrétaire le 1er germinal an V (21 mars 1797) puis président le 3 fructidor an VI (20 août 1798) après y avoir été réélu par le département du Pas-de-Calais le 23 germinal an VI (12 avril 1798). Il s'y occupa des questions d'instruction publique, de l'organisation du Tribunal de cassation, de la répression des délits de presse, de la loi électorale, etc. Envoyé en mission à Rome en 1798 après l'assassinat du général Duphot, il rédigea la Constitution de la République romaine. À la même époque, il fut nommé administrateur de la bibliothèque Sainte-Geneviève.

Sous le Consulat et l'Empire

Revenu en France au moment du coup d'État du 18 brumaire, auquel il collabora3, il fit partie, le 19 brumaire an VIII (10 novembre 1799), de la commission intermédiaire chargée du pouvoir législatif et contribua à la rédaction de la Constitution de l'an VIII. Il publia, à la demande de Bonaparte, un Essai historique sur la puissance temporelle des papes (1799).

Appelé au Conseil d'État le 3 nivôse an VIII (24 décembre 1799), il refusa ce poste et entra dès le lendemain au Tribunat, dont il devint le président. Son attitude jugée trop indépendante, ses discours contre l'autorité excessive des préfets et l'organisation des tribunaux spéciaux, le firent comprendre comme « idéologue » dans la première élimination de 1802.

Il refusa une nouvelle fois le Conseil d'État, ainsi que la direction de l'Instruction publique, et n'accepta que les fonctions d'archiviste du Corps législatif le 24 frimaire an XIII (15 décembre 1804) en remplacement de Camus et la croix de chevalier de la Légion d'honneur (1810).

D’esprit trop indépendant pour continuer à s’occuper de politique, il se consacra dès lors à l’organisation des bibliothèques et des archives et devint en 1804 Garde général des Archives de l'Empire, et censeur impérial en 1810. C'est lui qui communiqua les manuscrits originaux du poète André Chénier, alors méconnu, à l'éditeur et écrivain Henri de Latouche qui les publia en 1819.

Sous la Restauration

Daunou, Pierre - 2.jpg

Menacé, en décembre 1815, par le comte de Vaublanc d'être privé de ses fonctions aux archives, il écrivit au ministre qu'« il lui attribuait des opinions qu'il n'avait jamais eues »4. Il finit par perdre sa charge le 23 février 1816 (elle ne lui fut rendue qu'en 1830), mais fut élu en 1819 professeur au Collège de France à la chaire d'histoire et de morale. Ses leçons, pleines d'une érudition judicieuse et d'une ingénieuse critique, furent très suivies. Il devint également rédacteur en chef du Journal des Savants.

Élu député par le collège de département du Finistère le 25 mars 18195 en remplacement de Manuel qui avait opté pour la Vendée, il siégea dans l'opposition constitutionnelle. Il sortit de la Chambre au renouvellement de 1820 et n'y rentra que le 21 avril 1828, envoyé par les électeurs du 1er arrondissement du Finistère (Brest)6 en remplacement du comte de Kératry, qui avait opté pour Les Sables-d'Olonne. Il signa l'adresse des 221 contre le ministère Polignac et fut réélu le 23 juin 18307.

Sous la monarchie de Juillet

Après les Trois Glorieuses, la monarchie de Juillet lui rendit en 1830 ses fonctions de Garde général des Archives qu’il conserva jusqu’à sa mort en 1840 et dans lesquelles il laissa une telle empreinte qu’on parle encore aujourd'hui du « fauteuil de Daunou » pour désigner le poste de directeur des Archives.

À la suite de sa nomination aux Archives, Daunou avait obtenu de ses électeurs la confirmation de son mandat de député le 21 octobre 18308, et il en obtint le renouvellement le 5 juillet 18319. Il siégea jusqu'aux élections de 1834 et présenta à la Chambre des députés plusieurs rapports, entre autres sur l'instruction primaire (décembre 1831).

Membre de l'Académie des sciences morales et politiques lors de sa réorganisation en 1832, il devint secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres (1838) et fut élevé à la dignité de pair de France (7 novembre 1839) peu de temps avant sa mort.

Tombe de Pierre Daunou (cimetière du Père Lachaise, division 28)

Œuvres

Parmi les nombreuses publications de Daunou, on peut citer :

  • De l'influence de Boileau sur la littérature française, 1787
  • Étendue et limites de la puissance paternelle, 1788
  • Essai historique sur la puissance temporelle des papes, 1799
  • Continuation de l'Histoire de Pologne de Claude-Carloman de Rulhière, 1807
  • Continuation de la collection des Historiens de France, ouvrage commencé par le bénédictin dom Bouquet, et de l’Histoire littéraire de la France
  • Discours sur l'état des lettres au XIIIe siècle (Ducrocq, 1860)
  • Essai sur les garanties individuelles que réclame l'état actuel de la société, 1819

Il a publié aussi de nombreuses éditions, avec notices, de divers auteurs, tels que :

  • Nicolas Boileau, 1809 ;
  • Marie-Joseph Chénier, 1811 ;
  • Jean-François de La Harpe, 1826.

II a laissé un Cours d'études historiques, publié après sa mort par Alphonse-Honoré Taillandier et Gorré (1842-1849, 20 vol. in-8) : cet ouvrage, fruit des leçons qu'il faisait au Collège de France, traite de la « manière d'écrire l'histoire, des ressources de la critique historique ».

Jugements et hommages

Buste de Pierre Daunou par le sculpteur David d'Angers (1840).
  • Daunou fut, pour Bouillet, « remarquable par ses vertus privées et publiques ».
  • « Peu d'hommes politiques ont eu moins d'ennemis que Daunou, et peu de carrières littéraires ont été plus utilement et plus dignement remplies. » (Dictionnaire des parlementaires français)
  • Daunou a donné son nom à un collège de sa ville natale, ainsi qu’à un théâtre et à une rue du 2e arrondissement de Paris.

Notes et références

  1. 11e et dernier par 395 voix sur 731 votants
  2. Au deuxième appel nominal, il déclara : « Comme une simple mesure de sûreté générale à prendre sur un individu n'a pas besoin de la ratification du peuple, je dis non. » Au troisième appel nominal, il dit : « Les formes judiciaires n'étant pas suivies, ce n'est point par un jugement criminel que la Convention a voulu prononcer. Je ne lirai donc pas les pages sanglantes de notre code, puisque vous avez écarté toutes celles où l'humanité avait tracé les formes protectrices de l'innocence, je ne prononce donc pas comme juge. Or, il n'est pas de la nature d'une mesure d'administration de s'étendre à la peine capitale. Cette peine serait-elle utile ? L'expérience des peuples qui ont fait mourir leur roi prouve le contraire. Je vote donc pour la déportation, et la réclusion provisoire jusqu'à la paix. »
  3. Adolphe Thiers, Histoire de la Révolution française, tome X : « Directoire », chapitre XIX [archive] : « Ses frères [à Napoléon], ses conseillers habituels, Roederer, Réal, Regnault de Saint-Jean-d'Angély, Bruix, Talleyrand, lui amenaient tous les jours des membres du parti modéré et politique dans les conseils. C'étaient, dans les Cinq-Cents, Boulay (de la Meurthe), Gaudin, Chazal, Cabanis, Chénier ; dans les anciens, Cornudet, Lemercier, Fargues, Daunou. Leur avis à tous était qu'il fallait s'allier au vrai parti, au parti réformateur, et s'unir à Sieyès, qui avait une constitution toute faite, et la majorité dans le Conseil des Anciens. »
  4. cité par le Dictionnaire des parlementaires français
  5. 398 voix sur 626 votants et 960 inscrits contre 190 voix à M. Hersart de La Villemarqué
  6. 207 voix sur 324 votants et 384 inscrits
  7. 220 voix sur 316 votants et 363 inscrits contre 90 à l'amiral Baudin
  8. 236 voix sur 270 votants et 358 inscrits
  9. 244 voix sur 330 votants et 375 inscrits contre 75 au comte de Kératry

Sources

  • (en) « Daunou, Pierre-Claude-François », Encyclopædia Britannica, 2005 (Encyclopædia Britannica Premium)
  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Pierre Daunou » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, 1878 (Wikisource)
  • « Pierre Daunou », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]

Annexes

Bibliographie

  • François-Auguste Mignet a lu en 1843 l’Éloge de Daunou à l'Académie des sciences morales et politiques.
  • Victor Le Clerc et Benjamin Guérard lui ont consacré des Notices étendues.
  • Gérard Minart, Pierre Daunou, l'anti-Robespierre, Privat, 2001.
  • Gérard Minart, « Pierre Daunou : un libéral modéré au temps du fanatisme », Laissons Faire,n°7-8 [archive], janvier 2014.
  • Michel Pertué, « Les projets de déclaration de Daunou et Boissy d'Anglas », dans Les déclarations de l'an I : colloque, Poitiers, 2 et 3 décembre 1993, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Publications de la Faculté de droit et des sciences sociales de Poitiers » (no 28), 1995, 255 p. (ISBN 2-13-047225-7, notice BnF no FRBNF36688226), p. 37-53.

Article connexe

  • Loi Daunou

Liens externes

 Directoire (26 octobre 1795 – 9 novembre 1799)

18 août 2018

MARTIN Tristan

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

Tristan MARTIN

Titres: Insurgé Vendéen , Adjudant général, Commandant une division de l'armée de Bonchamps

  • Né le 9 août 1765 - Montrevault, 49, , ,
  • Décédé le 27 janvier 1826 - Saint-Pierre-Montlimart, 49, , , Château du Verger , à l’âge de 60 ans
  • Colonel vendéen, Maire de Montrévault de 1800 à 1805

martint[1]

Les vétérans des guerres de Vendée
62 portraits dessinés par David d'Angers

Beugnot Jacques Claude

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Jacques Claude Beugnot

 


Jacques-Claude Beugnot

220px-Jacques_Claude_Beugnot


Portrait de Beugnot en 1820.
Fonctions
Député de la Seine-Inférieure
4 octobre 1816 – 13 juillet 1820
Élection 4 octobre 1816
Réélection 11 septembre 1819
Gouvernement Decazes
Législature Chambre des députés
Groupe politique doctrinaires
Ministre d'État
1815 – 1830
Monarque Louis XVIII
Charles X
Ministre de la Marine
7 septembre 1814 – 12 septembre 1817
Ministre de l'Intérieur
3 avril 1814 – 2 mai 1814
Gouvernement Gouvernement provisoire de 1814
Prédécesseur Pierre-Victor Malouet
Successeur Denis Decrès
préfet du Nord
16 décembre 1813 – 2 avril 1814
Gouvernement Premier Empire
Ministre des Finances de Westphalie
18 août 1807 – 19 octobre 1813
Gouvernement Royaume de Westphalie
Préfet de la Seine-Maritime
8 mars 1800 – 11 mars 1806
Gouvernement Consulat
Député de l'Aube
8 septembre 1791 – 10 août 1792
Législature Assemblée législative
Groupe politique Plaine
Biographie
Date de naissance 25 juillet 1761
Lieu de naissance Bar-sur-Aube
Date de décès 24 juin 1835(à 73 ans)
Lieu de décès Bagneux
Nationalité Français
Profession Juge-mage

Jacques Claude, comte Beugnot, né le 25 juillet 1761 à Bar-sur-Aube, et mort le 24 juin 1835 à Bagneux, est un homme politique français.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Révolution française
    • 1.2 Premier Empire
    • 1.3 Restauration française
  • 2 Distinctions
  • 3 Armoiries
  • 4 Sources
  • 5 Notes et références

Biographie

Révolution française

Avant la Révolution, il était lieutenant-général du présidial de Bar-sur-Aube. En 1790, il devint procureur-général syndic du tout nouveau département de l'Aube, et fut élu par ce département à l'Assemblée législative, le 8 septembre 1791, le septième sur neuf, par 223 voix sur 350 votants. Il y siégea parmi les constitutionnels et fréquenta Danton. Le 25 novembre, il s'opposa à Albitte sur les mesures à prendre contre les prêtres réfractaires : « Si vous croyez qu'il soit indispensable d'établir, par une loi, l'ouverture des églises, je vous demande si vous ne reconnaîtrez pas aussi qu'il est indispensable d'établir, par une loi, la manière de s'y réunir ». Le 13 janvier 1792, il soutint le ministre Antoine François Bertrand de Molleville, contre le comité de la marine qui demandait un décret d'accusation ; le 20 janvier, il provoqua une demande d'explication à l'empereur Léopold II sur le traité de Pillnitz ; le 16 avril, il s'opposa au projet de Condorcet tendant à l'élection des agents de la trésorerie par le peuple et le 3 mai il proposa un décret d'accusation contre les journalistes incendiaires, qui amena l'arrestation de Marat et de l'abbé Royou, ce qui lui valut la haine des Jacobins.

Après le 10 août 1792, il ne reparut plus à l'assemblée, fut arrêté et emprisonné en octobre 1793, d'abord à la Conciergerie1 puis à La Force à partir du 26 décembre de la même année2, d'où il ne sortit qu'après la chute de Robespierre.

Premier Empire

Il entra en relation avec la famille Bonaparte et, après le coup d'État du 18 brumaire, devint conseiller de Lucien Bonaparte, alors ministre de l'intérieur, et il eut notamment comme mission de désigner les nouveaux préfets. Le 11 ventôse an VIII, il s'adjugea la préfecture de Rouen, qu'il conserva jusqu'au 11 mars 1806. Le 25 prairial an XII, il avait été nommé membre de la Légion d'honneur.

En 1807, il fut chargé de l'organisation du nouveau royaume de Westphalie et fut nommé ministre des finances de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie. En 1808, il devint administrateur du grand-duché de Berg, chevalier de l'Empire, le 6 juin, officier de la Légion d'honneur, le 3 décembre 1809 et comte de l'Empire, le 24 février 1810. Il proposa le conseiller von Bülow pour lui succéder au ministère des Finances de Westphalie.

Restauration française

De retour en France, en 1813, il devint préfet à Lille et, en 1814, ministre de l'intérieur du gouvernement provisoire. À la demande de Talleyrand, il rédigea une longue allocution à l'occasion de l'entrée à Paris du comte d'Artois ; Talleyrand n'en retint que la phrase : « Il n'y a rien de changé en France, il n'y a qu'un Français de plus », ce qui lui valut les plus vives protestations du comte d'Artois.

Une ordonnance de Louis XVIII nomma Beugnot, le 7 juin 1814, directeur général de la police. Il rétablit les processions et le repos obligatoire du dimanche. Il devint ministre de la marine alors que Napoléon Bonaparte rentrait de l'île d'Elbe. Beugnot accompagna le roi à Gand et, à son retour, reçut, le 9 juillet 1815, la direction générale des postes, qui lui fut bientôt retirée, sans doute à cause de son manque de soutien aux ultra-royalistes, pour une fonction plutôt honorifique de ministre d'État.

Le 4 octobre 1816, il fut élu député de la Seine-Inférieure et siégea avec les libéraux, alors appelés « doctrinaires », petit parti qui, selon ses dires « tiendrait tout entier sur mon canapé ». Le 24 avril 1817, il est fait Grand officier de la Légion d'honneur et, le 16 juin, il devint directeur général de la caisse d'amortissement.

Le 11 septembre 1819, il fut réélu député et se rapprocha du ministère Decazes. Il contribua au rejet de la proposition de Barthélemy, qui avait pour but de restreindre les droits électoraux et défendit la liberté de la presse, qu'il combattit un peu plus tard.

En 1820, il donna sa démission de député et se retira de la vie publique. Il a laissé des Mémoires. Entre autres, il y prétend avoir fourni le texte de la déclaration adressée par le roi au peuple français avant son retour en France - mais il est connu à présent que c'est un autre texte qui fut adopté.

En 1830, il fut fait Pair de France par Charles X, confirmé par Louis-Philippe après la Révolution de Juillet.

Il prétendait que son père et l'abbé de Langres avaient tiré la comtesse de La Motte de la misère.

Les papiers personnels de Jacques Claude Beugnot sont conservés aux Archives nationales sous la cote 40AP 3

Distinctions

  • Légion d'honneur4 :
    • Légionnaire (25 prairial an XII), puis,
    • Officier (30 décembre 1809), puis,
    • Commandant (30 juin 1811), puis,
    • Grand officier (24 avril 1817), puis,
    • Grand-croix de la Légion d'honneur (1er mai 1821).

Armoiries

Figure Blasonnement
Orn ext chevalier de l'Empire CLH.svg
Blason à dessiner.svg
Armes du chevalier Beugnot et de l'Empire (lettres patentes du6 juin 1808).

Tiercé en fasce: d'argent à un chevron d'azur accompagné de trois raisins de gueules; de gueules au signe des chevaliers légionnaires, et d'un échiqueté d'or et d'azur.5

Orn ext comte de l'Empire ComLH.svg
Blason à dessiner.svg
Armes du comte Beugnot et de l'Empire (lettres patentes du24 février 1809).

Coupé ; le premier parti à dextre du quartier des comtes conseillers d'État, et de gueules au signe des chevaliers ; le deuxième d'argent au chevron d'or accompagné de trois grappes de raisin de gueules.5

  • Livrées : les couleurs de l'écu.
Orn ext Comte (baron-pair) GCLH.svg
Blason à dessiner.svg
Armes du comte Beugnot, pair de France (baron-pair héréditaire le 27 janvier 1830, lettres patentes du 8 mai 1830)6,

Écartelé aux 1 et 4 d'argent au chevron d'or accompagné de trois grappes de raisins de sinople au 2 d'azur à un livre ouvert d'argent au 3 d'azur à une ancre d'argent.5

ou

D'azur, au chevron de gueules accompagné de trois grappes de raisin de sable, feuillées de sinople, au chef d’azur chargé d’un rouleau d’argent.6

Sources

  • Archives parlementaires de 1787 à 1860 : recueil complet des débats législatifs et politiques des Chambres françaises. Première série, 1787 à 1799. Tomes : XXXIV, XXXVII, XLI, XLII et LI.
  • (en) « Jacques Claude Beugnot », dans Encyclopædia Britannica, 1911 [détail de l’édition] [lire en ligne [archive]]

Notes et références

  1. Biographie des ministres Français : depuis juillet 1789 jusqu'à ce jour, H. Tarlier - Grignon, 1826 (lire en ligne [archive]), p. 22
  2. Charles-Aimé Dauban et François de Jourgniac Saint-Méard, Les prisons de Paris sous la révolution, H. Plon, 1870, 483 p. (lire en ligne [archive]), p. 170
  3. https://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/pog/consultationPogN3.action?nopId=c614y13tcmj-1d5c6whvsbmjy&pogId=FRAN_POG_06&search= [archive]
  4. « Cote LH/227/71 » [archive], base Léonore, ministère français de la Culture
  5. a, b et c passepoil.fr Héraldique napoléonienne, Département du Nord [archive]
  6. a et b (en) François Velde, « Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) » [archive], Lay Peers, sur www.heraldica.org, 27 septembre 2005 (consulté le 26 mai 2011)


17 août 2018

Cottin Sophie

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

 

Sophie Cottin

 

Sophie Cottin

220px-Sophie_Cottin

Gravure de Bertonnier

Nom de naissance Marie Ristaud
Naissance 22 mars 1770
Tonneins, Lot-et-Garonne
Décès 25 août 1807 (à 37 ans)
Paris
Activité principale
Femme de lettres, romancière
Auteur
Langue d’écriture Français
Mouvement Préromantisme
Genres
Roman

Sophie Cottin née Marie Ristaud1, née à Tonneins le 22 mars 1770 et morte à Paris le 25 août 1807, est une femme de lettres française.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Composition
  • 3 L’écriture féminine
  • 4 Notes
  • 5 Œuvres
  • 6 Sources
  • 7 Liens externes

Biographie

Élevée à Tonneins, puis à Bordeaux, par une mère éprise de littérature et d’art, la jeune Sophie Ristaud partage aisément cette passion. Douée d’un caractère réfléchi, d’une âme tendre et mélancolique, Sophie Ristaud accorde de bonne heure sa préférence aux pensées graves sur les affaires futiles. Sa conversation avait plus de solidité que d’éclat ; et comme, d’ailleurs, elle ne recherche nullement les suffrages du monde, rien ne fait soupçonner en elle ces dispositions brillantes et cette imagination si vive qui devaient se révéler plus tard dans son œuvre.

Mariée, en 1790, dès l’âge de vingt ans au jeune M. Jean Paul Marie Cottin, riche banquier de Paris, qui quitte Bordeaux pour venir habiter un luxueux hôtel de la capitale, rue du Mont-Blanc. L’accomplissement de ses devoirs, les soins de sa maison l’empêchent d’abord de se livrer à son goût naturel, mais loin d’éblouir Sophie Cottin, le tourbillon du monde n’entraîne pas son jeune âge. Au milieu de la société brillante qui l’entoure, elle garde ses goûts simples et modestes et sait apprécier à sa juste valeur les agitations du monde. Recueillie en elle-même, elle trouve au fond de son cœur des jouissances mille fois plus pures et plus vraies. Ne rompant pas absolument avec le monde, elle sacrifie volontiers ses goûts à ses devoirs en se partageant entre l’étude et les rapports de société. Son instinctive charité, son inépuisable sollicitude pour le malheur, que le hasard d’une grande fortune lui permet de satisfaire à tout instant et sans réserve la rattache surtout aux choses du dehors.

Trois ans après, en 1793, au plus fort de la Révolution, Cottin éprouve un tel saisissement d’avoir été dénoncé au club des Jacobins comme aristocrate que ceux qui viennent pour l’arrêter, le lendemain matin (le 14 septembre 1793), le trouvent mort dans son lit. Sophie Cottin reste veuve à vingt-trois ans et, de plus, à peu près ruinée ; la Révolution a mis le désordre dans les affaires de son mari, et elle a versé, en vain, une partie de sa fortune, à Fouquier-Tinville, président du Tribunal révolutionnaire, pour tenter de sauver deux membres de sa famille de l’échafaud. Après liquidation, elle a tout juste de quoi vivre à Champlan, dans la vallée d’Orsay.

C'est dans cette maison qu'elle a le courage de cacher Vincent-Marie de Vaublanc qui a été condamné à mort par contumace le 25 vendémiaire, 17 octobre 1795, en tant que chef de la section royaliste du Faubourg Poissonnière. Sophie Cottin le reçoit par amitié pour Jean-Baptiste-Marie-François Bresson et sa femme2.

« Je trouvai encore mon digne ami, le généreux M. Bresson. Il me conduisit chez lui, et de là à la campagne, chez madame Cottin, dont sa femme était l'amie. J'y reçus la plus généreuse hospitalité3. »

La mort imprévue de son mari détermine tout à fait de la destinée de Sophie Cottin. La coïncidence de ce deuil avec les évènements politiques du moment ne fait qu’accroître l’aversion de Sophie Cottin pour le monde et son goût naturel pour la retraite. Son caractère, habituellement triste et rêveur, emprunte de son affliction même une teinte encore plus mélancolique et pleine de charme. À peine âgée de vingt ans, elle en est à ne plus poursuivre l’apaisement de ses chagrins que dans l’amitié et l’étude. Privée d’enfants par un accident particulier à sa santé, et ne pouvant donc devenir mère, elle préfère s’isoler dans le deuil du veuvage plutôt que de se remarier.

Un modique revenu suffit à ses simples besoins. Jusque-là Sophie Cottin n’a guère eu l’idée de produire des ouvrages en public, et semble même pressentir assez peu son talent. Elle se contente d’épancher en secret les trésors de son imagination et de sa sensibilité; jetant çà et là sur le papier avec une grande facilité naturelle, et pour le seul besoin de son cœur, ses pensées de jeune femme. Ses amis et sa famille même ignorent ces prémisses du talent que dissimule sa modestie. Comme elle dédaigne l’occasion de faire briller son esprit, et n’éclate jamais en saillies vives et abondantes, on la juge une femme admirablement simple et sensée, mais rien de plus, et sans apercevoir, sous son simplicité apparente, les germes efflorescents d’une riche organisation.

Une circonstance peu importante révèle tout à coup son mérite ignoré. Sophie Cottin entretient avec une de ses cousines une correspondance suivie dans laquelle elle déploie sans effort, et au courant de la plume, tous les charmes de son imagination, toute l’éloquence de son cœur. Cette cousine a été naturellement frappée à la lecture des lettres de sa jeune parente et avait obtenu d'elle la communication de quelques manuscrits4. Arrivée à Paris, et surprise de voir que de si brillantes facultés restent méconnues, elle donne sans peine les preuves de sa vive et juste admiration. Mais ceci n’altère pas la pudique réserve Sophie Cottin qui n’ambitionne que de plaire à ceux qui l’entourent. Le public l’effarouche, c'est pourquoi elle résiste longtemps aux plus instantes sollicitations avant de céder à une publicité dont elle n’ignore pas les dangers en franchissant le cercle étroit de l’intimité pour affronter le plein jour.

De premières et secrètes esquisses, des fragments, des essais divers, ont mis Sophie Cottin sur la trace définitive du genre qui l’attire plus spécialement. Le cœur rempli d’idées, ne puisant à d’autre source qu’elle-même, écrivant avec facilité et abandon, son rôle est tout d’abord d’exprimer des sentiments naturels, sincères, vifs, profonds, jaillissants. Le pathétique vrai et plein d’ardeur qui anime les ouvrages de Sophie Cottin émane de cette intime fusion de la mélancolie, de la vertu et de l’amour, éléments simples, mis en œuvre naturellement et presque sans art.

Une bonne action est l’occasion pour Sophie Cottin d’exprimer enfin un talent qu’elle ignore encore lorsqu’un de ses amis, par suite des événements de l’époque et de quelques revers particuliers, est proscrit. Les ressources pécuniaires de Sophie Cottin sont alors peu étendues, mais, en quelques semaines, elle écrit Claire d'Albe, et le produit de ce roman, créé sous l’impression en quelque sorte d’un récit confidentiel, et rédigé tout d’un trait, en moins de quinze jours, sans retouche ni hésitation, est publié sans nom d’auteur en 1798. Les sommes qu'il rapporte seront consacrées à soulager l’infortune de son ami obligé de quitter la France.

Sophie Cottin a relaté les circonstances qui ont donné lieu à ce premier ouvrage : « Le dégoût, le danger ou l’effroi du monde, dit-elle, ayant fait naître en moi le besoin de me retirer dans un monde idéal, déjà j’embrassais un vaste plan qui devait m’y retenir longtemps, lorsqu’une circonstance imprévue, m’arrachant à ma solitude et à mes amis, me transporta sur les bords de la Seine, aux environs de Rouen, dans une superbe campagne, au milieu d’une société nombreuse. Ce n’est pas là que je pouvais travailler, je le savais : aussi avais-je laissé derrière moi tous mes essais. Cependant la beauté de l’habitation, le charme puissant des bois et des eaux, éveillèrent mon imagination et remuèrent mon cœur. Il ne me fallait qu’un mot pour tracer un plan, ce mot fut dit par une personne de la société, etc. » Sa modestie redoutant l’éclat et le bruit, ses ouvrages suivants ne portent longtemps d’autre indication que : « par l’auteur de Claire d’Albe ».

Le grand succès de Malvina (1800), composition animée d’une vive sensibilité, et le triomphe encore plus éclatant du roman Amélie Mansfield (1802), ne permettent plus à Sophie Cottin de garder le secret sur sa condition d’auteure que les préjugés de son époque regardent de façon si défavorable. Toutefois, en acceptant le renom d’écrivaine, Sophie Cottin ne répond jamais aux critiques de ses productions qu’en cherchant à les perfectionner. Néanmoins, bien que joignant à son talent de prosatrice celui de composer des vers agréables, jamais elle ne consent à les imprimer, car elle songe que quelques bons sentiments pourraient naître de la lecture de ses ouvrages alors qu’elle se serait crue sans excuses de ne chercher qu’une réussite d’amour-propre dans la publication de poésie.

Élisabeth ou les Exilés de Sibérie (1806), production la plus touchante de Sophie Cottin, ajoute encore à sa renommée. Mathilde ou Mémoires tirés de l’histoire des croisades n’est sans doute que le premier essai d’un plus vaste dessein romanesque, mais le terme de ses travaux, et bientôt de ses jours, est déjà marqué. Une maladie mortelle, accompagnée de souffrances de plusieurs mois, vient l’atteindre dans la retraite qu’elle s’était choisie. On a dit qu’une passion ardente et non partagée en aurait été la première cause. Peut-être est-ce l'amitié de Pierre Hyacinthe Azaïs, qu'elle fréquente lors de son séjour à Bagnères-de-Bigorre.

Les romans de Sophie Cottin ont connu au XIXe siècle de nombreuses éditions. Toujours préoccupée du désir d’être utile, elle laisse inachevé un ouvrage intitulé La Religion prouvée par le sentiment, qui explique comment, née dans le culte réformé, elle exalta souvent le catholicisme, dont elle se complaît à décrire avec enthousiasme les cérémonies et les pratiques.

Tombe au cimetière du Père-Lachaise.

On joint d’ordinaire aux œuvres de Sophie Cottin un petit poème en prose intitulé La Prise de Jéricho, composé dans l’intervalle d’un roman à l’autre, et d’abord inséré dans le premier volume des Mélanges de Jean-Baptiste Suard. Dans ce récit des aventures de la juive Rahab, Sophie Cottin tente d’imiter le langage de la Bible et le style figuré de l’Orient.

Une maladie cruelle vient surprendre Sophie Cottin au milieu des projets, des perfectionnements qu’elle ne cesse de méditer. Après trois mois de souffrances aiguës qu'elle supporte avec résignation, elle meurt, âgée de trente-sept ans, n'a pas le temps d'achever un roman sur l’éducation, dont elle attendait la seule gloire à laquelle, dans sa pensée, une femme put prétendre. Sa tombe se trouve au Père-Lachaise, 39e division.

Le 28 août 1910, un monument de Jean Escoula a été inauguré en son honneur.

Composition

Sophie Cottin puise au fond de son cœur les éléments essentiels de sa composition, le principe des idées et des sentiments qu’elle développe ensuite avec charme et vigueur. Méditant beaucoup et observant peu, indifférente à ce qui s’agite autour d’elle dans le monde, ignorant ou dédaignant les artifices de la société, elle s’attache à produire des caractères plus qu’à esquisser des portraits, et rejetant le détail des mœurs, s’enferme discrètement dans l’analyse psychologique. Son esprit n’est guère frappé par les travers et les ridicules du monde. Elle sait bien plutôt l’art de rendre avec énergie et vérité les sentiments divers qui agitent l’âme en proie à la passion. Elle peint avec sensibilité l’amour qu’elle paraît surtout se plaire à le montrer noyé dans les larmes, enchaîné, brisé par de dures entraves et luttant amèrement contre le malheur, pour en démêler avec tact les changeantes couleurs et jusqu’aux nuances les plus fugitives.

Elle conçoit lentement le plan de ses ouvrages, pour être ensuite les rédiger avec une rapidité entraînante. Ses romans abondent en situations où domine l’effet tragique. Ils relèvent d’une inspiration à la fois naïve et profonde. Hâtif, nullement travaillé, le style de l’œuvre de Sophie Cottin est celui d’une écrivaine qui écrit au courant de la plume et sans art.

En dépit des critiques de certaines de ses semblables, dont Félicité de Genlis, qui se montre, surtout vers la fin de sa vie, la détractrice acharnée du mérite et du caractère même de Sophie Cottin, elle est l’objet d’une affection à peu près générale et elle n’obtient pas moins de partisans à l’étranger, où elle est souvent traduite et louée avec effusion. Lady Morgan, interprète enthousiaste de l’admiration anglaise pour Mme Cottin, eut l’idée, pendant son voyage en France, d’aller visiter le séjour embelli par une femme dont elle garde pieusement la mémoire : « Lorsque j’arrivai en France, écrit lady Morgan, elle aussi, dont je ne puis prononcer le nom que d’une voix attendrie et sans qu’une larme vienne mouiller ma paupière, la sublime, la tendre Sophie Cottin, douée du véritable génie de la femme, n’existait plus, et je ne trouvai que l’histoire de ses vertus là où je cherchais les traces de sa vie. »

Lady Morgan voulut voir par ses yeux les bosquets verdoyants de cet ermitage de la vallée d’Orsay, où fut créé, dit-on, le caractère si brillant de Malek-Adhel. Mal renseignée sur le lieu précis, elle imagina de s’informer auprès d’un paysan, en lui rappelant une circonstance déplorable qui avait produit dans le pays une impression fort vive. Un jeune parent de Sophie Cottin, épris pour elle d’un amour violent, s’était tué d’un coup de pistolet aux alentours de son habitation. Bien que dépourvue de beauté et même de coquetterie, l’expression touchante de ses traits, le charme involontaire dans son air préoccupé et doucement rêveur, la mélancolie de son regard, et la sensibilité dans son accent, qui faisait qu’on ne pouvait entendre ou voir sans intérêt une Sophie Cottin aurait, en effet, inspirée diverses passions très profondes, dont une autre encore aboutit, assure-t-on, au suicide par désespoir.

L’écriture féminine

Sophie cottin, née risteau.jpg

Singulièrement, l’opinion de Sophie Cottin est assez peu favorable aux femmes qui écrivaient. Quoique ayant beaucoup écrit elle-même, Sophie Cottin ne juge pourtant pas qu’une femme dût écrire. Sa censure est d’ailleurs empreinte d’une si parfaite bonne foi qu’elle s’en rend elle-même l’irrémissible objet, se repentant toujours d’avoir publié des romans, surtout des romans de passion : « Lorsqu’on écrit des romans, disait-elle, on y met toujours quelque chose de son propre cœur : il faut garder cela pour ses amis. » Sophie Cottin avait traité un jour expressément cette question des femmes de lettres dans un chapitre de Malvina, avec des conclusions, sinon absolues, du moins fort restrictives. Même si ce passage est supprimé, par la suite, par déférence pour des amis qui le taxèrent d’inconséquence, Sophie Cottin n’en garde pas moins un sentiment, tenant à d’intimes scrupules de conscience, qui est celui de sa vie entière. Elle craint pour la femme engagée dans l’arène littéraire l’écueil du pédantisme ou du bel esprit, le danger de peindre soit la réalité de ses passions et de ses faiblesses, soit la prétention mal déguisée de ses vertus, et, en tout cas, d’étaler aux regards scrutateurs de la malignité, ainsi qu’un livre ouvert à toutes les pages, les plus secrets replis et les coins les plus dérobés de son cœur. Dans sa conviction, la mère de famille et l’épouse destinées à former des hommes ne peuvent sans faillir prétendre à les amuser et à les distraire. En ce qui touche même les ouvrages d’une utilité réelle, il lui semble que la mère s’occupant à disserter sur l’importance des devoirs faisait abandon des siens propres, et que, pour traiter à loisir de l’éducation, elle livre ses enfants à des mains mercenaires. Elle admet volontiers qu’une femme écrive à ses heures, par manière d’apaisement et de simple distraction, tout comme elle travaille à l’aiguille, peint une aquarelle ou joue du clavecin : encore exige-t-elle une entière indépendance, l’affranchissement nécessaire de tout lien étroit et rigoureux.

Notes

  1. Dezobry et Bachelet, Dictionnaire de biographie, t.1, Ch.Delagrave, 1876, p. 689
  2. Bresson et sa femme Marie Farges s'étaient connus dans les salons de Sophie Cottin.
  3. Memoires de M. le comte de Vaublanc,Vincent Marie Viénot Vaublanc, François Barrière, éd. Firmin Didot et cie., 1857.
  4. Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle par Pierre Larousse [archive]

Œuvres

  • Claire d’Albe, Paris : Maradan, 1800, 4 vol., in-12
  • Malvina , Paris : Maradan, 1800, 4 vol., in-12
  • Amélie Mansfield, Paris : Maradan, 1802, 4 vol., in-12
  • Mathilde ou Mémoires tirés de l’histoire des croisades, Paris : Giguet et Michaud, 1805, 6 vol., in-12
  • Élisabeth ou les Exilés de Sibérie, Paris : Giguet et Michaud, 1808, 2 t. en 1 vol., in-12
  • Oeuvres complètes, Paris : Foucault, 1817, 8 vol., in-12
  • Œuvres complètes de Mme Cottin, Bellavoine, libraire, Paris, 1825, 12 vol.

Sources

  • Beauvais de Préau, Barbier, Dictionnaire historique, éd. Gosselin, 1829
  • Dessalles-Régis, Revue de Paris, p. 213-77.
  • Ferdinand Hoefer, Nouvelle Biographie générale, t. 12, Paris, Firmin-Didot, 1855, p. 137-9.
  • Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1876, p. 533.
  • Fernand de Cardaillac, Madame Cottin à Bigorre; 1909, Gallica.
  • Madame de ClauzadeUne oubliée: Madame Cottin d'après sa correspondance, éd. Plon-Nourrit, 1914.
  • (en) Michael J. Call, Infertility and the novels of Sophie Cottin, èd. University of Delaware Press, 2002, (ISBN 0874138078)
  • Brigitte Louichon, Romancières sentimentales, éd. Presses Universitaires de Vincennes, 2009, (ISBN 2842922395)
  • Huguette Krief (red.), Vivre libre et écrire: Anthologie des romancières de la période révolutionnaire, 1789-1800, éd. Presses Paris Sorbonne, 2005, (ISBN 2840503832)
  • Patrick Cabanel, « Cottin Sophie, née Marie Risteau », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. 751-752 (ISBN 978-2846211901)

Liens externes

Posté par blonjacky à 00:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

16 août 2018

Émeutes de décembre 1790 à Aix-en-Provence

Clic pour voir sa notice sur son nom couleur orange


Émeutes de décembre 1790 à Aix-en-Provence

Émeutes de décembre 1790
à Aix-en-Provence

220px_Pascalis_Guiramand

Pendaison de Pascalis, La Roquette et Guiramand sur le cours Mirabeau.

Date 11-14 décembre 1790
Lieu Aix-en-Provence
Résultat Pascalis, La Roquette et Guiramand sont pendus sur le cours Mirabeau.

Les émeutes de décembre 1790 à Aix-en-Provence sont un mouvement insurrectionnel provoqué par l'affrontement de plusieurs clubs patriotiques avec des sociétés monarchiques au début de la Révolution française. Durant plusieurs jours, la ville d'Aix-en-Provence est en émoi. Les troubles sont provoqués par un discours de l'avocat Jean Joseph Pierre Pascalis qui se plaint des désordres menés par les patriotes et appelle au retour de la constitution provençale d'Ancien régime. Le mouvement se solde par la mort de plusieurs protagonistes, dont celle de Pascalis, lynché par la foule sur le cours Mirabeau.

Sommaire

  • 1 Contexte
    • 1.1 Le discours du 27 septembre
    • 1.2 Réactions locales au discours du 27 septembre
    • 1.3 La conspiration du Sud-Est
  • 2 Chronologie
    • 2.1 Samedi 11 décembre
    • 2.2 Dimanche 12 décembre
    • 2.3 Lundi 13 décembre
    • 2.4 Mardi 14 décembre
  • 3 Récit ultérieur
  • 4 Annexes
    • 4.1 Notes et références
    • 4.2 Bibliographie
    • 4.3 Articles connexes

Contexte

Portrait de Jean Joseph Pascalis peint par Joseph Villevieille vers 1900.

L'Assemblée départementale des Bouches-du-Rhône s'installe à Aix le 20 juillet 17901. Cette création a pour conséquence le démembrement de l'ancienne administration provençale. L'article 10 du décret du 2-10 septembre 1790 provoque la suppression du Parlement de Provence. Sous le coup d'une vive colère devant l'état de ruines des anciennes institutions de la province, l'avocat aixois Jean Joseph Pierre Pascalis décide dans ces conditions de se retirer des affaires politiques et du barreau2.

Le discours du 27 septembre

Le 27 septembre, il entre en robe au palais du Parlement en compagnie de plusieurs avocats. Annoncé par l'huissier, il prononce un discours qui aura des conséquences majeures, discours que certains historiens qualifient « des plus séditieux3 ».

« Messieurs,
« Les édits du 8 mai 1788 me forcèrent comme administrateur du Pays, de consigner dans vos registres les réclamations d un peuple jaloux de sa Constitution et de sa liberté idolâtre des vertus de son Roi.
« Dans des circonstances plus désastreuses je viens remplir un ministère non moins imposant et, au nom d'un Ordre qui s'honore toujours de seconder vos efforts pour le maintien des droits du Pays, déposer dans votre sein les alarmes des vrais citoyens.
« Si le peuple, dont la tête est exaltée par des prérogatives dont il ne connaît pas le danger, dont le cœur est corrompu par le poison des idées républicaines, souscrit au renversement de la Monarchie, à l'anéantissement de notre Constitution, à la destruction de toutes nos institutions politiques ;
« S'il applaudit à la proscription de votre Chef, qu'il surnomma son ami à la dispersion de la Magistrature, qui veilla sans cesse pour son bonheur, et à l'anarchie qui exerce déjà ses ravages ;
« Si, dans l'excès de son aveuglement, il se refuse au vœu de cette foule de communautés, supportant de 13 à 1400 feux (moitié des charges du Pays) qui ont inutilement sollicité la convocation de nos États ;
« Enfin, si pour comble d'infortune, il provoqua les calamités de toute espèce qui l'affligent, plaignons ses erreurs, gémissons sur le délire qui l'agite, et craignons qu'il ne se charge lui-même un jour de sa vengeance.
« Le temps viendra, et nous osons prédire qu'il n'est pas éloigné, où, le prestige dissipé par l'excès même des maux qu'il aura produits, nos citoyens rendus à leurs sentiments naturels de fidélité, de franchise et de loyauté, béniront la sagesse d'une Constitution exaltée par les publicistes, l'égide de la liberté sociale, le garant de la félicité publique.
« Puisse le ciel hâter le moment où, nous gratifiant de ce nouveau bienfait, nos citoyens détrompés se réuniront à l'envi pour assurer la proscription des abus de l'ancien régime, l'exécution de nos traités avec la France, le rétablissement de la Monarchie, et avec le retour de nos Magistrats celui de la tranquillité publique.
« Tels sont, Messieurs, les vœux dont vous fait aujourd'hui l'hommage, un Ordre non moins célèbre par ses talents que par ses vertus, qui sut mériter l'estime des différents barreaux du Royaume et conserver la vôtre, qui mit toujours sa gloire à partager vos travaux et vos disgrâces, qui n'eut d'autre récompense que celle de veiller plus spécialement au maintien de la Constitution et au soulagement du peuple, et qui, décidé à s'ensevelir avec la Magistrature, veut vivre et mourir citoyen Provençal, bon et fidèle sujet du Comte de Provence, Roi de France. »

Réactions locales au discours du 27 septembre

Article détaillé : Histoire d'Aix-en-Provence sous la Révolution.

La teneur de ce discours se répand dans toute la ville en quelques heures et, tandis qu'il éveille les sentiments monarchistes d'une frange silencieuse de la population, il provoque un déchaînement de colère chez les partisans de la Révolution et de la crainte chez les administrateurs d'Aix4. Le président Noé dénonce les mots de Pascalis, les qualifiant d'« inconstitutionnels » et de « dangereux4 ». En début de soirée, les officiers municipaux, en tête desquels le maire Jean Espariat, débattent des mesures à prendre. Une délégation du club des Amis de la Constitution, menée par l'avocat Arbaud, futur juge de district à Marseille, surgit alors pendant le conseil et demande l'interdiction de la publication du discours, quitte à rendre visite à tous les imprimeurs d'Aix5, ce qui sera le cas6. Le registre sur lequel est retranscrit le discours est lacéré.

Charles Ribbe précise les accusations formulées contre Pascalis : « Ils allèrent jusqu'à l'accuser d'avoir voulu lever le drapeau de la guerre civile, ils le dénoncèrent comme un conspirateur cherchant à ramener les privilèges et les abus7. » Le procureur de la commune rend une plainte contre l'avocat. Les officiers municipaux d'Aix rédigent un procès-verbal qu'ils adressent à l'Assemblée nationale, dont l'examen est confié au Comité des recherches de la constituante7.

Une société populaire de la ville va désigner en Pascalis l'ennemi du peuple : le Club des Amis de la Constitution, formé de jeunes avocats et d'artisans que Ribbe qualifie de « désœuvrés7 ». Ajoutée à cette société, celle de l'abbé Rive s'acharne à insulter et à inciter ses membres à la violence contre Pascalis.

La conspiration du Sud-Est

Celui-ci, craignant pour sa vie, mais, selon les témoignages, « inaccessible à la peur », se retire dans la campagne aixoise, au quartier des Pinchinats, dans le château de la Mignarde8. Le lieu est connu du tout Aix, car Pascalis y passe plusieurs moments de sa vie et vient s'y ressourcer, loin des bruits de la ville9. Plusieurs amis lui rendent visite : Joseph Dubreuil, le futur maire d'Aix, le procureur Darbaud, les présidents d'Albert de Saint-Hippolyte et de Mazenod, ainsi que des magistrats du Parlement non encore exilés. Le royaliste Antoine Balthazar Joachim d'André lui propose même de fuir par une lettre de Paris du 12 octobre, ce que Pascalis refuse catégoriquement9.

Le 31 octobre, l'abbé Rive organise une réunion des paysans d'Aix dans l'ancienne église des Bernardines, donnant à l'assemblée le titre d'« Assemblée particulière des vénérables frères anti-politiques, c'est-à-dire des hommes vrais, justes et utiles à la patrie10 ». Charles Ribbe rappelle la façon dont Rive parle de Pascalis : « Quand il parle de Pascalis, il écume de rage : Pascalis n'est pas seulement à ses yeux un ennemi, c'est un monstre ; c'est l'incendiaire Pascalis, le scélérat Pascalis, l'exécrable, le forcené Pascalis, l'abominable conjuré, le fameux énergumène Pascalis11. » Alors qu'il prédit une « très prochaine anti-révolution » de la part des ennemis du peuple12, lui et son club pressent la municipalité de poursuivre Pascalis13.

Chronologie

Samedi 11 décembre

La création d'une société monarchique à Aix va mettre le feu aux poudres. Le 11 décembre, un écuyer à l'Académie royale d'équitation, le chevalier de Guiramand, accompagné de quatre hommes, Darbaud, ancien procureur au Parlement d'Aix, Pons, maître d'armes, Coppet, maître-gantier, et Blanc, commis, vient demander l'autorisation de la création de sa société, la « société des amis de l'ordre et de la paix » (aussi appelée « société des amis de la religion et du roi3 ») à l'hôtel de ville14. Celle-ci tient ses réunions au cercle Guion, sur le cours Mirabeau. Une rumeur se répand, selon laquelle un projet de contre-révolution se mettrait en place dans Aix. Aussitôt, on s'agite dans les clubs patriotiques. On dit que les « ennemis de la révolution [ont] employé des ouvrières à fabriquer des cocardes blanches13 ». La cocarde blanche est en effet le signe de reconnaissance de cette société qui recueille des adhésions en échange d'offres d'emploi et d'argent aux signataires3. Le but que poursuit ce club est l'avènement du « triomphe prochain des contre-révolutionnaires3 ». Les républicains considèrent l'initiative de Guiramand comme une déclaration de guerre. Des pétitions sont immédiatement envoyées au corps municipal pour faire interdire la nouvelle société. On délibère qu'une réunion se tiendra le lendemain à 9 heures et que les Frères anti-politiques y seront invités, pour s'unir aux Amis de la Constitution15.

Dimanche 12 décembre

Le lendemain, 12 décembre, des gardes nationaux patrouillent en costume dans la ville, sabre en bandoulière. La quasi-totalité des membres de clubs patriotiques parcourent les rues pour montrer leur présence. La réunion du matin a finalement lieu à 16 heures. Elle porte le nom de « Sainte Coalition ». Les clubs des Amis de la Constitution et des Frères anti-politiques se jurent union, concorde et fraternité. Chacun jure de verser jusqu'à la dernière goutte de son sang pour le maintien de la Constitution. Selon Charles Ribbe, l'ambiance est délirante16.

Le 53 bis du cours Mirabeau qui abrite alors le cercle Guion.

Une heure plus tard, alors que la nuit tombe, des mouvements de foule ont lieu dans la ville, causant des troubles. Les clubistes avancent sur le cours Mirabeau en chantant Ah ! ça ira. Arrivés à l'hôtel de Gantès, au numéro 53 bis17, où se trouve alors le cercle de Guion, ils lancent des cris comme « Ouf, ouf, les aristocrates à la lanterne ! ». Le chevalier de Guiraman, en compagnie de deux hommes, se présente à la porte du cercle. Un coup de feu soudain le blesse à la cuisse. Le chevalier riposte à l'aide de ses deux pistolets. La foule en colère tente de forcer l'entrée du cercle au cri de Foou toutei leis esgourgea !18. Plusieurs personnes sont alors présentes dans la salle : de Tressemane, de Gueydan, de Bayen, de Bonnaud de la Galinière, de Castellet (qui est le directeur de la poste), Grandin de Salignac (trésorier de France), mais aussi une dizaine de soldats du régiment du Lyonnais, attablés et jouant aux cartes. Comme des coups de feu sont tirés dans la salle, les officiers décident de se frayer un chemin dans la foule pour sortir du cercle, sabre à la main, et tentent de fuir par le cours Mirabeau19. D'autres s'échappent par une porte arrière dans la rue des Grands-Carmes20. Plusieurs sont blessés21. Quelques soldats sont pris en otage par la foule et conduits à l'hôtel de ville.

Le cours Mirabeau de nos jours.

Aussitôt, les officiers du Lyonnais parviennent aux casernes Saint-Jean à quelques centaines de mètres du Cours et rassemblent un régiment pour venir en aide aux soldats retenus. Quelques soldats aux casernes refusent toutefois de marcher contre les patriotes. L'un d'eux, nommé Ferréol, sera ultérieurement ovationné par les patriotes, qui demandent le 30 janvier suivant qu'une rue contiguë à la place de Prêcheurs porte son nom et qu'une inscription soit placée aux casernes « en mémoire du civisme du brave Ferréol20 ».

Une fois le calme rétabli, le corps administratif de la ville fait murer les portes du cercle Guion et les juges du tribunal viennent enquêter20. On décide dans le même temps de faire partir de la ville les compagnies du Lyonnais : cinq iront à Lambesc, trois à Roquevaire et deux à Auriol.

Pour les patriotes, les membres du cercle Guion étaient décidés à mettre la ville d'Aix à feu et à sang. Et un homme est, à leurs yeux, derrière le complot : l'avocat Pascalis. Pour la société des amis de la Constitution, « les sinistres prédictions consignées dans les adieux de Pascalis à la Chambre des Vacations étaient un indice irrécusable22. » Une réunion comprenant vingt députés des deux clubs a alors lieu chez l'abbé Rive. Celui-ci, dans sa hargne habituelle, convainc ses visiteurs d'aller s'emparer de l'avocat20, qu'il dit gardé par une cinquantaine de paysans, allégation fantaisiste, Pascalis se trouvant alors quasiment seul à la Mignarde. Il semble que Pascalis ne croit à aucun moment que la foule oserait venir l'arrêter. Quelques jours avant le 12 décembre, quand un ancien magistrat lui propose de fuir pour Eyguières, dans sa famille, en lui disant : « On en veut à vos jours20 », celui-ci se contente de répondre par un laconique : « Ils n'oseraient23 », formule jadis employée par le duc de Guise. Cette détermination de Pascalis à ne pas fuir vient sans doute du fait qu'il est persuadé que le peuple d'Aix reste de son côté, viscéralement attaché aux racines qu'il défend lui aussi. Tout le monde parmi la municipalité s'attend pourtant au pire. Joseph Dubreuil répond même à un officier municipal qui critique l'attitude entêtée de Pascalis : « Vous qualifiez d'imprudence la conduite de M. Pascalis ; sachez que si quelqu'un attentait à sa personne, il se répandrait du sang24. » L'arrestation prochaine de Pascalis ne faisant guère de doute parmi ses proches et malgré les appels à la fuite non suivis d'effet, personne n'ose plus s'interposer. Le secrétaire de l'avocat, prenant un repas, est averti dans la soirée du 12 que Pascalis est sur le point d'être arrêté. Impassible, il poursuit son repas jusqu'à son terme24. Au même moment, 80 hommes environ investissent le château de la Mignarde et enlève Pascalis, le garrotte et l'emmène à l'hôtel de ville.

Lundi 13 décembre

Il est 4 h du matin quand Pascalis est jeté dans un cachot. La foule ne veut pourtant en rester là et décide de procéder à une arrestation supplémentaire, sans réellement savoir qui doit en être l'objet. Jean-Louis Martin d'Arlatan de Lauris figure parmi les cibles potentielles mais, comme la foule passe devant sa demeure, dont « l'extérieur est un peu disgracieux25 », on préfère passer son chemin et s'attaquer à une proie plus « belle25 » On passe devant la demeure du président de la cour des comptes, M. de Boyer d'Éguilles, qui est en présence de sa famille. Alors qu'on entreprend de se saisir de lui, un patriote s'exclame : « M. d'Éguilles est un brave homme ; laissons-le. Il en est un autre que nous oublions : c'est le marquis de la Roquette26. »

C'est donc vers le domicile de Gaspard Louis Cassien Antoine de Maurelet, seigneur de Cabriès et marquis de la Roquette, rue de Nazareth, contiguë au cours Mirabeau, que se dirige la foule. M. d'Éguilles envoie aussitôt un domestique noir prévenir le marquis, mais quand il parvient rue de Nazareth, les portes de l'hôtel sont déjà gardées27. Sorti de son lit par la force, le marquis est jeté dans le même cachot que Pascalis28.

Alors que le jour se lève sur Aix, le vice-maire Toussaint-Bernard Émeric-David apprend la nouvelle des arrestations et court prévenir le président du conseil du département, M. Martin, le suppliant de ne pas faire venir la Garde nationale de Marseille au risque de mettre en danger la vie de Pascalis. Après des tergiversations du président, un courrier est finalement dépêché à Marseille pour contremander la venue de la Garde nationale. Mais celui-ci rencontre en chemin le régiment d'Ernest qui monte vers Aix, en compagnie d'une foule d'Italiens, de Grecs et de Piémontais, armés de piques et de fusils29. La municipalité, tentant de reprendre la main dans les événements qui lui échappent, décident, pour la sécurité des deux prisonniers, de les transférer dans les prisons de la caserne. Les deux hommes sont escortés par un lourd détachement de soldats de la Garde nationale d'Aix et parviennent tant bien que mal aux prisons, hués tout le long du trajet par les hommes de l'abbé Rive qui lancent sans cesse des : « À la lanterne29 ! »

Le vallon des Pinchinats par lequel s'enfuient Mignard et Dubreuil après l'arrestation de Pascalis et La Roquette.

M. Mignard, beau-père du député d'André et ami de Pascalis, s'enfuit à travers champ dans le vallon des Pinchinats29, bientôt imité par Joseph Dubreuil qui se cache au pavillon de Lenfant, se fait tonsurer, prend un costume de prêtre, puis s'enfuit dans le massif de la Sainte-Victoire et, de là, prend la route de Nice, à l'aide d'un guide, alors qu'il est activement recherché dans Aix30.

Dans la matinée, les papiers que portent Pascalis sont examinés par les Amis de la Constitution. On n'y trouve que des correspondances privées faisant état des événements, mais aucune trace de complot, ni à l'intérieur des frontières et encore moins à l'extérieur, n'y est relevée31. Les personnes sont les noms figurent dans ces lettres seront toutefois dénoncées comme suspectes à l'opinion publique. De nouvelles arrestations surviennent, le chevalier de Guiraman tout d'abord, mais aussi six officiers du Lyonnais. De nombreux suspects sont recherchés mais, à l'instar de Mignard et Dubreuil, ont déjà pris la fuite.

Vers 14 h, la Garde nationale de Marseille pénètre dans la ville d'Aix, accompagnée d'une foule de volontaires. Des pelotons armés, souvent constitués de bandits et de malfaiteurs, arpentent les rues d'Aix jusqu'aux environs de 22 h, tandis que leur nombre grossit d'heure en heure tout au long de la journée31. Les Marseillais n'ont de cesse de demander la pendaison immédiate de Pascalis. Les anti-politiques, désireux de hâter le procès, fixent celui-ci au lendemain32. Dans sa Lettre des vénérables frères anti-politiques, c'est-à-dire des hommes vrais, justes et utiles à la patrie, à M. le Président du département des Bouches-du-Rhône, appelé Martin, fils d'André, antérieure à l'incarcération du scélérat Pascalis, suivie d'un post-scriptum qui a été écrit après cette incarcération33, il appelle de ses vœux l'exécution de Pascalis : « Il ne faut pas tergiverser, Monsieur le Président, il n'y a à conserver dans le nouvel empire français que de vrais citoyens et d'excellents patriotes. Tout homme quel qu'il soit, par quelques travaux qu'il puisse s'être distingué, s'il devient un jour l'ennemi de la patrie, il doit lui faire sacrifice de sa tête sous une lanterne . »

Comme un complot se dessine, visant à attaquer les prisons, le geôlier en avertit la municipalité à 21 h34. Celle-ci décide un renforcement des gardes avec le concours des régiments stationnés dans la ville et demande au régiment de Marseille de rentrer chez lui le lendemain34.

Mardi 14 décembre

Le mardi matin est un jour de marché dans la ville d'Aix34. La Garde de Marseille commence à prendre le chemin du retour, comme la municipalité aixoise les y a invités. Alors qu'on entend dans la foule des soldats quelques voix demandant la tête de Pascalis, la troupe fait une halte soudaine au bas du cours Mirabeau. Des meneurs s'écrient : « Où allez-vous ? Ce n'est pas le chemin de Marseille qu'il faut prendre ; aux casernes ! aux prisons35 ! » Aussitôt la troupe se disloque et un bon nombre de soldats et de volontaires prennent la direction des casernes, sous les cris impuissants de leur colonel qui leur ordonne de reprendre leur rang.

Pendaison de Pascalis, La Roquette et Guiramand sur le cours Mirabeau ; eau-forte contemporaine.

400 hommes du régiment d'Ernest sont alors en faction aux prisons pour les défendre en cas d'attaque. Mais la foule qui déferle aux casernes est si nombreuse que rien n'est fait pour les empêcher d'entrer. Les portes des prisons sont abattus à la hache ; le mur de clôture est entamé par des pics35. L'église voisine est pillée de ses échelles. Le procureur général syndic présent sur place exprime de vifs reproches au commandant du régiment d'Ernest, Rodolphe de Diesbach qui ne peut que répondre : « Que voulez-vous que nous fassions ? » — « Il me semble que votre troupe devrait être en bataille », répond le procureur. La foule se rend compte que le régiment est sur le point de prendre les armes quand une baïonnette est mise sur la poitrine du procureur. Une intervention des gardes nationaux parvient à le soustraire à la fureur de la foule et à le mettre à l'abri dans les appartements d'un cantinier36.

Trois officiers municipaux sont alors envoyés pour faire respecter la loi. Ils se placent devant la porte de la prison, tentant de faire entendre raison à la foule qui les accuse de favoriser la fuite de Pascalis. L'un reçoit un coup de crosse de fusil36, un autre est garrotté et l'on fait mine de vouloir le pendre, tandis que le troisième est menacé d'une pointe de sabre sur la gorge37. On presse les officiers de signer un papier autorisant de faire sortir Pascalis et de le livrer à la foule. Le récit ultérieur des événements rédigé par la municipalité indique qu'à trois reprises, les officiers refusent de signer cet ordre :

« Le geôlier s’emporte contre leur refus. On prend la main de l’un des trois ; on serre la plume entre ses doigts ; on lui fait tracer quelques mots. Les autres résistent encore. Tous trois signent enfin le papier fatal. Les trois administrations se le sont fait représenter. Il contient ces mots : « Permis de donner Pascalis ». L’écriture en est si troublée qu’on ne saurait reconnaître la main des signataires. On y voit que deux ont ajouté : « contraints et forcés »38. »

Portrait de Pascalis. Anonyme, 1854.

Le permis de donner Pascalis signé, l'avocat et La Roquette se retrouvent entre les mains de la foule en quelques minutes à peine. En route vers le cours Mirabeau, et traversant la rue Saint-Jean39, une femme se jette devant Pascalis en criant : « Non, vous ne mourrez pas. » Les meneurs craignent que cette réaction ne déclenche des mouvements de pitié parmi le peuple et écartent vivement la femme du chemin37. Bientôt, tout le monde est rassemblé sur le cours. Pascalis demande l'assistance d'un prêtre mais obtient pour seul réponse : « Tu iras te réconcilier avec le Père éternel40. » Pour ajouter à son humiliation, on choisit de le pendre en face de sa maison, l'hôtel Barlatier de Saint-Julien. Dans le même temps, le corps municipal est informé des événements du cours. Aussitôt, les officiers s'empressent d'aller sur les lieux pour tenter une dernière fois d'empêcher les pendaisons qui se profilent41. Mais alors qu'ils arrivent sur le cours, ils ne peuvent que constater que deux corps sont déjà suspendus à des lanternes. Le vice-maire Émeric-David souhaite les détacher en espérant que les deux victimes soient encore vivantes. Un jeune homme vêtu d'un costume de la Garde nationale leur répond de façon narquoise : « Oui, faites-le descendre ; nous lui couperons la tête et nous la porterons à Marseille. » Émeric-David s'écrie de dégoût : « Retirez-vous, monstre ; que je ne vous connaisse pas41... »

Progressivement, alors que la foule semble devenir hostile aux administrateurs, ceux-ci jugent plus sages de se retirer. Les émeutiers décident d'achever leur œuvre et le valet de l'exécuteur des victimes coupe la tête de Pascalis et La Roquette. Celle de La Roquette est piquée sur le bout d'une branche d'ormeau et plante en face du cercle Guion et celle de Pascalis, plantée sur une pique, est promenée par la foule pendant trois heures sur la route de Marseille. C'est arrivée à un relais de poste à mi-chemin entre Marseille et Aix que la troupe rencontre la Garde nationale qui oblige les émeutiers à cesser leur spectacle et à inhumer cette tête. Le corps de Pascalis, lui, est inhumé le jour même dans le cimetière de l'église de la Madeleine, à Aix42.

Dans la soirée, le chevalier de Guiraman, âgé de 77 ans, est arrêté dans une bastide près de Meyreuil et conduit à Aix par des paysans armés42. Arrivé à Aix où il croyait pouvoir compter sur des soutiens, il est finalement pendu sur le cours Mirabeau, en face de l'hôtel d'Esparron, sans que la municipalité n'en soit avertie préalablement43.

Avec cet événement s'achèvent les émeutes à Aix-en-Provence.

Récit ultérieur

L'historien aixois Ambroise Roux-Alphéran (1776-1858).

La municipalité aixoise fait le récit des événements et le fait consigner dans un registre de délibérations à la date du 17 mars 1791, soit plus de trois mois après les émeutes. Le délai peut surprendre. L'historien Ambroise Roux-Alphéran en explique la raison. Selon lui, « ce procès verbal n'est […] revêtu que de cinq signatures tandis qu'il devrait porter celles des douze officiers municipaux et même celles du procureur de la commune et de son substitut. Il est aisé de voir, en le lisant, que ses rédacteurs ont employé tous leurs efforts pour justifier leur impuissance de faire le bien dans cette terrible circonstance. Au reste, tous les torts y sont rejetés sur ceux qu'on appelait les ennemis du nouvel ordre de choses. C'est ainsi que dans toute la France on accusait alors les gentilshommes d'incendier eux-mêmes leurs châteaux pour se ménager le plaisir de calomnier la Récit., p. 248.

  1. Charles de Ribbe, op. cit., p. 249.
  2. Charles de Ribbe, op. cit., p. 252.
  3. a, b et c Charles de Ribbe, op. cvolution44. »

    Annexes

    Notes et références

  4. Charles de Ribbe, Pascalis - Étude sur la fin de la Constitution provençale, 1787-1790, éd. Dentu, 1854, p. 241.
  5. Charles de Ribbe, op. cit., p. 244.
  6. a, b, c et d Institutions et vie municipale à Aix-en-Provence sous la Révolution, Christiane Derobert-Ratel, Édisud, Aix-en-Provence, 1981, p.111.
a et b Charles de Ribbe, op.
  1. it., p. 253.
  2. Ce château abritera, quelques années plus tard, la liaison entre Pauline Borghèse, la sœur de Napoléon, et Auguste de Forbin, jeune aristocrate aixois.
  3. a et b Charles de Ribbe, op. cit., p. 256.
  4. Charles de Ribbe, op. cit., p. 259.
  5. Charles de Ribbe, op. cit., p. 260.
  6. La rumeur court alors dans les milieux jacobins de l'imminence d'un mouvement contre-révolutionnaire.
  7. a et b Charles de Ribbe, op. cit., p. 263.
  8. Charles de Ribbe, op. cit., p. 264, 265.
  9. Charles de Ribbe, op. cit., p. 265.
  10. Charles de Ribbe, op. cit., p. 266.
  11. Deux ans plus tard, en 1792, sera créé au même endroit un café nommé « café des Deux-Garçons ». Celui-ci est toujours en activité.
  12. « Il faut tous les égorger », en provençal. Propos rapportés par Pierre-Joseph-Fortuné Bonnaud de la Galinière et consignés par Charles Ribbe, op. cit., p. 267.
  13. Charles de Ribbe, op. cit., p. 267.
  14. a, b, c, d et e Charles de Ribbe, op. cit., p. 268.
  15. Le soldat Valeix, blessé, tombe sur les marches de l'église des Carmélites (aujourd'hui chapelle des Oblats).
  16. Récit historique des faits qui ont précédé et suivi la découverte d'un projet de contre-révolution médité à Aix, imprimé par ordre de la société des amis de la Constitution, Aix, veuve André Audibert, 1791, p. 4.
  17. Charles de Ribbe, op. cit., p. 269.
  18. a et b Charles de Ribbe, op. cit., p. 270.
  19. a et b Charles de Ribbe, op. cit., p. 271.
  20. Témoignage de la fille de M. d'Éguilles rapporté à Charles Ribbe qui l'a retranscrit dans son ouvrage.
  21. Charles de Ribbe, op. cit., p. 272.
  22. Le peuple avait des griefs contre La Roquette depuis ce jour de 1787 où son cocher avait écrasé avec son carrosse la fillette d'un perruquier. Les faibles dommages versés par le marquis avait été pris pour une insulte. Depuis ce jour, de nombreux habitants d'Aix lui vouaient une antipathie mortelle.
  23. a, b et c Charles de Ribbe, op. cit., p. 273.
  24. Charles de Ribbe, op. cit., p. 274.
  25. a et b Charles de Ribbe, op. cit., p. 275.
  26. Charles de Ribbe, op. cit., p. 276.
  27. « À Aix, de l'imprimerie des vénérables frères anti-politiques, vrais foudres des Pascalis et de tous les anti-nationaux, ce 13 décembre 1790. »
  28. a, b et c Charles de Ribbe, op. cit., p. 278.
  29. a et b Charles de Ribbe, op. cit., p. 279.
  30. a et b Charles de Ribbe, op. cit., p. 280.
  31. a et b Charles de Ribbe, op. cit., p. 281.
  32. « Relation des troubles arrivés à Aix les 12 et 14 décembre 1790 rédigés par la municipalité d'Aix le 17 mars 1791 » [archive], GénéProvence, décembre 2006.
  33. Ancien nom de la rue d'Italie.
  34. Charles de Ribbe, op. cit., p. 282.
  35. a et b Charles de Ribbe, op. cit., p. 283.
  36. a et b Charles de Ribbe, op. cit., p. 284.
  37. Charles de Ribbe, op. cit., p. 285.
  38. A. Roux-Alphéran, Les Rues d'Aix ou Recherches historiques sur l'ancienne capitale de la Provence, vol. 2, typographie Aubin, Aix-en-Provence, 1848, p. 166, note 2.

Bibliographie

  • Charles de Ribbe, Pascalis - Étude sur la fin de la Constitution provençale, 1787-1790, éd. Dentu, 1854 Consultable en ligne [archive]
  • P. J. B. Buchez et P. C. Roux, Histoire parlementaire de la Révolution française, Tome 7, éd. Paulin, 1834 Consultable en ligne [archive]
  • Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, ... Consultable en ligne [archive]

Articles connexes

  • Parlement d'Aix
  • Histoire d'Aix-en-Provence sous la Révolution
  • Jean Joseph Pierre Pascalis

 

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

15 août 2018

de Tilly Alexandre

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Alexandre de Tilly

200px-P_vip

Alexandre de Tilly
Nom de naissance Jacques-Pierre-Alexandre de Tilly
Naissance 7 août 1761
Le Mans
Décès 23 décembre 1816 (à 55 ans)
Bruxelles
Activité principale
Écrivain
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres
Mémoires

Œuvres principales

Jacques-Pierre-Alexandre, comte de Tilly, né au Mans1,2, en 1764 (selon ses Mémoires), en réalité né le 7 août 1761 3, paroisse du Crucifix, au Mans. mort à Bruxelles, le 23 décembre 1816, est un aventurier et homme de lettres français.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Publications
  • 3 Sources
  • 4 Notes et références

Biographie

Appartenant à une ancienne famille normande, qui s’est subdivisée en plusieurs branches, le comte de Tilly fut admis, à l’âge de quinze ans, dans les pages de la reine. Il en sortit pour passer comme sous-lieutenant dans les dragons de Noailles, et quitta de bonne heure le service militaire.

À l’époque de la Révolution, il se montra l’adversaire des idées révolutionnaires, et inséra dans les Actes des apôtres4 et la Feuille du jour des articles remarquables par la vivacité des opinions. II quitta la France après la journée du 10 août 1792, et mena une existence extrêmement dissipée en Angleterre jusqu’en 1796.

L’année suivante, il alla aux États-Unis où il épousa, en 1799, une Américaine, à Philadelphie, d’où il revint en Angleterre dans les premiers mois de 1799. Il parut en septembre de la même année à Hambourg, puis il se rendit à Leipzig, à Dresde et à Berlin. En 1801, le roi de Prusse le nomma son chambellan.

Tilly quitta Berlin au printemps de 1807, et il obtint sans doute plus tard la permission de revenir en France, car on le vit à Paris en 1812 et en 1813. Il s’y trouvait après le retour des Bourbons, mais il s’en éloigna avec eux en 1815, resta en Belgique, où, las d’une vie orageuse et dissipée, il se donna la mort l’année suivante.

Tilly a été représenté comme un de ces roués froids, polis et méchants dont Laclos a reproduit le type. Il est surtout connu pour ses Mémoires remplis d’anecdotes galantes, où il parle, notamment, longuement d’Émilie de Sainte-Amaranthe dont il tenta vainement de faire la conquête. Tilly est également l’auteur du distique si connu sur Louis XVI :

II ne sut que mourir, aimer et pardonner ;
S’il avait su punir, il aurait su régner.

Publications

  • Œuvres mêlées ; Amsterdam et Paris, 1785, in-8° ; nouv. édit., augmentée des opuscules publiés par l’auteur de 1785 à 1795, Berlin, 1803, in-8° ; Leipzig, 1803, 1813, in-8° 5;
  • Lettre à M. Philippe d’Orléans6, Paris, 1790, in-8°, brochure publiée ordinairement à la suite d’une autre, intitulée : À moi Philippe, un mot ! s. d., in-8°;
  • Lettre à Louis XVI ; Paris, 1793, in-8° ; Berlin, 1794, in-8° ;
  • De la Révolution française en 1794 ; Londres, 1795, in 8° ; réimpr. dans les Œuvres mêlées, édit, de Berlin ;
  • Mémoires du comte Alexandre de Tilly, pour servir à l’histoire de mœurs de la fin du XVIIIe siècle, 1828, 3 vol. in-8° ; 2e édit., Paris, 1830, 3 vol. in-8° ; rééd. Christian Melchior-Bonnet, Paris, Mercure de France, 1965 ;
    Les Mémoires, dédiés au prince de Ligne, trad. en allemand sur les manuscrits autographes, avaient paru à Berlin, 1825, 3 vol. in-12
    7.

Sources

  • Jean Chrétien Ferdinand Hoefer, Nouvelle biographie générale, t. XLV, Paris, Firmin-Didot, 1866, p. 388-9.
  • Jean-Claude Hauc, "Alexandre de Tilly", in Aventuriers et libertins au siècle des Lumières, Paris, Les Editions de Paris, 2009.
  • Tina Malet, Une vie de Tilly ou la mort du lys, Edilivre, 2013.

Notes et références

  1. Son acte de baptême n’est pas dans les registres de l’état civil du Mans et son acte de décès le dit « né à Chassilly (Normandie) », bien qu’il n’existe aucune commune de ce nom en France.
  2. La mère de Tilly était Anne-Suzanne-Magdelaine Le Bourdais de Chassillé (ou Chassilly selon la graphie du XVIIIe siècle), Chassillé était dans le Maine (Source :Journal d'un chanoine du Mans, Nepveu de la Manouillère (1759-1807), texte intégral établi et annoté par Sylvie Granger, Benoît Hubert et Martine Taroni, préface de Philippe Loupès, Presse Universitaire de Rennes, 2013 (ISBN 978-2-7535-2774-4))
  3. Journal d'un chanoine du Mans, Nepveu de la Manouillère (1759-1807),op.cit. page 413, note 419.
  4. Jean-Gabriel Peltier [archive], Alexandre de Tilly [archive] et François-Louis Suleau [archive], Les actes des apôtres, tome premier [archive] : XVIIIe siècle : 1789-1791, Paris, Publié s.n, 1790. Notice Bnf n° FRBNF32681651 [archive]
  5. Édition numérisée [archive]
  6. 11 octobre 1790 [archive]
  7. Mémoires du comte Alexandre de Tilly, Tome troisième [archive]

Posté par blonjacky à 00:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

14 août 2018

Desbois de Rochefort Louis

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Louis Desbois de Rochefort

 

Louis Desbois de Rochefort

Desbois_de_Rochefort

Biographie
Naissance
9 octobre 1750
Paris
Décès
26 janvier 178 (à 35 ans)
Paris
Activité
Médecin

Louis René Desbois de Rochefort (Paris, 9 octobre 1750-Paris, 26 janvier 1786), est un médecin français.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Œuvres
  • 3 Notes et références
  • 4 Liens externes

Biographie

Fils de Louis-René Desbois, docteur en médecine de la Faculté de Paris et de Marie-Thérèse Syrand, il commence sa carrière à l'hôpital Sainte-Barbe puis en 1780 entre à l'hôpital de la Charité1.

Directeur de l'hôpital de la Charité, il en est le fondateur de l'enseignement clinique2. Son principal ouvrage est publié à titre posthume par son élève Jean-Nicolas Corvisart.

Œuvres

  • Cours élémentaire de matière médicale, 2 vol, posth., 1789, (nouvelle édition, 1817)
  1. Tome premier, Texte intégral [archive].
  2. Tome second, Texte intégral [archive].

Notes et références

  1. Portraits de médecins : Louis René Desbois de Rochefort [archive]
  2. Dezobry et Bachelet, Dictionnaire de biographie, t.1, Ch.Delagrave, 1876, p. 779

Liens externes

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

13 août 2018

Courtois Edme-Bonaventure

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Edme-Bonaventure Courtois

 

200px-P_vip

Edme-Bonaventure Courtois
Fonctions
Député de l'Aube
7 septembre 1791 – 20 septembre 1792
(1 an et 13 jours)
Gouvernement Assemblée législative
Groupe politique Gauche
Député à la Convention nationale
4 septembre 1792 – 26 octobre 1795
(3 ans 1 mois et 22 jours)
Député au Conseil des anciens
15 octobre 1795 – 26 décembre 1799
(4 ans 2 mois et 11 jours)
Membre du Tribunat
1er janvier 1800 – 5 janvier 1801 (1 an et 4 jours)
Biographie
Date de naissance 15 juillet 1754
Lieu de naissance Troyes (Aube)
Date de décès 6 décembre 1816 (à 62 ans)
Lieu de décès Bruxelles (Belgique)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Gauche
Droite
Profession Receveur
députés de l'Aube

Edme-Bonaventure Courtois, né le 15 juillet 1754 à Troyes - mort le 6 décembre 1816 à Bruxelles) était une personnalité de la Révolution française.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Publications
  • 3 Bibliographie
  • 4 Notes, sources et références

Biographie

Il connut Danton au Collège de l'Oratoire où il fit de brillantes études.

Il fut élu à la Législative puis à la Convention et il siégea à la Montagne. Dans le procès de Louis XVI, il vota contre l'appel au peuple, pour la mort et contre le sursis.

En 1793, il est au siège de Valenciennes. À cette époque il est domicilié, à Paris, 48 rue du Faubourg-Saint-Honoré1

Après le 9 thermidor, il fut membre de la commission chargée d'inventorier les papiers trouvés chez Robespierre, et c'est lui qui en fit le fameux rapport publié en février 1795. Épris de fortune et de plaisirs, il tourna sa veste autant de fois qu'il le fallait à cette époque. Il contribua à la réussite du coup d'État du 18 Brumaire, dénonça Barthélémy Aréna comme ayant tenté d'assassiner Bonaparte.

En 1816, il dut s'exiler à Bruxelles. Il mourut peu de temps après son arrivée dans cette ville et la légende raconte que personne ne suivit son cercueil.

Il était également féru de bibliophilie. La vente de sa bibliothèque eut lieu à Paris le 3 janvier 1820.

Publications

  • «Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just etc.» (II., 1828).

Bibliographie

  • « Edme-Bonaventure Courtois », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]
  • Eugène Welvert, Lendemains révolutionnaires ; les régicides, Paris, Calmann-Lévy, 1907 Article : "Courtois".
  • Jean-Philippe Giboury, Dictionnaire des régicides, Paris, Perrin, 1989.
  • Augustin Kuscinski, Dictionnaire des Conventionnels, Paris, 1916.
  • Edna Hindie Le May (Dir), Dictionnaire des législateurs, Paris, 2007, 2 vol, tome 1.
  • Jean-Daniel Piquet, "Robespierre et la liberté des Noirs en l'an II dans les archives des comités et les papiers de la Commission Courtois", Annales historiques de la révolution française, n° 323-janvier-mars 2001.

 

Notes, sources et références

  1. Liste générale des représentants du Peuple composant le corps législatif

Posté par blonjacky à 00:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

12 août 2018

Eschassériaux Joseph

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Joseph Eschassériaux

 

200px-P_vip

Joseph Eschassériaux
Fonctions
Député de la Charente-Inférieure
1er septembre 1791 – 20 septembre 1792
(1 an et 19 jours)
Gouvernement Assemblée législative
Député à la Convention nationale
5 septembre 1792 – 26 octobre 1795
(3 ans, 1 mois et 21 jours)
Député au Conseil des Cinq-Cents
13 octobre 1795 – 26 décembre 1799
(4 ans, 2 mois et 13 jours)
Membre du Tribunat
25 décembre 1799 – 31 octobre 1803 (3 ans, 10 mois et 6 jours)
Ministre plénipotentiaire
Biographie
Date de naissance 29 juillet 1753
Lieu de naissance Corme-Royal (Charente-Maritime)
Date de décès 24 février 1824 (à 70 ans)
Lieu de décès Thénac (Charente-Maritime)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Montagne
Bonapartiste
Profession Avocat
Distinctions Baron de l'Empire
Chevalier de la Légion d'honneur
députés de la Charente-Inférieure


Joseph Eschassériaux dit Eschassériaux l'aîné, né le 29 juillet 1753 à Corme-Royal et mort le 24 février 1824 à Thénac, est un homme politique français.

Il est le frère aîné de René Eschassériaux.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Vie pré-révolutionnaire
    • 1.2 Début de la Révolution
    • 1.3 Eschassériaux à la Convention
    • 1.4 Le Directoire
    • 1.5 Le baron Eschassériaux
    • 1.6 Exil et retraite
  • 2 Source

Biographie

Vie pré-révolutionnaire

Descendant d'une vieille famille d'échevins de Saintes, il suit des études de droit dans cette ville. En 1775 il est reçu à 22 ans comme avocat auprès du parlement de Bordeaux. En 1785 il devient président de l'élection de Maronne et occupe ce poste jusqu'à la Révolution de 1789.

Début de la Révolution

Joseph Eschassériaux se rallie aux idées nouvelles et devient commandant de la garde nationale de Corme-Royal, sa ville natale. En 1790 il est élu administrateur du district de Saintes puis entre au directoire du département de la Charente-Inférieure.

En 1791, devenu l'une des figures révolutionnaires de la Charente-Inférieure, il est élu député de ce département à l'Assemblée législative, le quatrième sur dix, avec 243 voix sur 424 votants. Eschassériaux y siège avec la majorité centriste sans se faire remarquer.

Eschassériaux à la Convention

Le 5 septembre 1792 il est réélu à la Convention nationale, le troisième sur onze, avec 379 voix pour 575 votants. Il siège sur les bancs de la Montagne et, membre du Comité de l'agriculture et du commerce, se fait surtout remarquer par son intense activité de rapporteur, sur des sujets multiples comme la réunion de la Belgique à la France, les subsistances ou la police. Lors du procès de Louis XVI il vote pour la mort de l'ancien monarque. En août 1793 son frère René, beaucoup plus modéré, est appelé lui aussi à siéger à la Convention.

Lors du 9 thermidor Eschassériaux se prononce contre Robespierre. Quatre jours plus tard, le 13 thermidor (31 juillet 1794), il est élu au Comité de salut public en remplacement des Robespierristes, avec le soutien notable de son ami Barère. Il reste deux mois au comité où il prend en charge le commerce et l'approvisionnement. Thermidorien de gauche, il s'oppose à la réaction et défend l'existence des clubs. Il quitte son poste le 16 vendémiaire an III (7 octobre 1794). Par la suite, il se rallie aux républicains modérés.

Le 15 vendémiaire an IV (7 octobre 1795) il fait son retour au Comité de Salut Public, juste après l'écrasement de l'insurrection royaliste. De nouveau il s'occupe de l'approvisionnement et des questions commerciales.

Le Directoire

En ce même mois d'octobre 1795 il est réélu au Conseil des Cinq-Cents par la Charente-Inférieure, ainsi que par quinze autres départements comme suppléant. Il est réélu pendant tout le Directoire et devient même secrétaire du conseil en mai 1796. Comme sous la Convention, il fournit de nombreux rapports, principalement sur des questions administratives et coloniales. Il est un des rapporteurs attitrés des affaires touchant aux troubles à Saint-Domingue. Il soutient de plus les cercles constitutionnels, les successeurs des clubs révolutionnaires, tout en se montrant très hostile au culte catholique.

En 1797 il épouse la fille du savant Gaspard Monge et de Marie-Catherine Huart, dont postérité.

Le baron Eschassériaux

Eschassériaux se rallie avec enthousiasme au coup d'État du 18 brumaire et entre ensuite au Tribunat. Il y siège pendant sept ans et fait preuve d'une grande fidélité envers le Premier Consul devenu empereur.

En 1806 Napoléon le nomme chargé d'affaire auprès de la République du Valais, puis l'envoie comme ministre plénipotentiaire dans la Principauté de Lucques et Piombino jusqu'en 1809. Ses services sont récompensés par la Légion d'honneur puis par le titre de baron d'Empire en 1810.

Revenu de Lucques, il se consacre à l'écriture de textes historiques. En 1814 il se retire à Saintes et signe l'année suivante l'Acte additionnel lors des Cent-Jours.

Exil et retraite

En 1816 la Restauration l'exile comme régicide. Il doit s'enfuir à Courtrai puis à Huy. Toutefois, après seulement trois ans d'exil, il obtient de Louis XVIII l'autorisation de rentrer en France.

Le baron Eschassériaux se retire dans sa propriété à Thénac et y meurt en 1824 à l'âge de soixante-dix ans.

Il épouse Louise Monge, fille de Gaspard Monge. Leur fils Camille Eschassériaux est député sous la Monarchie de Juillet, reprenant le siège de son oncle René.

Source

  • « Joseph Eschassériaux », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]
  • « Cote LH/903/18 » [archive], base Léonore, ministère français de la Culture
  • Vicomte Révérend, Armorial du premier empire, tome 2, Honoré Champion, libraire, Paris, 1897, p. 134.

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

11 août 2018

de Bourbon-Condé Louis V Joseph

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Louis V Joseph de Bourbon-Condé

 

Louis V Joseph de Bourbon-Condé

250px-Condé,_Louis-Joseph_de


Louis V Joseph de Bourbon, prince du sang.

Titre Prince de Condé
(1740-1818)
Autre titre Prince du sang
Grade militaire Lieutenant général (1758)
Commandement Colonel général de l'infanterie (1780)
Armée de Condé
Autres fonctions Grand maître de France (1740-1791 et 1814-1818)
Biographie
Dynastie Maison de Condé
Nom de naissance Louis Joseph de Bourbon
Naissance 9 août 1736
Hôtel de Condé, Paris
Décès 13 mai 1818 (à 81 ans)
Chantilly ou Palais-Bourbon, Paris
Père Louis IV Henri de Bourbon-Condé (1692-1740)
Mère Caroline von Hessen-Rheinfels-Rotenburg (1714-1741)
Conjoint Charlotte de Rohan-Soubise (1737-1760) (1)
Maria Caterina Brignole (1737-1813) (2)
Enfants Marie de Bourbon (1755-1759)
Louis Henri de Bourbon (1756-1830)
Louise-Adélaïde de Bourbon (1757-1824)
Signature de Louis V Joseph de Bourbon-Condé

Coat of Arms of Louis Joseph, Prince of Condé.svg

Louis V Joseph de Bourbon-Condé, 8e prince de Condé (1740), prince du sang, est né à Paris le 9 août 1736 et mort à Chantilly le 13 mai 1818.

Fils de Louis IV Henri de Bourbon-Condé (1692-1740), duc de Bourbon puis 7e prince de Condé1, et de la princesse née Caroline von Hessen-Rheinfels-Rotenburg (1714-1741)

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Famille
    • 2.1 Ascendance
    • 2.2 Mariages et descendance
  • 3 Source partielle
  • 4 Notes et références
  • 5 Articles connexes
  • 6 Liens externes

Biographie

Portrait de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé (1736-1818), en uniforme de colonel général de l'infanterie, avec le cordon du Saint-Esprit, Musée Condé.
Combat de Gruningen 1762.

Enfant, Louis-Joseph porte le titre de duc d'Enghien. À la mort de son père, en 1740, il devient Grand maître de France. Il n'a encore que 5 ans lorsque sa mère décède à son tour, un an plus tard. Il est alors confié à la garde de son oncle paternel, Louis, comte de Clermont.

De quatre ans l'aîné du marquis de Sade, né lui aussi à l'hôtel de Condé (sa mère étant parente et dame d'honneur de la princesse), élevé avec lui jusqu'à l'âge de huit ans, il est le parrain de son fils Louis-Marie, baptisé dans la chapelle privée des Condé à Chantilly.

Le 3 mai 1753 il épouse à Versailles, Charlotte de Rohan (1737-1760), fille de Charles de Rohan, prince de Soubise, duc de Rohan-Rohan (1715-1787) et d'Anne Marie Louise de La Tour d'Auvergne (1722-1739). Louis-Joseph n'a encore que 13 ans et sa jeune épouse est de trois ans son aînée.

La marquise de La Ferté-Imbault raconte dans ses mémoires qu'elle rencontra le prince quand il avait 16 ans, et se montrait d'une timidité telle qu'il se tenait toujours à l'écart, "n'osant parler à personne". Elle le prendra sous son aile, et le prince en sera touché. Son attachement pour madame de La Ferté-Imbault s'accrut de sa reconnaissance et il cherchera toujours auprès d'elle des conseils, des secours et des consolations. La marquise le dépeindra comme "sûr, loyal, et chevaleresque dans toute la conduite de sa vie", et écrira au seuil de la veilliesse "après avoir passé ma vie à frequenter et à voir de près les autres princes, celui-là est le seul qui m'intéresse et que j'aime."2

Durant la guerre de Sept Ans il sert avec une certaine distinction aux côtés de son beau-père le prince de Soubise. Il est nommé lieutenant général des armées du roi, en 1758 et remporte les rares victoires françaises à Grüningen et à Johannisberg (1762). Il administre ensuite la Bourgogne.

En 1764, il rénove et agrandit le Palais Bourbon et quitte l'hôtel de Condé où il est né. Il fait également embellir le château de Chantilly.

En 1765, il hérite de sa tante paternelle Élisabeth Alexandrine de Bourbon, et reçoit les généreuses pensions qu'Élisabeth Alexandrine avait elle-même rachetées à sa cousine Mademoiselle du Maine.

En 1770, il marie son fils à Bathilde d'Orléans, fille de Louis-Philippe, duc d'Orléans et sœur de Philippe Égalité. Le mariage est censé guérir les relations entre les Condé et les Orléans, tous descendants des filles illégitimes de Louis XIV et de Madame de Montespan.

Par l'ordonnance du 5 avril 1780, le roi Louis XVI recrée à son intention le grade de Colonel général de l'infanterie3.

« Marche du Don Quichotte moderne pour la défense du Moulin des Abus. »
Caricature anonyme de 1791 montrant le prince de Condé en Don Quichotte accompagné du vicomte de Mirabeau (Mirabeau Tonneau) en Sancho Panza, entourés d'une armée de contre-révolutionnaires se portant à la défense du « moulin des abus » surmonté d'un buste de Louis XVI.

À la Révolution française, bien que passant pour libéral, il s'oppose au doublement du tiers état. Il est un des premiers à quitter la France, et émigre juste après la prise de la Bastille aux Pays-Bas puis à Turin. Il organise une armée à Worms, sur les bords du Rhin tandis que les frères du roi établissent leur quartier général à Coblence (voir armée des émigrés).

Soucieux de contrôler étroitement les mouvements des émigrés, les Autrichiens et les Prussiens le tiennent à l'écart des opérations militaires en 1792 et le subordonnent à un général autrichien en 1793. Stationnée sur les bords du Rhin en 1794 et 1795, l'armée de Condé passe ensuite sous le contrôle de la Grande-Bretagne, de l'Autriche qui assurent successivement son entretien. En 1797, après le traité de Campo-Formio, l'armée de Condé passe au service du tsar de Russie.

Après le traité de Lunéville, avoir fait en pure perte des prodiges de valeur à Wissembourg, à Haguenau, à Bentheim, le prince est obligé de congédier son armée et se retire en 1800 en Grande-Bretagne avec son fils.

Ils logent à Wanstead, servis par des domestiques dont les gages ne sont payés qu'irrégulièrement mais continuant d'observer le cérémonial de l'Ancien Régime. Ils reçoivent de George III une pension de 675 livres pour deux. De Londres, il envoie à son petit-fils, le duc d'Enghien des instructions belliqueuses sans comprendre que les temps ont changé[réf. nécessaire]. Celui-ci est enlevé, condamné à mort et exécuté en 1804 sur les ordres du consul Bonaparte.

En 1814, il revient en France avec Louis XVIII et retrouve, malgré son grand âge (78 ans), sa charge de Grand maître de la Maison du Roi, ce qui lui vaut d'être assidu à la cour des Tuileries, que son fils déserte. Il meurt à Chantilly en 1818, à l'âge de 81 ans.

La correspondance des princes de Condé avec le duc de Bourbon est conservée aux Archives nationales sous la cote 34AP4.

Famille

Ascendance

Mariages et descendance

Monsieur le Prince en 1814, par Louis Pierre Deseine. Château de Chantilly

De son épouse Charlotte, Louis-Joseph aura trois enfants :

  • Marie de Bourbon-Condé (1755-1759),
  • Louis VI Henri de Bourbon-Condé (1756-1830),
  • Louise-Adélaïde de Bourbon-Condé (1757-1824), « Mlle de Condé », abbesse de Remiremont, puis abbesse du Temple, fondatrice des Bénédictines de la rue Monsieur.

Louis V Joseph épouse en secondes noces (en 1798 ou 1808) la princesse Maria Caterina Brignole Sale (1737-1813), séparée, puis veuve du prince Honoré III de Monaco.

Source partielle

  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Louis V Joseph de Bourbon-Condé » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, 1878 (Wikisource)

Notes et références

  1. Maurice Lever, Donatien Alphonse François, marquis de Sade, Paris, Fayard, 1991. Il était considéré comme étant en réalité le fils biologique du comte Jean-Baptiste de Sade, amant de sa mère.
  2. marquis de Ségur, Le royaume de la rue Saint-Honoré, Calmann-Levy, chapitre IX
  3. Recueil général des anciennes lois françaises: depuis l'an 420, volume 26, Jourdan, Decrusy, M. Isambert (François André) [1] [archive]
  4. Archives nationales [archive]

Articles connexes

  • Hôtel de Bourbon-Condé
  • Château de Nanteuil (Oise)
  • Maison de Condé

Liens externes

Constitution du 5 fructidor an III

Clic pour voir sa notice sur son nom couleur orange

 

Constitution du 5 fructidor an III

 

 
Constitution du 22 août 1795

Minute_originale_de_la_Constitution_de_l'an_III,_décrétée_le_5_fructidor_an_III_(22_août_1795)

Minute originale de la Constitution de l'an III, décrétée le 5 fructidor an III (22 août 1795) Archives nationales - AE-I-10-12.

Présentation
Titre Constitution de l’an III
Pays Drapeau de la France République française (Directoire)
Langue(s) officielle(s) français
Type constitution
Branche droit constitutionnel
Adoption et entrée en vigueur
Rédacteur(s)

commission des Onze :

  • Baudin
  • Berlier
  • Boissy d'Anglas
  • Creuzé-Latouche
  • Danou
  • Durand-Maillane
  • Lanjuinais
  • Lesage
  • Louvet
  • Reveillère-Lépeaux
  • Thibaudeau
Régime Première République
Législature Convention nationale
(Convention thermidorienne)
Adoption 22 août 1795
Entrée en vigueur 26 octobre 1795
Abrogation 1799

Lire en ligne

Consulter

le préambule

La Constitution de l’an III est la constitution qui fonde le Directoire. Adoptée par la Convention le 5 fructidor an III (22 août 1795) et approuvée par plébiscite le 6 septembre, elle a pour préambule la Déclaration des droits et des devoirs de l'homme et du citoyen de 1795. Sa promulgation est suivie par celle d'un nouveau code pénal, le Code des délits et des peines (1795).

Première constitution républicaine à avoir été appliquée en France1, elle est la seconde constitution à avoir été adoptée par la Convention — après celle du 6 messidor l'an I (24 juin 1793) — et est issue du troisième projet de constitution présenté à l'assemblée — après le projet girondin des 27 et 28 pluviôse an I (15 et 16 février 1793) puis le projet montagnard du 22 prairial an I (10 juin 1793).

La constitution de l'an III entre en vigueur en brumaire an IV avec la mise en place des nouveaux pouvoirs : le 4 brumaire (26 octobre 1795), le Convention se sépare ; le 8 (30 octobre), le Conseil des Anciens et celui des Cinq-Cents déclarent être définitivement constitués ; le 10 (1er novembre), le premier directoire est nommé.

Elle est suspendue le 10 novembre 1799, lendemain du coup d'État du 18 brumaire, par une résolution du Conseil des Anciens qui établit le Consulat provisoire, avant d'être abrogée par la constitution du 22 frimaire an VIII (13 décembre 1799) qui établit le Consulat décennal.

Parfois surnommée la « Constitution de la peur »2 selon le mot de l'historien Pierre Gaxotte3,4, la constitution de l'an III est, avec ses 377 articles, la plus longue constitution de l'histoire constitutionnelle française3,5.

Les républiques sœurs ont eu des constitutions calquées sur celle de l'an III6.

Sommaire

  • 1 La rédaction
  • 2 La Déclaration des droits et devoirs de l'homme et du citoyen
  • 3 La République
  • 4 La citoyenneté
    • 4.1 Consistance de la citoyenneté
    • 4.2 Qualité de citoyen
    • 4.3 Perte et suspension de l'exercice de la citoyenneté
    • 4.4 Les assemblées de citoyens
      • 4.4.1 Les assemblées primaires
      • 4.4.2 Les assemblées électorales
  • 5 L'organisation des pouvoirs
    • 5.1 Le pouvoir législatif
    • 5.2 Le pouvoir exécutif
  • 6 Des fonctions communes
  • 7 Un système bloqué ?
  • 8 Notes
  • 9 Bibliographie
  • 10 Liens externes

La rédaction

Le gouvernement révolutionnaire supprimé après la chute de Maximilien de Robespierre le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), les Thermidoriens refusèrent d'appliquer la Constitution de l'an I (juin 1793) et élaborèrent celle de 1795 favorable à la bourgeoisie libérale et modérée.

Le 4 floréal an III (23 avril 1795), la Convention confie à une commission composée de onze de ses membres — Berlier, Boissy d'Anglas, Cambacérès, Creuzé-Latouche, Daunou, Révellière-Lépeaux, Lesage, Louvet, Merlin, Sieyès et Thibaudeau — le soin de rédiger un nouveau projet de constitution. Un décret du 15 floréal ayant déclaré les fonctions de membre de la commission incompatibles avec celles de membre du Comité de salut public, Cambacérès, Merlin et Sieyès optent pour le comité et sont remplacés à la commission par Baudin, Durand-Maillane et Lanjuinais.

Au cours de la discussion du projet, Sieyès souhaitait un contrôle de la constitutionnalité des lois avec la création d'un Jury Constitutionnaire. Cette proposition qu'il défendit en juillet 1795, ne fut pas retenue, mais fut à l'origine du Sénat du Consulat et de l'Empire.

Le lendemain de la clôture des débats, le 1er fructidor an III (18 août 1795), le député Baudin des Ardennes présente un rapport « sur les moyens de terminer la Révolution », dans lequel il préconise que les deux tiers des sièges au Conseil des Anciens et au Conseil des Cinq-Cents soient réservés à des membres de l'ex-Convention, soit 500 des 750 élus. Pour justifier ce décret des deux tiers, il explique que « la retraite de l'Assemblée Constituante vous apprend assez qu'une législature entièrement nouvelle pour mettre en mouvement une constitution qui n'a pas été essayée est un moyen infaillible de la renverser ». Le décret fut voté, avec la constitution, le 5 fructidor an III (22 août 1795). Décret et Constitution furent ensuite soumis à plébiscite, et adoptés, par le décret du 1er vendémiaire an IV (23 septembre 1795) portant la proclamation de l'acceptation par le peuple français de la constitution qui lui a été présentée par la Convention nationale7.

Les royalistes répondront au décret des deux tiers par l'insurrection du 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795). Les Thermidoriens ont donc conservé la République, mais rétabli le suffrage censitaire à deux degrés par crainte du suffrage universel.

La Déclaration des droits et devoirs de l'homme et du citoyen

La Déclaration des droits et des devoirs de l'homme et du citoyen de 1795 correspond au préambule de la Constitution du 5 fructidor an III (22 août 1795).

Les droits proclamés sont repris de la Déclaration de 1793 mis à part les droits sociaux. L'esclavage reste donc toujours aboli.

Soucieux de maintenir l'ordre, les constituants instaurent explicitement une partie intitulée « Devoirs » dans la Déclaration. Les précédentes déclarations, bien que ne concernant que les droits dans leurs intitulés, incluaient toutefois aussi des devoirs (voir le préambule de la première) 8. Plus que d'une innovation juridique, cet ajout aurait donc plutôt une portée pédagogique et politique, selon Guy Braibant8.

Parmi ces devoirs, celle-ci énonce (au masculin): "Le bon citoyen c'est le bon fils, le bon père, le bon frère, le bon ami, le bon époux".

La République

La Constitution de l'an III est la seule constitution française qui définit le territoire.

Le territoire de la République comprend les quatre-vingt-neuf départements existants. Il s'agit de quatre-vingt-un des quatre-vingt-trois départements créés en 1790 auxquels se sont ajoutés les huit départements suivants :

  • Le Golo et le Liamone, résultant de la partition de la Corse ;
  • La Loire et le Rhône, résultant de la partition du Rhône-et-Loire ;
  • Les Alpes-Maritimes, résultant de l'annexion du comté de Nice ;
  • Le Mont-Blanc, résultant de l'annexion du duché de Savoie ;
  • Le Mont-Terrible, résultant de l'annexion de la principauté de Montbéliard et d'une partie de l'évêché de Bâle ;
  • Le Vaucluse, résultant de l'annexion d'Avignon et du Comtat venaissin.

Les colonies sont déclarées à l'article 6 « parties intégrantes de la République » et « soumises à la même loi constitutionnelle ».

L'article 7 prévoit leur départementalisation par la création de onze à treize départements :

  • quatre à six départements dans Saint-Domingue ;
  • la Guadeloupe et ses dépendances, à savoir : Marie-Galante, la Désirade, les Saintes et la partie française de Saint-Martin ;
  • la Martinique ;
  • la Guyane française et Cayenne ;
  • Sainte-Lucie et Tobago ;
  • l'Île-de-France, les Seychelles, Rodrigue et les établissements de Madagascar ;
  • l'île de la Réunion ;
  • les Indes-Orientales, Pondichéri, Chandernagor, Mahé, Karical et les autres établissements.

La citoyenneté

Consistance de la citoyenneté

L'article 11 de la Constitution définit les droits dont l'exercice est réservé aux citoyens français :

  • le droit de voter aux assemblées primaires ;
  • le droit d'être appelé aux fonctions établies par la Constitution.

Qualité de citoyen

La qualité de citoyen est réservé aux hommes âgés de vingt-et-un ans accomplis.

La convention thermidorienne précise l'âge auquel l'étranger peut prétendre accéder à la citoyenneté française (21 ans) et porte à sept ans, au lieu de cinq, la durée du séjour exigée (Art 10), mais ne revient pas sur le droit du sol différé (à l'âge adulte) pour la seconde génération.

Perte et suspension de l'exercice de la citoyenneté

L'article 12 de la Constitution prévoit trois cas de perte de l'exercice des droits de citoyen :

  • la naturalisation en pays étranger ;
  • l'affiliation à une corporation étrangère qui supposerait des distinctions de naissance ou exigerait des vœux de religion ;
  • l'acceptation de fonctions ou de pensions offertes par un gouvernement étranger.

Le quatrième cas prévu par l'article 12 — la condamnation à des peines afflictives ou infamantes — n'est qu'un cas de suspension de l'exercice des droits de citoyen puisqu'elle n'est que provisoire — la réhabilitation du condamné y met fin.

L'article 13 prévoit cinq autres cas de suspension de l'exercice des droits de citoyens :

  • l'état d'interdiction judiciaire ;
  • l'état de débiteur failli ou d'héritier immédiat et à titre gratuit de tout ou partie de la succession d'un failli ;
  • l'état de domestique à gage ;
  • l'état d'accusation ;
  • l'état de contumax.

Les assemblées de citoyens

Les assemblées primaires

Les assemblées primaires élisent :

  • Les électeurs ;
  • Le juges de paix et ses assesseurs ;
  • Le président de l'administration du canton ou, dans les communes de moins de cinq mille habitants, les officiers municipaux.

Les assemblées électorales

Les assemblées électorales élisent :

  • Les membres du Corps législatif ;
  • Les membres du Tribunal de cassation ;
  • Les hauts-jurés ;
  • Les administrateurs de département ;
  • Le président, l'accusateur public et le greffier du tribunal criminel ;
  • Les juges des tribunaux civils.

L'organisation des pouvoirs

La doctrine classique du droit constitutionnel (fin XIXe—milieu XXe ; voir par exemple Maurice Deslandres ou Joseph Barthélemy9) soutient qu'afin d’éviter une possibilité de retour à une dictature révolutionnaire, la Constitution aurait accentué la séparation des pouvoirs sans prévoir de mécanismes pour régler les crises. Pour Barthélemy, au lieu de se contenter d'une simple séparation des pouvoirs, on arrive ainsi à des « pouvoirs isolés ». Toutefois, cette interprétation classique, qui conduit à la thèse (encore aujourd'hui largement répandue) selon laquelle les conflits politiques du Directoire seraient issus de blocages institutionnels, et donc d'une imperfection de la Constitution, est fortement critiquée par le juriste Michel Troper9.

Troper distingue en effet un modèle de spécialisation des autorités, l'une dans la fonction législative, l'autre dans la fonction exécutive, et un modèle de « balance des pouvoirs ». Le premier modèle, d'inspiration démocratique, correspondrait à la théorie de Rousseau, à la Constitution de Pennsylvanie et à la Constitution de 1793. Le second modèle, d'inspiration libérale, correspondrait à la théorie de Montesquieu, au modèle anglais, à la Constitution du Massachusetts et à la Constitution fédérale des États-Unis, ainsi, qu'en France, à la Constitution de 17919.

Or, selon lui, la Constitution de 1795, qui répond au modèle de spécialisation, n'organise pas une séparation des pouvoirs, mais une soumission du pouvoir exécutif au pouvoir législatif, selon la perspective légicentriste adoptée lors de la Révolution9.

Le pouvoir législatif

Le pouvoir législatif est partagé entre deux assemblées (bicamérisme) : le Conseil des Cinq-Cents propose les lois, et une autre assemblée composée de 250 membres le Conseil des Anciens les adopte ou les rejette. Ces deux conseils se renouvellent par tiers chaque année. Il ne s'agit cependant pas d'un bicaméralisme au sens contemporain du terme attendu que les deux chambres représentent la même population et qu'il n'y a pas d'assemblée représentant les collectivités locales.

Le pouvoir exécutif

Le pouvoir exécutif est confié non pas à un seul magistrat mais à cinq directeurs, d'où le nom de Directoire. Tous les ans, un de ses membres est remplacé par un nouveau mode de désignation complexe. Tout d'abord, le Conseil des Cinq Cents désigne à vote secret dix noms qui seront proposés au Conseil des Anciens, qui en désigne un parmi ces dix pour être au Directoire. Souvent, le premier conseil mettait neuf noms inconnus et un connu pour que celui-ci soit élu au Directoire. Ce directeur sortant ne peut être à nouveau désigné qu'au bout de 5 années. Chaque directeur exerce la présidence à tour de rôle pendant trois mois seulement : ce président n’a aucune prépondérance personnelle ou de pouvoir particulier.

Selon la doctrine classique, une stricte séparation des pouvoirs serait encore renforcée, le Directoire n'ayant - selon cette interprétation - aucune autorité sur les Conseils, ni les Conseils sur le Directoire. Un certain nombre d'exceptions à cette règle résultent, selon cette interprétation, d'incohérences des Conventionnels.

Or, c'est cette thèse que Troper critique. D'une part, si la doctrine classique s'appuie sur le fait que le Directoire et les conseils ne peuvent communiquer directement, mais seulement par l'intermédiaire de messagers d'État (art. 170), elle passe sous silence le fait que les conseils eux-mêmes ne peuvent communiquer que par l'intermédiaire de messagers - disposition qui n'a certes rien à voir avec la séparation des pouvoirs9.

D'autre part, ce qui pour la doctrine classique est uniquement de l'ordre de la responsabilité pénale et non politique des membres du Directoire (art. 152), relève en fait de la responsabilité politique pour Troper. Sur le fondement de l'art. 113, le Conseil des Anciens peut les accuser, sur proposition du Conseil des Cinq-Cents (art. 271), de « manœuvres pour renverser la Constitution ». Ils sont alors jugés devant la Haute Cour de justice (art. 265 et suivants). Or, aucun procédé de défense n'est prévu, le cas échéant, pour les membres du Directoire : cette accusation, purement discrétionnaire, entraîne la démission. C'est d'ailleurs ce qui dans les faits, s'est passé (coup d'État du 30 prairial an VII)9. Selon Troper, cette accusation se porte lorsque le Directoire éprouve des velléités d'exercer une politique différente de celle voulue par les conseils9.

Des fonctions communes

Troper montre de plus qu'un certain nombre de domaines sont partagés entre l'exécutif et le législatif. Il ne s'agit donc pas de séparation des pouvoirs, selon lui, mais d'une spécialisation des fonctions, maintenant l'exécutif sous la dépendance du législatif - tandis que, pour éviter que le législatif n'accapare toutes les fonctions de l'exécutif, ce qui ferait tomber le régime dans le despotisme, le premier est divisé en deux chambres, l'équilibre des pouvoirs s'instaurant entre elles9.

Ainsi, en matière d'affaires étrangères, le Directoire et le pouvoir législatif partagent certaines compétences (art. 43) 9. De même, le législatif intervient dans la fonction exécutive de plusieurs manières (art. 150, 156, 161) 9. Les compétences sont aussi partagées en matière de finances (les commissaires de la Trésorerie nationale - art. 315 - et de la Comptabilité nationale - art. 321 - sont élus par les conseils) 9). Enfin, en matière judiciaire, c'est le Conseil des Cinq-Cents qui rédige et publie la proclamation constituant la Haute Cour de justice (art. 267) et c'est lui qui rédige l'acte d'accusation discrétionnaire (art. 271) 9. D'autre part, le système du référé législatif, institué par la Constitution de 1791, est reproduit (art. 254-264) 9.

Toutes ces exceptions montrent, selon Troper, qu'on ne peut en aucun cas parler de séparation rigide des pouvoirs, comme l'a fait la doctrine classique9.

Un système bloqué ?

Les rédacteurs recherchent la stabilité et rendent donc le texte très difficilement révisable. De nouveau selon la doctrine classique, aucune solution n'aurait été prévue en cas de conflit politique entre les organes (entre les deux Conseils ou entre les Conseils et les directeurs). Néanmoins, selon Troper, il ne peut y avoir de conflit politique, dans la mesure où en aucun cas la Constitution ne permet au Directoire de poursuivre une politique différente de celle du corps législatif: celui-ci ne doit être qu'un exécutant docile de celui-là 9. En cas de conflit, la responsabilité politique (l'accusation discrétionnaire) s'applique, et le Directoire est acculé à la démission, ou à l'insubordination, tout à fait illégale9.

Les crises classiques invoquées ne sont donc ainsi pas, selon Troper, des blocages institutionnels. Lors du coup d'État du 18 fructidor an V, s'il existe une opposition politique entre le Directoire et les conseils, celui-ci n'a aucun moyen légal de s'opposer à ceux-là, qui s'apprêtent à voter le décret d'accusation9. Le Directoire choisit alors de recourir à la force, et de faire appel à Bonaparte, avant de se raviser9.

Lors de Floréal an VI, il n'y a ni conflit institutionnel, ni divergence politique. La majorité des sortants est d'accord avec le Directoire pour invalider les élections (avec la loi du 22 floréal an VI), et empêcher les néo-jacobins (vainqueurs lors de celles-ci) de prendre leurs sièges9.

Enfin, lors du coup d'État du 30 prairial an VII, il y a bien une opposition politique, mais non un conflit institutionnel. Le corps législatif menace trois directeurs sur cinq d'un décret d'accusation, et ceux-ci démissionnent : c'est la mise en œuvre d'une responsabilité politique9. Troper conclut ainsi : « Il ne s'est produit aucun coup d'État qui soit imputable à la séparation des pouvoirs, ce qui n'a rien d'étonnant puisque cette Constitution n'organise pas de séparation des pouvoirs. »9

Un coup d'État, qui ne résulte pas d'un blocage institutionnel mais d'un simple coup de force militaire, est provoqué contre le régime par Napoléon Bonaparte le 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) qui instaure le Consulat.

Notes

  1. Jean-Claude Zarka, L'essentiel du droit public, Issy-les-Moulineaux, Gualino-Lextenso, coll. « Les Carrés / Rouge (fonction publique) », août 2015 [2de éd.] (1re éd. mai 2014), 166 p., 17 × 17 cm (ISBN 2-297-05273-1 et 978-2-297-05273-3, OCLC 921140626, notice BnF no FRBNF44407618, présentation en ligne [archive]) [lire en ligne [archive] (page consultée le 10 novembre 2015)].
  2. Jacky Hummel, « Les conflits constitutionnels : définition(s) d'un objet d'études », dans Jacky Hummel (dir.), Les conflits constitutionnels : le droit constitutionnel à l'épreuve de l'histoire et du politique (actes de la journée d'études organisée à la faculté de droit et de science politique de Rennes, le 28 novembre 2008, par le laboratoire d'étude du droit public de l'université de Rennes 1), Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « L'Univers des normes », 2010 [1re éd.], 178 p., 16,5 × 24 cm (ISBN 978-2-7535-1139-2, OCLC 708355809, notice BnF no FRBNF42266009, présentation en ligne [archive]), introduction, p. 11-22 [lire en ligne [archive] (page consultée le 9 novembre 2015)], p. 13.
  3. a et b Pierre Bodineau et Michel Verpeaux, Histoire constitutionnelle de la France, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? » (no 3547), 13 mars 2013 [4e éd. mise à jour] (1re éd. 2000), 127 p., 18 cm (ISBN 2-13-061972-X et 978-2-13-061972-7, OCLC 840253626, notice BnF no FRBNF43556504, présentation en ligne [archive]) [extrait [archive] (page consultée le 9 novembre 2015)], chap. 1.– Les révolutions constitutionnelles (1789-1799), sect. 4.– L'ordre républicain : la constitution de l'an III et le Directoire (1795-1799).
  4. Jean Gicquel et Jean-Éric Gicquel, Droit constitutionnel et institutions politiques, Issy-les-Moulineaux, LGDJ-Lextenso, coll. « Domat / Droit public », septembre 2015 [29e éd. mise à jour au 15 août 2015] (1re éd. d'après André Hauriou, Paris, Montchrestien, 1965), 862 p., 23 cm (ISBN 2-275-04243-1 et 978-2-275-04243-5, OCLC 921302416, notice BnF no FRBNF44442396, présentation en ligne [archive]), p. 456, no 854 [lire en ligne [archive] (page consultée le 9 novembre 2015)].
  5. Jean-Claude Zarka, L'essentiel de l'histoire constitutionnelle et politique de la France : de 1789 à nos jours, Paris, Gualino-Lextenso, coll. « Les Carrés / Rouge (droit) », juillet 2015 [7e éd.] (1re éd. août 2002), 147 p., 17 × 17 cm (ISBN 2-297-04784-3 et 978-2-297-04784-5, OCLC 918616175, notice BnF no FRBNF44372628, présentation en ligne [archive]), p. 28 [lire en ligne [archive] (page consultée le 9 novembre 2015)].
  6. Alain J. Lemaître et Rolf G. Renner, Les révolutions du monde moderne : actes d'un cycle de conférences du semestre d'hiver 2004-2005 à l'université Albert-Ludwig de Fribourg, Fribourg-en-Brisgau, Berliner Wissenschafts-Verlag (de), coll. « Études du centre français de l'université Albert-Ludwig de Fribourg » (no 15), 2006, 156 p., 15,3 × 22,7 cm (ISBN 3-8305-1249-X et 978-3-8305-1249-3, OCLC 219372361, notice BnF no FRBNF41085971, présentation en ligne [archive]), p. 61 [lire en ligne [archive] (page consultée le 9 novembre 2015)].
  7. Référendum sur le décret des deux tiers (1795) [archive], Digithèque de matériaux juridiques et politiques, Université de Perpignan.
  8. a et b Guy Braibant, « La Déclaration des droits de l'an III », in Conac, Gérard et Machelon, Jean-Pierre (dir.), La Constitution de l’an III. Boissy d’Anglas et la naissance du libéralisme constitutionnel, PUF, 1999, p.39-42
  9. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t et u Michel Troper, « La séparation des pouvoirs dans la Constitution de l'an III », in Conac, Gérard et Machelon, Jean-Pierre (dir.), La Constitution de l’an III. Boissy d’Anglas et la naissance du libéralisme constitutionnel, PUF, 1999, p.51-71.

Bibliographie

  • Dimitri Bovykine, « Le pouvoir exécutif dans la Constitution de l'an III », dans Jean-Paul Bertaud, Françoise Brunel, Catherine Duprat...[et al.] (dir.), Mélanges Michel Vovelle : sur la Révolution, approches plurielles / volume de l'Institut d'histoire de la Révolution française, Paris, Société des Études Robespierristes, coll. « Bibliothèque d'histoire révolutionnaire. Nouvelle série » (no 2), 1997, XXVI-598 p. (ISBN 2-908327-39-2), p. 291-297.
  • Gérard Conac (dir.) et Jean-Pierre Machelon (dir.) (préf. Jean Imbert), La Constitution de l'an III : Boissy d'Anglas et la naissance du libéralisme constitutionnel, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Politique d'aujourd'hui », 1999, VIII-295 p. (ISBN 2-13-050332-2, présentation en ligne [archive]).
  • (en) Andrew Jainchill, « The Constitution of the Year III and the Persistence of Classical Republicanism », French Historical Studies, vol. 26, no 3,‎ été 2003, p. 399-435 (DOI 10.1215/00161071-26-3-399).
  • Christine Le Bozec, « An III : créer, inventer, réinventer le pouvoir exécutif », Annales historiques de la Révolution française, no 332,‎ avril-juin 2003, p. 71-79 (lire en ligne [archive]).
  • Christine Le Bozec, « Boissy d'Anglas et la constitution de l'an III », dans Roger Dupuy et Marcel Morabito (dir.), 1795, pour une République sans révolution : colloque international / organisé [par] l'Institut d'Études politiques de Rennes ; avec le concours de l'Université Rennes 2, URA CNRS 1022, Rennes, 29 juin-1er juillet 1995, Rennes, Presses universitaires de Rennes (PUR), coll. « Histoire », 1996, 296 p. (ISBN 2-86847-193-5, lire en ligne [archive]), p. 81-90.

Liens externes

Posté par blonjacky à 00:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

10 août 2018

Fleuriot-Lescot Jean-Baptiste

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Jean-Baptiste Fleuriot-Lescot

 

Lescot-Fleuriot

220px-Jean-BaptisteFleuriot-Lescot

Nom de naissance Jean-Baptiste Edmond Fleuriot-Lescot
Naissance 1761
Bruxelles
Décès 1794
Paris
Nationalité Drapeau des États belgiques unis États belgiques unis
Profession Architecte

Jean-Baptiste Edmond Fleuriot-Lescot ou Lescot-Fleuriot, né à Bruxelles en 1761 et guillotiné à Paris le 10 thermidor an II (28 juillet 1794), est un architecte et sculpteur belge et un révolutionnaire.

 

Sommaire


  • 1Biographie
  • 2Bibliographie
  • 3Voir aussi
  • 4Liens externes

 

Biographie

Fleuriot-Lescot prit part à Bruxelles à la Révolution brabançonne de 1789 contre les réformes démocratiques et administratives que voulait imposer l'empereur Joseph II, avant de se réfugier en France. Architecte ou étudiant en architecture et sculpteur, il exerça, une fois établi à Paris, la profession d’architecte. C’est lui qui est l’auteur du buste de Le Peletier qui ornait la salle de la Convention nationale.

La révolution le fit bientôt sortir de son obscurité. Il se lia avec Robespierre, qui lui fit obtenir la place de commissaire aux travaux publics. Installé dans la section du Louvre, il devint commis de l’architecte de la Commune, Bernard Poyet.

Homme d’action, fréquentant assidûment le club des Jacobins, il fut de toutes les agitations parisiennes, au Champ-de-Mars, aux Tuileries. Militant parmi les plus actifs des sans-culottes, il fit partie de la Commune insurrectionnelle du 10 août.

Il fut élu le 13 mars 1793 substitut de Fouquier-Tinville, accusateur public du Tribunal révolutionnaire.

Devenu un des rouages essentiels des Montagnards, Fleuriot-Lescot fut nommé commissaire des travaux publics, lors du remplacement du Conseil exécutif par des commissions exécutives en germinal an II, puis maire de Paris, succédant à Pache compromis avec les hébertistes, le 21 floréal (10 mai 1794). Il conserva la mairie pendant 2 mois et 18 jours.

Lorsque, dans la journée du 9 Thermidor, Robespierre eut été renfermé au Luxembourg, Fleuriot-Lescot réunit à la hâte le conseil de la Commune, qui se déclara en insurrection, fit sonner le tocsin, battre la générale, et délivrer les décrétés d’accusation. Il publia, avec Hanriot et Payan, une proclamation dans laquelle il excitait le peuple « à se lever en masse pour défendre ses véritables amis ».

Il accueillit les robespierristes à la Maison commune. Alors la Convention frappa d’un décret de hors la loi le maire et tout le conseil de la commune. Fleuriot-Lescot fut arrêté avec eux par les gendarmes restés fidèles à la Convention, emmenés par Léonard Bourdon.

Le 10 thermidor, à deux heures du matin, il fut conduit devant le Tribunal révolutionnaire le jour même, identifié par Lieudon, qui requit contre lui en remplacement de Fouquier-Tinville (celui-ci se récusa quand vint le tour de son ancien collaborateur et ami), et guillotiné en fin de journée avec les vingt-et-un autres condamnés. Il fût le dernier à passer à l'échafaud ce jour-ci.

Bibliographie

  • Raymonde Monnier, « Lescot-Fleuriot Jean-Baptiste Edmond », dans Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, Presses universitaires de France, 1989 (rééd. Quadrige, 2005, p. 669).

Voir aussi

  • Sculpture bruxelloise

Liens externes

Posté par blonjacky à 00:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

09 août 2018

Legrand Claude-Juste-Alexandre

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Claude Juste Alexandre Louis Legrand

250px-Général_Claude_Juste_Alexandre_Legrand_(2)


Naissance 23 février 1762
Le Plessier-sur-Saint-Just
Décès 9 janvier 1815 (à 52 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 1777-1815
Distinctions Comte de l'Empire
Grand-croix de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Hommages Arc de triomphe de l'Étoile, 15e colonne.

Claude Juste Alexandre Louis Legrand est un général français de la Révolution et de l’Empire, né au Plessier-sur-Saint-Just (Oise) le 23 février 1762 et mort à Paris le 9 janvier 1815.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Campagne de l'an III
    • 1.2 Campagne de l'an IV
    • 1.3 Campagne de l'an V
    • 1.4 An VIII
    • 1.5 Ans IX-XIV
    • 1.6 1808-1815
  • 2 Sources

Biographie

Il entre comme soldat dans le régiment Dauphin-Infanterie le 16 mars 1777, devient caporal le 3 février 1781, et sergent le 1er janvier 1782. Il est parvenu au grade de sergent-major le 1er juin 1786, lorsqu'il obtint son congé pour se marier.

Exalté en 1790, par le sentiment de la liberté, Legrand reprend le 1er mai, du service comme soldat dans la garde nationale de Metz, et est nommé chef d'un bataillon de volontaires de la Moselle le 1er mai 1791. Chargé par le gouvernement de l'inspection d'une partie des troupes de la Moselle en 1792, il mérite par ses talents d'être élevé au grade de général de brigade le 20 septembre 1793.

Il se rend ensuite dans la Vendée avec une des colonnes de l'armée de Mayence, rejoint celle de Sambre-et-Meuse, et s'empare à l'affaire de Nancy, d'une pièce de canon chargée à mitraille, au moment ou un canonnier va y mettre le feu. Dans ce combat, où tous les hommes de son détachement, au nombre de 30, sont blessés ou tués, Legrand reçoit quatre légères blessures. À Arlon, il justifie la confiance qu'on a en sa valeur.

À la bataille de Fleurus, il combat avec une grande distinction. Quand les ailes de l'armée, obligées de se replier, ont en partie passé la Sambre, il défend au centre, avec quatre bataillons et une compagnie d'infanterie légère, le village d'Heppignies, trois fois attaqué dans cette journée par des forces supérieures. Il conserve ce poste important, fait éprouver une perte considérable à l'ennemi, donne le temps à l'armée française de reprendre l'offensive, et contribue ainsi au gain de la bataille, qui est resté incertain jusqu'à six heures du soir. À partir de cette époque, sa vie n'est plus qu'une suite de travaux, de combats et de brillants succès.

Campagne de l'an III

La campagne de l'an III s'ouvre par le passage du Rhin. Chargé de franchir le fleuve au-dessus de Düsseldorf avec une partie des grenadiers de la 7e division, le général Legrand s'embarque avec sa troupe au milieu de la nuit du 17 au 18 fructidor. La lune qui vient de se lever, permet à l'ennemi de voir tous les mouvements des Français. À l'aspect de la flottille, les Autrichiens dirigent sur elle le feu de toutes leurs batteries. Le Rhin semble rouler des eaux embrasées. La surprise et l'ardeur des combattants, le danger de cette attaque sur un fleuve rapide, les pièces de canon tonnant à coups pressés, forment, avec les obus qui se croisent sur le fleuve, le tableau le plus horrible et le plus majestueux des fureurs de la guerre. Legrand, impatient de se voir aux prises avec l'ennemi, s'élance dans les flots, en s'écriant : Camarades, suivez-moi ! Ses grenadiers, électrisés par son exemple, se précipitent sur ses pas. La charge bat, le général français s'avance audacieusement contre les Autrichiens, surpris d'une telle audace, culbute 2 000 hommes campés en arrière de l'anse de Hahnheim, s'empare d'une batterie de 7 pièces de canon qui défendaient le débouché de la Erft, se porte rapidement sur Dusseldorf, dont il se rend maître, et fait prisonniers 2 000 hommes de troupes palatines qui forment la garnison de cette place. Cette audacieuse opération est terminée en moins de sept heures. Le général en chef Jourdan, dans le rapport qu'il fait à la Convention sur le passage du Rhin, s'exprime ainsi : «La conduite du général Legrand et son intrépidité sont au-dessus de tous les éloges. »

 

Campagne de l'an IV

Le général Claude Juste Alexandre Legrand, par Antoine-Jean Gros.

La campagne de l'an IV, en Allemagne, lui fournit de nouvelles occasions de se distinguer. Le 30 thermidor, le général Championnet lui donne l'ordre de se glisser, avec deux bataillons de la 92e demi-brigade et un escadron de dragons, dans les gorges de Niessas pour essayer de tourner la gauche des Autrichiens par Wolsfeld. Arrivé au débouché des gorges, Legrand se trouve à Lainhoffen, en face d'un ennemi supérieur, protégé par une artillerie formidable. En apercevant le danger de sa position, le général français suspend prudemment sa marche dans un petit bois où les Autrichiens essayent de le cerner, repousse vigoureusement leurs attaques, et se maintient jusqu'au moment où le général Championnet vient le dégager. Il donne de nouvelles preuves de courage à l'attaque des hauteurs de Poperg et de Lansfeld, où l'ennemi est repoussé jusqu'à Amperg, ce qui facilite la prise de Cassel par le général Bonnaud. Pendant la même campagne, le général Legrand à la tête de douze compagnies d'infanterie, franchit une seconde fois le Rhin à Weißenthurm, vis-à-vis Neuwied, chasse les Autrichiens de leurs retranchements, leur fait éprouver des pertes considérables, et les tient en échec autant de temps qu'il en faut pour établir un pont sur le fleuve.

À la journée de Wurtzbourg, le 18 messidor, sa brigade, disséminée sur une étendue de deux lieues, est enveloppée par 3 000 chevaux et 10 000 hommes d'infanterie. Le général français, frappé de l'imminence du péril, réunit promptement ses soldats, attaque l'ennemi avec résolution, se fraye un passage à travers ses colonnes, opère sa retraite avec la plus grande opiniâtreté, et protège celle de la cavalerie de l'armée, qui se trouve sérieusement compromise. Il ne déploie ni moins de bravoure, ni moins d'habileté au combat de Liptingen, où il a deux chevaux tués sous lui.

Campagne de l'an V

En l'an V, les Autrichiens, au nombre de 1 200 hommes, ayant effectué un passage du Rhin à Neudorf, attaquent la brigade du général Legrand qui est dispersée depuis le confluent de la Lahn jusqu'à Neuwic. Le général rassemble à la hâte deux compagnies de grenadiers et 25 dragons, marche à la rencontre de l'ennemi, l'attaque avec impétuosité, le culbute dans le fleuve et lui fait 400 prisonniers. La guerre suspendue en l'an VI par les négociations de Rastadt, se rallume en l'an VII, avec plus de fureur entre la France et l'Autriche.

Legrand, promu au grade de général de division par un arrêté du 1er floréal (20 avril 1799), prend le commandement des troupes stationnées sur la rive droite du Rhin, et établit son quartier général à Kork, en avant du fort de Kehl. Obligé de se retirer momentanément à Strasbourg pour rétablir sa santé altérée par les fatigues de la guerre, il débute à peine sa convalescence, lorsque le général Masséna, jaloux de s'entourer d'officiers distingués, l'appel près de lui en Helvétie, mais Legrand vient reprendre son premier poste sur la rive droite du Rhin, aussitôt que l'ennemi s'est renforcé dans la vallée de la Kinzig.

Le 18 messidor, des forces supérieures assaillent ce général sur toute sa ligne : elles débouchent par la vallée de la Kinzig, par celle d'Erbach, se dirigeant sur Oberkirch, Offenbourg et Attenheim. Les avant-postes français, attaqués à l'improviste, sont contraints d'évacuer Offenbourg et de se replier sur la forêt de Neumühl, à une petite lieue de Kehl. Renforcé par des troupes fraîches, le général Legrand reprend aussitôt l'offensive, repousse l'ennemi jusqu'à Offenbourg, le culbute après un combat des plus opiniâtres, et reprend par son courage, l'avantage que les Autrichiens n'ont dû qu'à la surprise et à la supériorité de leurs forces.

An VIII

En l'an VIII, on lui confie de nouveau le commandement d'une division à la gauche de l'armée d'Allemagne. C'est lui qui, le 1er floréal, soutint en avant d'Erbach, le premier choc de l'armée ennemie. Le 2 prairial suivant, il se distingue au combat de Dellmensingen. Dans la campagne suivante, il a aussi la gloire, sous les ordres de Moreau, d'attacher son nom à la célèbre bataille de Hohenlinden.

Pendant que les divisions du centre combattent sur le front de la ville de ce nom, le prince Ferdinand Charles Joseph d'Autriche-Este qui a suivi la rive gauche de l'Isen, à la tête de dix-huit bataillons, de quatre régiments de cavalerie et 15 pièces d'artillerie, se dispose déjà à tourner le bois d'Opirechling pour s'emparer de la redoute d'Erdingen, afin de couper les communications des Français avec Munich, de les prendre à dos et de neutraliser les succès que le centre a obtenus. Le général Legrand, pénétrant les desseins du prince Ferdinand, donne aussitôt le signal du combat. Ses troupes fondent avec impétuosité sur l'ennemi, taillent en pièces tout ce qui s'oppose à leur passage, lui enlèvent 3 000 hommes, 4 pièces de canon et le forcent de se retirer en désordre dans la vallée de Dorsen, où le lendemain elles lui font encore 1 500 prisonniers. Les Autrichiens n'opposent plus que des efforts impuissants à la marche victorieuse de l'armée du Rhin ; l'aile gauche ayant franchi la Salza, partie à Laussen, partie à Rurg-Haussen, atteint la route de Rica, fait le blocus de Braunau, marche sur Schärding, et occupe Wels après une marche forcée. Le général Legrand qui commande l'avant-garde, enlève en route, plus de 1 200 hommes à l'ennemi.

Ans IX-XIV

Lorsque la paix, signée à Lunéville, vient borner le cours de tant de triomphes, le gouvernement le choisit le 29 messidor an IX, pour commander le Piémont, devenu la 27e division militaire. Il prouve qu'il sait unir aux talents du général les qualités non moins précieuses de l'administrateur. Dès son arrivée à Turin, il y rétablit les services désorganisés, purge les routes des brigands qui les infestent, et parvient à faire chérir et respecter le nom français par la sagesse de ses mesures et la fermeté de son caractère.

Mis à la disposition du gouvernement le 8 ventôse an X, le général Legrand est nommé inspecteur général d'infanterie le 5 germinal an XI. Il reçoit le commandement de la 3e division au camp de Saint-Omer le 12 fructidor de la même année, devint chevalier de la Légion d'honneur le 19 frimaire an XII, puis officier le 25 prairial suivant.

Dans la campagne de l'an XIV en Allemagne, Legrand commande une des divisions d'infanterie sous les ordres du maréchal Soult (3e division d'infanterie du 4e corps). On le voit aux combats de Wertingen et de Hollabrunn, décider en faveur des Français les succès de ces deux journées. À Austerlitz, il soutient avec une seule brigade, pendant près de dix heures, aux défilés de Telnice et de Sokolnice, tous les efforts de l'aile gauche de l'armée russe, lui fait 3 000 prisonniers et lui enlève 12 pièces de canon. En récompense de ses exploits dans cette journée, le général Legrand est créé le 17 nivôse an XIV (7 janvier 1806), grand aigle de la Légion d'honneur (dignité actuelle de Grand-croix).

1808-1815

Après la bataille d'Iéna, au succès de laquelle il contribue, ce général combat plus tard à Lubeck, à Eylau, à Heilsberg, puis à l'attaque de Kœnigsberg, dont il enlève les faubourgs, à la tête de sa division. Après le traité de Tilsit, signée le 7 juillet 1807, avec l'empereur de Russie, et le 9 du même mois avec la Prusse, le général Legrand est récompensé de ses brillants services par le titre de comte de l'Empire le 10 mars 1808 ; distinction à laquelle Napoléon Ier ajoute une dotation de 30 000 francs de rente.

Chargé du commandement du camp de Moewe, en 1808, il y reçoit l'empereur Alexandre à son retour dans ses États. Ce général soutient sa réputation dans la campagne d'Autriche et de Pologne en 1809. Sa division concourt à la prise de la ville et du château d'Ebersberg. À la bataille d'Essling, Legrand fait des prodiges de valeur. Placé par Masséna au village de Gross-Aspern, dont la défense lui a été confiée, il a un cheval tué sous lui en repoussant avec succès trois charges dirigées contre ce village par le général autrichien Johann von Hiller. Il s'illustre encore pendant la Bataille de Wagram ou un obus lui enlève son chapeau.

Mis en disponibilité le 23 juillet 1810, et désigné pour une inspection générale le 30 août 1811, il reçoit l'ordre de se rendre au corps d'observation de l'Elbe le 25 décembre de la même année. Le général Legrand met le comble à sa gloire dans la campagne de Russie, en combattant à la tête de l'arrière-garde du 2e corps.

Après la bataille de Kliastitsy, ce corps obligé d'opérer sa retraite, se voit menacé du plus grand danger, harcelé qu'il est continuellement par les Russes. Legrand résolut de sortir de cette position critique. Il forme aussitôt ses troupes en colonnes d'attaque, se précipite sur l'ennemi, renverse tout ce qui s'oppose à son passage, lui fait 2 000 prisonniers, lui prend 13 pièces de canon et le rejete en désordre au-delà de la Drissa. Il rend aussi d'importants services à Polotsk, y a un cheval tué sous lui, et reçoit de Gouvion-Saint-Cyr le commandement du 2e corps d'armée, lorsque ce maréchal a été blessé. C'est à lui qu'est réservé l'honneur de forcer le 12 novembre 1812, le passage de la Bérésina ; il l'effectue sous le feu d'un ennemi que nos revers rendent plus redoutable encore, action qui sauve peut-être les débris des phalanges françaises des fourches caudines que leurs ennemis leur ont préparées.

Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Est, 15e et 16e colonnes

Gravement blessé dans ce combat, Legrand se rend en France, y devient sénateur le 5 avril 1813, organise la défense de Chalon-sur-Saône en 1814, devient Pair de France le 4 juin, chevalier de Saint-Louis le 27 du même mois, et meurt à Paris, le 9 janvier 1815, des suites de la blessure qu'il a reçue sur les bords de la Bérézina.

Sa dépouille mortelle est déposée au Panthéon de Paris, et son nom est inscrit au côté Est de l'arc de triomphe de l'Étoile.

On voit à l'hôtel de ville de Metz, patrie d'adoption de Legrand, le portrait de cet officier-général, que le conseil municipal de cette ville y fait placer à côté des Messins dont les noms ont été consacrés par la reconnaissance publique.

Sources

  • « Claude-Juste-Alexandre Legrand », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail de l’édition] ;
  • « Claude-Juste-Alexandre Legrand », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]  ;
  • Jérôme Fehrenbach, Le Général Legrand, d'Austerlitz à la Berezina, Saint-Cloud, SOTECA, 2012
  • Archives nationales (CARAN) – Service Historique de l’Armée de Terre – Fort de Vincennes – Dossier SHAT, côte 7 Yd 316.

 

08 août 2018

Lalloy Pierre-Antoine

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Pierre-Antoine Lalloy

 

Pierre-Antoine Lalloy
Fonction
Député à l'Assemblée nationale française
 
Biographie
Naissance
16 janvier 1749
Décès 16 mars 1846 (à 97 ans)
Chaumont
Activité
Homme politique

Pierre-Antoine Lalloy ou Laloy né à Doulevant-le-Château le 16 janvier 1749 et mort à Chaumont le 5 mars 1846 était un homme politique français qui fut député de la Haute-Marne à la Convention nationale.

 

Sommaire


  • 1Biographie
    • 1.1Avant 1789
    • 1.2Carrière révolutionnaire
      • 1.2.1Les débuts
      • 1.2.2Le député montagnard
    • 1.3Sous le Directoire
    • 1.4Sous Napoléon
    • 1.5Exil et fin de vie
  • 2Sources

 

Biographie

Avant 1789

Né en 1749, il est le frère de Jean-Nicolas Laloy, député à la Constituante. Il fait ses études de droit à Paris. Après être entré chez un procureur, il est reçu comme avocat au bailliage de Chaumont en 1773. Sa carrière dans la profession est assez terne. En 1785, il est chargé par le garde des sceaux Miromesnil de faire l'inventaire des archives de Bassigny.

Carrière révolutionnaire

Les débuts

La Révolution lui permet de faire son entrée en politique, à la suite de son frère aîné. Il devient en 1789 procureur de la commune de Chaumont, puis administrateur du département de la Haute-Marne.

Le 31 août 1791, Lalloy est élu député de son département à l'Assemblée législative avec 208 voix sur 363 votants. Il y siège avec la gauche et participe aux travaux de plusieurs commissions parlementaires, ce qui lui permet d'acquérir une certaine réputation.

Le député montagnard

En 1792, il est réélu par son département à la Convention nationale, mais le dernier, avec seulement 154 voix sur 405 votants.

Fidèle à ses convictions, il se joint aux montagnards. Au procès de Louis XVI, il vote pour la mort du souverain. Il participe à la lutte contre la Gironde et réclame ainsi un décret d'accusation contre Barbaroux.

Le 6 novembre 1793, alors que la Terreur est à l'ordre du jour, il est élu président de la Convention. C'est ainsi lui qui félicite l'évêque Gobel et d’autres prêtres pour avoir abjurer s’être dépouillés de leurs insignes. Il déclare à propos de ceux-ci déposées sur l’autel de la patrie : « Ne nous le dissimulons pas, citoyens, ces hochets insultaient à l'Être suprême, au nom duquel on les entretenait ; ils ne pouvaient servir à son culte, puisqu'il n'exige que la pratique des vertus sociales et morales : telle est sa religion ; il ne veut de culte que celui de la Raison ; il n'en prescrit pas d'autre, et ce sera désormais la religion nationale. »'' 1 C'est lui aussi qui donne le "baiser fraternel" à la déesse Raison lors de la fête organisée en l'honneur de celle-ci.

Son activité parlementaire est alors intense. Il réclame ainsi la vente du mobilier de la liste civile La même année, il est élu membre du Comité de sûreté générale, mais il en démissionne quelques jours après, car son frère et son beau-frère sont accusés d'avoir tenu des propos contre-révolutionnaires.

En Thermidor, Lalloy participe à la conjuration qui renverse Robespierre. Pour cela, il entre au Comité de salut public le 13thermidor an II (31 juillet 1794). Il y reste trois mois avant d'en sortir le 5 novembre.

Il est ensuite discret jusqu'à la fin de la session.

Sous le Directoire

En l'an IV, Lalloy est réélu au Conseil des Cinq-Cents, toujours pour la Haute-Marne, et y siège avec la gauche directoriale. Le 19 février 1797, il est élu pour un mois président de cette assemblée. Dans ces fonctions, il se voit reprocher sa partialité dans la discussion sur le serment des électeurs.

Il approuve le Coup d'État du 18 fructidor an V, et devient membre de la commission chargée de publier une adresse au peuple français justifiant le coup de force.

En l'an VI, il passe au Conseil des Anciens où il siège jusqu'au Coup d'État du 18 brumaire, qu'il approuve sans réserve.

Sous Napoléon

Il se rallie à Bonaparte qui le nomme membre du Tribunat. Son indépendance d'esprit le fait cependant éliminer au premier renouvellement de cette chambre en 1802.

Il est ensuite nommé au conseil des prises, poste qu'il garde jusqu'à la fin du Premier Empire.

En 1815, durant les Cent-Jours, il est conseiller à la préfecture de la Seine.

Exil et fin de vie

Après la loi du 12 janvier 1816 exilant les régicides, Lalloy doit quitter la France et s'installe à Mons. Deux ans plus tard, le gouvernement de Louis XVIII l'autorise à rentrer, mais ce vieux montagnard refuse cette grâce et décide de rester à l'étranger.

Il ne retrouve la France qu'en 1830, après les Trois Glorieuses. Ses relations avec Réal lui permettent alors d'obtenir une pension de la part du nouveau régime. Lalloy consacre les dernières années de sa vie à l'étude. Cet érudit possède en effet une bibliothèque de près de vingt mille volumes.

Il s'éteint en 1846 à 97 ans.

Sources

 http://www.royet.org/nea1789-1794/archives/journal_debats/an/1793/convention_1793_11_07.htm [archive]

 

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

07 août 2018

de Lévis Pierre-Marc-Gaston

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Pierre-Marc-Gaston de Lévis


Pierre-Marc-Gaston de Lévis

De_levis

Fonctions
Député
 
Pair de France
 
Biographie
Naissance
7 mars 1764
Paris
Décès
15 février 1830 (à 65 ans)
Lieu de travail
Paris
Activités
Homme politique, philosophe, écrivain
Beau Père
Victor-Thérèse Charpentier
Autres informations
Membre de
Académie française (1816)
Distinctions
Chevalier de l'ordre du Saint-Esprit
Chevalier de l'ordre de Saint-Michel

Pierre-Marc-Gaston de Lévis, second duc de Lévis, pair de France, né à Paris le 7 mars 1764 et mort le 15 février 1830 est un homme politique, député de la noblesse aux États Généraux de 1789, député à la Constituante.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Origines et famille
    • 1.2 Carrière politique
  • 2 Œuvres
  • 3 Citation
  • 4 Sources
  • 5 Articles connexes
  • 6 Notes et références

Biographie

Origines et famille

Pierre-Marc-Gaston de Lévis est issu de la Maison de Lévis, une famille noble française originaire du village de Lévis dans le Hurepoix, et dont l'origine remonte au XIIe siècle. Il est le fils ainé du maréchal de France François Gaston de Lévis, premier duc de Lévis, et de Gabrielle Augustine Michel (1744-1794).

Carrière politique

Il fut appelé à la chambre des pairs le 4 juin 1814 et fait duc et pair le 31 août 1817 (sans majorat).

Il a été maire de Champs-sur-Marne de 1826 à 1830.

Élu en 1816 au fauteuil numéro 6 de l'Académie française, il succède à Pierre-Louis Roederer et précède Philippe-Paul de Ségur.

Le duc de Lévis fut décoré de l'Ordre du Saint-Esprit le 30 septembre 1820.

Œuvres

  • 1808 : Voyage de Kang-Hi, ou nouvelles lettres chinoises, 2 vol.
  • 1807 : Maximes, préceptes et réflexions sur différens sujets de morale et de politique
  • 1812 : Suite des quatre Fiercadins
  • 1814 : L'Angleterre au commencement du XIXe siècle
  • 1814 : Souvenirs et portraits
  • 1816 : Considérations morales sur les finances
  • 1818 : Des emprunts
  • 1819 : De l'autorité des chambres sur leurs membres
  • 1824 : Considérations sur la situation financière de la France
  • 1828 : La conspiration de 1821 ou les jumeaux de Chevreuse, 2 vol.
  • 1829 : Lettre sur la méthode Jacotot

Citation

« L'ennui est une maladie dont le travail est le remède. »1

Sources

  • « Pierre-Marc-Gaston de Lévis », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]

Articles connexes

  • Maison de Lévis

Notes et références

  1. Maximes et réflexions sur différents sujets de morale et de politique, 1810 (lire en ligne [archive]), p. 10, XXVI

Posté par blonjacky à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

06 août 2018

Boussingault Jean-Baptiste

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Jean-Baptiste Boussingault

 

Jean-Baptiste Boussingault

Jean-Baptiste_Boussingault

Naissance 1er février 1801
Paris
Décès 11 mai 1887 (à 86 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Diplôme
École nationale supérieure des mines de Saint-Étienne
Profession
Chimiste, botaniste et agronome
Autres activités
Député (1848-1849) et Conseiller d'État (1849-1851)
Distinctions
Médaille Copley en 1878
Grand officier de la Légion d'honneur (1876)

Jean-Baptiste Joseph Dieudonné Boussingault, né à Paris le 1er février 1801 et mort à Paris le 11 mai 1887, est un chimiste, botaniste et agronome français, connu pour ses travaux de chimie agricole et pour la mise au point des premiers aciers au chrome.

Sommaire

  • 1 Une vie aventureuse
  • 2 Le fondateur de la chimie agricole moderne
  • 3 Hommages
  • 4 Œuvres et publications
  • 5 Notes et références
  • 6 Annexes
    • 6.1 Bibliographie
    • 6.2 Liens externes

Une vie aventureuse

Jean Baptiste Boussingault, photographié par Pierre Petit.
Gaylussite de Lagunillas, au musée de Bonn.

Fils d’un ancien soldat qui tenait un bureau de tabac et de la fille du bourgmestre de Wetzlar, incapable de supporter le lycée napoléonien, Boussingault était vers 1814 un gamin de Paris qui faisait l'école buissonnière pour observer les soldats des armées d'occupation1. Il se forme tout seul en suivant les cours publics du Collège de France et du Muséum national d'histoire naturelle. Apprenant la création de l'École des mineurs de Saint-Étienne (actuelle École nationale supérieure des mines de Saint-Étienne), il rejoint l’établissement sac au dos en décembre 1818, fait la connaissance de Benoît Fourneyron et découvre la qualité du laboratoire de chimie. Le directeur Louis-Antoine Beaunier, enthousiasmé par ses capacités, lui confie bientôt des expériences et il démontre que l’acier contient du silicium. Classé hors concours, il sort avec son brevet en juillet 1820. Il se lie aussi d'amitié avec le géographe Alexander von Humboldt, qui lui confie une collection de minéraux et le conseille pour ses futurs voyages.

Le général Simón Bolívar souhaitant fonder un établissement pour former des ingénieurs, Boussingault, recommandé par Alexander von Humboldt, s’embarque en septembre 1822 pour La Guaira (Venezuela) avec le jeune scientifique péruvien Mariano Eduardo de Rivero. Dans des échantillons des dépôts des Urao Lagune (Lagunillas, au Venezuela), il découvre le minéral gaylussite, nommé en l'honneur du chimiste français Gay-Lussac. Il rencontre Bolivar à Bogota en mai 1823 et est attaché à son état-major avec le grade de colonel. Il se livre à de nombreuses observations scientifiques qui contribuent à sa renommée et il commence à s’intéresser aux questions agricoles. Boussingault, fidèle à sa vocation d'ingénieur des mines, part avec 45 000 francs-or pour la Grande Colombie, où il dirige la Compagnie de la Vega de Supia, en accueillant 150 mineurs britanniques2. La richesse en or et en argent du gisement avait déjà été décrite par Humboldt. En 1831 il tente l'ascension du Chimborazo, volcan d’Équateur culminant à 6 268 m d’altitude et situé près de Riobamba, à environ 180 km au sud de Quito.

De retour en France en 1832, ce surdoué devient docteur en sciences. Il s'attache à 36 ans à la fortune de Jean-Baptiste Dumas, dont il devient le maître de conférences à la Sorbonne1. Il est élu à l’Académie des sciences en 1839, puis nommé professeur de chimie et doyen de la Faculté des sciences de Lyon (1843) après être devenu en 1841 professeur à la chaire d’économie rurale au Conservatoire national des arts et métiers, créée spécialement pour lui.

Le fondateur de la chimie agricole moderne

Copropriétaire du domaine de Bechelbronne (aujourd'hui Merkwiller-Pechelbronn) dans le Bas-Rhin, par son mariage avec une Alsacienne, ce qui lui permet de se livrer à ses expérimentations agronomiques, il va être le fondateur de la chimie agricole moderne. Il est devenu célèbre par ses découvertes sur la dynamique de l'azote, le métabolisme des graisses, le rendement de la photosynthèse mais aussi la métallurgie des aciers et métaux précieux. Il fait des recherches sur la composition exacte de l'air atmosphérique, en collaboration avec Dumas, sur la composition en végétaux de l'alimentation des herbivores, sur la détection de l'arsenic. Il découvre plusieurs corps chimiques.

Son livre, Économie rurale, fait sensation en 1843 et consacre sa réputation comme premier chimiste agricole. Il rassemble ses travaux sur la chimie agricole sous le titre Agronomie, chimie agricole et physiologie, dont huit volumes sont publiés entre 1860 et 1891, très vite traduits en anglais et en allemand.

Membre de l'Académie des sciences, auteur de 350 publications, il domine rapidement la chimie agricole. Louis Pasteur vient, avec ses assistants, suivre son cours au Conservatoire pour se recycler en chimie1.

Il se fait élire député du Bas-Rhin (1848-1849) et démissionne pour entrer au conseil d'État où il siège jusqu’en 1851. Sa carrière politique s’achève avec l’avènement du Second Empire. « Il y a bien peu de savants à qui la politique ait réussi, et la science y a toujours perdu. » Très attaché à l’Alsace, qu’il voit avec tristesse rattachée à l’Empire allemand en 1871, il conserve des liens avec la région stéphanoise. Une de ses filles épouse le constructeur mécanicien Jean-Claude Crozet, neveu de Benoît Fourneyron, et l’autre Jules Holtzer, directeur des Forges et Aciéries d’Unieux. Ce dernier aménage pour son beau-père un laboratoire dans l’usine pour la mise au point des aciers au chrome. Ses dernières années sont assombries par la mort prématurée de son gendre Holtzer puis par celle de son épouse. Boussingault fit nommer à l'Académie près de dix de ses collègues chimistes agricoles1. Son petit-fils, Jean-Louis Boussingault, est peintre et graveur.

Il a été élevé successivement aux divers rangs de la Légion d’honneur, de chevalier à grand officier en 1876.

Il est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise (95e division)3.

Hommages

Jules Dalou, Jean-Baptiste Boussingault, buste ornant sa tombe au cimetière du Père-Lachaise à Paris.
Jules Dalou, Monument à Jean-Baptiste Boussingault (1895) dans le jardin intérieur du Cnam à la Plaine Saint-Denis.
  • En 1895, Jules Dalou a réalisé un Monument à Jean-Baptiste Boussingault4, où deux figures symbolisent la Science au service de l’Agriculture. Inauguré dans la cour du Conservatoire national des arts et métiers à Paris, ce monument a été transféré dans le jardin intérieur du Cnam à la Plaine Saint-Denis.
  • Un cratère de la Lune porte le nom de Boussingault, en hommage à ce passionné des volcans.
  • La boussingaultite est un minéral rare, de formule (NH4)2Mg(SO4)2·6(H2O).
  • Il y a une rue Boussingault à Paris, à Strasbourg et à Avignon, et une rue Crozet-Boussingault à Saint-Étienne.

Œuvres et publications

  • Économie rurale considérée dans ces rapports avec la chimie, la physique et la météorologie, Paris : Béchet jeune, 1843-1844, 2 vol. in-8° ; éd. augmentée, 1851, 2 vol. in-8° ; traduit en allemand et en anglais
  • Économie rurale considérée dans ses rapports avec la chimie, la physique et la météorologie, Tome 1, Béchet jeune (Paris), 1843-1844, disponible [archive] sur Gallica
  • Économie rurale considérée dans ses rapports avec la chimie, la physique et la météorologie, Tome 2, Béchet jeune (Paris), 1843-1844, disponible [archive] sur Gallica
  • Mémoire sur la profondeur à laquelle se trouve la couche de température invariable entre les tropiques, détermination de la température moyenne de la zone torride au niveau de la mer : observations sur la détermination de la chaleur dans les Cordillères, [s.l.], [s.n.], [1834] (lire en ligne [archive])
  • Recherches sur les phénomènes chimiques qui se passent dans l'amalgamation américaine, [s.l.], [s.n.], [1834] (lire en ligne [archive])
  • Mémoires, tome 1, Chamerot et Renouard (Paris), 1892-1903
  1. tome 1 disponible [archive] sur Gallica
  2. tome 2 disponible [archive] sur Gallica
  3. tome 3 disponible [archive] sur Gallica
  4. tome 4 disponible [archive] sur Gallica
  5. tome 5 disponible [archive] sur Gallica

Notes et références

  1. a, b, c et d Jean Boulaine, Jean-Paul Legros, D'Olivier de Serres à René Dumont, portraits d'Agronomes.
  2. "Jean-Baptiste Boussingault, un grand géologue avorté du XIXe siècle", par Jean BOULAINE, devant le COMITÉ FRANÇAIS D'HISTOIRE DE LA GÉOLOGIE (Séance du 26 février 1986).
  3. Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier, 1908 (lire en ligne [archive]), p. 83
  4. « Monument à Jean-Baptiste Boussingault – Paris, 3e arr. » [archive], notice sur e-monumen.net.

Annexes

Bibliographie

  • Jean Boulaine et Jean-Paul Legros, D'Olivier de Serres à René Dumont. Portraits d'agronomes, TEC & DOC Lavoisier, 1998 (ISBN 2-7430-0289-1)
  • Jean Boulaine, « Boussingault », in Dictionnaire des professeurs du Conservatoire des Arts et Métiers, tome 1, CNAM, Paris, p. 246-263. 1994
  • (en) Mc Cosh F.W.J, Boussingault. Peudel Publishing Company, Dordrecht / Lancaster, 1984
  • Lenglen M. Un double centenaire : l'économie rurale de Boussigault et le cours d'agriculture de A. de Gasparin. Académie d'agriculture de France, Paris, no 18, p. 489-492. 1943
  • Jean Volff, « Jean-Baptiste Joseph Dieudonné Boussingault », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. 439-440 (ISBN 978-2846211901)
  • « Jean-Baptiste Boussingault », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]

Liens externes

Posté par blonjacky à 01:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

Étienne Charles-Guillaume

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Charles-Guillaume Étienne

 

Charles-Guillaume Étienne

Charles-Guillaume_Étienne_by_Julien_Léopold_Boilly

Charles-Guillaume Étienne.
Portrait par Julien Léopold Boilly.

Fonctions
Député
 
Pair de France
 
Biographie
Naissance
5 janvier 1777, 6 janvier 1777 ou 5 juin 1777
Chamouilley
Décès
13 mars 1845
Paris
Sépulture
Cimetière du Père-Lachaise
Lieu de travail
Paris
Activités
Écrivain, journaliste, homme politique, dramaturge
Enfant
Henri Étienne
Autres informations
Membre de
Société des auteurs et compositeurs dramatiques
Académie française (1829)
Buste de Ch.G. Étienne dans sa ville natale Chamoulley.
Caricature par Honoré Daumier, 1833.

Charles-Guillaume Étienne, né à Chamouilley le 5 janvier 1777 et mort à Paris le 13 mars 18451, est un auteur dramatique français. Deux fois élu à l'Académie française, il fut également journaliste, censeur, député et pair de France.

Sommaire

  • 1 Biographie
  • 2 Œuvres
  • 3 Annexes
    • 3.1 Liens externes servant de sources
    • 3.2 Sources bibliographiques
  • 4 Notes et références

Biographie

Il occupe diverses fonctions administratives pendant la Révolution et s'installe en 1796 à Paris où il est occupé à la rédaction de différents journaux. Il abandonne bientôt la presse pour le théâtre où le pousse sa véritable vocation. Il donne son premier opéra, Le Rêve, en 1799, et débute à la Comédie-Française avec une piquante comédie, Brueys et Palaprat, qui connaît le succès. En 1802, il publie une Histoire du Théâtre-Français, puis il devient secrétaire du duc de Bassano et accompagne Napoléon dans les campagnes d'Italie, d'Allemagne, d'Autriche et de Pologne, tout en continuant à écrire pour la scène. Il est nommé (1810) censeur général de la police et des journaux et il est rédacteur en chef du Journal de l'Empire en remplacement de Joseph Fievée.

Le succès de sa comédie Les Deux Gendres, jouée au Théâtre-Français en 1810, lui vaut d'être élu l'année suivante à l'Académie française2. Cette pièce est toutefois vivement controversée et son auteur accusé de plagiat3. Dans son discours de réception, prononcé le 7 novembre 1811, il s'attache à démontrer l'union étroite de la comédie et de l'histoire. Il donne ensuite au Théâtre-Français une comédie en 5 actes, L'Intrigante, qui remporte le succès mais doit être interrompue au bout de onze représentations, l'Empereur ayant été choqué par certains vers4. La pièce ayant été interdite suscite une immense curiosité, et les exemplaires imprimés s'arrachent à prix d'or. En 1814, la Première Restauration rapporte l'interdiction, mais l'auteur refuse de profiter de cette mesure de bienveillance5.

Proscrit en 1816, par le comte de Vaublanc, alors ministre de l'intérieur, il est exclu de l'Académie, à laquelle il sera réélu en 1829. Il est sept fois député de la Meuse (en 1820, 1822, 1827, 1830, 1831, 1834, 1837). Nommé pair de France le 7 novembre 1839, il termina au Luxembourg sa carrière parlementaire.

Puis, s'étant retiré de la politique, il continue à produire des œuvres dramatiques et lyriques, souvent écrites en collaboration, avec notamment Charles Gaugiran de Nanteuil.

Charles-Guillaume Étienne a également été deux fois président de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, de 1829 à 1831 et de 1843 à 1845. Alfred de Vigny rapporte dans son discours de réception à l'Académie que l'actrice Adrienne Lecouvreur lui légua sa bibliothèque. L'expression proverbiale : « On n'est jamais servi si bien que par soi-même. » provient de sa pièce Bruis et Palaprat (1807).

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (26e division)6.

Œuvres

Caricature par Honoré Daumier
Théâtre
  • Le Rêve, opéra-comique en 1 acte et en prose, paroles du citoyen Étienne, musique du citoyen Gresnich, Paris, Opéra-Comique, 8 pluviôse an VII (1799)
  • Rembrandt ou la Vente après décès, vaudeville anecdotique en 1 acte, par les citoyens Étienne, Morel, Servière et Moras, Paris, théâtre des Troubadours, 26 fructidor an VIII (1800)
  • Le Chaudronnier, Homme d'État, comédie en trois actes et en prose, Paris, théâtre de l'Ambigu-Comique, 1er thermidor an VIII (1800)
  • La Lettre sans adresse, comédie en 1 acte et en prose, mêlée de vaudevilles… par les citoyens Étienne et Moras, Paris, théâtre des Troubadours, 26 vendémiaire an IX (1800)
  • L'Apollon du Belvédere ou l'Oracle, folie-vaudeville impromptue en 1 acte, par les citoyens Étienne, Moras et Gaugiran-Nanteuil, Paris, théâtre des Troubadours, 29, 30 brumaire, 1er, 2 et 3 frimaire an IX (1800)
  • Pont-de-Veyle ou le Bonnet de docteur, vaudeville en 1 acte, par les citoyens Gosse et Étienne, Paris, théâtre des Variétés, 6 vendémiaire an X (1801)
  • Désirée ou la Paix du village, allégorie en 1 acte, en vaudevilles, par les citoyens Gaugiran-Nanteuil, Moras et Étienne, Paris, théâtre Favart, 5 germinal an IX (1801)
  • Le Grand Deuil, opéra-bouffon, parole de C. J.-B. Vial et C.-G. Étienne, musique du citoyen H. Berton, Paris, Opéra-comique, 1er pluviôse an IX (1801)
  • Le Pacha de Suresnes ou l'Amitié des femmes, comédie-anecdote en 1 acte et en prose, par les citoyens C.-G. Étienne et Gaugiran-Nanteuil, Paris, théâtre Louvois, 11 prairial an X (1802)
  • La Petite École des pères, comédie en 1 acte et en prose, par C.-G. Étienne et Gaugiran-Nanteuil, Paris, théâtre Louvois, 8 nivôse an XI (1803)
  • Le Pauvre Riche ou la Séparation de biens, comédie en trois actes et en prose faite en société avec M. Nanteuil, Paris, théâtre Louvois, en vendémiaire an XII (1803)
  • Les Maris en bonne fortune, comédie en 3 actes, Paris, théâtre Louvois, 9 germinal an XI (1803)
  • La Jeune Femme en colère, comédie en 1 acte et en prose, Paris, théâtre de l'Impératrice, 28 vendémiaire an XIII (1804)
  • Isabelle de Portugal ou l'Héritage, comédie historique en 1 acte, en prose, par MM. Étienne et Gaugiran-Nanteuil, Paris, théâtre de l'Impératrice, 27 novembre 1804
  • Une heure de mariage, comédie en un acte et en prose mêlée d’ariettes, musique de Nicolas Dalayrac, créée à l'Opéra-Comique (théâtre Feydeau), le 29 ventôse an XII (20 mars 1804)
  • Gulistan ou le Hulla de Samarcande, comédie en trois actes et en prose mêlée d’ariettes, avec Poisson de La Chabeaussière tirée des Mille et une Nuits, musique de Nicolas Dalayrac, créée à l'Opéra-Comique (théâtre Feydeau), le 8 vendémiaire an XIV (30 septembre 1805)
  • Le Nouveau Réveil d'Épiménide, comédie épisodique en 1 acte, en prose, par MM. Étienne et Gaugiran-Nanteuil, Paris, théâtre de l'Impératrice, 5 février 1806
  • Le Carnaval de Beaugency ou Mascarade sur mascarade, comédie en 1 acte, en prose, par MM. Étienne et Gaugiran-Nanteuil, Paris, théâtre de l'Impératrice, 2 février 1807
  • Bruis et Palaprat, comédie en 1 acte et en vers, Paris, Théâtre-Français, 28 novembre 1807
  • Un jour à Paris ou la Leçon singulière, opéra-comique en 3 actes, mêlé de musique, paroles de M. Étienne, musique de M. Nicolo, Paris, Opéra-comique, 24 mai 1808
  • Cendrillon, opéra-féerie en 3 actes et en prose, paroles de M. Étienne, musique de M. Nicolo Isouard, Paris, Opéra-comique, 22 février 1810
  • Les Deux Gendres, comédie en 5 actes et en vers, Paris, Théâtre-Français, 11 août 1810
  • Le Chômeur naïf, comédie en 1 acte et en prose, Paris, Théâtre-Français, 12 mai 1812.
  • L'Intrigante ou l'École des familles, comédie en 5 actes et en vers, Paris, Théâtre-Français, 6 mars 1813
  • L'Oriflamme, opéra en 1 acte, paroles de C.-G. Étienne et Baour-Lormian, musique de Méhul, Paer, Breton et Kreutzer, Paris, Académie impériale de musique, 1er février 1814
  • Joconde ou les Coureurs d'aventures, comédie en 3 actes, mêlée de chants, par M. Étienne, musique de Nicolo, Paris, théâtre de l'opéra-comique, 28 février 1814
  • Jeannot et Colin, comédie en 3 actes, mêlée de chants, par M. Étienne, musique de Nicolo, Paris, théâtre de l'opéra-comique, 17 octobre 1814
  • Racine et Cavois, comédie en 3 actes et en vers, Paris, Théâtre-Français, 26 avril 1815
  • Le Rossignol, opéra-comique en 1 acte, paroles de C.-G. Étienne, musique de Lebrun, Paris, Académie royale de musique, 23 avril 1816
  • L'Une pour l'autre, opéra-comique en 3 actes, par M. Étienne, musique de M. Nicolo, Paris, Opéra-comique, 11 mai 1816
  • Zéloïde ou les Fleurs enchantées, opéra en 2 actes, pParoles de C.-G. Étienne, musique de Lebrun, Paris, Académie royale de musique, 19 janvier 1818
  • Les Plaideurs sans procès, comédie en 3 actes et en vers, Paris, Théâtre-Français, 29 octobre 1821
  • Aladin ou la Lampe merveilleuse, opéra-féerie en 5 actes, Paris, Académie royale de musique, 6 février 1822 (musique de Nicolo et Benincori)
  • Le Bénéficiaire, comédie en 5 actes et en 1 vaudeville, par MM. Théaulon et Étienne, Paris, théâtre des Variétés, 26 avril 1825
  • Le Chiffonnier ou le Philosophe nocturne, comédie-vaudeville en 5 actes et en une journée, par MM. Théaulon et Étienne, Paris, théâtre des Variétés, 6 janvier 1826
  • Une nuit de Gustave Wasa ou le Batelier suédois, opéra-comique en 2 actes, paroles de J.-M.-C. Leber et C.-G. Étienne, Paris, Opéra-comique, 29 septembre 1827
  • Arwed ou les Représailles, épisode de la guerre d'Amérique, drame en 2 actes, mêlé de couplets, de MM. Étienne, Varin et Desvergers, Paris, Vaudeville, 31 mars 1830
Divers
  • Histoire du Théâtre français depuis le commencement de la Révolution jusqu'à la réunion générale par C. G. Étienne et A. Martainville (2 volumes) (1802)
  • Lettres sur Paris ou Correspondance pour servir à l'histoire de l'établissement du gouvernement représentatif en France (2 volumes) (1820)
  • Mémoires de Molé, précédés d'une notice sur cet acteur, par M. Étienne. Le Comédien, par M. Remond de Sainte Albine (1825)
  • Œuvres (5 volumes) (1846-1853)

Annexes

Liens externes servant de sources

 

Sources bibliographiques

  • « Charles-Guillaume Étienne », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]
  • Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 317-318
  • Henry Jouin, « La Sculpture dans les cimetières de Paris : Cimetière de l'Est (Le Père-Lachaise) », Nouvelles Archives de l'art français, Paris, vol. 13,‎ 1897, p. 103-238 (lire en ligne [archive])

Notes et références

  1. Jouin 1897, p. 212
  2. Il fut avisé de sa nomination par un billet qui ne renfermait que ce passage des Actes des Apôtres : Et elegerunt Stephanum, virum plenum spiritu (Ils ont choisi Étienne, homme de beaucoup d'esprit).
  3. Un obscur écrivain, Lebrun Tossa, accusa Étienne de plagiat au motif, selon la Biographie nouvelle des contemporains qu'il « avait emprunté le sujet des Deux gendres à un jésuite qui l'avait tiré d'un vieux fabliau ».
  4. Le courtisan : Monsieur, je sers le prince. Le militaire : Et moi, je le défends. Ou encore Le Négociant : Je suis sujet du prince et roi dans ma famille.
  5. Il publia les causes de son refus dans une lettre adressée à l'ancien Journal de l'Empire : « Quand ces mots : Défendu sous tel ou tel régime, cesseront d'avoir de l'influence ; quand les ouvrages seront jugés indépendamment de toute circonstance politique, peut-être me déciderai-je à remettre L'Intrigante sous les yeux du public ; mais jusque-là, je gardera soigneusement cet ouvrage dans mon portefeuille, parce que je serais au désespoir de donner lieu, par ma faute, à des réflexions désobligeantes pour ceux dont j'ai reçu les bienfaits. La défense d'une comédie n'est pas un malheur pour un auteur ; mais l'ingratitude est un malheur pour tout le monde. »
  6. Bauer 2006, p. 317-318

 

05 août 2018

Pozzo di Borgo Charles André

Clic pour voir sa généalogie sur la ligne en dessous

 

Charles André Pozzo di Borgo

 

Charles André, comte Pozzo di Borgo

Pozzo_di_Borgo


Portrait par George Dawe dans la galerie militaire du palais d'hiver.

Naissance 8 mars 1764
Alata
Décès 15 février 1842 (à 77 ans)
Paris
Origine Drapeau de la Corse Corse
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Arme Infanterie
Grade Général
Années de service 1805-1839
Conflits
  • Deuxième Coalition
  • Sixième Coalition
Distinctions Ordre de Saint-Louis Ordre de Saint-André avec diamants Ordre de Saint-Vladimir I degrés

Ordre de Sainte-Anne I degrés Ordre de Saint Alexandre Nevsky Ordre de St-Georges IV degrés Ordre de l'Aigle Noir Ordre de l'Aigle Rouge

Autres fonctions
  • Diplomate
  • Gouverneur civil de la Corse (procureur-général-syndic)
  • Député de Corse à l'assemblée nationale
  • Président du Conseil d'état de Corse (1794-1796)
  • Ambassadeur plénipotentiaire de Russie en France 1814
  • Pair de France en 1818
Famille Famille Pozzo di Borgo

Charles André, comte Pozzo di Borgo, né le 8 mars 1764 à Alata près d'Ajaccio et mort le 15 février 1842 à Paris, est un homme politique corse, devenu diplomate au service de la Russie ; il est notamment ambassadeur de Russie à Paris de 1814 à 1835.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Jeunesse
    • 1.2 La période de la Révolution française (1789-1799)
    • 1.3 La période napoléonienne (1800-1814)
    • 1.4 Ambassadeur de Russie à Paris (1814-1835)
    • 1.5 Ambassadeur de Russie à Londres (1835-1839)
  • 2 Bibliographie
  • 3 Notes et références
  • 4 Liens externes

Biographie

Jeunesse

Issu d'une famille de la noblesse corse, né quatre ans avant que l'île devienne une possession française, il est éduqué à Pise.

Dans sa jeunesse, il est associé à Napoléon et Joseph Bonaparte, les deux familles étant à l'époque alliées politiques.

La période de la Révolution française (1789-1799)

En 1789, Pozzo est un des deux délégués envoyés à l'Assemblée nationale constituante pour demander l'incorporation politique de la Corse à la France. Par la suite, il est député de la Corse à l'Assemblée législative, où il siége sur les bancs de la droite jusqu'aux événements d'août 1792.

À son retour en Corse, il est bien reçu par Pascal Paoli, mais se trouve désormais en opposition avec les frères Bonaparte, associés au parti jacobin. Pozzo est élu procureur-général-syndic, c'est-à-dire chef du gouvernement civil, alors que Paoli commande l'armée. Avec Paoli, il refuse de se rendre à une convocation de la Convention. Sa rupture définitive avec les Bonaparte, qui soutiennent activement les autorités révolutionnaires, date de cette époque. Finalement, Pozzo et Paoli acceptent l'aide de la Grande-Bretagne et, de 1794 à 1796, lors du protectorat anglais sur la Corse, Pozzo est président du Conseil d'État sous sir Gilbert Eliott.

Quand Napoléon envoie des troupes pour occuper l'île, Pozzo est exclu de l'amnistie générale et se réfugie à Rome, mais les autorités françaises demandent son expulsion et ordonnent son arrestation en Italie du nord. En 1796, il émigre en Angleterre. Il accompagne sir Gilbert lors d'une ambassade à Vienne, où il reste six ans et est bien reçu dans les cercles politiques de Minto ; en 1799 il suit Alexandre Souvorov dans sa campagne d'Italie.

La période napoléonienne (1800-1814)

En 1804, grâce à l'influence du prince Adam Jerzy Czartoryski, alors ministre des Affaires étrangères de Russie, il entre au service de la diplomatie russe et est nommé conseiller d'État au conseil des affaires étrangères le 28 septembre 1805. Il est employé comme commissaire auprès des Anglo-Napolitains puis, en 1806, auprès de l'armée prussienne. Colonel d'intendance, il est chargé d'une mission importante à Constantinople en 1807, mais la conclusion de l'alliance entre le tsar Alexandre Ier et Napoléon à Tilsitt en juillet interromt sa carrière, nécessitant sa retraite temporaire après la fin de sa mission en Turquie.

Il revient alors à Vienne, mais Napoléon demande son extradition et Metternich l'expulse de la capitale. Il trouve refuge à Londres, où il reste jusqu'en 1812. Lorsque Napoléon attaque la Russie, Pozzo est rappelé par Alexandre à l'Armée du Nord et participe aux batailles de Gross Bereen, Dennewitz et Leipzig. Il cherche à semer la discorde dans la maison Bonaparte et, en mission en Suède, il s'assure de la coopération de Bernadotte contre Napoléon.

À l'entrée des alliés dans Paris, il devient commissaire général du gouvernement provisoire.

Ambassadeur de Russie à Paris (1814-1835)

Portrait par Karl Brioullov, (1833—1835), Musée d'art Radichtchev (Saratov), Russie

À la Restauration de la maison de Bourbon, Pozzo di Borgo est nommé ambassadeur de Russie à Paris et tente de nouer une alliance entre le duc de Berry et la grande-duchesse Anna, sœur d'Alexandre.

Pozzo assiste au Congrès de Vienne et, durant les Cent-Jours, il rejoint Louis XVIII en Belgique, où il reçoit pour consigne de discuter de la situation avec le duc de Wellington. Le tsar, suivant en cela ses tendances libérales, envisage d'accorder un appel au peuple de France sur le sujet de leur gouvernement, mais les suggestions de Pozzo en ce sens rencontrent une violente opposition, le duc refusant toute concession à l'égard de ce qu'il considère comme une rébellion, alors qu'à Saint-Pétersbourg, son attachement à la dynastie des Bourbons est considéré comme excessif.

Durant ses premières années de résidence à Paris, Pozzo travaille sans relâche à alléger le fardeau imposé à la France par les Alliés et à réduire la durée de l'occupation étrangère. Le gouvernement français lui propose le portefeuille des Affaires étrangères. Il soutient le parti modéré et le ministère du duc de Richelieu, ce qui lui vaut la méfiance et l'inimitié de Metternich, qui le tient pour responsable du renouveau de l'agitation libérale.

En 1818, il est fait comte et pair de France.

Son influence aux Tuileries décroit après l'accession au trône de Charles X, dont les tendances réactionnaires lui étaient depuis toujours désagréables.

Après la révolution de Juillet, quand le tsar Nicolas se montre réticent à reconnaître Louis Philippe, il réussit à éviter des difficultés avec la Russie.

En 1832, il visite Saint-Pétersbourg et, l'année suivante, se rend à Londres pour renouveler ses relations avec Wellington.

Ambassadeur de Russie à Londres (1835-1839)

Tombe au cimetière du Père-Lachaise.

Au début de 1835, il est subitement transféré à l'ambassade de Londres, où il succède au prince Lieven. Pozzo est conscient que ce changement est dû aux diverses factions de Saint-Pétersbourg, qui le soupçonnent d'être favorable aux intérêts français.

À Londres, sa santé décline, et il se retire du service en 1839 pour passer le reste de ses jours à Paris. .

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, (57e division)1.

Bibliographie

  • Ouvaroff, Stein et Pozzo, Saint-Pétersburg, 1846.
  • Correspondance diplomatique du comte Pozzo di Borgo et du comte de Nesselrode, édité par Charles Pozzo di Borgo, 2 volumes, Paris, 1890-1897.
  • Vicomte A Maggiolo, Corse, France et Russie--Pozzo Di Borgo 1764-1842, Paris, 1890.
  • JBHR Capefigure, Les Diplomates européens, 4 volumes, 1843-1847.
  • Yvon Toussaint, L'Autre Corse - L'homme qui haïssait Napoléon, Fayard, Paris, 2004.
  • Emmanuel de Waresquiel, Le duc de Richelieu, 1766-1822, Perrin, Paris, 1990, 2009, (ISBN 978-2-262-03117-6), (Pozzo di Borgo y est évoqué à tout bout de champ).
  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (A.Robert et G.Cougny) [archive]

Notes et références

  1. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 652-653

Liens externes

Posté par blonjacky à 00:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,