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Dominique Clément de Ris

 

Dominique Clément de Ris

220px-Suvée_-_Dominique_Clément_de_Ris_(1750-1827)


Comte Clément de Ris, sénateur de l'Empire (1750-1827), Joseph-Benoît Suvée (1743–1807), 1795, Musée de l'Histoire de France (Versailles)
Fonctions
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Administrateur (1791) puis membre du Conseil général d'Indre-et-Loire (1792)
Membre du Sénat conservateur
4 nivôse an VIII – avril 1814
Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Empire français pendant les Cent-Jours Empire français (Cent-Jours)
Membre de la Chambre des pairs
4 juin 1814 – 24 juillet 1815
Élection 4 juin 1814
Réélection 2 juin 1815 (Cent-Jours)
(Révoqué par l'ordonnance du 24 juillet)
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Membre de la Chambre des pairs
21 novembre 1819 – 21 octobre 1827
Successeur Athanase Clément de Ris
(À titre héréditaire)
Biographie
Date de naissance 1er février 1750
Lieu de naissance Paris
Date de décès 21 octobre 1827
Lieu de décès Château de Beauvais,
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Avocat

Dominique Clément de Ris
Liste des conseillers généraux d'Indre-et-Loire
Liste des membres du sénat conservateur

Dominique, comte Clément de Ris, baron de Mauny (1er février 1750 -Paris ✝ 22 octobre 1827 - château de Beauvais, commune d'Azay-Sur-Cher (Indre-et-Loire), est un homme politique français.

 

Sommaire


  • 1Biographie
    • 1.1Révolution française
    • 1.2Consulat et Empire
      • 1.2.1Une ténébreuse affaire
    • 1.3Restauration française
  • 2Union et postérité
  • 3Titres
  • 4Distinctions
  • 5Armoiries
  • 6Annexes
    • 6.1Bibliographie
    • 6.2Notes et références
    • 6.3Articles connexes
    • 6.4Liens externes

 

Biographie

Clément de Ris était fils d'un procureur au Parlement, Louis Nicolas Clément de Ris (1714-1786) 1. Il devint avocat, et venait d'acheter une charge de maître d'hôtel de la reine (1787 2), quand éclata la Révolution française, dont il adopta avec enthousiasme les idées.

Révolution française

Administrateur (1791) puis membre du Conseil général d'Indre-et-Loire (1792), il fut, comme suspect de modérantisme, enfermé à la Conciergerie de Paris, en 1798, et n'en sortit que par l'intervention de Sieyès qu'il avait connu « grand-vicaire à Tréguier 3 » (Sieyès était, à Tréguier, chanoine).

Nommé, en l'an III, chef de division dans les bureaux de l'instruction publique, il fit partie, avec Garat et Ginguené de la commission de réorganisation qui provoqua la création de l'École normale.

Consulat et Empire

Démissionnaire en 1795, il se retira dans ses prorietés de Touraine et fut appelé par Bonaparte (4 nivôse an VIII) à faire partie du Sénat conservateur.

Ce fut quelques mois après, en vendémiaire an IX, que Clément de Ris, étant dans une de ses terres de Touraine, fut enlevé en plein jour par, un parti de chouans pour certains 3, qui l'enfermèrent pendant dix-neuf-jours dans un souterrain. Cette disparition, qui parut avoir le vol pour mobile, fit alors beaucoup de bruit, mais ne fut jamais vraiment expliquée ; trois des auteurs présumés furent condamnés à mort, et Mme Lacroix, dans le château de laquelle la détention avait eu lieu, subit plusieurs années de prison.

Nommé questeur 3, 4 du Sénat 5, Clément de Ris dirigea les embellissements du palais du Luxembourg, et la reconstruction de l'Odéon, qui appartenait au Sénat, et qui avait été détruit par un incendie.

Il devint membre de la Légion d'honneur (9 vendémiaire an XII), commandant du même ordre (25 prairial), comte de Mauny et de l'Empire (26 avril 1808), grand officier de la Légion d'honneur (30 juin 1811), et grand-croix de l'ordre de la Réunion (3avril 1813).

Une ténébreuse affaire

Ce fut le 23 septembre 1800 que lui arriva l'aventure singulière qui donna lieu à tant de conjectures et de fables. Enlevé en plein jour 6 par des agents de Fouché, il fut enfermé dans un souterrain, et ne fut rendu à la liberté qu'après une captivité de dix-neuf jours (sur ordre du Ministre de la Police).

En effet, il n'était pas dans l'intention de Fouché de faire enlever le sénateur, ses agents auraient commis un excès de zèle, mais de faire cambrioler son château pour récupérer des documents compromettants naguère confiés à Clément de Ris.

Le drame de cette affaire réside dans la mesure où Bonaparte informé de l'enlèvement, demande à son Ministre d'arrêter et de condamner sévèrement les coupables de cette indélicatesse. Fouché se souvenant de l'existence d'Auguste de Canchy, qu'un différend personnel avait dressé contre lui et dont le passé de chouan était un excellent prétexte, le fit arrêter en compagnie de son beau frère Mauduison et d'un chouan, Gaudin, malgré des alibis incontestables.

Après un jugement rapide, et le manque de courage du sénateur qui n'a pas voulu témoigner au procès des royalistes, et qui aurait pu les disculper, ceux-ci sont condamnés à mort et exécutés à Angers le 3 novembre 1801. Le seul membre de la cour spéciale qui eut le courage de protester, le capitaine Viriot, fut mis d'office à la retraite 2. L'éloquence habituelle de MeChauveau-Lagarde lui permit d'obtenir des acquittements pour certains des ravisseurs de Clément de Ris.

Honoré de Balzac s'est inspiré de cet épisode pour son roman Une ténébreuse affaire 7, ce qui lui a été reproché, d'autant plus que Clément de Ris avait été le protecteur de son père : Bernard-Francois Balssa.

D'autre part, ce fait divers fut le sujet d'un épisode de la série La caméra explore le temps.

Restauration française

Il fut des premiers (avril 1814) à adhérer à la déchéance de Napoléon Ier, et reçut de la Restauration le titre de pair de France (4 juin 1814), et une pension viagère de 36 000 francs.

Au retour de l'île d'Elbe, l'Empereur le comprit pourtant dans la promotion des pairs des Cent-Jours (2 juin 1815).

Atteint, à la seconde Restauration, par l'ordonnance d'exclusion du 24 juillet 1815, il rentra de nouveau à la Chambre haute, le 21 novembre 1819, lors de la fournée de pairs nommés par le ministère Decazes : il siégea jusqu'à sa mort parmi les défenseurs des libertés constitutionnelles.

Il était le cousin du général Clément de la Roncière, autre figure de l'Empire et de la Restauration.

Union et postérité

La Comtesse Clément de Ris, Joseph-Benoît Suvée (1743–1807), 1795, Musée de l'Histoire de France (Versailles).

Fils de Louis Clément (1714-1786), sieur de Ris et de Marie-Jeanne Auvray de La Tour (1712-1773), Clément de Ris épousa, le 9 février 1777 à Tréguier, Catherine Chevreux du Miny ( ✝ 1829), dont il eut :

  • Ange Louis (14 septembre 1779 - Tréguier ✝ 27 mars 1799 - Paris), polytechnicien (X1795), décédé à l'École 8 ;
  • Athanase (1782-1857), chevalier Clément de Ris et de l'Empire (1808), 2e comte Clément de Ris (1828), pair de France, colonel de cavalerie ;
  • Emile (1786 - Chateaudun ✝31 octobre 1837 - Paris), colonel, conseiller général d'Indre-et-Loire ;
  • Paul (26 décembre 1787 - Paris ✝ Tué le 14 juin 1807 - bataille de Friedland), sous-lieutenant de carabiniers.

Les papiers et lettres de Dominique Clément de Ris sont conservés aux Archives nationales sous la cote 58AP 9.

Titres

  • Comte Clément de Ris et de l'Empire (lettres patentes du 26 avril 1808, Bayonne 10) ;
  • Institution de majorat attaché au titre de baron de Mauny, accordée par lettres patentes du 21 novembre 1810, à Paris 10) ;
  • Pair de France 11 :
    • Pair « à vie » par l'ordonnance du 4 juin 1814 ;
    • 2 juin 1815 (Cent-Jours) ;
    • Révoqué par l'ordonnance du 24 juillet 1815) ;
    • Baron-pair héréditaire (21 novembre 1819, lettres patentes en 1820) ;

Distinctions

  • Légion d'honneur 12 :
    • Légionnaire (9 vendémiaire an XII : 2 octobre 1803), puis,
    • Commandant (25 prairial an XII : 14 juin 1804), puis,
    • Grand officier de la Légion d'honneur (30 juin 1811) ;
  • Grand-croix de l'Ordre de la Réunion (3 avril 1813).

Armoiries

Figure Blasonnement
Orn ext comte sénateur de l'Empire GCOR.svg
Blason Dominique Clément de Ris (1750-1827).svg
Armes du comte Clément de Ris et de l'Empire

D'azur au chevron versé d'argent accompagné d'une colombe d'argent en cœur, portant au bec une branche d'olivier de sinople et surmontée de deux étoiles d'or posées en fasce ; franc-quartier des Comtes sénateurs. 10

  • Livrées : les couleurs de l'écu 10.
Orn ext Comte (baron-pair) GOLH.svg
Blason fam fr Clément de Ris.svg
Armes de Clément de Ris, « comte de Mony 11 », Baron-pair héréditaire

D'azur, au chevron d'argent, acc. en chef de deux étoiles d'or et en pointe d'une colombe d'argent, tenant en son bec une branche d'olivier de sinople. 11, 13

Annexes

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article« Clément de Ris (Dominique), comte de Mauny », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]  ;
  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia. ;
  • Document utilisé pour la rédaction de l’articlePhilippe Le BasDictionnaire encyclopédique, Firmin Didot frères, 1841 :
    • On y lit de façon erronée 1837 comme date de décès au lieu de 1827. ;
  • Récit de l’enlèvement du sénateur Clément de Ris, Paris, Vernarel et Tenon, 1825. — Relation anonyme d'un témoin oculaire ; Alphonse de Beauchamp l’a publiée dans Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 2, pp. 345-363.
  • L'enlèvement du sénateur Clément de Ris : se référer à l'ouvrage de G. Lenotre, Vieilles maisons, vieux papiers, éditions Perrin, 2e série, le colonel Viriot ;
  • Jacques-Xavier Carré de BusserolleLa Vérité et curieuses révélations sur l’enlèvement du sénateur Clément de Ris,Niort, Mercure Poitevin, 1899 ;
  • Ernest d’HauteriveL’Enlèvement du sénateur Clément de Ris, Paris, éditions Perrin, 1926 ;
  • Charles RinnUn mystérieux enlèvement : l’Affaire Clément de Ris, Paris, A. Lefrançois, 1920.

Notes et références

  1.  Généalogie de la famille [archive]
  2. ↑ a et b « Dominique Clément de Ris » [archive], sur roglo.eu (consulté le 30 juin 2011)
  3. ↑ a, b et c « Dominique Clément de Ris », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889 [détail de l’édition]
  4.  Jean Tulard (dir.), Dictionnaire Napoléonvol. A-H, Fayard, octobre 1999 (ISBN 2-213-60485-1)p. 447
  5.  on le trouve plus souvent qualifié de « préteur »
  6.  Madame Bruley assiste à l'enlèvement de Dominique Clément de Ris, au moment où elle arrivait au château de Beauvais, près Tours. Sa voiture servit même à la perpétration de ce crime. Elle dépose aux tribunaux en 1800 dans cette affaire demeurée célèbre.
  7.  Une ténébreuse affaire, Dictionnaire des œuvres Laffont-Bompiani, t. VI, p. 366.
  8.  « Ange Louis Clément de Ris » [archive], sur roglo.eu (consulté le 30 juin 2011)
  9.  Archives nationales [archive]
  10. ↑ a, b, c et d « Centre historique des [[Archives nationales (France)]] » [archive], sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr (consulté le4 juin 2011)
  11. ↑ a, b et c François Velde, « Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) » [archive]Lay Peers, sur www.heraldica.org,‎ 27 2005(consulté le 18 juin 2011)
  12.  « Notice no LH/550/67 » [archive], base Léonore, ministère français de la Culture
  13.  Jean-Baptiste RietstapArmorial généralt. (tome 1 [archive] et 2 [archive]), Gouda, G.B. van Goor zonen, 1884-1887

Articles connexes

  • Liste des membres de la noblesse d'Empire ;
  • Chambre des pairs ;
  • Attentat de la rue Saint-Nicaise ;
  • Liste de personnalités ayant exercé la profession d'avocat ;
  • Suprême Conseil Grand Collège du Rite écossais ancien accepté ;

Liens externes

  • Notice sur le site de la Maison de Balzac par Bernard Leuilliot : [1]
  • « Dominique Clément de Ris », sur roglo.eu (consulté le 29 juin 2011) ;
  • « BB/29/974 page 26. »Titre de comte accordé à Dominique Clément de Ris. Bayonne (26 avril 1808)., surchan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (France) (consulté le 4 juin 2011) ;
  • « BB/29/1002 pages 172-176. », Institution de majorat attaché au titre de baron de Mauny au profit de Dominique Clément de Ris, accordée par lettres patentes du 21 novembre 1810, Paris., sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (France) (consulté le 4 juin 2011) ;
  • Notices d'autorité : Fichier d'autorité international virtuel • Système universitaire de documentation • Base Léonore